ENFANS DE 7 MOIS
Mort-nés. ^
Respiration l imparfaite. ^
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Mort-nés.
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1 Examen des organes de la circulation. — Sous ce litre se trouvent compris
Is changemens que le cœur, le canal artériel , les artères et les veines ombiiiles et le cordon ombilical , peuvent éprouvei- par le fait de la respiration. DUS les avons fait connaître à l'article Age; nous n'y reviendrons que fO'is le ^pport des inductions générales que l'on peut en tirer, pour l'examen de enfant dans les premiers jours de la vie extra-utérine. La fléti issure du coron est généralement opérée au bout de trerite heures ou de deux jours , et sa essiccation est complète à la fin du troisième jour. Sa chute a lieu du quafrième au sixième. Sur dix-huit enfans d'un jour, M. Billard a trouvé une fois j;ulement le trou de Botal complètement oblitéré ; quatre fois sur vingl-deu.x. itans de deux jours; trois fois sur vingt deux enfans de trois jours , et deux lis sur vingt-sept enfans de quatre jours. Les caractéri's tirés du ti ou de Botal bnt donc loin d'être constans; j'ai toujours observé une grauile irrégularité sur p rapport. Le canal artériel ofl're la même incertitude. Le docteur Bernt pré- ;nd que la disposition du trou de Botal est différente chez l'enfant qui n'a pas îspiré et chez celui qui a respiré. Il est placé au centre de la fosse ovale chez ; premier, et se trouve du côté droit aussitôt que la respiration s'établit, de irte que dès l'instant où elle est commencée, l'orifice marché progressivement e bas en haut et de gauche à droite. Son degré d'avancement devient un inicede l'existence et de la durée de l'acte respiratoire. Les données qu'il fourjt à l'égard du canal artériel sont tout-à fait incertaines. M. Orlila fait obser- , avec raison, q<ie pour l'examen du trou de Botal, en supposant que les langemens indiqués fussent exacts , il faudrait une habitude de la dissection ps nouveaa-nés, que n'ont pas en général la plupart des médecins. Il n'en n'est |as ainsi à l'égard des artères et de la veine ombilicales. 'Voici ce qu'on ob- |rve à ce sujet : l'oblitération de ces vaisseaux s'effectue progressivement de janneau ombilical à leur jonction avec les troncs vasculaires. Leurs parois s'éïaississent et leur canal diminue de plus en plus. M. Billard com|)are avec aison cet épaississement à une sorte d'hypertrophie concentrique , qui sans Sminuer en apparence la grosseur des vaisseaux , en diminue cependant le cabre. On pourrait alors les assimiler à un tuyau de pipe, dont la paroi fort ipaisse ne présente à son centre qu'un pertuis très-étroit. Le sang qu'ils conjennent reflue peu à peu de l'extérieur à l'intérieur ; il arrive souvent qu'un |let de sang coagulé persiste dans divers points du trajet des artères, en laisj^nt des intervalles qui en sont entièrement vides. Par suite du travail qui !|opère avant et pendant la chute du cordon , ces vaisseaux lâchement unis à ianneau contractent avec lui des adhérences , en sorte que l'on ne peut plus
DiCT. SE MÉDECIKE ET DE ChIBUKGIE PRATKJtlBS.
exercer de fraction sur eux sans tirer en même temps l'anneau ombilical : peu à peu les adhérences deviennent tout à fait intimes. La veine ombilicale se rétrécit beaucoup plus lentement que les arlèies; aussi après les premières vingtquatre heures de la naissance celles ci présenlent déjà une diminulion notable de leur canal et un épaississement marqué de leurs parois, au voisinage de l'anneau. A deux jours le rétrécissement est étendu à une grande p!u tie de leur longueur, tandis que la veine ombilicale et le canal veineux sont encore trèslibres. A trois jours , dit M . Billard , les vaisseaux ombilicaux et le canal veineux étaient villes et même oblitérés sur vingt-deux sujets. Probablement il y a erreur jiour la veine ombilicale, car il s'exprime ainsi à l'égard de vingt-sept enfans de quatre jours. « Les artères ombilicales étaient , chez prcsc|ue tous , oblitérées près l'ombilic, mais susceptibles de se dilater encore près de leur insertion aux iliaques. La veine ombilicale et le canal veineux complètement vides 5e troimaient considérablement rélrécis. A cinq jours, tous les vaisseaux sont le plus communément oblitérés suivant le même auteur.
