‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 278 sur 311 · TEINTURES SIMPLES · texte numérisé non relu

TEINTURES SIMPLES

Gayac (bois rapé).

Gentiane

Gingembre

Gomme ammoniaque.

Houblon

Ipécacuauha (poudre).

Jalap ( poudre ). . .

Jusquiaine

Kino

Musc

Myrrhe

Noix voniique. . . .

Opium ( extrait ). . .

Qiiassia

Quinquina

Hhus radicans (réc).

Safran

Savon

SciUe

Séné

Serpentaire de Virg.

Stramonium (feuilles).

— ( semences ). . . , 'Valériane

yi

Le nombre des teintures composées, qui étaient usitées autrefois , sous les noms lï essences j de quintessences , de baumes, A'élixirs , était très-considérable, et plusieurs sont encore usitées de nos jours , telles sont :

TJ'Elixir stomachique de Sloughlon , composé avec l'absinthe, la gentiane, l'écorce d'orange amère, etc. ;

UE/ixir de Ionique vie , qui a pour base l'aloès uni à quelques substances amères et aromatiques ;

Le Baume du Commandeur de Fermes , composé de benjoin, baume de Tolu , aloès, myrrhe, oliban , fleurs d'hypéiicum et racine d'aiigélique ;

La Teinture de Cardamome composée , qui contient, outre le cardamome, de la cannelle , du carvi , des raisins secs et de la cochenille ;

Y! E lixir amer de Peyrilhe , formé de teinture de gentiane, avec addition de deux scrupules de carbonate de soude , par livre;

\! ELixir fébrifuge d' Uuxam , composé de quinquina rouge, écorce d'orange , serpentaire de Virginie, safran et cochenille.

Les pliarmacopées étrangères présentent également un certain nombre de teintures qui ont pour excipient un mélange d'alcool et d'ammopiaque liquide, fait en général avec deux parties du premier et une partie de la seconde; telles sont, entre autres , les teintures ammoniaco-alcooliques d'asa-foetida , de résine de gayac et de valériane, Ces préparations paraissent avoir clé conçues en partie

TEMPERAMENT

TEMPERAMENT

dans la vue d'obtenir des dissolutions plus chargées de substances résineuses, réduites dans une sorte d'état savonneux. Il est vrai qu'en raison de l'action particulière des alcalis sur les principes coloraus organiques, ces teintures ont une couleur extrêmement foncée, qui les fait paraître plus chargées de principes. Mais l'évaporation à siccilé prouve qu elles en contiennent presque toujours moins. Cet effet tient surtout à l'affaiblissement de l alcool , qui diminue la solubilité des substances résineuses dans un plus grand rapport que la présence de l'ammoniaque ne peut l'augmenter. Nous ne prétendons pas dire par laque la médecine ne puisse tirer un grand secours de ces sortes de médicamens ; mais il n'y a pas de doute alors qu'on ne doive faire entrer en grande considération l'action spéciale que l'ammoniaque exerce sur l'économie animale.

(GniBOlRT.)

TEMPERAMENT. On donne ce nom à des différences entre les hommes, résultant de la diversité de proportion et d'activité , compatible avec la santé, de certaines parties du corps humain, assez importantes pour modifier l'économie entière. Le mot tempérament n'est point synonyme du mot constilution , puisqu'avec le même tempérament, deux individus peuvent avoir, l'un, une constitution robuste , l'autre, \ine constitution chétive.

Les disproportions humorales ou organiques, qui constituent les tempéramens , se font , disons-nous , sentir sur Véconomie entière. Elles lui impriment, en efl'et, une physionomie distincte, un cachet particulier , qui frappent au premier aspect; ce sont ces caractères qui différencient le tempérnmenl, de I'idio- KYKCRASiE { voycz cc mot ) ; elles rendent l'inilividu plus ou moins sensible à l'action des modificateurs de l'organisme; elles doivent puissamment modifier les prescriptions hygiéniques et thérapeutiques.

La dispioportion de plusieurs organes qui n'exercent aucune influence sur l'ensemble des fonctions , ne constitue donc point un tempérament ; à plus forte raison, la disproportion qui ne porte que sur un seul organe. Ainsi on n'admet point nn tempérament génital, bien que quelques auteurs s'en soient avisés, parce que la prédominance du cervelet (si c'est là la partie encéphalique qui produit le penchant sexuel ) se borne à rendre un peu plus ou un peu moins énergique la fonction génitale, mais n'imprime pas à l'ensemble de la constitution une influence assez marquée pour distinguer , à l'aspect des diverses parlies extérieures de l'organisme , un individu d'un autre. Que si , au lieu du cervelet seul , c'est l'encéphale tout entier qui est très-développé , ou plutôt doué d'une prédominance relative d'action sur tout le reste de l'organisme, le cas est différent: il y a influence dominatrice sur l'économie, de tout un système important, bien capable de la moditier tout entière, il y a tempérament nerveux ou mieux tempérament enréphatiqne. L'arbitraire , au reste, a toujours régné et régnera probablement encore long-temps dans la doctrine des tempéramens, dont nous allons maintenant esquisser l'histoire.

