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EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES

juirant leur température , d'abord , en eaux froides , et en eaux chaudes , qui jjieuvent présenter depuis dix jusqu'à quatre vingts degrés ; distinction presque Inutile, puisque , comme nous l'avons l'ait observer précédemment , on n'emjaloie presque j;imais les eaux à leur lenipéralure naturelle. Quant h la seconde, iljui est plus importante pour la pr;ili(|ue , on voit que , malgré la variété infinie les proportions, les substances que les eaux tiennent en dissolution sont effecivemcnt peu nombreuses, puisqu'on n'a pu faire que quatre classes ; savoir, es eaux sulfureuses, les eaux acidulés ou gazeuses, les eaux ferrugineuses et es eaux salines, auxquelles dans ces derniers temps on a ajouté les eaux iodu- •ées. Cela prouve que ilans l'état actuel de nos connaissances, il est i>resque .mpossible d élablir une classification bien régulière des eaux minérales ; car îlles sont toujours coulplcxes dans leur composition : ainsi une eau ferru- ;ineuse ou sulfureuse renferme, outre son ingrédient dominant, des sels, de "acide curboni(jue, etc.

L'analyse chimique des eaux niiiiéralcs , surtout de celles q.ui sont très-fré- (uenlées, a été faite avec uu soin et une exactiluile si scrupuleuse ([u'on est larvcnu à constater les moindres détails, à reconnaître la nature et les proporlons relatives des substances qu'elles tiennent en solution ou en suspension. ]es travaux, continués et complétés chaque jour par les chimistes modernes, int mis à même de recoiinailre que les difTérences offertes par les diverses eaux l'une même classe sont trop fugitives pour qu'on puisse , avec raison, accorder a prééuiiuence à l'une d'entre elles sur les autres , et |)0ur qu'il soit facile de uotiver s.i préférence autrement que sur des mots en l'air ou des autorités. On nettrait dans un véritable embarras tel médecin en réputation, et qui , ne soinantqiie des riches, a, cha([uc année , l'occasion il'envoyer aux eaux un grand lombie de malades, si on le forçait à s'expliquer catégoriquement sur les moil's de sa pratique. Peut-être l'entendrait on avouer qu'au fond il n'attache auune inij ortanceà telle ou telle eau , qu'ilne veut que faire voyager une femme aporeuse, un ambitieux dont les espérances déçues ont altéré la saute, ou iivoyer mourir loin de lui un malade dont il désespère. Les eaux ont beaiicoup jierdu de leur crédit. Les idées que nous venons 'exprimer sur cette branche de la thérapeutique sont très-généralement adlises de nos jours, depuis qu'une juste appréciation des faits a succède a 'aveugle engouement qui existait jadis en faveur des eaux minérales , et qui ne ubsiste plus gucres aujourd'hui que chez les méilecins intéressés dans la qiiesion , et chez ceux cjui n'ont pas pu l'examiner d'assez haut. Aussi , en portant e jugement sévère , mais consciencieux, nous ne sommes que le rapporteur es opinions que nous vous avons recueillies près d'un grand nombre de conrcres : cai* nous n'avons pas prétendu nier les faits constatés ; nous avons voulu eulement les faire rentrer dans les règles connues . persuadés que la nature , ans ses actes , n'a qu'une seule et même manière de procéder. Si nous avions dù faire un traité complet des eaux minérales, nous eussions xaminé successiveuient toutes les maladies et les eft'cts des diverses eaux dans hacune d'elles ; nous eussions vérifié , par exemple , jusqu'à quel point il peut tre indispensable d'envoyer aux eaux, indistinctement, les militaires affectés de ouleurs rhumatismales ou d'anciennes blessures , comme on a coutume de le lire en France. IVIais , dans un ouvrage du genre de celui-ci , devant nous resreiiulre à ce qui est d'une a|)plication pratique, nous nous bornons à consigner e qui est constaté jiar l'expérience et avoué par le raisonnement, et nous nous ésumons ainsi :

1". L'histoire impartiale des eaux minérales, considérées sous le rapport e leurs efTets dans les maladies , est encore à faire. La partie chimique laisse PU de chose à désirer. En attendant un travail plus complet, le méilecin doit pprécier les faits relatifs à ces eaux d'après les lois de la physique, île la chilie et de la physiologie, et rejeter toute explication qui ne s'accorde pas avec es lois. Ainsi , par exemple , il ne croira pas qu'une eau thermale , ayant quajiite degrés , agisse sur nos organes autrement qu'une autre eau . tenant en issolulion les mêmes principes , et chauffée au même degré dans un foyer ; ni d'une pinte d'eau de Sediilz, qui renferme une once de sulfate de magnésie, urge autrement que la même quantité de sel, dissoute dans une pinte d'eau uelcon(jue.

