‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 178 sur 234 · RAPPORT MOYENS · texte numérisé non relu

RAPPORT MOYENS

Chaque colonne de l'époque de neuf mois me parait suffisamment nombreuse ur exprimer un rapport moyen assez exact. J'en excepterai pourtant celle i est relative aux enfans de deux jours de vie, et il est fort remarqu:ible que r quatre cents individus je n'aie pu en trouver que sept qui aient succombé à Ue époque. Est-ce le fait du hasard? ou bien la mortalité serait-elle moins [quente à cet âge de la vie, parce que les maladies dont elle est la suite n'auent pas eu le temps de parcourir leurs périodes ? C'est ce que je ne préciserai js ; mais toujours est-il , que sur près de quarante sujets que j'ai ouverts h la j^ternité , dans le but de déterminer les poids des poumons et celui du corps , jin'ai eu à ma disposition que deux enfans de deux jours , dont j'ai joint les îfTres à ceux extraits des tables de Chaussier.

Examinons actuellement ce tableau sous le rapport des conse'quences que l'on ut en tirer. Si, à l'instar de MM. Marc et Orfila, on réunit tous les rapports 3S distinction d'âge, on arrive à ce résultat, que le poids des poumons est un i?nte-huitième du poids du corps chez l'enfant qui a respiré, et un cinquanteième chez celui qui n'a pas respiré ; par conséquent, les chiffres 39 et 42, duits de quarante observations, appartenant à Chaussier et Schmitt, seraient ip forts.

Mais , si on procède par âge , on remarque , pour l'époque de neuf mois pour la période de quelques minutes à vingt - quatre heures de respira- ■n , que le rapport moyen est un quarante-cinquième du poids du corps, I par conséquent bien inférieur à celui indiqué par Ploucquet , qui le prtait à un trente-cinquième. Que si nous ajoutons aux dix-sept chiflVes i constituent ce rapport moyen les deux chiffres exceptionnels placés au s de la colonne, le rapport sera alors d'un cinquante-huitième. En général , us observerons que le rapport est d'au'ant moins fort que la respiration a eu lins de durée ; que les variations de rapport sont telles qu'elles peuvent parurir une échelle très-étendue , puisque cette échelle part de un huitième et rrête seulement à un cent-trente-deuxième du poids du corps; et, enfin, que, ]ur la période de vingt-quatre heures de respiration , le moyen de Ploucquet is isolément peut, dans beaucoup de cas, ne pas conduire à des résultats jobans; que néanmoins , dans la moitié des cas, il peut fournir une donnée ile. Ces conclusions sont naturellement déduites des chiffres énoncés dans Ipn tableau ; mais elles me semblent susceptibles de recevoir des modificams ; en raisonnant de la manière suivante : l'enfant qui , livré aux soins de sa pre, meurt dans l'espace de vingt-quatre heures , était-il dans toutes les contions de la viabilité des enfans bien constitués ? La réponse est évidemment gative ; par conséquent, les recherches faites sur des enfans ou le crime d'ia-

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ChIRDRGIÈ PRATIQUES.

fanticide a été commis, c'est-à-dire sur des enfans en général mieux constitués, conduirait peut-être à d'autres résultats. Il serait donc à désirer que chaque méilecin appelé à constater des corps de délit d'infanticide fit l'expérience de Plouc([uet, et insérât pour chaque fait dans un journal quelconque, et le poids des poumons et celui du corps, de manière qu'au bout d'un certain temps on put dresser un tableau sur des bases plus solides. Ensuite il n'a été tenu aucun compte des cas où la respiration a été incomplète , et certainement Chaussier a dû en comprendre un grand nombre dans ses tableaux, et surtout pendant les premières quarante-huit heures de la vie. — Période de deux jours de vie. Les faits sont ici trop peu nombreux pour pouvoir conclure. — Périodede trois et de quatre jours. L'augmentation de poids par le fait de la respiration est remarquable ; elle est de près de moitié dans la gi-andc majorité des cas. Cette donnée acquiert donc de la valeur quand il s'agit d'un enfant qui a vécu trois ou quatre jours; mais malheureusement le crime d'infanticide est alors beaucoup moins fi cqucnt que dans les époques précédentes.

Si des enfans de neuf mois qui ont vécu , nous nous reportons aux enfans du même âge qui n'ont pas respiré , nous ne voyons que deux cas sur trente-trois, où le rapport du poids des poumons au poids du corps est supérieur au chiffre moyen fourni par les enfans qui ont vécu. Circonstance remarquable et qui prouve en faveur de la méthode Ploucquet. Il est bon d'observer encore que les poumons de près du tiers des enfans placés dans cette catégorie , pèsent moins que la soixante-dixième partie du poids du corps.

Epoque de huit mois. — Ici, la différence en poids est plus tranchée , puisque , chez les enfans cpii ont respiré , le poids des poumons est d'un trenteseptième, tandis qu'il ne forme que la soixante-troisième partie du poids du corps chez ceux qui n'ont pas respiré.

Époque de sept et de si.i mois. — Il existe si peu de différence entre les enfans qui ont vécu et ceux qui n'ont pas vécu , que la méthode de Ploucquet ne parait pas devoir être employée à cette époque de la vie.

Les deux colonnes suivantes de mon tableau servent à prouver quel accrois,sement prennent les organes de la respiration pendant le premier mois de la vie. Ils reçoivent évidemment une quantité de sang beaucoup plus considérable, puisque le rapport entre le poids des poumons et le poids du corps, augmente considérablement , et que le chiffre moyen est d'un vingt-huitième. Il est probable que cet accroissement cri poids s'arrête j une époque' voisine de ce terme , ,car en rassemblant les données fournies à ce sujet par Chaussier, on observe toujours à peu près le même rapport.

Des observations que fon peut faire en soumettant les poumons aux expérien-

DOCIMASIE.

