DIABÈTE
Le 27, liquide bu, 5 | pintes. Urine évacuée, 5 pintes.
Le 28, — Le 29, — Le 30, — Le I juillet — Le 2,
Prescription du 3 : scammonée , 9.j î gomme-gutte , gr. viij ; calomel , gr. i opium , 9 'j J3- Faites douze paquets , dont trois par jour. Le 6, liquide bu , 7 pintes. Urine 7 |- On porte à sept grains le calomel , et l'opium à un gros. Le 7, liquide bu, 5 i pintes. Urine évacuée, 5 pintes.
Le 10, Le 11 , Le 12 ,
Le H, La quantité d'urine est réduite à trois pintes et a repris ses propriét ordinaires.
Le 17, calomel , gr. viij; opium, 9 ij Q ; en 12 doses. On diminue la quanti d'opium dans la poudre, dans la même proportion qu'on l'avait augmentée.
Jusqu'au 5 août , 1' amélioration va croissant. Ce jour, le malade acessésij médicamens , et il est moins bien. Il les reprend, et marche rapidement vei la guérison. Il en cesse l'usage le 12 septembre. — Le 8 octobre, la guériso est complète. (London med. reposilorj. Febr. 1823, pag. 126.)
Le malade dont nous venons de rapporter I histoire a consommé pour s guérison environ six cents grains d'opium. 11 en a pris impunément jusqu trente-six grains dans les vingt-quatre heures. Suivant les contre-stimidisti. italiens, dont nous ne prétendons pas garantir la manière de voir, la dosl d'opium peut être portée plus haut que dans le cas précédent, pourvu que 1} diabète soit dû à un défaut de stimulus. c< Un diabétique par défaut de stinuilu » supportera aisément 20, 30,80 grains et plus d'opium.» [f^ojez l'artic,
COMTRE-STIMULANT.
2°. Magnésie calcinée. — M. le docteur Traller ( The new england Jourm qf Médecine and Surgerjr) a rapporté deux cas de diabète guéri par l eiiipli , de la magnésie calcinée, à la dose d'un gros et demi. Une semaine su/Iil à guérison , dans le premier cas ; dans le second , la magnésie fut continuée peij dant quinze jours. ^
Ces cures , ainsi que M. Bellanger en a fait la remarque dans un journal, p raissent tenir un peu du merveilleux. Mais, ajoute ce médecin, le vrai pei quelquefois n'élie pas vraisemblable.
3°. Opium , bains chauds j exercices pénibles. — Un diabétique , dont la itii ladie avait résisté aux saignées , aux toniques , etc., fut promptenient guéri p; M. Williams Carter, au moyen de l'opium, des bains chauds, des exercice pénibles et répétés pour exciter la transpiration, méthode recommandée par , docteur Marsch. ( Dublin hospilal reports. )
4". Pliosptiale de soude. — Le docteur Sharley a publie' deux cas de guériso de diabète par le posphate de soude employé seul , à la dose d'un gros tro fois par jour ; les tleux malades auxquels ce médicament fut administré furer nourris presque exclusivement avec des substances végétales. ( Transactioi: of the Ix ing and the quenh's collège in Irland.)
5°. Saignées, bains. — Le docteur Lefebvre a consigné dans un journal angla:: {^London médical an pliysical Journal J 1826) une observation de guérison d diabète par l'emploi des saignées et des bains de vapeur. L'auteur d'une dis sertation qui fait partie de la collection de Haller (t. 4, p. 35) signale aussi It bons effets d'une saignée chez une iliabélique , âgée de vingt ans , à laquelle o , avait prodigué vainement les médicamens les plus opposés. ÏJost celcbratat ^ venœ sectionem , dit cet auteur, symptomala qucefis ferc sublata sunt j snlter insigniter remilti banl ; benè dormivil cegra , adeo ut illa crederet se mox sani i tatem recuperaturam esse. ,
Dans son mémoire sur la nature du diabète, M. Dezeinieris rapporte en dé. tail un cas qui semble venir à l'appui des bons effets du système antiplilogis tique contre celte maladie. Le sulfate de kinine et un vin généreux avaient ét employés sans succès, ou plutôt ces moyens avaient exaspéré les symptômes . La malade (c'était une fille de vingt-quatre ans ) buvait chaque nuit douze o: quinze pots de tisane , et rendait environ vingt livres d'urine. Comme il y avai une extrême sensibilité h l'épigastre et des vomissemens , vingt-cinq sangsue furent appliquées sur la région indiquée. La cpiantité des urines et la soif di i minuent. La malade mange du cresson et boit de la bière ; aussitôt les accidens s ) réveillent avec une nouvelle intensité. Trente sangsues sont appliquées i» l'épi f gastre. Dans la nuit qui suivit leur application, la malade ne but pas troi ( pots de tisane et urina très-peu. Quelques jours après, la chaleur brûlanli' qui existait au gosier St recourir à l'application de vingt-cinq sangsues au cou Le lendemain, plus de soif; un pot de petit-lait suffit pour toute la journée^ L'urine est rare.... De nouvelles imprudences provoquèrent des rechutes Douze sangsues furent appliquées à l'épigastre , lors de la dernière rechute et tous les symptômes ne tardèrent pas à se dissiper. La malade alla habite \ Fontenay-aux-Roses, fit usage du lait comme principal aliment, reprit di l'embonpoint, et se portait parfaitement bien à l'époque où M. Dezeimeris pu blia son mémoire ( 1825).
6°. Stimulans et diète animale. — Les exemples de guérison obtenus par celfi méthode sont trop généralement connus pour qu'il soit nécessaire de les consi gner ici. Nous dirons seulement que les faits dont il s'agit , en ce qui regardi les stimulans , ne sont pas aussi coucluans que paraissent le croire ceux qui le
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC
fnt publiés. L'emploi de ces moyens nous paraît en général exiger beaucoup de [irconspection , si même il ne doit pas être proscrit du traitement du diabète liir et simple. On ne voit pas trop de quelle utilité ils pourraient êiredans une Maladie , dont l'hypertropliie des reins paraît être le caractère anatomique le ilus constant, et au développement de laquelle, suivant les auteurs, certains rritans ne paraissent pas tout- à-fait étrangers. Quant à la dicte animale, oiirvu qu'elle soit dirigée par une main prudente, il est difficile d'en révoquer n doute aujourd'hui l'i lîicacilé. Néanmoins il ne faut pas la considérer comme n spécifique, et ses avantages ne sont même pas aussi rigoureusement constatés lie ceux d'une diète opposée , dans les cas où l'acide urique , par suite d'un tégime trop somptueux, venant à prédominer dans l'urine, s'y précipite sous arme de gravelle.
La conclusion définitive de cet article, c'est qu'il reste encore beaucoup à lire et sur la nature et sur le traitement de la maladie qui en fait le sujet.
(J. BOUILLAUD
DIA.CHYHJM. rayez Emplâtre.
IDIACODE. ^orez Opium.
DIAGNOSTIC. De chx, entre, et yivoicxa}, je connais, je distingue. C'est la artie de la pathologie qui donne la valeur des signts distinctifs des maladies, i qui coniluit à en déterminer le siège et la nature. Pour faire sentir toute importance du diagimstic, il suffit de rappeler ce pa-^sage de Baglivi ■.Antequam ; rerne /iis strituatur , priniiiin coiislare oporlet, , qui moi bus , et qnce nioi bi lusa : alioquin iiiutilis opéra , inutile oinne consiliuin. l\ est, en effet, le plus ir , le plus indispensable fondement de la thérapeutique; car, sans lui , la édecine ne seiait qu'une aveugle routine , qu'un empirisme grossier. Les moyens d'arriver à la connaissance du diagnostic en gcnéral sont néceslirement variables , comme les maladies elles- mêmes ; mais il est des règles |)mmunes d exploration ilonl la connaissance est d'autant plus nécessaire que, ins le plus grand nombre des cas, le praticien se trouve à l'égard du malade imme le matlièmalicieii devant un problème où il a besoin de faire subir à B utes les opérations nécessaires pour trouver X Tel est, en effet, la position I médecin qui aborde pour la première lois un malade. Le témoignage de s sens ne tarde pas à lui faire voir des phénomènes moi bibes ; mais il faut ril sache que ces i)héuomènes morbides ne sont que le langage d'organes uffrans ; qu'il existe des rapports constans et nécessaires entre tous les actes Icrieurs de l'économie et I ctat actuel des organes ; qu'il ne suffit pas seuleent de noter tous les symptômes d'une maladie , mais qu'il faut aussi les ratjcher aux modifications des organes malades. Cette marche, la seule qui puisse nduire à la détermination du siège et de la nature des maladies , est aussi lUe que ntfus -suivrons dans l'exposé des règles qui constituent la science du jgnoslic. Ainsi , procéder du simple au compo.sé , du connu à l'inconnu; ppeler successivement les symptômes, c'est-à-dire , les èlémens sensibles ou itériels , physiologi(|ues ou intellectuels des maladies , pour étudier leurs lations et leurs dépendances avec l'état des organes , tel est l'ordre qui nous raît le plus propre à parvenir à ce but. Par conséquent nous pourrions dclir le diagnostic abstraclivement , l'art de comparer entre eux l'état pliysio- »ique et l'état pathologi(pie , et de déterminer, par voie d'analyse et de rapochement, le mode d'altération et le genre d'organes affectés, il pourrait core être défini, d'une mani'ere plus générale , l'art d'interroger les organes alades.
{Considéré sous ce point de vue , le diagnostic comprend deux sortes d'inferation ; l'une muette, ou explorative qui n'attend de réponse que de l'état |s organes , c'est l'observation proprement dite; l'autre, orale, qui s'adresse intelligence des malades ou des assistaiis, et qui peut par cela même demeurer s ou moins infidèle dans ses résultats. L'une et l'autre sont également imjrtanfes, et exigent de la part du médecin des sens exercés, une connaissance rfaile des organes et des fonctions , une liabitude de voir des malades et de |sir les nuances aussi nombreuses que variées qui appartiennent à l'état merle. Nous allons du reste tracer dans l'ordre qui nous parait le plus conve- ,ple les règles d'après desquelles nous croyons devoir -procéder à ces deux lides d'interrogation.
I r. De iohscrfiilion ou exploration des orgnnes. — Il est d'autant plus imrtant pour le praticien d'a|iprendre à connaître le langage des organes souf- ) ns par la seule observation que, dans une foule de cas, il aura à s'entretenir lise des êtres qui ne pourront rendre compte de leurs sensations , comme cela ieu pour les enfans , pour les individus qui sont livrés au seul instinct de la Ilure. De même, il ne doit pas oublier qu'il est beaucoup de malades qui ont elque intérêt à cacher ou à simuler certaines maladies , et dont les décbu a- Jns sont plutôt de nature à obscurcir le diagnostic qu'à l'éclairer. Enfin , il en t; aussi qui substituant leurs idées ou leurs craintes à leurs sensations, peu- 'jit jeter le médecin dans des erreurs de diagnostic et de traitement. Pour ne Ijsser échapper à l'exploration aucun des èlémens dudiagnoslic, l'on iloit passer
ieessivemeiit en revue toutes les régions du corps , en s'arrêtant à chaque ane, à chaque fonction en particulier. Cet examen se fait au moyen des sens Is ou armés d'instrumens propres à assurer et à favoriser leur exercice. jC premier des sens appliqué à l'exploration est la vue , qui permet au mé- ;in de juger de l'habitude extérieure du corps , des formes , de la couleur, volume, des mouvemens de toutes les parties extérieures. jL'habitude extérieure fournit au praticien des caractères tliagnostiques '|lement sûrs , tellement précieux , qu'ils suffisent quelquefois , et avant toute ■jfre recherche , pour déterminer le genre d'affection qui se présente. Mais en néral ce n'est qu'en observant avec la plus scrupuleuse attention chaque rtie du corps et chaque organe en particulier, que le diagnostic peut acquérir
DiCT. DE MÉDEClMil ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
quelque valeur. Une maladie mortelle peut exister chez telle personne qui offre l'habitude extérieure la plus favorable , comme certaines maladies peuvent imprimer un caractère de gravité apparente sans que le tianger réponde à la physionomie qu'elles donnent au malade. Ce qui doit surtout fixer l'attention du médecin dans l'examen de l'habitude extérieure du malade , c'est l'altitude qu'il prend, soit debout, soit couché, soit d.ins l'état de sommeil, soit dans l'état de veille: plus elle s'éloigne de l'état naturel, et plus elle doit être prise en considération. C'est dans le sommeil que l'on peut le mieux juger de l'attitude des malades , en ce que nulle contrainte, nulle passion n'en allèrent alors bi vérité. Il faut encore savoir que toutes les attitudes, quelles qu'elles soient , ont pour but , en quelque sorte instinctif, de soustraire une partie malade à l'action musculaire, de la mettre ilans le rcltichemenl , de lui éviter un contact douloureux, etc. Sous ce rapport elles méritent une grande attention. L'attitude abattue, celle c(ui est désignée sous le nom de supination , alors qu'elle n'est pas habituelle au malade , accompagne assez ordinairement les inflainmations abdominales , et surtout la pc'ritonile, les maladies dans lesquelles le système nerveux demeure plus au moins affecté, (elle que les gasiro-cèphalites sous formes adynamique et ataxique. Le dècubitus sur le ventre indique en général des coliques ou douleurs intestinales exemptes d'inflammation. Il est ordinaire de voir le malade couché sur le côté opposé à la maladie , dans la pleurodynie et la pleurésie, tandis que c'est sur le côté même de la maladie C|ue reposent ceux qui ont une pneumonie, un épanchement dans la plèvre ou le poumon. Toutefois , il est digne de remarque que le contraire a souvent lieu , et surtout dans le cas d'inflammation plutôt cjue dans celui d'épancheinent. Lorsque celui-ci a lieu des deux côtés, le malade se couche sur le dos ou même reste assis.
Le volume du corps ou do certaines régions du corps peut être augmenté dans un grand nombre de maladies , telles que l'inflammation , la congestion , l'hydropisie, l'emphysème , etc. ; mais ce signe n'a guère de valeur par luimême , et exige, comme auxiliaire dispensable de la vue , le loucher , ainsi que le concours des signes rationiiids. Quant à l'embonpoint proprement dit, il est bien plus souvent un des effe s de la santé qu'il ne constitue un car.ictère de maladie. Il est pourtant des afrcclions qui s'accompagnent d'un excès de nutrition , d'une sorte d'obésité, telles que certaines névroses du système nerveux cérébro-spinal. Mais la maigreur, alors qu'elle n'est pas le simple effet du tempérament , ni le résultat nécessaire d'affections morales , tristes, de fatigues excessives, d'abstinences prolongées , peut faire soiqiçonner une lésion organique profonde. Si elle est opini.Tlre, prolongée, elle est toujours le signe d'une maladie grave , telle que le travail de la tuberculisation ou toute autre dégénération, un foyer de suppuration interne , etc.
Les altérations de couleur de la peau peuvent aussi éclairer le diagnostic d'un grand nombre de maladies , en ce qu'elles sont le plus ordinairement liées à l'état actuel des liquides circulatoires ou des produits de sécrétion ; ainsi la peau est décolorée dans les hémorriiagies , les diarrhées, les longues suppurations ; elle est d'un jaune paie dans la colique de plomb, d'un jaune verdàtre dans la chlorose , d'un blanc luisant dans l'anasarque, d'un blanc satiné dans la lèpre blanche, d'un jaune paille dans la cachexie cancéreuse, et d'un jaune plus ou moins foncé ou verdàtre dans les maladies de l'appareil biliaire.
Le plus grand nombre des maladies impriment d'ailleurs à la physionomie des caractères spécifiques; c'est ainsi que le médecin distingue, au simple aspect de la physionomie, celle d'un plithisique , dont les yeux sont brillans, les pommettes rouges et saillantes , les joues maigres et comme collées au.'s dents; celle d'un scorbutique, que caractérisent la pâleur, la lividité et la bouflissure des joues, le gonflement livide et le suintement sanguinolent des gencives ; la face est louge, animée, tuméfiée dans tout état fébrile, tlahs la deuxième période des fièvres intermittentes, dans les exanthèmes cutanés, dans les accès de manie et d'hydrophobie ; la rougeur et la tuméfaction de la face précèdent souvent l'èpistaxis, le délire, et accompagnent les congestions et les hémorriiagies cérébrales. Dans la pneumonie, la pleurésie, l'hépatite, etc., le côté de la face qui correspond à l'organe affecté est souvent rouge. Dans l'anéviysme du cœur droit la face est ordinairement injectée, les lèvres livides , les jugulaires gonflées , elle a une teinte plus vive, plus animée dans l'hypertrophie du cœur gauche; elle est grippée dans les inflammations intestinales, le choléramorbus et toutes les maladies douloureuses.
Toutes les parties de laf.ice, considérées isolément, présentent au diagnostic des circonstances qu'il importe aussi de noter. Et d'abord , les yeux sont, de toutes les parties de la face, celles qui expriment davantage l'état morbide. Il semble que tous les secrets du corps et de l'àme s'y déroulent , comme l'exprime très-bien Hippocrate, ((iiand il dit : ut oculi vulent j sic ipsa personn. Les nombreuses communications qui existent entre le nerf de la cinquième paire. qui prèsiile au sens de la vue, et le grand sympathique, qui est chargé spécialement de transmettre au cerveau les perceptions viscérales , semblent rapporter aux yeux tous les changemens morbides qui se passent dans les organes intérieurs. On doit tenir compte de leur couleur, de leurs mouvemens, de leur forme, de leurs sécrétions, de l'état de la pupille. La couleur des yeux, considérée par rapport à la sclérotique, est bleue chez les lymphatiques et les scrofuleux , d'un blanc perlé chez les phlhisiques , d'un jaune plus ou moins prononcé chez les ictériques ; elle participe d'une manière sensible à la rougeur de la face dans l'état fébrile, ilans les phlegmasies aiguës, dans les congestions ou inflammations cèlèbrales , et principalement dans les exanthèmes cutanés; elle est surtout très-prononcée ilans la rougeole. Les yeux sont presque immobiles dans l'apoplexie, l'amaurose , la catalepsie. Leurs mouvemens sont au contraire plus rapides et comme convulsifs dans le strabisme, dans l'hystérie ,
BIAGNOSTIC.
DIAGNOSTIC
î'-ei)ilci>sie et autres maladies conviiîsives ; ils sont porlés en haut, pendant le sommeil , dans raracimoïdile venlriculaire et dans l agonie.
Les sourcils, les paupières , les cils offrent aussi au diagnoslic quelipies remarques à faire. Les sourcils s'écartent dans Tétonnemeiit , la joie, et dans toutes les passions agréables ; ils se rapprochent dans la douleur et la colère; se contractent dans les maladies douloureuses et convulsives . dans l'inflammation de l'iris , de la rétine, du globe de l'œil. Les paupières sont agitées dans l'hystérie, dans Fépilepsic, et d;ins fous les cas où l'œil est plus sensible à l'iuipression de la lumière. Elles restent abaissées dans le cas de paralysie de leurs muscles , dans l'apoplexie. On croit avoir remarqué que les cils sont plus longs, chez les scrophuleux et les phdiisiques. Ils disparaissent ou subissent des déviations dans certaines maladies de la peau , comme les dartres. Les yeux sont habituellement larmoyans dans les infl.imniations de la conjonctive oculaire, dans les obstruc'ions des conduits lacrymaux , dans le coryza ; les diverses espèces d'angines, les fièvres calarrhales , éruptives , etc. ; l'hystérie et l'iiypochondrie provoquent fréquemment des larmes.