§ l". Histoire de la doctrine des tempéramens. Les anciens admettaient quatre tempéramens , fondés sur la prédominance de quatre humeurs : sang , bile , pituite et atrabile , se manifestant par quatre qualités élémentaires constituantesdu corps: \e chaud .\e froid , \e sec elYliumirle , combinées de manière à former : 1" le rhaud et le sec , qui représente le bilieux , tempérament de l'âge adulte , de l'été et des climats chauds ; 2" le chaud avec L'humilie , représentant le mélancolique ou atrabilaire , tempérament de I âge mûr, de l'automne et des pays équatoriaux ; 3" le froid avec le «ec , représentant \e sanguin , tempérament qui appartient a la jeunesse, au printemps, aux climats tempérés; 4° le froid avec lliumide , représentant le piluiteux ou phlegnialique , tempérament de la vieillesse, de l'hiver et des pays humides et froids. Chacun de ces tempéramens était caractérisé par une habitude extérieure particulière, un état spécial des fonctions pli^'siques et morales , un genre propre de maladies. Ces caractères vont se retrouver intégralement tracés dans l'analyse des théories suivantes, car ils n'ontjamais varié.

Stahl déduit les tempéramens : de la proportion entre la consistance des fluides et le diamètre des vaisseaux, du plus ou moins de facilité qu'éprouvent les fluides à parcourir leurs canaux. C'est par cette théorie qu'il explique les actes intellectuels et moraux qu'on suppose répondre à chaque tempérament; ainsi, suivant Stahl, dans \e s<inguin , les solides étant d'une texture spongieuse, le sang riche et délié les parcourant libiement, les fonctions vitales s'exécutent avec une grande facilité, l'âme en conçoit un sentiment de sécurité qui donne un caractère gai, décidé et franc; dans le lymphntiqne , le sang, au lieu de molécules rouges et actives, contient une trop grande quantité de molécules aqueuses et froides qui amollissent les organes , leur ôtent la force d'exécuter leurs fonctions avec énergie; de là le sentiment de faiblesse , de là le caractère timide , etc. ; dans le tempérament mélancolique , les vaisseaux sont assez grands ; mais les humeurs épaisses ne couleiit qu'avec difiiculté , et sont toujours sur le point de subir un arrêt funeste; de là lecaract^îre méfiant ; dans le bilieux, les solides sont compactes, les vaisseaux grands , le sang est flnideet tiès-mobile par la grande quantité de parties sulfureuses , il circule rapidement , les fonctions s'exécutent avec promptitude ; de là l'audace.

Hallé prend pour fondement de sa distinction des tempéramens, le plus ou moins de force et le plus ou moins d'irritabilité des parties solides; ainsi des solides résistans , unis à une irritabilité développée , constituent le bilieux ; peu il'irritabilité avec une fibre énergique, le sanguin ou nthléiique ; faiblesse des solides et irritabilité Irès-développée , le mélancolique ; faiblesse des solides et peu d'irritabilité , le phlegniatique.

Hallé distingue les tempéramens en généraux et en partiels. 11 prend pour base des premiers: 1" les systèmes vasculaires sanguin et lymphatique, et les proportions respectives de ces systèmes entre eux ; 2» le système nerveux con-

sidéré comme source générale de la sensibilité ; 3° le système musculaire et ses rapports avec l'influence nerveuse qui en détermine les actions. Ainsi l'excès du système vasculaire lymphatique sur le sanguin correspond au tempérament piluiteux des anciens; l'excès du système vasculaire sanguin sur le lymphatique , correspond au tempérament bilieux ; l'état moyen de l'un et de l'autre système, au tempérament sanguin. Dans l'appréciation du système nerveux que Hallé fait aussi concourir à la base de ses tempéramens généraux, il considère le degré de susceptibilité de ce sj'stème, la durée des impressions qu'il reçoit, la promptitude avec laquelle ces impressions s'associent et se succèdent; suivant lui , l'observation montie que la susceptibilité extrême est ordinairement compagne des tempéramens bilieux , la susceptibilité faible , celle des tempéramens lymplialiques , et la susceptibilité modérée, celle des tempéramens sanguins. La durée des impressions est extrême chez le bilieux , faible chez le lymphatique, modérée chez le sanguin. Quant aux inductions tirées du tystème musculaire , dernier des systèmes sur lesquels Hallé fonde ses tempéramens généraux, elles sont fournies par le volume des muscles et l'excitabilité qu'ils reçoivent. L'association de peu d'excitabilité avec une masse musculaire énorme forme le ti mpéi ament athlétique ; l'association d'une grande excitabilité avec une masse musculaire faible , forme le tempérament nerveux. Les tempéramens partiels île Hallé sont des dispositions spéciales de certains viscères ou de certaines régions du corps, dues encore à l'état qu'y affectent les vaisseaux et les nerfs, dispositions décelèes par certains phénomènes, des hémorrhagies habituelles , par exemple, ou des maladies dites constitutionnelles. Hallé signale comme tempéramens partiels, le piluiteux , caractérisé par la surabondance des glaires, le bilieux, par la surabondance de la bile, et le mélancolique , parla sensibilité spéciale du centre nerveux épigastrique.

