JAHN
AMBROZZL
Carbonate de soude cristallisé. .
gram mes.
\ ,583 0,221 0,177 0,091 ( ox. ) 0,005 0,054
Voici maintenant les résultats obtenus par M. Berzélius , de la source du Steinbad, en 1823 (AnnaLcs de Chimie et de Physique , t. 28 , p. 396). Tous les sels sont anhydres et calculés pour 1 kilogramme deau :
grammes.
Carbonate de soude 0,346
Chlorure de sodium 0,0o5
Sulfate de soude 0,067
Phosphate de soude ' 0,002
Sultate de potasse 0,001
Carbonate de chaux 0,067
de magnésie 0,037
O.iide de fer ) q qqj
Sous-phosphate d'alumine ; '
Silice 0,042
Oxide de manganèse des traces.
UssAT. Petite ville du département de l'Arriége , à une demi-lieue de Tarascon et à trois lieues d'Ax; elle est renommée pour ses bains, creusés dans le sol même d'une des montagnes qui forment la gorge étroite où coule l'Arriége ; l'eau s'élève continuellement du sol qui forme le fond des cuves et les remplit. Cette eau est limpide , inodore, peu sapide, onctueuse au toucher, et d'une température qui varie, suivant les cuves , de 34 à 37 degrés centigrades. Elle dégage aussi de temps en temps quelques bulles de gaz acide carbonique. Suivant l'analyse de Figuier, celte eau contient par litre :
pouces cubes.
Acide carbonique libre 0,33
grammes.
Sulfate de magnésie 0,0343
Hydrochlorate de magnésie 0,2764
Carbonate de magnésie 0,0098
Carbonate de chaux: 0,2682
Sulfate de chaux 0,3066
Les eaux d'Ussat portent aussi le nom d'eaux d'.^/r/ioZaf , commune sur le territoire de laquelle elles sont en partie situées. On les appelle encore Euux de Taviiscon, à cause de leur proximité de cette ville; mais il vaut mieux appliquer ce dernier nom aux eaux ferrugineuses de Sainte-Qiiêterie qui en sont encore plus rapprochées.
Vals. Bourg situé dans le département de l Ardèche , à huit lieues ouestsud-ouest de Privas et à 3/4 de lieue de la petite ville d Aubenas. On y trouve quatre sources d une eau gazeuse alcaline et ferrugineuse , la plus riche de toutes les eaux de France en carbonate de soude, à tel point que l'extraction de ce sel serait une exploitation très-profitable, si l'eau était plus abondante. L'eau de la source principale, nommée lu Marc/uise, a été analysée par M. Berthier, qui en retiré par litre :
SELS
SELS
ANHYDRES.
CRISTALLISÉS
grammes,
grammes.
Vic-scR-CÈRE , yic-en-Carladèz , gros bourg sur la Gère, au pied du Cantal département du même nom, à 16 lieues au sud de Clermont. Il y a un établissement d'eaux minérales assez "anciennement connues , mais dont l'analyse ne parait pas avoir été faite.
Vie LE-CoMTE. Petite ville à cinq lieues de Clermont , département du Puy-de-Dôme. On trouve auprès deux sources d'une eau gazeuse et saline froide; on n'en connaît que d'anciennes analyses qui demanderaient à être répétées.
On connaît en France un grand nombre d'autres lieux du nom de Vie [Ficus, village ) , et entre autres , Vie en Lorraine , auprès duquel on a découvert , il y a plusieurs années , une mine de sel de gemme.
'ViCHr , Ficus caUdus. Petite ville sur la livetlroite de l'Allier, à quinze lieues de Moulins et à six de Gannat, département de l'Allier. Ses eaux thermales qui comptent parmi les plus renommées de l'Europe , sont fournies par sept sources distinctes, et diffèrent beaucoup entre elles en volume et en température; mais chacune d'elles conserve toujours une température et un volume constans. La température des quatre sources principales, observée le 30 juin 1820 par MM. Berthier et Pavis, s'est trouvée de :
Grande Grille . 380,5
Puits Chomel 40o,0
Puits Carré 45",0
Source de l'Hôpital 33<>,9
Les eaux de ces diverses sources jaillissent en bouillonnant dans les puits qui les renferment, et en entraînant avec elles un volume plus ou moins considérable d'acide carbonique. Celle qui, en proportion de sa masse , en fournit le plus est la source de la Grande Grille qui en dégage de 28 à 30 mètres cubes en 24 heures, c'est-à-dire un volume presque double tle celui Ae l'eau, sans compter celui qui reste en dissolution. Dans Les temps d'orai^e le dégagement est plus considérable, et cet effet , qu'un physicien célèbre a révoqué en doute , parait cependant facile à expliquer par la tliminution de pression atmosphérique qui accompagne ordinairement les temps orageux. Du reste, les eaux n'ont pas d'odeur bien marquée, et leur saveur, sensiblement alcaline, n'a pourtant rien de désagréable.
L'eau de chacune des sept sources a donné , à l'analyse , des résultats si peu différens les uns des autres qu'il est permis de croire que leur composition est identique. MM. Derthier et Pavis en ont retiré , par litre {Ann. chim. et phj-s., t. 16, p. 441) :
grammes. lilre.
