‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 279 sur 311 · TÉRÉBENTHINE · texte numérisé non relu

TÉRÉBENTHINE

de Strasbourg ; il est encore fluide, glulineux., transparent ou un peu laiteux, d'une odeur forte et fatigante, et d'une saveur àcre et très-aintre.

La térébenthine du sapin a été le sujet d'un beau ti-avail cliimique, présenté sous forme de thèse j par M. Auiédée dilliot ,à la Faculté de médecine de Strasbourg. M. Cailliot, ayant d'abord di-.tillé cette ihéi ebcnlhine avec de l'eau, en a retiréO,335 d'huile volatile. L'eau, restée dans la cucurbiie, rougissait le tournesol et contenait de l'acide succinique. La ré.sine, dite térèbeiukine cuite, a été traitée par l'alcool froid, qui a laisse une sous-résine insoluble, et qui a dissous jdeux autres substances qui ont été séparées par le carbonate de potasse : l'une, insoluble dans cet agent, est une résine pure, neutre , très-fusible, Irès-solubic dans l'alcool et facilement cristaliisable ; l'auteur la nomme abiéline; l'autre est une rébine anière , soluble <n toute proportion dans l'alcool, l'éther et le japhte, rougissant le tournesol, neutralisant les alcalis; M. Cailliot la nomme xcide abiélique. Voici d'ailleurs les résultats de l'analyse :

Huile volatile 33 50

Sous-résine 6 20

Abiétine 10 85

Acide abiétique 46 39

Extrait aqueux , contenant de l'acide succinique 0 85

Perte 2 21

Térébenthine de Bordeaux terehinlTiina piiiea), extraite très-abondamment , t par incisions, du piiius marilim i, cultivé dans les Landes , entre Bordeaux et layonne. On la sépare des impuretés qui la salissent par deux procédés : soit n la fondant sur le feu et la passant à travers un filtre de paille, soit en l'expo- )nt au soleil dans des caisses de bois percées xle petits trous par le fond. Celle-

, dite lèrébeiuhine au soleil, est plus estimée que l'autre et néanmoins bien iférieure à la térébenthine de Strasbourg Elle otfre d'ailleurs quelques caracires physiques et chimiques particuliers ; elle a une consistance grenue , et irme à la longue un dépôt résineux, cristallin ; exposée en couche mince à l'air, le y sèche complètement en vingt-quaire heures, tandis que la térébenthine e Strasbourg y reste long-temps molle et gluante; mêlée avec un trenteeuxième de magnésie calcinée , elle forme en peu de jours une masse pilulaire )litle, et communique la mèuie propriété au baume de copahu , tandis que la rébenthine de Strasbourg, non seulement ne se solidilie pas par la magnésie, ais même enlève cette propriété au copalui qui la possède. Il n'est donc pas différent; dans un grand nombre de cas, d employer l'une ou l'autre de ces rébenthincs.

PoixBLiNcriE ou POIX DE BouKGOGKE , {tercbinthiiia piceo). C&lie swhsVancc t une térébenthine opaque, blanche, tics-consistante, solide, même dans les mps froids, mais devenant coulante et très-adhéaive par la chaleur; elle ïcoule par des incisions faites aux cpicias ou faux-sapins (abies excelsa DC. , nus abies L.). On en fabrique beaucoup de fausse, à Bordeaux, avec le résidu ! la distillation de la térébenthine, auquel on ajoute de la térébenthine , quellefois même de la poix noire , et toujours de l'eau qui doinie au mélange de Ja ancheur et de l'opacité. Cette fausse poix de Bourgogne se reconnaît à son leur désagréable et à l'eau qu'elle contient.