DOCIMASIE.

ces hydrostatiques. Méthode de Galien. — C'est le plus ancien de tous les procédés ; mais quoiqu'on en trouve des indices dans les ouvrages de Galien , Shreger est le premier qui ait eu l'idée d'employer la docimasie hydrostatique dans les recUerches médico-légales. Ce fut vers la fin du dix-septième siècle qu'il la mil en pratique ; elle consiste dans l'immersion pure et simple des poumons seuls dans l'eau. A cet elTet, on se procure un vase de verre d'un pied de liauteur , sur cinq à six pouces de largeur. A délaul de vase à parois transparentes , on peut prendre un seau , un baquet , etc. ; mais il est iaiportant que le vase soit proloiid. Ou le remplit d'eau en presque totalité, et l'on choisit de préférence de l'eau de rivière, les eaux de puits et celles de sources étant en général chargées d'une trop grande quantité de sels. Toute eau potable, à défaut d'eau de rivière , peut être employée avec les mêmes avantages. Il n'est pas indilTcrent qu'elle soit à telle ou telle température. Trop chautle , elle favoriserait l'immersion des poumons; non pas, comme quelques auteurs l'ont dit , jiarce qu'elle augmenterait la dilatation de ces organes, mais parce qu'elle est spécifiquement plus légèie, et par conséquent moins dense ; trop froide , elle faciliterait leur surnatation , sans admettre avec Brinkman qu'en contractant les poumons, elle pourrait expulser une portion de l'air qu'ils contiennent. Sa température doit donc être en général de dix à seize degrés Réaumur. Dans certains cas, l'emploi de l'eau chaude et celui de l'eau froide peuvent offrir des résultats avantageux. Si , par exemple, des poumons se précipitent au fond d'une' eau Irès-fi oide , c'est une circonstance plus probante de toute absence de respiration ; si des poumons surnagent de l'eau Irès-chauile, on acquiert plus de certitude de l'introduction de l'air dans leurintérieur; mais l'expérience doit ioujours être commencée avec de l'eau à une température moyenne. Le vase et l'eau préparés, on détache la trachée après l'avoir séparée du larynx j on fait la ligature des gros vaisseaux qui se rendent au cœur etde ceux qui en partent ; on les coupe et l'on retire les poumons , le cœur et le thymus de la cavité de la poitrine; ou les place tous ensemble dans l'eau, et l'on observe ce qui se passe.

Deux phénomènes peuvent alors avoir lieu : ou la masse surnage, ou elle va au fond de l'eau. Dans ce dernier cas, elle peut y aller lentement ou très-vite. 11 faut observer ces diveises circonstances. On détache alors les poumons du cœur, et on les place isolément dans l'eau; enlin, on coupe chacun d'eux en petits fragmeiis gros comme une noisette, et on les met encore dans ce liquide; et si des fraguiens surnagent, on les comprime graduellement entre les doigts et sous l'eau , de manière à en chasser l'air ou les gazs qu'ils peuvent contenir. On les abandonne ensuite à eux-mêmes , afin de voir si , malgr é la pression à laquelle on les a soumis, ils surnagent encore. Lorsqu'on comprime le parenchyme des poumons, il faut observer si l'air qui s'en échappe sort sous la forme d'une mousse à bulles très-divisées ou sous celle de bulles d'air tréslarges. Les mêmes pressions doivent être exercées sur les fragmens , qui ne siirua"ent pas lors((u'ds vont tous au fond de l'eau, parce que des portions qui auraient été le siège de la respiration pourraient immerger à la faveur d'une liépatisalion ; la pression les rendrait à leur poids spécifique, en expulsant le sang qu'elles contiendraient.

Les détails dans les(|uels je viens d'entrer démontrent évidemment que la docimasie hydrostatique de Galien est basée sur les changemens que l'introduction de l'air dans les poumons apporte à leur poids spécifique. Plus dense que l'eau dans l'élal normal , et avant la respiration , leur tissu devient plus rare et plus léger par l'entrée de l'air. Si donc un poumon surnage, c'est qu'il est pénétré par de l'air ou des gazs; s'il va au fond de l'eau, c'est qu'il n'en renferme pas. Telles sont au moins les données les plus générales que l'on peut tirer de cette expérience ; mais elles ne sont pas rigoureusement exactes. Un poumon peut aller au fond de l'eau et appartenir à un enfant qui a respiré ; un poumc n peut surnager et être celui d'un enfant qui n'a pas vécu : il est donc nécessaire, |)0ur bien apprécier toutes les circonstances que peut offrir la docimasie pulmonaire, de bien étudier les phénomènes de surnatalion et d'immersion.

Surnatalion. — Lorsque les deux poumons , le cœur et le thymus réunis , surnagent, c'est qu'une granile quantité d'air a pénétré les cellules pulmonaires, ou qu'une grande quantité de gazs s'est développée entre les lobules des poumons par le l'ai t de la putréfaction ou de l'emphysème. Le cœur et le thymus sont deux organes à tissu compacte; ils tendent par conséquent à entrainer la masse des poumons au fond de l'eau , à moins qu'ils ne soient eux-mênie.'' putréfiés ce dont on s'assure facilement en les plongeant isolément dans ce liquide. 11 faut donc toujours commencer l'épreuve docimasique par l'essai des trois organes réunis. 11 est même avantageux delà répéter dans de l'eau chaude, en ayant soin de ne pas les y laisser séjourner long-temps, car, si la surnatalion persiste malgré la raréfaction de l'eau, l'expérience en devient plus concluante. C'est ce ([ue je ne manque jamais de faire toutes les fois que j'en ai les moyens. Cette épreuve ne dispense pas de celle dans laquelle on place chaque poumon isolément dans l'eau , car il est possible qu'un poumon ddaté par de Tair ou des gazs, maintienne ii la parlie supérieure de la masse d'eau l'autre poumon , le cœur et le thymus. La suriiatation peut ilonc être générale ou partielle : générale, lorsque tous les fragmens des poumons coupés par morceaux restent h la surface de l'eau ; partielle, quand un certain nombre de fragmens se précipitent au fond du liquide.