Les signes que fournit l'inspection de l'oreille externe sont relatifs à sa couleur, à sa forme, à ses sécrétions.
Les oreilles sont plus ou moins rouges dans les mouvemens congestifs ou fluxionnaires qui se portent vers la tète ; elles prennent une couleur livide dans les affections organiques du cœur ou des gros vaisseaux, dans la cyanose, ou toute autre affection due à quelque embarras de la respiration et de la circulation. M. Broussonnet donne comme signe de scrophule la petitesse du lobe de l'oreille; sans attacher la même valeur à un pareil signe, il est certain que les crétins du Valais offrent assez généralement cette disposition.
La sécrétion de cérumen peut être augmentée ou altérée , et indiquer, dans l'un ou l'autre cas , une phlegmasie aigne ou chronique de la membrane muqueuse du conduit auditif. Un écoulement abondant, fétide, puriforme, peut même provenir de la carie d'une portion de l'os temporal appelée le rocher.
Le nez augmente de volume dans le coryza , dans les maladies scrophulenses et scorbutiques portées à un certain degré , dans l'éléphantiasis. 11 diminue de volume et devient aigti dans la plupart des maladies nerveuses , dans l'amaigrissement causé par les maladies chroniques et surtout dans la phthisie pulmonaire. Il est rouge dans le coryza, l'acné, et dans tous les mouvemens fluxionnaires qui ont lieu vers la tète; il est pâle , livide, dans la première période des accès de fièvres intermittentes, dans les fièvres graves dites ataxiques ou adynamiques , au moment où l'existence touche .à sa fin. Le mouvement fréquent, rapide et comme convulsif des ailes du nez, annonce toujours luic respiration laborieuse; aussi remarque-t on que cette circonstance accouipagnc presque constamment le plus haut degré de l'asthme, la dernière période de la phthisie pulmonaire.
L'examen des différentes parties de la bouche est également de la plus haute importance pour éclairer le diagnostic d'un grand nombre de maladies. Ainsi les lèvres, qui commencent le système muqueux gastro pulmonaire, sontrouges et sèches dans la plupart îles phlegmasies giistriques ou pulmonaires, pâles et décolorées chez les hydropiques , chez les individus affaiblis par des hémorrhar^ies abondantes; elles sont bleu.îtres dans le frisson fébrile, dans l'asthme , dans les dilatations anévrysmales du cœur ou des gros vaisseaux, dans tous les cas où la circulation est troid)lée ou languissante: elles sont livides, noires, dans le cas d'apoplexie , d'asphyxie p ir strangulation. Elles sont couvertes de boutons après un accès de fièvre ; et en général cette éruption , en quelque sorte critique, est d'un bon augure. D'autres ulcérations des lèvres peuvent être symptomaliques d'affections scoi buliques , syphilitiques, etc. Le tremblement des lèvres précède et accompagne souvent le vomissement et les déjections alvines, et il n'est pas rare de le remarquer au début du tétanos et autres maladies convulsives. La déviation des commissures îles lèvres est un des phénomènes les plus ortlinaires de la compression du cerveau et de la paralysie.
Les dents, les gencives acquièrent aussi des propriétés accidentelles capables d'éclairer le diagnostic d'un grand nombre de maladies. On remarque par exemple que les dents des phthisiques sont ordinairement minces , d'un blanc nacré; qu'elles se carient souvent pend.int la gestation, et dans les maladies qui ont pour caractère principal l'altération des fluides gastriques; qu'elles se couvrent d'un enduit fuligineux dans le cours des phlegmasies gastro-intestinales, et notamment dans les fièvres dites ataxiques ou adynamiques.
Les gencives sont pâles tians la chlorose, l'ascite , les scrophules ; elles sont rouges dans les inflammations des organes digeslifs, tuméfiées, saignantes , et exhalant une odeur fétide , dans le scorbut.
Les signes fournis par la langue ne soni pas moins importans; ils se firent de son volume, de sa couleur, de sou humidité , de sa sécheresse , de ses mouvemens, etc. La tuméfaclion de la langue , considérée comme signe de maladie, a lieu dans la petite vérole, dans le muguet, dans l'hydrargy rose , dans la plupart des maladies frébiles. Sa rétraction ou diminulion de volume co'incide fréquemment avec un état convulsif. Elle est ordinairement ronge dans l'inilammation de 1 estomac , dans les exanthèmes aigus, dans les maladies frébiles en général; elle estait contraire paie, molle, flasque dans les cas d'asthénie, de scrophule, d'hydropisie et d'anémie ; elle est sèche , contractée, en forme de dard dans les inflammations aiguës de l'estomac , dans les fièvres dites ataxiques ou adynauiiques , dans les diarrhées et les dyssenterics.
La langue est ordinairement blanche et couverte d'un enduit muqueux dans les irritations gastro intestinales, dans les fièvres muqueuses , dans la plupart des maladies chroniques. Cet enduit varie d'ailleurs suivant l'intensité de
l'inflammation qu'elle suppose : ainsi il est blanchâtre dans la simple irritatioi des follicules muqueux de l'appareil digestif désigné sous le nom d'eiubarra gastrique , et devient successivement jaunâtre , grisâtre , noirâtre , suivant le degrés de l'affection dont elle dépend. Quand la langue se revêt de croûte noires plus ou moins épaisses, elle indiipie toujours un état i^.flamraatoire très aigïi et le plus souvent fuuesle. Il se manifeste fréquemment sur la langue e dans l'intérieur de la bouche des ulcérations aphlheuscs, vénériennes , scoi butiques , ou antres qui sont symptomaliques d affections profondes des orga nés digestifs. Toutefois, le praticien ne doit pas oublier que l'on rencontre de individus chez lesquels la langue ne semble nullement en rapport de continuit avec le reste du tube digestif, en sorte c(u'elle conserve sa couleur et sa form naturelles , même dans les maladies bien constatées de l'appareil digestif.
A l'inspection des diverses parties de la face doit succéder celle du col , d la poitrine, du bas-ventre et des extiêmités ; on sait que le col court et gré peut être cause et signe tout à la fois d'une disposition apoplectique; qu'un co long , mince , joint h des épaules saillantes , à une poitrine plate et étroite , es assez généralement l'indice d'une disposition à la phthisie pulmonaire; que le veines du col sont habituellement gonflées dans les anévrysmes du cœur et de gros vaisseaux, etc. L'e.xamen extérieur de la poitrine permet souvent d'y dé couvrir l'explication d'un grand nombre de phénomènes morbides propres au organes que contient cette cavité : ainsi l'on y trouve parfois des déformation naturelles ou accidentelles, des dépressions, des tumeurs, des saillies, des batj temens qui peuvent mettre sur la voie d'une hjdrothorax, d'un emphysème d'un anévrysme du cœur ou des gros vaisseaux , d'un asthme , d une phthisiii pulmonaire, etc. Dans quelques cas, le praticien pourra s'aider de la niensura tion pour constater ou le degré de rétrécissement d un côté de la poitrine , oi celui de dilatation de l'autre, à la suite d'une pleurésie aiguë ou chronique:
{yojez Mr.KStJRATION.)
Dans l'examen et l'appréciation des tumeurs des parois abdominales , on doi avoir présent à l'esprit la situation absolue et respective des organes contenu; dans l'addomen et le bassin, ainsi que les notions relatives aux hernies, afir de ne pas les confondre, soit avec des inflammations ou des dégénératiou; squiri lieuses de quelqu'un des viscères abdominaux, soit avec des tumeur^ quelconques des parois abdominales, soit avec des engorgemens aigus ou chroi niques des ganglions lymphatiques , etc.
De même les parties génitales, observées dans l'un et l'autre sexe, fournis sent par fois au di.ignosfic il'utiles remarques. L'infiltration du scrotum , dei! grandes lèvres et des légumens de la verge, est un symptôme fréquent de l'iiy^ drothorax et de l'ascite. La rétraction des deux ou d'un seul testicule, accompagnée de douleurs aux hypochondres et aux lombes , suppose presque foujolni une affection inflammatoire, ou calculeuse des reins; l'état d'érection morbidt ou la surexcitation accidentelle de la verge est un des signes les plus ordinaires des blennorrhagies , des catarrhes de la vessie , ainsi que de l irritatioi du cervelet , de 1 hydrophobie et de l'épilepsie. Quant aux déviations de la matrice , du rectum , elles constituent plutôt des maladies réelles que des signes' proprement dits.
Les tumeurs qui apparaissent sur le trajet de la colonne vertébrale, accompagnées ou non de déviation, de douleur fixe , pongitive et lancinante, d'en-j gourdissemcnt ou de paraly.iie des extrémités, peuvent fuire craindre le dcve-J loppement de la carie vertébrale, désignée sous le nom de mal de Polt. |
Enfin, les membres supérieurs et inférieurs , par lesquels on termine ce prc-| *''nrl mier examen du raalatle , peuvent offrir des altérations de volume et de cou-i Mneo leur, et des anomalies des mouvemens qui deviennent aux yeux du médecin des' ^'*ti signes plus ou moins importans. L'enflure œdémateuse des extrémités est iiaj s,o«q des effets les plus constans des maladies chroniques, et principalement des '-«mi lésions organiques du cœur, du foie; en un mot, de foutes les affections qui tau dénotent quelque obstacle au cours du sang veineux. Dans ce cas l'enflure llroiib des extrémités, d'un seul côté, corresjiond en général au siège de la maladie, «inf^ Dans cette inspection générale du malade, on devra noter aussi les altéra- fe. ' lions des sécrétions des différons organes qui s'offrent successivement à l'ob- "setf servation. Ainsi l'on remarquera si la face est couverte de sueur ou d'un en«| «ildai duit terreux, provenant de cette sécrétion; si les yeux sont humides et lar-j moyans , comme dans le coryza, les diverses espèces d'angines, les fièvre»! fisfe
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éruptives, et en parliculier la rougeole; si le malade se livre facilement aux pleurs, comme dans 1 hystérie et l'hypochondrie ; si la sécrétion delà muqueuse nasale est augmentée ou altérée comme dans les fièvres catari halcs, !e coryza, la rougeole; et si elle souffre des variétés de consistance et de couleur suivant les degrés d'acuité de la maladie qui y donne lieu. On sait que la salivation est un des effets les plus fréquens de l'emploi des préparalions mercurielles, qu'elle précède et accompagne l'invasion des accès épileptiques , qu'elle a etel m, regardée comme l'un des symptômes des maladies du système salivane I «iiu abdominal. • . '
Les crachats ou l'excrétion qu'amène la toux doivent surtout être 1 objet i j,,,! d'un examen attentif: ils sont muqueux, filans, au débutdu catarrhe; sanguinolcus | , dans l'hémoptysie et la pneuraonii' ; verdàtres , grisâtres, comme pnnforraes, i à la fin des catarrhes aigus ou dans le courant des catarrhes chroniques des i bronches; ils ont toutes les qualités physiques du pus dans la voniique,la i phlhibie constatée; ils sont grisâtres , purulens et d'une fétidité extrême dans i ., la gangrène du poumon. Quand, après des crachats rouges, sanguinolens , on ' eu voit survenir de noirs, formés manifestement de sang coagulé, on peut espérer que I hémorrhagie bronchique ou pulmonaire a cessé ; dans ce cas les j^i^^^ crachats ne sont que des caillots qui ont séjourné dans les bronches. Lexpiil- ;,^| siou de crachats contenant des matières grisâtres, plâtreuses et plus ou moins
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC
ij^es, annonce presque toujours la présence de tubercule? clans le poumon ; faut toutefois se rappeler qu'il se forme souvent clans les sinus des amygdales e petites concrétions qui ont quelque ressemblance avec les tubercules crus u poumon; mais en les écrasant, les concrétions répandent une odeur létiJc ui les distingue des tubercules proprement dits. Quand les crachats ont la irme de tuyaux membraniformes , ils proviennent de la trachée ou des bronjes et indiquent ordinairement l'existence du croup.
Dans le cas de vomissement , l'on ne doit pas négliger d'examiner les maères qui en sont le produit. Cet examen suflit dans la plupart des cas pour ■couvrir la cause de la maladie; taiitiJt ce sont des matières alimentaires , imme dans l'ivresse, l'inJigeslion ; tantôt c'est un fluide tl'un rouge brunâtre , 'idemment sanguin , comme dans l'hématémèse ; quelquefois ce sont des maières fécales , comme dans les hern-es étranglées, les rétrécissemens de l'instin, etc., etc. D'autres fois ce sont des matières noirâtres, ayant l'aspect du arc de café, comuie dans le cancer, ou bien, comme dans certaines gastrites (u'oniques, dans la migraine , l'état de grossesse , etc. , ou bien elle est de na- !ire évidemment purulente , comme dans les cas d'abcès du foie, de l'estomac, ;s intestins, etc. Dans quelques cas, la matière des vomissemens est purement uqueuse. D'autres fois elle est ])resque nulle alors même que les ellorts qu'ils fecessitent se répètent sans cesse : tel est le cas de la plupart des maladies de i;ncéphale, comme les plaies de tète , les commotions du cerveau, les phlegasies méningiennes ou cérébrales, les tubercules du cerveau , les migrai- 'S , etc., etc.
Les excrétions alvines subissent aussi des variations de quantité, de conkance, de couleur et autres , dont l'appréciation peut éclairer la diagnostic Is maladies. Elles sont dures, enveloppées de glaires dans les irritations
stro-intestinales , applaties , rubanées dans le squiirhe du gros intestin; luidcs, muqueuses, sanguinolentes dans la dyssenteric ; grisâtres, purulentes insles ulcérations intestinales; elles sont décolorées dans la duodinite, l lié-
lite, 1 ictère , dans tous les cas où l'e.'vcrétion biliaire est suspendue;
es sont noires dans le mélœna. Enfin l'on doit également s'assurer si I excrétions alvines ne recèlent pas des ascarides , des hydatides ou même
s calculs.
(L'excrétion de l'urine doit être observée sous le double rapport de sa quanet de sa qualité. Eu général, la quantité de l'urine est en raison inverse de |le de la sueur; elle est aussi d'autant moins abondante que la maladie est
is aiguë, plus inflammatoire. Dans toute autre circonstance, la rareté de .rine suppose le transport des fluiiles qui la sécrètent , sur d'autres organes ijjvenus un centre de sécrétion morbide. Si elle survient à la suite d'un exanftne cutanç, de la scarlatine principalement, elle peut amener l'anasarquej
a suite d'une pleurésie ou d'une péritonite , elle peut faire craindre un épan-
ciiient dans le thorax ou dans l'abdomen. Il importe surtout de ne pas conli he la siippression avec la rétention des urinés. L'urine peut contenir du !ig , des mucosités, du pus, des graviers, des vers , etc., et caractériser ainsi I calarrhe, une ulcération de la vessie ou une affection calculeuse des voies miaires. Certaines substances impriment aux ui-ines une couleur accidentelle, fil ne faut pas toutefois confondre avec celle qu'elles peuvent acquérir dans l(cas de maladies ; ainsi elles deviennent plus ou moins rouges par l'ingestion (Iliquides qui contiennent le principe colorant de la garance , de la betterave , «' la racine de fraisier, etc., elles deviennent noirâtres par l'usage de la casse «'des martiaux. La térébenthine leur donne une odeur de violette; les asper- { . . une odeur sui generis.
^'hématurie qui survient dans les plilegmasies aiguës, dans les fièvres érup- 1 3s , ou qui est la suite de violences extérieures est toujours un signe fâcheux, lî urines acqueuses ou limpides, que l'on nomme encore de cruddé, ont lieu aldcbut des phlegmasies, et dans la plupart des affections nerveuses. Elles sïit troubles, épaisses dans les maladies chroniques, vers la fin des nialiiies aiguës. Dans l'ictère , l'urine est plus ou moins trouble , jumenteuse , lileuse.
feu se refroidissant , l'urine se condense et forme des couches qui se superleent dans l'ordre de leur pesanteur siiécifique. La première, qui est la peLl'ile , ne fournit au diagnostic que des signes extrêmement équivoques , pour ripas dire nuls; la seconde, ou le nuage , qui se rencontre vers le tiers supérur du vase, et la troisième Vénéuréme , qui occupe le tiers inférieur, ont é' regardées comme le prélude du délire et des convulsions ( Hippocrate). Mais «[général , les signes fournis par ces diverses couches n'ont de valeur réelle «]ê concurremment avec d'autres signes locaux ou généraux : le charlatanisme sjl peut leur donner une valeur absolue, et la sottise la leur reconnaître. Ifin le sédiment ou dépôt tie l'urine peut être gris, rouge , blanc , jaune enoir , suivant qu'il est formé de glaires, de sable, de pus, de sang, etc., «constituer autant de signes propres à éclairer surtout les maladies des voies «inaires.
.laes anomalies de la menstruation fournissent de nombreux signes de la mal|ie ; la ménorrhagie suppose presque toujours une surexcitation vitale ou çjtanique de l'utérus. La nature de l'écoulement menstruel peut également vlier entre le sjng rouge et pur , et le sang séreux et décoloré. Dans l'écouli'ienl normal , le sang est d'abord séreux, puis rouge , et redevient plus ou oins séreux sur la fin.
îeaucoup de femmes sont sujettes , dans l'intervalle des règles , à un écoulennlqui a lieu souvent au commencement de la grossesse , et le plus ordinair'aent quelques jours avant ou après l'apparition des règles , et que l'on con- Djt sous le nom de leucorrhée. Cet écoulement est encore le résultat ordinaire ^jlïSe surexcitation ou d'une phlegmasie chronique de la muqueuse vagino-
utérlne. II acquiert des qualités particulières , une couleur Jaune , verdàtre , et même puriforme dans la blennorrhagie spécifique. Dans ce dernier cas , non seulement la muqueuse vaginale , mais encore la muqueuse urétrale est enflammée : des humeurs excrémentitielles coïncidant avec l'état de santé, d'une part , et l'alcalinité de ces mêmes humeurs tians l'étal moriliile , d'autre part. Mais le fait n'en mérite pas moins l'attention des praticiens. Il est d'observation, par exemple , que les exhalations pulmonaire et cutanée, les mucosités nasale, bronchique, gastrique , génito-urinaire , les déjections alvines , l'urine, etc., ont une acidité plus ou moins prononcée dans l'état de santé, tandis que le produit des mêmes sécrétions acquiert des qualités alcalines dans tout état inflammatoire bien caractérisé. Pour reconnaître ces deux états , il suffit, ainsi que l'a indiqué M. Nauche , qui s'est livré spécialement à ce genre de recherches , de se servir d'un morceau de papier coloré en bleu par le tournesol. Quand les produits de sécrétion sont acides, le papier devient ronge, avec plus ou moins de promptitude et d intensité, suivant le degré d'acidité. Il prend au contraire une teinlebleue lorsque ces produits ont un caractère alcalin. On peut ainsi explorer tous les produits de sécrétions , et faire concourir ce moyen au diagnostic des maladies de chaque organe, ou plutôt de chaque appareil sécréteur.