TÉRÉSEKTHiNE DE Chio [teiebiiithina pistacina), produite dans les îles del'aripel grec, et surtout à Cliio oa Scios parle térébinlhc {pislacia terebinihusL,.). est cet arbre , très-anciennement connu , qui a donné son nom à la téiébenine et à la famille des térébinthacées. 11 fournit peu de résine, et comme il est ■conscrit dans un espace peu étendu , il en résulte que sa térébenthine est is-rare. Elle est très-épaisse, glulineuse , transparente ou nébuleuse, d'une uleur citrine-verdâlre, d'une odeur agréable , analogue à celle du fenouil, d'une peur parfumée comme celle du mastic , privée de toute amertume et de toute reté. Ce dernier caractère distingue la térébenthine de Chio île toutes les prélentes. En vieillissant, elle se résinifie en prenant une légère odeur de rance. tte térébenthine entre dans la thériaque.

rÉRÉBEKTHIME DE COPAHU , BAUME DE COPAHU OU simplement COPAHU. C'cSt Un

; oléo-résineux qui découle en très-grande abondance, en Amérique, par des lisions faites au tronc de plusieurs arbres de la famille des légumineuses et genre copaijera, qui croissent au Brésil et dans la Guyane. Ces arbres sont tre autres les copaijera officinuiis , s^uinnensis , cordifoLia , obiongi/'olia , irtii, etc, ; tous donnent une résine liquide et peu colorée , qui s'épaissit un i et se colore à l'air; qui est généralement d'une odeur forte et désagréable, et m goût acre, amer et repoussant. Cependant tous ces sues ne sont pas aussi sagréables les uns que les autres : par exemple, celui du Brésil est d'une odeur te et repoussanle, qui nuit beaucoup à on usage interne, tandis que celui de yenne a une odeur et une saveur bien moins désagréables; mais il est encore 1 connu. Ces mêmes baumes ne différent pas moins par quelques uns de leurs actères chimiques ; ainsi , les uns , mélangés avec un seizième de magnésie calée, prennent en peu de temps une consistance pilulaire qui en facilite beauiip l'emploi en médecuie, tandis que d'autres, et celui de Cayenne est dans Icas, ne se durcissent prescpje pas par le même moyen. Nous avons vu que la r me différence existait entre les diverses espèces de térébenthines.

je baume de copahu contient environ quarante-cinq parties d'huile volatile fi de et incolore , qu'on peut en retirer par une longue distillation avec de I' u ; cinquante-trois parties d'une résine jaune, sèche , susceptible de combin son avec les alcalis et les autres oxides métalliques; le reste se compose, s vant les espèces , d'une résine brune et onctueuse , encore soluble dans l'al-

cool, ou d'une résine blanche, insoluble dans l'alcool , qui la rend seulenaent tenace et élastique, comme la résine insoluble de l'animé ; ou d'une huile grasse et rancissante, qui parait naturelle à certains baumes, qui n'y existe qu'en trèspetite quantité , et qui cepenilant parait leur ôter la propriété de dui'cir par la magnésie; au moins sont-ce les baumes qui m'ont oITert celte huile, qui prenaient aussi le moins de consistance par la magnésie. Cette huile grasse est touth-fait indépendante de celle qu'on peut ajouter par fraude au baume de copahu , et voici il'ailleurs les trois caractères auxquels on reconnaît la pureté de ce produit végétal :

lo. Soumis à l'ébullition prolongée à l'air libre, avec de l'eau , il devient tout-à-fait sec et cassant.

2". Mélangé par l'agitation dans un flacon bouché , avec 1/2,5 de son poids d'ammoniaque liquide , et à une température de 10 à 15 degrés centigrades, en peu d'instans le mélange redevient parfaitement transparent.

3". Trituré dans une capsule avec un quart de carbonate de magnésie , en peu d'heures le mélange acquiert la transparence et l'aspect d'un mucilage de gomme arabique (Guibourt.)

TEREBENTHINE [iliéra]>culique) . Considérées sous le rapport de leur application médicale, les térébenthines rentrent un pou tians l'histoire des résines et des huiles volatiles ; mais, elles présentent des particularités dont nous devons nous occuper, surtout pour quelques-unes d'entre elles. Il faut remarquer, d'ailleurs, qu'on ne possède pas encore d'expériences suivies sur les effets des divers élémens qui les composent, employés séparément, non plus que d'essais comparatils sur l'action des diverses espèces de térébenthines. Un phénomène bien notable, quoiqu'il n'ait encore produit aucune application utile, cl qu'on n'en ait même pas encore trouvé d'explication salislaisanle , c'est l'odeur de violette communiquée aux urines par la térébenthine, et surtout par l'huile volatile, odeur qui se fait remarquer pour peu qu'on ait seulement respiré les émanations qu'elle fournil. Notons encore que la térébenthine de copahu ne produit pas cet effet, d'où l'on avait inféré une action sur les organes urinaires, action pourtant si manifeste pour le copahu , dans un cas spécial il est vrai , tandis qu'elle est plus que douteuse pour les autres térébenihines. L'augmentation de la sécrétion urinaire signalée par quelques auteurs, n'est pas suffisamment établie, et même la cause de l'odeur de violette n'a pas été recherchée par l'analyse chimique.