Reste à reconnailre si la surnatation est le fait : 1° du développement de gaz par la pulréf.iction , ou de l'emphysème ; 2° de l'introduction de l'air : et dans ce cas , si l'air a été introduit par le fait de la respiration , ce qui prouve que l'enfant a vécu, ou par une insufflation opérée après la mort. Plusieurs auteurs de médecine légale ont mis en doute que les poumons d'un fœtus qui n'a pas respiré pussent, sous l'inEucnce de la putréfaction , être le siège d'un déyelop-

pement de gaz assez considérable pour opérer leur surnatation complète. Voit ce qu'a écrit h ce sujet M. Marc, dans un excédent mémoire sur la docimasi pulmonaire, imprimé à la suite de la traduction du Manuel d'nulopsie , pa Rose. «Fabriciuset Eschenbach prétendent que, lorsqu'on place dans l'ea les poumons d'un enfant ou d'un animal mort-né , ils en gagnent immédiats ment le fond ; mais que si l'on continue à les y laisser jusqu'à ce qu'ils se putrt fient, ils ne tardent pas à se rendre à la surface du liquide. Hebenstreit s'e élevé contre l'exactitude de cette observation, parce que, dit il, on avait e tort de soumettre les poumons a cette expérience hydrostatique , dans la mêm eau où ils s'étaient corrompus ; prétendant qu'ils n'auraient pas surnagé, si eut agi sur de l'eau pure , et non pas sur un liquide devenu plus dense par 11 dissolution des produits de la décomposition putride. Mayer, ayant répété Iti mêmes expériences, observa aussi la surnatation des organes; mais il remarqu qu'ils gagnaient bientôt le fond de l'eau pour ne plus surnager. Pyl assure avoi. répété ces essais, et n'avoir jamais réussi à faire surnager des poumons qu avait fait putréfier. Morgagni fait observer que les poumons putréfiés surnagen fort rarement. » Cependant M. Marc ne met pas en doute que la putréfactio ne puisse produire ce phénomène. Butner parle d'un enfant né le 29 janvier et dont , au 1 1 mars , les poumons , très-putréfiés se précipitaient encore. Afi: de constater, dit Camper, à quel point la putréfaction peut faire des progrè chez un entant, sans que ses poumons surnagent, j'ai tenté diverses expérience à Amsterdam, et j'ai reconnu que chez ceux qui étaient morts avant la nais sance, la tête pouvait être consommée par la décomposition putride, au poin que le moindre contact devenait suffisant pour en détacher les os, ainsi qu ceux des bras et des jambes , sans que pour cela les poumons , qui déjà com mençaient à se putréfier, surnageassent.

On peut donc encore, dit Malion, dans sa Médecine légale , lors même qu le reste du jeune sujet est affecté par la pourriture, faire sur les poumons di' verses expériences dont on est en liroit de conclure, ou que le fœtus a eu vie soit pendant, soit après raccoucheinent, ou qu'il était mort avant celte époque a moins que la désorganisation animale ne soit parvenue à son comble, et n'aij déjà frappé les poumons aussi bien que les autres organes. j f

M. Orfila a répété les expériences de Fabricius , Eschenbach et Mayer; il ij i obtenu les mêmes réésultats que ce dernier. M. Billard, au contraire , n'a obi il serve , à I instar de Pyl , aucune surnatation des poumons. i

M. Orfila a aussi lépété les expériences de Camper: sur quatre fœtus exposé: i a la putréfaction et à l'air libre, un seul poumon a surnagé ; cependant la pu| j| tréfaction était arrivée au point de ne plus pouvoir attendre une décompositiori li plus avancée.

Pendant le mois de mars 1830, j'ai fait deux expériences analogue.?. J'ai plac< dans l'eau les poumons entiers de deux enfans morts nés. Dans l'une , je n'a pas obtenu de surnatalion après quatorze jours de macération ; et, dans l'autre : dès le troisième jour, l'un des poumons était à la surface du liquide. Il est important de noter que depuis deux jours la température de l'atmosphère s'élai élevée. Je suis porté à penser que, si les expérimentateurs ont obtenu des ré-i sullats différons, ils tiennent principalement aux températures différentes peU-tl) -sfinl dant lesquelles les expéi iences ont été faites. '! acai

Ainsi donc il est démontré cfuc. les pounmus des J'ietus exposés à C air peuvent] «.di devenir emphysémateux pur le fait de la putréfaction ; que néanmoins la putré*\ iiliit faction des poumons ne s'opère que long-temps après celle des autres organes.] liiidt de Céconomle. <, »k

Il peut se présenter en médecine légale plusieurs circonstances qui influent i iplj sur la putréfaction des poumons. On a quelquefois à pratiquer la docimasiel hm^ chez des enfans qui ont séjourné pendant un certain temps soit dans l'eau, soit) mko dans les fosses d'aisance. Il est donc nécessaire de rechercher si les mêmes phé-| (tes nomènes s'observent dans ces sortes de cas. Camper ayant fait macérer dan»| il im l'eau, des cadavres d'enfans pendant trois et quatre mois consécutifs, a observé) que , même à cette époque , les poumons ne surnageaient pas. M. Orfila a prisi tep» trois fœtus à terme , morts dans l'utérus , et les a plongés dans l'eau. L'un d'eux I toi en ayant été retiré dix-neuf jours après l'immersion et ouvert sur-le-champ ,! Hmi les poumons se précipitaient au fond de l'eau. Un second cadavre retiré de l'eau ( iilif au vingt-quatrième jour , les poumons coupés, même par morceaux, immer- j 'ledi geaient complètement. Enfin, le dernier sujet retiré de l'eau au Irente-troi- I lenj sième jour, et lorsque la putréfaction était tellement avancée qu'il ne restait I Wii plus ni thorax ni abtiomen, et que les viscères étaient à nu, a encore oflertdesii tij' poumons qui se sont précipités au fond du liquide. I ï,o|