Dans d'autres cas, la vue aura besoin de s'armer d'instrumens pour reconnaître des caractères morbides qu il serait diflicile de saisir ou même qui échapperaient à l'œil nu ; ainsi la loupe ou le microscope deviendront indispensables pour découvrir l'acarus (si tant est qu'il existe réellement) dans la gale, le /julex dans le prurigo pédiculaire -, etc. De même l'œil aura besoin de s'aider de spéculum ou autres insirumens pour observer les lésions des parties profondes de l'oreille , de la bouche, des fosses nasales , du vagin, etc.
Telle est l'exposition succinte ou plutôt la simple énumération des premières données que l'inspection du malade peut fournir au diagnostic; mais elles seraient loin de suflire dans la plupart des cas à la détermination du siège et delà nature de la maladie, si elles n'étaient contrôlées ou vérifiées par le concours des autres sens. Après la vue, l'ouïe est sans contredit le sens dont le diagnostic tire le plus de lumières; ses principaux moyens sont la percussion immédiate ou fiiédiute , Yausctiftaiion immédiate ou médiate , \a succvssion. Ces différentes méthodes devant être le sujet d'autant d'articles spéciaux, nous devons nous contenter ici d'y renvoyer le lecteur. ( f^oj-ez Auscultation , Percussion, Suc-
CUSSION. )
Dans une foule de cas le loucher Aev'xcni un auxiliaire indispensable à l'exploration des organes malades. Tantôt il permet déjuger l'augmentation ou la diminution de densité des tissus affectés, tantôt il détermine les changeroens de coufigur.ilion ou de température dont ils sont susceptibles. Tantôt , s'aidaut d'instrumens explorateurs (sondes) , il pénètre dans la profondeur des organes pour déterminer le siège, la nature , l'étendue ou le volume de la cause de la maladie (dojcz Cathétérisme ). Tantôt enfin il provoque par la pression le cri des organes dont la sensibilité, parfois , reste plus ou moins obscure même dans l'état moi bide le plus manifeste. Un des principaux caractères de l'infiltratioa du tissu cellulaire sous cutané est de laisser à la partie qui en est le siège l'empreinte du doigt qui la touche. On a cru pouvoir juger de la perméabilité du poumon par le retentissement que produit dans la main l'action de parler, et de l'engouement du poumon par l'effet contraire. Le toucher permet aussi de juger, par la fluctuation , de la présence d'un liquide dans les cavités naturelles ou d'un foyer purulent développé dans l'épaisseur des organes. C'est le toucher qui apprend à reconnaiire les divers états de la matrice dans le cas de grossesse, pendant et hors le temps de l'accouchement. On sait que son col est plus ou moins effacé, chaud, quand la matrice est chargée du produit de la conception; qu'il se difi'orme , devient dur et s'alonge dans le scjuiirhe de cet organe; qu'il devient mou, flasque quand il est enflammé; rugueux, inégal, et imprégnant le doigt d'une odeur fétide dans le cancer; qu'il est entr'ouvert, chaud , béant dans rhémorihagie utérine , quand la cavité de la matrice recèle un polype ou tout antre production organique. Il faut encore rapporter au sens du toucher la pression abdominale mise en usage par Bichat, comme un moyen de reconnaître un hy diothorax , un empyème , etc. Mais elle fournit des renseignemens trop équivoques pour que nous nous y arrêtions. Comme nous l'avons déjà dit , la palpation peut encore être utile pour reconnaître l'inflammation d'une partie, en y développant la douleur ; ainsi la gastrite, la gastro-entérite , l'hépatite , etc., peuvent être habituellement indolentes et devenir plus ou moins douloureuses à la simple pression de l'épigastre ou de l'abdomen. 11 esta peine nécessaire de rappeler que le toucher est sans contredit le sens le plus propre à faire reconnaître toutes les espèces de hernies.
La main aj;pliquée sur les diverses parties du corps donne facilement au médecin le moyen d'en apprécier la température. Cette chaleur diffère d'ailleurs suivant la nature ou le degré de la maladie , et le médecin doit savoir la constater par lui-même , plutôt que par la sensation qu'en éprouve la malade : car tel individu se plaint souvent d'un froiil glacial alors qu'il a la peau plus chaude que dans l'état normal. La chaleur est douce et halitueuse dans les maladies aiguës, notamment dans les pneumonies ou les pleurésies. Elle est au contraire âcre et mordicante dans les maladies chroniques , dans les fièvres dites ataxique et adynamiqtie , dans la fièvre hectique. Dans les maladies aiguës , le sentiment de froid des parties extérieures, coïncidant avec celui d'une chaleur interne, indique presque toujours une inflammation profonde. Enfin c'est encore le toucher qui permet d'apprécier les nombreuses et importantes anomalies de la circulation , et d'éclairer , par l'exploration du pouls , le diagnostic de la plupart des maladies, [f^oyez Pouls. )
Le toucher peut, comme les autres sens, s'aider d'instrumens auxiliaires dans certaius cas ou les organes deviennent inaccessibles à toute exploration directe.
DIAGNOSTIC
DIAGNOSTIC
C'est ainsi qu'il trouvera dans l'emploi des slylets , de sondes, etc., un moyen de constater la présence de corps étrangers dans la profondeur des cavités membraneuses, etc. {f^oyez Cathétérisme , So^DE.)
L'exercice du sens de l'odorat peut, dans quelques cas, éclairer le diagnostic des maladies. Cliaque âge , chaque sexe, chaque tempéramment , chaque peuple oflre des nuances d'odeur, dont il importe au praticien de tenir compte ; les saisons, les passions, les alimens, les professions peuvent aussi imprimer à l'économie une odeur spéciale. Ainsi, l'ofleur des excrétions est aigre chez les enfans; douceâtre, amniotique chez la feuime ; plus ou moins stminale chez l'homme. Toutes les sécrétions peuvent acc^uéi ir des odeurs accidentelles , dues à certains alimens ou aux boissons dont on use. Exemples : les trull'es , l'ail , les asperges , les viandes , l'alcobol peuvent se faire sentir dans les sueurs , les urines , l'air expiré , etc. ; la transpiration axiliaire , inguinale , celle des pieds et de la tète ont une odeur plus ou moins fétide chez l'adulte, tandis que l'enfant et le vieillard en sont exempts ; les personnes très-brunes ou rousses ont aussi leur odeur spéciale qui, chez elles, indique la santé ; l'odeur acide des excrétions , que nous avons dit être particulière au premier âge , se retio;ive dans certaines maladies, telles que les scrophules,la syphilis, les fièvres éruptives; la fétidité de l'haleine peut être l'indice du scorbut, d'un ozène, de la salivation mercurielle , l'odeur de souris survient souvent dans le cours des fièvres dites ataxiques ou adynamiqnes , dans les maladies cérébrales; chez les épileptiques, les maniaques, etc. Les maladies de la peau ont aussi des odeurs particulières; la variole , le muguet exhalent une odeur nauséabonde ; les dartres une odeur acre , empyreumalique ; la teigne faveuse uneodeur que l'on a comparée àcelle de l'urine de chat ; d'autres dartres ont une odeur de beurre lance. Il n'est personne qui ne connaisse l'odeur aigre qu'exhalent les femmes en couche , à tel point que ce caractère a servi plus d'une fois au médecin-légiste pour éclairer une accusation de suppression de part.
On trouve dans Alexandre de Tralles des détails curieux sur la manière dont les médecins de l'antiquité exploraient les saveurs des matières excrétées. Ils dégustaient successivement les mucosités bronchiques gastriques, les excrétions alvines et urinaires. Mais il est peu de praticiens q ni, aujonrd h ui, portent assez loin le zèle de leur profession pour soumettre à ce genre d'exploration les diflVrens produits morbides. On a pourtant cité l'exemple d'un praticien qui dégustaitla matière de l'expectoration des phlhisiques. On sait que dans le diabète, la saveur sucrée de l'urine est un des principaux caractères de cette malatlie.
Nous avons indiqué précédemment le moyen chimique de reconnaître l'acidité ou l'alcalinité des humeurs en général. Dans quelques cas, le malade luimême peut fournir aux médecins des indications sur les différences de saveurs qu'acquièrent les liquiiies provenant des bronches , des glandes salivaires, des follicules de 1 intérieur de la bouche. Ainsi, tantôt ces fluides sont amers, comme dans les maladies bilieuses ; tantôt ils sont acides ou sales, comme dans certaines alî'eclions de l'estomac , où les fluides gastriques ont évidemment souffert des altérations. En médecine légale, la dégustation pourrait aussi fournir des indications précieuses ; mais l'on conçoit facilement que peu de médecins recherchent la sapidité des excrétions comme moyen de diagnostic, en ce que , indépendamment des inconvéniens qu'il peut avoir pour la santé , le seul dégoût qu'il inspire suflit souvent pour y mettre un obstacle invincible.
Quoi qu'il en soit , on voit que chaque sens est appelé à un rôle spécial dans la recherche des caractères séméiotiques des maladies , et que tous sont d'autant plus aptes à les saisir et à les apprécier cju'ils sont plus exercés, plus exquis , plus parfaits. Mais le praticien n'oubliera pas qu'il n'est aucun des phénomènes qui viennent de s'offrir à l'exercice de ses sens qui ne soit nécessairement lié ou à des altérations d'organes ou à des anomalies de fonctions ; par conséquent, quelle que soit la perspicacité de ses sens, quelle que soit la fidélité qu'il mette à recueillir toutes les cii constanees pathologiques qu'il a observées , ses efforts resteraient le plus souvent stériles s'il bornait là toute son attention. Jusqu'alors , en effet , il n'a vu que îles sym|itômes ou des phénomènes de maladies ; il lui reste un but plus diflicile à atteindre, celui de remonter à la cause île ces phénomènes et de les enchaîner au principe d'où ils dérivent. Ici commence le diagnostic proprement dit , c'est-à-dire l'appréciation des symptômes , leur concordance avec les propriétés analomiqnes ou physiologiques de tel organe ; en un mot, la solution de ce problème : une maladie clanl donnée y déterminer , parle rapprochement des symptômes , le siège et la nalare de la lésion tjiii la constitue. C'est à l'inteirogalion orale, ou à l'entretien du médecin avec le malade ou les assistans, à continuer la tache cjue l'observation a commencée; et ce sera aux lumières et à l'intelligence du médecin à l'accomplir.
§ II. Interrogation orale. L'art d'interroger n'est pas Viussi facile qu'on le pense; c'est bien plus l'art des maîtres que celui des disciples, comme l'a dit Rousseau. Sans une grande habitude d'interroger il est souvent impossible d'en retirer aucun fnni pour le diagnostic. Quel que soit l'ordre dans lequel on procède à l'interi ogalion , les questions doivent nécessairement se rapporter au malade ou à la maladie. Le médecin s'eiiquerra donc d'abord du lieu de l'habitation du malade , de son âge , de sa profession , de ses habitudes, il s'informera «'il n'existe pas de maladie analogue chez quelqu'un des membres ascendans ou descendans de sa famille, et s'il y a quelque ressemblance de physionomie entre le sujet aflecté et celui ou ceux de sa famille qui partagent le triste héritage de sa maladie. 11 interrogera ensuite le malade sur l'état de ses fonctions habituelles , en tenant compte du sexe, de l'âge , de l'état de mariage, et autres circonstances qui s'y rattachent; sur les maladies dont il a pu être atteint précédemment, et s'arcétera ensuite aux divers phénomènes de la maladie actuelle, qui ont pu échapper à l'exploration des sens. Dans quelques cas, il auraiiesoin de passer en revue tous les tléniens do la pathologie j ainsi il trouvera souvent
dans la nature des causes , dans la marche et la durée de la maladie, dans l'a cuilé des accidens , et dans les effets du traitement , des caractères propres éclairer, sinon à fixer le diagnostic de la maladie. Il n'oubliera pas non plu que dans tout état pathologique , il est des signes purement fonctionnels oi| physiologiques qiii échappent à toute exploration de la part du médecin, et qu i celui-ci ne peut alteniire que du malade lui-même. Telles sont les nombreusel anomalies de la sensibilité générale ou spéciale pour lesquelles le praticien doi' apporter, dans son interrogation , autant de sollicitude que de lumières.
Il s'informera s'il existe quelque douleur locale, si cette douleur est continu ou inlei miltente , profonde ou superficielle, vive ou légère, fixe ou mobilel accompagnée ou non de batlemens : le lieu qu'elle occupe , le trajet qu'ell parcourt, la différence de sensation qu'elle produit peuvent contribuer à ei déterminer la cause. Ici le médecin se rappellera toutefois que les cris, le plaintes des malades exigent de sa part la plus grande sagacité; les uns soutj frent et se taisent; d'autres au contraire s'abandonnent à toute l'exagératioi de la douleur; il est pourtant vrai de dire que l'expression des souffrances es| presque toujours en raison de la susceptibilité du sujet, certains individus étan' beaucoup plus aptes que d'autres à ressentir les effets de la douleur: circom stancequi peut elle même servir à éclairer le diagnostic. i
Une foule d'aulres questions relatives à la sensibilité spéciale peuvent deveni i nécessaires pour concourir au diagnostic d'une maladie. Ainsi, la vue, l'ouïe l'odorat, le goût, etc., peuvent souflrir île nombreuses anomalies de sensibi | lité sans manifester aux sens du médecin aucune altération organique appré ciable. 11 en est de inème des anomalies des sensations internes, telles qun celles de la faiin , de la soif, du besoin d'uriner, etc., dont les troubles peuven encore attester une affection quelconque du centre nerveux. Enfin le médecii n'exceptera dans son interrogatoire aucune des questions capables de l'éclairé; sur les dérangemens dont sont susceptibles les l'unctions de la vie iutéric'ure notamment celles des organes de la digestion , de la respiration, de la circula tion , de la génération , des sécrétions , etc. Que si le malade lui-même , par 1< narration qu'il fait de sa maladie, prévient les questions du médecin, celui cl devra prêter la même attention et le même intérêt aux moindres détails dont le malade croira devoir l'entretenir, par cela même qu'il n'en est aucun qui ne puisse fournir au praticien quelques éclaircissemens , sinon sur la naturii de la maladie, au moins sur le caractère du malade , lequel doit lui-même ètr. pris en considération dans le jugement qui doit résulter du rapprochement de , symptômes de la maladie.
Dans le plus grand nombre des cas, et surtout dans les maladies aiguës, oi| procède d'une manière directe, c'est-à-dire, d'après la manifestation des syinp) tomes , à la détermination du siège et de la nature de la maladie. Les preraier'l phénomènes qui frappent les sens de l'observateur sont en effet ceux qui doit vent d'abord fixer son attention. Mais comme un organe est rarement maladu isolément, et qu'il existe entre tous des corrélations vitales qui les rendeii tous plus ou moins solidaires dans l'état pathologique , on doit apporter ensiiitii le même soin à les explorer tous et à noter tous les dérangemens qu'ils présen I tent. Dans d'autres cas, alors cjue les symptômes locaux sont plus ou moin, obscurs ou même insaisissables , comme d.jns quelques maladies chroniques dans beaucoup d'épidémies, dans certaines alFectiuns qui semblent porter direc tement atteinte au principe de la \ie, le médecin est, pour ainsi dire, dans h, nécessité de procéder par voie d'exclusion , et de passer en revue toutesJes! régions, tous les organes de l'économie ; et trop souvent, il faut le dire, il nti retirerait de cette exploration aucun fruit , s'il en exigeait des signes matérieUl ou sensibles. \
Tiès-fréquemment , en effet, il ne rencontre que des signes fonctionnels.! c'est-à-dire des signes qu'une connaissance plus ou moins parfaite des lois df la vie peut seule apprécier ; ce qui fait (|ue le physiologiste seul les aperçoit el| se rend compte de l'ordre dans lequel ils apparaissent et se succèdent. Lui seul] aussi peut en deviner la cause, ou en prévoir la marche et le terme , en sortej que plus le médecin connaîtra les secrets de la vie , plus il saisira facilemcnll la cause des désordres cpi'il observe. Ainsi il cherchera en vain la cause des anomalies du sentiment , du mouvement et de l'intelligence , s'il n'a appris <i connaître la part que prennent les différentes parties du système nerveux dans l'accomplissement de ces fonctions (t'ojez Convulsions, Délire , Paralysie.) De même , il ne peut espérer d'arriver à la détermination des lésions des appareils digestif, respiratoire, circula toire, etc. , s'il n'a une connaissance parfaite, non seulement de leur organisation et de leurs fonctions en général , mais encore du rôle que remplit chaque organe , chaque système d'organes en par-; ticiilier , dans la digestion, la respiration, la circulation, etc. (Fojez Coelb,: Estomac , Poi'MON , {Maladies du) , etc.)
