BOUCHE
Le développement excessif des gaz peut dépenLlre Je plusieurs causes, savoir, ou du fait même de raugraentation de leur sécrétiou qui peut être portée bien au delà delà quantité nécessaire à la digestion , ou de la nature de l'aliment qui subit actuellement le travail digestif. D'une part , en etTet , on remarque qu'il est des sujets beaucoup plus disposés que d'autres, même dans l'clat de santé , à la production des gaz intestinaux; ce sont prijicipalemeut les gens de lettres, les individus qui mènent une vie sédentaire, les tempérauiens nerveux, et plus particulièrement encore les femmes enceintes ou nouvellement accouchées; ce qui fait que ces personnes sont habituellement tourmentées de borborjgmes. D'une autre part, on observe que, pendant la digestion des substances végétales , il s'opère dans l'intestin un développement plus ou moins considérable de gaz ; soit que la nature de ces alimens les rende moins propres que d'autres à s'imprégner de fluides gazeux , soit qu'ils aient la propriété de dégager eux-mêmes une certaine quantité de gaz, ainsi qu'on le remarque pour beaucoup de semences de plantes légumineuses, telles que les pois, les haricots, les lentilles , etc. Dans tous ces cas, le phénomène du borborygme, par lequel ils manifestent leur présence et leur mouvement , est le plus ordinairement exempt d'aucune cause pathologique proprement dite , et rentre pour ainsi dire dans l'ordre physiologique. Mais il n'en est pas de même des borborygmes qui se manifestent dans les maladies des organes digestifs , et qui exigent par cela même une attention particulière de la part du médecin.
En général , ils accompagnent la plupart des phlcgmasies gastro intestinales aiguës, les dysenteries, le choléra - morbus, les fièvres typhoïdes, etc., et en constituent tout à-la-fois un accident plus ou moins grave, et un signe qui peut concourir à en tixer le pronostic. Il est également certain que les borborygmes, considérés dans l'état morbide, se manifestent souvent chez des sujets qui, loin d'offrir aucuns symptômes inflammatoires, semblent plutôt présenter tous les caractères d'un état de faiblesse des organes digestifs. C'est ainsi qu'ils ont lieu dans les dyspepsies dues à une débilité gastrique évidente, dans la chlorose, la convalescence , et surtout pendant l'état de vacuité de l'estomac. Par conséquent , les borborygmes n'ont réellement par eux-mêmes qu'une faible valeur dans l'appréciation de l'état sthénique ou asthénique de l'appareil digestif. Cette remarque mérite d'autant plus d'être signalée à l'attentioa des médecins, que la plupart sont disposés à ne voir dans le développement des gaz intestinaux que celte alternative de force ou de faiblesse. C'est principalement dans les névropatliies que ce signe peut acquérir une certaine valeur aux yeux du praticien. Il accompagne presque constamment l'hypochondrie et l'hystérie , à tel point que la plupart des malades, atteints de ces affections, accusent cette cause comme la seule à laquelle ils doivent leur état de souffrance ; d'où il semblerait résulter que la sécrétion des gaz, comme celle des autres produits organiques est encore soumise à l'influence nerveuse.
Dans les fièvres graves , les borborygmes précèdent ordinairement les évacuations dites critiques, et sont d'autant plus inquiétans ( vojez Météorisme) qu'ils s'accompagnent d'une tuméfaction plus considérable de Tabdomen. Ou les regarde, au contraire , comme d'un augure favorable, quand ils se manifestent après une opération de hernie, à la suite de renléroraphie, de la guérison d'un anus anormal , en ce qu'ils indiquent le rétablissement du cours naturel des matières dans la continuité de l'intestin.
Les borborygmes étant le plus ordinairement liés à une disposition physiologique ou pathologique des organes digestifs, et ne constituant pas par eux-mêmes un état morbide, il est évident que leur traitement doit uniquement se déduire des causes auxquelles ils appartiennent. ( f^oj'ez Ballonkememt, Fièvres typhoïdes , Météorisme , Névropathies , Pneumatoses , etc. (P. Jollt.)
BORIQUE (acide). Cet acide a été découvert en 1702 par Homberg, en distillant un mélange de borax et de sulfate de fer. Il reçut alors le nom de sel sédatif, d'après l'idée qu'on se faisait de ses propriétés médicales ; plus tard on lui imposa celui d'aci'i/e ioz-flCiV/i/e; enfin, en 1808 , MM. Thénard et Gay- Lussac, ayant montré qu'il était formé d'oxigène et d'un corps combustible qu'ils ont nommé bore , ont changé son nouveau nom en celui (ïacùie boj-ique aujourd'hui généralement admis.
L'acide borique existe à l'état de liberté dans les eaux de quelques lacs de la Toscane, d'où on peut l'extraire pour l'usage du commerce; mais il se trouve beaucoup plus abondamment dans les eaux de plusieurs lacs du Thibet , de l'Inde et de la Chine , combiné à la soude et à l'état de borate de soude. Ce sel, connu sous les noms de tinckal, borax et chrjsocoUe , est apporté brut en Europe, où il est purifié pour le besoin des arts. Pour en extraire l'acide borique, on le fait dissoudre a chaud dans cinq parties et demie d'eau ; on filtre et l'on verse dans la liqueur un excès d'acide sulfurique, qui décompose le borate et en met à nu l'a jide. Celui-ci cristallise par le refroidissement de la liqueur; on décante l'eau-mère , on lave l'acide avec un peu d'eau froide et on le fait sécher.
1,'acide borique est ordinairement cristallisé en paillettes blanches, brillantes et nacrées ; il a peu de saveur , et ne rougit que faiblement le tournesol. Il est peu soluble dans l'eau froide ; beaucoup plus soluble dans l'eau bouillante; fusible au feu en un verre transparent et fixe. Cependant Homberg l'obtenait par sublimation ; mais alors il n'était qu'entraîné par les dernières portions d'eau contenues dans le mélange salin d'où on le retirait, et il cessait de se sublimer lorsquel'eau était volatilisée.
L'acide borique est encore quelquefois prescrit comme calmant, à la dose de 6 à 12 grains , pris plusieurs fuis par jour; mais son plus grand usage en pharmacie est pour la préparation de la crème de tarira soluble ou tarlrate horo-polassique. (GtiiiOURT.)
BOUCHE, s. f , os, 7zoij.!i; c'est dans le langage anatomique ou pathologique