Ces diverses expériences devaient donc porter les médecins à penser quCjlj 'dus dans les cas où un fœtus est retiré de l'eau et qu'il y a séjourné même plusieuis 1| inj; mois , les poumons ne sont jamais le siège d'une décomposition putride capable || (l'im de produire leur étal emphjsémateux , état propre à apporter des difficulté» ( ilm dans les expériences hydrostatiques. ! iil

Cependant quoique ces expériences ne puissent pas être révoquées en doute, I iiiie une circonstance accidentelle vient totalement en changer les résultats, tant il est vrai que les inductions pratiques déduites des expériences sont souvent sujettes à ei reur. J'ai publié, d.ms le numéro d'octobre 1830 des Annales d'Hygiène et de médecine légale, deux cas d'expertise tl infanliciile qui ont été soumis à mon examen, et dans lesquels la putréfaction des poumons avec développement de gaz était évidente ; il s'agissait d'enfans jetés dans la Seine, restés i dans l'eau pendant sept à huit jours, el exposés pendant vingt quatre ou trentesix heures à l'air avant d'avoir été ouverts.

Il est d'observation que, toutes les fois qu'un noyé est retiré de l'eau aprbs dix à vingt jours de son immersion, lorsque la température de l'atmosphère varie entre quinze et vingt-cinq degrés , il devient le siège d'un développement

DOCIMASIE.

DÔCIMASIE.

onsidérable de gazs aussitôt qu'il est exposé à l'air. Par le fait de ce développejuent de gazs qui n'est pas seulement sous-culané , mais qui a encore lieu dans es organes les plus profonds, les liquides de l'économie sont portés à Textérieur lu cor|)s, et Ton voit des ampoules se formera la peau, une sanie sanguinolente iuinter par tous les pores de cetti' enveloppe et s'échapper par les ouvertures Naturelles. Chez un grand nombre de noyés le dégagement des gazs putrides est lissez considérable pour opérer une nouvelle disposition des membres, et même n changement dans la situation générale du cadavre. Aussi est-on obligé, à la orgue, d'attacher les corps sur les tables où on les expose aux regards du ublic. Avant d'avoir pris cette précaution, on trouvait, d'un moment à l'autre, s cadavres tombes sur le sol ; et souvent on a vu des étrangers venir avertir fp concierge que tel ou tel individu n'était pas mort et qu'on lui avait vu exécur des mouvemens.

Ce qui se passe dans le cadavre d'un individu adulte noyé s'opère avec la nême promptitude chez le (œtus retiré de l'eau , et peut-être plus rapidement ncore, à cause de la souplesse de toutes les parties. Or, il est très-rare qu'une uverture judiciaire de ce genre soit faite avant que le procureur du roi n'en ait té instruit. 11 s'écoule donc au moins vingt-quatre heures, temps pendant leuel le sujet peut subir les changemens dont il vient d'être question , et les poulions devenir aussi ei/i/j/ij sé/nateux que possible.

Enfin , il est un dernier cas où l'emiihysème pulmonaire pourra se rencontrer; est celui où , selon Chaussier , l'enfant, recevant quelque pression ou violence u côté du thorax , par le fait même de l'accouchement , il en résulte des eciliymoses pulmonaires à la suite desquelles l'euiphysème survient , ainsi que ela a lieu pendant la vie, chez l'adulte, dans les contusions sous-cutanées.

En résumé , l'emphysème pulmonaire peut se développer dans trois circon-

ance principales : exposition du fœtus à l'air et putréfaction ; exposition du etus à l'air après son séjour dans le liquide d'une fosse d'aisance ou dans l'eau

un puits, d'une rivière ; ecchymoses des poumons, par suite du travail de ticcouchement.

La docimasie hydrostatique fournit un moyen facile de distinguer l'état emliysémateux de fini roduclion de l'air dans les aréoles des poumons ; il consiste comprimer sous l'eau leur tissu coupé par morceaux. Dans le cas d'emphysème

s'en échappe des bulles larges, et le fragment qui les a fournies, abandonné lui-même , va immédiatement au fond du liquide. La surnatation n'était donc u'apparente. Mais on peut , même à l'œil seul , distinguer très-facilement l'état pphysémateux. Les gazs résultant de la putréfaction ou de l'emphysème ne se îveloppent jamais que dans le tissu cellulaire qui unit les lobules des poumons,

I sorte que l'on dislingue très-bien ces lobules, d'un tissu analogue à celui du ie, séparés eulreeux par des vésicules gazeuses de forme, en général, oblongue assez volumineuses. Ajoutons que le tissu des poumons n'est jamais crépitant

ins CCS sortes de cas.

II n'en est pas de même à l'égard de la surnatation opérée par l'introduction ï l'air dans les vésictdes pulmonaires. La docimasie hydrostatique que je viens