J'ai toujours observé une différence énorme entre la rapidité avec laquelle s'opère l'oblitération des artères ombilicales et la lenteur qui accompagne celle de la veine. Ainsi, j'ai vu des enfans de onze et douze jours, dans la veine ombilicale desquels on pouvait encore introduire très facilement un siylet. Il n'en reste pas moins prouvé que dès les premiers jours de la vie , il s'opère dans les artères ombilicales un travail qui devient l'indice certain que la vie de l'enfant s'est effectuée pendant un certain laps de temps, et que la respiration a par conséquent eu lieu.
Examen des organes de la digestion. — L'enfant expulse le méconium dans les premières heures de la vie, et en général , au plus tard dans les premières vingt-quatre heures. Cette excrétion ne peut être que partielle si la respiration ne s'effectue pas (il n'est pas rare de yo'ir une partie du méconium s'échapper de l'anus des enfans qui n'ont pas vécu ). L'absence du méconium est donc un des indices de la respiration, mais non pas une preuve. Son existence dans le gros intestin ne prouve pas que la respiration n'a |)as eu lieu; mais plus le méconium occupe une portion d'intestin éloignée de l'anus, plus cette situation tend à appuyer les présomptions d'absence de respiration. Ce que nous avons dit du méconium peut aussi s'entendre de la présence du liquide que renferme la vessie ou de son expulsion.
Ce qui dans les annexes de l'appareil digestif pourrait le plus fixer l'attention du médecin légiste, c'est le poids du foie. Le docteur tîeriit a conseillé d'apprécier ce poids, chez l'enfant qui n'a ])as respiré et chez celui qui a respiré. On sait que cet organe est trés-vojumineux chez le fœtus ; qu'il tliminne, ' proportion gardée, à dater de l'époque de la naissance; que contenant beaucoup de sang chez l'enfant qui n'a pas vécu , il supporte par le fait du changement de circulation un dégorgement marqué; mais quand dts raisonnemens on se reporte à des chiffres, on trouve bientôt une irrégularité qui ne permet pas d'établir aucune donnée solide sur ce caractère.
Résumé. Les recherches relatives à la docimasie de la respiration ont seulement pour but de déterminer si un enfant a ou n'a pas respiré ( Un enfant peut avoir vécu et ne pas avoir respiré voyez Infanticide). Par conséquent, toutes les conclusions à tirer de ces recherches ne sont relatives qu'à l'absence ou k l'existence de la respiration.
L'examen partiel des quatre genres de parties que nous avons fait dans cet article, ainsi que celui des diverses méthodes hydrostatiques, nous démontre que chacun pris isolément est insuffisant pour résoudre dans tous les cas cette question : Déterminer si un enfant a respiré ou n'a pas respii é? En est-il de même, en rapprochant toutes les données qui nous sont fournies par leur ensemble? non certainement, et c'est ce que nous allons chercher à prouver, l". 11 est facile de reconnaître qu'un enfant n'a pas respiré
A. Parce que ses poumons offrent un volume peu considérable , une couleur analogue à celle du foie d'un adulte; une texture dense, compacte et lobuleuse ;
B. Qu'ils ne constituent, terme moyen , que la soixante-et-unième partie du corps ;
C. Que , plongés dans l'eau, ils immergent en masse et en fragmcns ^ à moins qu'ils ne soient putréfiés ou emphysémateux; et dans ce cas, la docfmasie hydrostatique simple fournit un moyen d'apprécier cette surnatation artificielle ;
D. Que le cordon ombilical est encore frais, ou tout au plus desséché; mais qu'il n'existe aucun travail à l'anneau ou dans les artères ombilicales, qui puisse donner à penser que la vie se soit entretenue pendant plusieurs heures ;
E Que le méconium est encore contenu dans le gros intestin.
IjC seul cas qui pourrait offrir des doutes est celui où un enfant serait venu au monde avec une hépatisation commençante des poumons , aurait vécu pendant un certain temps , et aurait succombé avec une hépatisation complète de leur tissu.
Mais, dans ces circonstances, il est rare que quelques portions des poumons ne reviennent pas à la surface de l'eau après avoir été exprimées, et d'ailleurs quand l'erreur serait commise, elle ne pourrait être que favorable k l'accusé.