2. Les eaux minérales sont ces composés médicamenteux très variés en appaence , mais qui , en réalité, ne présentent qu'un petit nombre d'clémens domians auxquels elles doivent leurs propriétés les plus remarquables. Ainsi , ce je sont , en somme , que des moyens plus ou moins infidèles d'aministrer le îjtjfrk , le FER, les sels neutres, I'acide cabbonk^ue et I'iodë {voj'ez ces mots) ; t l'on ne devra plus ilire que telle eau est bonne contre telle ou telle maladie.

3" Dire (jue ces eaux agissent sur récononiie d'une manière différente de itdle dont agiraient des médicamens de la même espèce , administrés dans les lêines circonstances et avec les même- conditions, c'est donner un démenti jrmel aux observations les mieux faites ; admettre <lans leur action quelque hose de merveilleux ou même de divin, c'est le comble de la déraison, quand e n'est pas le comble ilu charlatanisme.

4» Si l'on analyse les moyens hygiéniques et thérapeutiques réunis dans usage des eaux , on trouve des élémens connus qu'on peut employer à vojnté, à peu près partout, et dont l'usage raisonné promettrait plus de succès ncore que l'administration empirique, et en quelque sorte cabalistique , des aux minérales; aussi se trouve-t-on naturellement conduit à penser qu'il est iipossible d'établir aucune règle générale sur la manière d'employer les eaux, lanière qui doit évidemment et nécessairement varier suivant chaque sujet , et

ui ne saurait être dirigée que par les règles générales de la thérapeutique,

ue tout médecin est censé connaiire et observer.

S". L'emploi des eaux est, dans une foule de circonstances , une véritable

DlCT. DE iVlÉDEClîlE ET DE CHIRURGIE PRATK^UES.

déception; parce que, d'une part, on leur fait subir des altérations qui les dénaturent; de l'autre , parce que les succès même qu'on leur attribue appartiennent souvent en totalité, et toujours en grande partie, au voyage, à la distraction , au régime, etc , indépendamment de ce que fréquemment les malades voient s'aggraver leurs maux. En un mot, on guérit aux eaux comme ailleurs , ni plus ni moins.

Laissons donc les eaux minérales , comme des médicamens utiles et économiques , à ceux qui habitent les pa3's où elles se trouvent : laissons-les à ceux qui ne peuvent ou qui ne veulent pas comprendre les effets de l'exercice, du régime , des bains , etc. , et qui craignent d'éclairer les malades sur leurs véritables intéi êts. Nous n'attaquons pas les faits bien observés ; nous les accepton*, au contraire, sans réserve; ils se prêtent facilement à l'explication simple ét naturelle que nous avons présentée, et qui est le résultat d'une étude faite avec conscience et désintéressement.

Ce serait tomber dans d'interminables redites, que de vouloir examiner séparément chacune des eaux minérales et chacune des manières dont on peut les administrer. C'est cependant ce q l'ont fait des auteurs d'ailleurs très-recommandables , qui , multipliant les divisions , parlent tl'eanx acidulés excitantes, d'eaux excitantes sulfureuses, d'eaux purgatives toniques et excitantes; comme si les effets des médicamens ne dépendaient pas en grande partie des circonstances dans lequelles on les administre. Procédant d'une manière qui nous semble plus raithodique, nous croyons devoir renvoyer, pour les détails, aux articles Acide capbokiqce, Acide iiyDRosi'LFi.'RiguE , Caboonates , Baiks , Douches, Fer, Hydrochlorates, Soi'fre, Sulfate de soi de , dépotasse ou de magnésie , etc. Car, ces substances diverses, dissoutes dans les eaux minérales , n'y prennent pas des propriétés différentes de celles qu'elles présentent en toute autre occasion ; et , si les proportions et les combinaisons variables sont un motif d'étude et de description particulière, il faudra , pour être conséquent, faire l'histoire distincte des millions de formules dans lesquelles se groupent et se combinent les médicamens simples.