décrire ne peut pas servir à déterminer si cette introduction est le fait de la tspiration de l'enfant ou de l'insufflation des poumons après la mort. Dans les îux cas l'air est renfermé dans une multitude de petites vacuoles extrêmement ^es , dont les communications n'ont probablement lieu que par des ouvertures pillaires.Si l'on comprime sous l'eau les fragmens de poumons ainsi pénétrés par fluide, il s'en échappe des bulles très-divisées et très-petites ; mais lesfi agmens, andonnés à eux-mêmes, reviennent bientôt h la surface de l'eau , parce qu'on epeul jamais leurfaire perdre par la pression la totalité d'air qu'ils l euferment. (Puisque la docimasie hydrostatique ne peut pas résoudre cette difiiculté , rei^rchons si d'autres circonstances particulières ne pourraient pas nous éclairer irce sujet; et, à cet effet, étudions jusqu'à quel point l'insufflation artificielle |ut imiter la respiration. Si l'on isole les poumons du corps et qu'on les in- (Ofle par la trachée ou par les bronches , on distend facilement toutes les vésiiles pulmonaires , en sorte que les poumons sont beaucoup plus volumineux « surnagent avec une grande facilité : cette expérience ne prouve rien pour le dont il s'agit. Si l'insufflation se pratique à l'aide d'un tube introduit par la lïuche dans la trachée, on peut alors distendre les poumons au point d'abais- !• le diaphragme , de déterminer la voussure du thorax, et , suivant Schmitt, (. remplir toutes les cellules aériennes , pourvu toutefois qu'il n'existe pas dans Wrachée des mucosités qui s'opposent à l'entrée de l'air. M. Billard a été contlt à d'autres résultats par des expériences analogues. 11 a presque constam- I nt observé qu'une partie seulement des poumons, c'est-à-dire les portions 1 plus antérieures, était injectée par l'air, tandis que la partie postérieure de C organes immergeait presque toujours. Il a, en outre , été amené à penser ffe l'insufflation réussit d'autant mieux que l'enfant est plus voi.sin du terme de Ifif mois. M. Orfila et plusieurs médecins croient que, si l'insufflation est pratuée bouche à bouche ou par tout aulre moyen moins énergique que le tube lyngien, les effets sont moins sensibles , et qu'il faut beaucoup plus de temps (Ur parvenir à dilater les poumons au même degré. I. la Maternité on pratique fréquemment l'insufflation à l'aide d'un tube lar'igien , dans le but de rappeler les enfans à la vie. J'ai toujours observé qu'elle r'tait jamais complète; mais, ainsi que l'avait remarqué M. Billard, les portas antérieures des poumons en étaient le siège , tandis que la moitié postérbre offrait un tissu non dilaté par de l'air; néanmoins la quantité d'air introd'te était souvent suffisante pour opérer la surnatalion des poumons. Je suis Iii de vouloir en conclure qu'il ne soit pas possible de dilater la masse pulmo- D'^e toute entière : car ici l'insufflation est pratiquée avec beaucoup de ménagfiens , tandis que , si elle était faite dans une intention criminelle, on pourrait ti|)Ousser beaucoup plus loiu.

L'insufflation est donc l'écueil de la docimasie hydrostatique , puisqu'elle peut développer tous les phénomènes apparens tie la respiration, voussure du thorax, abaissement du diaphragme , augmentation du volume des poumons , développement des cellules aériennes , et surnatation des organes même après l'expression de leurs fragmens.

Comment donc la reconnaître? Déjà , en traitant les caractères physiques du tissu pulmonaire, nous avons fait remarquer que, lors de l'insufflation, ce tissu devenait blanc et qu'on n'y voyait pas dessinés une foule de vaisseaux capillaires sanguins comme dans les cas où la respiration avait eu lieu ; mais nous nous sommes hâté de dire qu'il fallait beaucoup d'habitude pour parvenir à établir celte distinction , et que , par cela même , un médecin ne pourrait pas être en droit de conclure d'après ce simple caractère. Il ne nous reste donc qu'à appeler à notre aide les résultats de Ploucquet, basés sur l'augmentation du poids des poumons par le fait de la respiration , phénomène qui n'a pas lieu dans l'insufflation. Si l'on a égard aux tableaux de Chaussier , ces résultats présentent de l'incertitude dans les premières vingt-quatre heures de la vie , et peut-être dans les secondes , c'est-à-dire dans le temps même où ils seraient le plus nécessaires. La difficulté reste donc tout entière, au moins dans beaucoup de cas.

Les médecins légistes se sont attachés à faire sentir les inconvéniens qui pourraient résulter d une conclusion sans exception sur le sujet dont il s'agit, en disant qu'une mère peut insuffler les poumons de son enfant dans le but de le rappeler à la vie, ou que, dans une intention criminelle , un étranger peut pratiquer cette insufflation et faire poursuivre la mère de l'enfant. Ces observations sont justes, mais il est une foule de cas où les ma;5istrats les excluent toutes deux, par les circonstances dans lesquelles le corps de délit a été trouvé, ainsi que son auteur. Par exemple , c'eot un enfant que l'on jette vivant sur les glaces de la Seine ; vivant , car il présente tous les desordres qui peuvent ré- S'ilter d'une pareille chute. Un autre est trouvé dans l'eau, enfermé dans un sac cousu hermétiquement. Un troisième est jeté dans la rue auprès d'une borne, un tampon de linge a été introduit dans le pharynx pour l'étouffer. Un quatrième flotte sur la rivière dans mi carton et enveloppé de plusieurs linges très-serrés, qui lui ôteiit tout accès de l'air. Un cinquième a e'té jeté dans les fosses d'aisance. Un sixième coupé par morceaux est trouvé enterré dans un lieu inhabité, etc. Certes, ce n'est pas là le cas de la mère qui pratique l'insufflation dans le but de rappeler son enfant à la vie. Ce n'est pas non plus l'étranger qui simule un corps de délit et qui a intérêt à divulguer son existence.