2". La dessication du cordon, certainement opérée pendant la vie. Son détachement membraneux de l'anneau ombilical, par suite d'un travail inflammatoire ; l'augmentation des parcis avec rétrécissement capillaire du canal des artères ombilicales, soit dans une partie, soit dans la totalité du trajet de ces artères , sont autant de circonstances qui démontrent chacune que l'enfant a respiré.
DOGMA.TIQUE (ECOLE).
DOTHINENTERIE.
3°. II est très-souvent possible de conclure que l'enfant a respiré lorsque : •A. La voussure du thorax est très-marquée, et que le diaphragme paraît avoir été ab;iissé ;
B. Que les poumons sont volumineux , recouvi-ent la presque totalité du pe'ricarde, et paraissent bitn reniplir la cavité de la poitrine;
C. Que toutes les cellules pulmonaires sont distendues par l'air, et qu'on découvre à leur surface utie foule de vaisseaux capillaires qui donnent à ces organes l'aspect d'une marbrure rosée à tond blanc;
D. Que le poids des poumons, comparé à celui du corps, est un trente-septième environ ;
E. Que les poumons, plongés dans l'eau avec le cœur et le thymus , surnagent même dans de l'eau chaude; qu'il en est de même de tous les fragmens , quoiqu'ils aient été fortement exprimés sous l'eau, enire les doigts;
F. Qu'il n exisie plus de mécouium dans le gros intestin.
G. Et à plus forte raison si l'on observe dans l'elat du cordon , de l'anneau et des artères ombilicales des traces d un changement qui ne peut s'opérer que pendant la vie.
4o. Il est souvent possible de conclure que la respiration a été incomplète avec cette restiicliou : à motus (ju il ne soU reconnu (/ne L'insufflation a été pratiqw-c.
A. Si la voussure du thorax est peu marquée ;
B. Si les poumons ne paraissent pas remplir la totalité de la poitrine, qu'une portion de leur tissu ofifre l'aspect et la texture ilu foie de l'adulte, tandis que dans l'autre les vésicules pulmonaires sont injectées par de l'air ainsi que les vaisseaux capillaires ;
C. Que plongés dans l'eau avec le cœur et le thymus, ils- immergent ou surnrigent y mais que partie de leurs fragmens vont au fond du liquide, tandis que d'autres vont à la surface, quoiqu'ils ait été fortement exprimés sous l'eau.
D. Que leur poids comparé à celui du corps ne donne aucun indice ;
E. Que l'on ne trouve pas dans le cordon, l'anneau, les artères ombilicales et le gros intestin , aucun des indices de l'existence de la vie pendant plusieurs heures.
11 est des cas où le médecin ne doit conclure qu'avec la plus grande circonspection et déclarer niêuie l'impossibilité où il se trouve de prendre quelquefois des conclusions. Ce sont ceux où la putréfaction des poumons est tellement avancée que l'inspection extérieure de ces organes et les expériences docimastiques le laissent dans le plus grand doute , et ceux où il existe dans les poumons des allérations d'organes telles, que l'état pathologique vient modifier tous les résultais que l'on pourrait obtenir dans l'état normal.
C'est assez dire i|ue dans toutes les conclusions que nous avons prises , nous avons enlendu parler de l'état sain des poumons.
Nous n'avons à ilessein pris aucune conclusion qui entraîne avec elle l'idée de l'infanticide. La preuve de la respiration est une des conditions de ce crime; mais elle ne démontre pas qu'il ait été commis.
Bernt Pro"iamma qiio nova ptilmoaum docimasia liytlroslatica proponilur. Vienne, 1821.
Capuron. Méd. !ég. relative au.\ accoucliernens. l'.iris, 18'2I.
Chaussier. Ciinsullatioii médico-légale sur une accusalion d'infanlicide. Dijon, 1786. Eissenslein. Disserlalio exliitieus oljservalioncs docimasiani pulmonum bydi'ostaticam illustrantes. VieniiEc . 181 i.
Fodéré- Ti iiilé de médecine légale.
Geelliaiisen. De |iulnioiiibus neonatorum supernalantihus , etc. Prag., 1723. Goelicite. De pulmiinum infanlis natalu indicio infaillILili euin vivum vel morluum natuni «ise. Fr.iiic. , 1730.
Lecieii.v. Dissei l. inaug. sur l'infanticide. Pjris , 1811. Ma/iun Médecine lég^ile. Paris, 1811.