Cabanis admet six tempéramens : 1° celui qui est caractérisé par la grande capacité de la poitrine, l'énergie des organes de la génération, la souplesse des solides, l'exacte proportion des humeurs ; il représente le sanguin des anciens; chez lui, les idées seront agréables et brillantes , les affections bienveillante» et douces ; mais les habitudes auront peu de fixité : il y aura quelque chose de léger et de mobile dans les affections de l'âme; l'esprit manquera de profondeur et de force; 2° celui qui joint à la grande capacité du thorax et à i'inûueuca, énergique des organes de la génération , le volume plus considérable ou l'activité plus grande du foie , et la rigidité des parties solides de tout le corps : ce second tempérament représente le bilieux. L'individu qui en est doué, offre un caractère habituel d'inquiétude , a des idées et des affections plus absolues, plus exclusives que le tempérament sanguin ; 3° celui dans lequel les organes^ de la génération conservent beaucoup d'énergie, où la poitrine est serrée, où tous les solides sont d'une rigidité extrême, le foie et tout le système épigastrique dans un étal de constriction ; il remplit ici la place du mélancolique ; ses déterminations sont pleines d'hésitation et de réserve; sa volonté ne va au but que par des détours ; 4" celui chez lequel le système génital et le foie sont inertes , les solides lâches, la quantité des fluides trop considérable, et, par suite, malgré le grand volume des poumons , la circulation se fait lentement et faiblement , la chaleur reproduite est moins abondante , les dégénératious muqueuses sont habituelles et communes à tous les organes : c'est le phlcgma' tique ou piluiteux ; il offre dans sa vie quelque chose de médiocre et de borné, sent, pense, agit lentement et peu ; .5» celui qui est caractérisé par la prédominance du système nerveux ou sensitif sur le système musculaire ou moteurj avec des fibres fortes, il offre des déterzninalions profondes et persistantes 5 avec des fibres faibles , des déterminations légères et fugitives ; dans le premier cas , des élans durables , un enthousiasme habituel , des volontés passionnées; dans le second, des impulsions multipliées qui se succèdent sans relâche et se détruisent mutuellement ; 6° enfin , celui qui se distingue , au contraire , par It prédominance du système moteur sur le sy,-.tème sensitif; c'est le tempérament athlétique ; privé en grande partie de la sensibilité, cette source féconde des idées et des affections , il n'existe nécessaii ement que dans quelques vues bornées et ilans ses volontés brutales ( rtipp. du phjs. et du mnr.).

Voilà où en étaient à-peu-près les théories sur l'objet qui nous occupe , lorsque Gall , en prouvant qu'on ne devait point aller chercher ailleurs que dans l'encéphale . la cause des inclinations , des affections, des passions , des facidtés intellectuelles et des qualités morales , dépouilla les tempéramens du privilège qu'ils possédaient depuis des siècles , d engendrer des facultés intellectuelles et des qualités morales déterminées.

Cette atteinte de Gall à la doctrine des tempéramens , porta quelques physiologistes à examiner il'abord , et , ensuite , à nier les conséquences que l'on en avait toujours déduites pour le moral de l'homme. Voici , sur cet objet, le passage d'un travail présenté ,1e 21 décembre 1820 , à la société de la Faculté. II Je ne caractériserai aucune des dispositions organi(|ues appelées tempérament , par les penchans particuliers qu'on leur attribue d'ordinaire; parce que, si chaque tempérament a une inQuence marquée dans la maiiileslatioii de ces penchans, ce que je suis loin de contester, il ne leur donne pas pour cela naissance , ceux-ci ne pouvant exister sans l'existence d'un appareil organique particulier, affecté à leur production exclusive. Si le même penchant , chez le lymphatique et chez le bilieux , n'est souvent évident que chez ce dernier , cela vient de ce que le stimulant particulier qui imprime un caractère d'énergie et de supériorité aux fonctions du bilieux , agit sur l'oiganc du penchant opposé, comme il agit sur ceux des autres fonctions, et rend celui-Cl plus apparent que chez le lymphatique. Je rejette donc tout ce qu'on attribue d'ordinaire aux fluides sanguin , séreux , biliaire, etc. ( ou aux appareils churjjél de fabriquer ou de distribuer ces fluides) , comme condition essentielle à la pro-

TEMPIÉRAMENT.

