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DÉLIVRANCE

DENT

uivant le cordon ombilical, on le sent se diriger fortement en avant; on touche, travers la paroi antérieure du vagin, riittérus couché en avant, et Ton sent e fond de cet organe fort abaissé dans l'hy pogastre. Dans le deuxième cas , en uivant le cordon jusque dans la matrice, on arrive à une ouverture étroite laiis laquelle il s'enfonce; mais cette ouverture est arrondie et non en fente ou rrégulière comme le serait une déchirure. Le plus souvent située dans Taxe de matrice, cette ouverture est quelquefois placée vers un des côtes de la cavité irincipale. Quant à l'adhérence anormale, ce n'est guère que durant Fopéraion qu'on peut la distinguer de la normale ; on peut néanmoins la présumer art résistante quand elle a soutenu sans céder des contractions utérines fortes t répétées à de nouibreuses reprises.

Quant à l'avortement, c'est surtout de la sortie antécédente du sang, des au.x et d'un embryon, puis de la contraction du col traversé par un cordon ■ès-grèle, et en même temps du volume de la matrice , etc. , que se tirent les

|iJuetions propres à éclairer le praticien sur l'état des choses et les indications

j remplir.

1 §111. Pronostic. — Quelle que soit la cause qui retienne le placenta dans |i matrice , celle rétention n'est point indifTcrente , et l'on a de nombreux kemples tl'hémoiTliagies fâcheuses occasionées par son séjour plusieurs Jours j même plus d'une semaine après la parturition. Dans quelques cas aussi, Icclampsiea paru se développer ou s'entretenir sous une semblable influence. |l n'en a pas toujours été ainsi : Kuysch assure que des placentas très-adhérens jii^ été expulsés naturellement peu de jours après la parturition ; que d'autres j; sont ciiangés en môles ; qu'ils n'ont pas empêché la femme de redevenir enfeinte et de rendre à la fois le nouveau et l'ancien placenta avec un enfant en portant. Morgagni rapporte de semblables exemples. D'autres placentas I sont , disent les mêmes auteurs, tranformés en hydatides , spontanément ipulsèes parla suite. Des écrivains plus modernes citent des cas de placentas, jicollés ou non, peu à peu dissous et absorbés dans l'utérus (Nœgele, Salomon) ; ais ces exemples n'ont peut-être pas l'authenticité convenable comme l'a fait ntir pour ces derniers madame Boivin ; bien plus souvent la putréfaction s'est nparée de cette masse, et si des accidens graves, la métrite,une fièvre de auvaise nature, n'en ont pas constamment été la suite , du moins en est-il suite un prolongement d'incommodités et de dangers auxquels il est toujours iident de soustraire une femme en couches.

§IV. IncLcatinns. — Nous ne saurions donc recommander, avec certains écriins , une cxpectation illimitée. Nous ne partageons point non plus l'empresment que mettent , sans nécessité , plusieurs de nos confrères à extraire le livre aussitôt que l'enfant est né; nous laissons sans inquiétude l'utérus se poser pendant une demi-heure, une heure même, plusieurs heures, s'il le Ut , pour se contracter ensuite et décoller un placenta non détaché encore; lis si ce corps ne reste dans la matrice que fuite d'aide, faute d'énergie suffiite , si l'organe est fatigué par un long travail , nous sollicitons ses eontracns par des frictions, en môme temps que des tractions méthodiques sur le irdon sont exercées avec autant de force que le permet sa consistance. Est-il gile? est-il rompu ? on peut attendre quelques heures s'il n'y a ])as urgence; I lavement purgatif peut même être employé pour exciter des téuesmes , et lUt-être des contractions expulsives ; la matrice poussera dans le vagin ce l'elle renferme, et là on pourra le saisir sans douleur pour la femme. Y a-t-il s accidens à craindre? le temps prescrit s'est-il écoulé sans effet? on porte main dans l'utérus, et on prend à poii^née le placenta elles membranes, 'jtfe conduite est plus sage et plus expéditive que celle d'attendre une expuln naturelle jusqu'à vingt ou vingt-cinq jours après la naissance de l'enfant , isque , même alors , de l'aveu de Ruysch , ou peut se voir , une fois sur seize, mpé dans son attente et dans son espoir.

^uand ime obliquité antérieure met seule obstacle à l'extraction, c'est le cas, is que jamais, d'introduire profondément dans le vagin deux doigts destinés |liriger en arrière les tractions qu'opère sur le cordon ombilical la main ijtée au-dchors; mais s'il existe un enkystement véritable , il faut encore en jiir à l'introduction de la main dans la matrice. Cette main traversera l'ourture rétrècie en profitant d'un de ces instans de relAchement qui alternent ;astamment, dans les premiers temps des suites de couches , avec des contrac- Ins plus ou moins vigoureuses de l'utérus.

bans les cas d'adhérence solide ou organique , celte opération devient encore pessaire; mais elle exige quelques précautions de plus. Quand l'adhésion est j'raale,etpar conséquent légère, de l'eau froide, injectée dans le placenta ■la veine ombilicale du cordon pendant hors de la vulve, a suffi quelquefois ir arrêter une hémorrhagie inquiétante , exciter les contractions utérines i iduire le décollement et l'expulsion du placenta (Mojon). Ce moyen, pluS ne fois inefficace, le serait à plus forte raison quand il existe une adhérence irmale, et nous eu dirons autant de l'emploi du seigle ergoté. 11 faut alors "Oiluire une main dans l'utérus, chercher si quelqu'un des points de la cirifcrence du délivre est détaché , et continuer de ce côté le décollement en puant l'extrémité des doigts entre ce corps et la paroi utérine. Mais si nul iiollement n'existe, c'est encore vers la circonférence de la masse placentale Ion li"'iuvera du moins des membranes détachées, et qu'on devra commencer lisser les doigts entre le corps à extraire et les parois de la cavité qui le conht. Si la circonférence dont nous parlons est difficile à reconnaître en raison (son peu d'épaisseur; si l'on craint d'endommager l'utérus en voulant en délier le corps étranger, il vaut mieux attaquer celui-ci par son centre; là, son lisseur, sa consistance, les nombreux reliefs formés par ses gros vaisseaux, le isinage de l'inserlion du cordon ne permettront point l'erreur. On pénétrera ic hardiment dans sa substance, puis on cherchera avec ménagement à insi-

nuer le bout des doigts entre lui et l'utérus comme nous l'avons dit plus haut jusqu à ce qu'on ail tout décollé. Que si , comme nous l'avons éprouvé nousmême, on trouve une adhérence très-intime, on enlève par fragmens tout ce que l'on peut atteindre sans blesser la femme, sans lui causer de douleur ; il n'est pas besoin pour cela d'une violence considérable, et l'on ne risque guère de tomber dans une erreur grave, et, dit-on, quelquefois commise, celle de déchirer le tissu même de la matrice. Ce tissu est bien autrement résistant que celui du placenta ; les ongles mêmes auraient peine à l'entamer. Quant a la déchirure de la membrane interne du viscère, elle est imaginaire comme l'existence de la membrane ; et la dénudation des .ibres charnues qu'on a dit avoir observée après une délivrance violente n'est que l'état ordinaire de la matrice après l'accouchement. Il vaut mieux d'ailleurs laisser quelques fragmens adhérens que de s'opiniàtrer à extraire le tout. On en facilite la destruction et l'entraînement par des injections d'eau tiède opérées pendant quelques jours. ( Recoiin. )

C'est aussi aux injections , aux bains et à l'expcctation qu'il faut s'en tenir quand les secondines séjournent après un avortement : la pince à faux germe de Levret serait insuffisante et dangereuse quand il n'y a pas dilatation considérable du col utérin et décollement complet des substances encore enfermées dans la matrice; quand ces conditions existent, bientôt ces substances passent spontanément dans le vagin , où les doigts seuls peuvent facilement les prendre, si l'expulsion complète n'en est pas opérée par les seuls eCTorts naturels. , ( Ant. DuGÈs.)