Marc. Mémoire sur la docimasie pulmonaire; manuel de Rose. Paris, 1808. Orfla. Leçons de médecine légale, 1827.
Ploucciuet. Comment, de nied. in processus criminales. Tub. 1786.
( Alp. Devefgie.)
DOGMATIQUE (école), DOGMATISME, de cJiy//.«, dogme, opinion. On a donne le nom d'école dogmatique à la secte des médecins dont la doctrine fut en vigueur pendant l'inlei valle qui sépare le règne d'Hippocrate de celui des tnéthodisles. Le nom de dogmati((ues fut imposé à ces médecins ( àyiJ.Kzixoi , y.c-/txci), parce qu'ils s'efTorcèrent d expliquer, de riiisonner, pour ainsi dire, la nature inlime des maladies ; d'où il suit qu'à la rigueur on pourrait donner ce nom aux médecins de toutes les époques médicales, car il n'en est aucune où l'on se soit complètement abstenu de chercher à expliquer les phénomènes raorbitlcs. Quoi qu'il en soit, comme , à l'époque reculée de la science où florissait l'école pour laquelle a été réservé le titre de dogmatique , on ne possédait que des noiions physiques et chimiques extrêmement bornées, et que les médecins n'avaient point étudié l'anatomie humaine, il est aisé de concevoir que les explical ions qu'ils donnèrent des maladies durent être marquées au coin des hvpolireses et ties erreurs les plus grossières. Privés du flambeau de celte méthode exprriinentale , la plus précieuse conquête des temps modernes, que pouvaient produire les etforts des dogmalistes pour pénétrer les causes réelles des maladies, et pour déterminer le genre d'altération matérielle ou anatomique à laquelle coiiespoudaienS les phénomènes morbides ou les symptômes qu'ils observaient? Celle école ne pouvait éviilemment aboutir qu'à des doctrines monstrueuses , comme elle n'y aboutit que trop bien , ainsi qu'on pourra s'en assurer en parcourant les auteurs qui se sont occupés à tracer l'histoire de la médecine et de ses diverses révolutions, et par la simple exposition des dogmes suivans , professés par l'école ou les écoles dogmatiques (je dis les écoles dogmatiques, parce qu'efleclivemcnt l'école dogmatique se divise en deux au-
tres, dont l'une s'appuyait sur la philosophie de Platon , tandis que l'autre postérieure à celle-ci, substitua aux doctrines platoniciennes le système di Zénon , chef de la secte stoïcienne. )
Premier doi^me. Les quatre humeurs cardinales du corps (le sang, le mucus! la bile et l'eau) sont les causes des maladies. La source commune de toutes ce humeurs est l'estomac , d'où elles sont attirées par différens organes , lorsqnij les maladies se développent. La bile provoque toutes les maladies aiguës; uj mucus ocoasione les catarrhes et les rhumatismes , etc. '
Deuxième dogme. Les fièvres intermittentes prennent leur source dans 1; veine cave.
Troisième dogme. Un médecin de la secte dogmatique faisait souffrir les angoisses delà soif aux individus atteints de fièvies aiguës, et quand la maladit commençait à diminuer d intensité , il donnait à boire de l'eau froide, dans 1; vue de favoriser la transpiration.
Quatrième dogme. C'est aux dogmatistes que l'on doit l'opinion que les boissons passent directement, en tout ou en paitie , dans les poumons.
Ciiicjuièine dogme. La thérapeutique doit reposer sur les qualités des quatre élcmeiis. Elle ne consiste que dans l'art d'ajouter et de retrancher. On guérit les maladies aiguës, c'est-à-dire celles qui sont accompagnées d nue augmcnta-j tion de chaleur , par les rafraicliissans ; les maladies qu'engendre la pituite, parj les échaulï'.ins , etc.