ÏEMPERAMENT.

action de quelque acte moral que ce soit , mais non pas comme condition à exaltation ou à la diminution de ces actes , lorsqu'on a admis l'existence d'organes chargés de leur production. » (Gymnastique, page 259. ) \ Georget attaqua, en 1821, dans sa Pfijsiologie du système nerveux, la loctrine des tempéramens , avec la vigueur de logique et la naïveté d expresion qui lui étaient habituelles. Ce jeune physiologiste , qui , pour le caractère poral , était la réfutation vivante la plus comiilèle de celte doctrine , i éunissait ous les attributs physiques que donnent au tempérament sanguin Cabanis et d. Richerand : cheveux d'un blond tirant sur le châtain , yeux d'un beau bleu, jeint vermeil, physionomie animée, formes douces , quoique bien exprimées, |usceptibilité nerveuse assez vive , peau parfaitement blanche , veines bleues t apparentes , disposition aux hémorrhagies nasales et pulmonaires. Tout cela le l'empêchait pas de m'avouer avec une grande camleur , que, loin d'être lelliqueux et porté aux plaisirs de l'amour , ainsi que le faisait présager son empéramcnt, personne n'était plus craintif que lui, et qu'il avait passé deux nnées entières sans avoir aucune espèce de rapport avec le sexe : quant à nous , (ui , mieux que personne, avons été à même d'apprécier un ami qui nous était i cher, nous pouvons affirmer que jamais homme de son âge ne montra du oté de l'intellect comme du côté moral , de dispositions et d'inclinations plus pposées à celles que les auteurs attribuent au tempérament dont il présentait i parfaitement les attributs physiques.

M. Adelon , dans sa Physiologie de ihomme , publiée en 1824, dit positivenent en parlant des différences intellectuelles et morales que présentent les lommes, qu'elles ont été à tort rapportées par les anciens aux tempéramens ; [u'elles sont dues fout entières aux modifications , aux spécialités de l'organe érébral ; que les tempéramens ne peuvent y avoir part qu'en influant sur la aesure d'activité du cerveau ; qu'il faut bien se garder de confondre les lein- •éramens et les caractères ; qu'il n'y a pas dépendance absolue entre l'organialion générale qui constitue le tempérament , et le caractère des actes intelecluels et moraux; que tous les portraits qu'on a tracés de ceux-ci, dans haque tempérament, sont démentis par l'observation.

M. Thomas, dans un ouvrage publié en 1826, sous le titre de Physiologie les tempéramens et des constitutions , adopte pleinement l'idée de ses prédéceseurs sur les attributs moraux, assignés aux tempéramens , puisqu'il avance, lans une note, que toutes les vertus et tous les vices, pouvant se manifester iidistinctement , quoiqu'à des degrés différens de force , dans tous les températiens , il ne leur assignera aucun caractère moral particulier. Cet auteur, qui icanmoins; se contredit tant soit peu , comme nous le verrons plus loin, trouve ague et incertaine l'idée qu'on s'est faite des tempéramens , et ridicules les lénominations que l'on a conservées. Il fonde les tempéramens sur les proporions relajives des cavités splanchniques, et admet: I» un tempérament mixte lu juste proportion des cavités splanchniques, crâne, thorax et abdomen. -,'Apolion (lu Belvédère représente ce tempérament , qui est l'homme physique ccompli ; 2° un tempérament crânien , ou prédominance relative du crâne sur a poitrine et l'abdomen , caractérisé par un crâne vaste, le front large et élevé, 'angle facial très-ouvert, l'abdomen et la poitrine peu développés, les formes rêles , les facultés intellectuelles et les passions très-énergiques , fait pour les rands crimes et les grandes vertus, pour être cruel tyran ou chef de secte, eprésenté par Catilinâ , Tibère, Brutus , Le Tasse, Rousseau, etc.; 3» un empérament thoraeiqne ou prédominance relative du thorax sur le crâne et 'abdomen , essentiellement caractérisé par un crâne petit et un abdomen reserré , relativement à la poitrine qui piédomine par son volume et son énergie. li'Hei'cule Farnèse en forme le plus beau modèle idéal ; 4° un tempérament ihdominaL ou prédominance relative de l'abdomen sur le thorax , dans lequel a paroi antérieure de la grande cavité abdominale , forme une saillie considéable en avant , dans lequel le bassin est large et développé , le tissu cellulaire rès-répandu ; dans lequel enfin , le chyle, formé en grande quantité , et souent plus abondamment qu'il ne faut pour réparer les pertes , est transformé n graisse qui est déposée dans le tissu adypeux ; 5" un tempérament crdnlohoracique ou prédominance du crâne et de la poitrine sur l'abdomen. Il est lirectement opposé à l'abdominal ; dan^ ce tempérament bien développé , les nuscles sont durs et prononcés , le tissu cellulaire très-rare dans toutes les larlies , les fonctions des organes crâniens et pectoraux sont très-énergiques ; t" un tempérament, crdnio-abdominal ou prédominance relative du crâne et de 'abdomen sur le thorax. Opposé au thoracique , le tempérament crânio-abdoninal se reconnaît à un vaste crâne, à un abdomen volumineux , relativement 1 la poitrine, qui est étroite. Les muscles sont peu développés , le tissu celluaire est assez répandu dans tout le corps , de sorte qu'ordinairement les formes ont arrondies et gracieuses; 7° un tempérament thoraco-uhdominal ou prélominance relative du thorax et de l'abdomen sur le crâne , facile à reconnaîre à la prédominance de la face sur le crâne , directement opposé au crânien, )lus répandu en Asie , en Afrique , qu'en Amérique , et surtout qu'en Europe , )roduisant, par son trop de développement, la démence, l'imbécillité, l'idiotisme.

