‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 171 sur 234 · DE IV T · texte numérisé non relu

DE IV T

DENT

comme nous l'avons déjà fait remarquer , d'un blanc bleuâtre comme ti-ansparent et d'une texture peu solide : elle afTecte presque toujours alors les incisives. Dans les autres cas, les molaires en sont le plus souvent le siège; elle atteint ordinairement leur surface triturante ou leurs cotés contigus; tandis que sur les incisives , il est plus commun de l'observer aux bords latéraux ou k la face antérieure , que dans tout autre endroit.

La carie des dents semble endémique dans les contrées basses , humides et marécageuses, où la constitution des hommes est en général détériorée ; elle est plus fréquente dans les grandes villes et dans les pays septentrionaux qu'à la campagne et dans les climats brûlans du midi ; ce qu'on doit attribuer . non exclusivement, ainsi qu'où l'a fait, aux boissons chaudes , dont l'usage est si répandu dans les cités et les pays froids, mais aussi à l'alimentation plus vai iée, plus irritante, à l'abus des liqueurs spiritueuses , et surtout à la teuifiéralure souvent extrême et opposée des alimens et des boissons, dont les brusques alternatives ne peuvent qu'irriter les parties sensibles et nouriicières des dents. On a attribué aussi la carie à la pression réciproque que les dents trop serrées exercent les unes sur les antres ; mais lorsque leur organisation est solide et leur substance saine, cette circonstance reste sans influence, taiulis que dans les cas contraires, la carie se développe, bien qu'aucune pression anormale n'existe. Si la carie survient souvent au point de contact de deux dents, c'est que celte disposition favorise dans ces organes comme dans les autres l'irritation et la destruction de leur substance. Il esta remarquer cependant que le voisinage d'une carie finit par altérer les dents restées saines; mais le plus souvent alors on y observe une tache superficielle et non douloureuse, une simple altération de l'émail plutôt qu'une carie profonde et destructive. L'observation a constaté, enfin, qu'à raison sans doute de leur développement simultané, qui les a fait participer aux mêmes impressions, et leur a communiqué les mêmes qualités organiques , bonnes ou mauvaises , les dents correspondantes des deux mâchoires , et d'un côté à l'autre de la bouche , sont ordinairement cairiées, soit simultanément, soit à peu de distance les unes des autres ; de telle sorte que celte maladie est rarement isolée et entièrement accidentelle.

La carie des dents est une des lésions qui démontrent avec le plusd'évidence que ces organes ne sont pas aussi complètement étrangers à la vie que le pi ofessent des naturalistes d'un grand savoir, et, à leur exemple , quelques médecins , pour qui les inductions puisées dans l'anatomie com|)arée l'emportent sur l'observation attentive des phénomènes physiologiques ou morbides cpii frappent leurs sens. En admettant que la substance solide des dents soit parfaitement inerte, l'opinion des auteurs qui rapportent la carie à une sorte de nécrose, ne serait pas mieux fondée que celle des pathologistes qui l'attribuent à une véritable ulcération ; car si , pour s'ulcérer, il faut vivre , pour se nécroser ou mourir il faut avoir vécu. Si l'hypothèse de l'entière inorganisation des dents était fondée , on pourrait croire à l'usure de ces organes; mais il serait impossible de comprendre comment elles deviendraient plutôt malades que les dents de porcelaine ou de cheval m.n in , avec lesquelles on les remplace.

La carie des dents piimitives ou temporaires ne se communique jamais directement aux dents secondaires ou permanentes qui doivent les remplacer; celles-ci jouissent d'une organisation indépendante desautres, et ne participent en aucune manière aux impressions qu'elles ont reçues. Cependant, il est incontestable que la texture imparfaite et les dispositions morbides des dents de lait doit inspirer de la défiance relativement à la solidité de celles qui leur succéderont , et riMul nécessaire l'emploi des moyens hygiéniques et médicinaux les plus propres à améliorer la constitution du sujet , et par suite à assuier la perfection de l'organisation des dents permanentes.

Lorsque la carie débute par la surface externe d'une dent, l'émail perd sa transparence, devient friable, et présente une tache criconscrite , d'abord jaune, puis brunâtre , et bientôt devient noire. Si l'on examine la substance éburnée sous jacenle à cette tache, on la trouve ramollie; et des stries jaunâtres, rayonnées, s'étendent souvent de ce point jusqu'à la cavité dentaire. Après un temps variable , apparaît, au centre de la portion altérée, une excavation circonscrite et superficielle, qui fait dans la profondeur de l'organe des progrès plus ou moins rapides. Tantôt l'émail se détruit en procédant de sa surface vers ses parties profondes ; et tantôt au contraire , la substance ébnrnée se ramollit, au loin , tandis que l'émail résiste davantage à l'érosion; de telle sorte que la carie évide en quelque soi te la couronne et y produit une excavation /considérable dont l'ouverture extérieure est plus ou moins étroite. Enfin, après un temps variable depuis quelques mois jus<(u'à un grand nombre d'années, les portions centrales de la dent étant ramollies et détruites , sa périphérie devient trop faible pour supp(/r'er les efforts de la mastication. A l'occasion du moindre effort , sa courotuie se rompt en éclats et la racine demeure seule dans l'alvéole. Soustraite par cette déperdition de substance à la pression des dents de la mâchoire opposée , cette racine est, à raison du resserrement graduel des parois alvéolaires , poussée ensuite lentement au dehors , à mesure que sa portion extérieure continue à s'user, à se ramollir et à disparaître. D'où il résulte que lorsqu'on veut eu faire l'extraction , après un certain temps , ou ne trouve plus dans l'alvéole qu'une tige très-courte et peu solide. Dans les dents molaires , cette usure successive ayant atteint les limites de la réunion des racines , celles-ci sont isolées , sans connexion entre elles , et doi^•eut être extraites séparément.

Tels sont et les phénomènes les plus ordinaires de la carie dentaire, et la marche qu'elle affecte dans le plus grand nombre de cas. Mais cette maladie s'écarte assez souvent de ce cju'on pourrait appeler son type général, et présente des caractères spéciaux qu'il est utile de signaler.

Il arrive quelquefois que la carie commençant par affecter les couches pii fondes de l ivoire , le détruit en grande partie avant de paraître 'a l'extérie La maladie est alors lente dans ses progrés , accompagnée seulement de d( leurs sourdes, et difficile à reconnaître autrement qu h la teinte bleuâtre que communique à l'émail , jusqu'à ce que cette substance , privée d'app se rompe dans quelque endroit, et mette la carie à découvert. On troi alors la couronne profondément évidée par une cavité à parois noires , sècl et dures , qui ne contient aucun des débris de sa destruction intérieure. G: donné à cette forme de la maladie le nom de carie cliarbonnee.

La carie débute assez souvent, surtout aux dents incisives , par le collet l'organe. Elle présente un demi-cercle brunâtre, pinson moins large, analo: à celui que forment certaines destruction de l émail , mais qui est acconipag d'un ramollissement plus considérable de l os et d'une perte de substance ( finit par ouvrir le canal dentaire. La couronne , quoique intacte , étant al privée de support à sa base, finit par céder , et la racine, rasée au niveau de gencive , reste seule dans l'alvéole , pour en être à son tour graduellement poussée. Cette variété a reçu le nom de cnrie divuptwe.

Aucune douleur n'accompagne le début des caries superficielles; mais mesure que la destruction de la substance osseuse fait des progrès, le bulb moins solidement recouvert, et protégé par des couches plus minces d'ivoire commence d'abord par se montrer sensible aux impressions des corps extérieii très-chauds, très-froids ou très-durs. Plus tard, !a cause la plus légère sut 1 pour réveiller la douleur; plus tard encore, c'est-à-dire lorsque l'ivoire ( altéré ou détruit jusqu'au bulbe lui-même, celui-ci s'enflamme, et tous h phénomènes de sa vive irritation compliquent la maladie principale. Ces ph nomèues se renouvellent à des intervalles variables, et ne s'éteignent que loi que la pulpe vascnlo-nerveuse , étant à son tour frappée de mort, laisse débris de la dent à l'état de corps étranger , insensible et inerte.

Le diagnostic de la carie dentaire se fonde exclusivement sur l'inspection organes affectés et sur la de'couverte des excavations superficielles ou prof des que la maladie y a creusées Jusque là on peut bien présumer qu'une da douloureuse recèle une lésion prolônde et cachée, mais il est impossible déterminer si celle lésion est une carie.

Quant au pronostic , il varie selon la situation , l'aspect et la marche plusi monis rapide du mal. En général , les caries du collet des dents sont plus dil ciles à arrêter et entraînent plus sûrement et avec plus de rapidité la perte; ces organes que celles de la couronne. Plus la carie est sèche, c'est-à^di limitée par un tissu noir , dur , insensible et sans odeur , et plus ses progrès suite sont lents. Il en est même qui s'arrêtent spontanément et restent ensu slationnaires jusqu'à l'âge le plus avancé. Les caries accompagnées au contra de ramollissement humide de la substance dentaire , d'un suintement saai et d'une odeur repoussante, font presque toujours de rapides progrès , et s'arrêtent que par la destruction des parties qu'elles envahissent. Enfin, clï les sujets dont la constitution est robuste et les dents pourvues d'une organisai: solide, on peut espérer c|ue la carie ou ne marchera qu'avec lenteur, ou fi' teindra qu'un petit nombre de dents; tandis qtie, dans des circonstances/ posées, il est à craindre que les bord.s alvéolaires ne soient successivem dépouillés, en grande partie ou en totalité, des organes importans qu'ils su portent.

La première indication à remplir dans le traitement des caries dentai consiste à éloigner ou à combattre les dispositions organiques générales, ai que les causes accidentelles locales qui ont pu faciliter ou délecminer l'inva de la maladie. Un régime convenable , une propreté exquise de la bouch» l'usage de vêtemens chauds , surtout aux pieds et aux jambes , le rejet des co niéliques et des prétendus dentifrices irritans par leurs qualités physiques* parleur composition, tels sont les principaux moyens qu'il convient d'ee ployer, sinon pour guérir les caries dentaires, du moins pour ralentir lei progrès et préserver de leurs ravages les dents restées saines. Ces soins hyg} niques sont trop négligés ; et l'on peut affirmer que si les opérations les mie exécutées de l'art du dentiste restent si souvent sans résultat, on doit l'at buer à leur oubli et à la persistance d'actiop des causes qui , ayant deler; une première fois la carie, ne sauraient manquer de la reproduire , après destruction locale des parties affectées, de la même manière qu'elles lui 8 raient fait continuer ses progrès si les instrumens n'avaient pas été portes s les organes qu'elle a d'abord altérés. Ces considérations démontrent comhi il est utile que le dentiste soit en même temps médecin instruit; sans cet qualité essentielle , il ne saurait assurer le succès de ses o|iérations , et son t. , lent, quelque estimable qu'il soit, ne serait cependant que celui d'un ouvn> plus ou moins habile.

Lorsque la carie est superficielle, il est indiqué de l'emporter avec la lime cette sorte d'extirpation des parties malades suffit assez souvent pour conserve indéfiniment le reste de l'organe , ou du moins pour retarder les progrès de ', destruction. Dans les cas plus fréquens où la dent est creusée d'une cavile pr( fonde , il convient, si les rapports du fond et de l'ouverture de cette cavité i permettent, de l'oblitérer à l'aide d'une substance étrangère, solide et susce] tible de faire corps avec l'organe. L'existence de douleurs habituelles s'oppc seule a la pratique de cette opération , jusqu'à ce l'on ait rendu la dent insci sible par la d< struclion mécanique ou par la cautérisation de son bulbe cei tral. Ces moyens conservateurs doivent être tentés toutes les fois que lei application est praticable. Les dents sont des organes trop importans et trc utiles pour qu'on doive les sacrifier sans une nécessité absolue, et beaucoup t personnes ont à se repentir de la légèreté avec laquelle elles en ont laisse laii le sacrifice par des opérateurs ignorans et barbares. Avec de la patience , h

DiSNt.

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iouleurs les plus vives s'apaisent, et si les couronnes se détruisent à la longue, les racines au moins, restées en place, quoique peu élevées et devenues insensibles, servent encore à la mastication. Combien de vieillards réduits à ces lei'uiers débris s'applaudissent de les avoir conservés !