Ces opinions , que j'ai prises au hasard' parmi celles attribuées à l'école desi dogmatiques, ne sont qu'un faible échantillon des erreurs dans lesquelles se! précipitèrent les médecins dont il s'agit. Quelques-unes de ces erreurs sont tel-i lement énormes, qu'on a peine à concevoir, au premier abord, qu elles aient été réellement commises. La plupart des critiques qui ont jugé l'école dogma-| tique , considérant que ses folles et absurdes doctrines étaient l'œuvre du raisonnement^ n'ont pas manqué d'accuser, d'une manière générale, les méde-' cins qui consacrent une partie de leur temps et de leurs veilles à l'explication,' et , si l'on peut dire ainsi , à la ralionalisalion des phénomcnes morbides; c'esti tomber d'un excès dans un autre. Si les dogmatist«s , en effet , se sont si gros-p| sièrement trompés , ce n'est pas nécessairement pour s'être servi du raisonne-' ment, mais pour avoir raisonné d'après des principes hypotlieti(|ues , et souvent d'après des f iits erronés. Une chose doit seulement nous étonner , c'est<! que les conséquences absurdes auxquelles les conduisaient les procédés de lai plus saine logique , ne les aient pas frappés ; s'il en eût été ainsi , semblables an \ mathématicien qui , après une série d'opérations exactes, arrive à un résultat! final absurde, remonte aux premières données dont il est parti , et les modifie ; les médecins de l'école dogmatique n'auraient pas manqué d'abjurer les priu- • cipes dont l'induction ne retirait que des résultats désavoués par la raison ellemême. Ainsi donc , proscrire le raisonnement de la médecine n'est pas un procédé moins barbare que d'en proscrire l'observation elle-même et les différens procédés dont elle a besoin quelquefois pour s'exercer. Dans toute science, i sans en excepter la médecine, il y a deux opérations principales également Id- \ dispensables , savoir : l'action des sens , c'est-à-dire l'observation , et l'action deiij l'esprit , c'est-à-dire de cette puissance intellectuelle qui travaille les faits ob-!< serves , les analyse ou les combine , les compare, les mesure , les pèse , les su- || perpose pour saisir leurs ressemblances ou leurs diITerences, les classe, généralise , les rapporte à leurs véritables causes, en tire des inductions , et ! qui , par ces diverses opérations , change en édifice régulier l'amas confus des <i matériaux que l'observation a recueillis. Il suit de là que deux portes d'erreur 1 comme de vérité sont incessamment ouvertes à quiconque se livre à l'étude (le ' la nature. S'il observe mal , il aura beau faire un bon usage de ces moyens in- i lellcetuels ou rationnels, il arrivera infailliblement à des résultats faux; s'il ' part , aux contraire , de faits bien observés, mais qu'il fasse un usage vicieux ( de ses moyens rationnels, les résultats seront les mêmes. On ne saurait donc I trop recommander aux jeunes médecins de cultiver avec un soin égal et leurs | sens et leur raison , car les erreurs qu'ils sont exposés à commeltre ne sont rien ■{ moins, en dernière analyse, que des espèces de délits involontaires contre la \ santé et la vie de leurs semblables, puisque le traitement des maladies est le I but final que se propose la science médicale, et que toutes les erreurs médicales ( aboutissent , si les praticiens sont logiciens, à des erreurs thérapeutiques. C'est ; ce que notre immortel Bichat avait parfaitement senti quand il a dit que chaque j système pathologique a reflué sur la t/iérapeutii/ue. Quelque graves que soient t néanmoins les résultats des erreurs que nous pouvons commettre eu cherchant i à déterminer la nature des maladies, et eu accommodant nos méthodes thera- j peutiques aux idées que nous nous sommes formées sur cette nature, c'est l'u- 1 nique voie que nous devions suivre, car jamais l'empirisme pur en quoique ce 1 soit, ne sera le dernier mot de l'esprit humain. Si la partie chirurgicale de la ] niédeciue est parvenue à un si haut tlegré de perfection , n'est-ce pas parce que j les moyens qu'elle met en œuvre sont appropriés à la nature du mal? Malheureusement il est bien plus difficile tratteindre à la connaissance de la nature de» maladies médicales proprement dites, qu à celle delà nature des maladies appelées chirurgicales. ( J. Bouillaod. )
DOTHIINÈNTÉRIE , DOTHINENTERITE. Tel est le nom que , dans ces derniers temps, M. le docteur Bretoiineau , médecin de l'hôpital de Tours, a cru devoir donnera une maladie qui avait déjà reçu tant de dénominations différentes [Jièvre bilieuse, putride de Tissot et autres, maladie muqueuse de Rœ- I derer et de Vf a^\er ,Jièt're gustro-adjnumique du professeur Pinel ,^éf;'e e"téro-mésentérique de MM. Petit et Serres ,yi;/v/je udy ivimique de la gastro-entérite Ac M. Bi oussais ,y('ci''e, affection tky plioide de MM. Louis et Choniel, entérite J'vlliculcuse de M. Scoiittcttein , iléo-dyclidite de M. Bally , etc. ) Le mot doltiinentérie ou doihinenlérile dérive dciAJïyij , bouton , furoncle, et
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DOTHINÈNTÉRIE.
