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COMPRESSEUR

COMaiOTION, s. f. commotio {mofcre se. mouvoir, cum avec); lésion déterminée par la dissémination du mouvement dans les parties vivantes, à la suite des chocs extérieurs. La commotion ne doit pas être étudiée seulement dans les masses centrales du s ystème nerveux, mais dans tous les tissus qui peuvenl en ressentir les effets.

Les secousses, les ébranlemens, et par conséquent les commotions ne peuvent avoir lieu à un degré considérable et se propager au loin qu'autant que les chocs qui les déterminent ont porté sur quelques-uns des élémens solides de l'organisme. Lorsque les parties molles sont seules frappées , elles s'aflaisent , se rom[)ent ou se détruisent sous le coup , mais elles ne peuvent osciller et transmettre au delà d'un rayon fort peu étendu le mouvement qu'elles reçoivent. Il n'eu est pas de même des os , et surtout des os durs, qui , lorsqu'une percussion violente les atteint, entrent immédiatement en mouvement, oscillent dans toute leur étendue, et transmettent l'ébranlement avec toute sa force, soit aux parties qui les environnent, soit à celles qu'ils servent 'a contenir ou à protéger. Les articulations elles-mêmes ne s'opposent pas toujours efficacement à la propagation de la commotion. Le mouvement les traverse avec d'autant plus de facilité qu'elles sont plus immédiates , plus serrées , et que des couches cartilagineuses moins épaisses y séparent les surfaces des os. C'est ainsi que les articulations du cr;uie et du bassin n'opposent presque aucun obstacle à l'extension des secousses éprouvées par ces régions , tandis qu'elles sont bientôt .amorties par les jointures des os des membres , et surtout par celles qui sont multipliées aux pieds et aux mains. Il est à remarquer encore que la commotion est d'autant plus forte que les os frappés résistent plus efficacement aux chocs extérieurs : lorsqu'ils se rompent, la fracture absorbe toujours la plus grande partie du mouvement, et il est rare qu'il en reste assez pour s'étendre au loin et produire des cfî'els dangereux.

La trame organique de la plppart des tissus est tellement délicate qu'elle ne saurait sirpporler sans dommage les ébranlemens considérables que déterminent les violentes percussions. Sous l'influence des secousses brusques et instantanées qui leur sont communiquées, les molécules vivantes tendent à se séparer; les liens qui les unissent se relâchent , la cohésion des parties éprouve une notablediminution.il n'y a toutefois encore aucune déchirure sensible, aucune solution de conlinuilé apparente; s'il en était autrement, on ne dirait pas qu'il y a commotion , mais contre-coup.

Les résultats des secousses simples et violentes , qui nous occupent, se font d'autant mieux remarquer que les organes ébranlés ont une structure plus molle, plus délicate et plus vasculeuse. Les commotions des masses cérébrales, du foie, de la rate et des reins, sont bien autrement faciles, profondes et graves que celles des muscles et surtout des tissus fibreux , qui les supportent sans en éprouver d'inconvénient notable.

Le premier effet de la commotion est d'affaiblir , de suspendre et quelquefois de faire cesser lout-à-coup les actions organiques dans les parties qui en sont le siège. L'ébranlement moléculaire peut être tel que les rapports , les conditions de structure indispensables h l'exercice de la vie, cessent d'avoir lieu : c'est ce qu'on observe à la suite des commotions larges et profondes du cerveau. Dans les cas moins dangereux, un état d'afl'aiblissement , d'inactivité et do stupeur succède au choc, et se prolonge pendant un temps variable. Les membres frappés sont froids , insensibles , abandonnés par le blessé à leur pro])re poids , incapables de mouvement. Les cordons nerveux semblent avoir spécialement souffert au milieu de toutes les parties environnantes'agitées parle choc. Après un temps variable, cette sorte d'anéantissement .s<e dissipe, et fait place à des phénomènes secondaires d'une nature différente.

Tantôt les parties ébranlées par la commotion deviennent , en se réveillant , le siège d'une congestion active, d'un aflliix sanguin considérable, et bientôt ensuite d'aecidens inflammatoires intenses; tantôt, au contraire, elles semblent plutôt se laisser envahir par le sang que l'appeler : leurs vaisseaux se distendent et s'engorgent, et les phénomènes vitaux, an lieu d'y acquérir un surcroit d'énergie , y sont étouffés pour ainsi dire à l'instant de leur répartition. Dans le premier cas, la partie blessée se réchauffe gradiiellement , se colore , se tuméfie, rougit et devient douloureuse; dans le second, elle augmente de volume, mais elle reste froitle , insensible , et acquiert une teinte bleuâtre, résultat de la stagnation du sang accumulé dans les vaisseaux capillaires. Des suppurations abondantes, des foyers purulens considérables, sont les suites assez ordinaires tic l'inflammation consécutive des parties fra]ipées de commotion ; une sorte d'asphyxie locale et le sphacèle tendent au contraire à succéder à l'engorgement passif que favorise la stupeur.