1 Lorsque la carie est très- profonde , que la dent est continuellement douloueiise, qu'elle exhale une odeur infecte et que le plombage ne peut tenir sur lie, sa destruction devient inévitable. Mais dans ces cas encore il est souvent ossible de u'eiupoitcr que sa couronne et de laisser en place la racine, qui iJoit être soumise ensuite , pour les dents incisives, aux préparalions nécessaies au placeuieiit d' uie dent à pivot, et pour les dents molaires, aux procédés |e destruction du tiulhc, indispensables pour y éteindi e la sensibilité. Les raines ainsi conservées ont le grand avantage de soutenir les dents voisines, de révenir leur ébranlement et par suite de retarder leur chute. Si elles continuent à se carier, on doit les extraire à leur tour et en débarrasser enfin la Louche, leur présence étant plus nuisible que profitable.

L'extraction des dents primitives cariées doit toujours cire assez promptebent pratiquée , non pour éviter la communication du mal aux dents permanentes, mais parce que les douleurs qu'elles occasionent enfretiennent chez les iiifans des fluxions liabituelles vers la tète, et que la féliilité de l'haleine et le liélaiige des miasmes ou des liquides infectés tle la bouche avec les aliraens e peut que déterminer de fâcheux efTets pour les viscères et pour la constitution.

j IX. Déchaussement. — Les ulcérations du bord libre des gencives, telles que elles qui se manifestent durant la stomatite, ou qui sont provoquées par abus des préparations mercurielles , ont pour eflfet de mettre à nu la base des [acines des dénis, et par suite de détruire leur solidité. Chez les vieillards , et iielquefois, sans cause appréciable bien manifeste, chez les sujets adultes, les 'fincives reviennent sur elles-mêmes, s'atrophient et abanilonnent le collet des ents, en même temps que les alvéoles se ressen-ent et poussent ces organes M dehors. Les dents semblent alors devenir plus longues ; elles font plus de plie; les bords alvéolaires qui les supportent diminuent d'épaisseur, et elles jnissenl par tomber sponlanément , sans maladie et sans douleur. Cet état est

Isez souvent lié à l'exislence antérieure de douleurs rhumatismales, de dares ou d'autres exanthèmes chronicjues variés, qui ont disparu depuis un temps us ou moins long, et semblent avoir été remplacés par l'afTection des geuciis. J'ai vu combattre celle-ci saus utilité à l'aide des stimulans de toute pece. Les substances émollientes et mncilagineuses , aidées de révidsifs ex- Irncs, réussissent mieux. Chez une femme , autjrefois sujette à des éruptions filanées, di>s frictions irritantes sur la peau, un régime sévère, des vètemens lauds, des bains fréquens, ont arrêté les progrès du mal et conservé des ,'!its qui commençai.Mit h s'ébranler et allaient suivre plusieurs autres dont la" oiiche était déjà dégarnie.

Il est à remarquer que la solidité de l'implantation des dents semble tenir léeialement à l'adhérence des gencives à leur collet. Le tissu libro-vasculaire LS gencives remplace les ligamens dont les autres articulations sont pourvues; relient la dent, la pousse et la maintient ap|diquée contre le fond de l'alvéole l'elle occupe. Toutes les fois que par l'inflamuiation ou l'ulcération il perd

force et rel.Tche ses attaches , les dents se soulèvent . vacillent , et menacent ; tomber. Elles se raffermissent au contraire lorsque les gencives ont repris urs adhérences et se consolident autour d'elles.

X. Consomption des riicines des dents. — Les parties osseuses des dents renrmées dans les alvéoles sont moins fréquemment malades que les couronnes ; ces organes. iM. Duval y a signalé cependant une sorle de carie ou un ode de destruction analogue à cet état , dont les caractères sont assez riés.

l''. Dans quelques cas , les racines des dents frappées de consomption prénient à leur sommet des aspérités nombreuses , séparées par de petits eniiccmens irréguliers, au foud de l'un desquels on remarque l'orifice louais élargi du canal dentaire. Lors de l'extraclion de la dent, aucun débris i; parties molles n'existe à l'extrémité de la racine, qui présente seulemeut |elques taches de sang. Le fond de l'alvéole est occupé par des chaires fonfieuses , et la membrane alvéolo-dentaire est injectée.

2". D'autres fois, la racine de la dent est tronquée par une cavité arrondie, ebords mousses, à parois dures et blanches, à surface polie ou légèrement gueuse, au fond de laquelle on remarque l'orifice du canal vasculo-nerveux. n kyste existait sur ce point. On l'emjiorle quelquefois avec la dent, et le us ordinairement on le déchire pendant l'opération , de manière à n'eu traîner au dehors que des débris. Dans quelques cas, ces kystes , devenus nsidérables , ont dilaté les alvéoles , refoulé leurs parois, et donné lieu à des meurs qu'il a fallu ouvrir avec la gouse et le maillet. A la mâchoire supémre, ils simulent quelcj^uefois des maladies des sinus maxillaires. Enfin , il ;st pas très-rare que leurs enveloppes , de texture fibreuse, deviennent plus 'aisses et fibro-cartilagiueuses ou même osseuses.

3». Chez certains sujets enfin , les racines des dents primitives , lorsqu'elles stent en place durant une grande partie de la vie, et quelquefois aussi , mais renoent, les dents permanentes , semblent attachées au fond de l'alvéole par tissu filamenteux , serré et résistant, qui se déchire lors de l'extraction. La cine de la dent, détruite jusqu'à une hauteur variable , présente alors une rface inégale à laquelle ce tissu adhère.

Il est manifeste, d'après ces descriptions, empruntées en partie à M. Duval i-même, que la consomption des racines des dents n'est autre chose que le iultat de diverses altérations pathologiques du pédicule vasculo-nerveux, li, du fond de l'alvéole, pénètre dans le canal dentaire. La substance

DlCT. DE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PRATI^JUES.

éburne'e de la racine, mise en contact avec des fongosités , avec des kystes séro-fibreux ou avec d'autres productions pathologiques de'veloppées au-dessous d'elle, est usée et détruite par le contact et la pression de ces tumeurs comme l'est, en pareille circonstance, le tissu compacte de tous les os. La maladie n'est évidemment pas alors dans la racine, mais dans la partie aux dépens de laquelle s'est formé le corps anormal qui a provoqué l'absorption de la substance éburuée.

Les premiers 3ym|ilc')ines de la consomption de la racine des dents , ou pluliit de la lésion organique <lu pédicule dentaire dont celle consomption n'est qu'un cfl'et, consistent eu nn sentiment vague de gène et d'embarras dans l'épaisseur du bord alvéolaire, puis en une douleur sourde, fixe et profonde , qui se développe au-dessous de l'organe affecté , et qui augmente par les fortes pressions. L'inflammation de la gencive, la mobilité de la dent malade , la suppuration de la meiiibraue à! véolo-deiilaire , la formation de collections purulenles et de fistules dans le voisinage, sont autant de lésions secondaires qui servent à constater , en même temps iju'elles la compliquent , l'existence de la maladie principale.

Aussi long-temps qu'il n'exisie que de 1 irritation , sans lésion appréciable de 1 appareil- dentaire , on doit se borner à combattre les accidens qui se manifestent à l'aide des saignées locales , des cmolliens, des anodins et des révulsifs ; mais lorsque la dent se soulève et vacille , que du pus sort de l'alvéole ou se fait jour à travers les gencives ou la joue , l'exlraciion de l'organe malade ne saurait èire différée. S'il existe un kjste et que la subslance osseuse de l'os maxillaire soit raréfiée autour de lui , le chirurgien doit diviser celte enveloppe , afin de le découvrir et de l'extraire. M. Dupuytren a pratiqué plusieurs fois des opé- 1 allons de ce genre avec le plus ^'rand succès. A quelijue degré de dilatation que l'alvéole et la base de l'os maxillaire soient parvenues , ces parties reviennent sur elles-mêoies et s'oblitèrent avec rapiilité aussitôt qu'elles sont débarrassées de la produclion morbide qu'elles contenaient.

XL Excitose. — Sous l'influence d'iiritalious prolongées de l'appareil dentaire , chez les sujets atteints de carie, et quehjuefois sans cause connue , les racines des dents augmentent de volume , tantôt dans toute leur étendue , tantôt dans une partie seulement de leur longueur ou sur un point de leur circonférence. Celte addition de substance a lieu par l'application h leur surface d'une matière osseuse sécrélée par la membraue alvéolo-dentaire. Eu fendant la dent malade on tlislingue assez facilement , à sa résistance moindre, à sa couleur jaunâlre , à son aspect corné , ce qui appartient à l'exostose du tissu propre de la racine.

Cette lésion , toujours grave, est difficile à reconnaître; on ne saurait surtout la distinguer , avant l'exti-aclion de la dent malade , de l'affection précédente ; car elle ilonne lien aux mêmes accidens , se complique d'altcralions analogues des parties extérieures, et affecte une marche semblable. Les caïmans conviennent aussi long- temps que les symptômes d'irritation existent seuls ; mais l'extraction est le seul inoj'en à emplo3'er aussitôt que la dent se soulève , vacille , et que la tuméfaction du rebord alvéolaire annonce l'existence d'un désordre profond dans les parties qu'il protège. Fox rapporte l'exemple d'une demoiselle qui fut ainsi obligée de se faire successivement extraire toutes les dents.

XII. Sjjinn-vcnlosa. — Impossible h dislinguer , surle sujet vivant, de l'exostose , le spina-veiitosa de la racine des dents ne réclame d'ailleurs pas d'autre moyen de trailement. M. Oudet possède une dent canine afTectée de cette inalailie, dont on ne connaît que de très-rares exemples.

XIII- Jnflainmnlion de la mcmhrrine alvé'do-dentaire ( périodonlite). — La membrane fibreuse qui tapisse la cavité des alvéoles peut devenir le siège d'irritalion et de phlogose , soit à l'occasion de quelqu'une des afTeclions précédentes qui se son I étendues jusqu'à elle , soit sans lésion préalable du I issu dentaire. A l'élataigu , cette maladie est assez fréquente chez les femmes nouvellement accouchées, ainsi que chez les enfaiis. Un courant d'air froid dirigé sur la joue sulîit en beaucoup de circonslances pour déterminer son invasion, et il est rare qu'elle se borne à une seule dent. Une douleur d'abord sourde, puis lancinante et enfin pidsalive, annonce son invasion et ses progrès; la gencive se tuméfie , devient rouge , et son gonflement se propage quelquefois à la joue.

A l'état chronique , l'afTeclion qui nous occupe est peu douloureuse ; la gencive se détache en grande partie des dents dont la membrane est malade ; ces organes s'ébranlent , un pus odorant et félide se fait jour autour de leur couronne, et ils finissent presque toujours par tomber.

Combattre , à l'aide des antiphlogisliques , des saignées locales réitérées , des caïmans et des autres moyens analogues , les symptômes de la plilegmasie aiguë ; rechercher et détruire les causes qui entretiennent celle qui est chronique , recourir aux révulsifs , aux applications de sangsues, aux collutoires d'abord émolliens , puis détersifs, telles sont les indications à remplir et les principales médications à employer contre l'un et l'autre de ces états.

XIV. Nécrose. — L'inflammation portée à un très-haut dégrc et la suppuration prolongée de la membrane alvéolo dentaire sont quebpiefois suivies de la destruction de cette sorte de périoste et de l'isolement des dents. Mais la cause la plus commune de cet accident consisie dans les stomatites gangreneuses et les charbons des parois buccales. Les dents isolées perdent leur aspect, vacillent et tombent ; ou, si elles restent dans leurs avéoles, elles y entretiennent des siq>puralions fétides qui obligent à les extraire. Leur présence au milieu des parties maladqs ne peut être supportée. Après leur extraction on trouve souvent leur racine noirâtre , ruo;ueuse et usée par l'absorption, comme l'est la surface des séquestres des os longs relcnus dans l'intérieur des chairs.

XV. Fongosités de la pulpe dentaire. — Nous avons "u des fongosités nées du

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J)é(!icule des clenls altaquer leur racine et y délerminer celte forme d'usure connue sous le nom de consomption. Quelquefois cet élal fongueux se propage à tout le canal dcnlaire, qui se Irouve élargi et occupé par un cordon vasculeux plus dense et plus t pais que dans l élal normal. Les dénis cariées , lorsque l'ouverture morbide pénèire jusqu'à leur cavité centrale , sont quelquefois surmontées d'un tubercule rougeâtre , solide, très-sensible au contact dej corps étrangers , formé par la végétation du tissu vasculo-nerveux du bulbe misa découvert par la maladie. Cette tumeur se déprime spontanément et disparait chez un petit nombre de sujets; dans la plupart des cas on doit la détruire h l'aide de l'excision , de la cautérisation , ou plus simplement de l'extraction de la dent qui la supporte.