DOTHINÊNTÉRIE.
Ie/-j--^«v, intestin. Par cette expression, Bretonneau a voulu donner une dce du siège piécis de la maladie.
M. Bretonneau ne s'est pas contenté d'ajouter un nom de plus à ceux drjù ssez nombreux qui viennciil d'être cités; il a aussi émis de nouvelles idées sur B fond ou la iMtiire même de la maladie qu'il a baptisée^ pour ainsi dire, sous ; nom de dol hineiitéric , et si , parmi ces idées , il en est quelques-unes qui mcitent rassenlimeiît des vrais observateurs , il faut convenir qu'il en est aussi uelques autres dont aucun ne sera jaloux de contester la propriété au médecin e Tours.
§1. M. Bretonneau a contribue réellement à enrichir la partie anatomique de histoire de la malailie dont il a changé le nom. On doit , par exemple, luirenre cette justice que , le premier parmi les observateurs modernes , il a insiste ir le siège spécial de la maladie dans les glandes de Peyrer et de Brunner. lalheureuseuicnt il a été préoccupé de ce fait, à tel point qu'il a paru mécoujître la part que prennent aux altérations, et les autres èléraens analomiques e la muqueuse inleslinaie, et le tissu laniineux sous-jacent. Les lésions de ces sraières parties sont néanmoins de toute évidence pour quiconque a ouvert lec soin un nombre plus au moins considérable de sujets emportés par la tlo-
inentérie. Je les ai rencontrées pour ma pari bon nombre de lois , et je les ai nalées et décrites ailleurs (voj'. le Traité clinique et expéi intentai des fièvies
tes essentielles ).
JC'est peu que d'avoir essayé de déterminer le siège exclusif de la dolhinentéte; M. Bretonneau , conmie on peut le voir par un mémoire de M. le docteur rousseau , l'un de ses élèves les plus distingués (Arcliii'. générales de Médelie, t. X) , s'est efforcé de décrire jour par jour, depuis le jusqu'au 40<", les verses mélamorphoses an^ilomiques cpie subit dans son cours l'affection iutestile. Quoique celle description oll'i e un luxe d'exactitude qui séduit au premier ord , j'osei ai aliirraer qu'elle est bien loin de s'appliquer à tous les cas. Cela surprendra pas quic onque i cfli chira combien la marche de la maladie doit var suivant 1 intensité des causes , les âges , le tempérament , les saisons , le mode traitement, et une foule d autres circonstances dont l'influence est incontesble.
§ II. Les symptômes de la dothinèntérite de M. Bretonneau étant absolument f mêmes que ceux dont il sera question à l'article Entébite aiguë [Jormc \nnthèmatujue] , nous n'en parlerons point ici. Ce praticien n'a également 'pposé aucune mélhode de traitement qui mérite une mention spéciale. Je vois i|ilement , par le mémoire de M. Trousseau, qu'il joint à la médication émoi- Hnte l'usage des sels nfulies. Il n'est puint indiffèrent, selon M. Trousseau , il donner , dans la doi/tinentérile , un sel catharticjite amer ou tout autre purffif. L'expérience a prou^/eàM. Bretonneau que les purgaiij's résineux , par ieinple , afciient le plus grand ini ont'énient. Le sel tl'Epsom , à la dose de deux < trois gros , matin et soir , parait être le purgatif favori de M. Bretonneau , «is les cas de dothinèntérite. J'ignore les motifs de cette préférence , et ce jlticien n'a pas encore fait connaître, par des observations concluantes , les amtages qu'il a retirés de l'emploi de ce remède. l,es innovations de M. Bretonneau, relativement à la dothinèntérite, éclat t surtout dans ce qui concerne son étiologie et son mode de propagation. U auteur pense que cette maladie jouit de la propriété de se transmettre par c^ilagion , comme la variole , et que, comme cette dernière, elle n'atteint, en ifiéral , qu'une seule fois le même individu. (Je ferai toutefois remarquer , à de occasion , que le mérite , si c'en est un , d'avoir comparé la dothinentérie variole n'appurlient pas à M. Bretonneau ,mais bien à MM. Petit et Serres, tome on peut s'en convaincre en lisant la préface de leur ouvrage sur la yièt\ enléro-méseniérique). Quoiqu'il en soit, pour que nos lecteurs puissent Oinaître , de la manière la plus fidèle, la doctrine du médecin de Tours sur le ||nt qui nous occupe, j ai cru ne pouvoir mieux faire que de leur offrir un extl|t d'un travail qu il a lu à l'Académie royale de médecine, et publié ensuite J|is les archives sous ce titre : Notice sur la contagion de la dothinentérie. C|ne sera pas faclié de trouver dans cette notice quelques idées de M. Bretona!u sur des parties de l'hisioire tle la dothinentérie autres que son mode de ti&smission.