Considérés dans les .âges , les tempéramens admis par M. Thomas, se succèlent ainsi: le crdnio-abdominal jusqu'à sept ans; le crânien, de sept à juatorze ; le crdnio-lhoracique , de quatorze à vingt-cinq : le mixte ou le ihoacique , de vingt cinq à trente-cinq; le thoraco-abdominal , de trente-cinq à piarante-cinq ; enfin V abdominal , dans la vieillesse. Considérés dans les sexes, es tempéramens sont ainsi distribués : l'homme est plus généralement mixte ou horacique , ou crdnio-lhoracique , ou thoraco-abdominal , tandis que la femme ;st plus fréquemment crânio-abdominale ou abdominale seulement. L'Apollon,

l'Antinoiis , l'Hercule , le Jupiter , sont des exemples frappans des constitutions mixte , thoracique et crdnio-lhoracique ; la "Vénus est un modèle de la constitution abdominale.

M. Richerand (dixième édition des Élémens de physiologie, 1833 ) , reproduit exactement les élégantes descriptions que l'on trouve dans les éditions précéilentes , savoir : 1° le tempérament sanguin , caractérisé par l'activité prédominante du cœur et des vaisseaux qui Ibnt circuler le sang ; le teint vermeil, la physionomie animée, dont les traits physiques existent dans la belle st.itue de l'Apollon, tempérament d'où résulte le musculaire ou alhlélique , si les hommes du tempérament sanguin se livrent , par circonstance, à des travau.x qui exercent beaucoup les organes de leurs mouvemens ; 2" le tempérament bdu'ux , caractérisé parla peau brune, inclinant vers le jaune, les cheveux noirs , l'embonpoint médiocre , les chairs fermes, les muscles prononcés, les formes durement exprimées , et dont l'auteur elle comme exemples Alexandre , Jules-César, Brutus, M.diomet , Charles Xll , le czar Pierre, Cromwell , Sixte V , le cardinal de Richelieu , d'où résulte enfin , s'il s'y joint l'obstruction maladive des organes de l'abdomen , le tempérament mélancolique ou atrabilaire des anciens , dont Louis XI, Tibère, J.-J. Rousseau , Le Tasse, Pascal , Gilbert, fournissent des modèles; 3o le tempérament pituiteux , dû à la proportion trop consitlérable des liquides sur les solides , caractérisé par des chairs molles , l'habitude décolorée , les cheveux blonds ou cendrés , les formes arrondies et sans expression , toutes les actions vitales plus ou moins languissantes , dont M. Richerand trouve un exemple dans Pomponius Atticuset Michel Moatii\s,ne ] \6 tempérament nerveux , constitué par la sensibilité excessive aux impressions que reçoivent nos organes, rarement naturel ou primitif, mais le plus souvent acquis et dépendant d'une vie sédentaire et trop inactive, reconnaissable à la maigreur , au peu de volume des muscles mous et comme atrophiés , à la vivacité des sensations, tempérament qui est moins un naturel du corps , que le premier degré d'une maladie , et dont Voltaire et le grand Frédéric sont donnés comme exemples. A chacune de ses desci iptions , toujours si nettes , si tranchées , si complètes, M. Richerand joint, nonobstant les opinions émises par Gall et ses sectateurs, l'énoncé des attributs moraux que les anciennes théories rattachent à chaque tempérament.