DEMENCE. Foj -"ez Aliénation.

DEMONOMAWÏE. Foyez Aliénation.

DENT. (Pathologie ), s. f. dens , c-îbvf, on nomme ainsi de petits os, fort durs, implantés dans les alvéoles des mâchoires, et destinés à saisir, à diviser et à broyer les substances alimentaires.

Considérées sous le rapport de leur production , de leur accroissement, de leur structure et de leurs connexions avec le reste de l'organisme , les dents sont analogues aux poils, aux ongles, aux plumes, des mammifères et des oiseau.x, ainsi qu'aux coquilles des mollusques. On ne saurait affirmer qu'elles sont inorganiques dans la rigoureuse acception de ce mot, puisque rien de ce qui appartient aux êtres vivans n'est entièrement dépourvu de la vie ; mais on n'a découvert dans leur substance ni vaisseaux, ni nerfs, ni parenchinie celluleux. Elles sont formées de couches concentriques, solides dès l'instant de leur production, et il suffit que leur pulpe productrice soit détruite pour qu'elles meurent et ne conslituent plus que des corps étrangers, retenus iTiécani([uement encore au milieu des parties vivantes, mais qui ne sauraient manquer d'être plus ou moins prochainement expulsés. Comparées aux os proprement dits, les dents se distinguent d'eux par l'absence de parencli3ane celluleux et vasculaire dans leur eoQiposition , et de périoste à leur surface , par leur exposition partielle au contact de l'atmosphère , parla substance émaillée cjui recouvre leurs portions extérieures , par leur évolution successive et leur renouvellement à certaines époques de l'existence ; enfin , par leur usure , leur ébranlement et leur chute , durant la veillesse , avant l'extinction normale des mouvemens vitaux dans le reste de l'organisme.

D'après l'esprit de cet ouvrage , nous devons nous borner à ce petit nombre de considérations générales sur les dents : de plus longs détails seraient plutôt du domaine de l'anatomie et de l'histoire naturelle que de celui de la médecine- Le praticien doit spécialement étudier dans 1 histoire des dents : !<> les moyens de conserver à ces organes leurs conditions normales et de remédier à leur arrangement vicieux ; 2° les maladies nombreuses de leurs substances et des parties qui les environnent on les retiennent à leur place; 3" les opérations variées dont ils peuvent devenir l'objet; 4o enfin les procédés que l'art met en usage pour réparer leurs pertes partielles ou totales. C'est sur ces points importans que nous devons principalement insister dans ce travail.

§ l"''. Partie hygiénique. — I. Dispositions normales. — L'évolution successive des premières dents éprouve rarement de notaliles obstacles ; et lorsqu'elle s'opère, les os maxillaires sont déjà assez développés pour que ces organes trouvent une place suffisante , et se rangent avec régularité le long de leurs arcades. Si quelques anomalies ont lieu sous ce rapport , elles sont peu considérables , et l'on y accorde il'autant moins d'attention que d'une part , les sujets étant plus jeunes, sont moins propres à supporter de douloureuses opérations , et que, de l'autre, les organes sortis devant être remplacés , la nature exécutera spontanément ce que l'art n'aurait pu tenter qu'avec peine. Quant aux phénomènes locaux ou sympathiques et aux accidens qui accompagnent en beaucoup de cas l'évolution des premières dents, il en est traité .t l'article Dentition.

Dans l'état normal , les dents rangées sym ■triquement sur les bords alvéolaires des deux mâchoires, présentent deux lignes paraboliques , ou plutôt les deux moitiés d'un ovoide parfait, dont l'arcade supérieure forme la grosse extrémité, et l'inférieure la petite. Les dents supérieures sont, en général , un peu plus volumineuses que les inférieures, et occupent ainsi un espace plus étendu. Il résulte de cette disposition que les deux arcades se correspondent exactement en arrière, mais qu'en avant la rangée supérieure dépasse un peu l'inférieure et s'avance sur elle en la croisant. Itxamince sur les côtés, etd'avant en arrière, l'arcade dentaire supérieure présente une convexité régulière depuis la seconde incisive jusqu'à la molaire la plus reculée, tandis que l'inférieure offre une concavité correspondante. Les incisives supérieures sont légèrement inclinées en avant, et les inférieures alTectent une direction perpendiculaire. Elles se relèvent derrière leurs antagonistes, de manière à appuyer légèrement contre la face postérieure de la basede leur couronne. Aucune dent ne doit dépasser les autres , soit en longueur , soit en saillie latérale ; les canines

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seules remportent souvent un peu sur les incisives sous ces deux rapports ; mais lorsque cette conformation est poussée trop loin , elle ilonne à lu mâchoire une forme lourde et carrée, ou rappelle, par l'entrecroisement des deux dents opposées, la disposition commune aux carnassiers.

La blancheur des dents, qui constitue Tune de leurs qualités les plus précieuses , doit être analogue à celle des os. Celles qui sont d'un blanc de lait ou de porcelaine , et comme transparentes, sont rarement douées d'une grande .solidité; leur substance est molle , prompte à se détruire, et transmet facilement à la pulpe dentaire l'impression des qualités froides, chaudes ou acides des corps soumis à la mastication. On rencontre ordinairement ces caracitres organiques chez les sujets débiles, lymphatiques, disposés aux scrofules ou au rachitisme. Les dents des femmes sont, en général, plus blanches, plus faibles, plus délicates et plus petites que celles des hommes. Les jilus solides sont celles dont la blancheur est légèrement jaunâtre , et qui , par leur compacité, annoncent qu'elles ont pour base un ivoire dense, serré et pesant. Les sujets robustes, sanguins , bilieux , et ceux qui sont remarquables par une grande puissance des organes digestifs, les ont ordinairement ainsi. Chaque dent, d'ailleurs, doit présenter une surface lisse , égale, polie, dont la convexité s'allie à celle des dents voisines , et contribue ainsi à l'harmonie de l'ensemble.

Ces dispositions normales des arcades dentaires sont s\isceptibles d'éprouver de nombreuses aberrations , dont la plupart peuvent être prévenues ou corrigées , soit par une surveillance attentive, et par une direction convenable donnée au travail de la seconde dentition , soit par des opérations chirurgicales dont le manuel sera décrit plus loin.

IL Anomalies relatifes au nombre di's dents. — Chez quelques sujets les dents manquent entièrement et ne se développent pas , ce qui dépend, ou de l'absence primitive des germes de ces osselets dans l'organisation du fœtus, ou de maladies graves, survenues avant ou peu de temps après la naissance, et qui ont détruit en eux l'activité et la vie. liorelli cite un exemple remarquable de cette absence totale des dents , observée sur une femme de soixante-douze ans. M. Oudet a rencontré sur des foetus les bulbes dentaires enflammés et dans un état de suppuration.il pense que c'est à des affections de ce genre que l'absence de certaines dents doit être attribuée. Dans ces cas, les gencives se durcissent, deviennent calleuses , et, quoique imparfaite , et ne pouvant s'exercer sur des corps très-solides, la mastication , opérée par elles, peut cependant siiflire encore à préparer la digestion des alimens et la nutrition du sujet. Mais le plus ordinairement, la privation des agens masticateurs n'est que partielle : tantôt elle porte sur les dents temporaires, qui manquent seules , les permanentes apparaissant à l'époque accoutumée ; et tantôt sur les dents aniérieures, primitives ou de remplacement , qui ne se développent pas , la bouche restant seulement garnie latéraiement des molaires. M. Maingault a vu un jeune homme de 18 ans, dont les dents de lait, depuis long-temps tombées, n'étaient pas encore remplacées : sur un jeune médecin , Murât a constaté la persistance de toutes les dents temporaires , qui étaient déjà usées comme celles d'un vieillard. L'art est impuissant pour provoquer , ranimer ou hàti r en pareilles circonstances le travail de la nature : il ne peut que favoriser, en prévenant l'endurcissement libro-cartilagineux des gencives . que produirait l'usage habituel d'aliraens secs et solides, la sortie des dents tardives, du développement desquelles on ne doit désespérer que lorsque l'accroissement du sujet est achevé. Ce n'est qu'à cette époque non plus qu'on peut s'occuper de remplacer , par des pièces artificielles plus ou moins considérables, les vides laissés dans l'organisation de l'appareil masticateur.