XVI. Ossification du bulbe. — Dans la plupart des dents successivement usées par l'âge ou par le peu de résistance de leur tissu, le bulbe central semble se retirera mesure que la destruction s'approche de sa surface. Le plancher qui le sépare de l'extt rieur, est successivement fortifié pai- le dépôt d'une matière osseuse nouvelle au-dessus de sa membrane périphérique. C'est le travail du développement des dents qui , sous l'influence de l'excitation , se renouvelle ou se continue. On distingue cette ossification anormale secondaire, de celle qui est primitive à sa solidité moindre et à sa transparence comme cornée. La cavité dentaire, refoulée par ce travail , se l'étrécit, diminue de volume, et finit par se borner à la l acine, à laquelle la dent est d'ailleurs graduellement réduite par les progrès de l'usure. Ce travail conservateur, loin d'exciter de l'inquiétude , devrait être , au contraire , favorisé , si l'art possédait quelque moyeu de le rendre plus prompt, plus complet et plus solide.

Dans les dents pi ofondénicnl cariées , se forme quelquefois , vis-a-vis de l'ouverture anormale faite à leur cavité par la maladie, une concrétion osseuse , irrégulièrement arrondie , saillante et comme suspendue du côté du bulbe qu'elle comprime , et dont elle conlribiic , seloii toute apparence , à augmenter l'irritation. Cette complication de la carie dcntaiie ne peut être reconnue pendant que l'organe occupe encore sa place; elle n'ajoute rien d'ailleurs aux indications fournies par la maladie (iriffci jia le.

Quels que soient leur siège et leur degré d'intensité , la plupart des maladies qui viennent d'êire successivement passées en revue donnent assez souvent lieu à des afféclions secondaiies plus ou moins graves, qui les compliquent, et réclament, dans la plupart des cas , un traitement sj)écial, quelquefois énergique.

XVII. Douleurs et fluxions dentaires. — Toutes les fois que la pulpe dentaire est mise à nu , ou seulement dépouillée en grande partie de la couche éburnée qui la recouvre, les maladies des dents s'accompagneid de douleurs vives, lancinantes, que le voisinage de l'encéphale contribue encore à rendre inlolérables. Cette pulpe, dans la composition de laquelle entrent tant d'élémens nerveux, est excessivement sensible aux inqjressions de l'aii' extérieur , ainsi qu'à celles du chaud et du froid des substances alimentaires; elle s'irrite aisément; et comme sa substance est contenue dans une sorte de capsule inextensible , son inflammation s'accompagne d'une compression ou d'une sorte d'étranglement qui accioit encore la violence des symptômes. Cette phlogose du bulbe dentaire ( odontile) a ))our ellet la désorganisation du tissu vasculo-nerveux qui en est le siège, et sa conveision en une substance molle , fongueuse , comme pultacée et insensible. La dent malade alors devient inerte et reste dans la bouche comme un corps étranger dépourvu de toute action vitale. Mais avant que cet effet soit produit , l'irritation et la phlogose se renouvellent un plus ou moins grand nombre de fois dans les parties, et occasionent des douleurs souvent telles que les malades préfèrent sacrifier l'organe affecté plutôt que de les supporter plus long-temps.

En beaucoup de cas, lorsque la douleur dentaire ou l'odontite persiste audela de douze , vingt quatre ou trente-six heures, et quelquefois même sans qu'elle ait acquis une très-grande intensité, on voit le sang affluer vers la région qu'occupe la dent malade; de la chaleur s'y développe, la joue correspondante se tuméfie, la salive afflue en plus grande quantité dans la bouche, l'appétit s'éteint , la fièvre s'allume , et tous les phénomènes d'une inflammation plilegmoneuse locale se développent.

Ces fluxions, ainsi que l'on nomme vulgairement les tuméfactions de ce genre, peuvent survenir à l'occasion de toutes les lésions de la substance des dents, ou succéder aux 0|>éralions, quelles qu'elles soient , que l'on pratique sur ces organes. La promptitude de leur développement est subordonnée à la sensibilité variable des sujets, au degré de développement de leur système sanguin, et à la facilité plus ou moins grande avec laquelle se forment chez eux les congestions locales Toutes les fois qu'elles ont lieu, il convient de les combattre , d'une part , à l'a-de des antiphlogistic|ues généraux et locaux , ainsi que des rèvidslts éloignés dont on fait usage contre toutes les inflammations, et de l'autre , en prescrivant 1' usage de substances propres à calmer la doideur qui a provoqué et qui entretient ou aggrave encore les accidcns. Des sangsues placées en plus ou moins grand nombre sur les gencives ou £i la base de la mâchoire inférieure, du côté afl'cctè ; des cataplasmes émolliens, ou des sachets remjdis de fleurs de sureau , modérément échaufi'.-es , et sur lesquelles de l'eau bouillante a été jetée, appliqués sur la joue tuméfiée; des boissons délayantes, des lavemens émolliens , des pédiluves synapisés répétés plusieurs fois par jour tels sont les moyens les plus propres à modérer et à faire cesser la congestion sanguine locale. En même temps que l'on insistera sur leur usage, le malade se servira fréquemment de gargarismes composés de décoction de racine de guimauve miellée, ou de lait ilans lequel des figiuîs grasses auront bouilli , et auxquels on ajoutera de faibles quantités d'extrait gommeux d'opium. J'ai souvent fait cesser en peu d'heures les douleurs causées par la curie, en portant et

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en laissant fondre dans l'excavation de la dent malade de petites pilules dl quart de grain de cette substance ; le malade renouvelait ces pilules de deri heure en demi heure, justju'àce qu il s'endormît; et dans la plupart des cas i son réveil, la dent était redevenue presque aussi insensible que lesautres. L'<trait gommeux (.l'opium réussit mieux alors cjue le laudanum , parce qu'il n' associé à aucune substance excitante. La cautérisation du nerf ticntaire, à l'ai i d'un slylet rougi au feu. est une opération également efficace, mais à laquelle pi de sujets consentent à se soumettre. Les acides minéraux ne conviennent p;\ à raison du danger qu'ils présentent de se délayer dans la salive, et d'eteni : leur action aux parties voisines du siège du mal. Quant aux élixirs, aux te • turcs , à la pyrètre et à tous les moyens analogues , ils ne procurent un cert: , calme qu'en développant dans la bouche une sensation très-vive de brûlure d'asiriction, accompagnée d'un afflux considérable de liquides salivaires, et ( fait taire la douleur dont la dent est le siège. Quelquefois , cependant, ce i douleur s'apaise pendant la durée de l'excitation buccale que détermine remède ; mais presque toujours le soulagement n'est que momentané, et la so france reparaît à mesure que la stimulation extérieure décroit d'intensité. ' pour renouveler ce calme trompeur , dans l'espérance qu'il deviendra defiiiil on insiste sur les moyens dont il s'agit, ils augmentent bientôt l'irritation loca réteiulent à une grande partie de la bouche, et donnent plus d'intensité à l'i flamiuation fluxionnaire qui se développe ensuite.

Dans tous les cas, aucune opèratiôn il'extraction , de limage ou de plomba des dents ne saurait être pratiquée pendant que la phlegmasie locale a toute violence : ces opérations déterminent toujours elles-mêmes une douleur et u ] excitation plus ou moins intenses, qui aggraveraient les accidens. Si aiême | fluxion est considérable et survient à l'occasion de l'application de quelqiil pièces artificielles ou de l'obturation d'une carie dentaire, il faut débarrass la bouche des corps étrangers qu'on y a placés, et attendre que l'orage s> apaisé pour les poser de nouveau et accoutumer les parties à leur présence, i XVU. Abcès. — La terminaison la plus heureuse et aussi la plusfréquer, des inflammations fluxioiinaires des joues et des gencives est la résolutic, A|>rès quelijues jours de durée, la ilouleur dentaire s'apaise, la tuinéfation exi rieure décroit , et tout rentre dans l étal normal. Chez beaucoup de sujets (, pendant, de la suppuration a lieu et une coUeclion purulente se forme, taiiii au dehors, sous les tégumens , tantôt au dedans de la bouche, sous la mai. braiie muqueuse et dans le tissu des gencives. Une tuméfaction circonscrit i d'abord dure , puis molle et fluctuante, qui persiste après la disparition pnl que entière de l'appareil inflammatoire environnant, indique le siège de l'abci i qu'il convient d'ouvrir à l'aitle de l'instrument tranchant, et dont la cicatrii,! tioii , favorisée par des applications émollientes ou des collutoires de même 1 1 ture, ne se fait presque jamais long-temps attendre. | XVllI. Fisudes. — Lors(jue les fluxions et les abcès se renouvellent fréque | ment à l'occasion de malailies profondes de la couronne ou de la racine cl 1 dents , la membrane alvéolaire participe à la phlogose, perd ses propriél i normales, suppure quelquefois , et l'ouverture de l'un des foyers finit par pe sister à l'état fisluleux. Ces fistules dentaires, sur lesquelles M. Duval a heureusement fixé l'attention, peuvent s'ouvrir à la base de la gencive, pri de la racine de la dent malade, ou sur la joue , à des distances considérables i la maladie qui les provoque et les entretient. J'en ai observé une , qui , déle minée par la première |)etite molaire supérieure du côté droit, avait son sié; i près de la base de l'orbile. Le diagnostic de ces fistules est quelquefois ass obscure et assez difficile à établir. Elles présentent une ouverture oïdiiiair ment étroite , dont les bords sont muqueux et élevés, tandis que leur voisina; : est resserré et déprimé ; elles ne peuvent admettre qu'un stylet très-fin , qui i dirige du côté de la dent malade, et l'ait quelquefois sentir des os dénudés il fond du trajet qu'il a parcouru; en examinant les dents du voisinage, on ( découvre presque toujours quelqu'une qui est , ou atteinte de carie, ou privi complètement de sa couronne, ou douloureuse 'a la pression et à la perçu sion ; enfin, le malade a éprouvé plusieurs fluxions, suivies d'abcès, occasioncd par la douleur den'aire, et à la suite desquelles l'ouverture fistuleuse qii'c ; observe a ])ersèvéré. Ces observations et ces renseignemens ne permettent ph de méconnaître la nature du mal. La dent affecic'e doit être aussilôt extraite; fond de l alvéole mis \\ nu se resserre, ses parois se rapprochent, se cicatrisen i et le trajet fistuleux, n'ayant plus rien qui l'alimente, s'oblitère spontanémcn § 111. Paktie opiiiATOiRE. — Il ne saurait entrer dans le plan d'un dictioi naire général de médecine et de chirurgie d'y décrire, avec tous les détai de leur minutieuse exécution , les opérations variées et délicates que nece sitenl les maladies et les pertes isolées ou collectives des dents. L'accompli sèment d'une semblable tâche , sans être utile au plus grand nombre des pral ciens, nous entraînerait au delà des bornes que la raison nous impose. 11 suflii donc de tracer ici les règles principales relatives à la pratique des plus impoi tantes et des plus usuelles des opérations dont il s'agit : le reste ne saura ,j s'apprendre que pari habitude et l'expérience, c'est-à-dire par l'exercice mèitij de cette branche intéressante de la chirurgie. | jj^

Toutes les fois que des opérations relatives à l'art du dentiste doivent être pnl tiqiiées, il convient de faire asseoir le malade sur une chaise solide , devant un' fenêtre bien éclairée, la tête soutenue contre la poitrine d'un aide placé den ier ...^ lui, et la partie antérieure du corps étant garnie de serviettes disposées e i alèzes. Dans les cabinets où ces opérations sont journellement cxceulèes , o dispose ordinairement un fauteuil solide et commode, à dossier élevé et me bile, destiné à recevoir le patient, dont la tête Irouve un point d'appui iiivs riable, auquel on peut donner les degrés d inclinaison les plus favorables a 1 manœuvre prompte et facile des instrumens. De l'eau tiède et de l'eau froide

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ffiiLsécs lie vinaigre, ou animées avec quelque teinture aromatique et balsaiqiie, seront préparées et compléteront, avec les instrumcns nécessaires, jppareil dont il convient presque toujours de se pourvoir. l. Jp/jlicalinn de lu lime. — L'action de limer les dents, que le vulgaire jiisitlère encore comme dangereuse et nuisible , bien qu'elle soit parfaitement [offensive, est intliquce ; 1» pour enlever lus caries superficielles des côtés et es angles des dents incisives et molaires, 2' pour séparer les unes des autres es (lenis trop rapprochées , que leur pression mutuelle rend douloureuses ou npêche d'entrer en rang ; 3° pour faire cesser la pression isolée , gênante et [lisible, de quelque dent trop longue ou trop saillante d'une arcade, sur les aiits correspondantes de la mâchoire opposée; 4» enfin, pour enlever les égalités anguleuses qui résultent de la fracture des dents ou de leur destrucjn par la carie , et qui irritent, blessent et souvent ulcèrent les joues, la ligue ou les lèvres.