11 n'oubliera pas que cet ordre de signes , le seul capable d'éclairer la nature et le siège d'un grand nombre de maladies ,.et surtout des maladies du système nerveux, est aussi celui qui fournit au diagnostic de toutes, les élémens les, plus certains , les plus vrais, par cela même qu'ils dérivent comme effets nécessaires et immédiats de la nature des lois de la vie qui sont invariables;! tandis que les signes matériels ou sensibles sont soumis à foutes les erreurs deSj sens du médecin , quelle que soit la perspicacité dont ils soient doués. j
Cependant , d'après tous les signes physiques et rationnels qu'il vient d observer, le médecin ne doute plus que tel ordre de phénomènes morbides n ail sa sourcedans la lésion de tel ap|)areil d'organes ; il a bien reconnu qu'ily a lésion évidente de l'un ou de plusieurs des appareils sensilif, locomoteur, respiratoire, circulatoire, digestif, iirinaire , etc.. mais il s'agit encore de déterminer rigoureusement le point affecté ainsi que le mode d'altération de l'organe malade. Ici les diliicultés redoublent , et exigent de la part du médecin une sollicitude
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jule particulière : et d'abord pour préciser le diagnostic des maladies cérérales , c'est encore à l'apprécialion physiologique des symplômes qu'il doit voir recours. Ainsi toutes les l'ois qu'il renconli era des anomalies de la sonsiilitê et de la molililé d'un seul côté, il en conclura (|ue le cerveau peut être (Tecté du côte opposé ; que , si ces anomalies aff -cleut exclusivement la mo- ,lité et la sensibilité, soil des membres supérieurs et du thorax, soit des mem- !res inférieurs, du reclum et de la vessie , la moelle épiuiére est le siéi'.e <le la iialadie , dans le premier cas vers sa portion cervicale, dans le deuxii me vers Il portion lombaire. En adinellant comme démontrées plusieurs obsei valions je physiologie expérimentale, il saura déleruiiner le siège de la maladie, 'jnfôt par l'excès de sensibilité des tegumcns ( parties cenli ales du cerveau ) , pnlôt par la paralysie des membres supérieurs (lésion des couches opti- [iies) . etc. , etc.
l Eclaii é de l'observation clinique et de l'anatomie palliologique , le praticien arviendra ainsi à décomposer jusque dans leur source la plus intime les divers jhénomènes morbides qui résultent de la difl'érence de siège des afTections célébrâtes ; il verra sans élonnement , et comme autant d'acles pour ainsi dire lécessaires , des paralysies du sentiment et du mouvement, des paralysies j)cales et générales, des paralysies simples et compliquées de convulsions , Jjiiand il saura que chaque partie de l'appareil nerveux remplit des fondions liicciales dans l'accomplissement des sensations et des mouvomens ; que ces onctions se croisent dans les hémisphères pour les sensations , dans le cervelet leur les raouvemens coordonnés , dans les moelles épinière et alont;ée pour p coniraclions musculaires non-combinées. De même , il parviendra à loeajser , à ratlacher les phénomènes moi bides à leur véritable siège dans les di- (erses partiesdes appareils respiratoire , circulatoire , digestif, etc., s'il connaît I composition intime de chacun de ces appareils , et la diversité d'élèmens orlaniques et de fonctions qu'ils retnplisseaient dans l'accomplissement de la resiralion, de la circulation, de la diiieslion, etc. En cITet. l'appareil respii atoire Isçs vaisseaux , ses nerfs , ses muscles , ses tissus meuibraiieux , pareiichymaiux , qui ayant chacun leur texture, leur vitalité et leurs usages , ont égalelent chacun leurs phénomènes phy siologi((iies et palh(ilogi |ues spéciaux. De ême , le mécanisme de la circulation exige le concours de diverses circonsinces analomiques et physiologiques dont les troubles peuvent constituer Litant de variétés distinctes de malailies. Enfin , il n'est aucune autre fonction ui ne suppose plusieurs conditions d oryanisation et de fondions capables de I manifester dans l'état morbide par des actes spéciaux Le médecin ne peut >nc assez se pénétrer de cette vérité, que , si le diagnostic est la partie la
Ius importante de la pathologie , il en est aussi la plus diflicile , celle qui exii;e plus de lumières dans toutes les parties de la science , puisqu'il embrasse ut à la fois la connaissance de l'homme sain et malade, et celle des influences I milieu desquelles il vit et contre lesiiuelles il reagit. I En pouraïuvant sur le |)l.in que nous nous sommes d'abord tracé l'étude du iagnoslic en général , on voit que nous sommes arrivé tout naturellement à la pterniinalion du diagnostic spécial de ch ique maladie en particulier ; et bmme il n'a pu entrer dans notre plan de nous occuper de ce dernier objet, pus renvoyons le lecteur à chaque article de maladie en particulier.
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DIAPEDESE. Voyez Hémorrhagte.
|D1APH0RESE , s. f. , duiplinrosis , cTfx , par, \ travers, et sc-^co, suivant lelques auteurs , et suivant d'autres, de (Axojs^.-co , je dissipe , je répands ; état accroissement de l'activité de la peau, dans lequel elle exhale une quantité us ou moins considérable de sueur.
Les physiologistes ne sont pas parfaitement d'accord sur la valeur précise de mot; les uns veulent qu il exprime cet état inlermédiaire entre la transniia- )n et la sueur, dans lequel l'exhalation cutanée est plus considérable que Ins l'état normal, mais trop faible encore pour se condenser en gouttelettes, '■[donner lieu à une véritable sueur; les autres, lui donnant une acception [us étendue, l'emploient pour désigner toute exhalation cutanée, soit qu elle ■ çhappe à l'état de vapeur ou de transpiration insensible, soit qu'elle se ■jntresous forme de sueur; enfin, M. Barbier d'Amiens voudrait qu'on le •|Sprvât pour exprimer cet état d'orgasme de la peau qui précèiie et accompaie quelquefois la sueur dans les maladies. Celte variété d'acceptions , cette •jfficulté de s'entendre sur le mot dinphorèse , l'ont fait tomber presque en isuétude, et si les médecins s'en servent encore quelquefois dans leurs écrits, 'l'St comme synonyme de Soeur. (Voyez ce mot.) (L.-Ch Rochk.) jDlAPHORETIQUE , adj. pris aussi sub>tantivcment . di/iphorrlicus , même jirmologie que le précédent. On nomme ainsi tous les agens thérapeutiques 1)1 provoquent la sueur ; mais comme on les désigne le plus communément
DlCT. DE MÉPBCIHE ET DE CuiKUnGIE PRATIQUES.
par le nom de sudorî/iqncs , c'est à ce mot que nous renvoyons leur étude.
On a cherché en vain à établir une dilTèrence entre les dlaphorèiiques et les sudoiifiques ; les premiers, a-ton dit, accroissent seulement la transpiration insensible, les seconds, provoquent la sueur. Mais on sait que suivaiit les teiupéramens , les sai.soiis , la maladie , la température à laquelle on les administre , etc. , les diapliiii èliqncs les plus faibles déterminent quelquefois des sueurs abondantes, tandis que les sudorifKpies les plus jclifs restent parfois sans elTct. Tonte diatinclion entre ces agens. doués des mêmes propriétés, mais seulement à des degrés difTèrens, est donc impossible ; elle serait entièrement arbitraire et sans aucune utilité pour la pratique. (L.-( h Roche.)
.DIAPHRAGME (Maladies du). Les maladies du diaphragme doivent être divisées en celles qui afTectent ce muscle lui-même et en celles qui atleigneitt ses artèies, ses veines, ses vaisseaux lymphatiques, sesnerfs et le double feuillet séreux dont il est enveloppé. Il reste beaucoup à faire sur ce point important de pathologie ; espérons que de nouvelles observations nous feront découvrir dans les lésions des divers élémens qui concourent à la slruduredu diaphragme la raison tie certains troubles de la respiration , qu'il a été jusqu'ici impossible de rallier à une altération organique de'Ierminée.
Art. itT. Maladie du diaphragme lui-même. \
^l. Lésions de conjonnation et de slrucliife externe. — 1 o Conformation anormale dn diophi au^mc — Chez quelques cnfans noiivean-nés , on a vu le diaphragme manquer en toutou en partie. La vie extra-utérine est, comme on le pense bien , incompatible avec l'absence com|dète du diaphragme. Dans la plupart des cas considérés comme appartenant h l'absence complète du dia- ])hra<;me, on rencontre, suivant M. J. Cloqiiet , des traces des piliers de ce nniscle. A la faveur du vice de conformation dont il s'agit, les cavités de l'abdomen et du th'irax se confondent en une seule ( celte disposition se rencontre normalement chez certains oiseaux). Le péritoine et la plèvre constiluetit alors une seule membrane, commune aux viscères abdominaux et llioraciqiies. Les premiers, refoulés dans la poitrine, compriment le cœur et les poumons, et cette seule circonstance suffirait, s'il en était besoin, pour expliquer comment les enfans porteurs de ce vice de conformation , meurent dès qu'ifs sont sortis du sein maternel.
Lorsqu'il ne manque qu'une partie du diaphragme (cas plus commun que le précédent) , la vie peut se maintenir pemlant un certain temps. Cependant, elle est gravement compromise , attendu que dans ce cas aussi. quel([ues-uns des viscères abdominaux fout irruption dans la poitrine et s'oppo.sent par la compression qu'ils exercent sur les organes de cette cavité au libre jeu de la respiration et de la circulation Les signes de la maladie qui nous occupe se confondent avec cens des h<'rnies iliaphraginatiqiies. (Voyez Hernie.)
Un autre vice de conformation, que M. J. Cloquet dit avoir rencontré trois ou quatre fois sur des cadavres d'adultes , consiste en un défaut des fibres charnues du diaphragme ilans une certaine étentlue de sa surface ; de telle .sorte qu'on trouve un espace , ordinairement arronili , dans lequel le péritoine el la plèvre sont immédiatement adossés l'un à l'autre. Celte lésion doit être considérée comme une des causes prédisposantes les plus évidentes des hernies diaphra'jmatiqiies. Quelques uns pensent que l'absi'uce d'une portion des fibres charnues du diaphragme peut dépendre d une ancienne rupture de ces fibres, le péritoine et la plèvre étant denreiirès intacts au niveau de la solution de continuité; dans ce cas, la maladie ne rentrerait plus dans la catégorie des vices de ctmformation innés ou des monstruosilés.
2° Déplacemens et com,'>re.ision du dta/>h> ngrne. — Ce genre de lésion est le résultat d'épanchemens ou de tumeurs développés, soit dans la cavité pectorale , soit dans la cavité abdominale. La nature de ces épanchemens et de ces tumeurs est fort variable. Le déplacement et la compression du diaphragme donnent lieu à un trouble p'us ou moins grave delà respiration. Le seul moyen dv remédier consiste à enlever la cause dont il dépend -.Sublald cnnsd , toUitur rjf cliis Nous (levons donc renvoyer aux diirérens articles de ce Dictionnaire où il est traité des maladies qui ont pour un de leurs principaux accidens la compression et les déplacemeus du diaphragme ( Voy ez CA^CE^.s des organes
ARDOMINAt-'X ET THORACIQUES , AnF.VRYSMES DE l'aORTE FT DC COKUU . HYPERTRO- PHIE DE CE DFBNIER 0~GANE , ÉpANCHEMENS SEREUX OU PI RCLENS DANS LA PLEVRE
OU LF pémtoine, etc. )
3". Plaies et ruptures du diaphragme. — Les plaies du diaphragme, comme celles des autres parties du corps , peuvent être produites par des instrumens piquans , tranchans ou contondans (couteau, épée, sabre, balles ou autres projectiles lancés par l'explosion de la poudre à canon). Les fragmeiis aigus de côtes fracturées percent quelquefois le diaphragme de part en part, et viennent faire saillie dans l'abdomen. M. J. Cloquet a observé deux cas de ce genre à l'hôpital Saint-Louis. E'i verlu de ses i-apports avec les organes thoraciques et abdominaux, les plaies du diaphragme sont rarement simples : le plus ordinairement, au contraire , elles sont accompagnées de la lésion de quelqu'un des organes indiqués.
Il n'est pas toujours facile de reconnaître les plaies du diaphragme. Les •symptômes graves qui les accompagnent presque toujours, dépendent pour la pliqiart de l'inflammation des parties voisines ou de la lésion de quelque organe important (cœur , poumons , foie , etc. ) Les voici : dyspnée , douleur dans la région diaphragmalique . augmentant à chaque inspiration, ce qui oblige le malade à respirer surtout par l'élévation des côtes (la dinileiir se projiage parfois jusqu'à l'épaule, en suivant le trajet du nerl phréiiique) ; cpielquefois , hoquet , mouvemens couvulsifs du diaphragme, rire sardonique et aulies accidens nerveux qui paraissent aunouctr une vive irrilatiou des nerfs phréniquesj
lî,6
DIAPHRAGMITE.
pouls petit, serré , anxiété précoriliale , sentiment tle terreur, refroidissement du corps. Cp.s syinpiômes sont, en général, assez proaiptemeut suivis de la mort.
Des phénomènes particuliers se remarquent, lorsque quelques uns des viscères abdominaux fout hernie dans la cavité pecloi ale a tiavers la plaie du diaphragme. Ces phénomènes seront indiqués à l'article Hernie.
On regarde aujour{rhui , avec raison , comme un préjugé chirurgical , cette assertion des anciens : que les plaies du centre apouévrolique du diaphragme entraînent les accidens bien autrement graves que ceux propres aux plaies îles autres parties de ce muscle. On sait que cette opinion des anciens reposait sur ce qu ils considéraient le centre apouévrolique ilu diaphragme comme constituant une membrane nerveuse.
Le tiaitement des plaies du diaphragme doit reposer sur les préceptes généraux qui seront dévelojjpés à l'article Plaies en général, auquel nous renvo)'ons.
^ Les ru/ titres du tliaphragme ( ruptures qui ne dilTèrcnl pas essentiellement des plaies) sont rares chez riiomrae. On les observe à la suite des chutes d'eudroils très-éieves , de coups violens appliqués sur le ventre ou la poitrine, d'effurts considérables , tels que ceux qui ont lieu dans l'acte de charger et de transjiorter de pcsans fardeaux, pendant l'accouclicment , etc. Le passage îles viscères abdominaux d.ins la cavité pectorale est la suite ordinaire des ruptures un peu étendue du diaphragme. Ces ruptures sont immédiatement suivies des symptômes les plus graves, tels que une douleur déchirante dans la région du diaphragme, nue imminente suirocafion, la décoloration et le refroidissement de la peau , la petitesse du pouls, les lypoihymies. La mort arrive, en général, au bout d'un temps très court. Les individus qui sont assez heureux pour ne pas succomber , restent sujets, dit M. J. Cloquet , a divers accidens, tels que des constipations opiniâtres, des vomissemcns, des coli(|ues. de vives douleurs dans la poitrine, accidens malheureusement sans remèile efficace. A la mort de ces malades, on trouve, selon le chirurgien distingué que nous venons de nommer, les b<uds de la rupture arrondis, calleux , cicatrisés ou adhérens aux organes voisins.
Les solutions de continuité du diaphragme ne sont pas toujours le résultat de causes trauiniitic/ues ; elles sont (juelquefois la suite il une inflammation ulcérative qui , née ordinairement dans les organes voisins , se propage peu a peu au ili.iphragnie.
^ II. Lésions de la structure inUviie du diaijliragme. — !<>. Hypertrophie, irophie. Il n'a encore été recueilli, du moins que je sache, aucun cas authentique d'hypertrophie ou d'atiophie du diajihragme. Ce point intéressant de la pathologie du dia{)liragme est tout-h-fait neuf.
2°. liijliunmutiuii du d tu pli racine. (F'vjez Diaphragmite. )
AkT. 2. LkSIONS des vaisseaux , DES KEEFS ET DU TISSU SEREUX QUI CONCOURENT A LA COMPOSI'UOM DU DIAPHr.AGME.
1°. Lésions di'S nerfs tliapitragmatiijiios. Ces lésions réclament de nouvelles recherches. Certaines douleurs rhuiuatismales siégeant il.ius la région du diaphragme , et se propageant jusqu'à l'épaule, doivent probablement être rapportées à une irritation îles nerfs phréuiques. Celte névralgie enraye en quelque sorte les mouvemens du diaphragme , soit par elle-même, soit parce c|ue ceux ci ont pour efi'et nécessaire de l'augmenter. L'action des nerfs destinés au mouvement du diaphragme, suivant qu'elle est augmentée ou diminuée, peut donner lieu à îles mouvemens tonvulbifs de ce muscle, à des hoquets, ou bien it une paralysie complète ou incomplète de ce même muscle. Ju.^ipi'ici on ne possède que peu de taifs de paralysie directe des nerfs phréuiques. M. Andral a rapporté dans sa C.'iiiujue médicale un cas île ce genre. La paralysie était proiluite par la compression qu'exerçait une tumeur sur les nerfs diaphragmai iques. Qu.iiit aux cas de par.ilysie indirecte du diaphragme, c'està-dire produite par une lésion de la moelle épinière au-dessus de rorii;iue des iierfs phrcinques, ils ne sont pas très-rares. La paralysie complète du diaphragme enlr.iine bientôt la mort par sufToeation ou asphyxie. [Foyez Moelle
ÉPIMÈRE , JNeIITS. )
2°. Maluilies di s vaisseaux dri'phriigmalif/ues. Les vaisseaux du diaphragme, soit sanguins , soil ly niphal icpies , sont susceptibles des mêmes lésions que tous les autres vai-.'.caux en général. Malheureusement la science ne po.^sède encore, à ma conn lissauce ■ aucune observation détaillée propre à cousiater ces lésions et les diU'érens symptômes qui pourraient lea f.iire reconnaître. L'analogie est le seul guide qui puisse nous diriger dans celle matière. Ainsi donc le lecteur pourra appliquer au cas particulier iloat nous nous occupons ici, les considcralions qui ont éle présentées aux articles Artères ( yi/«/«<//ei t/ei ) et celles qui le seront aux articles Veines et Lymphatiques {MaLadies des).
3». Lésions du ilouble feuillet séreux qiti r. y>éi. le diapliragiti:-. — Ces lésions seront décrites aux ariicles ( lèvre {Maladie de ii). Péritoine [nvdadie du) , et aux mots Pleurésie et I'éuitonite ( pleurésie et \>ériloi\nc di,iphragm<i tiques). Dirons seulement ici que la plupart des lésions organi(|ues du lissu propre du (lia|diragciie sont consécutives à celles delà plèvre ou du péritoine qui tapissiMit ce tiss,.. Bouillald )
DlAPllliA.GMITii;. On donne ce nom à l'inflammation du iliapliraginc . La phli gmasie générale ou partielle du lissu propre ou musculaire du di.iphragme est rarement priuiitive et simple. Je crois même que les annales de la médecine ne cuntieiiueut aucun fait avéré de ce genre. Mais les exemples irinflammation soil aiguë . soit chronique , de la plèvre qui revêt la face supérieure du diaphragme ou du pcriluine ipii tapisse la face inféiieure de ce même muscle, ne sont que trop nombreux. On verra aux mots Péihtomte et Pleurésie quels
( "12 ) DIARRHEE. I
sont les signes au moyen desquels on peut reconnaître que rindammation oc' cupe la portion diaphragmalique de la plèvre ou du péritoine. Nous devon: dire seuleinenl ici que dans les cas de pleurésie ou de péritonite diaphragmati ques , il est très-vraisemblable que les tissus cidlulaire , fibreux et musculaire du diaphragme pai ticipeiil plus ou moins a la ])hlegmasie ; et de là , en partie l'extrême gravité de celle variété de la pleurésie et de la péritonite. Lorsqui cette variété revêt la forme chronique, il en résulte des productions anor niales , telles que des plaques fibreuses, cartilagineuses , calcaires , etc. , e dans quelques cas des ulcérations qui peuvent intéresser toute l'épaisseur di iliaphragme. J'ai rencontré un cas de ce genre de perforation diaphragmaliqiil chez une tomme qui succomba à une péritonite clironiipie. Les bords de la pen loralion étaient adhérens aux points correspoudans du poumon , et son fou( était formé par une portion de ce dernier organe.
On sait que de semblabes perforations succèdent quelquefois à certaine phlegmasies du bord supérieur du foie, et que l'on a vu le pus des abcès de ce organe se faire jour dans le poumon, pénétrer dans les conduits bronchique et être évacué ensuite par l'expectoration. Certaines perforations du diapliragm l sont aussi consécutives à une phlegniasie nlcérative île la portion voisine d 1 l'estomac. Nous ne saurions partager encore l'opinion de M. le docteur Cars wel, qui attribue les perforations de ce dernier genre à l'action corrosive di| suc gaslriipie.