L'exubérance anormale du nombre des dents est le plus communément le résultat de la persistance de quelques dents temporaires , en même temps que les permanentes se sont développées en avant ou en arrière d'elles. On rapporte cependant des observations , fort rares à la vérité, d'arcades dentaires entièrement doublées , sur l'une et sur l'autre mâchoire. Il est plus fréquent de voir les incisives ou les canines seules présenter un nombre exubérant. Quelquefois, les dents molaires permanentes étant déjà en place, il parait en dedans ou en dehors une grosse dent surnuméraire, qui fait saillie vers l'intérieur de la bouche ou vers la joue, et oecasione des douleurs ainsi que la gène dans les mouvemens de ces parties. On doit en faire l'extraction aussitôt qu'elle peut être saisie avec les instrumens. Il convient également d'enlever les dents antérieures réellement surnuméraires ; mais on ne saurait apporter trop d'attention à les bien examiner, afin de ne pas prendre pour telles des dents permanentes déviées , à raison de la persistance de celles qu'elles devaient remplacer.

Ce sont ces dernières qui doivent alors être arrachées. Quel que soit le degré d'inclinaison anormale cles autres, on les voit presque toiijuurs, après cette opération, et la place qui leur est destinée étant devenue libre, se redresser, s'approcher du rang, et même y entrer complètement. Indépendamment des circonstances commémoratives rapportées par les parens du jeune sujet, et desquels il résulte que la dent régulièrement située a toujours existé, et n"a pas été remplacée à l'époque ordinaire , on di tingue assez facilement , avec de l'habitude, les dents permanentes des temporaires, à leur largeur plus grande, à un aspect plus solide, à une teinte d'un blanc moins lacté, et surtout, pour les incisives , à des inégalités placées sur leur extrémité libre, qui , n'ayant pas encore été usée par le frottement , n'est pas devenue lisse et égale comme celle des dents qui ont déjà depuis long-temps servi. Il importe d'autant plus d'examiner ces caractères que , quelquefois , quoique rarement, la dent permanente pousse de côté et déplace la dent temporaire; de telle sorte que l'ordre ordinaire se trouvant interverti, on pourrait, en l'arrachant, commettre une méprise toujours préjudiciable , dont les exemples sont assez nombreux.

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III. AnomaUes de siruation. —-Les déviations les plus bizarres ont été obst vées dans la direction et le mode d'implantation des dents. Ces organes so quelquefois couchés horizontalement, ou même complètement renversés, racine dirigée vers la gencive , et la couronne du côté opposé , dans l'épaisse des os maxillaires , où ils occasionent , à mesure qu'ils se développent, une in talion profonde, une tuméfaction circonscrite et douloureuse, et d'autres ac( dons analogues. Lorsque les symptômes sont devenu.^ très-intenses . que du p s'est formé, que des orifices listuleux se sont ouverts, il est indiqué, bien q le mode d'altération des parties soit encore obscur , d'ouvrir largement l'arca alvéolaire, afin de découvrir la source du mal, et de la détruire. Jusque là ( ne peut qu'opposer aux accidens inflammatoires les secours ordinaires , tir de la classe des antiphlogistiques généraux et locaux. Dans d'autres occasio moins graves , quelques dents sont implantées dans les os maxillaires , de tei manière que leur couronne va directement blesser et irriter la langue ou 1 joues ; il n'est pas sans exem|)le qu'on en ait rencontré à la voûte palatine, si la paroi maxillaire de l'orbite, dans l'épaisseur de la langue, du pharynx même de l'estomac. Il est inutile d'ajouter que toutes les fois que ces organ anormaux et déviés sont accessibles à la vue et aux instrumens , on doit proc der sans retard à leur extraction.

IV. Anomalies d'arrangement . — L'imperfection du développement de 1 arcar alvéolaire, le nombre exubérant des dents, leur largeur trop considérable, ( surtout la persistance de quelques dents primitives à côté ou au-dessus de points où doivent se faire jour les dents secondaires, telles sont les causes prii. cipales de l'arrangement irrégulier de celles ci. 11 est assez fréquemment po sible, en examinant la conformation des os maxillaires, l'élévation des genciv et l'étendue de l'espace qu'elles doivent occuper , de prévoir dans quel sei aura lieu l'inclinaison des dents dont la sortie est attendue. Elles peuvent alo' se porter en arrière , en avant , ou tourner en quelque façon sur leur axe, (' manière à ce que leurs faces soient latérales et leurs bords dirigés extérieur ment et postérieurement. Ces directions vicieuses <ifï"ecfent rarement les déni primitives ; on ne les observe presque jamais non plus aux dents molaires ; l' incisives et les canines en sont le plus communément le siège.

Chez la plupart des sujets, l'inclinaison d'une des dents antérieures entraîr à sa suite celle de plusieurs autres. La dent déviée laisse à l'endroit ((u'elled! vrait occuper une portion d'espace libre , de telle sorte que les voisines, ce' sant d être contenues ]iar sa présence , se rapprochent devant ou derrière ell(j en même temps qu'elles s'inclinent un peu hors du rang en sens contraire. l' leur côté , les dents correspondantes de l'os maxillaire opposé , se troiivan ' lors de la mastication ou de l'occlusion de la bouche, soumises à des pressioi' anormales , sont presque toujours à leur tour obligées de s'écarter de leurd! rection. Ainsi , l'inclinaison en avant d'une incisive inférieure détermine orci' nairement la direction eu arrière de l'incisive supérieure opposée , et récipn i quement; d'où il résulte dans les deux rangées dentaires des entrecroisemei ! plus ou moins étendus et considérables qui en détruisent la régularité. '

Il est assez facile, à l'aide d'une observation attentive et de soins bien dirigr durant la seconde dentition, de prévenir le plus grand nombre des anomali. ' qui nous occupent. IJ importe alors d'évitei- deux écueils ; celui d'extraire tro' tôt les dents primitives, et celui, nnn moims dangereux, de les laisser tro' long-temps en place. La première pratique a pour résultat de favoriser t'écar tement latéral des dents qui se développent, et quelquefois de rendre impoi sible le placement régulier des dernières d'entre elles; la seconde détermiii' ou consolide et aggrave les inclinaisons en avant ou en arrière , ou la rolatio sur l'axe de la racine. L'expérience seule apprend à tenir entre ces deuxii:' convéniens un juste milieu. | Si , au début de la seconde dentition, et alors que l'arcade dentaire n'a erj core subi aucun changement , un engorgement douloureux, une élévation rou geâtre, circonscrite et sensible à la pression se manifeste en avant, ou, ceqi.' est le plus commun, en arrière de l'une des incisives médianes inférieures o' supérieures, il convient, qu'elle soit ébranlée ou non, d'extraire sans retar' la dent primitive près de laquelle ce travail a lieu. C'est le seul moyen d ' fournir un espace libre à la dent qui va sortir hors tie ligne , faute de trouve une place libre pour y entrer. On devrait tenir la même conduite si elle étai déjà sortie. Lorsque, malgré cette opération, les dents médianes de remplace ment ne trouvent pas entre les incisives temporaires latérales assez d'espac^ pour se ranger convenablement, on doit extraire celles qui les gênent. Mais i importe d'attendre, pour pratiquer cette extraction, que les dents dont oi surveille le développement aient acquis la moitié environ de leur hauteur. Ei agissant plus tôt , elles s'écarteraient d'un côté à l'autre et prendraient unii partie de la place que doivent occuper les dents suivantes ; eu ri'tardant trop J elles recevraient au contraire les inclinaisons antéro-postérieiires qu'on S( propose d'éviter. Les incisives latérales seront à leur lour soumises à la mêoK pratique ; c'est-à-dire qu'après avoir extrait, s'il en est besoin, les dents primi tives qu'elles doivent remplacer, on extraira encore, après la sortie d'une por tion considérable de leur couronne, l'une ou l'autre canine, afin de leur donnei le complément d'espace que peut réclamer leur arrangement normal. Le. canines, enfin , doivent être dirigées de la même manière dans leur accroissement et leur placement. Il arrive quelquefois qu'on est obligé de sacrifier 1: première petite molaire, afin qu'elles puissent se ranger dans le cercle; mai: cela n'a lieu , dans la plupart des cas . que lorsque l'extraction prématurée de.' dents voisines de celles qu'on voyait sortir a permis à celle-ci de s'écarter latéralement les unes des autres.