La dothinentérie est contagieuse à Paris , dit, en débutant, M. Bretonneau ;
• uUe part elle n'est plus fréquemment contagieuse. Je désigne sous le nom ' e dothinentérie une pyrexie exanthématique, qui peut être facilement dis- " nguée de toute autre par ses symptômes et par ses caractères anatomiques. 'ij)ès l'année 1819 , j'avais acquis la certitude que l'appareil organique de Peyer, *\ui n''est point un appareil sécrétoire , subit, pendant le cours de celte mala- » ie, une altération morbide dont les périodes se succèdent dans un ordre » égulier.
Une première attaque de la dothinentérie préserve à l'avenir de celte
• laladie...
Les symptômes de celte pyrexie, jusqu'à la moitié du terme ordinaire de « i durée , sont hors de toute proportion «vec les lésions qu'on peut apprécier. » usqu'à cette époque, la dothinentérie est une maladie de la totalité de l'ortpnisation, avec lésion spéciale des follicules isolés ou agglomérés qui abon-
• jent dans le dei nier tiers de l'iléon. C'est une maladie accompagnée d'éruption %flesliiiale , et non ime maladie causée par cette éruption : car on ne pourrait, <|ins tomber dans une grave erreur, imputer les phénomènes morbides qui la •instituent à la phlegmasie intestinale.
Pour la dothinentérie , comme pour la variole , il s'établit , a l'époque de
• suppuration , entre les symptômes et les lésions, une correspondance qui » pvienl de plus en plus directe ; car sans parler des dangereux effets de la ré- •Wption du pus, fourni par les ulcérations intestinales, il existe entre la
» perforatiou dolhinentcrique de l'iléon , et la péritonite qui en est la consé- » quence , un rapport manifeste, celui de la cause à son effet.
» La maladie ((ue les caractères indiqués distinguent de toute autre, la do- « thiueiitérie , devient fréquemment épidémif[ue en province, et cela à la ma- » nièrc des affections contagieuses. Souvent importée dans un hameau, on la )i voit passer , de l'individu qui en est atteint , à une partie de ceux qui lui don- 11 nent des soins. Elle se transmet ensuite de la famille affeclèe à une autre, et n généralement on remarque que ce n'est pas aux familles les plus voisines 1) qu'elle se communique , mai.s à celles dont les rapports avec les malades ont » été plus intimes et plus fréquens.
>' Cette maladie , qui ne peut être méconnue sous les dénominations diverses » dont on s'est servi pour la désigner, perd-elle à Paris ses propriétés contagieu- » ses, ainsi cjue le pensent plusieurs méilecins ? Non, assurément, s'écrie » M. Bretonneau; non la dothinentérie ne perd pas à Paris cette fatale pro- )) pi iété. C'est à Paris qu'une multidiide de jeunes gens , livrés a l'étude de la « médecine, de la jurisprudence, à la pratique des arts et des métiers, viennent
contracter la dothinentérie.
» Les étudians en médecine, dit-on, fréquentent les hôpitaux sans contracter la dothinentérie. Je ne citerai point les élèves c[ui en ont été atteints à Ihô- « pilai de Tours ; c'est des hôpitaux de Paris qu'il s'agit. Or je sais positivement « qu'il y a peu d années, deux élèves de Tours ont été affectés de dothinentérie, » peu de temps après leur arrivée à Paris , et qu'un d eux est mort de celte » maladie.
