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COMPRESSION

reçoivent des nerfs de la partie de cette moelle située au dessous du point comprimé; il en est de même de celle des troncs nerveux. Une compression exercée sur le ]ioumon ou sur le cœur gêne ou suspend tout-à-fait la respiration ou la circulation; faite sur le trajet d'un conduit excréteur, elle détermine la rétention des matières chassées par ce conduit. Appliquée aux artères et aux veines , elle suspend le cours du sang dans ces vaisseaux ; et quand elle est prolongée pendant assez long-temps, elle peut en déterminer l'oblilcration en faisant adhérer mutuellement leurs parois opposées qu'elle met en contact. Elle a du reste toutes les conséquences de la suspension du cours du sang , c'est-à-dire la gangrène de la partie, quand elle arrête le sang dans la seule artère qui la nourrit, ou quand elle y retient tout le sang veineux sans empêcher l'abord du sang artériel ; c'est de cette dernière manière qu'agit la compression circulaire bornée à une étroite surface : qu'un lacs soit appliqué circulairemcnt autour d'un membre, et serré un peu fortement, on voit bientôt toute la parlie du membre située au dessous se gonfler, prendre une couleur bleue livide, devenir douloureuse, puis s'engourdir, et enfin, augmentant ioujouVs de volume, finir par se couvrir de phlyctènes , et se gangréner, ou dans toutes ses parties , ou au moins dans la superficie. C'est ainsi qu'une ligature appliquée sur un doigt peut en faire gangrener toute l'extrémité. Les mêmes phénomènes ont lieu quand dans un bandage roulé et destiné à comprimer toute la circonférence d'un membre, quelqiie tour se trouve rnoins serré que les autres ; les parties se gonflent au dessous , et bientôt tous les effets de la stase du sang veineux et de lu lymphe s'y font remarquer ; mais quand la compression est égale et surtout ménagée, de telle sorte qu'elle va en décroissant régulièrement de l'extrémité du membre vers sa base, aucun de ces phénomènes n'a lieu , parce que le sang veineux et la lymphe, refoulés de l'extérieur à l'intérieur ilu membre, prennent leur cours par les vaisseaux profonds.

Quand la compression exercée autour, d'un membre est bien régulière, graducUement augmentée et également exercée, la gangiène ne peut survenir qu'au tant que la constriction est portée au point d'arrêter la circulation artérielle.

Par cela même qu'elle a une action très-puissante et très-variée sur les organes, la compression constitue un des moyens les plus importans de la tîierapeutique chirurgicale; car on peut produire à volonté toutes les modifications dont elle est susceptible , et par conséquent obtenir de son emploi les résultats les plus utiles comme les plus diversifiés.

Considérée sous le point de vue théraj)eutique , la compression ofTi e ou un moyen préparatoire à certaines opérations, ou un moyen auxiliaire remployer pendant que l'on pratique ces opérations, ou enfin un moyen curaiif par lui-même.

Ainsi on l'emploie comme préparatoire à l'opération de l'anéviysme , lorsque l'on applique pendant quelque temps , avant de pratiquer cette opération , un tourniquet sur l'artère que l'on se propose de lier, afin de forcer le sang ii passer par les artères collatérales que l'on prépare ainsi à suppléer à l'artère principale dont on veut oblitérer le calibre.

Il est employé comme auxiliaire dans beaucoup d'opérations. Moore à proposé de comprimer les nerfs, afin d'engourdir la sensibilité des parties, et il a imaginé pour cela un compresseur. C'est à l'aide de la compression appliquée sur les artères que l'on suspend momentanément le cours du sang dans les parties que l'on yeut divisçr avec l'instrument tranchant; c'est à l'aide du même moyen que l'on comprime les veines sur lesquelles on veut pratiquer la phlébotomie; c'est en les comprimant que l'on maintient les paupières écartées et l'oRil immobile pendant l'opération de la cataracte , etc.

Enfin la compression est employée comme moyeu thérapeutique principal dans une foule de cas.

Limitée , brusque et forte, elle sert à rompre ces kystes séreux qui se développent sur les trajets des tendons du dos de la main et que l'on nomme vulgairement des ganglions. Bloins forte et moins brusque, elle sert à réduire les hernies abdominales , celle de la matrice , du rectum ; à diminuer le volume du aland étranglé par un paraphymosis ; à réduire certaines luxations et certaines fractures.

Limitée et permanente , elle sert, lorsqu'elle est appliquée directement sur l'orifice des vaisseaux vaineux, ou latéralement sur le trajet des vaisseaux dont elle applique les parois , l'une à l'autre, à suspendre les hémoi rhagies jusqu'à l'oblitération de la plaie. Appliquée encore sur le trajet d'une artère , elle peut l'oblitérer et constituer ainsi un des moyens de guérison des anévrysme. Limitée encore et permanente, et appliquée aux ouvertures des cavités splanchniques dilatées , elle contient les hernies et constitue dans quelques cas un moyeu de guérison de ces maladies. Limitée et dirigée sur les parois d un foyer, elle sert à expulser le pus qui séjourne dans le fond, et préserve le malade de tous les accidens dépendans de son séjour au milieu des parties. Appliquée au contraire sur l'ouverture des foyers , elle sert à y retenir le pus, à rendre plus apparente la collection, et à faciliter l'établissement d'une contre-ouverture. Enfin limitée , permanente , forte et circulaire, comme on le pratique en un mot a l'aide des ligatures , elle sert à arrêter définitivement le sang dans les artères ouvertes ou dilatées , à faire tofiiber par gangrène certaines tumeurs sur le pédicule desquelles on l'applique , à opérer cert^nes fistules à l'anus.

Étendue à une grande surface et permanente, la compression remplit encore les indications les plus importantes.

Ainsi, appliquée autour des membres affectés d'érysipèles qui disparaissent sous l'impression du doigt et supportés par un gonflement œdémateux , elle prévient la formation d'abcès qui détruiraient infailliblement le tissus cell.daire de la partie ; mais il faut bien distinguer ces cas des autres . car appliquée au érysipèles phlegmoneux , elle produit sur la peau et le tissu cellulaire sous-cutuué les mêmes effets que les aponévroses d'enveloppe sur les parUcs profonde.

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