Il résulte de ces principes que lorsqu'une dent secondaire se développe dan' une direction divergente latéralement , on doit se garder d'extraire les dent;

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voisines, qui servent an contraire à la contenir et a borner son inclinaison. Si li'angle le plus élevé d'une dent ainsi dcviée touche, lors de l'occlusion de la bouche, la dent correspondante de l'antre mâchoire, la pression qui en résulte ;end à la toucher encor e davanla[;e , et il faut recourir à la lime , afin de faire ijisparaîlre celle cause addilionnelle de déviation. Si la dent qui presse ainsi selle qu'on veut redresser est primitive, on doit ou la limer seule ou l'extraire ; ^i elle est permanente au contraire, il convient, lorsque l'obstacle est léger. Je limer l'une et l'autre, et dans le cas où il est plus considérable, de s'cipposer, moyen du bâillon, au rajiprochement complet des arcades dentaires , jus- ![u'à ce que l'accroissement complet et l'amélioration de la direction de l'orl;ane dévié l'ait soustrait à la pression qu'on redoute.

I II est rare que ces précautions ne réussissent pas. La tâche du chirurgien levient plus difficile lorsque les dévia lions ayant eu lieu, il s'agit , non de les prél'enir , mais de les faire cesser. Les inclinaisons isolées d'une ou de quelques ilents ne sont pas irrémédiables; celles qui affectent les deux arcades, et proluisent entre les dents 0()p()sée3 une sorte d'engrenage réciproque , sont au lioniraire fort difficiles à faire entièrement cesser. La première indication qui e présente alors consiste à extraire, s'il en existe encoi'e , les dents primitives gênent l'arrangement des autres et favorisent leur déviation. Chez les sujets jù cette ressource man([iie , parce que toutes les dents sont renouvelées , on |oit adopter, selon les cas , des procédés différens.

1 Jo Lorsque certaines dents sont tournées sur leur axe, à raison de l'étroitesse e l'espace qu'elles doivent occuper, il convient de limer légèrement les ords correspondans de ces dents mal placées et de leurs voisines, afin de faoriser leur reilressement.

2" Chez les sujets dont quelques dents isolées sont inclinées en avant ou en jTière, on doit, après s'ètie assuré que la place restée libre dans le rang suffit jour les loger, s'efforcer de les redresser en passant autour d'elles, le plus près [pssible lie la gencive, un fil de métal attaché aux dents voisines, et qui les tire (instamment vers l'espace qu'elles doivent occuper. Un plan incliné, appliqué liix. deuls correspondantes de l'arcade opposée, et qui exerce sur les dents dééesuue pression qui se reproduit h chaque occlusion de la bouche, est générament préférable au fil , dans les cas où l'inclinaison permet de l'employer. Ce an n'ébranle en aucune manière les dents sur lesquelles on le place , et il )rne exactement son action aux organes déviés; tandis que le fil partage sa lissance entre les dents saines qui lui servent de point d'appui et celles qu'on i propose de redresser, en même temps que sa pression étroite et circidaire ut déterminer l'usure et l'érosion plus ou moins profonde de la substance ■ntaire , surtout lorsqu'elle est d'une texture molle et délicate. iSo. Dans le cas d'cn^'renage réciproque, les deux arcades dentaires tombant rectement l'une sur l'auti-e, les dents qui se pressent par leurs bords libres h-t atteintes d'une usure plus rapide que dans l'état normal , et qui , en même mps qu'elle augmente la difformité , détermine leur chùle avant le temps dinaire. On peut quelquefois recourir encore dans ce cas, à un plan incliné gulier qui , appliqué aux dents inférieures, presse la rangée supérieure d'ar-

|!re en avant, et la portera graduellement au-devant de l'autre. 4". Lorsque l'arcade dentaire inféi ieure forme une saillie anormale et croise siipériein e en passant devant elle, la difformité prend le nom assez impropre ( men'on de i^nloche. Il en résulte encore que les dents s'usent très-vile et ielquefois que les gencive.» inférieures , fatiguées par la pres.sion des incisives posées, s'irritent, s'enflamment et s'ulcèrent. Le pian incliné dont i! vient être question , et dont on doit à M. Catalan l'introduction dans la chirurgie Intaire. constitue encore le meilleur moyen dont on puisse faire usage pour bblir le rapport normal entre les organes déviés. Ce plan doit être appliqué jx dents inférieures ; de telle sorte qu'il presse, lors du rapprochement des ichoires, les dents supérieures d'arrière en avant, et les oblige à passer ijvant les autres.

ton fab r que les plans inclinés en or , en argent ou en platine. Il est imporit qu'ils emboîtent avec une grande exactitude les dents auxquelles on les pliquc, afin de n'éprouver, pendant le mouvement des mâchoires , des joues de la langue , ni vacillation , ni déplacement. Leur saillie doit être calculée . telle sorte qu'ils permettent aux arcades dentaires un rapprochement suffifit pour l'exercice de la parole et l'occlusion de la bouche, et qu'ils n'exernt d'abord qu'une pression médiocre sur les dents déviées. A mesure que lles-ci se redressent , on chat-i^e davantage la portion du plan qui les pousse, {n de soutenir son action. Lorsque le rapport normal est rétabli , on peut le Jiprimer entièrement , les dents sur lesquelles on l'avait placé suffisant suite pour achever le redressement des autres en les pressant dans une 'ection convenable.

Lorsque l'on a intérêt à prévenir le rapprochement complet des arcades den^ fies, il faut recouvrir les deux premières molaires inférieures de chaque côté, ■me sorte de coiffe métallique , quadrilatère , d'une épaisseur suffisante, et ' i les embrasse exactement. Cet appareil , fort simple, ne s'oppose à l'exercice 'ïucune fonction ; les malades s'habituent promptement à sa présence; et les i^nts antérieures sont soustraites à la pression les unes des autres. C'est le lillon dentaire dont il a été parlé plus haut.

ib». Les dents de l'une et de l'autre mâchoires présentent, chez quelques ijiets, une obliquité générale en avant et font une saillie plus ou moins consi- 'Irable sous les lèvres. Cette disposition nuit à la solidité de leur articulation, i fait paraître trop longues , s'oppose quelquefois au rapprochement des ^res, entrave la prononciation des sons, et détermine la projection de la salive ptUhors , toutes les fois que le sujet parle avec vivacité. L'habitude qu'ont i enfans de sucer continuellement leur pouce, du linge, ou même leur

DlCT. DE MÉPECIKE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

langue , qu'ils portent alors en avant , entre les lèvres, est la cause la plus ordinaire de celte difformité , qui est d'ailleurs générale chez cei tains peuples , et même héréditaire dans quelques familles. Il importe fie combattre et de faire cesser de bonne heure les actions susceptibles de la produire. Lorsqu'elle a lieu, on a proposé, afin d'y remédier, l'arrachement de la première petite molaire de chaque côté, et l'application soit de plaques destinées à ramener les dents vers la bouche, soit de fils métalliques qui, passant au-devant d'elle.s, vont se fixer à un palais artificiel , et sont seri és chaque jour davantage. Mais il est rare que ces moyens réussissent , lorsque la difformité est considérable. Ils exposent même souvent alors à ébranler et à faire tomber prématurément les dents sans les redresser.