Les limes dont on fait usage alors doivent être douces, fines, amincies ou irrées sur leurs bords, convexes ou planes à l'une ou à l'autre de leurs faces et jielquefois sur toutes les ileux en même temps, enfin, lisses ou garnies d'aspe- Ités de l'un ou de l'autre coté ou sur tous les deux , enfin de n'entamer , selon [s cas, qu'une seule des dents rapprochées ou leurs parties correspondantes l'jà malades. I,e sujet étant convenablement situé et maintenu, le chirutgien :arte avec les doigts de 1 uLie des mains les lèvres ou les parois des joues , et kpuyant l'indicateur de celte main sur la dent malade, afin de l'aH'ermir et de IjOtlérer l'agacement et les secousses que lui imprimera la lime , saisit cet nisument avec la main restée libre et le porte contre les parties à enlever. Le jltement doit être doux , lent, léger , exempt de saccades ; le grand point l d'agir avec sûreté, en évitant l'ébranlement et la douleur ; car l'opération iratoujours terminée assez vite si elle a lieu sans irriter les parties sensibles li animent la dent et tapissent la cavité alvéolaire. De temps à autre, la lime ra plongée dans de l'eau froide , afin de prévenir son échauffement et de netyer sa surface , en même temps qu'on examinera les progrès de la deslriicin et que l'on calculera l'étendue qu'on doit lui donner encore. Dans la plupart des cas , surtout lorsqu'on lime les dents incisives , atteintes f carie , il convient de diriger l'instrument de manière h ménager autant que ssible la face anlérieui c de l'organe , et à faire ]iorter l'abrasion sur sa face posée , qui est cachée à la vue. Après l'enlèvement des concrétions salivaires j dii tartre , si la base des dents reste rugueuse et paraît altérée , on peut jisser sur les inégalités de leur surface une lime douce , et les frotter ensuite [ec un morceau de bois tlur et lisse , qui les brunit en quelque sorte , et rétal;t autant que possible le poli de l'émail ou de l'ivoire. Les dénudât ions sulirficielles de l'émail, lorsqu'on a arrêté leur progrès à l'aide de moyens coniiables , peuvent être détruites et leurs traces effacées à l'aide du même pcédé.

fl. Cautérisation. — L'application du feu sur les dents cario'es et douloureuest un des moyens les plus«sûrs qu'on puisse mettre en usage, soit pour borjr les progrès de leur destruction, soit pour tlésorganiser la pulpe vasculorveuse irritée qu'elles renlerment et les réduire à l'état d'inei tie. Cette opètioti , conseillée déjà par A. Paré, et qu'ont adoptée le plus grand nombre s dentistes, doit être praticpiée à l'aide d'un cautère qui représente une ihère de quelques lignes de diamètre, de laquelle s'élève une tige mousse de lis à quatre lignes de longueur. Le stylet simple dont on faisait autrefois âge était exposé, quel que fût son volume , a perdre très-promptement son jorique et à n arriver que froid sur la dent qu'il devait cautériser. Le petit ij)be qui forme la base du nouvel instrument sert au contraire de réservoir au ihcipe de la chaleur et en fournit à la tige qui le surmonte , pendant assez !kg-temps, en quantité suffisante pour qu'elle agisse efficacement sur les par- '8 avec lesquelles on la met en contact : il est à peine nécessaire de faire obilprer que ce cautère doit être placé à l'exti êmité d'une tige de quelques poui^dc longueur, recourbée h angle droit près delà sphère, et montée elle- Ènae sur un manche à facettes. La flamme d'une lampe à esprit de vin suffit |Br réchauffer convenablem.ent.

|Toutes ces dispositions préliminaires étant faites, le chirurgien porte d'a- [rd, à l'aide de pinces fines et déliées, une boulette de coton au fond de la •^ite' dentaire , afin de la dessécher; il la débarrasse même, au besoin, en se .pvant d'une tige métallique, des débris d"'alimens ou des portions osseuses ■ip humides et trop molles qu'elle renferme ; puis, recevant le petit cautère I la main d'une aide, il en porte l'extrémité styliforme sur les parties mala- 'S-et les brûle jusqu'à une profondeur convenable. Si une première applica- 1^ parait insuffisante , il est facile de la renouveler , tant l'instrument retroidi !»rt être promptement èchaufTé de nouveau.

Lorsque des couches minces et ramollies de substance èburnée recouvrent ifore la cavité dentaire , il faut, en pressant avec une certaine force sur elles i'aidedu cautère , rompre ce plancher peu résistant , afin d'arriver jusqu'à Iptilpe elle-même et de la soumettre à l'action désorganisatrice du feu. S'il fglS de cautériser une carie superficielle et humide , la tige de l'instrument lit être arrondie et médiocrement volumineuse; on doit se bornera la proliner sur la surface malade, sans chercher à pénétrer dans le canal dentaire, 'tte opération , suivie ou précétlée de l'action de la lime, est souvent utile <|[iSles caries avec ramollissement des dents incisives.

Ipn a proposé de substituer à l action du feu , pour détruire la pulpe nerveuse 'js dents cariées, l'application des caustiques, dont l'impression est générabent moins redoutée des malades. Pour exécuter ce procédé , dont nous ■'ans signalé plus haut les iuconvéniens , la cavité de la carie ayant été prérée comme il a été dit plus haut, une goutte de quelque acide minéral con-

centré , on d'une forte dissolution alcaline, doit être portée aussi profondément que possible dans l'excavation morbide. Au-dessus d elle on entasse à l'aille du fouloir une boulette de coton qu'on laisse séjourner dans la cavité morbide jusqu'à ce que l'action du caustique soit entièrement épuisée. Le chirurgien a dû auparavant s'assurer de la situation de l'ouverture de la ilent , ou rompre, si elle n'existait pas encore, le plancher plus ou moins épais resté intact au-dessus de la pulpe. Sans cette précaution , le caustique , ne pouvant pénétrer jusqu'à cet organe , deviendrait presque certainement inutile.

Quelques dentistes enfin prêtèrent à ces deux procédés la destrutiou du nerf dentaire, opérée mécaniquement à l'aide d'une tige métallique, telle qu'une aiguille plus ou moins acérée, ou mieu.x encore un stylet aigu, monté sur un manche, et recourbé à son extrémité. Cet instrument doit être enfoncé , dans l'excavation faite par la carie , jusque dans les profondeurs du canal dentaire , en brisant, s'il le faut, les lames qui le protègent, et promené ensuite sur tous les points de sa surface interne. Ce mode opératoire, moins avantageux peut-être que la cautérisation actuelle , est incontestablement prélèrable à l'apj)lication des caustiques, en ce qu'il agit plus promptement, et n'expose pas a voir la substance désorganisatrice , ou manquer son effi-t , ou se répandre, par l'intermédiaire de la salive, sur les parties voisines de la bouche. 11 sufllt presque toujours tl'ailleurs , de quel(]ues moyens qu'on fasse usage, d'irriter assez fortement la pulpe dentaire pour qu'elle s'enflamme violemment , et pour que, sous l'influence de cette phlegmasie aiguë, son tissu se détruise et cesse bientôt de remplir ses fonctions. Il est vraisemblable que la plupart des cautérisations dentaires , surtout lorsqu'on les pratique à l'aide de stylets ordinaires, peu volumineux , se bornent à cette action mécaniquement irritante, et que l'action du calorique n'est que pour très-peu de chose dans l'effet obtenu.

III. Plomh'igi' des dents. — On a donné ce nom à l'opération par laquelle les dentistes oblitèrent les cavités anormales des dents, parce que les feuilles de plomb laminé ont été pendant long-temps le moyen le plus ordinairement employé pour l'exécuter ; mais les lames d'or, d'aigent ou de platine , et surtout le métal fusible de M. Darcet , sont depuis quelques années généralement préférés à raison île leur inaltérabilité et de la solidité plus grande de leur application. Toutes les cavités formées sur les dents par la carie peuvent être soumises à cette opération , lorsque les rapports de leur entrée avec leur fond sont tels que le métal pourra y être solidement maintenu. Les caries sèches sont plus sûrement et pendant plus long-temps arrêtées par le plombage que celles qui sont humides et acompagnées de ramollissemens considérables du tissu dentaire. Les dents infériemes , à raison de leur situation, se prêtent mieux que les supérieures à l'introduction du métal dans leurs cavités. Enfin , on cautérise plus fréquemment et généralement aussi avec plus de succès les dents molaires que les incisives ou les canines.

Après avoir examiné si la disposition de la cavité dentaire est susceptible d'obturation , il importe de s'assurer que la dent elle-même n'est pas douloureuse , que son bulbe n'est point irrité , et qu'un plancher , assez solide pour supporter l'efFort du métal , le recouvre et le protège encore. Ces explorations se pratiquent en percutant l'organe et en introduisant dans son excavation un stylet explorateur avec lequel ou pèse légèrement et avec attention sur toutes ses parties. Si les conditions exigées d'insensibilité de la pulpe dentaire n'existaient pas , il fauilrait ou renoncer à l'opération , ou l'ajourner , ou détruire , au ])réalable, à l'aide du cautère actuel ou de la tige métallique, la.nerf resté irritable , et attendre ensuite pour introiluire le métal que la dent soit jiarfaitement inerte et exempte de douleurs. En négligeant cette précaution , l'on s'expose à voir le plombage exciter des accidens , et devenir tellement insupportable, qu'd faut le lever ou même sacrifier l'organe qui l'a reçu.

Un petit crochet mousse sert à enlever de la cavité cariée les débris d'alimens , ainsi que les portions ramollies de l'ivoire qui la tapissent; on dessèche ensuite ses parois à l'aide de boulettes de colon promenées successivement sur elles , et même on les lave, si on le juge nécessaire, à l'aide de quelques teintures balsamiques. Plus l'excavation morbide est sèche , solide et débarrassée avec exactitude de toute matière étrangère et d'os ramollis , et plus aussi on devra espérer que son obturation sera efficace et ilnrable.

Après ces précautions, la lame métallique dont on doit faire usage ayant été roulée en boule entre les doigts, est placée sur l'ouxerture de la carie, puis successivement enfoncée dans son excavation à l'aide d'une tige mousse et recourbée. Le grand art consiste alors à appliquer le métal avec précision sur tous les points de la cavité anormale , et à l'y fouler avec assez de force pour ne pas laisser de vide possible entre lui et l'os. On ajoute aux premières feuilles des quantités nouvelles de métal jusqu'à ce que l'obturation soit complète et so^ lide; puis on termine l'opération en enlevant la portion de feuilles exédanle, en aplatissant et en lissant la surface obturée de manière à ce que la matière qu'elle renferme semble faire corps avec la dent elle-même.

Lorsqu'on fait usage du métal fusible de M. Darcet , on doit, ainsi que le conseille M. Liquart, augmenter sa fusibilité en y ajoutant une certaine quantité de mercure , qu'on peut porter depuis un quarantième jusqu'à un ilixicme de sa masse. La dent ayant été préparée comme dans le cas précédent , le chirurgien introiluit dans la cavité de la carie une portion de cette substance , qu'il y fait fondre par l'application d'un fouloir médiocrement échaulfé. De nouvelles portions de métal sont successivement ajoutées à la première et appliquées les unes sur les autres jusqu'à ce que l'excavation morbide fn soit complètement remplie. On termine ensuite l'opération en aplanissant toutes les inégalités de la surface plombée de l'organe et en la brunissant avec soin.

Le métal fusible présente le grand avantage de former une masse compacte , homogène , sans interstices, et qui ne saurait admettre ni la saliye ni les hu-

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midités buccales entre ses molécules. Celte facilité à se laisser pénétrer par les liquides, et l'oxiilation qui en re'sulle, est la cause la plus puissante de la destruction des lames de ploinb , d'étain , d'argent et mèaie d'or entassées et reployces dans les cavités tleutaires. Le platine hii-raême ne résiste pas beaucoup mieux à l'influence des humeurs cminemnienl actives et altérantes de la bouche. Le métal fusible peut d'ailleurs s'ap[)liquer aux canes les plus superficielles, aux inégalités les plus légères des côtes ou des faces antérieures des incisives ; il adhère facilement et avec force aux surfaces aspércuses et aux enfoucemcns contre lesquels on le fait fondre.