Telle est l'histoire de la doctrine des tempéramens, depuis Hippocrate, qui en jette les fondemens dans son traité de la Nature de ihomme , jusqu'à M. Richerand (dixième édition, 1833), qui l'a reproduite, délivrée des explications mécaniques de Stahl et de Cabanis , dégagée du vague des divisions de Halle et toute brillante d'un style élégant et pittoresque. On voit, par l'analyse que nous en avons tracée, que, dans les diverses théories des tempéramens, on n'a guère changé que les noms et les explications ; que les mêmes nuances ont toujours à-peu-près éié signalées ; que les caractères physiques et moraux attachés à chaque tempérament n'ont jamais varié, et que la seule modification importante de celte doctrine est celle qui lui a été imprimée par la connaissance des fonctions du cerveau. Ainsi, les personnes livrées à cette étude ne croiront plus , avec Stahl , que la franchise de caractère résulte nécessairement de la liberté que le sang éprouve à parcourir les vaisseaux. Elles seront également surprises de ce que M. Thomas , qui, dans sa Fonctionomie , a si bien compris et si parfaitement reproduit les idées de Gall, ne se soit pas entièrement défendu du préjugé qu'il reproche à Cabanis et à M. Richerand, et qu'il ait ainsi terminé la description de son tempérament crdnio-lhoracique : « De là de vastes B entreprises , et l'aptitude à les poursuivre et à surmonter tous les obstacles. » C'est lui qui veut gouverner et qui gouverne , qui veut vaincre et qui est » vainqueur; il est en même temps , au combat, soldat intrépide et grand com- » mandant; c'est en un mot, le tempérament des grands conquérans , des » usurpateurs; c'est aussi celui des grands opérateurs ; c'est , par conséquent, » le plus désirable pour un chirurgien, tandis que le crânien paraît générale- » ment plus propre à l'exercice de la médecine. » Si la persévérance , le courage et Yambilion , qualités morales qui émanent du cerveau seul , ne sont pas prédominantes sur les autres facultés cérébrales, chez le crânio -thoracique , il ne sera pas plus que tout autre tempérament, propre à poursuivre et à surmonter les obstacles, soldat intrépide , usurpateur. Quant à l'aptitude qui lui est supposée pour la chirurgie , le thorax ne concourt pas plus que l'abdomen à faire le chirurgien , le cerveau seul dirige la main cle l'opérateur, et le cerveau seul encore le rend plus ou moins impassible aux plaintes et à l'aspect du sang, si c'est cette impassibilité que l'auteur veut faire dépendre du développement du thorax. Cette prédominance du thorax, enfin, n'entre pour rien dans la manifestation d'aucune des qualités morales si gratuitement attribuées au cr«/2jo-«/ioracî(7iie. Par une raison semblable , on retranchera, pour ajouter à l'exactitude des belles descriptions de M. Richerand, les attributs moraux de chaque tempérament, et si cet auteur présente sur une même ligne un nombre quelconque de tempéramens sanguins , avec le caractère bon, généreux, sensible, et qui soient doués d'imagination , les phrénologisles intolérans , comme il les appelle , pourront bien lui présenter , pour toute objection , tout autant d'individus de ce tempérament , avec un caractère méchant, dépourvu deL'énérosité, de sensibilité, et sans aucune espèce d'imagination. Il en sera de même pour les attributs moraux et intellectuels des autres tempéramens, et nous n'osons pas nous arrêter davantage sur ce point , parce qu'il est aujourd'hui reconnu par les physiologistes que la prédominance d'un appareil splanchnique , ou des fluides qu'il confectionne , ne peut influer sur le moral , que par l'intermédiaire du cerveau , en augmentant ou en diminuant la mesure d'activité de toute la masse de cet organe. Les théories émises précédemment donnent encore lieu à quelques remarques; ainsi, la couleur des cheveux, des

TEMPERAMENT

TIÉRÉBENTHINE.

yeux et de la peau, quoique désignant le plus souvent un tempérament déterminé, n'est pourtant pas un indice toujours infaillible de ce tempérament ; enfin , il n'est pas nécessaire d'avoir un viscère malade ou le plexus pliiénique affecté , pour sacrifier aux sombres divinités de la mélancolie et du pessimisme; et le cerveau de Rousseau, de Pascal, de Gilbert et du Tasse, à l'exclusion de leurs autres organes, pourrait peut-être rendre compte d'un penchant si commun aux poètes , aux philosophes et à tant de malheureux que conduit au suicide la dramaturgie des romans modernes.

§ 11. Inductions tirées de la connaissance des lempéramens, pour la pathologie , la tliérapeuUcjue et l'Iiyi^iène. Les affections morbides auxquelles est sujet chaque tcrapéi ameut , ont été ainsi résumées par M. Godefroy , ancien professeur de clinique interne à l école de Caen : « Pour le lymphatique , fièvres mu- » queuses ( ailéuoMiéningées ) ; corysa ; aphtes ; écrouelles ; diarrhées ; flueurs « blanches ; iiydropisies ; toutes les altérations de la lymphe et des glandes , B surtout pendant l'hiver. Pour le sanguin : fièvres inflammatoires (angioténi- » ques), vives ou légères ; hémorrhagies ; phlegmasies , particulièrement au » printemps. Ces maladies se déclarent , se forment et se terminent prompto- » ment. Pour le bilieux : fièvres bilieuses et inflammatoires bilieuses ; choléra- « morbus , et toutes les affeclions qui dépendent de l'excès de la chaleur et de » la sécheresse de l'atmosphère , surtout de son intempérie pendant l'été. Pour » le nerveux: manie; hypochondrie ; épilepsie. » [Essai d'une méthode analytique sur les lempéramens. )