6». La disposition anormale opposée, c'est-à-dire l'inclinaison en dedans des arcades dentaires, qui se dirigent vers l'intérieur de la bouche, occasione des inconvéniens non moins nombreux que la précédente; elle est presque toujours incurable, parce qu'elle dépend moins de l'obliquité anormale des dents que de l'inclinaison vicieuse des rebords osseux qui les supportent.

7" Le rapprochement trop considérable des dents détermine quelquefois entre leurs bords correspondans une pression qui favorise leur usure et leur carie. Si ces organes ne doivent pas être trop écartés les uns des autres, leur aggloniéralion ne convient pas non plus et devient souvent nuisible. La lime remédie aisément à celle disposition anormale. Elle sciait d'un laible secours, si plusieurs dents élaient confondues entre elles et ne formaient qu'une seule masse , ainsi que M. Oudet en a présenté un exemple remarquable à l'Académie de médecine. 11 faut bien distinguer cette souduie des derits de leur réunion au moyen du tartre, qui pourrai! en imposer à des observateurs superficiels.

Au surplus, le reilressement des dents s'obtient d'autant plus aisément que le sujet est plus jeune , que les organes déviés sont plus éloignés du terme de leur accroissement, et que leur articulation, ainsi que les rebords alvéolaires, ont encore moins de solidité Jus(|n"à quatorze ou quinze ans, on réussit généralement avec assez de facilité; mais au delà de cet âge, on ébranle, on rend douloureuses , on fait tomber les dents, plus souvent qu'on ne les redresse. Il convient alors de se borner a corriger , à l'aide de la lime ou de l'exlraction des dents les plus inclinées et les plus gênantes, l'excès de la difformité, ainsi que les résultats dé avorables qu'entraînent les pressions anormales des deux arcades dentaires l'une sur l'auti e.

IV. Concrétions aiitirmciles des dents. — La salive, les liquides muqneux qui aflluent incessamment dans la bouche, et une sécrétion spéciale dont les rebords des gencives semblent être le siège, fournissent h la surfice des dents une matière limoneuse , blanchâtre ou jaunâtre qui s'y altache avec assez de force. Cette matière, qui se durcit par gradation , s'applique d'abord au collet des dents , puis entre elles , et s'élève successivement , chez beaucoup de sujets, au quart, à la moitié et souvent même a la totalité de la hauteur de la couronne. 11 n'est pas rare de trouver une grande partie d'une ou des deux rangées dentaires recouverte d'une masse concrète , brunâtre ou noirâtre , de plusieurs lignes d'épaisseur, qui repouhse les joues en dehors, et occupe en dedans une grande partie de l'espace réservé à la langue. Elle est toutefois généralement moins abondante et moins épaisse dans ce dernier sens que dans l'autre.

Cette matière, à laquelle on a donné improprement le nom de l.arlre , est formée des mêmes élémens que les concrétions salivaires et la salive. D'après une analyse assez récente de MM. 'Vauquelin etLaugier, il entre dans sa composition : phosphate de chaux 0,66; carbonate de chaux 0.09; mucus animal 0,14 ; oxide de fer et phosphate de magnésie 0.03; eau 0,07. Sa présence irrite les gencives et augmente encore leur sécrétion. A mesure (ju'elle s'accroit, elle refoule ces organes , détermine le déchaussement du collet des dents . et en s'accumulant de plus en plus à la base de celles ci , les tire peu à peu de leurs alvéoles. De là résulte l'aspect sale et hideux de la bouche, une odeur désagréable et quelquefois fétide, exhalée par celte cavité, l'ulcération des gencives, des joues ou de la langue, et enfin, lébranlement et la chute des dents.

Des soins de prnprclé. l'action même des alimens solides ne suffisent pas pour prévenir la foru)ation des conci étions salivaires sur les dents. On sait combien elles sont rares dans nos campagnes, chez les sujets qui vivent sobrement et qui divisent avec leurs dents un pain résistant et savoureux. Lorsque ces concrétions existent, il importe de les enlever, sans retard , à l'aide de grattoirs, de rugines et d'autres iustrumens appropriés , portés entre les dents ou promenés à leur surface , et avec lesquels on fait éclater, et l'on emporte par Iragmens la substance étrangère qui les encroûte. Celte opération, toujours assez longue, lorsque la totalité de la bouche est envahie, est quelquefois délicate ; et le dentiste doit s'attacher, par la légèreté de la main et l'assurance des mouvemens, à la rendre le moins désagréable possible aux malades. Elle exige même beaucoup de précautions, lorsque les dents sont déjà fortement ébranlées. Il faut alors les soutenir avec un ou plusieurs doigts de la main gauche, placés sur le sommet de leur couronne, et faire agir les insirumens avec assez de prudence pour ne pas s'exposer à accrocher leur collet et à les extraire sans le vouloir. En même temps que l'enlèvement des concrétions dentaires rend aux gencives la liberté de s'étendre de nouveau et de raffermir les dents, il résulte presque toujours de l'opération une saignée locale salutaire , qui apaise l'irritation de toutes les parties voisines, et qu'on doit favoriser à l'aide de lotions répétées avec l'eau tiède.

V. Conservation des deuls. — Il ne suffit pas que les dents occupent leur place normale, que l'on ait remédié à leurs déviations ou détruit les concrétions salivaires formées entre elles ou à leur surf.ice; il importe encore de veiller à leur entretien et de maintenir leur état de santé. Uu régime doux et

DENT

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régulier, l'absence de tons les excès, rexéciition libre et normale des principales fonctions , surtout de ta digestion , tels sont les cieiileiirs moyens de conserver la fraîcheur de la bouche , la fermeté des gencives , et la solidité ainsi que Tintégrilé des dents. Les dcsortires , dont ces organes deviennent le siège , résultent, dans la plupart des cas , de l'oubli des préceptes généraux de l'hygiène, et sont ordinairement les indices, ou dune altération générale de la constitution, ou d irritations variées développées dans les organes digestifs.

Les soins ordinaires de la propreté suflisenl chez presque tous les sujets pour entretenir le bon état des gencives et des ilents. Une brosse douce , promenée d'abord le long des couronnes, de la base vers le sommet; puis, en travers, le long des rangées dentaires , et entin , à la surface libre de celles-ci , suffit, avec de l'eau fraielie, pour enlever tous les matins la cojche limoneuse légère et peu tenace qui s'y est déposée durant la nuit. Jjcs frictions ne doivent jamais être rudes et faii e seigner les gencives ou déchirer leur bord libre. De temps à autres, à île longs intervalles, on chargera la brosse de quelque poudre dentifrice , telles que celles de charbon , de corail prépare , d'oi de sèche porpliyrisé, ou d'autres substances également inertes. Ces préparations agissent comme des corps étrangers et durs portés a la surface des dents , et qui emportent les éléuiens concrétés solides et déjà trop adhérens pour que la brosse et l'eau puissent les enlever. On peut ajouter , selon quelques médecins , à ces substances, pour détruire la iétidité de l'haleine, deux ou trois grains de chlorure d oxide de sodium en poudre par gros de poudre.