Acide carbonique 2,268 ou 1,149
SELS
SELS
ANHYDRES.
CRISTALLISÉS
grammes.
Carbonate de soude (sous-). . .
Sulfate de soude. .........
Dans les eaux, la soude est à l'état de bi-carbonate, ce qui en porte la quantité à 5 gr., 16) , et la totalité des sels anhydres à 6 gr., 379 ; et il reste encore assez d'acide carbonique en excès pour tenir en dissolution les carbonates de chaux , de magnésie et de fer. L'analyse ne fait pas mention d'une matière oi'ganique azotée, analogue à l'albumine, que M. Darcet a trouvée dans l'eau de Vichy, et sur laquelle M. Vauquelin a publié des observations très-intéressantes. ( Jnn. c/iim- et phjs., tom. 28, p. 98. ) Cette analyse diffère d'ailleurs en quelques points de celles qui ont été faites par M. Longchanip , tlont nous présentons ici le résultat moyeu (Journ. pharm. , tom. 7. p. 569) :
grammes.
Acide carbonique 1,05 i7
Bi carbonate de soude sec 5,1639
Chlorure de sodium 0,5530
Sulfate de soude sec 0,4181
Carbonate de chaux 0,4(i32
— — — de magnésie 0,0869
de fer 0,0136
Silice 0,0813
Il existe des eaux plus chargées de carbonate de soude (celle de Vais, par exemple); mais l'abondante production de celles de Vichy, qui ne s'élève pas à moins de 259 mètres cubes par vingt-quatre heures, ou de 94,535,000 kilogrammes par année, fait sortir de terre, dans le même espace de temps, 440,000 kilogrammes de sel , dont une faible partie seulement se trouve utilisée pour le service sanitaire. Aussi plusieurs personnes ont-elles pensé qu'il serait avantageux de procéder à son extraction. ( Guiuourt. )
EAUX MINÉRALES {Examen chimique des). L'obligation où se trouvent les médecins et les pharmaciens d'avoir souvent à répondre sur la nature des
EAUX MINÉRALES
EAUX MINÉRALES
)3ux minérales des contrées qu'ils habitent , nous porte à réunir ici les tlonjiées les plus essentielles pour parvenir à la connaissance des principes de l;es eaux.
Dèî l'abord de la source, quelques signes qui ne sont pas à négliger , peujreiit faire présumer la classe à laquelle elle appartient. Par exeaiple, un enduit ■ougeàtre, déposé dans les premiers conduits qui reçoivent l'eau minérale, délote sa nature ferrugineuse ; un dépôt jaune , épars quelquefois çà et là , eb ijui brille sur les charbons, en dégageant l'odeur du soufre, indique une eau jiulfureuse que l'oileur lu'()a(ique fait d'ailleurs reconnaître avec plus de certi- >;iide j un enduit biancliâtre recouvrant les corps plongés dans le courant, et faisant effervescence avec les acides, est le signe d'une eau abondamment chargée de carbonate terreux , etc.
Arrive' à la source même, il convient d'en noter avec soin la température, comparée à celle de l'air, le volume, l'émission plus ou moins tumultueuse, )u accompagnée d'un dégagement gazeux dont il est utile de connaître la naure; mais qui est presque toujours de l'acide carbonique pour les eaux alcaines ou calcaires, et de l'azote pour les eaux sulfureuses.
Viennent alors les propriétés physiques, telles que l'odeur, la saveur, la :ouleur, la transparence plus ou moins parfaite; enfin l'examen chimique. Cet îxamen comprend deux séries d'expériences , dont la première a pour but de "aire connaîire la nature des corps dissous, et la seconde leur quantilè. Nous llillons les décrire les unes et les autres.
SECTiOH PTIEMIÈBE. — Essais propres à faire connaitre la nature des substances j dissoutes.
Corps gazeux non acides.
1. Oxigène. Lorsqu'on met un cristal bien net de proto-sulfate de fer au fond l'un verre rempli d'une eau qui contient du gaz oxigène, le sel, en se dissolvant ît en se suroxidant, forme un nuage rougcâtre qui n'a pas lieu dans de l'eau ïon aérée. Presque toutes les eaux des terrains supérieurs, telles que celles des ources potables, des ruisseaux , des rivières , etc. , présentent cet effet ; mais
RI véritables eaux minérales ne l'offrent que très- rarement , la plupart content ou des sulfures, ou tles sels de proloxide de 1er, ou des malières organifues , toutes substances incompatibles avec la présence de l'oxigène.
2. Azote. Aucun essai préliminaire ne peut le faire reconnaître dans l'eau ^ pui d'ailleurs n'en peut dissoudre que des quantités insignifiantes par rapport > ses propriétés médicales. Mais c'est un phénomène digne d'attention que toutes es eaux sulfureuses en dégagent à leur sortie de terre des quantités plus ou noins grahdes. M. Anglada, qui en a fait la remarque , attribue cet azote à 'action de l'acide hydrosulfurique ou des sulfures, tant sur l'air que l'eau avait )riraitivement puisé dans l'atmosphère, que sur celui qu'elle rencontre dans .on trajet supérieur, avant de revenir à la surface de la terre.