On se servait autrefois, pour plomber les dents, de cire, de résine et d'autres substances analogues ; mais leur usage est aujourd'hui presque enlièrement banni de la pratique. Quelques dentistes les emploient cependant encore, dans certains cas , lorsque des dents paraissent douloureuses , afin de s'assurer si elles pourront supporter le contact plus dur des métaux.

En obturant les cavités cariées des dents , en soustrayant leurs parois morbides a l'aclion de l'air, et surtout à celle des humeurs qui lubrifient la bouche, et des substances alimenlaircs solides et liquides qu'on y introduit , l'opération ([ui nous occupe a pour tffcl , dans presque tous les cas, de ralentir beaucoup les progrès de la destruction des organes qui la supportent. Chez certains sujets elle rend mêaie la cai ie eutièrement stalionnaire , et conserve pendant de longues années, dans un état complet d'inertie et d'intégrité , des dents qui semblaient menacées d'une destruction entière et prochaine. Il est vrai de dire toutefois que , le plus ordinairement, la carie, après avoir paru arrêtée et guérie, fait cependant, sous le plomb;ige, des progrès lents et sourds; que la cavité obturée s'agrandit peu à peu, et aduiet des quantités graduellement plus considérables d'humidités buccales; enfin, que le métal se sépare de l'os, et vacille dans l'excavation devenue trop large, d'où il s'échappe spontanément. On peut alois, si la disposition des parties le pei-met, recourir une seconde fois h l'obluraliou , et oblciiir un nouveau surcis à la destruction de la dent, qui , pour èUe retardée, n'en e^t pas moins inévitable.

Lorsque , après rajiplication du métal obturateur, les malades éprouvent un sentiment obscur de gène et de distension dans la dent plombée, il importe de prévenir, à l'aide d'un régime doux, d'alimens peu solides, de boissons délayantes , de gargarismes émolliens , de pcdihivcs sinapisés , et au besoin de saignées locales, l'apparition de douleurs plus vives, et le développeuieut de l'inflammation d;i bulbe dentaire ou des meuibrancs de l'alvéole. Si ces accidens survenaient, on ilevrait les combattre avec activité, en répétant les évacuations sanguines , et enfin débarrasser la dent de la cause c[ui l'iirite. Lorsque la douleur existe seule , on a pioposé de conserver la dent plombée, mais de la luxer afin de rompre ses cordons vasculaires et nerveu.x, et de la maintenir ensuite en place. On sent que celte opération ne doit être praticpiée que pour une dent d'ailleurs encore solide, 'a laquelle le plombage assure de longues années de conservation.

V. Luxations. — Lorsque la couronne des dents est seule malade, que toutes les parties molles environnantes sont dans l'état normal , que l'organe afTecté conserve une grande solidité , et semble pouvoir être long-temps conservé, on peut se borner à le luxer, afin de rompre son |jédicule nerveux, et d'apaiser ainsi les douleurs dont il est le siège. Cette opération , souvent pratiquée avec sncci's , prcsenlc l'incontestable avantage de ne pas dégarnir la bouche ; mais elle est impraticable toutes les fois que l'alvéole , l'os maxillaire, ou même les gencives sont profondément alle'rés. La cavité alvéolaiie dans laquelle on réimplante, après la luxation , la dent en partie extraite, se resserre ordinairement sur la racine, la i client avec force , et lui rend sa solidité première. La dent reste étrangère à l'organisme , quoiqu'elle remplisse mécaniquement ses fonc'ions rfussi bien que les autres. Mais quelquefois aussi les parois de l'alvéole, et surtout sa membrane interne, s'irritent , s'enflamment, suppurent, et l'on est obligé d'achever l'extraction de l'organe. Relativement au procédé opératoire , il ne dilicre de celui de l'arrachement qu'en ce que la dent saisie, au lieu d'être enlièrement retirée de l'alvéole, n'est que lenversée sur le côté, et ensuite remise en place e.«t maintenue comme si la lu.xalion avait été le résultat d'un accident traumatique,

VL Abtulion de la cnuronne des dénis. — Paré avait déjà indiqué , sous le nom àe déchapelleinr-nt , l'opération qui consiste h enlever la couronne des dents profondément c.iriées , douloureuses, et qu'il est impossible de conserver par aucun autre moyen. Cette ablation , généralement abandonnée pour les dents molaires , n'était plus appliquée qu'aux incisives et aux canines, dans l'uilcntion d'en con.-ervcr les racines et de les préparer à supporter des dents à pivots, lorsque de nouveaux eil'orts ont été tentés afin de la remettre en honuear. Di-S dentiblcs anglais surtout , considérant qu'à quelque ordre qu'elles ajipartienncnl, les racines des dents, convenablement cautérisées et rendues par là non douloureuses, soutiennent les gencives, servent de supports aux dents voisines, el peuvent rendre encore d'utiles services, ont érigé en principe de ne les sacrifier que dans les cas où elles sont elles-mêmes profondément altérées. Ils substituent en consé(|uence à rarrachemeiit de ces organes l'ablation de la couronne , qu'ils détachent au moyen de pinces incisives très-fortes , portées sur le collet , qui se trouve divisé d'un seul coup. Cette opération , infiniment moins douloureuse que l arrachement , mérite de fixer de nouveau l'attention ; et soit qu'on lui fasse succétler la préparation des racines , afin d y placer des dents à pivot, ce qui est facile pour les inci.sives , les canines, et peut être même pour les premières petites molaires, soit qu'on se borne à la .cautérisation des nerfs dentaires, afin de faire seulement cesser la douleur dans les racines restées en place , elle promet de tels avantages qu'il est à désirer

qu'elle devienne l'objet de nouveaux essais, dont on ne saurait d'ailleurs av aucun inconvénient grave à redouter.

VII. ylrrachtinent. —Loisciiie , ni l'oblitération des caries dentaires , nii destruction des nerfs des racines, à l'aide du cautère ou du stylet, ni l'act de la li me, ni entin la luxation ou le décliapellcinent dont il vient en deriii lieu d'être question, ne permettent de conserver les dents , et que leur p sence dans la bouche est manifestement plus nuisible qu'utile , il faut abso: ment les extraire , et mettre ainsi un terme aux accidens ou aux incommodi qu'elles enlreliennent. Mais , rious le répétons, ce sacrifice ne doit jamais êi résolu avec légèreté et avant d'avoir acquis la conviction que des moyens p|s doux seraient entièrement inefficaces. L'inflammation chronique de lame brane alvéolo-dentaire , la consomption ou l'exostose de la racine , l'établis ment de fistules dentaires incommodes, telles sont les cas principaux où l'i traction est rigoureusement indiquée. Toutes les fois que la couronne seule malade , les procédés de conservation de la totalité , ou du moius de la base l'organe affecté, doivent être d'abord tentés.

Bien qu'un sujet se plaigne de douleurs dent^iire.'^ vives , continues , insu portables , il est quelquefois difficile, dans le cas de maladies profondes ( racines ou des alvéoles, de reconnaître les dents qui occasionent d'aussi cruel souffrances; et que l'on doit soumettre à l'extraction. Lorsque la douleur exi; depuis quelque temps , elle se propage presque toujours à une partie plus i moins considérable de l'arcade dentaire, de telle sorte que le malade, ou dislingue pas des autres la dent réellement affectée, ou même désigne au cl rurgien quelqu'une des dents voisines. Il faut alors ne s'en rapporter qu'av défiance à ses déclarations, et examiner attentivement toutes les dents du ci malade. Des pressions exercées sur elles, des percussions faites sur leur co' ronne indiquent bientôt par les douleurs plus vives qu'elles y occasioner celle qui est réellement affectée ; si , en même temps , la dent douloureuse i altérée dans sa couleur , ou creusée par la carie à Sa surface , le diagnostic peut plus être douteux. Lorsque surle côlé malade existent plusieurs dents ét' lement excavées , un stylet porté dans leur cavité peut servir à faire distin^i! des autres celle sur laquelle on doit porter l'iuslrument. Mais, malgré la p|; minutieuse attention, il arrive quelquefois que . la sensibilité de plusieurs dei' étant en même temps exaltée, on ne peut déterminer positivement celle qu été le point de départ des accidens , et que l'on est obligé d'ajourner l'opéralici en combattant les accidens aigus qui existent. Ce parti est préférable h ce| qui consiste à choisir presque au hasard parmi des organes également allé ou douloureux , celui qu'on doit extraire ; car , en agissant ainsi , on s'exposi en arracher successivement un certain nombre avant d'arriver à celle qui esl siège principal de la maladie, et à occasioner ainsi des délabremens cou rables ; sans être même assuré de mettre un terme à la douleur qui tourmer le palient.

Quelques praticiens distingués , et entre autres Fauchard, Lucas et Baro redoutaient beaucoup de soumettre les femmos enceintes à l'extraction d dents ; mais leurs craintes étaient exagérées, bien que cependant cette opéi tion puisse présenter quelques inconvénicns chez les individus nerveux, irril bles , pusillanimes , que tout dispose à l'agitation ou auxraouvemens convulsii Une seconde et plus positive contre indication résulte de la présence d'à; phlegmasie très-considérable , d une tuméfaction volumineuse ou d'une colle' tion purulente déjà formée dans les |iarois de la bouche; il faut alors attend la chute des accidens auxquels l'arrachement pourrait communiquer un no ' veau degré de violence; la douleur dentaire, isolée et exempte de toute con plication de phlogose extérieure , loin d'oi)poser quelque obstacle à l'évulsic' des dents, est, au contraire, le motif c[ui détermine le plus fréquemment à ' pratiquer. '

On peut diviser en trois catégories les insirumens destinés à l'arracheineil des dents : les premiers n'agissent que sur un point de ces organes , el reço! vent directement de la main cjui les tient l impulsion par lac[uelle ils opèrentl tels sont les crochets, les repoussoirs et auti es instruraens analogues ; les si conds saisissent les dents d'un côté à l aulre , sans touclier à aucune des parti(i en\ ironnantes , comme les doigts, les pinces de différentes formes, les d. viers, etc. ; entin, dans la troisième classe doivent être rangés la clef dite (' Garengeot , le pélican , la langue de carpe, le levier , et tous les instrumei! qui prennent un point d'appui , ou sur l'os maxillaire , ou sur les dents voisin( de celle cju'il s'agit d'extraii e. !

Les dents à une seule racine, comme les incisives , les canines et les petih' molaires , sont les seules pour lesquelles le davier et les pinces soient apphcc bles. Les dents de lait, lorsqu'elles sont ébranlées et vacillantes, peuvent elt aisément s.iisies et tirées au dehors à l'aide des doigts, si leurs adhérences sor très-affaiblies. Un fil solide , placé autour delà dent et l'embrassant au-dessoi;' de son collet, suffit même généralement, chez les jeunes sujets, à celle extrac! lion. Lorsque l'on fait usage du davier ou des autres pinces, chez les sujet adultes ^ il faut saisir les dents d'avant en ai rière , le plus près possible de leu racine et des gencives, et les tirer dans le sens de leur axe , en leur iaipnmar! de légers mouvemens de rotation , afin de les ébranler et de faciliter leur sortii L'opération doit être faite avec précaution , et en évitant de presser trop fox'tc ment sur l'organe à extraire; car il pourrait se laisser couper par les mors A l'instrument et abandonner sa racine dans l'alvéole. Cet accident est surlou facile lorsqu'on fait usage de daviers à mors recourbés l'un vers l'autre, et qi se correspondent par des extiêmités concaves et comme tranchantes. Il cor vient par conséquent de préférer à ces insirumens les daviers droits, dont le serres, presque parallèles, peuvent agir sur les dents par des surlaces plu étendues.

DENT

DENT

Les daviers et les autres pinces présentent l'avantage de ne pas obliger à kser les alvéoles pour extraire les organes qu'elles renferment; mais il est '•ident que les dents à racines multiples , surtout lorsque ces racines sont |vergenles, ne sauraient tire soumises à leur action, et que la fracture des lirois alvéolaires est presque inévitable afin de les attirer audebors. C'est pour kécuter rcxtraclion , toujours diflicile, de ces organes, que les ellbrts des deuites se sont principalement multiplies, qu'ils ont le plus varié et les instrumens

les points d'appui à l'aide desquels ils doivent agir.