Il faut proscrire avec la plus grande sévérité les préparations acides, qui ne communiquent aux dents une blancheur éclatante qu'en attaquant leur émail, en ramollissant leur substance, en préparant leur ileslruction et leur chute. Le débit de ces matières nuisibles ilevrait être , dans un état bien administré, l'objet d une attentive surveillance, de la part de la police, et même de la vindicte des lois.

Lorsque les gencives sont molles, engorgées, blafardes , facilement saignantes, il convient d'ajouter aux poudres inertes dont il a été question, du quinquina, du sang-dragon ou d'autres substances toniques, également [lulvérisées. On peut égrdi ment mêler à un verre d'eau quelques gouttes des teintures alcoholiques de cochléaria , de benjoin, de canelle, etc. ; mais on ne doit pas faire un usage constant et abusif de ces |néj)arations, surtout de celles dites antiscorbu tiques : elles écliaufient aisément la bouche et les gencives, augmenleiil la cogestion dont celles-ci sont le siège et provoquent des écoulemens sanguins actifs et douloureux, plus ou moins abondans. On doit se les interdire, pour leur substituer de l'eau tiède ou des décoctions émollientes, toutes les fois que le tissu gengival est douloureux, d'un rouge rose, tendu et resplandissant. Les saignées locales, opérées , dans ces cas , à l'aide de l'extrémité d'un cuiedent ou d'une lancette, et mieux encore par l'application de deux ou trois sangsues sur les points les plus sensibles et les plus chauds des gencives, produisent le meilleur eli'et , surtout lorsqu'on leur fait succéder des bains émolliens locaux.

En résumé, les dentifrices agissent sur les dents ou sur les gencives. Ils ne doivent nettoyer les surfaces des premières qu'en leur qualité de poudres dures et inertes , qu'il convient même de ne pas choisir parmi les substances trèsagaçantes , comme le sable, parce qu'elles pourraient rayer et user l'émail contre lequel on les frotte. Tout ce qui tend à détruire le tarlre, par une action chimique, quelque faible qu'elle soit, tiuit par attaquer les dents elles-mêmes. Enfin, relativement aux gencives, les préparations les plus convenables sont celles qui remédient le mieux à leurs états divers de ramollissement et d'atonie, ou d'excitation et de phlogose. Aucune préparation, solide ou liquitle, ne peut , si agréable et si peu oli'ensive qu'elle soit , convenir dans tous les cas et à tous les sujets. Les manœuvres du charlatanisme ne sauraient être frappées de trop de mépris par tous les hommes dignes de prendre part à l'exercice de quelque partie que ce soit de la médecine.

Quant à l'u-age des curedenls , il ne convient que pour enlever les corps étrangers et les débris de substances alimentaires retenus entre les dents. Leur action habituelle et trop fréquente finit par irriter les gencives et les membranes alvéolaires. Il importe de ne choisir que ceux qui sont faits de plume, de bois tendre, d'écaillé ou de corne : les couteaux, les épingles, les lames métalliques , sont toujours nuisibles, en ce que leur contact olfense aisément les dents elles-mêmes , et les ébranle dans les cavités qu'elles occupent.

VI. Les mauvaises odeurs de la bouche qui résultent, soit de l'usage du tabac, soit de dispositions morbides des voies digestivcs, sont souvent combattues avec succès à l'aide de pastilles dans lesquelles on a incorporé du chlorure d'oxide de sodium ; mais ce moyen n'est que temporaire : pour faire cesser cette incommodité elle-même , il faut remonter à son origine et la détruire.

'VII. L'organisation vi.:ieuse et trop peu solide des dents dispo.ie à leur usure; niais celle-ci est ordinaircm(;iit déterminée par des causes étrangères, par des frolteuiens rudes de ces organes contre des corps durs , susceptibles d'entamer l'émail lui-même. Le grincement habituel et nerveux tles dents , l'ii.ibitude tle placer entre elles des tuyaux de pipe cylindriques et rcsistaiis, celle de ne mâcher que d'un côté , l'usage d'allraens tres-solides , l'emploi de poudres trop dures ou de substances acides pour nettoyer les dents, telles sont les causes les plus ordinaires de ce mode de détérioration , qui s'opère d'ailleurs naturellenicnt par les progrès de l'âge. La substance usée de la couronne ne se reproduit pas, mais il se forme ordinairement, dans la cavité dentaire , au-dessous îles parties usées , une ossification nouvelle, qui refoule le bulbe nerveux , le recouvre de couches supplémentaires d'ivoire, et s'oppose à ce qu'il devienne douloureux par l'amincissement de la voûte calcaire qui le protège. Assez souvent , malgré ce travail , il se montre sensible aux impressions uu chaud , du froid et des acides.

Quoi qu'il en soit, on prévient l'usure prématurée des dents en évitant 1 causes indiquées cfui la déterminent et l'augmentent. Il conviendra , lorsque sujet -est exposé aux grincemens , de placer durant la nuit une lame de liég ou tout autre corps analogue, de chaque côté entre les dents molaires. Si u dent, en appuyant contre celle qui lui est opposée , déterminait son usure, devrait la limer, afin d'arrêter les progrès de cette lésion. Lorsque la cavité la dent usée est ouverte , ce qui est assez rare , il convient de la nettoyer et la plomber. Enfin , on fera disparaître avec la lime les aspérités susceptibles blesser la langue, les lèvres ou les joues, ou qui sont trop difformes, et 1' rétablira autant que possible la régularité de l'arcade dentaire.

§ 11. Partie pathologique. — Les lésions des dents sont le résultat , soit violences extérieures qui peuvent les atteindre , les briser, les arracher ou luxer , soit d'altérations spontanées développées dans leur substance, soit enl d intlammations aiguës ou chroniques, ou de lésions diverses, plus ou moi profondes, survenues dans les tissus qui les environnent, les alTermisseut, leur communiquent les matériaux nutritifs dont elles ont besoin pour conserver.

I. /^braillement. — Les coups dirigés sur la bouche, ou les chutes dans le quelles cette partie a porté contre des corps durs et saillans , ont souvent poij effet, lorsque les dents ont été heurtées , de rompre en partie leurs alvéole' d affaiblir les adhérences des gencives à leur base, et de les rendre vacillante Il suffit , dans ces cas , pour qu'elles se raffermissent, de soumettre le sujet une abstinence sévère de tout aliment solide , et de combattre , à l'aide i moyens appropriés, l'inflammation dont les parties frappées sont disposées devenir le siège. A mesure que la douleur s apaise et que la résolution ( l'engorgement local s'opère, les tissus reviennent à leur état naturel, elli connexions des dents reprennent leur solidité.

Lorsque l'ébranlement est la suite de l'altération des gencives et de le inflammation , ainsi qu'on 1 observe chez les scorbutiques , chez les sujets q abusent de l'usage du mercure, ou qui , par l'exercice de leur profession , soi soumis à l'action de ce métal , c'est encore "a combattre ces causes éloignées la lésion dont l'ébranlement des dents est le résultat, que doit s'attacher médecin, La maladie locale ne réclame d'autre soin que ceux qui consistent combattre l'irritation de la bouche ; et lorsque les gencives reviennent à le i état normal , on voit presque toujours les dents se raffermir , se consolider , i reprendre l'exercice de leurs fonctions.