Immersion. — L'immersion rapide des deux poumons, du cœur et du thymus , tond en gt néral à démontrer que la respiration n'a pas eu lieu, que l'insufflation n'a pas été pratiquée , que ces organes n'étaient pas emphysémateux. L'immersion rapide des deux poumons entiers est plus concluante encore. L'immersion rapide de tous les fi ay^mens des poumons le prouve d'une manière certaine, pourvu que, comprimés dans l'eau, ils immergent encore, et que leur tissu soit sain. L'immersion lente d'un poumon dans l'eau doit porter à penser que quelques portions de cet organe contiennent de l'air ou des gazs. En effet, un poumon non putréfié peut aller au fond de l'eau , quoiqu'il soit sain, et que l'enfant ait respiré pendant quelques instans. Il suffit que la quantité d'air introduite n'ait pas été assez considérable pour rentire le poumon spécifiquement plus léger que l'eau. Mais il y a plus , un poumon peut aller au fond de l'eau et appartenir à un enfant qui ait vécu pendant plusieurs jours, et dont la mort a été la suite d'une phlegmasie de ces organes qui a amené une hépatisation presque complète de leur tissu. Il résulte de là que la première chose à faire après l'expérience hydrostatique où il y a eu immersion, c'est d'examiner le tissu des poumons afin d observer s'il est sain ou s'il est malade. Nous renvoyons à ce que nous avous dit à ce sujet, au commencement de cet article. Supposons donc le tissu sain , l'immersion de tous les fragmens a-t-elle lieu? l'enfant n'a pas respiré. Un ou deux fragmens surnagent-ils ? la respiration, ou l'insufflation, ou l'état emphysémateux sont partiels , et alors tout ce que nous avons dit de la surnatatiou doit être applique au cas dont il s'agit. Ce sont ces sortes de cas qui deviennent l'écueil du métlecin. C'est là où il doit montrer beaucoup de circonspection dans ses conclusions, qu'il doit rechercher si l'enfant ne présente pas les traces d'un travail laborieux et difficile pendant la durée duquel il aurait respiré au passage, ou si la faiblesse de toutes les parties, leur peu de développement, n'autoriseraient pas à penser que la mort a été naturelle , circonstances sur lesquelles nous reviendrons lorsque nous traiterons de l'infanticide.

La docimasie hydrostatique de Galien est aujourd'hui généralement employée ; elle est même peut-être la seule usitée. Nous avons dû insister sur toutes les circonstances qu'elle pouvait offrir, et nous avons cherché à procéder dans leur exposition comme si elles venaient s'offrir d'elles-mêmes aux méditations du méilecin pendant qu'il la pratique.

Méthode de Daniel. — En 1780, Daniel a proposé de pratiquer la docimasie hydrostatique de la manière suivante : on se procure, 1° une balance très sensible dont un des plateaux porte inférieurement un crochet ; 2° un panier en fil d'argent susceptible de contenir les deux poumons; 3» un vase gradué assez profond pour renfermer un pied d'eau en hauteur, et assez large pour permettre l'introduction facile des organes de la poitrine; des ])oids très-fractionnés. On détacha les poumons , le cœur et le thymus de la cavité de la poitrine , après avoir pratiqué la ligature des gros vaisseaux , et on les pèse. On en sépare le cœur et le thymus, et on les pèse de nouveau; on en déduit le poids du cœur et du thymus , et par conséquent celui des poumons. On suspend alors les poumons au plateau de la balance et on les fait plonger dans l'eau. S'ils immergent on note sur l'échelle du vase l'élévation du liquide et aussi la

DOCIMASIE.

somme du poids qu'il faut enlever dans l'autre plateau pour rétablir l'équilibre, par là on apprécie la déperdition de poids qu'ils ont subie.

Si les pounions surnagent on les met dans le petit panier en fil d'argent et on les fait immerger afin de tenir compte de la masse d'eau qu'ils peuvent déplacer, et apprécier leur augmentation en volume par le fait de la respii-atiou ; on note aussi les poids qu'il faut enlever pour rétablir l'équilibre.

Ces expériences sont basées sur deux principes d'hydrostatique que voici : |o tout corps plongé dans l'eau déplace un volume d'eau égal au sien; 2" tout corps plongé dans l'eau perd en poids un poids égal au volume d'eau qu'il déplace, par conséquent ces expériences ont pour but de faire apprécier l'augmentation du volume et l'augmentation du poids des poumons sous l'influence de la respiration. Si, ainsi que l'a fait M. Orfila , on représente par des chiffres les résultats obtenus de ces expériences , on verra qu'ils co'incident avec ceux que nous venons d'annoncer.

Que l'on représente par 100 le poids des poumons d'un fœtus mort-né, ils ne devront perdre par leur immersion dans l'eau qu'iui poids peu considérable; il sera , je suppose , de 30 ; reste 70. Les poumons d'un fœtus qui a respiié pèseront le double , c'est-à-dire 200; et comme par le fait de la respiration ils seront beaucoup plus volumineux , ils pourront peut-être perdre le double , c'està-dire 60, parce qu'ils déplaceront un plus grand volume d'eau. Dans le cas où rinsufllation aura été pratiquée, le poids des poumons sera encore 100 comme celui des poumons qui n'auiont pas respiré, ou peut-être un peu moins s'il est démontré que l'insufflation diminue le poids des poumons. Mais leur volume ayant été doublé, la perte en poids sera 60 comme chez le fœtus qui a respiré, on aura donc :

Poumons d'enfans n'ayant pas vécu pesant 100 et perdant 30 par l'immersion, reste 70.

Poumons d'enfans ayant vécu pesant 200 et perdant 60 par l'immersion , reste l'iO.

Poumons d'enfans nayaut pas vécu et ayant été insufflés, perdant 60 par l'immersion , reste 40.

On pourra dresser des tables comparatives et avoir des données moyennes qui serviront à résoudre les questions relatives à la respiration. Mais outre que ces tables n'ont pas été faites , il est probable que la méthode de Daniel conduirait à des résultats douteux pour les cas où la respiration est incomplète, ainsi que pour une insufflation peu prolongée , et par conséquent qu'elle ne lèverait pas la difficulté.