Parmi ces instrumens , un des plus généralement usités en France est la clef lté de Garengeot, ou clef anglaise. Elle se compose d'une tige d acier, longue p quatre à cinq pouces, solide, montée h Tune tic ses extrémités sur un mancbe knsversal , et supportant à l'autre un renflement quadrilatère, aplati sur deux jp ses faces , arrondi à son bord libre, lisse et poli dans toutes ses parties. Une |iortaise , creusée près de l'extrémité de la tige , correspond au milieu du reniement ou panneton de la clef, et reçoit un crochet courbe , demi-circulaire , jii s'y trouve retenu par une vis placée dans le sens de l'axe de l'instrument,

qui traverse sa base. Les crochets sont de dimensions différentes et garnis à ijur extrémité libre de deux saillies, ainsi que d'aspérités destinées à les cmiclier de glisser sur la couronne des dents à extraire.

Telle est la construction de la clef la plus simple. Diverses complications ont 'uvent nui à sa solidité sans augmenter ses avanlages. Ou doit cependant ilisiguer, parmi les modifications heureuses qu'elle a subies , celle qui consiste ns la courbure de sa tige en dehors , près du panneton , et qui a pour effet ji rendre son action plus facile au fond de la bouche. Par une autre améliorain non moins favorable , le crochet a été implanté au centre d'une noix sceptible de tourner sur son axe au milieu d'un panneton . lui-même arrondi |;ns son contour. Une clavette sert à fixer la noix , et par suite le crochet dans position qui parait le plus favorable. De cette manière le chirurgien peut aployer la clef des deux côtés de la'bouche sans être obligé de démonter et retourner le crochet; et, ce qui est bien plus favorable encore , celui-ci uvant être placé obliquement ou même directement en avant de la tête tie istrumcnt , s'applique avec avantage aux dents de sagesse , aux incisives et X canines , aussi bien qu'aux molaires. Cette c/f/'à /îo/.r est plus solide que le dite h pivot, dont la construction est analogue, et offre d'ailleurs les pmes résultats.

Dans une grande partie du nord de l'Europe le pélican remplace la clef de irenseot. Cet instrument se compose d'un manche en bois dur, aplati sur Ux de ses faces , terminé d'un côté par une extrémité arrondie , large et ntelée , qui sert de point d'appui, et de l'autre par une tige plus mince, Istinée à être reçue dans la main. Au milieu de l'instrument est vissé un oro- ■etalongé dont l'extrémité recourbée va se rabattre au-devant de la portion ihtelée du manche. Le pélican est toujours pourvu de plusieurs crochets de i^erses grandeurs, afin de s'adapter au volume différent des dents; et leur itrêmité libre est comme celle des crochets de la clef de Garengeot, garni de iiix prolongemens aigus et de dentelures destinées à les empcclier de glisser. A pélican ordinaire, quelques personnes préfèrent celui dont le point d'appui ij fourni par une plaque de métal , légèrement concave, ovalaire, longue d'un f^uce , large de huit à dix lignes , garnie de peau , et articulée avec le manche (i la supporte à l'aide d'une ch.-irnière. Les crochets peuvent être à volonté tincés ou reculés sur cet instrument, à l'aide d'une vis de rappel, ce qui i|te de les multiplier et de les changer aussi souvent. Enfin, des crochets (jidés rendent facile, avec ce mode de construction, l'extraction <les dents de itesse. Il est à remarquer que tandis que les pélicans ordinaires ne prennent l:r point d'appui que sur les dents voisines, placées au devant de celle à (traire, celui qui nous occupe, dont la construction est due aux conseils de J.cking et de M. Dubois-Foucou , s'appuie à la fois contre les dents et contre 1 gencive correspondante, en même temps que sa plaque, à raison de son «ndue, de sa forme et de sa garniture, n'exerce contre ces parties qu'une Jtssion large, douce et inoffensive.

Les instrumens imaginés par divers chirurgiens , tels que Simpson , Aitken ïpell, pour extraire les dents, dans une direction verticale , en prenant le Ijnt d'appui sur les dents voisines, qu'on devait garnir à cet effet de plaques iltalliques, sont inapplicables aux grosses molaires, tant il est difficile de «monter la résistance qu'opposent k l'extraction les divergences ou les C^vergences de leurs racines. Le brisement des parois des alvéoles est alors ijvitable, et aucun instrument ne saurait le prévenir, aussi les mécaniques tjilleurs compliquées dont il s'agitsont-elles restées oubliées dans les arsenaux «leurs auteurs. Il en est de même de l'instrument décrit par M. Morlet , et t avait pour objet de réunir les combinaisons principales de la clef et du pc- 1 in. Passons aux procédés opéraloires.

fje malade étant assis et maintenu comme nous l'avons indiqué plus haut , et Ijlent qu'il s'agit d'extraire ayant été reconnue , le chirurgien doit , s'il fait t|gede la clef de Garengeot, garnir le panneton d'un morceau de linge blanc Clin destiné à diminuer l'effet de la pression qu'il doit exercer sur le bord aiéolaire. L'instrument étant ensuite saisi avec la main droite , son extrémité ej portée dans la bouche, et le crochet est appliqué, à l'aide des preaiiers dgts de la main gauche, sur le coté interne de la dent malade, le plus près pisible delà gencive ou même un peu au dessous de son rebord , qu'on a souli,éet repoussé vers la base du rebord alvéolaire. Le panneton de l'instrument s!»puie alors contre la face externe de ce rebord, vers laquelle le chirurgien, F' un mouvement gradué et soutenu de bascule . renverse la dent malade. I.-sque celle-ci n'est que luxée , on achève de l'extraire en la saisissant avec dji {nnces , et il est souvent utile d'agir aiusi afin de ménager autant que pos-

1 DlCT. DE MÉCECIKE ET DE ChJRURGIE PRATIQUES.

sible les os et les parties molles qu'un renversement entier briserait ou déchirerait dans une trop grande étendue.

Lorsque l'on emploie le pélican , cet instrument doit également être tenu dans la main droite, et son crochet appliqué contre la face interne du collet de la dent malade ; la demi-roue du manche est ensuite appuyée exclusivement sur les dents , si l'on fait usage du pélican ordinaire, et sur les dents ainsi que sur les gencives , si l'on se sert du pélican à plaque. Le point d'appui doit , dans l'un comme dans l'autre cas, être pris h huit ou dix lignes en avant du crochet. Par un mouvement composé qui ramène l'instrument vers la ligne médiane , et par lequel le crochet est tii é en dehors , en ménageant autant que possible le point d'appui , la dent saisie est renversée sur le côté externe du rebord alvéolaire. Son extraction est r.irement complète par ce mouvement, et, presque toujours , la dent fortement luxée doit être saisie et retirée à l'aide des pinces.

La clef agit avec plus de promptitude et de sûreté que le pélican , elle no presse le rebord alvéolaire qu'au-dessous de la racine de la dent à extraire, et cette pression , s.uis vouloir être grandement nuisible, favorise l'extriiclion. Le pélican, au contraire, en prenant son point d'appui sur les dents saines, expose à les ébranler ; et tous les dentistes s'accordent à reconnaître que, lorsque l'on n'a pas une grande habitude de s'en servir, il peut oecasioncr leur ciifoneement et leur luxation en dedans. Plusieurs même conseillent positivement de ne jamais en faire usage. On doit cependant se le rendre familier, car il présente d'incontestables avantages toutes les fois que les gencives sont douloureuses , enflammées et incapables de supporter, sans occasioner d'intolérables douleurs, la pression de la clef.

Tels sont les procédés les plus généralement suivis pour opérer l'extraction des dents. Quelquefois cependant , on est obligé d'appliquer les instrumens en sens contraire, et de les renverser sur la face linguale du bord alvéolaire. Lorsque , par exemple , les dents sont profondément cariées , ramollies et détruites h leur partie interne, tandis que l'externe est encore solide et résistante, c'est sur celle-ci qu'il convient de faire agir le crochet de la clef ou du pélican, tandis que le côté opposé de la gencive fournit le point d'appui. Dans quelques cas encore , les dents de sagesse étant très-reculées , et la ligne my lo hyoïdienne ou l'apophyse coronoïde de l'os maxillaire inférieur les recouvrant en quelque sorte, ets'opposant à ce qu'on les puisse saisir et rejeter en dehors, il est indiqué de placer l'instrument en dedans , et de les exlraire par le côté interne de l'alvéole ; c'est alors que le pélican 'a crochet coudé, la clef .i noix etles crochets recourbés en forme de Z, sont spécialement utiles.

L'extraction des racines des dents présente quelquefois des diffioultés assez grandes pour rendre l'opération délicate et laborieuse. Lorsqu'elles sont usées jusqu'au niveau de la gencive, on peut encore les saisir en détachant celle-ci du côté interne de l'alvéole, afin de faire place au crochet. Cette opération préliminaire, connue sous le nom de t/cchaiissenient , est aisément pratiquée à l'aide du bistouri droit ordinaire, ou d'une sorte de scalpel à lame concave et solide , employé par les dentistes. Les adhérences de la gencive étant détruites, le crochet peut-être porté sans difficulté jusqu'au-dessous du collet de la dent , de manière à y trouver un point d'appui solide. Cette opération convient également dans les cas de caries profondes avec ramollissement des eouroimes dentaires jusqu'à leur base, et toutes les fois qu'on a lieu de douter que la partie de l'oroane, placée au-dessus delà gencive , ne puisse supporter sans céder l'action du crochet. On peut se servir aussi alors avec avantage de crochets terminés par une seule pointe, laquelle est placée sur la gencive au niveau de la partie moyenne de la racine. Lorsque la clef armée de cette manière agit, ce crochet incise le tissu de la gencive, et vient saisir la racine, qu'il soulève et emporte avec lui. Ce procédé, que j'ai vu employer par M. Taveau , exige une grande habitude et un coup d'œil sûr, parce que le crochet, étant étroit et aigu, peut aisément glisser contre la face arrondie de la racine delà dent, et la manquer en passant à côté d'elle. La langue de carpe , sorte de levier pyramidal monté sur un manche solide , présente dans les occasions qui nous occupent d'utiles ressources. On porte cet instrument au-dessous du bord libre de la gencive, entre la racine à extraire el la dent voisine ; puis , lui imprimant des mouvemens de demi-rotation à mesure c(u'on l'enfonce davantage , on soulève enfin la racine malade. Durant cette opération , un des bords de l'instrument appuie contre la dent intacte qui résiste, tandis que le bord opposé agit contre la racine, qu'il porte graduellement hors de l'alvéole. Dans quelques cas graves , et heureusement rares , les racines étant profondes et insaisissables , on est obligé de détacher largement la gencive , et d'entamer la paroi externe de l'alvéole , afin de les découvrir et de les extraire.

Comme toutes les •péralions de la chirurgie, l'extraction des dents , bien qu'elle ne consiste qu'en une manœuvre vulgaire et en apparence peu importante , est cependant susce|)tible J'occasioncr de graves accidens. La contusion très-violenic des gencives, les déchirures et les blessures de la langue ou des joues , sont des lésions qu'il est toujours possible d'éviter en fais.mt agir les instrumens avec prudence, en dégageant d'une manière convenable le collet des dents , et en plaçant au-dessous du panneton de la clef ou de la plaque du pélican une compresse ou un autre corps analogue, afin d'en amortir la pression. Si cependant ces accidens avaient lieu , il faudi ait rapprocher les parties déchirées et combattre, au moyen de gargarismes émolliens , de saignées locales, et d'un traitement antiphlogistique approprié , les phénomènes d'inflammation qui ne manqueront pas de se manifester.

La fracture de la dent C[u'on se propose d'extraire est un accident jilus désagréable pour l'opérateur que grave pour le malade. 11 est en généra! possible de l'éviter en ayant la double attention de saisir l'organe par son côté le moins

DENT

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ïillérè , et surtout crenfoncer le crochet au-dessous du niveau de la gencive, sur la base di; la racine plus encoi e que sur la couronne. Lorsque , malgré ces précautions, la rupture t(ue l'on rettoute a lieu, il faut immédiatement s'occuper de l'extraclion de la racine, soit en implantant le crochet sur elle, soit en la soulevant à l'aide du le\'ier, ou en employant quelque autre procédé analogue, que suggèrent ordinairement les dispositions spéciales des parties. Mais il arrive assez souvent que la racine résiste trop , et qu'on l'abandonne, plutôt que d'opérer des délabremens très-étendus. Les symptômes d'irritation , qui ne manquent pas de se manifester alors, sont combattus au moyen des antiphlogistit[ues et des caïmans ; et , chose remarquable ! sur dix sujets chez lesquels on est obligé d'agir ainsi , à peine un seul éprouve-t-il des accidens consécutifs notables ; les autres voient leurs douleurs s'apaiser , les racines , restées dans leurs alvéoles, devenir inertes, et la mastication s'exercer sur elles avec une entière liberté. Les observations de ce genre tendent à justifier la prédilection que quelques personnes commencent à concevoir pour la section des couronnes dentaires, comparée à l'extiaction.