Les inductions qu on peut tirer de ce tableau sont que , les parties qui prédominent dans chaque tempérament , sont frappées de préférence aux autres. Cette as^eI tion , généralement admise, est aussi généralement vraie ; cependant elle ne l'est pas d'une manière absolue, et elle rencontre souvent des exceptions. Si l'homme d'une constitution chétive , chez lequel l'encéphale seul prédomine, soulève un lourd fardeau ou pratique un exercice violent, son cœur, ses poumons , SCS muscles, tout son organisme enfin, en seront violemment ébranlés ; une rupture de vaisseau , un rhumatisme , pourront être le résultat de ces actes disproportionnés à la force et aux habitudes des agens qui les exécutent ; si le même fartieau est soulevé , ou le même exercice pratiqué par un athlète, le rythme normal de ses fonctions n'en sera en rien altéré, parce que l'acte exécuté est en rapport avec son organisation; par la même raison , un repas trop copieux causera plutôt une indigestion à ce tempe'rament irritable et llasque, type des gens de bureau , qu'on appelle lymphatique-nerfeux , cprà ce tempérament chez lequel prédominent les organes gastriques , et qu'onappelle liilicux ; enfin , le large cerveau du penseur n'éprouvera nulle fatigue par un long travail intellectuel , dont quelques momens suffiraient pour congestionner le cerveau d'un athlète. Remarquons, en passant, que les hommes de lettres ne Unissent pas par l'encéphale , aussi généralement qu'on le dit , et que les apoplexies sont tout aussi fréquentes chez ces tranquilles propriétaires, dont l'énergie morale elles facultés intellectuelles se résument en argent comptant ; sortent-ils de leurs pacifiques habitudes, le moindre travail intellectuel et la plus légère émotion brisent la texture fragile de leur cerveau resté jusqu'à ce moment sans exercice.

Pourquoi, maintenant, nonobstant ces exceptions, l'assertion généralement émise , que le tempéi airient est le premier pas vers ta maladie , est-elle généralement vraie? C'est que, dans l'état de liberté , plus nos organes sont forts, sont énergiques, plus ils ont de tendance à agir, et plus facilement ils sont entraînés à des excès ; c'est que l'homme dont le cerveau domine, poursuit immodérément l'étude, les arts ou les chimères de l'ambition ; c'est qu'il appelle, dans l'organe prédominant, une excitation égale, soit qu'il vive de cet te vie d'artiste si brùl.inte et si passionnée; soit qu'en révolte contre le vice , il s'arme d'une noble énergie et se consume pour établir une société sur des bases moins mauvaises ; soit enfin, qu'il parcoure , blasé, hors la route du travail , ce sentier des émotions qui aboutit au suiciile; c'est que 1 hominedoué de vastes poumons et de muscles vigoureu.x se complait à en mesurer le pouvoir, et finit par payer en pneumonies cardiles et aiiévrysmes , l'abus d organes qui , plus ménagés , devaient survivre aux autres; c'est que l'homme dont l'appareil digestif est énergique , ne se borne plus à la jouissance que procure une alimentation nécessaire à réparer les pertes de l'organisme ; qu'il lui faut aviver de trufTes et d'iiromatcs son robuste ap|)étit, mettre à contribution tout l'art ties cuisiniers, pour obtenir des jouissances sans besoin, pour donner à sa sensualité des excitans nouveaux; c'est que le tempérament lymphatique , dont tous les organes sont étouiTés par l'abondance des lir[uides blancs , ne fait rien pour les en délivrer, s'abandonne avec quiétude à l'indolence et au repos , et augmente ainsi cette prédominance (jui produit les œdèuies , l'anasarque et les engorgemens glandulaires de toute espèce. Le tempérament devient doue cause de maladie , parce que , disproportionnant en force et en énergie nos organes , il pousse à des excès les organes prcdominaus , et rend excès pour les organes faibles, l'exercice le plus léger.

Si maintenant , dans quelques parties du corps qu'elles aient lieu , même au cerveau, les maladies revêtent de préférence , dans le tempérament sanguin, le caractère dit injlammaudre , parcourent une marche plus régulière , ont des terrainabons plus promptes, c'est que ce tempérament, dans lequel le sang domine et est lancé par un cœur vigoureux , fournit, plus qu'aucun autre, d'abondans matériaux aux congestions, et que, chez lui, le stimulus le plus léger ne peut jamais frapper les organes sans être immédiatement suivi de ïaffluxus le plus considérable; c'est aussi là le motif qui rend moins douloureuses les affections tic ce tempérament , fait des aniiphlogistiques leur remède le plus ordinaire, et rend plus préjudiciable que dans le tempcraincnt suivant tout

retard apporté au traitement. C'est par des motifs opposés, et parce que les congestions sont plutôt blanches que rouges , lentes que vives, indolores que douloureuses, que le lymphatique supporte moins les émissions sanguines que] les excitans révulsifs, et requiert moins de promptitude dans l'emploi des] moyens de traitement. C'est parce que les irritations sont plus rarement suiviêsj de congestions, sont plus douloureuses qu'apparentes, affectent plutôt le tissu ' nerveux que le vasculaire , que les anti-spasmodiques et les opiacés, sont plus souvent employés avec succès chez les tempéramens nerveux , que ne le sont chez ces mêmes tempéramens, les antiphlogistiques et les révulsifs douloureux; c'est enfin , parce que le bilieux réunit l'excitabilité à une certaine disposition aux congestions , qu'on pourra faire avec avantage pour lui une combinaison de tous ces moyens.