JN ous nous bornerons à ces rapides considérations sur la diaphragmite, e nous renvoyons pour de plus amples détails aux articles Paraphrénésie , Péri tokite et Pleurésie. (J. Buuillald. ) j
DIARRHEE , s. f. , dlarrhœa , ^tappax., de Jtx, à travers , et ^îcu.je coule aZi'i /;/•()//«, /u/H ; vulgairement //ti.c du venLre , cours de ventre , dévoit ment On confond généralemeiit sous le nom de diarrhée des aU'ections de naturdiverse, et qui n'ont de commun qu'un symptôme, savoir, la Iréquence de déjections alviiies et la liquidité des matières excrétées. Ainsi , rinflainmalioi du colon , lorsqu'elle n'est pas accompagnée de fréquence du pouls el d'ac croisseuient de la chaleur de la peau; rulcération de l'exlrêniitè de l'intestii, giêle,qui succède fréqueiumtnt à l'entérite; les évacuations fréquentes di matières stertorales à demi liquides auxc|uels sont sujets les hommes qui sur chargent habituellement leur estomac d'une plus grande quantité d'alimen ; qu il n'en peut digérer; les évacuations de même nature que l'on observe asse fréi|uemment chez les individus très-nerveux , et ([ui paraissent dépendre d'ui, accroissement anormal de la sensibilité de la membrane muqueuse intestinale , les déjections bilieuses abondantes et répétées , nommées vulgairement dcbur , dément de bile, et que provoquent souvent les premières graiules ehaleuischr quelques individus, un accès de colère ou une forte impression morale chc d'autres; l'excrétion de matières en grande partie ou en totalité loruiées pa, du mucus transparent et visqueux, qui accompagne quelquelois la broiichiti épidémique, ou se déclare sous l'influence des mêmes causes qi,(L produiseii celle ci; les évacuations d'une matière séieuse à peine trouble et quelquefois limpide , souvent symplomaliques de la elentition chez les jeunes eutans , quel j quefois idiopathiques , et dans quehpies cas critiques d'une hydropisie; eiifil les garde-robes demi -liquides qui ont lieu chez quelques convalescens , et qu sont le résultat de la digestion impai faite des quatre ou cinq rei)as qu ils pren nent chaque jour, etc. ; toutes ces atl'eclious, en raison de leur principal symp tome, sont en général désignées sous le nom de dian liées. Et cependant, combien ne dillèrent elles pas quanta leur nature? 11 suit de la que la diarrhél| n'est qu'un symptôme, et jamais une maladie. Nous devrions donc à la rigueui en renvoyer 1 histoire à chacune des maladies dont elle dépend ; mais la plu-^ part de ces atfeclions sont trop légères pour mériter une description pai ticii-| lière ; il serait même difficile d'imposer à la plupart d entre elles un uoni qu | exprimât leur véritable nature; nous nous conlormerons donc à l'usage adopttj en les réunissant dans une même élude. C'est d'ailleurs , il ne faut jamais l'oublier , pour des praticiens et non pour des théoriciens que nous écrivons; et sont oar conséipient les diflicultés de l'art encore plus que celles de la science, que nous devons chei cher à leur aplanir. \ JNous avons déjà parle île l.i diai ihce qui dépend de l'inflammation du colon, j à l'article colite (i">jez Colite) ; nous traiterons île celle qui est produite pai| l'ulcéraliou de l'iléon lorsqu'il sera question de 1 enlérile (vnyiz Entérite); iI| ne nous reste donc à nous occuper ici que des autres diarrhées précédemment , indiquées. Elis sont généralement connues sous les noms de diarrliées sierco- , rule , neri'euse . biUuse , muqueuse , séreuse ; j'appellerai la dernière, diarrlieC] des co nvttlescens.
Diarrhée stercorale. — On nomme ainsi une diarrhée assez commune chez les personnes qui mangent trop, et principalement chez les vieillards gloutons, et qui n'est |)ar consétpient que le symptôme d'indigestions répétées. Quelque-, fois c est moins à la trop grande quantité d'alimens quelle est due qu'à leur qualité, et les substances alimentaires qui peuvent ainsi la produire ilillèreiit , suivant les susceptibilités de restoniac. Chez quelques personnes, c'est la viande , de pore qui la provoque; chez d'autres, c'est celle de veau ; chez ceux-ci le gibier, chez eeux-la certains légumes, etc., etc. Elle consiste, coiiiaie son , nom l'indique, en des selles plus ou moins fréiiuenlcs, mais cependant jamais , très-nombreuses ( trois ou quatre par jours) , formées par des matières stercorales liquides, ordinairement d un brun noirâtre, el presque toujours Irès-fi lidcs. , Il n'est pas rare qu il n'y ail qu'une selle de celte nature dans les viug-qualre ; heures ; elle a lieu ordinairement une ou deux heures après le repas le plus copieux de la journée. Cette diarrhée s'annonce par un sentiment de lassitude dans les membres et principalement dans les lombes, la chaleur et la sécheresse de la paume des maïus , et une inaptitude extrême, mais moiueutance ,
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travaux intellectuels. La diii-ée Je ces prodrômes est en général fort courte ; e n'est souvent que de quelques minutes, et niremeut elle dépasse deux ures; il survient bientôt des borborygmes , puis des coliques partois aiguës i brisent toutes les forces, et enfiu un besoin impérieux d'aller à la gardebe. Chaque selle jette le malade dans un état de faiblesse souvent extrême , lis elle est toujours suivie d'un soulagement très-marqué , et même le plus [linaireiuent d'un senliment de bien-être et du rétablissement immédiat et mplet delà sanlé. Celte affection n'a jamais de gravité par elle-même; e finit cependant par en acquérir quand on l'entretient et qu'on l'exaspère is cesse par de continuels écarts de régime j mais c'est qu'alors la membrane :jueuse intestinale s'est enflam née ou ulcérée sous l intluence des irritations i-nalières auxquelles elle a été long-temps soumise ; c'est une autre maladie li s'est dévelop|iée.
Nous devons rapprocher de cette forme de diarrhée celle que les auteurs ont ramée éphémère , laipielle se déclare accidentellement , à l occasiou d'un reiidissement considrrabie des pieds ou de toute autre cause pendant la diges- 'n; celle qui survient de temps en temps, et sans cause appréciable, aux rsonnes hahiluelleinent conslipées ; eulin celle que l'on voit se manifester elqnefois dans le cours d'une maladie aiguë, formée de matières stercorales mme les précétlentes, bien qu elle se déclare souvent après <lix à quinze jours ibstinence. et (pii est comme la crise de ces maladies. Mais les deux premièies sont que des accidens passagers qui ne mérilent pas même le nom de malais , et ne réclament aucun traitement; la dernière , loin d'indiquer un état )rbide, aiinonce ordinairement le rétablissement des fonctions. [Le traitement de la diarrhée stercorale est très-simple ; il repose presque entier sur des prt'eaulions de régime. S'abstenir des alimeiis dont l'expé- 'iice a appris à se d< fier, ne jamais surcharger l'estom.ic de ceux même qu'il ère avec le plus de facilité, et, pour les vieillards, (aire un usage modéré [n vin généreux pour faciliter les digestions ; tels sont les moyens de prévenir lie incommodité ; des lavemens il'eau simple ou faits avec une (lecoction émolnte, un peu d'eau de riz, une derai-diète, siiilisent pour la guérir. iDiai-rliée nerveuse. — Les personnes Irès-nerveuses sont quelquefois tonrrntées de diarrh e, malgré la plus grande sobriété et les pn cautions du rime en ap()arence les mieux entendues. Elles en sont fré((ueiuuient prises à Isuile d'une impression morale vive, et surtout après une frayeur ou un violit chagrin; souvent aussi c'est le froid vif qui la provoque chez elles , il suffit (elqnefois de la présence d une très-grande quantité d électi icilé dans Tatmos- ]ère pour la faire naître; enfin dans un assez grand nombre de cas, elle surent sans cause appréciable. Elle est assez commune à Paris. ]omme la précédente , elle est formée par des matières stercorales liquides , 1 ullat des digestions troublées de chaque repas ; elle se compose de quatre t cinq selles |)ar jour au plus . et souvent d'une ou deux seulement ; elle s'ac- (npagne de chaleur et de sécheresse de la paume des mains, de fatigue des llnibres et des lombes, d'inaptitude passagère au travail inlellecluel , de borit-ygmes et de coliques ; elle produit un grand sentiment de faiblesse pendant te les malailes vont à la garde-robe ; enfin elle est suivie de soulagement ï ès chaque selle. Ses symptômes, en un mot, ne diffèrent pas de ceux de la f rrhée stercorale ; mais, sans être ordinairement ilangereuse , elle est cepencit plus grave que celle-ci , plus difficile à arrêter; elle é[)uise davantage les ijlades, entraille une émaciation partois assez rapide , et devient quelquefois i^este.
La diarrhée nerveuse est presque toujours exaspére'e par le régime lacté et fuient, par les boissons délayaules, et surtout |)ar les évacuations sanguines Ijales. Ce traitement peut donc servir comme de pierre de touche, pour la ïonnaiire dans les cas assez communs où il est difficile de la distingerde la cite et de la diarrhée stercorale. Elle c de ordinairement au contraire à un r[ime composé de bouillon gras froi<l , d œufs frais, de viandes rôties, de vin clBordeaux étendu d'eau, secondé par l'emploi des bains tièdes et 1 usage de ctelques tasses par jour d'une infusion légère de menthe poivrée, de mélisse, c sauge, de lavande, de romari^i de marrube ; en un mot, d'une plante aro- Itique quelconque. Je l'ai vue résister à tous ces moyens , et céder , après ■jisieurs mois de durée, dès les premiers jours d'un voyage dans lequel on I bservait plus aucun régime; je l'ai vue guérir immédiatement, après un diner ■oienx et largement arrosé de vin de Champagne , que j avais conseillé dans cbut et en désespoir de cause ; enfin, je l'ai vue cétler à la drogue de Leroy; tis je l'ai vue s'exaspérer d'une manière alarmante sous 1 influence des purgifs les plus doux. Celui de tous qui m a le mieux réussi en pareil cas, c'est la {Ipe de casse.
l)n relire rarement de bons effets des astringens dans cette diarrhée ; le diascklium seul s'y montre quel()uef(iis utile; il est probable qu'il doit son efllca- 13 dans ce cas à ropium qu'il contient; b^s opiacés soulagent en effet fréqueml|nt dans cette affection. Les frictions sèches sur tout le corps et l'exercice au £ind air sont des moyens qu'il ne faut p.is négliger. On doit aussi conseiller m. personnes qui ont élé plusieurs fois tourmentées par celte maladie , et qui Ipilent une grande ville, de porter des gilets et des caleçons de flanelle imlidiatemenf sur la peau.
ÏDiarrhée bilieuse. — Les personnes brunes, sèches, à système veineux très- (l'/eloppé , sont assez communément prises au printemps d'une diarrhée bili!Jse,qui coiisislent, comme son nom l'indique, en une excrétion très abon- «ate de bile, jaune ou verdâtre et porracée. Cette diarrhée dure rarement plus (j trois à quatre jours; elle est presque toujours accompagnée d'un peu de *f, de sécheresse de la peau, d'une légère teinte jaune de la sclérotique et «i.ailes du nez, d'un enduit jaunâtre sur la langue, et d'amertume de 14
bouche. Elle est presque toujours salutaire, et la plupart des individus qui en sont affectés tous les ans. éprouvent beaucoup de m.d-aise et deviennent quelquefois tout-à l'ait malades , lorsque celte évacuation habituelle n'a pas lieu comme à l'ordinaire. Un accès de colère la provoque quelquefois immédiatement chez les hommes d'un tempérament très-bilieux ; elle se développe souvent aussi sans cause appréciable.
La diarrhée bilieuse parait dépendre uniquement d'un accroissement subit de la sécrétion du foie ; celle qui suit immédiatement un accès de colère est certainement dans ce cas. Il se peut que celle qui nait sous l'influence des premières chaleurs résulte, comme le pensent plusieurs auteurs, d'une irritation du iluodénum transmise synipathiquement au foie, mais je crois tout aussi fondée l'opinion qui regarde l'action de la chaleur comme directe sur cet organe.
En général, il y a peu de chose h faire contre cette légère affection; des bains, quel([ues lavemens, un peu de limonade , du petit lait, du bouillon de veau ou du bouillon d'herbes, et une dicte plus ou moins sévère, suivant le nombre des selles . composent tout son traitement. Cepeiulaut , il arrive quelquefois qu'elle se prolonge au delà de sa durée orilinaire, et que les symptômes qui l'aecompagnent prennent plus d'intensité. 11 est probable que dans ces cas l'irritation du duodénum ou du foie s'est élevée au tiegré de l'inflammation commençante ; il faut alors insister sur l'emploi des moyens précédemment indiqués, imposer une diète absolue . et faire appliquer quehjues sangsues , soit à l'anus , soit sur l'hypocondre droit.
Diarriiée ntui/ueuse — Celle forme de la tliarrhée est presque toujours symptomatique d'une inflammation du colon ; quelquefois cepi-ndant elle consiste dans un siuiple accroissement de la sécrétion du mucus intestinal. Dans ce cas, qui doit seul nous occuper ici , le pouls reste calme et la peau fraîche , et cependant la soif est ordinairement très-vive et les coli([ues sont ordinairement violentes. Les selles sont formées en totalité ou en partie par du mucus transparent et visipieux, qui se dépose au fond du vase en flocons ou en une seule masse ressemblant à de la gélatine. Cette affection se développe presque constamment sous l'iiifliience du froid humide, aussi est-elle toujours d'assez longue durée lorsque cette température se prolonge. On la combat efîicacenient au début par l'eau de riz gommeuse , le régime lacté et féculent , et les lavemens chargés d'amidon et d un peu d'opium. Lorsqu'elle résiste à ces moyens, et qu'elle a iléjii quelcpie jour de durée, il faut avoir recours aux astringens, tels que les décoctions de cachou, de historié, de simarouba , de toimenlille , le sirop de coings, la conserve de roses rouges, l'extrait de cynorrhodon , le diascordium. Il est toujours avantageux , et quelquefois indispensable de seconder les effets de ces agens par tous les moyens extérieurs propres à exciter
I action de la peau, comme les fiiclions sèches, les bains de vapeurs d'eau simple ou chargée de principes aromati(pies ou spiritueux , et l'application de la flanelle sur la peau. C'est dans cette forme tie diarrhée cpie les |)urgatifs , et principalement les purgatifs salins , comptent de nombreux succès.
Diarrhée si'reuse. — La diarrhée séreuse consiste en des selles semblables à de l'eau légèrement trouble , et quelc|iiefois même entièrement lim[)ide; c'est une hy|)ei diaci isie ou sécrétion morbide. Chez les jeunes enfans, elle est trèssouvent sympathique delà dentition, et quehpielois le prékule de l'hydrocéphale aiguë. Chez les adultes , on la voit quelquefois se déclarer tout à coup et faire disparaître rapidement un hydro-thorax ou une ascile. Dans qiiehjues cas, elle se développe sans cause connue , ou après l'ingestion d'une substance nuisible , ainsi que cela parait être arrivé à Morgagni. Enfin , dans les épidémies de dyssenlerie, il est rare que l'on n'ait pas occasion d'observer qiiehpies exemples de diari liée séreuse ; il paraît même que cette foi me dominait dans la dyssenterie qui régna a Londres en 1670. Willis, qui nous l'a décrite sous le nom de (Ij sscntrrie séreuse , pense qu'elle fut produite par des écarts de régime et l'abus lies fruits.
La iliari bée séreuse n'est pas ordinairement accompagnée de symptômes de réaction. Chez les jeunes enfans surtout , on voit souvent le ventre rester frais , souple, indolent, malgré des selles séreuses abondantes et répétées; le symptôme le plus constant est la soif. Il n'est pas rare non plus de la voir exempte de coliques. Tout cela se conçoit aisément lorsqu'on réfléchit que cette diarrhée est dans la plupart des cas s^Mnpathique ou critique. Mais lorsqu'elle est idiopathique , elle provoque , à des degrés divers , suivant qu'elle est plus ou moins intense, la soif, la fréquence du pouls, l'accroisssement de la chaleur tic la peau, le ballonnement et la tension du ventre , et des coliques plus ou moins violentes. De toutes les formes de la diarrhée, c'est peut-être celle qui jette les malades dans un affaissement plus considérable, et qui entraîne une émaciation plus rapide. Elle est en général de courte durée; elle se termine quelquefois d une manière funeste.
Lorsque la d arrhée séreuse des enfans est symptomatique de la dentition, elle réclame en général peu de remèdes, mais toujours beaucoup d'attention.
II y a quelquefois du danger à l'arrêter. En effet, lorsque le travail de la dentition est douloureux, il irrite sympalhiqueirent l'encéphale ou les voies digestives chez la plupart des enfans, et provoque des convulsions ou la iliarrhée. S'il n'agit pas sur l'une de ces parties, il agit sur l'autre d une manière en quelque sorte nécessaire , parce qu'un point foi teraeni douloureux associe toujours quelque organe à sa soufl'rauce. En arrêtant tout à coup une diarrhée sympathique de la dentition , on peut donc craindre de la voir subitement remplacée par l'irritation de l'encéphale. Cet en effet ce qui arrive, et la plupart des mères savent bien nous dire qu'il ne faut pas arrêter le dévoieiiicnl de leurs enfans lorsqu'ils font des dents , sous peine de les voir pris de convulsions. On doit donc en général se borner à diminuer cette diarrhée et à la maintenir dans
DIASCORDIUM. ( 7M )
de justes limites, h Taide des moyens ordinaires : boissons gommeuscs, lavemens émolliens et opiacés , réyime féculent et laclé , et ne la comballre éiicrgiqiiemi^nt par les saignées locales et une dièle sévère, que lorsque, par sa violence ou sa conlinuitc , elle coiiiproniet l'existc^nce des petits malades. Toutefois, il ne faut pi»s s'abandonner à trop de sécurité, et parce qu'on a prononcé qu'une durrliée est sympaltiique de la dentition , se croire dispensé dans tous les cas de la comb.iltre. Combien n'avons-nous pas vu de mallieureux enfans devenir victimes ilu funeste préjugé, si répandu dans le peuple, qui prescrit de respecter cette diuirliée? Tant i|ue les petits malades conservent de la gaieté, de l'appétit, le sommeil, la peau fraiclie, le pouls calme, le ventre souple et indolent, il n'y a rien à faire; mais aussitôt qu'on les voit devenir tristes , perdre l'appétit et maigrir, il tant combaltre la iliarrhée par les moyens précédennneiit inilH|ués; et si la lièvre s'allume, si le ventre se tend et devient douloureux , si les selles changent de nature, et de séreuses deviennent bilieuses , jaunes ou vertlàlres, ou sanglantes, traiter la diarihée comme coble aiguë ; car, en eil'et, l irritalion sécréloire s est convertie en milammatiou.
11 est presque superflu de dire qu'on doit toujours respecter la diai ibée séreuse qui survient tout à coup chez les hydropiques, puisqu'elle est ordinairement suivie de la dispaiition de l épanchemcnt.