Il n'est pas rai e qu'avec la dent sortent des portions plus ou moins étendues, soit du rebord alvéolaire adhérent à la surface des racines, soit des cloisons qui Séparent les divisions des alvéoles des dents molaires, et que leurs racines, lorsqu'elles sont convergentes à leurs extrémités, emportent avec elles. Il ne résulte ordinairement aucun inconvénient notable de ces déperditions de substances , qui n'empêchent pas les parties de se lapprocher , de s'alFaisser et de guérir. '

Quanta la fracture d'une grande partie du rebord maxillaire, elle. exige, lorsqu'on s'en aperçoit, que l'on retire les fragmens détaciiés, susceptibles de piquer et d'irriter les parties molles , et qu'on maintienne les autres en rapport à l'aide du repos le plus parfait imposé aux mâchoires. Si la gencive était détachée au loin , il faudrait égaltment la réappliquer et laisser à la nature le soin d'en opérer la cicatrisation. La luxation de plusieurs dents, si facile à produire lorsqu'on fait usage du pélican , ne réclame pas d'autre traitement'que celui qu'il fauilrait employer si cette lésion était la suite d'une blessure accidentelle. Il en est de même de la luxation simultanée de plusieurs dents adhérentes ou entre-cioisées par leurs racines , ainsi que M. Uuval en rapporte des exemples ; on doit les replacer dans leurs alvéoles et les contenir en placejusqu'à ce que le resserrement des os et des gencives les ait raffermies.

M. Oudet a communiqué à l'académie royale de médecine l'observation curieuse et importante d'un enfant chei leipiel, en pratiquant l'extraction d'une petite molaire , on enleva en même temps le follicule de la bicuspitle secondaire, qui était libre et flottant au milieu des racines des dents temporaires, et déjà recouvert du tubercule externe de sa couronne. Cet accitlent , quoique fort rare, doit engager à n'opérer qu'avec circonspection l'évulsion des biscupides infantiles, et alors seuleaient que les rollicules de remplacement ont déjà un degré d'organisation assez avancé pour ne pas être exposés à sortir de leur place.

De tous les accidens qui peuvent succéder à l'arrachement des dents, un des plus communs ,et quclquclbis des plus graves , est l'hémorrhagie. Le sang provient alors de sources diverses qu'il importe de bien reconnaître avant de s'occuper de porter remètle à son écoulement. Dans tous les cas , une perte médiocre de liijuide, loin d'exciter de l inquiétude , doit au contraire être favorisée à l'aide de lotions. aijueuses ou mucilagineuses lièdes. Les hémorrhagies légères oumodérées procurentun dégorgement salutaire, et qui prévient ou fait avorter en quelque sorte à l'avance les accidens inflamuiatoir es qui tendraient h survenir.

Mais, lorsque la perte du sang se prolonge outre mesure et menace le sujet d'un notable affaiblissement, il convient d'y mettre un terme sans retard. L'hémorrhagie provient-elle de la déchirure de gencives fongueuses, noirâtres, frappées de scorbut? Des lotioils stypti(|ues , avec une dissolution alumineuse ou avec de l'acide sulfurique étendu tl'eau, suffuont presque toujours pour l'arrêter. Quelques fragmens d'os , en piquant la gencive déchirée , entretiennent ils son saignement? Il faut procéder à leur recherche, les extraire, puis rapprocher tl'un côté à l'autre les parties molles dilacérées et les maintenir en contact, Enfin, dans quchpies cas, le sang provient du rameau artériel qui faisait partie du pédicule de la dent extraite, et qui a dn nécessairement se rompre lors de l'opération. Le sang s'échappe alors du fond de l'alvéole sans qu'il y ait de fracture considérable aux os, ni de déchirures, ni altération pathologique du tissu de la gencive, et s'écoule en quantité plus ou moins grande. Il faut alors oblitérer solidement la cavité alvéolaire au moyen d'une boulette de cire ou de charpie fortement roulée entre les doigts, et surmontée de tampons et de petites compresses suflis. imment élevé|^ pour que le rapprochement des mâchoires, assuré au moyen d'une fronde, soutienne la compression et s'oppose au soulèvement de l'appareil par l'effort que le sang ne manque pas d'exercer. Lorsqu'on se borne à remplir l'alvéole de cire , ainsi que le recommandent les auteurs , il est rare qu'on réussisse. La cire n'adhère pas aux parois de la cavité osseuse, à raison du sang qui l'humecte, et bientôt elle est détachée et tombe dans la bouche, en laissant à l'hémorrhagie toute sa liberté. Il faut doue la contenir convenablement , et ne la con^idérer que comme uir<;orps intermédiaire , à l'aide duquel la compression exercée par la màclioire opposée sera transmise jusqu'au vaisseau ouvert.

Les luxations de la mâchoire inférieure, la syncope, les mouvemens convulsifs et quelques autres accidens généraux dont l'extraction des dents peut encore être suivie, ne réclament pas dans cette circonstance particulière d'autres soins que dans toutes les autres.

§ IV. Prothèse DENTAIRE. — La réparation des pertes que les arcades den-

tairas ont subies constitue la branche la plus importante et la plus difficile l'art du dentiste. Pour y exceller, il faut être à la fois mécanicien ingcnieu.i!t opérateur habile; il faut savoir exécuter avec adi-esse ce que l'esprit a coîu avec lucidité. Rien ne peut remplacer l'éducation manuelle convenablem it dirigée , et nous devons nous borner à l'exposition sommaire des règles gc irales relatives à la construction des pièces artifîjjielles destinées à rempla les dents.

I. La tianspLaiiiaLion est un premier mode de remplacement des dei qu'on trouve encore conseillé dans les ouvrages de Paré, de Fauchard, Huntcr, et qui, jusque dans le siècle dernier, fut généralement pratiqué! l consistait, aplès avoir extrait une dent malade, à placer immédialeinent, d l'alvéole devenue vide, la racine d'une autre dent récemment arrachée à individu s.iin. Ce procédé n'était applicable que pour les dents à une seule cine, comme les incisives et les canines ; et afin d'éviter autant que possi que la racine nouvelle fût hors de proportion avec les dimensions île l alvéc on prenait ordinairement pour remplacer des dents d'adultes celles de jeu sujets non encore parvenus au terme de leur accroissement. Les parois osscii ainsi que les gencives se resserraient autour du corps étranger, l'embrassai avec force, et sans qu'il reprit racine, ainsi que l'ont cru quelques personn il restait mécaniijuement enclavé pendant de longues années entre les aul n dents, dont il partageait les fonctions. Ce mode opératoire devint quclquef la cause de trafics infâmes , dont les moralistes et les satiriques nous i transmis les déplorables détails. Considéré en lui-même, d'une part, il réussissait cfu'asscz rarement, à raison de la différence de forme qui ne pouv manquer d'exister, dans la plupart des cas, entre le corps à loger et la cavj préparée pour le recevoir; de l'autre, il exposait le malade , qui avait achf plus ou moins cher la dent d'un autre individu, à s'inoculer avec elle les maidies contagieuses dont celui-ci pouvait être atteint. Enfin , la transplantât i était absolument impraticable toutes les fois que l'arrachement avait eu I i depuis assez de temps pour que l'alvéole se fût resserrée et en partie ou to • lement cicatrisée. Ces considérations, jointes à la facilité toujours croissante; remplacer les dents par d'autres moyens, ont fait enfin proscrire universeli ment celui dont il s'agit.

Lorsque, après avoir extrait une dent, on la réapplique et on la mainti ; à sa place, ce procédé est autant avoué par l'art que souvent utile aux maladi. Il en a déjà été question plus haut. Fox a plusieurs fols , à l'occasion des de incisives , extrait ces organes, rasé leur couronne , et replacé enfin leurs raines, après les avoir préparées , pour recevoir les dents à pivot, à l'aide d quelles il se proposait de réparer leurs pertes. En agissant ainsi, on évite,! est vrai, aux malades les douleurs inséparables de la destruction sur place i nerf dentaire ; mais on leur substitue celle de l'arrachement ; et en exerç . une violence toujours fort grande sur l'alvéole et sur la membrane alvéo , dentaire , on s'expose à voir se développer des accidens d'irritation susceptii; de faire échouer l'opération tout entière.

II. Les dents artificieUes , dont on fait communément usage aujourd'hui , composent ou de dents humaines anciennes et desséchées , ou départies dents d hippopotame , d'ivoire, de dents de bœuf , et d'autres substances dm et éburnées analogues , façonnées d'une manière convenable ; ou bleu enfin dents tei To-minérales , formées dans des moules appropriés à cet effet, eta sorties pour la couleur à celles des organes entre lesquels on se propose dei placer.

Les pièces isolées ou complexes, fabriquées en ivoire, en cheval marin ou i d'autres matières du même genre, présentent le très-grave inconvénient d cli : spongieuses, de se p'Miétrer des liquides muqueux et salivaires de la boiiclM de s'altérer promptement, d'aci[uérir une couleur jaune, noirâtre, désagréabi et de s'mipregner d'une odeur repoussante. Ainsi , malgré leur légèreté, le solidité assez granile et la facilité qu'on trouve à les adapter avec exactitii i à toutes les dispositions de la bouche, ces substances sont-elles peu eijiployéi

Les dents humaines extraites des cadavres , et conservées à cet elFct , l'ci portent sur les précédentes, parce qu'elles sont à la fols plus compactes, pl résistantes, et que leur aspect et leur forme les rendent beaucoup plus propr, à imiter parfaitement les organes dont elles doivent occuper la place. Beai coup de personnes leur accordent même encore sur toutes les autres une pr i férence absolue.

Cependant ces dents sont assez rares; on ne se les procure même qii'avi une certaine difficulté, et elles s'altèrent à la longue comme toutes les sul stances animales internes soumises à l'impression des liquides buccaux. C imperfections, bien constatées , ont porté depuis plusieurs années les deiitist | les plus habiles à remplacer les dents naturelles par des dents en p.-ite de po celaine dure. Fauchard avait déjà imaginé de faire émailler la surface pièces artificielles formées de débris éburnés îles animaux; mais ce procédé i si.flisait pas ]ioiir les mettre à l'abri de la destruction et des altérations doi | nous avons parlé. Duchateau , pharmacien à Saint- Gcrmain-en-Laye, imagiii vers la fin du dernier siècle , de remplacer un dentier qui l'incommodail fo , par une pièce semblable en porcelaine dure ; le procédé lui réussit, et depii lors MM. Dubois, Fonzi , Audibran et Delabarre ont successivement ctsingi lièrenient perfectionné la fabrication des dents minérales, sous le triple ra| port de l'imitation des formes , de la coloration et de la solidité. Elles soi aujourd hui, concurremineut avec les dents humaines, à peu près les seules qi l'on euiploie.

Les dents artificielles se placent à pivot, à crochets , ou composent des rât< liers ou dentiers plus étendus et compliqués. Les dents à pivot ne conviennent que pour les dents à une seule racine, telle

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DENT

uê les incisives, les canines et quelquefois les petites molaires. Pour les placer faut d'abord préparer la racine de la dent à remplacer, ce qui se fait en la imant au niveau de la gencive , en taraudant son conduit central de manière détruire complttenient le cordon vasculo-nerveux qui le parcourt et a l ajrandir modérément. D'une autre part la dent artificielle , convenablement îhoisie relativement à la forme et à la couleur, doit être réduite à sa couronne 'et cette couronne supportée par une tige d'or ou de platine, d'une longueur et d'un volume proporlioiuiés aux dimensions analogues du canal creusé dans la racine de la dent. Lorsque ces doubles préparatifs sont terminés , le pivot ou fa tige de la dent artificielle doit être enfoncé avec précaution, et a l'aide d'une jertaine force , dans le canal disposé pour le recevoir, jusqu'.à ce que la coul-omie de celte dent touche à la gencive, la presse et se place au niveau de celles les autres dents voisines.