Ces phénomènes secondaires se reproduisent toujours dans les mêmes circonstances, quelle que soit la texture de l'organe ébranlé. Ils commencent même assez souvent à pa^-aître avant que les premiers effets de la commotion soient entièrement dissipés ; de telle sorte que le début de la phlogose s'allie h la terminaison de l'inactivité locale , qu'elle s'accroit à mesure que l'autre diminue , et qu'on en peut observer entre elles aucun intervalle distinct. Ces faits sont communs au cerveau , au foie , à la rate, et dans tous les parenchymes organisés de manière à ressentir profomlément 1 influence des commotions. Les moyens thérapeutiques dont il convient tie faire usage alors, consistent toujours, durant les premiers momens d'interruption ou cl'exlrème affaiblissement des actions organiques, h soutenir, à relever, à l'aide des stimulans locaux ou généraux, les forces prêtes à s'éteindre. Les frictions chaudes sur la peau, l'inspiration des liquides aromatiques ou éthéiés , l'ingestion lie quelque liqueur spirilueuse , les applications locales avec le vin ou d'autres liquides analogues , sont alors spécialement utiles. INlais il importe d'observer attentivement les effets de ces moyens , afin de les repousser pour leur substituer le»

adoncissans, les caïmans, elles antiphlogistiques , à mesure que la phlogosi secondaire se développe. Les cas d'engorgement passif, et de stupeur persis tante, sont les seuls où l'usage des excitans locaux doit être continué jusqu'à c< que la résolution s'opère , ou que , par suite des progrès du mal , la gangrène des parties ébranlées devienne imminente et fasse naître la nécessité des ampu i ta'io"^- (L. J. BÉGiN).

COMPRESSEUR, s. m. On a donné ce nom h divers instrumens destinés ;' comprimer les nerfs et les vaisseaux.

Moore, voulant amortir la sensibilité des parties avant les opérations, t imaginé pour cela un compresseur consistant en un demi-cercle d'acier, préj sentant à l'une de ses extrémités une pelote qui devait servir de point d'appuij et traversé à l'autre par une vis de pression supportant une autre pelotj mobile , que l'on appliquait sur le nerf au moyen de la vis , et que deux tigei de fer droites , qui en partaient et qui traversaient le demi cercle de chaqu( côté de la vis, empêchaient de vaciller.

M. Dupuytren a appliqué un instrument analogue , sous quelques rapports à la compression des artères des membres. Le compresseur de ce célèbre chirurgien se compose d'inie lame d'acier, en demi-cercle courbée, qui supports par une de ses extiémités une plaque large, convexe et inamovible , destinée à prendre un point d'appui large et solide sur la partie du membre opposée à l'artère; l autre extrémité est aussi traversée par une vis qui supporte une pelote allongée , de trois pouces.au moins de longueur et presque cylindrique delà plaque de laquelle partent , comme dans le tourniquet de Petit, deux tiges cylindriques qui traversent le demi-cercle de chaque côté de la vis , et qui préviennent tous les mouvemens latéraux que la pelote pourrait exécuter Un mécanisme simple donne à ce compresseur la faculté de s'accommoder ai volume et à la forme de tous les membres; d'un côté , le demi cercle d'acieii J est brisé à sa partie moyenne en deux moitiés, qui s'engagent dans un coulanlj «[ d'acier où elles sont retenues par une vis de pression; selon que l'on pousit| h les deux parties l'une vers l'autre dans le coulant , de manière à les croiser, oui i selon qu'on les retire, le demi-cercle s'étend ou se raccourcit , et on le feta i dans la position requise au moyeu de la vis de pression : d'un autre côté, près) !i| de chaque pelote, le demi-cercle est encore brisé par une charnière, aumoyer^ ïi de laquelle ces pelotes peuvent prendre tous les degrés d'inclinaison nécessaireiï a Un ressort placé derrière chaque charnière s'engage par son extrémité daini ii des engrenures placées du côté de la convexité du. demi-cercle , de telle sortf| m que^ permettant sans difficulté les mouvemens de flexion delà charnière, i; ij s'oppose h ce que les pelotes quittent la position qu'on leur a donnée. j A

Pour se servir de cet instrument on commence par tourner la vis de droite i; fu gauche jusqu'à ce que la pelote mobile soit tout-à-fait rapprochée du demi; \i cercle ; alors on s'assure de la position de l'artère , et l'on applique sur ce vais seau la pelote mobile parallèlement à sa longueur ; en même temps on embrassi le membre avec le demi-cercle ; et lorsque la pelote fixe est arrivée sur le côti de cette partie diamétralement opposée à l'artère, on maintient l'instrumen ; t, et les parties en rapport, et l'on tourne la vis jusqu'à' ce que la pelote mobihi i'^^ comprime l'artère au point d'en suspendre les battemens. jj,