Méthode de Deint. — Bernt a publié en allemand et en latin à Vienne en 1821 , un opuscule intitulé : Programma quo nova pulmoimrn docimnsia hjrdroslalica prœiionilur a Joscpho , etc. M. Orfila ayant rendu avec beaucoup d'exactitude les idées de Bernt, nous lui emprunterons la description qu'il a donnée de sa méthode dans la deuxième édition de sa Médecine légale. c< II établit d'abord l'insuffisance de l'épreuve hydrostatique autant qu'elle a seulement pour objet de décider si le poumon est plus léger ou plus pesant que l'eau. Ne sait-on pas que les poumons d'enfans qui ont respiré vont au fond de l'eau lorsque la respiration a été imparfaite, loisque le poids spécifique de l'organe a été augmenté par une collection de mucus , de pus, par des tubercules squirrheax et par l'inflammation ? D'une autre part les poumons d'enfans qui n'ont pas vécu après l'accouchement ne peuvent-ils pas nager sur l'eau, si l'enfant a fait quelques inspirations au passage, si on a insuffle de l'air ou s'il s'en développe quelques gazs à la surface ou dans le parenchyme du poumon par suite d'une maladie ou de la putréfaction?

11 rapporte ensuite trois observations de fœtus, l'un de six mois, qui vécut deux beures; l'autre de huit ou neuf mois, qui ne périt qu'au bout de neuf heures; et le troisième de six mois, qui mourut peu de temps après la naissance. Les poumons de ces fœtus mis dans l'eau gagnaient le fond du vase lors même qu'ils étaient coupes par fragmens; ils n'étaient point crépitans , mais en revanche ils avaient quitté la partie postérieure du thorax au |îoint que leurs bords antérieurs recouvraient le péricarde dans une grande étendue, et avaient refoulé le diaphragme jusqu'à la quatrième ou la cinquième côte. Ils pesaient chez le premier enfin une once trois quarts , chez le second une once et demie , et chez le troisième une once et un quart. ( lie docteur Bernt pense que le poids moyen des poumons qui n'ont pas respiré est d'une once. )

De ces faits l'auteur conclut non seulement que l'on serait trompé en affirmant , d'après la submersion des poumons dans l'eau, que les fœtus n'avaient pas respiré, mais encore que l'établissement de la circulation pulmonaire peut déterminer , lors même que la respiration est imparfaite, une augmentation dans le volume et dans le poids des poumons. Ces données le conduisent à la recherche des moyens propres à faire connaître s'il y a eu ou non auguicnlation dans le volume et dans le poids absolu des poumons. Voici la description de l'instrument qu'il conseille d'employer. ,

On prend un vase de verre épais , cylindrique , de trois pouces de diamètre, ayant onze pouces un quart de hauteur, on le place sur un support à trois pieds. L'un d'eux est garni d'une vis , à l'aide de laquelle on peut élev(^r ou abaisser un des côtés du vase et le mettre de niveau. Ou introduit dans ce vase deux livres d'eau distillée ; la hauteur de ce liquide est tracée tout autour , à l'aide d'une ligne solidement empreinte, car c'est sur les changemens que subit en plus ou en moins cette hauteur , lorsqu'on place les poumons dans le vase, que repose cette expérience. Or, ces changemens varieront selon que l'on opérera , 1" avec les poumons d'un fœtus de sept , huit ou neuf mois ; 2° avec les poumons d'un fœtus mâle ou femelle; 3° avec les poumons de fœtus qui n'ont pas respiré, qui ont respiré imparfaitement, ou enfin qui ont respiré ■ parfaitement.

DOCIMASIE,

A cet effet on tracera au dessus et à partir de la ligne circulaire quatre lignes verticales pour former trois colonnes que l'on désignera de gauche à droite paît les chiffre Vil, VIll et IX, et dont chacune correspondra aux trois âges ci-j dessus indiqués. Au-dessous de chacun de ces chifi-res , chaque colonne serai divisée en deux parties/ et m pour désigner les sexes féminin et masculin Cette distinction à établir entre les sexes est nécessaire dans ce sens, qu'elle pourra peut-être par la suite conduire à des données utiles sur les différences hydrostatiques que présenteraient les poumons sous ce rapport.

Comme ces colonnes doivent être munies d'une échelle indicative, on l'établira de la manière suivante : on plongera dans l'eau successivement les pou mons et le cœur de six fœtus, trois de chaque sexe, âgés de sept, de huit, et de neuf mois, que l'on saura positivement ne pas avoir respiré. On marquera chaque fois la hauteur de l'eau dans les trois colonnes verticales au moyen dt traits tirés en travers et à gauche de l'échelle. On tracera la lettre N au-dessus de la surface de l'eau, pour indiquer que cette hauteur dans chaque colonne est destinée aux poumons d'enfans qui n'ont pas respiré. Il est inutile de dire qu'on devra lier chaque fois les vaisseaux des poumons et du cœur.

On plongera ensuite dans le vase les poumons de six fœtus , dont trois mâlesi et trois femelles, âgés de sept, huit et neuf mois , qui auront vécu pendant quelque temps , et chez lesquels la respiration aura été imparfaite. On marquera par des lignes transversales , dans trois colonnes, la hauteur du liquide qu'ilsj ont déplacé , et à côté de ces lignes ont mettra la lettre 1 , pour indiquer que lai respiration a été imparfaite. Enfin , on agira de même pour les poumons de siï fœtus, dont trois mâles et trois femelles , âgés de sept, huit et neuf mois révolus, ayant respiré complètement. Ici les ligues transversales qui indiqueronlj la hauteur de l'eau seront accompagnées d'un P, pour exprimer que la respi-i ration a été parfaite.