II. Fractures. — Les solutions de continuité de la substance dentaire , pr duites, soit par le choc de corps extérieurs, soit par la présence imprévue corps très-durs , comme des Iragmens d'os , des noyaux de fruits , des portio i de métal mêlés aux alimens durant la mastication, sont presque toujours irri parables. Le fragment, séparé de la couronne, tombe ordinairement dans bouche ; ou , lorsque la fracture est oblique et prolongée au-dessous du coU de la dent, la gencive qui le retient d'abord ne tarde pas à l'abandonner et à , laisser se tiétacher. Quelquefois cependant, lorsque la fracture est longituc / nale ou très-oblique , et a lieu chez de jeunes sujets , avant que l'accroissemc , des dents soit terminé , la réunion des Iragmens peut s'opérer. On sait que substance osseuse de ces organes est sécrétée par la pulpe dentaire , sous ; forme de couches imbriquées, qui descendent successivement de plus en ph bas, à mesure qu'elles sont plus profondes , de la couronne ou du sommet t bulbe vers la racine. Or, lorsque ce travail n'est pas achevé, les couches pri fondes de la substance éburnée , sécrétées après la fracture , trouvant les dei fraguiens en contact, adhèrent il l'un et k l'autre, les maintiennent rappn chés, les soudent en quelque sorte ; et l'organe, quoique moins solide qu'aval, l'accident, reste cependant entier. Les fractures des racines et même celles d( collet se consolident surtout assez facilement , selon ce mécanisme, ainsi qu le constatent les observations de Jourdain , de Bolin et de K. Duval. U impori, seulement alors de maintenir le fragment extérieur immobile, en le recouvrai: d'une plaque métallique qui s'étende aux dents voisines. Le bâillon dentaii préviendra le rapprochement complet des mâchoires et les secousses qui pou raient en résulter.

Si , par suite de la fracture d'une couronne , la pulpe dentaire est mise à ni| des douleurs vives ne tardent pas à résulter de son exposition à l'air, et de sci irritation. Le moyen le plus sûr de faire cesser cet acciilcnt consiste dans i cautérisation de la substance nerveuse. On peut aussi appliquer sur elle d verses préparations stimulantes , qui allèrent proinptement sou tissu, le déu; turent et lui font perdre par conséquent sa sensibilité. Après ces opérations! la racine peut être préparée de manière à recevoir une dent à pivot. Fox, dan un cas semblable , afin d'éviter au malade la douleur de la cautérisation, retii la racine , la nettoya , puis la perfora pour recevoir une dent artificielle et 1. remit en place. Lorsque, sans être entièrement dépouillée de son envelopf osseuse , la pulpe dentaire est seulement moins profondément recouverte les impressions ilu chaud et du froid, celles que proiluisent divers aliinens comme les acides, sont senties avec plus de force et deviennent douloureuse Mais cet excès de sensibilité s'éteint ordinairement en quelques semaines, so parce que la puple dentaire perd sa susceptibilité , soit à raison des couche cburnées profondes qui la viennent recouvrir successivement. S'il en était ai trement , il faudrait encore procéder à la destruction du bulbe douloiircuJ Dans tous les cas , lorsqu'il résulte de la fracture des inégalités susceptibles d blesser la langue, les lèvres ou les joues, on doit les faire disparaître au moye de la lime. Il est rare que les fractures des dents soient suivies de cane dai le point qu'elles occupent.

III. Z,'/a:rt«/o«i. — Lorsirue, dans les chutes sur le visage , dans les perciissiot

• hors d

violentes dirigées contre la bouche , une ou plusieurs dents sont jetées

DENT

rang, sans avoir cependant entièrement abandonné leurs alvéoles , il faut les ramener à leur place, les redresser, et les fixer dans cette situation à Taide de ïîls de soie attaelics aux dents solides les plus voisines. Un bâillon dentaire s'opposera au rapprochement complet des mâchoires , et le malade soumis à une abstinence complète des aliineiis solides, ne sera nourri qu'à l'aide de tisanes ou de bouillons pris avec prudence au moyen d'un bibeion. Les accitlens tl'irritation locale seront d'ailleurs combattus par l'emploi convenable des antiphlogisliquesi Sous l'influence de ce traitement , les alvéoles se resserrent par ['radation autour des dents luxées; les parties déchirées se cicatrisent, et l'artade alvéolaire reprend sa régularité eu même temps que sa puissance. Si le pé-

Iicule vasculaire et nerveux des dents n'a pas été déchiré par la violence du oiip, elles continuent à vivre comme auparavant ; dans le cas contraire , elles ont seulement maintenues à leur place comme des corps étrangers , et ne pourront jamais devenir le siège d'aucune douleur.

I W.Arraclienient. — L'entière expulsion des dents hors de leurs alvéoles , )ar suite de violences extérieures, peut encore être suivie de leur replacement !t de leur maintien , à l'aide de moyens appropriés, dans la situation qu'elles loivent occuper. Elles s'y consolident assez souvent^ et y sont retenues avec soidité, mais à la manière de corps étrangers et inertes,

j II est très-rare que les dents perdues après la seconde dentition se renouvellent, et si l'on cite des exemples de seconds ou même de troisièmes remplaceiiicns de ces organes , les faits semblables constituent des exceptions extraordilaires, sur lesquelles on ne saurait compter dans la pratique. Lors, cependant |ue l'arrachement d'une dent a lieu avant son organisation complète , il se peut [[ue la portion de la couronne appliquée au-dessus du bulbe dentaire sorte eule,etque ce bulbe lui-même , simplement décoiffé , reste caché dans l'aléole. Lorsqu'il conserve encore de l'activité, il se recouvre de nouveau d'une jouronne, plus petite et plus faible, il est vrai, que la primitive, mais qui ient graduellement tenir sa place dans le rang et prévenir l'excès de la difforlilé. Une semblable restauration ne saurait s'opérer dans les cas ordinaires , (ù l'arrachement porte sur des dents complètement formées , parce que l'orice rétréci de la racine en retenant le bulbe , rend la rupture de son pédicule lévitable et l'oblige de suivre l organe dans lequel il est renfermé. V. Alroj>hie. — M. Duval a désigné sous ce nom une lésion particulière des ents, qui s'opère durant les premiers temps de leur formation , et dont elles pportent les traces en pi'oéminant au dehors. Ces organes n'ayant pas ordinaipment acquis dans ces cas un moindre volume que dans l'état normal , cette spression d'Atrophie , quoique adoptée par MM. Duméril , Marjolin et queltues autres, personnes , ne nous paraît pas moins impropre que celle d'érosion, ar laquelle Bunon et Mahon désignaient la singulière altération dont il s'agit. Quoi qu'il en soit, l'atrophie , puisque nous conservons cette expression, apsrait dans la pratique sous deux aspects bien distincts : tantôt ce sont des taies blanches ou jaunâtres, irrégulières, placées dans l'épaisseur de l'émail , mt elles n'altèrent pas le poli , et qui ne varient ni d'étendue , ni d'aspect 'ec l'âge; tantôt les dents , dites atrophiées , présentent des enfoncemens raprochés les uns des autres, placés à une auteur variable , sur une ligne horiintale , et qui semblent diviser leur couronne en deux moitiés plus ou moins endues. Ces enfoncemens, dont le fond est ordinairement noiiàtre, ressemlent à des piqûres serrées les unes près des autres , et affectent les incisives et s canines plus souvent que les molaires. Presque toujours ils existent à la ême hauteur sur les dents correspondantes de chaque côté , et démontrent iiisi qu'elles ont été affectées en même temps. Les causes de ce mode d'altéraîbns sont fort obscures. Elles consistent généralement en des maladies graves , irvenues duiant l'enfance, et pendant que l'organisme se livrait au travail de dentition. Les bulbes ou les germes des dents sont unis par les liens d'une mpathie étroite avec les viscères , spécialement avec ceux de la digestion , et le multitude de faits démontrent qu'ils s'irritent, s'enflamment, se détruisent, jne se développent qu'imparfaitement sous l'influence des lésions de ces prin- Ipaux foyers de la vie. On peut ainsi prévoir jusqu'à un certain point que l'a- Opiiie aura lieu, chez les jeunes sujets atteints de gastro-entérites prolongées, jaffections scrofuleuses ou scorbutiques profondes , etc. Et plus tard , pendant reste de la vie , il sera facile, par l'inspection des dents , d'assurer que l'ennce a été pénible , et de déterminer même l'époque approximative à laquelle ile a éprouvé les plus violentes secousses.