Le compresseur n'agit que sur deux points du membre , il ne gêne point 1. circulation collatérale ; et il lient si solidement que j'ai vu des malades , sur 1; cuisse desquels il était appliqué, se lever sans qu'il se dérangeât. Il convienîj ,|| donc d ins tous les cas où l'on veut arrêter le cours du sang dans un tronc prinij j,| cipal sans gêner la circulation collatérale. , ,]

Mais il est moins avantageux que le tourniquet , quand on veut arrêter U, .jj sang en même temps dans tous les vaisseaux d'un membre. i C'est sur les données qui viennent d'être eyposées , ou sur celles du tournii II qnct, et quelquefois aussi sur celles du brayer, qu'ont été constiuils beaucollf| d'autres compresseurs spéciaux que nous ne décrirons pas ici, par cela même qu'ils sont spéciaux. Tels sont , celui de Bell pour l'ai tère temporale ; celui d( Chabert pour les veines du cou; ceux de Schintller et de Hesselbach poiii l'artère épigastriqiie ; celui de Joachim pour les vaisseaux du pénis; celui df Morenheim et d'Olivier pour l'artère sous-clavière ; celui de Scullel, de Platner, de Heister, de Dionis , de Brambella , de Dahl , do Leber, de Ayrcnf, etc., pour l'artère brachiale; ceux de MM. Langenbeck et Verdici pour l'artère iliaque externe ; celui de Wegchausen pour l'artère crurale , ctc i k

( L.-J. Sansom.) ^ COMPRESSION, s. f, coinj)ressio. On entend en chirurgie, par ce mot, une pression plus ou moins forte et plus ou moins prolongée, exercée par un ageDl| quelconque sur les tissus du corps. j ^

Les chirurgiens reconnaissent deux sortes de compression. La première. ^ qui s'exerce du dedans au dehors et qui n'a jamais pour objet que d'agrandii i certains orifices ou certains canaux naturels ou accidentels, a été appelée phiij ^ spécialement par eux Dilatation, et sera traitée à ce mot: la seconde, (IUi| I s'exerce <lu dehors au dedans , est la compression proprement dite. , :

La compression, appliquée aux tissus sains, a pour effet général de lescon- 1 denser et de diminuer leur volume et leur épaisseur. ^ Mais cette condensation a des suites tiès-variée.'! , qui consistent en des altc- j rations de texture ou donnent lieu au développement de phénomènes vitaux qui varient selon qu'elle est forte ou faible, momentanée ou prolongée, éten-; due à une large surface ou bornée à un point.

En général , les effets de la compression sont d'autant plus marqués , qu eMcj \ est plus forte , qu'elle a été prolongée pcudaut plus long-temps et qu'elle a «t( exercée sur une plus petite surface.

Faible, bornée à une petite surface, et exercée pendant peu de temps, h compression gêne seulement la circulation capillaire , et fait refluer le «ang dan;

iJ

COMPRESSI O

s vaisseaux voisins du lieu qui y est soumis et qui pâlit; mais , aussitôt que compression est enlevée, le sang revient avec force, et le point comprimé evient pour quelques iiistaus plus rouge qu'il ne l'est dans l'état naturel. Une compression circonscrite, faible, et continuée pendant long-temps, a abord les mêmes résultats ; mais presque toujours elle finit par déterminer, ans le tissus d'où elle a primitivement chassé le sang , une irritation nutritive ui l'y rappelle, et produit son épaississement , sous l'influence même de la oinpression. C'est ainsi que, dans tous les points de la surface du corps qui sont )umis à une pression douce et circonscrite, mais habituelle, des vctemens , peau, que je prendrai toujours pour exemple des effets généraux delà comression, parce que ce n'est presque que sur elle seule qu'on l'exerce immédiatelent, eîtplus épaisse que dans les points soustraits à cette action. Une compression encore plus circonscrite et plus forte , mais assez médiocre pendant pour ne point produire d'abord de douleur , ne tarde pas à devenir )iiloureuse ; le sang , d'abord chassé des capillaires de la partie , y revient lalgré la compression ; il y revient avec force, et bientôt la partie comprioiée evient dans toute l'étendue soumise à la compression , ou pour mieux dire, sur s limites immédiates de ce point facile à reconnaître à l'empreinte qu'y a lissée l'agent de compression, le siège d'une inflammation des plus doulou- Buses et des plus vives. Le pli d'un bas , la coulure trop saillante d'une botte, bord trop serré d'un soulier produisent , au bout de quelques heures , des ouleurs intolérables et quelquefois même des ampoules, des excoriations ou de éritables solutions de conlinuilé de la peau. Les mêmes effets ont lieu lorsue, dans un bandage mal appliqué, les compresses ou les bandes forment des lis ; ceux-ci blessent les parties et rendent la pression des pièces d'appareil ès-difïïcile à supporter , par la douleur locale, l'agitation et la fièvre qu'ils rovoquent. Dans les appareils destinés au maintien des fractures, et surtout Èinsles appareils à extension de DesaultetdeM. Boycr, il n'est quelquefois pas Bsoin d'un faux pli pour provoquer tous ces accidens ; il suffit de n'avoir pas ranti par des matelas suffisamment épais les parties des membres qui suppornt la pression lu plus forte. C'est ainsi qu'on voit des inflammations graves rvenir aux aines et autour des malléoles des personnes que l'on traite par xtension continuelle, d'une fracture du co! ou du corps du fémur. Enfin une compression circonscrite et prolongée, plus forte, détermine n-seulement l'inflammation, mais encore la mortification des parties qui y nt immédiatement soumises. C'est ce que l'on observe quelquefois encore ns les circonstances qui vienJient d'être indiquées.