Le traitement de la diarrhée séreuse idiopalliique repose sur les mêmes bases que celui de la diaiihee muqueuse, avec laquelle elle a beaucoup d'analogie : au début, les émolliens, les gommeux, les opiacés, et le régime léeulenl et lacté . si la maladie est ' peu intense; des saignées locales et la tliète sévère, ontre les moyens précéilens, si au contraire elle offre quelque giavité, et plus tard, les astringens. C'est contre cette diarrhée surtout que l'on retire de bons effets de l'inlusion d'ipécacuanha et de celle de rhubarbe. Comme la précédente , elle guérit l'i éc|uemment aussi sous 1 influence des purgatiCs.
Diirrhée des coin'desceiis. — Voici tl'abord en quoi cette diarrhée consiste. Le convalescent se plaint d'aller quatre à cinq fois à la garde-robe dans la journée, sans douleurs ni coliques, les selles aont à demi consistantes; malgré un vif appétit et une alimentation suflisante , ses forces ne se réparent ))as. En obsei vant avec attention , on ne tarde pas à s'apercevoir que le nombre des garde-iobes est égal h celui des repas, et qu'elles ont lieu deux heures ordinairement après l'ingeslion des alimens. Cette diarrhée parait donc être due à ce que les aliniens ne séjournent pas assez long-temps ilaus l'estomac , et sont soustraits à son action avant d'avoir subi leur première élaboration ifinie manière complète, piobablemenl par délaut de ton de la part de cet organe. Ce qui le prouve , c'est que le meilleur moyen de remédier h cette diarrhée , c'est (le faire prendre immédiatement après ch.ique icpas une dose moilérée d un vin pur et généreux, tel que la plupart des vins d'Espagne et le vieux vin de Bordeaux.
Je n'ai |)as cru devoir consacrer une section particulière à une diarrhée connue sous le nom diai rliée îles enfuns , laquelle Jépend , chez les enfans encore à la mamelle, de la mauvaise qualité du lait de la nourrice , et chez ceux ipie l'on sèvre , de ce (|ue le sevrage est trop brusque. Celle iliarrhée n'ofire rien de particulier; ou la guérit , dans le premier cas , en changeant l'enfant de nourrice , et, dans le seeoiul , en lui reiulant le sein, et ne le ramenant aux alimens que par une gradation bien ménagée. Je renvoie , pour ce qui concerne la diarrhée. colluptatL'e , à l'article Entkrite.
Outre les symptômes particuliers de chacune des diarrhées que nous venons d'éluilii'r, il y a des symptômes généraux qui sont communs à toutes lorsqu'elles sont intenses. Ils consistent dans de l'inappétence ou du dégoût, la tension, la chaleur et la sensibilité de l'abdomen . le Iroubie des digestions, les colliques , les nausées . les borbory gm-^'s , les défaillances , un sentiment de chaleur et de cuisson à l'anus , l'accroissement de la chaleur cutanée , et la fréquence du pouls. On voit qu'ils ne diffèrent pas de ceux de la colite légère; c'est qu'en effet toutes les diarrhées précédemment décrites ne peuvent acquérir un certain degré d'intensité ou se prolonger pendant quelque temps, sans que la membrane muqueuse intestinale s'enflamme. El lorsque les malades succombent à ces affeclions , on trouve cette membrane d'un rouge plus on moins foncé, épaissie , ulcérée , etc., en un mot , dans le même état qu'à la suite de la colite aiguë et chronique. Cette simililnde de .symplônics et ile'lésions dans quelques cas a fait avancer h plusieurs auteurs l'opinion que toutes les diarrhées dépendent de l'inflammation lie la membrane muqueuse des intestins. Nous croyons que l'opinion contraire ressort suffisamment de tout ce qui précède , pour ne pas nous arrêter à discuter ce point important de pathologie.
Quelques règles de traitement sont égaleaicnt communes à toutes les diarrhées intenses : telles sont la privation plus ou moins complète des alimens, l'abstinence des substances animales, l'usage des bains, les friclions, les vêlemens de flanelle appliqués immédiatement sur la peau . rh:ibilation dans un air sec et chaud, etc. Mais toutes ces règles ont été tracées à l'article Colite et nous y renvoyons pour éviter des redites.
Leichner. De diarihoeà qu;î(Iam e|ji(Ieniicâ. Eifurt, 16 6, \d-^o.
Ravcllf. Di.s^prlHlion .sur la nature «les cours de ventre et sur les remè.les qu'on peut J apjiorlpr. l'aiis, 1677, in-12.
Coscliwiz. Dis.siTlalio île diarrliœii l>ilro!ill. Halîe, 1729, in-4». Anr.de Jii.tsieii. Ergo iiiveleralis aivi (lii^ilms «iniaroulia. Pari.'î, 1730 , in-4». T*'. HofJ'mttnn De cliolcra et flian lioâ biliciî iliescs p;llll(ll()^i^■aE Opéra omnia. Genève, 1748. Dalmas. Dissfi lalinn sur une espèce parliculièie Je diarrhée. Paris, 1808, in-i». Col.^un. Essai sur la diarrliép. Pafis, 1808, în-^o, poitevin. Dissertalioa sur la diairbce niutjueuse. Paris, 1810, in-4'*.
( I,.-Ch. Roche.)
DIA.SCORDIUM , s. m. diasrordium , électuaire astringent et narcotique , <yii doit son nom à la présence des feuilles du scordium dans sa composition.
DIATHESE.
On l'appelle aussi confection de Fracastor, parce qu'il a été inventé par le n decin italien de ce nom.
Sa formule est très compliquée; c'est la suivante. Prenez : feuilles de sco dium , une once et demie ; roses de Provins , racine de bistorte , de genliani de tormentille, cassa lignea , canelle, diclame de Crète, semence de berberi slyrax calamité , galbaiium , gomme arabique , de chaque une demi-once ; b d'Arménie préparé , deux onces , laudanum , gingembre . poivre long , de ch que deux gros ; miel rosat , deux livres ; vin d'Espagne , suffisante quantité. C prépare avec toutes ces substances un électuaire, d'après les règles de l'a pharmaceuti([ue. ( ^'oj'ez Élixtlaire. )
A ne considérer rpie le grand nombre et la variété des médicamens qui e trent dans la composition du diascordiiim , on serait tenter de l envelopp dans la proscription qui depuis long-tetnps a débarrassé la matière niédica d'une foule de préparations analogues , telles que le culholicum double, l'o/vi ttm^Vélevtuaire Millirùlale. Vélecltiairc Diiip/tœuix coiifeclion Hrnciiilht l'opiat de Sfi/omnn , etc. Mais quand on a été témoin de ses effets thérapeul ques , ou ne farde pas à revenir de la prévention que la complication de sa fo mule fait naitre. C est en effet un médicament fort utile , journellement presci avec le |dus grand succès par les praticiens.
On emploie le diascordimn d i'^s toutes les diarrhées qui ne sont pas accon pagnées d'accélération du pouls ni île chaleur de la peau , dans les diarrhée séreures. muqueuses, nerveuses , dans celles qui succèdent aux excès de tabi dans celle qui accompagne la phthisie; h la fin des colites aiguës lorsque réaction est éteinte j enfin . dans toutes les colites chroniques, lorque l'intest n'est pas ulcéré. On y avait encore recours autrefois pour stimuler l'action o l'estomac et.réveiller les fonctions digeslives languissantes ; mais on préfère g( iiéraleineiit aujourd'hui pour cet effet la thériaque. et principalement celle q a vieilli. Enfui , on le faisait entrer avee le vin , la teinture de canelle et le si, cre , dans la composition d'une potion coidiide que l'on avait coulume d'adtn nistrer aux agonisans comme dernière ressource, et dans l'intention de ranimt la vie prête à s'éteindre. Cette inédicalion toujours impuissante, et plus propij en géïK ral il hâter la fin des malades qu'à la retarder, est aujourd'hui cotnpif temenl abandonnée. L'emploi du diascordiuui est donc borné maintenant aul seuls cas de diarrhée et île colite précédemment indiqués ; on le donne depir la dose de vingt- quatre grains chez les enfans , jusqu'à celle d'un gros et den' à deux gros [)ar jour chez les adultes. ' '
C'est comme astringent et narcotique tout à la fois que le diascordium agi' On pourrait probablement simplifier beaucoup sa foi mule sans lui rien faiij ]ierdre de celle double propriété; mais un respect presque superstitieux l ! ""J protégé jusqu'à ce jour et le protège encore contre tout essai de inodificalioi' 1"
(L.-Ch. Roche.) ' "
DIASTàSE ou DIASTASIS. s. f. diasta.us; de oV-jr//.!, séparer. Ce mol été employé dans difi'erentes acceptions par les anciens : la seule que les dénies lui ait conservée , est celle par la(|uelle il exprime l'écartement de deu'j os unis par des arliculaliiuis peu mobiles ou lout-à-fdt privées de mouvi'ment| dans l'ctal normal. Hippociate et Galieu avaient iléjà donné ce nom à l'écarttl nient des sutures qui unissent les os du crâne entre eux. Les modernes l'or" employé pour désigner l'écartement du tibia et du peronné, et celui du radiusf j du cubitus , unis par une double articulation latérale. L'écartement des os bassin est au-.si une véritable iliastase. J
Mais il est facile de voir que l'écartement des surfaces articulaires indiquéel ^ constitue plutôt un accident de certaines maladies, qu'une maladie véritable' C est ainsi que la diastase des os de l.i jambe ou de l'avanl-bras , si tant es| * qu'elle puisse exister sans fracture de l uii des deux os quand elle dépend d'uiv violence extérieure, n'est qu'une entorse ou un commencement de luxation, e' f" que , quand elle est spontanée , elle n'est rien autre chose qu'un degré del'ar "" thril e chronique ; c'est encore ainsi que l'écartement des sutures des os du crânJ î'' se confond toul-à-fail avec les plaies , et sui tout les fraclui es de cette boite osl " seuse. Enfin, e est ainsi que l'écartement des os du ba.^sin est un phénomenil ^ physiologique, dépendant i\e\'c\n\.i\e pestai •on , on le résultat AeVarlhrite chro]^ *| nique ou celui de {'urlhi ite tnguë accompagne la plilrgmnlia alba dolensA*, " quebjues auteurs modernes. Ce mot doit donc être rajé du vocabulaire mé.j * dieal. ^ (L.-J. Sansom.) "
DIAIHÈSE. s. f., dialhesis , de t^iaiviTt? disposition. Les auteurs sont pei' ? d'accord sur la véritable signification de ce mol ; mais sans m'arrêter à indiqiiei| ^ ici toutes les acceptions qu'il a reçues depuis Galien , qui n'y attachait qu ur, sens très-vague, celui de manière d'être générale d'un individu (liabitus)i^ ^ jusqu'à Toniinasini et les médecins de son école, qui s'en servent pourexpri-^ ^ mer cet état de l'économie qui permet à une maladie quelcoii(|ue de se develop , per, et l'entretient encore apiès la cessation de la cause accidentelle qui 1 ' provoquée , je dir ai de suile ce qu'on entend aujourd'hui par diathèse , et J e»-j ^ sayerai il'en préciser davantage encore la significalion. . j i
Par dicithèse , on entend donc au|Ourd'liui toute manière d'èire de l'organi.' sation en verlu de laquelle une maladie, qui n'oecu|)e d'abord qu'un tissu, se red ^ pète bientôt dans d'autres organes, sans que la cause qui l'a d'abord faitnaitrc! se reproduise. On ignore complètement en quoi consiste , cette manière d être ; elle ne nous est connue que par ses effets; mais on ne saurait douter qu'elle no diffère pour chaque maladie susceptible de se ré[)éter ainsi sous sa propre influence. Il y a donc autant de diathèses que de maladies de cette nature. Cherchons quelles sont ces maladies.
De tous temps, les observateurs ont remarqué que chez certains malades, il suffisait qu'un point iV in/lammnlion existât dans un organe quelconque ^ poui que bientôt , et sans causes nouvelles , on vit se développer une «crie d'inflam-
DÎTRETIQUÈ.
DOCIMASIE,
'lée, la saponaire, le pai-eira brava, ruva-iirsi, le raifort sauvage , la bnsserolle, e charfloii rolaiiil , l'arrète-bœuf , le petit houx, le napel, les racines d'asperge, le scorsonère, de fenouil, de fraisier, de persil, de kahinca, les graines de lin, de lièvre , de carotte , de cumin , de panais , la térc beulhiiie, les baumes de Co- )ahu et du Pérou, les caniliaridcs , le céleii, le cliieiident, la bouirache, la juglosse , la pariétaire, les sucs de citron, d'orange, de groseilles, de baies ralkckenge, et toutes les boissons acidulés; l'acide carbonique , etc. Tous les ins blancs , et principalement ceux du H hin , possèdent à un très-gaut degré la iropriétc diurétique ; un la rencontre aussi , mais plus faible , dans les petits
iins rouges des environs de Paris.
Tous les diurétiques que nous venons d'énumérer dans cette liste incomplète l'ont pas la môme manière d'agir. Les uns, et c'est le plus grand nombre, aborbés par les surfaces muqueuse ou cutanée, et introduits de la sorte dans le Orrent circulatoire, exercent directement sur les reins une action stimulante [ui les force à sécréter une plus grande quaulilc d'urine. Les autres, tels [ue les caniharides , le colchique, la téi ébeiithine , les baumes de Copahii t du Pérou , agissent surtout sur la vessie et provoquent secondairement la Bcrétion rénale , comme toute stimulation exercée à l'extrémité d'un conduit «créteur accroît la sécrétion de sa glande. On a voulu compter au nombre des diurétiques une foule de mcdicamens qui l'appartiennent évidemment pas ;i cette classe , bien qu'ils produisent quelque- )is le même effet. Ainsi , les émolliens , en diminuant l'état inflammatoire d'un tgane dont la soufl'rance suspend en grande partie toutes les sécrétions et suri)ut celle de l'urine , la plus fréquemment et la pins fortement influencée en éncral par les phlegmasies , deviennent indirectement diurétiques; les narcoques semblent aussi provoquer un accroissement de sécrétion urinaire, lors- ,u'ils calment une vive douleur qui tenait en quelque sorte cette sécrétion eniaince ; les excitans généraux l'augmentent quelquefois aussi, mais de la lême manière et en même temps qu'ils activent fous les autres mouvemens bganiques. Faut-il donc faire de tous ces agens autant de diurétiques? C'est ce résultat que l'on arriverait si l'on s'en tenait h l'observation superficielle es effets produits par eux dans tous ces cas ; et bientôt, il n'est pas un mèdieaicnt , pas une médication , qui ne pussent être appelé diurétiques , attendu ue la diurèse peut se manifester après l'emploi de tous les médicaraens et île utes les médications. Mais il n'est pas besoin d'insister plus longuement, pour ire sentir qu'on ne doit regarder comme diurétiques que les agens dont l'acon sur la sécrétion rénale est directe; c'est une vérité assez généralement attise aujourd'hui , bien qu'on lise encore tous les jours des observations dans squelles il est question de sulfate de quinine, de saignées, etc., ayant agi imme diurétiques.
C'est principalement contre les épancheniens de sérosité dans les cavités des embranes séreuses et dans le tissu cellulaire ( hydropisii s , anasarques ) , et intre les nialadies des voies urinaires , cpie l'on emploie les diurétiques On y recours avec quelque succès aussi dans les inflammations légères du foie et ! l'utérus , dans la plupart des phlegmasies aiguës de la peau, et chez les mmes en couches.
On s'explique aisément leur manière d'agir contre les hydropisies. En forçant s veines à sécréter une plus grande quantité d'ui ine , ils diminuent la masse i sang, ou bien ils le privent d'une partie de sa sérosité . puisque c'est lui qui urnit seul les matériaux de ce surcroit de sécrétion, et pour réparer les :rtes de ce liquide, et fournir de nouveaux matériaux aux besoins d'une section incessamment activée par l'emploi non interrompu des diuréticfues , bsorption veineuse ou lymphatique s'exerce avec plus d'énergie, puise des [uides de toutes parts , et fait disparaître ainsi peu à peu et quelquefois d'une inière trcs-rajnde , les épanchemens séreux les plus considérables. Le prépte des anciens, de ne donner que peu à boire aux liydro piques , n'était donc is si déraisonnable qu'on a bien voulu le dire dans ces derniers temps. Donner ;s boissons abondantes à ces malades, n'est-ce pas en effet alimenter en jielque sorte la sécrétion rénale, et empêcher par conséquent que l'absorption |3 s'accroissent pour puiser partout et fournir des élémens à cette sécrétion? lest vrai que I on avait rendu ce précepte dangereux et barbare en l'exagérant; l en était arrivé à refuser impitoyablement quelque peu de liquide aux iiydrokjues pour étancher leur soif dévorante.
iL'action des diurétiques dans les maladies des voies urinaires n'est pas tout- |fait la même que dans les hydropisies. Sans doute on se propose bien encore , lies administrant, d'accroitre la sécrétion urinaire, mais ce n'est plus dans but d'activer l'absorption ; c'est uniquement pour que les sels dont l'urine est Iturellement chargée, se trouvent étendus d'une plus gi'ande quantité de !i-
iide , exercent une. action rnoins irritante sur les parties malades avec leselles ils se trouvent en contact. Il résulte de là , que dans la cystite et l'uréte par exemple , bien loin de prescj-ire les diurétiques étendus de la moindre antité de liquide possible, comme nous venons de dire qu'on devait le faire général dans les hydropisies , on doit au contraire les délayer dans beaucoup véhicule.
• Lorsque l'on emploie les diurétiques dans les inflammations autres que celles
IS voies urinaires , c'est aux diurétiques faibles , que l'on donne généralement que l'on doit donner en effet la préférence. Ici le rôle de ces agens n'est plus te secondaire. L'expérience ayant apris que le libre exercice des fonctions séétoires des reins et de la peau favorise la résolution de ses phlegmasies, l'emloi des diurétiques est un moyen auxiliaire de traitement que l'on ajoute à de uspuissans. L'usage de diurétiques violens accroîtrait indubitablement la malie. De même que dans les inflammations des voies urinaires , on doit les disl'udre datjs une grande quantité de liquide.
DiCT. DE MÉDECINE ET DE CuiRUKGIE PRATIQUES,
Les mêmes diurétiques ne sauraient également convenir contre les hydropisies et contre l'urétiite et la cystite, c'est-à dire, quand les voies urinaires sont enflammées et quand elles ne le sont pas. Ainsi, les uns, acres , actifs , irritans , tels que la scille, le colchique , la digitale , le copahu , les térébenthines, le nape] , Twii-iirsi , les baies d'alkekenge, etc., et désignés à cause de cela dans les matières médicales sous la dénomination de diwél qnrs chiiwls , éminemment utiles pour dissiper les épanchemens de sérosité, pourraient devenir très-nuisibles contre les jddegmasies dont nous avons parlé ; il en est de même des diurétiques aromatiques , comme les graines de céleri , de genièvre , de carotte, de cumin, de fenouil, de persil, etc. Dans ces affections inflammatoires, on doit toujours préférer les diurétiques émoUiens , chiendent , bourrache , buglosse, pariétaire, etc. Toutefois parmi les diurétiques acres , il en est quelques-uns que certaines propriétés rendent avantageux dans les phlegmasies des voies urinaires ; je citerai seulement la térébenthine , dont les qualités astringentes sont si utiles dans la cystite ; d'un autre côté, on retire souvent de meilleurs effets des diurétiques émolliens que des diurétiques acres et aromatiques dans les hydropisies. Mais je ne dois pas m'occuper dans cet article des particularités que |)résente l'emploi des diurétiques; c'est à l'histoire de chacun de ces médicamens et de chacune îles maladies qui les réclament que ces détails trouveront leur place ; j'y renvoie par conséquent le lecteur.