>> S'il est vrai qu'à Paris la dothinentérie se transmette souvent par confa- » gioiî, pourquoi , objeclera-t-on , n'y devient elle pas épidémique? » M. Bretonneau ré[)ond d'abord qu'elle y est épidèmicpie ; et, bien qu'il eût pu se contenter d'une telle réponse , il ajoute ensuite qu'à Paris il est rare que les maladies contagieuses se multiplient au point de paraître épidémiques et , que , dans ce cas là-méme, elles n'atteignent pas une forte proportion de la population. (Réponse un peu moins satisfaisante que la première. )
«La dothinentérie, toujours présente à Paris ^ continue M. Bretonneau, » parce qu'elle s'y niuinlient , parce qu'elle y est S'ins cesse importée , y devient » par cela même plus rarement épidémique. Il en est ainsi de la plupart des » affi'ctions contagieuses : ce n'est point en masse , mais en détail que chacune » d'elle y lève son tribut. » {M. Bretonneau oublie sans doute l'épidémie varioleu.sc qui a désolé Paris , il y a quelques annés. )
V Quoi qu'il en soit , dans les bourgs , dans les petites villes, le caractère con- » tagieux de la dcjthinentérie est tellement apparent qu'il n'échappe pas à de » pauvres villageois. Depuis 1804, secondé par plusieurs de mes confrères , j'ai » suivi la marche d'un grand nombre d'épidémies dothinentériques , et les faits » que j'ai rassemblés montrent sans cesse la contagion comme la seule cause » constante de la propagation et de la migration de ces épidémies. « Ici, M. Bretonneau rapporte un grand nombre des faits qui lui paraissent propres à prouver cette assertion; l'espace ne nous permet malheureusement |>as de les consigner dans cet article. Du reste , M. Bretonneau offre une tendance marquée à considérer comaie identiques le typhus proprement dit et la dothinentérie ; or, suivant lui , le typhus est éminemment contagieux. ( Ai chives générales de Médecine , tome 21 . )
Les idées de M. Bretonneau sur la contagion ont trouvé dans M. le docteur Gend ron un zélé detenseur. Cependant les métlecins de Paris nient, à peu prés à l'unanimité, la contagion de la dothinentérie chez les individus qui en sont atteints dans cette capitale. Que répondre à M. Bretonneau qui vient tout exprès lie Tours, théâtre de sa praticpie , pour lire à l'Académie une notice sur la contagion de la dothinentérie , et qui , à la face des praticiens de Paris qui ne croient pas à cette contagion , au moins tlans le pays où ils exercent , s'écrient dès en commençant : La dothiiientérie est contagieuse à Paris ; nulle part elle n'est plus fréquemment contagieuse !
La seule réponse convenable à une assertion aussi tranchante , consiste dans l'exposition fidèle de l'opinion des observateurs qui ont fait de la dothinentérie le sujet des recherches les plus assidues et les plus impartiales.
Si le lecteur veut bien me permettre de parler de moi dans cette occasion , je commencerai par déclarer que , depuis plus de dix ans que je fréijuente les liôpitaux de la capitale, je n'ai recueilli aucun fait qui puisse tlonner le moindre soupçon de la contagion de la dothinentérie. Quant aux influences principales sous lesquelles, à mon avis, la maladie se développe à Paris, je les ai indiquées ailleurs (Traité des fièvres dites essentielles, 1826); et l'on y reviendra dans un autre endroit de ce Dictionnaire ( Entérite, Iléite, Iléo-Jéjunite).
A mon autorité, dont je connais toute la faiblesse, je vais en ajouter d'autres dont on ne contestera pas le poids :
Voici les propres expressions de M. Andral sur le sujet qui nous occupe : « 'Une fois développée , la fièvre typhoïde (dothinentérie) est-elle susceptible de se propager par contagion? Dans ces derniers temps, le docteur Bretonneau , M. Gendron et quelques autres médecins ont soutenu que cette maladie était éminemment contagieuse : nous ne nions pas les faits cités par ces auteurs ; mens ce que nous ai'ançons avec assurance , c'est que jamais à Paris , soit dans les hôpitaux^ soit hors des hôpitaux , nous n'avons reconnu à cette maladie le moindre caractère contagieux. Dans les hôpitaux, on ne voit pas qu'elle se transmette de l'individu qui i'apporte du dehors à ceux qui sont couchés dans les lits voisins du sien ; on ne voit pas non plus que les malades auxquels ou donne le lit précédemment occupé par un individu guéri ou mort de dothinentérie , viennent à en être atteints. Les médecins ou élèves en médecine qui en sont frappés, ne sont pas plus particulièrement ceux qui ont louché les malades qui en étaient affectés. Hors des hôpitaux, quelles circonstances sont plus favo-