L'hygiène doit faire cesser cette disposition aux maladies, née des tempéramens, en atténuant les disproportions organiques qui les constituent, en raménant l'économie le plus près possible decel tlat mixte j dans lequel toutes les parties se tempèrent récipi oijuement , état auquel seul devrait être donné le nom de tempérament , et que les anciens appelaient tempérament tempéré. Pour arrivera ce but , on exercera le plus possible les organes les plus faibles, en même temps que l'on soumettra au repos les plus forts, et l'on se guidera, dans la distribution des modificateurs naturels faits à chaque tempérament, sur les in» dicalions par lesquelles sont toujours terminées la description et l'influence sur l'économie de quelque agent hygiénique que ce soit. Ainsi l'on trouvera aux ! articles air, aliment, assaisonnement, bain , boisson, gïmnastiqce , etc. , ! quelles sont les températures , quelle est la nature des alimens , assaisonneraens et boissons , quel est le genre d'exercice , le temps de sommeil, l'espèce de bains, qui conviennent à tel ou tel tempérament. ( Charles Londe.)

TÉNESME. s. m., tenesmus. On nomme ainsi le besoin douloureux et fréquemment renouvelé d'aller à la garde-robe , qui accompagne la dysenterie. Ce symptôme dépend de l'irritation du rectum , produite elle même par la fré- : quente répétition des selles , par l'àcreté dés matières excrétées , et quelquefois peut-être par l'extension de l'inflammation du colon. Des hémorrlio'ides enflamv niées le provoquent quelquefois ; un suppositoire irritant en fait naître aussi la ; sensation jusqu'à ce qu'il soit expulsé En analysant le ténesme , on voit qu'il ■ consiste, en une contraction involontaire des muscles de la région anale qui opère la défécation, le boursouflement et la sortie de la membrane muqueuse du rectum , l'excrétion d'une petite quantité de mucosité parfois sanguinolente, un sentiment d'ardeur à l'anus et une douleur qui, comme un pal de feu, s éteni à tout le rectum. &

On oppose à ce symptôme les demi-bains, et les lavemens émolliens et narsf' coliques, les pommades adoucissantes et opiacées; mais le meilleur moyen de le faire cesser, c'est de combattre par les moyens convenables , la dysenterie ou l'inflammation des liémorrhoïdes qui l'entretiennent. ( /^oj-es colite , HÉMoràkj

HUOIDES.) IP

La vessie devient quelquefois le siège d'une sensation analogue à celle que nous venons de décrire , c'est une envie contihuelle d'uriner avec chaleur et cuisson vers son col. On a donné le nom de ténesme vésical ou de ténesme du col de la vessie , à ce symptôme que l'on observe dans plusieurs maladies de cet organe. ( ^ojcz calculs vésicaux, cystite , rétention d'urine. )

( L.-Ch. Roche. )

TEREBENTHINE. On nomme ainsi des sucs oléo-résineux , demi-liquideJ etglutineux, qui découlent naturellement , ou à l'aide d'incisions , deplusieuw végétaux appartenant à la famille des conifères et à celle des térébinthacées. D'autres familles, cependant , peuvent fournir des produits analogues, composés de résine et d'huile volatile; telle est la famille des légumineuses , à laquelle nous devons le baume de copuhu ; nous parlerons de ce dernier produit, très-usité en médecine , à la suite des premiers.

Les térébenihines les plus usitées sont celles des pins et des sapins; on les désigne tantôt par le nom de l'arbre , tantôt par celui du pays qui les livre au commerce; je ne parlerai ici que des principales.

Térébenthine DU Canada { terebinlhina balsamra). Elle est produite , dans l'Amérique septentrionale, par l abiés balsaniea , Mill. ( Pinus halsamea . L. ) On en obtient de deux sortes : 1° celle extraite en crevant les utricules de l'écorce du tronc et des principales branches ; elle est liquide , incolore , transparente, d'une odeur très-suave ; les Anglais la vendent comme baume de Gilead ou de la Mecque ; 2° celle obtenue en faisant des incisions au tronc de l'arbre ; elle est encore presque incolore, fluide, un peu nébuleuse, d'une odeur toujours très-agréable et d'une saveur âcre.

Térébenthine de Venise ou du RIélkze {Lerehinlhina laricea ). Elle est produite par le larix curopœu ; mais je ne puis en donner de caractères certains, d'abord parce qu'il y a fort long-temps que le commerce de Venise n'en fournit plus; ensuite, parce que la térébenthine, dite de l^'eiiise , qui vient du Foiez et du Dauphiné, est extraite , non-seulement du mélèze, mais encore des sapin» et des pins qui croissent sur les Cévennes et sur les Alpes.

Térébenthine de STRAsnouRd ou du S.kpih { ter, binihina ahietina). CeUc térébenthine est extraite du véritable sapin {abifs taxifolia , Lamb. ; pinus picea, L.) Dans les Vosges et en Alsace, on l'obtient surtout en raclant les utricules résineuses de l'écorce , avec un cornet de fer blanc ; le produit qui en résulte, nommé térébenthine d'Jlsace ou térébenthine ci odeur de citron , est très-eslimé; il est liquide, transparent, presque incolore, d'une odeur de citron très marquée, d'une saveur chaude, âcre et amère. En Allemagne, et surtout dans la Forêt-Noire , on fait des incision* au tronc de l'arbre ; le produit est plus abondant et porte plus spécialement à Paris, le nom de lérèbcnlhme

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