Acides libres.
3. Acide carbonique. On le reconnaît à la qualité pétillante de l'eau, et à ce ]ue le gaz qui s'en échappe , soit naturellement , soit par l'action de la chaleur, lans des vases fermés, trouble l'eau de chaux k travers laquelle on le fait jasser.
4. Acide hydrosulfurique. L'eau exhale une odeur d'oeufs gâtés, et noircit 'argent, le plomb, le mercure et leurs dissolutions.
' 5. Acide sulfurique. L'eau qui en contient a une saveur acide, est âpre aux lenis, rougit fortement le tournesol, forme avec le nitrate de baryte un pré- ';ipité insoluble dans l'acide nitrique.
6. Acide hjdrochlorique . L'eau qui le contient a une saveur acide , et rougit brtement le tournesol. Elle forme avec le nitrate d'argent un précipité blanc, ,;ailleboté , insoluble dans l'acide nitrique , et soluble dans l'ammoniaque. Cet icide existe presque nécessairement dans les eaux acidifiées par 1 acide sulfu- ■ique, en raison de l'action de ce dernier sur les chlorures. Suivant M. de îumboldt, il se trouverait aussi seul dans un grand nombre de sources chaudes ies andes du Pérou. {Journal de l'hysique , t. 69, p. 155.)
7. Acide ho}-iqne. Cet acide ne communique par lui-même aucune saveur jiensible à l'eau , et ne rougit que faiblement le tournesol. Cette eau , neutraisée par un carbonate alcalin , filtrée , concentrée et aiguisée d'acide hydrojfalorique , laisse précipiter des paillettes brillantes d'acide borique. Cet acide i'a encore été trouvé libre que dans quelques eaux de la Toscane.
I 8. Acide silicique ou silice. 11 existe dans presque toutes les eaux minérales, ît en grande quantité surtout dans les eaux thermales alcalines. On en reconlaît la présence , lorsqu'en traitant par l'eau , ensuite par l'acide hydrochlo- .•ique étendu, le produit de l'évaporation de l'eau à siccité, il reste un résidu nsoluble qui blanchit au feu, et forme un verre transparent avec la soude ou a potasse.
Substances salines.
9. Chlorures ou hjdrochlorates. Toute eau minérale non acide qui forme ivec le nitrate d'argent un précipité blanc cailleboté . insoluble dans l'acide uixique et soluble dans l'ammoniaque, contient un chlorure dissous ou un hy- Irochlorate. Ce précipité jouit en outre de la propriété de colorer en violet parla lumière solaire.
Quant aux espèces de chlorures ou d'hydrochlorates , voici les moyens de les iistinguer :
i 10. Une certaine quantité d'eau ayant élé évaporée à siccité et à la chaleur lu bain-marie, on traite le résidu , à froid , par de l'alcohol à 0.819 de pesan-
teur spécifique (40" de Baumé), qui est susceptible de dissoudre les hydrochlorates d'ammoniaque, de chaux , de magnésie , de fer ; on traite ensuite ce mèuie résidu à l'aide de la chaleur, par de l'alcohol à 0,875 (30<>, 6 B. J , qui dissout les chlorures de sodium et de potassium. Alors, chaque liqueur alcoholique ayant été évaporée séparément à siccité , et le résidu , s'il y en a , étant redissous dans une petite quantité d'eau, on obtient deux liqueurs , A et B , dont la première contient :
a. De V hjdrochlorale d'ammoniaque , lorsque la potasse caustique en dégage l'odeur propre à l'ammoniaque;
b. De Vhydrochlorate de chaux , quand l'oxalate d'ammoniaque y forme un précipité dense qui est de l'oxalate de chaux ;
c. De Vhydrochlorale de magnésie , quand l'ammoniaque y forme un précipité blanc , floconneux et léger. Ce précipité n'a plus lieu lorsqu'on acidifie préalablement la liqueur avec de l'acide hydrochlorique ;
d. De ïhj drochlurate de fer y lorsque les alcalis y déterminent un précipité rougeàtre ou noirâtre, passant à la couleur d'ocre par le contact de l'air. Dans ce cas , la noix de galle colore la liqueur en noir , et le cyanure de fer et de potassium la précipite en bleu.
Nota. Lorsque la liqueur contient de l'hydrochlorate de fer, l'ammoniaque y forme un précipilé noir comme les autres alcalis ; alors on ne peut voir si la liqueur contient de la magnésie. Dans ce cas, pour découvrir la présence de celte terre, il faut préalablement acidifier la liqueur; y verser alors de l'ammoniaque qui en précipite le fer, ajouter ensuite de l'oxalate d'ammoniaque, pour en éliminer la chaux , si elle s'y trouve, et enfin y verser un carbonate alcalin qui en précipite la magnésie.
Il faul remar([uer d'ailleurs qu'aucun des sels précédons ne peut exister dan» une alcalisée par le carbonate de soude ( voyez article 17 ).