Nous avons examiné , avec une franchise qu'on nous a plusieurs fois reprochée , la doctrine générale des eaux minérales ; et cet article, peu étendu , est cependant le résultat de longues et pénibles études. Quelles que soient les conclusions que nous en avons cru devoir tirer , il ne doit pas empêcher les nouvelles recherches sur ces agcns naturels , considérés soit sous le rapport de leur composition chimique . soit relativement à l'infliicnce qu'ils exercent sur l'économie animale; aussi , l'article qui précède doit-il rester indépendant des opinions exprimées dans celui-ci. Des analyses exactes sont assurément le point de ilépart le plus convenable, le seul même qu'on puisse prendre à l'époque où nous sommes , sous peine de renier l'esprit du siècle. 'V^ieuneiit alors des observateurs éclairés et impartiaux qui, expérimentant sur des maladies bien déterminées , apprécient le mode d'action des eaux , et fassent voir clairement cju'elles ont guérit autrement que ne l'auraient fait les mêmes élé/nens artificiellement rassemblés , et administrés de la même manière , et dans des circonstances semblables ; et alors nous nous empresserons d"y croire. Mais jusque-là, nous dirons aux médecins : défiez-vous de ce qui est écrit sur les vertus des eaux minérales; expérimentez vous-mêmes , ou vous éprouverez à chaque pas des mécomptes et c^les déceptions. 'Voilà comme nous entendons la pratique ; et, nous en avons la conviction intime, nous trouverons des échos parmi les véritables praticiens : que si , au contraire, on exigeait de nous l'histoire îles opinions émises sur les eaux minérales diverses, relativement à leur efficacité contre telle maladie; de la manière plus ou moins bizarre dont on les administre; en un mot , le résumé des ouvrages publiés sur ce sujet, nous reculerions devant une tâche qui nous semblerait aussi inutile qu'insipide, et dont le résultat ne serait qu'un amas d'erreurs et de contradictions, mêlées de faits banau>: , et dans lesquids il est impossible de rien découvrir qui ne rentre dans les règles générales de la thérapeutique.

Si quelqu'un possède des raisons personnelles suffisantes pour lui inspirer une confiance spéciale, soit dans les eaux minérales en général, soit dans telle eau minérale en particulier, cet article ne l'empêchera pas d'y envoyer ses malades. Quant à ceux cpii , n'ayant point d'opinion faite à ce sujet , veulent expérimenter, rien assurément ne serait plus fâcheux que de commencer leur travail avec cette idée préconçue que les eaux minérales , dans leur mode d'action, s'écartent des lois générales peu nombreuses que l'observation de la nature a fait connaître. Si des faits multipliés forcent quelquefois à aduietlre des exceptions , elles ne doivent être reçues que comme telles, et après des expériences réitérées et convainquantes. Mais jamais, surtout dans la pratique, on ne doit pratiquer à priori ^ d'après de semblables idées

( Andral et F. Ratier. ) EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES. ( iVia/'/nac, ) L'impossibilité pour un grand nombre de malades d'aller chercher au loin le soulagement qu'ils se promettent de l'usage de certaines eaux minérales, ou la difficulté de transporter et de conserver ces eaux sans altération loin de leurs sources , ont fait désirer de tout temps qu'il fut possible à l'art de les imiter.

Les premiers essais dans ce genre paraissent avoir été tentés par Hoffmann , et ont été continués par Venel, Monnet, Priesllay . Bergmann , Cavendish et beaucoup d'autres. On en trouve un exposé assez fidèle dans un ouvrage intitulé : Essai sur l'ai t il' :miler les eaux minérales , par Duchanoy, en 1780; mais l'analyse îles eaux était trop peu avancée pour que leur imitation pût offrir rien de satisfaisant. A partir de ce moment , cet art a reçu des perfectionnemens successifs et non interrompus ; mais personne ne lui a fait faire de plus grands progrès que Paul de Genève , qui , d'abord dans cette ville et ensuite à Paris ,

EAUX MINERALES ARTIFICIELLES. (

a monté une fabrique d'eaux minérales , avec laquelle d'autres ont rivalisé depuis sans la surpasser.