11 n'est pas indiJférent pour le succès de l'expérience de plonger dans l'eau les poumons seuls ou avec le cœur ; en effet , si on séparait ce dernier organeJ les poumons déplaceraient un volume de liquide beaucoup moindre, et l'ascen-tj sion de l'eau serait moins sensible qu'avec le cœur; d'ailleurs, et ce point est! de la plus grande importance , la séparation du cœur entraînerait une dimi-t! nution dans le poids absolu des poumons, toutes les fois qu'une portion de sang, aurait dû parvenir des yeines pulmonaires dans le ventricule gauche du cœur ' Or, il est aisé de sentir que, s'il en était ainsi, on n'apprécierait pas exacte-: ment l'augmentation du poids des poumons produite par l'établissement etls' circulation pulmonaire. |

On remarque encore sur le vase que nous venons de décrire, une échelle dei deux pouces , subdivisés en lignes, qui part de bas en haut, du niveau dela| nappe d'eau, et qui sert probablement à indiquer géométriquement les change-l mens qu'éprouve la hauteur du liquide. |

Un vase de cette nature, s'il est parfaitement calibré , pourra servir d'étalon, 11 faudra seulement prendre la précaution indispensable, soit en le construi-j sant, soit en l'employant aux expériences auxquelles il est destiné , de remplacer l'eau qui a été évaporée ou perdue entre deux expériences. On conçoiij en efl'et que ce liquide doit atteindre, au commencement de chaque expérience.' la ligne circulaire inférieure dont nous avons parlé. \

Conclusions à tirer des résuhats obtenus à Paide de cet instrument. —•\ Lorsqu'on plonge dans l'eau de ce vase les poumons de fœtus de tout âge et de' tout sexe qui n'ont pas respiré, et dont par conséquent les pouvions n'ont pas encore subi d'augmentation de poids ni de volume, soit que ces organes se précipitent lentement ou rapidement au fond du vase , soit qu'ils restent à la| surface, parce que les poumons ont été insufllés , pourris , etc. , ils déplaceronti la plus petite quantité d'eau possible, et feront remonter le liquide suivant l'àge et le sexe , dans un des trois intervalles marqués par les premières liguesj transversales, c'est-à-dire dans un des intervalles les plus inférieurs. j

Si les poumons et le cœur appartiennent à des enfans de tout âge et de tout! sexe, ayant respiré imparfaitement, et dont le poids et le volume sont augmentés ; d'une manière sensible, soit que ces organes se précipitent au fond de l'eaui par suite d une collection d'humeur , de pus, de tubercules dans les poumons, soit qu'ils surnagent, tant en raison de l'air inspiré , que de celui qui a pui être insufflé, ou qui s'est développé par la putréfaction , ils déplaceront une' plus grande quantité d'eau que dans le cas précédent, et feront monter le, liquide dans un des intervalles formés par les deuxièmes lignes transversales.! Enfin, dans le cas où la respiration aura été parfaite , comme le volume et lei poids des poumons ont subi la plus grande augmentation possible , il y aurai beaucoup plus d'eau déplacée, et ce liquide montera dans les colonnes verticales jusque dans un des trois intervalles les plus élevés.

« On objectera peut-être, dit le docteur Bernt, indépendamment des différences de volume et de poids des poumons tirés de l'd^e et du sexe des i JcElus , il en est encore d'autres dont nous ne tenons aucun compte , et qu'ainsi' il peut se faire que les poumons les plus volumineux et les plus pesans d'un\ fœtus mort-né offrent un volume et un poids plus considérables qne ceux des ) poumons les moins volumineux et les moins pesans du fœtus du même âge que ( ceux qui ont vécu après la naissance. Cette objection est plutôt relative au poids j et au volume des poumons, comparé au poids du corps, qu'au poids et au volume \ absolu des poumons. En effet, on observe très-rarement des différences de celte I nature entre les poumons des enfans, tandis qu'on en remarque très-fréquemment ( entre les mêmes organes et le poids du corps, qui peut être considérablement! augmenté par la graisse , par la pléthore, ou diminué par le marasme, une| hémorrhagie , etc.; que si, d'ailleurs, il était reconnu plus tard que, pari suite d'une hémorrhagie ou de toute autre cause, le volume et le poids absolu I des poumons présentaient des différences notables , on en tiendrait compte

DOCIMA.SIE. (757)

omme pour l'ase et le sexe, en accordant à ces causes une place dans l'eclielle Je l'instrument déjà déci it. »

Les objeclions faites par les auteurs à la docimasie du docteur Bcrnt sont

ombreuses. 11 en est une qui excluerait de fait tontes les antres , c'est celle qui kécoule de la difficulté de se procurer et de faire construire nn instrnmeni pareil I celui qu'il a proposé , insirument qui doit se trouver entre les mains de tous es médecins. » Les mécaniciens les plus habiles de Paris n'ont jamais voulu , lit M. Oi fila , s'engager à le construire. » Cette objection ne me paraît pas ondée. J'ai fait établir un instrument de Bernt , avec lequel je fais des cxpé- (•iences depuis long-temps, et qui , s'il n'est pas, pour les dimensions , absoument semblable à celui de ce métiecin , pourra cependant servir d'étalon à la ■onfeclion d'une foule d'autres instrumens pareils, si les résultats eu étaient tellement évitlens, que son utilité fût généralement reconnue.

Mais comme mes expériences ne sont pas terminées , qu'on ne peut répondre

des faits que par des faits , je préfère renvoyer à l'article 1^FAI^T1CIDE , les onclusions à tirer des travaux des metlecins de Vienne. J'ai cependant cru levoir former un tableau des résultats obtenus avec l'instrument de Bernt par ïes docteurs Eissenstein et Zebisch. Je n'y ai indique que le volume d'eau déplacé par les organes de la respiration; mais j'ai rangé en trois classes les enuns des termes de neuf, huit et sept mois, et dans chaque classe j'ai placé dans rois colonnes dllférentes les résultats d'expériences faites sur des enlaus qui 'avaient pas respiré, sur ceux qui avaient respiré impai faitement , et sur ceux ui avaient respiré parfaitement. Ces résultats ne sont pas fort encourageans, arce que, pour l'époque de neuf mois, par exemple, on trouve chez des ietus qui n'ont pas respiré, des poumons qui ont déplacé un volume d'eau ussi considérable que le })l(is grand volume d'eau déplacé par les poumons

enfans du même âge chez lesquels la respiration a été parfaite; mais ou oberve cependant une progression marquée dans le volume d'eau déplacé au fur ta mesure que la ies|)iration est plus parfaite.

BOCIMASIE.

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