Dans quelque cas, les dents sont atrophiées en réalité , leur couronne reste iparfaite , comme rabougrie , en partie dépourvue d'émail ; leurs racines sont mrtes , irrégulières , noueuses, ou manquent entièrement. Cette altération, jalogue à la précédente, reconnaît les mêmes causes. L'art est aussi impuis- Int pour guérir l'une que l'autre : il ne peut que les prévenir, en écartant par ps soins hygiéniques biens dirigés les maladies auxquelles l'enfance est expée.

!'VI. Destruction de l'émail. — Soumis à l'action immédiate de substances vaîes presque à l'intini , sous le triple rapport de leur consistence , de leur temrature et de leur composition chimique, l'émail, ou la partie la plus extéiure des dents , quelque solide que l'ait formé la nature, est souvent altéré, I ramollit , semble se dissoudre , ou tombe en écailles, et laisse à découvert la

iatière éburnée qu'il recouvre. L'emploi de compositions prétendues dentri- :es acides , I habitude funeste que certaines personnes ont contractée de casser l'ec leurs dents des corps très-durs, comme des noyaux de fruits , et peut-être jissi l'usage prolongé de certains alimens très-acides , sont les causes les plus i'dinaires de ce mode d'altération. Les dents d'un blanc lacté, d'une texture jagile, d'une consistance peu considérable , y sont plus disposées que les aules. Cliez certains sujets , il survient spontanément , ou du moins sans cause

extérieure appréciable , et semble le résultat naturel de l'organisation imparfaite des dents sur lesquelles on l'observe.

La forme, la marche et les terminaisons qu'affecte la destruction de l'émail dentaire, ne sont pas moins variées que les causes qui peuvent y donner lieu.

Dans quelque cas, les dents qui vont se dépouiller en partie de leur émail présentent des taches jaunâtres ou brunâtres , plus ou moint larges et nombreuses ; l'émail , qui en est le siège , paraît friable , se sépare par écailles , et laisse à découvert l'ivoire , qui présente à son tour une teinte analogue. La pression constante d'une dent, surtout si elle est cariée, détermine assez souvent cette forme particulière d'altération, décrite par M. Duval sous le nom de carie écorçanle. Quelquefois la tache qui annonce son existence ne s'étend pas à toute l'épaisseur de l'émail. Après avoir fait des progrès plus ou moins grands , elle cesse assez souvent de s'accroître , et l'organe reprend spontaiiciiient sa solidité première. On peut même enlever la partie altérée à l'aide delà lime, sans que dans la plupart des cas, cette opération soit suivie de l'extension ultérieure du mal.

Chez d'autres sujets, l'émail de la dent devient d'une blancheur lactée et resplendissante ; mais il perd en même temps son poli , paraît rugueux à sa surface, et se laisse aisément enlever par parcelles à l'aitle des iustrumens. Les dents incisives , à leur face antérieure et près de leur collet , sont le siège le plus ordinaire de cette altération , qui n'est autre chose que la curie calcaire du M. Duval. Partout où l'émail a été ainsi détruit, la substance osseuse mise à nu présente une teinte jaunâtre, plus ou moins foncée , qui finit par envahir tles portions consitlérables , ou même la totalité de la couronne. Les dents , dépouillées de cette manière, deviennent sensibles aux moindres variations de la température des corps mis en contact avec elles. Cette variété de l'érosion est presque constamment déterminée par l'usage des préparations acides en gargarismes, en poudre ou en lotions , destinées à nettoyer les dents ; selon quelques observateurs , les vomissemens de matières douées d'une grande acidité sont également susceptibles de la produire. Le seul moyen de l'éviter et d'arrêter ses progrès, consiste à faire cesser l'usage des préparations et à guérir les incommodités qui l'entretiennent et tendent à l'accroître.

Enfin , la destruction de l'émail se produit chez quelques sujets , sous la forme d'une rainure circulaire plus ou moins large et profonde qui environne le collet des dents , surtout celui des incisives, et remonte jusqu'à une hauteur variable sur leur couronne: la face antérieure de ces organes est plus souvent le siège de cette altération que la postérieure. Les points dépouillés d'émail deviennent alors jaunes , quelquefois brunâtres et d'une sensibilité excessive. Quelquefois, la substance éburnée mise à tlécouvert se ramollit à son tour, et disparaît comme l'a fait son enveloppe. La dent perd alors sa solidité , et le moindre effort suflit pour en faire tomber la couronne. Dans la plupart des cas cependant, la destruction de lémail s'arrête spontanément; l'ivoire mis à nu se durcit, et la dent, quoique tachée et d'un aspect peu agréable, conserve sa solidité. 11 semble qu'une lime étroite ait été promenée en travers près de son collet, et l'on pourrait attribuer la maladie à l'usure, si son siège spécial n'écartait cette idée. Les causes réelles de cette variété de la dénudation dentaire sont encore inconnues ; et l'on ne peut combattre la maladie elle-même , qu'à l'aide de moyens internes et externes , propres à remplir les indications nées de l'état général de la constitution du sujet, de celui des organes digestifs en particulier, et spécialement de la bouche elle-même. On devra insister surtout sur l'usage des vôtemens chauds, sur l'attention d'éviter le froid et l'humidité aux pieds, et sur les moyens les plus propres h détruire les rhumatismes , dont l'existence paraît , en beaucoup de cas, liée à celle de la lésion qui nous occupe.

On a proposé dans ce cas de porter sur les points où l'émail est ramolli , rugueux et disposé à se détacher ou à se dissoudre, une lime douce, afin de l'emporter, et de pénétrer jusqu'aux parties saines de la dent; mais il est douteux que celte opération puisse être d'un grand secours. Si la lésion dépend de quelque influence locale , l'éloiguement de sa cause suffira pour arrêter son extension ; si elle est produite par quelques dispositions organiques intérieures, l'élimination des parties déjà altérées n'empêchera par les autres de subir le même sort.

Vil. Destruction du bulbe dentaire. — Sans cause appréciable , sans douleurs vives préalables , une ou plusieurs dents se colorent quelquefois et deviennent jaunâtres, brunes ou même entièrement noires. Leur substance perd assez souvent alors de sa solidité et se rompt facilement durant la mastication des corps durs. Si l'on extrait les dents malades et qu'on les divise longitudinalement , on trouve leur cavité centrale à peu près vide et ne contenant plus que les débris altérés de la substance nerveuse et vasculaire du bulbe. Le diagnostic de cette affection est toujours fort obscur; on ne saurait manifestement la guérir, et l'art manque même de moyens prophylactiques spéciaux pour prévenir son développement.

Chez les vieillards , les dents jaunissent presque toujours; l'ictère prolongée produit quelquefois le même phénomène ; ce qui indique que si la substance osseuse et même l'émail des dents ne communiquent pas avec l'appareil vasculaire général , ces substances se laissent cependant au moins imbiber par les liquides diversement colorés ou altérés avec lesquels elles sont en contact.

VllI. Carie. — L'altération la plus fréquente des dents est la carie. Elle atteint à elle seule un plus grand nombre de sujets que toutes les lésions réunies des mêmes organes. Cette forme de destruction des dents est plus commune chez les sujets jeunes ou adultes que chez les vieillards , bien qu il ne soit pas aussi rare, qu'on l'a dit, de rob.server après la cinquantième année. Les femmes y sont plus disposées que les hommes. Elle se développe trèssouvent chez les sujets lymphatiques ou scrophuleux, dont les deuts sont,

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