Comme tous les médicamens doués de propriétés spéciales, les diurétiques exigent deux condil ions pour produire leurs effets. La première est que l'organe sur lequel on les dépose soit exempt d'inflammation ; la seconde , qu'il en soit de même de l'organe sur lequel va s'exercer leur action après qu'ils ont été absorbés. Déposez en effet ces agens dans un estomac enflammé, et vous accroîtrez son inflammation sans produire l'effet diurétique; que ce soit le rein qui soit enflammé, vous l'enflammerez davantage sans accroitre sa sécrétion.
(L. Ch. Roche.)
DOCIMASIE. Ce mot vient de ol'cx^/af w , j'essaie. La docimasie est donc l'art de faire des essais. Cette expression fut d'abord employée pour désigner l'opération qui , en faisant connaître le poids spécifique des métaux , servait à détei miner leur degré de pureté. Plus tard on lui donna dans les arts une acception plus étendue, et l'on comprit dans la docimasie métallurgique toutes les opérations physiques ou chimiques propres à spécifier la nature et le degré de l'altération des minerais ou des alliages métalliques.
Docimasie pulmonnire. — L'opération qui d ms les arts avait servi a déterminer le poids spécifique des corps métalliques fut employée à évaluer le poids spécifique des poumons , et dès-lors elle reçut le nom tle docimasie pulmonaire, expression à laquelle quelques auteurs joignirent celle d'hydrostatique , pour indiquer que c'est 1 immersion dans l'eau qui en constitue le caractère.
Mais aujourd'hui que plusieurs opérations ou essais difTi rens sont faits tians le but de déterminer si l'anfant a ou n'a point respiré , ne serait-il pas convenable d'imiter les métallurgistes et de comprendre sous une ilénomination commune toutes les opérations, essais ou recherches faites dans le but de déterminer si un enfanta respiré ou non? Je crois qu'il faut dire avec M. Marc, docimasie de la respiration. Cette manière d'envisager la docimasie fait suffisamment entrevoir qu'au lieu de séparer les documens qui sont propres à éclairer les magistrats sur l'existence du corps de délit de l'iii fanticide , je les rassemblerai tous dans cet article , afin de faire connaître au méilecin ce qu'il peut attendre des recherches auxquelles il se livrera lorsqu'il sera appelé à rapporter en justice sur ce point de médecine légale.
La partie médicale de la médecine légale n'est pas toujours présentée sous un jour très-favorable dans les traités qui sont entre les mains des élèves. II semble que l'on ait pris à tâche d'afiaiblir aux yeux des magistrats les ressources du médecin pour mieux faire ressortir celles du chimiste ; et c'est ainsi que cette science si vaste, qui embrasse des connaissances si variées, est réduite aujourd'hui à sa branche la plus minime, la toxicologie. S'agit-il de constater un genre de mort donné ? on prend l'un des signes qui tenilent à caractériser ce genre de mort, on l'isole, et on prouve qu'il ne suffit pas pour le spécifier. On procède de la même manière à l'égard de tous les autres, et l'on arrive à ce singulier résultat que , puisqu'auciin signe ne peut à lui seul déceler l'existence de tel ou tel genre de mort, l'ensemble de ces sigues n'offre pas plus de certitude. Tout est bon, au contraire, en toxicologie! Un poison dissous dans l'eau est-il susceptible de fournir dix précipités par les réactifs? on les indique tous (|uand bien même , parmi ces dix précipités, il y en aurait neuf colorés de telle manière que cinquante corps diflf'érens pourraient fournir la même couleur, et l'on ne réfléchit pas qu'un seul, peut-être, isole le poison donné , de tous les autres poisons. Loin de moi l'idée de vouloir atténuer les preuves matérielles de la toxicologie : les phénomènes sur lesquels elle repose sont tous physiques ou chimiques ; la vie ne vient pas les modifier: ils ofl"ient donc sous ce rapport un grand degré de certitude : mais il me semble que celui-là n'est pas médeciu qui veut piocéder en médecine légale comme eu toxicologie. Que dirait-on, en effet, d'un médecin qui, en explorant un malade, raisonneri^it de la manière suivante ? Il existe de la lassitude et de l'abattement dans les membres; mais ces phénomènes sont communs à presque toutes les maladies : le pouls est accéléré; mais il en est de même dans toute espècp de fièvre : la langue est blanche; mais la plus petite éruption h la peau peut amener ce changement : le ventre est douloureux à la pression; mais dis organes ilifférens sont contenus dans l'abdomeu , et tous peuvent durant leur inflammation amener de la douleur; souvent même la douleur existe sans inflammation d'organes : il est plus volumineux que de coutume ; mais le méléorisme et les épanchemens de liquide, ou \a rétention de produits de sécrétion ou d'excrétion dans les intestins et U vessie , développent les mêmes symptômes : il y a de la
BOCIMASIE.
DOCIM iSIS.
clialeur; une plilcgmasic des muscles, un rliiimalisme , une inflammation du péritoine, des intestins on de tout iiiilre organe, peuvent amener une chaleur
seiiibluble, etc. : donc pas de diagnostic possible, pas de médecine et pas
de médecin ! Tels sont les résultats des exagérations en toutes choses, qu'en voulant éviter un ocueil, le langage qui autoriserait les médecins légistes [leu expéi imentés à voir des cor|is de délit , là où il n'y a que des morts naturelles, on réduit à la nullité la |ilus complote le rôle du méd( cin en justice, quand une instruction solide pcHit le mctlre a même de rendre tant de services. Poumons, nous cheiciierons à tenir un juste milieu ; nous examinerons isolément chacun des faits qui militent pour on contre Tixi^tence de la respiration; mais nous les groupei ons ensuite pour f.iire sentir que dans beaucoup de circonstances , on peut arriver à une certitude morale telle (ju'elle équivaut presque à la certitude matérielle.
Les reclierclies propres à déterminer si un enfant a ou n"a pas respiré, peuvent être dirigées, 1° sur les parois de la poitrine, 2" sur les poumons, .3» sur les organes de la circulation , 4 ' sur ceux de la iligeslion.
Examen des parois de la puituine — La respiration ne pouvant pas s'exécuter sans la dilatation de la poilruie, quelques auteurs ont pensé avec raison que la voussure du thorax devait être plus grande chez l'enfant qui a vécu que chez celui qui est mort en naissant. Cette évaluation ne peut être faite que de deux manières , ou à l'aitle de la vue seule , ou au moj en de mesures exactement prises sur la poitrine. Le premier mode est toujours inexact ; car , outre qu'il exige une grande habitude de voir le thorax îles enfans nouveau-nés , il n'a jamais de point de départ (ixe (jui puisse servir à préciser son degré de 1 jussure. Daniel a proposé de mesurer la circonférence inférieure du thorax , ainsi que la tlistance qui sépare rexlrêmité inférieure du sternum de la colonne vertébrale. Ces recherches n'ayant pas été faites, on n'avait aucune donnée à ce sujet; et quoi(jue je n'aie pas attaché une grande importance aux résultats qu'elles peuvent fournir, j'ai pris quelques mesures de thorax dont je vais laire connaître les clufîies. Elles ont été oblejiues à l'aide d'un compas d'épaisseur, elles ne sont ilonc pas exactement prises comme le voulait Daniel, mais elles peuvent tléjà faire pressentir rinexactiluile dans les résultats du procédé projiosé. La nature s'astreint si peu à des régies , que tout ce qu'on cherche à généraliser par des limites fixes, ofï're toujours de grantics variations, et présente par conséquent un nombre |5lusou moins considérable d'exceptions. On ne peut établir que des données moyennes; mais comme ces données s'appliquent il îles faits particuliers, elles viennent prêter leur appui aux inductions que l'on peut en tirer.
1 ENFANS WOltTS-NÉS.
EiNFANS AYANT VÉCU. j
j Terme
Diamètre
Diamètre
Ternie
Durée
Diamètre
Diuniètre
st(;rno-
de
sterno-
de
vertébral .
costal.
de
la vie.
vertebral.
costal
1 8 heures.
3p. loi.
2 jours.
3 lu
18 heures.
Ces recherches, trop peu nombreuses pour pouvoir en dé<luire des résultais très-positil^ , viennent à l'appui de l'opinion de la plupart des médecins, qui ont toujours pensé qu'elles seraient de peu d'utilité. Les causes de leur variation sont faciles à étabiii-. Sans tenir compte même des difFormités nombreuses du thorax, que les individus peuvent apporter en naissant, on sait que rien n'est moins fixe chez l'adulte et par conséquent chez l'enfant , rpie les dimensions de la poitrine; que, par rapport au développement de celte cavité, ces dimensions doivent subir de grands cliangemens entre le terme de six mois et celni de neuf mois ; que suivant l'épo(pie a laquelle le cadavre est ex.iminé, la voussure du thorax, qui pendant la vie était très-iuarq iée , s'efface après la mort, parce que les parois de la poitrine sont en partie cartilagineuses , et qu'elles sont susceptibles d'éprouver un très-grand affaissement lors({ue la flaccidité cadavérique vient s'emparer de toutes les ])arlies du corps. Or, c'est le plus souvent à celle époque qu'a lieu l'examen du corps de délit.
Ploucquet ( Commentai ius medicus in processus crùninalas super honiicidio ^ infanlicuLo , etc., 178(5) a proposé de constater l'anipliation de la poitrine par le fait de la respiration, en ouvrant d'abord l'abdomen de l'enfant et en mesurant à (juelle cùte correspond le sommet du centre aponevrotique du diaphragme , après avoir toutefois préalablement placé un fil à iilomb de l'exlrèmilé du sternum à la colonne vertébrale; il pensait que, si l'on arrivait à établir des tables comparatives chez les fœtus qui ont respiré et chez ceux qui n'ont pas respiré, on arriverait à des résultats positifs, attendu que la convexité du diapliiagme doit être moindre chez l'enfant qui a vécu que chez celui qui est mort-né. il a mémo proposé de refouler le centre du illaphragme vers la cavité de la poitrine, afin de s'asuirer s'il n'est pas susceptible de s'élever; car, dans le cas où cette élévation s'effectuerait, on devrait être porté ii penser qu'un refoulement semblable aurait eu lieu pendant la vie de l'enfant, et, par conséquent, que la respiration aurait été effeclucc. Toutes ces recherches ii'out pas été faites ; il est
possible qu'elles conduisent à des conséquences avantageuses sons ce rapport qu'elles viendraient corroborer le médecin dans la conviction qu'il pourrai' acquérir de- l'existence de la respiralion ; mais je pense qu'elles ne seraient évij dentés que pour les cas où la respiration a été complète. Or , ces cas offreiiti en général, peu iriucertiîuue, ainsi que je le prouverai plus tard. Elles seraie^ fout à fait inutiles pour ceux où la respiration n'a pas eu lien, car on trouvl sur les poumons des enfans ([ni n'ont pas vécu des traces évidentes de l'absenc! de la respiralion.
Ou voit, en résumé , que l'état actuel de la science ne nous permet pas ilj résoudre la question qui nous occupe d'après l'inspection seule des paroi' thoraclii(pies.
ExA.MEN Di:s POUMONS DE l'enfant — Avant d'aborder ce sujet , qui nous four nira le plus de notions exactes , il est important de rappeler les changemen que la respiration apporte dans les poumons del enlant. Deux fluides pénétrer! à la fois dans ces organes : 1» l'air qui arrive graduellement et à l'aide de quel ques efforts iuspiraloires ; 2» le sang destiné à entretenir la vie du fœtus sous trait a la circulation de la mère. Quelques minutes suffisent pour l'entréed l'air dans toutes les parties des poumons lorsque ces organes sont sains , qu 1 entant est bien constitué et qu'il n'a reçu pendant l'accouchement aucune at teinte funeste à sa viabilité. Il n'est pas aussi facile de préciser le temps né cessaiie à l'introduction de la quantité de sang qui doit vivifier toutes h parties du fœtus après son contact avec l'air; elle doit être prompte si les arlî res pulmonaires ont acquis à l'époque de la naissance un développement tel qu'il suffise de l'extension de leurs parois par le fait de l'ampliation des pot mous pour que le sang y pénètre et les remj)lisse. Elle doit être lente , au cOT' traire, si l'extension des parois artérielles est soumise à la force expultriced cœur imprimée au sang, ou si elle est le fait d'un di-veloppement gradué soiimi aux lois vitales ordinaires. M. Fodéré pense yi^e les artères et les veines dt poumons. lie fœtus qui n'ont pas respiré sont vides et dans un état de coLiapsn {Méd. lé^ , tome 4, page 481 , 2^' édition). M. Orfila établit, au contraire, qu'i est aisé de s'assurer non seulement que les artères et les veines pulmonairt contiennent du sang, mais encore qu'on les trouve quelquefois pleines de cj fluide à une distance assez grande dans le tissu des poumons. 11 ajoute : L« conséquences de cette erreur anatoinique sont d'autant plus graves, que l'au teur qui l'a commise a voulu la faire servir à tort , comme nous le dirons pli loin , à déterminersi , lorsqu'un poumon surnage, sa légèreté dépend de ce q» l'air a été insufflé ou inspiré ( Leçons de Médecine , page 341 ). Quant à moi , j ne me permettrai pas de résoudre la question, parce que je n'ai pas encore fa l'expérience qui pourrait m'y conduire. Mais, partant de ce fait bien constatéi savoir que le poids des poumons peut être presque iloublé par le fait de la rej piration, ainsi que l'a démontré Ploucquet, et comme on pourra le voir pFii bas; que l'introduction de l'air dans ces organes ne peut pas augmenter iei poiils ; que le sang seul est susceptible de produire cet effet ; je me range , ci jirél'érence, de l'avis de M. Fodéré, sans toutefo.s déterminer si les parois arléi rielles sont aiTaissées et vides de sang , ou si elles se distendent en peu de tenq par le fait de l'ampliation des poumons , ce qui est plus probable. Je cru. même , contre l'opinion de M. Oi fila, (pie M. f odéré a eu raison de faire ap précier cette circonstance pour éclairer le médecin dans la distinction ducs de l'insufflilion d'avec celui de l'ampliation des poumons parla respiration.
L'abord de l'air dans les cellules pulmonaires distend ces cellules dont le' parois étaient accoUées les unes aux autres; ce qui change entièrement l'aspec des poumons. 11 augmente le volume de ces organes. L'afllux du sang injcct une foule de vaisseau.x capillaires c|ui se dessinent à leur surface.
Ainsi donc : 1° abord de l'air dans les poumons; 2» abord du sang en pli* grande quantité; 3» augmentation de volume; 4» augmentation de poids 00 changement dans leur aspect, tels sont les principaux phénomènes qui ré sultent de l'établissement de la respiration chez l'enfant nouveau né.
Des obserfations que l'un peut J'aire par l inspection extérieure des poumotu
Les auteurs de médecine légale ne me paraissent pas avoir attaché as»ê)
d'importance à l'inspection extérieure des poumons ; cependant un exaineH attentif sur beaucoup d'enfans que j'observe à la Malei iiité , depuis près <{(i neuf mois, m'a conduit à pouvoir détei miner , à priori , et sans autre recher' che , si, des poumons étant donnés, ils appartiennent à un enfant mort-né ouijijù un enfant chez le(iuel de l'air a dilaté toutes les parties des poumons ou biei seulement certaines portions , ou enfin , dans beaucoup de cas , si la dislensioi ild des poumons par de l'air est le fait de la respiration ou de l'insufflalion , quii l'on pratique assez fréquemment, dans cet hospice, afin de rappeler à la »i(i l'enfant qui vieil' de naître et qui donne encore quelques signes d'existence 1 i est possible aussi de distinguer la dilatation des poumons par de l'air introduit! par la trachée-artère d'avec un emphysème pulmonaire, suite de décomposition I ^ putride. Il est, en général , très-facile de reconnaître si un poumon a ou n'a paii ^ été pénétré par de l'air; m lis il faut beaucoup plus d'habitude pour arriver ig à distinguer l'expension pulmonaire naturelle de l'expension pulmonaircj ^ artificielle. 'j il
Folume et situation. — Les poumons non dilatés par de l'air ne paraissent paîjj !,| remplir les cavités de la poitrine à l'ouverture du thorax ; ce qui dépend de ce| 'i que, une fois la poitrine ouverte, les organes de l'abdomen, abandonnés à leur j \^ propre poids, tendent h agrandir cette cavité iiiférieurement , tandis que lo ( ij côtes produisent un effet inverse en vertu de leur élasticité. M. Billard pense, il ij au contraire , que non seulement ils la remplissent , m us encore qu'ils y sont l| ^ pressés à tel point, qu'ils reçoivent quehpiefois à leur boni postérieur l'ein- i ![ picinle des c(5les, qui sont toujours plus saillantes dans l'intérieur du lliorax^ ^ chez 1 enfant que chez l'adulte. Je n'ai jamais observé ce fait, et je suis porté a i |
ni
DOCIMÀSIE.
DOCIMASIE.