1 Si la racine dans laquelle doit entrer le pivot est faible et molle au point de faire craindre qu'elle n'éclate, on peut la doubler en quelque façon, en y introliiisant un tube d'or , sillonné d'un pas de vis à sa surface externe, et dans lequel la tige de la dent artificielle est ensuite implantée. Toujours, avec le iemps , sous la double influence des vacillations inséparables de l'exercice des ionctions qui leur sont confiées , et de l'action des liquides salivaires qui s'infiljrent le long de leur tige, les dents à pivot les plus solidement fixées usent les Sacines qui les supportent , agrandissent leur canal , s'ébranlent et finissent par le plus pouvoir rester en place. On retarde bien l'époque de ce résultat inévi- Me en chargeant le pivot de couches de soie qui augmentent son volume , et tendent sa pression moins dure et moins ofîV'iisive pour la racine. M. A.Talma, lentiste,fort habile, fixé à Bruxelles, croit rendre la durée des dents atificielles lui nous occupent plus longue en substituant au pivot métallique une tige en ois dur et solide, qui se gonfle légèrement dans la racine, la remplit avec L-ande exactituile, et s'oppose .\ l'entrée des humeurs buccales dans sa cavité. I Lorsqu'il n'y a pas de racine susceptible d'être perforée, on doit substituer \ix dents à pivot celles dites à crochets. Ces dernières ne consistaient autrefois u'en des couronnes dentaires, convenablement pre'parées, qu'on attachait aux lents voisines , à l'aide d'anses de fil ou de métal plus ou moins serrées. Aussi [aient-elles constamment vacillantes ou peu solides. Aujourd'hui les procèdes le l'art sont plus satisfaisans. Ou prend d'abord avec de la cire à mouler , dans quelle on fait mordre le malade avec une certaine force , l'empreinte exacte B la partie de l'os maxillaire sur laquelle existe la brèche qu'il s'agit de comler. Sur cette empreinte est coulé un moule en plâtre qui reproduit en relief s creux qu'elle a d'abord rapportes. Ce moule à son tour sert de type pour |,uster sur la portion de gencive dépourvue de dent, une plaque d'or ou de latine à la surface de laquelle on tixe solidement une ou plusieurs couronnes is dents artificielles humaines ou métalliques. Des deux côtes de celte plaque irtcnt des crochets également en or qui vont passer sous le collet des dents fines du voisinage, et prendre un point d'appui plus ou moins éloigné. Ces f'ochets doivent être lisses , unis , suflisammeiit larges , légèrement arrondis, astiques, et surtout s'appuyer, sur plusieurs dents, afin que l'ctFort étant .us largement disséminé se fasse moins sentir sur chacun des points qui le |)pportcnt.

Mais malgré ces précautions , l'application d'une dent h crochet est une opéition toujours désastreuse pour la bouche; si bien polis , si parfaitement clas- (ues , si exactement appliqués que soient les supports des pièces de ce genre , pressent constamment sur les collets des dénis saines qu'ils embrassent, les lonnent, les usent, et préparent leur rupture. Ce résultat a d'autant plus alement lieu que les dents ont une organisation plus molle et sont plus dissées i» la destruction. On peut ])rédire avec certitude qu'une personne qui inplace une dent perdue par une dent h crochet, sera, quelques années plus

fd, obligée d'en faire remplacer deux ou trois , et plus tard encore un plus nd nombre , jusqu'à ce que l'arcade dentaire toute entière subisse le même rt. Les dents à pivot n'usent que la racine qui les supporte j celles h crochets ent au contraire les dents voisines qui les soutiennent : mieux vaut, en beauup de cas, supporter la <lifrormité produite par la privation de quelques dents le de la réparer par un moyen qui tend incessamment à l'augmenter. Les procédés employés pour remplacer plusieurs dents, ne di/Tèrent pas fentiellemciit de ceux qui conviennent aux cas où ces organes sont isolément trutts. Lorsque l'arcade dentaire est entièrement dégarnie , l'art la reproit; en quelque sorte à l'aide des pièces étendues , moulées sur les gencives , iculées en arrière à l'aide de ressorts, et qui suivent tous les mouvemens os maxillaires durant la mastication aussi bien que pendant l'exercice de iparole. Ces pièces ont souvent pour base des portions d'ivoire de cheval Arin , convenablement colorées, qui remplacent les gencives alTaissées, et lesquelles sont implantées les dents ..rtifîcielles. Les dentiers complets en celaine dure sont lourds, difîiciles à obtenir et par conséquent peu emye's ; on remplace toutefois autant que possible le cheval marin par des ques métalliques qui présentent l'avantage d'être inaltérables. On restitue à J|de de ces procédés , à la face , ses dimensions normales , que la perte des «Ints a détruit ; on rend à la parole sa liberté , h la mastication son énergie , •Iqui fournit par suite à la digestion et aux fonctions nutritives des malé- ■mix réparateur mieux élaborés et plus propres à entretenir tous les organes. Ipourque ces pièces réussissent, il importe qu'elles réunissent la légèreté à la •i|idité ; qu'elles s'appliquent avec la plus grande précision aux parties qui les l>portcnt ; qu'elles n'éprouvent, par le rapprochement des m.-lchoires , aui*e pression latérale susceptible de les faire glisser; enfin , que les crochets , en existe , soient longs , plats , légèrement convexes du côté des dents qu'ils brassent, doués d'élasticité et étendus sur plusieurs dents solides. Il importe

que , dans le rapprochement des dentiers artificiels plus ou moins complets , les molaires tombent perpendiculairement les unes sur les autres, et que les incisives supérieures passent devant les inférieures sans les toucher , c'est kdire que les formes et les dispositions normales soient aussi fidèlement reproduites que possible.

Lorsque des pei tes de substances considérables ont eu lieu a la voûte palatine ou la circonférence des os maxillaires , à la suite de blessures ou d'opérations diverses , il est souvent possible de faire disparaître en même temps les difficultés qui résultent de la lésion des os et celle que proiluit l'absence des dents qu ils supportaient. C'est ainsi que M. O. Taveau , par exemple , a récemment reproduit avec habileté une portion antérieure de la voûte palatine, la partie de l'arcatle alvéolaire supérieure qui soutient les dents incisives , et ferme en même temps une large communication ouverte entre la bouche et les cavités nasales. L'art du dentiste est fécond en merveilles de ce genre , et chaque jour lui voit faire de nouveaux progrès.

F. Hoffmann. DisserUlio de dentiljus eorumque morl)îs. Halac, 1689 , in 4". P. Faiic/iard. Le chirurgien denliste. Paris , 1728 , 2 vol. in-l2. Fauchard esl le restauraleur et le père de l'art du dentiste cliez les modernes. J .-G. Kitecliler. Do ulceribus denlium fistulosis. Lipsiic, 1733.

M. Albcrti. Disserlatio de dentibus scrolinis, sapientiîE vulgo dictis , IIdla;,1737, in-4''. Buccoii, Di.iserlalion sur un prt-jugé, concernant les maux de dents des ftmmes enceintes. Paris, 1741. — Essai sur les maladies des dents Paris, 1743. — Expériences et démonslrations faites à la Salpéirière et à Saint-Côme , en présence de l'Académie de ciiirurgie , pour servir de suite et de preuves à l'essai sur les maladies des denti. Paris, 1746, in-S".

Mou/on. Essai d'odontotecbnie , ou dissertation sur les dents artificielles, Paris, 1765, in-12.

J. Hœrlock. Practical treatise upon dentition. London , 1742, in 8''.

G. -P. Leinonnicr. Dissertation sur les maladies des dents, Paris, 1753, in-12. Licluse . Nouveaux élémens d'odontologie, ou pratique abrégée de l'art du dentiste. Paris,

1754, in-12. — Eclaircissemens essentiels pour pi-cserver les dents do la carie. Paris, 1755, in-12.

Boiirdet, Recherclies et objcrvations sur toutes les parties de l'art du dentiste. Paris , 1757, 2 vol. În-12. — Soins f',iciles pour la propreté de la bouche, in-12.

Le premier de ces ouvrages esl, après celui de Faucliard, un des plus remarquables (jue nous possédions sur la chirurgie dentaire.

Jourdain, Traité des dépôts dans les sinus maxillaires , des fractures et des caries ; suivi do rtdexions sur toutes les parties de l'art du dentiste. Paris, 1761 , in-12. — Essai sur la formalion d"s dents, comparée avec celle des os. Paris, 1766, in-12. — Traité des maladies et des opérations chirurgicales de la bouche, Paris , 1778, 2 vol. in-8^.

Les écrits <le Jourdain sont remplis <le préceptes judicieux et d'ohscrv. pratiques înléressan les .

A. -A. Brunncr. Einleituug zur richtigen Wissenschafl eines Zahnarzten.Wien , 1766, iu 8", avec figure.

Leroj- de /a Faudigiière . Manière de préserver et guérir les maladies des gencives et dos dents. Palis, 1766, in-18.

J. Hiinter. Natural history of the teelU and tlieir diseases. London , 1774, îu-4''.

Cet ouvrage, rempli de vues ingénieuses, sera toujours consulté avec fruit.

M. -G. Cottriois. Le dentiste obsei-vateur , ou recueil d'observations, tant sur les maladies qui atta<{uent les gencives et les dents que sur les moyens de les guérir. Paris, 1775 , în-'2.

J ,-J. Dubois Foucou. De denlium viciosè positorum curatione. Paris, 177.5, in-4°. — Exposé d'un nouveau procédé pour la confection des dents , dites de composition. Paris , 1808, in-8".

Boiol. Moyens sûrs de conserver les dents et de calmer les douleurs qu'elles occasioncnt. Paris, 178G, in-12.

Campani. Odontal^ia ossia trattato sopra denti loro cura e la maniera di eslrargli. Florence, 1789 , in-S".

Dubois de Chemant.. Dissertation sur les avantages des nouvelles dents et râteliers artificiels incorruptibles et sans odeur. P.iris , 1789 , in-8'^.

J. Fox, The natural history of the hunian teelh, London , 1803, in-S". — Tlie history and treatment of the diseases of ihe teelh. London , 1806 , in-4°.

Ces deux ouvrages estimés à juste titre, ont été traduits en français, sous ce liire : Hisinire naturelle et maladies des dents de l'espèce humaine ^ en deux parties, avec 23 planches , par le chevalier Lemaire. Paris, 1821 , in-4''.

J.-R. DuvaL Le dentiste de la jeunesse , ou moyens d'avoir les dents belles et bonnes , précé.lé des conseils des poètes anciens sur la conservation des dents. Paris , 1804 , 1.1-8°. — Des accidens de l'extraction des dents. Paris, 1808, in-S". Nouvelle édition, 1817. — Rcdcxions sur l'udonlalgie. Paris, 1808, in-S". — Recherches historiques sur l'art du dcnlislo chez les anciens. Paris, 1808 , in-8°. — Notice des travaux entrepris sur les dents depuis 1790. ( Nouvelle Bibliothèque médicale, lom. !^.)

Les écrits de M. Duval sont ceux d'un praticien habile , d'un observateur éclairé , et renferment une foule de préceptes utiles , fondés sur l'application des connaissances médicales les plus étendues ;\ l'art du dentiste.

J.-B- Th. Baumes. Traité de la première dentition et des maladies souvent très-graves qui en dépendent. Paris, 1805, in-8''.

Cet ouvr.ige , couronné par la société royale de médecine , a joui d'une gr.indo réputation .

J.-B. Gariot. Traité des maladies de la bouche, d'après l'ét.it actuel des connaissances en médecine et en chirurgie , qui comprend la structure et les fonctions de la bouche, l liisloire des maladies des dents , les moyens d'en conserver la santé et la beauté, et les opérations particulières à l'art du dentiste. Paris, 1805, in-8".

Mahon. Le dentiste observateur. Paris, an VI , in-12.

L. Laforgue. Théorie et pratii(ue de l'art du dentiste. Paris, 1832, 1 vol. in-S". Seconde édition, l'aris , 1810, 2 vol. iu-S".

L.-F . Delabarre. Dissertation sur l'histoire des dents . Paris, 1806, in-4". — Traité de la seconde dentition cl méthode naturelle de la diriger, suivi d'unapeiçu de séméiotique buccale, avec 22 planches. Paris, 1819 , in-8°. — Traité de la partie mécanique de l'art du cliirurgieu denliste , avec 42 pl. Paris, 1820, 2 vol. in-8". — Méthode naturelle pour diriger la seconde dentition. Paris , 1826, in-8", figuies.

E.-F. Martel. Sur l'odontalgie et les affections qui la simulent. Paris , 1 807 , in-4".

Schmidt. Théorie und Erfahrung ueber die zaehne Leipsig, 1807, in-8".

Jourdan et Maggiolo. Manuel de l'art du dentiste , ou l'état actuel des découvertes modernes sur la dentition, les moyens de conserveries dents, etc. Nancy, 1807, in-12.

Audibran-Chainhly . Essai sur l'art du dentiste. Paris, 1808. — Lettre aux dentistes sur les dents de porcelaine. Paris, 1818.

J. Audibian. Traité historique et pratique sur les dents artificielles et incorruptibles, co:i ■ tenant les procédés de fabrication et d'application, Paris , 1321 , in-8".

DETITTITÏON.

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