Depuis celte époque , cependant , l'analyse des eaux a fait de nouveaux progrès, et leur imitation artificielle, publiée dans le trente-troisième volume des AnnaU-s de Chimie , aurait dù subir de grandes cliangemens. Nous avons essayé , M. Henry et moi , dans notre Pharmacopée raisonnèe , d'amener cette fabrication , pour un certain nombre d'entre elles , à un degré de précision commandé par l'état actuel de nos connaissances; on fera mieux, sans aucun doute , à mesure que la chimie nous enrichira de nouveaux moyens d'analyse et de synthèse.

La plupart des eaux minérales artificielles sont chargées d'une quantité ' d'acide carbonique beaucoup plus considérable que les naturelles, et les moyens que l'on emploie pour parvenir à ce résultat forment la partie la plus importante de leur fabrication. iNous ne les décrirons pas ici cependant, personne n'ignotant qu'ils consistent à dégager l'acide carbonique du marbre par l'intermède de l'acide sult'urique , à faire passer le gaz bien lavé dans une grande cloche graduée \\on\mé.e' gazomètre j qui permet d'en mesurer le volume, enfin, à le forcer de s'unir à l'eau , au moyen d'une pompe foulante adaptée à un fort tonneau de métal ( voir la Pharmacopée raisonnèe , tom. 1 , pag. 501-506). Supposant cette connaissance acquise, nous prendrons pour premier exemple de fabrication l'eau de Seltz.

Eau de Seltz artificielle.

D'après l'analyse de Bergmann que nous avons donnée précédemment , cette eau contient pour dix litres :

grammes. grains niélriq.

Carbonate de chaux 4 74

— de magnésie 7 129

— — — de soude cristallisé. . 5,7 105

Chlorure de sodium 26 479

Acide carbonique 5 à 6 litres.

On peut arriver à produire ce résultat en préparant les carbonates de chaux et de magnésie artificiellement, les prenant bien lavés et encore humides, déterminant la proportion d'eau qu'ils contiennent, et en mettant dans le vase de compression les quantités nécessaires pour représenter celles ci dessus. Ony introduit alors l'acide carbonique , mais k la dose de cinq fois le volume de l'eau, c'est-à-dire , de 50 litres ; et , lorsque la solution est complète , on soutire le liquide dans seize bouteilles de 20 onces, dans lesquelles on a divisé, par égales portions , les deux sels sodiques préalablement dissous dans 8 onces d'eau.

Mais les observations de M. Murray, que nous avons citées , permettent de préparer l'eau de Seltz d'une manière plus certaine et plus comiuode ; en effet , les sels précédens peuvent être remplacés par les suivans, toujours pour dix litres d'eau :

grammes, grains métriq.

Ei-carbonate de soude cristallisé. . . . 22,8 420

Chlorure de sodium 12,3 227

Hydrochlorate de magne'sie cristallisé. 14 258 — — de chaux cristallisé. . . 8,7 160

On prépare trois dissolcités.

Le premier, de 50 litres d'acide carbonique dans 9 litres, 5 d'eau ; le second, des deux hydrochlorates terreux dans 4 onces d'eau; le troisième , des deux sels sodiques dans 12 onces d'eau. On divise ce dernier, par parties égales , dans seize bouteilles de 20 onces ; on ajoute dans chacune 1/16 du soluté précécédentj on remplit d'eau acidulée, et l'on bouche aussitôt.

Eau d' Aix-la- chapelle.

Nous avons donné la composition de celte eau d'après MM. Reumont et Monlieim. Pour l'imiter autant que possible , il convient , comme pour la |)récédente , de transformer les sels insolubles en sels solubles , de porter la dose de l'acide carbonique du tiers ou du quart du volume à un volume, afin de tenir en dissolution parfaite les carbonates formés , et de supprimer la silice que nous ne pouvons guère jusqu'à présent introduire à dose déterminée dans les eaux artificielles ; alors ou arrive à la formule suivante :

Eau pure 10 litres.

Acide carbonique 10

hydrosulfurique 2

grammes. gros. grains.

Chlorure de sodium 27,75 7 7

Bi-carbonate de soude cristallisé. . 11,70 3

Sullate de soude cristallisé 5,96 1 38

Hydrochlorate de chaux 2,85 53

de magnésie 0,89 16

De toutes ces substances , on fait quatre dissolutés séparés. 1er. Eau 8 litres , 50 --t- l'acide carijonique.

2e. 0 , 25 -t- le chlorure et les hydrochlorates.

3«. 0 , 25 -i- le bi-carbonate et le sulfate de soude.

4e. 1 5 00 récemment saturée d'acide hydrosulfurique.

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