Aser q i'il aura élc le résultat d'une circonstance accidentelle de raccouclietjnt; toutefois je crois que la poitrine est toujours complètement remplie par I poumons.
|l a élé démontré par beaucoup de mcilecins, et j'ai plusieurs fois eu l'occasion ( l'observer, que des poumons très-petils enfoncés dans la poitrine peuvent ij.irtenir à des entyns qui ont respiré. Cej)end;int c'est déjli une présomption ( faveur de la respiration . quand les poumons sont très-volumineux et rpi'ils innent recouvrir tme p.irtie du péricarde; mais ce n'est qu'une présomption. Jielques enfans viennent au monde parfaitement bien constitués, et au lluie ordinaire de neuf mois j cependant ils ])érissent immédiatement après lîcoucliouient le plus facile. Si l'on examine leurs poumons, on les trouve ts-voluminrux , car ils déplacent autant d'eau que les poumons d'un enfant ( a respiré parfaitement. Plus denses que dans l'état ordinaire , com])a( tes , (irnus, ils sont décolorés, blafards, très lourds (ils pèsent S onces 2 gros , (it -à-dire beaucoup plus que les poumons ordinaires) , et immergent , soit en f alité, soit par parties. Si on les incise, on trouve leur tissu infiltré d'un ■ luide séreux incolore, que l'on ne fait sortir qu'avec peine du tissu cellulaire (1 le contient. Si on les insidlle, l'air n'y pénètre pas. Dans ces cas , le tliyi|s a subi la même altération de tissu et la même augrae>iilalion en volume. ' ht ai observé deux exemples pendant le mois de novembre dernier. Ils sont i C)C sous le rapport de leur volume et sous celui de leur poids capables d'en .ilposer. Je n'ai pas trouvé cette altération décrite dans les recherches d'analiie patliologique îles enfans nouveau-nés de M. Deiiis, non |j1iis que dans la t se de M. iiillard sur la viabilité. Ce n'est pas l'état squirrheux ni l'indiira- 1,1 blanche qui piécède la suppuration des tubercules pulmonaires. Je serais ] lé à la désigner sous le nom (Vœ'/ènie pul-nonaire, ou endurcissement lanla- (iime, parce qu'elle tient le milieu entre l'état squirrheux lardacé et la r liesse ordinaire du tissu des- poumons des enfans nouveau-nés. M. Denis i ique bien , page 344 , l'œdème comme résultat tl'un premier ilégré d'irritalu des poumons , mais ce n'est pas l'œdème des nouveau nés. Voici comment i exprime à ce sujet : « Le tissu du poumon qui reçoit les premières atteintes i ne cause irritativc devient moins souple , qtiaique resté crépitnnt. Son poids a;mente par une légère infiltration séreuse; sa couleur tourne au muge très-
Ér par une légère injeclion sanguine. En le coupant, on voit que ses cellules sont qu'affaissées , et que cet état est dû aux fluides qui engorgent les vaisas. et le tissu cellulaire. »
)aniel a p.oposé d'apprécier l'augmentation du volume par le fait de la resition à l'aide d'une expérience hydrostatique; mais comme aussi elle est ée sur l'augmentation du poids des poumons, nous n'en traiterons qu'après L'amen des données fournies par le poids absolu de ces organes. rissu et couli'ur. — Quand on examine avec attention des poumons non pérés par de l air, on observe qu'ils sont composés de plusieurs centaines de ufes h tissu rouge de foie d'adulte, denses, charnus , distincts entre eux • des lames cellulcuses ; la forme de ces lobules à la surface des poumons est •sqne quadrilatère; en général, ils sont unis entre eux d autant plus intime- (li (jue l'enj'iinl a/jpi oc/ie plus du terme de ne'if mois ; leur réunion constitue lobes des poumons. Incisés, ils sont compactes, sans aréoles visibles , inignés seulement d'une petite quantité de sang. Avant le terme de neuf mois sont lâchement unis entre eux par des lames cellulcuses que l'on peut facilent écarter.
jçs auteurs ont comparé la couleur des poumons à celle du foie ou du corps roïde. La comparaison est exacte si elle se rapporte au foie et au corps roïde de l'adulte ; mais il n'y a aucune analogie à établir entre l'aspect des imons d'un enfant et le foie ou le corps thyroïde chez le même sujet. Jl n'est plus exact de dire que les poumons ressemblent au thymus , ils n'en ont t au plus que la couleur. MM. Billard et Orlila (Leç. de MéJ. lég , page3(J3) ent : « Quand on ouvre le thorax d'un enfant qui n'a pas respiré , on est Tppé de l'analogie d'aspect du thymus et des deux poumons ; il semblerait c; le thymus fut un troisième poumon, dans lequel aucun rameau bronchique I viendrait s'ouvrir. Il n'en est plus de même c[uand la respiration est rctal^ ; mais il est bon de noter la ressemblance, parce qu'après la naissance, le t mus conservant encore le même aspect , peutservir de point de comparaison , tguider iobser^'uteur dans l'examen (ju'iL se propose de J aire du tissu des poul\ns , modifié on non par La respiration, n L'aspect d'un organe ne comprend ]< seulement sa-couleur, il en embrasse encore la texture. Or il n'y a aucune iilogie entre la texture des poumons et celle du thymus; et quanta la coul r, j'ai presque toujours observé que celle du thymus était plus pâle. J inse sur ces faits, parce que je trouve encore tlans l'ouvrage de M. Orfila,
I je 305 : u On pourra prononce/' en toute sûreté qu'un enfant na pas respiré , L'.squc les poumons , d'ailleurs peu colorés et plus pesans que l'eau ^ ocrent une t\ ture tout-à-Jait analogue à celle du tli) 'nus. o
Aussitôt que l'air vient distendre les lobules pulmonaires, leur aspect cuige entièrement. La couleur de foie disparait; chaque lobule parait alors le formé par quatre lobules pkis petits , ou lobulules intimement unis entre ■il. La surface de chacun de ces petits lobules semble être formée par quatre <|lules pulmonaires très-blanches, et l'on voit se dessiner dans 1 épaisseur « parois de ces cellules une infinité de vaisseaux capillaires injectés de sang ; Cjlà l'aspect blanc-rosé des poumons (jui ont respiré. Toutefois ce n est pas lie couleur uniforme , comme dans les poumons vides d'air, mais une mar- Ij.ire capillaire rose à fond blanc. Cet état peut surtout être bien étudié sur
II poumons où la respiration n'a pas été complète, car à côté d'un lobule »|»rnu on dislingue très-bien un lobule dilaté par de l'air.
Quand on insuffle les poumons d'un enfant qui n'a pas respiré , les cellules I
pulmonaires se distendent comme dans le cas précédent, mais rinjeclioii capillaire ne s'effectue pas ; il en résulte alors une coloration hlanche du tissu des poumons , on n'a[)eiçoit plus que très-difiicilement les quatre lobulules qui constituent les lobules , et qui chez l'enfant qui a respiré deviennent principalement distincts par l'injection des vaisseaux.
L'introtliiction de l'air soit naturelle, soit artificielle, a fait disparaître la consistance charnue du tissu des poumons, et une mollesse tout autre, une consistance spongieuse vient la remplacer. On voit donc qu'il n'est pas indifiérent de tenir compte des documens qui peuvent être fournis par l inspection seule des poumons, et qu'avec un peu d habitude on peut arriver à dire : Telle portion de poumon doit surnager, telle autre doit aller au fond de l eau. Toutefois un métlecin ne pourrait pas être admis à prouver il'après 1 inspection seule des poumons qu'un enfant a ou n'a pas respiré. Mais comme le devoir du médecin qui rapporte est d'après l'article 44 du Code d'instruction criminelle, un devoir de conscience et d hon/ieur , il ne doit négliger aucune des circonstances qui peuvent l'éclairer dans l'avis consciencieux qu'il va donner.
On objectera peut-être que tous ces états différens sont susceptibles d'offrir de grandes variations , et que l'état normal est loin de l'uniformité que nous avons décrite. On l'appuiera sur une description donnée par M. Billard, et insérée dans l'ouvrage de Méilecine légale de M. Oifila , page 302, et reproduite par lui à la page 340 : Caractères a.nnlomiques des poumons afant la respiration. A cette époque les poumons ont la forme qu'ils auront pendant le reste de la vie. Leur couleur est extrêmement variable , ils sont plus ou moins pâles, plus ou moins colorés suivant l'état pléthorique ou exsangue du sujet. Quelques poumons offrent h leur surface des tachi's routes plus ou moins grandes , d'une J'oriue licliénoïde , et qui sont les rudimens probables des taches ardoisées qu'on trouve chez l'adulte éparses à l'extérieur de ces organes ; d'autres sont au contraire blanchâtres ou d'un )'ose tendre; leur couleur ressemble beaucoup à celle des po'imom de bieuf ou de Teau. On voit se dessiner les sillons irréguliers et peu profonds qui circonscrivent les lobules et les véiicu'es pulmonaires n
Il m'est impossible de ne pas exprimer des doutes sur l'exactitude de cette description. La couleur des poumons m'a toujours paru à peu près la même. Je n'ai jamais vu de sillons qui dessinassent les vésicules pulmonaires ; et comment pourrait-il en exister, quand ces vé.sicules sont tellement ténues qu'il en existe nn nombre considérable dans quelques lignes carrées ! Je crains que MM Billard et Orfila n'aient tiré leur description à la fois de poumons qui n'avaient pas respiré et de poumons qui avaient respiré en partie; ce qui m'exprimerait très-bien les variations dans l'aspect qu'ils ont décrit. Pour moi, je dois faire connaître à quelle source j'ai puisé. Mes recherches ont élé faites à la Maternité, sous les auspices de MM. Desormeaux et Cruveilhier , qui ont eu la bonté de prier les maîtresses sages-femmes d'attacher à chaque bras d'enfant envoyé à l'amphithéâtre une note contenant l'époque de la grossesse de la mère, la date de l'accouchement, si l'enfant est mort né , s'il a élé insufflé ou s'il a respiré, et combien de temps il a vécu; en sorte que je suis parti de données très-positives. Chaussier n'avait probablement pas établi ces diflérences dans l'état extérieur du poumon, car il ne tient aucun compte des enfans chez lesquels la respiration a été incomplète. Bernt, Eissenstein et Zebiseh y ont eu égard; car, dans les observations qu'ils ont rapportées, ils disent : les vésicules pulmonaires sont distendues par de l air , la respiration a été imparfaite , ou elle a été parfaite, etc.
Tous ces faits ne sont applicables qu aux poumons sains; ils ne sont plus ou beaucoup moins appréciables sur les poumons malades : or les altéialions des poumons que l'on observe chez les nouveau-nés sont, 1" l'hépatisation rouge; 2" l'hépatisation grise; 3» une affection dont j'ai déjà parlé, et que j'ai désignée sous le nom d'œdème pulmonaire ou d'endurcissement lardacé des poumons ; 4" les tubercules sup[)urés ou non suppuiés.
Dans l'hépatisation rouge ou sanguinolente, les poumons prennent une teinte violacée ; ils sont , pris en masse , plus consistans ; leur tissu se laisse déchirer plus facilement, et soit qu'on coupe ces organes ou qu'on les déchire, il en suinte un sang épais et très-abondant, noirâtre, écumeux.^ si déjà la respiration a eu lieu. Ce sang s'écoule en nappe, si on comprime le tissu du poumon. Quand on veut insuffler cet organe , l air n'y pénètre qu'avec beaucoup de difficulté. Dans les cas où la respiration s'est effectuée pendant un certain temps, et que l'hépatisation existe, les poumons vont au fond de l'eau, et on ne leur rend qu'avec peine leur légèreté spécific|ue par la compression de leur tiss u.
L'état que je viens de décrire est le premier degré de l'hépatisation rouge. M. Denis la qualifie avec raison de splvnisation. Il est souvent la suite d'un accouchement laborieux, dans lequel l'enfant a souffert : c'est un état de pléthore et d'engorgement sanguin dans le tissu des poumons. Il peut donc précéder la naissance, comme aussi la suivre. L'hépatisation complète survient , au contraire , plus fréquemment après la naissance; elle est le lait d une phlegmasie à une période plus avancée. Si on coupe en plusieurs morceaux un poumon ainsi affecté , il ne suinte presque rien de la surface de ces incisions : seulement, en raclant avec le scalpel, on en exprime une médiocre quantité d'une sérosité sanguinolente plus trouble et plus épaisse que dans le cas précédent, et dans laquelle on commence à distinguer les élémens d'une matière puriforme. La surface des incisions est grenue. Il semble que le tissu des poumons ne soit plus qu'une combinaison de sang et d'albumine coagulé dans les mailles cclluleuses qui le composent; mais on n'y trouve pas ces taches noirâtres que l'on observe dans la même altération chez l'adulte.
Quant à l'hépatisation grise , elle est trop reconnaissablc et trop bien connue
DOCIMASIE.
des médecins pour que j aie besoin d'en tracer les caractères. Je ne reviendrai pas non plus sur l'endurcissement lardacé des poumons; j'en ai parlé dans les para£;raphes précédens. Les tubercides suppurés ou non suppures sont souvent disséminés dans la totalité des poumons ; mais plus fréquemment ils existent à leur sommet.
Poids. — Déjà nous avons fait voir que l'introduction de l'air dans les poumons n'auemcnlait pas leur poids absolu. Il en est de ces organes comme d'une vessie que l'on pèse vide ou pleine d'air; le poids en est de même , ce qui provient de ce que le tissu pulmonaire , comme le tissu des parois de la vessie , est mou , susceptible d'obéir à la pression extérieure de l'atmosphère, et de permettre qu'il y ait équilibre entre l'air contenu dans les cellules et l'air extérieur, ic II est assez remarquable , dit M. Orfila (ouvrage cité, page 350), que les poumons d'un fœtus mort-né pèsent constamment davantage avant d'avoir été insufflé qu'après. « C'est une expérience que je n'ai pas faite, et je ne puis expliquer ce résultat qu'en admettant que pendant sa durée on aura laissé perdre une partie du sang que ces organes peuvent renfermer ; car il me semble qu'il est physiquement impossible que l'introduction de l'air produise un pareil phénomène.
Mais comme par le fait de la respiration il arrive aux poumons une plus grande quantité de sang, leur poids absolu s'en trouve accru. Ploucquet a proposé de tirer parti de ce fait pour déterminer si un enfanta respiré ou non, et à cet effet il a engage à comparer le poids de ces organes à celui du corps, et à en déterminer le rapport dans l'un et l'autre cas. Il n'a fait par lui-même que trois expériences, deux sur des poumons d'enfans morts. nés , qui lui ont donné pour résultat la proportion suivante : le poids du poumon est au poids du corps comme 1 : 67 , et : : 1 : 70 ; tandis que chez l'enfant qui avait vécu il était : : 2 : 70 , ou comme 1 : 35. ( Ploucquet , ouv. cité , page 279. )
Des différences aussi tranchées ont dû appeler l'attention des médecins sur ce point. Chaussier à Paris , et Schmitt à 'Vienne ont entrepris un grand nombre de recherches. Le premier a fait dresser un tableau de quatre cents expériences faites à la Maternité, qu'il a inséré dans une thèse soutenue à la Faculté de médecine de Paris , par Lecieux , et intitulée : Considérations inctlico-légales sur l'infanticide ; le second a rapproché cent une observations dont M. Marc a extrait un tableau qu'il a inséré dans le grand Dictionnaire des sciences médicales , article Docimasie , en le mettant en regard des expériences faites par M. Chaussier. Ce sont ces deux tableaux que M. Orlila a reproduits dans sa Médecine légale.
Pour que les données de Ploucquet fussent concluantes, il fallait que le rapport entre le poids des poumons et le poids du corps fût toujours à peu près constant; or, si l'on s'en rapporte aux chiffres de ces divers tableaux, ou observe les variations les plus giandes, et l'on remarque même que le rapport de 1 à 70 , qui est celui des enfans qui n'ont pas respiré , peut se rencontrer chez un enfant qui a respiré , comme celui de 1 à 35 chez un enfant qui n'a pas respiré. Que si comme l'a fait M.Marc, on prend un certain nombre d'enfans qui ont vécu et d'enfans qui n'ont pas vécu , si on additionne tous les rapports particuliers cju'ils fournissent , et que l'on divise la somme totale par le nombre des sujets pris pour exemple, on arrive à un chiffre moyen qui dans les expériences de Chaussier et Schmitt diffère peu ; il est de 39 k 42 pour les enfans qui ont respiré , et de 49 à 52 pour ceux qui n'ont pas respiré : ou , en d'autres termes , on observe que, chez les enfans qui ont vécu , le poids des poumons est un tiente-neuvième ou un quarante-deuxième de celui du corps, tandis que chez les enfans qui ont récu , il n'est que de un quarante-ueuvième ou de un cinquante-deuxième.
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En examinant avec soin les tableaux de Chaussier, qui comprennent quai cents exemples , ils m'ont paru susceptibles de quelques observations qui modifient les termes moyens ; 1" ils offrent sous le rapport des calculs des in gularités assez nombreuses; je ne les ai pas refaits tous, mais j'en ai corril plusieurs dont il était facile de reconnaître par comparaison l'inexactitud 2o ces tableaux comprennent des rapports établis chez des fœtus et chez é enfans de divers âges, depuis six mois de vie intra-utérine jusqu'à deux ;j de vie extra-utérine ; ce qui ne me parait pas rationnel ; 3o chez un grandnomlij de sujets les poumons étaient putréfiés en totalité ou en partie ; or un des pri cipaux résultats de la putréfaction c'est la sortie du sang et des autres fluid de leurs vaisseaux par le fait du développement de gazs putrides; sans affirmj que ce résultat soit constant, il doit s'observer fréquemment, et par con^ quent un poumon putrélié doit être plus léger qu'un poumon sain : aussi re contre t-on presrjue toujours une certaine quantité de liquide dans la cavi des plèvres des poumons putréfiés; 4" chez beaucoup de sujets les poumo étaient malades; ainsi ils immergeaient dans l'eau , quoiqu'ils appartinssent des enfans de dix, quinze ou vingt jours dévie; leur couleur, leur te.\turi avaient été modifiées; 5° plusieurs enfin provenaient de fœtus monstrueux ( alTectés de mal.",dies qui retardent le développement des oi ganes tout en au mentant le poids total du corps.
J'ai pensé que, pour obtenir des données ]>lus exactes, il fallait d'abord él miner tous les sujets qui, par une cause quelconque, s'éloignaient de l'ét normal , ensuite grouper et comparer entre eux les sujets de même âge; e comme l'on cherche si les rapports que l'on obtiendra pourront servir à,di montrer que la respiration a été effectuée ou non, qu'il fallait prendre l'enfas dans les conditions où il se trouve le plus communément ; ainsi, 1° c'est trè souvent au terme de neuf mois que l'infanticide est constaté, parce qu'à i ce terme , il n'y a plus aucun doute sur la viabilité du fœtus ; 2" après quati jours de vie extra-utérine , l'examen des poumons n'a presque plus de valeuij ou au mtdns ne devient que complémentaire de l'examen des autres organes tj l'économie , attendu que l'on trouve dans l'état du cordon ombilical des artcn et de la veine ombilicales, des caractères qui démontrent jusqu'à l'évidence . vie du fœtus. C'était donc principalement chez l'enfant à terme et dans celi période des quatre premiers jours de la vie qu'il fallait comparer le poids di poumons à celui des corps, et c'était surtout dans les premières vingt-quati heures de la vie que l'on pouvait apprécier les changemens survenus dans l'ai croissement du poids des poumons par le fait de la respiration. Il -ne fallait pi pour cela négliger le même rapport chez les fœtus de six mois , sept mois ( huit mois. Je crois avoir rempli ces deux conditions en dressant le tableau c | après. Il ne comporte que les chiffres qui expriment les rapports entre le poii | des poumons et celui du corps. Ils sont tous extraits des tables de Chaussier, i classés par accroissement de nombre, afin qu'au premier coup-d'œil ou jjuissl juger des différences qu'ils présentent. 1 Chaussier avait, au contraii'e , classé ses exemples en suivant une marchj progressive dans le poids des fœtus ; il en résultait que le rapport que l'ol cherchait ne devenait que seconilaire , et qu'il ne frappait pas les yeux comm-i dans le tableau suivant. Je crois du reste avoir reproduit les chiffres avei exactitude , et si , au lieu de quatre cents exemples , je n'eu ai rapport, que deux cent trois, c'est que j'ai éliminé tous les sujets dont la durérj de la vie s'est étendue au-delà d'un mois, ainsi que tous ceux qui se troUij valent compris dans les cinq circonstances exposées dans le paragraphe pré^ cèdent.
DOCIMASIE.
DOCIMASIE.