Appliquées sur la peau, les thérébenthines , en général , n'y produisent pas d'effet sensible , h moins qu'elle ne soit dénudée. Elles excitent les plaies , et y augmentent l'action sécréloire : inti'oduites dans les voies digestives , elles y restent inaperçues, ou n'y provoquent qu'une légère sensation de chaleur, quand elles sont ingérées en petite quantité, et quand les organes sont sains j dans le cas contraire, il se manifeste des phénomènes qui caractérisent l'irritation gastro-intestinale, savoir : de la chaleur, des nausées, ties vomissemens , et une purgalion plus ou moins abondante. Néanmoins, il y a une térébenthine dont nous parlerons à part , et dont les effets sont tout-à-fait spéciaux et indépendans de l'action immédiate qu'elle exerce comme les autres sur les organes digestifs.

Dans les thérébenthines ordinaires , l'action éméto-purgative est la plus mani.'"este , et celle qui, dans la plupart des cas, suffit pour expliquer les effets curatifs obtenus ; effets auxquels , il faut le dire aussi , les térébenthines sont souvent étrangères. En effet, elles ont été administrées dans des circonstance? si différentes, et dans lesquelles tant de fois on avait vu la guérison avoir ou n'avoir pas lieu inilépendammeut de l'emploi de cet agent thérapeutique , qu'on éprouve, en lisant les auteurs, un sentiment d'incrédulité bien facile à justifier. Il n'y a guère de maladies, il est vrai , contre lesquelles les térébenthines n'aient été conseillées comme très-eflicaces , et il en est beaucoup dans lesquelles elles semblent à l'observateur non prévenu avoir plutôt nui qu'avoir produit d'heureux résultais. Il serait , d'ailleurs, facile de démontrer ce ((ue nous venons d'avancer, en faisant voir que le plus souvent le médicament, ou n'a pas agi, ou n'a opéré que comme aurait pu faire un autre purgatif.

Ainsi donc , par exemple, on ne saurait voir dans les fièvres, ni dans les inflammations aiguës, d'indication particulière à l'emploi de ces médicamens , non plus que des motifs suffisans de les prél'crer, soit comme méthode spéciale , soit comme agens plus recommandables de la médication purgative , p.ir exemple. Dans l'état actuel de la science , en effet, il ne suffit plus de dire , qu'on a guéri par la térébenthine, ou la fièvre jaune, ou des fièvres intermittentes, ou telle inflammation aiguë , parce que les malades seront rétablis pendant ou api es l'emploi de ce médicament ; il faut montrer la liaison directe des faits. On ne saurait donc, en vérité, citer que pour en faire ressortir toute l'insuflisance et la singularité, les assertions des auteurs qui affirment avoir obtenu des résultats très-avantageux de la térébenthine dans une foule d'affections , tellement différentes par leur siège et leur nature, qu'on ne peut se rendre compte en aucune manière de celle puissance merveilleuse. Ne suffit-il pas, pour concevoir une défiance légitime , de jeter les yeux sur une liste où figurent côte-à-côtc, si l'on peut ainsi dire, la fièvre puerpérale, la dysenterie, la diarrhée colliquative des phthisiques , le choléra morbus , les inflammations des yeux., l'irilis syphilitique, la goutte , le rhumatisme chronique, les hémorrhoules , le catarrhe pulmonaire , la toux et le catarrhe de la vessie ';*

On a donné à la térébenthine une application spéciale dans le tr liteiucnt de la névralgie femoro-poplitée , cl à celui des autres espèces de névralgies. Là, si l'on en croit les auteurs , le médicament qui nous occupe agit éncrgiquement ; et sans produire d'irritation directe , il conduit les malades à la guirison d'une mauil-re aussi prompte que certaine. U serait à désirer que les r raliciens qui

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