Lorsque , au lieu d'être fort circonscrite , la compression est étendue à une jrge surfac;e et qu'elle dure peu , elle n'a d'autre effet que d'étendre , à une ande largeur, les phénomènes qui accompagnent la compression circonscrite, ible et de peu de durée. Il y a plus : elle a à peu près les mêmes résultats and elle est forte, parce qu'étant répartie sur un plus grand nombre de ints , chacun d'eux la supporte plus facilement.

Mais quand la compression est à la fois largement étendue, soutenue penint long-temps , et conduite peu à peu à un haut degré , alors elle devient la urce de phénomènes tout particuliers.

La partie diminue de volume et d'épaisseur. Le tissu cellulaire, privé de la •aisse et de la sérosité qui remplissent ses cellules, devient sec, maigre, luelleux ; les muscles , gênés d'abord dans leurs mouvemens , s'atrophient , perint leur faculté contractile; les vaisseau.t sanguins et lymphatiques les plus perficiels sont affaissés sur eux-mêmes, et la circulation du sang et de la lymûe, quoique partout gênée, se fait presque exclusivement par les vaisseaux "ofonds. Si une semblable compression, après avoir duré seulement pendant lelques semaines, comme cela a lieu , par exemple, pendant le traitement s fractures des membres , est enlevée tout à coup , la partie se gonfle et les jumens deviennent livides , soit que les capillaires veineux et lymphatiques pei ficiels , affaiblis , ne se débarrassent qu'avec peine des liquides qui les disadent, soit que les troncs vasculaires qui y correspondent , long-temps nus dans un état voisin de la vacuité , refusent de recevoir les fluides que ces isseaux leur apportent.

Lorsque la compression, à la fois étendue et long-temps continuée, est assez rte pour empêcher tout-à fait la circulation arlérielle et veineuse , alors la rlie se gangrène dans toute son épaisseur. C'est ainsi que l'on observe le hacèledes membres fracturés, quand on applique sur eux des appareils serrés itre mesure. Mais si la compression , bien que très-forte et long-temps conluée, n'intercepte pas tout-à-fait l'abord du sang dans l'organe qui y est utnis, alors celui-ci s'atrophie et peut même disparaître tout à-fait. C'est ce li'arrive à la glande parotide soumise à nne compression forte et méthodique mr tarir la source de certaines fistules salivaires ; c'est encore ce qui an ive IX mamelles affectées d'engorgement squirrheux traité par la compression. J'ui 1 vérifier ce fait sur une femme traitée de squirrhes aux seins par ce moyen : s deux glandes avaient complètement disparu.

Lidépendamment de ces effets généraux communs à tous les organes, la tnpression en a d'autres qui sont particuliers à quelques-uns, et qui dépen- !nt de leur structure , de leurs fonctions , ou d'une disposition particulière. nisi,1jne compression trop forte exercée par un bandage herniaire sur le ntour des ouvertures aponevrotiques qui livrent passage aux viscères de bdoraen, a pour résultat le relâchement des aponévroses qui, privées de point ppui, finissent par céder à cette action continue, ce qui augmente la difïillté de contenir la maladie. Une compression quelconque, exercée sur le cerfau, a poureffet de suspendre ses fonctions et de priver de sentimentetdemouiment , la moitié du corps opposée à l'hémisphère sur lequel elle est exei-cée. a compression de la moelle épinière paralyse toutes les parties du corps qui

DiCT. DE MipECIKE ET DE CBlIlt'RGlE PRATIQUES.

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