‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource]Chapitre 29 sur 234 · AIMANT · texte numérisé non relu

AIMANT

p'Srties actives de l'ail , tellement que celui qui a macéré pendant quelque temps dans ce liquide perd absolument sa saveur et son odeur. L'alcool se comporte avec lui à peu près de la même manière.

Quoi qu'il eu soit, l'ail appliqué à l'extérieur ou introduit dans nos organes manifeste des propriétés essentiellement irritantes. Mis en contact avec la peau , il la rubéfie promptement , et si l'application est prolongée , il peut en déterminer la vésication et même l'ulcération. On a peu d'exemples de l'action de l'ail à l'intérieur. Il serait impossible peut-être d'en avaler assez pour amener une phlegmasie des organes digestifs. Mais il est certain que quand on vient à mâcher une gousse d'ail, on ressent dans toute la bouche une chaleur insupportable avec augmentation de la sécrétion salivaire. L'odeur de l'ail se retrouve d'une manière non équivoque dans l'air expiré , ainsi que dans les diverses excrétions chez les personnes qui en mangent habituellement.

C'est sans raison qu'on a attribué à l'ail des propriétés diurétiques; sa vertu istimulante s'exerce sur toute l'économie , et par conséquent sur l'appareil |urinaire aussi bien que sur les autres; or un médicament diurétique est celui iqui sollicite la sécrétion de l'urine d'une manière spéciale et en quelque sorte exclusive. Il y a plus de raison de croire à son action vermifuge, et de penser que son huile volatile acre peut asphyxier les vers intestinaux , et en provoquer l'expulsion. Mais on doit considérer comme imaginaire ce qu'on a dit de jses qualités antiseptiques , ou du moins donner l'explication rationnelle des [faits qui ont donné naissance à cette opinion. L'ail, comme toutes les subjslances pourvues d'une odeur forte, peut faire diversion à l'impression que produisent les émanations fétides ; il peut même, jusqu'à un certain point, provoquer une sorte de réaction qui en atténue les mauvais effets, mais il ne Isaurait anéantir leur action délétère, comme le font les fumigations de chlore ■ou d'acide nitrique, par exemple.

L'ail a été vanté contre un grand nombre de maladies, qui ont été guéries par son usage, comme elles l'eussent été par la plupart des médicamens ayant la même composition chimique. Ainsi l'on comprend facilement, et sans admettre aucune vertu spécifique , qu'on ait obtenu de bons effets de l'ail administré à l'intérieur ou appliqué à l'extérieur contre les fièvres d'accès ; qu'un cataplasme d'ail pilé sur l'hypogastre ait été utile dans les cas de paralysie de la ^'Cssie, et aux pieds, dans celui de congestion cérébrale; et nous ne croyons pas pécessaire d'en dire davantage sur ce point.

Il résulte donc de l'examen des propriétés physiques et chimiques de l'ail et de ses effets immédiats sur l'économie animale , qu'il peut être rangé parmi les médicamens irritans : la facilité avec laquelle on se le procure serait , aux yeux des vrais praticiens, une raison pour le conserver dans la matière médicale, pour le substituer à des drogues plus coûteuses sans être plus efficaces. Pilé avec lu vinaigré concentré il peut faire un épithème qui , suivant la durée de sou apjlicatiou , sera rubéfiant, vésicant, et même pourra produire l'ulcération de la peau. Cet épithème trouverait son application dans les cas où l'état de l'appareil iirinaire ferait redouter l'action spéciale qu'exercent sur lui les cantharides. Il nourrait également remplacer les cantharides, sans mériter la préférence, si :e n'est peut-être sous le rapport du prix. Nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir un grand avantage à faire avaler des gousses d'ail crues et entières , après les avoir trempées dans l'huile, comme on avait coutume de le prescrire dans le traitement des vers intestinaux, et spécialement dans celui du taenia. Si, :omme il est raisonnable de le croire , l'ail jouit de quelques propriétés vernifuges, il faut chercher à les développer par le mode d'administration. Au :ontraire il est plus que probable que les gousses d'ail entières et crues trat'ersent le canal digestif sans éprouver presque aucune altération. Rosenstein jijmploya comme vermifuge, chez les enfans , l'infusion d'u/ze once d'ail pilé pour une livre de lait. On a également vanté des lavemens de lait dans lequel pn a fait bouillir de l'ail. L'emploi de ces deux moyens ne saurait être exempt (le reproches aux yeux de ceux qui veulent se rendre compte des motifs de eurs prescriptions. En effet le lait n'ajoute rien aux vertus de l'ail, et c'est en pure perte qu'il est employé dans cette circonstance. Ou est porté à croire que Ses auteurs par lesquels a été conseillé ce mélange, ont pensé cacher un poison, ians un liquide agréable aux animaux parasites qu'ils avaient dessein de dé- ■ ruire. Rien ne prouve qu'ils aient eu raison : et l'on doit considérer comme plus régulier de se servir d'une décoction aqueuse , dont les doses seront probortionnées à l'âge et au degré de susceptibilité des sujets , mais dont la grande icreté fera toujours un remède difficile à manier , et surtout à administrer par ■a bouche.

) Indépendamment de ses usages culinaires qui peuvent quelquefois aussi être ournés au profit de la thérapeutique , et de ceux que nous venons de signaler, ail entre dans la composition du vinaigre aromatique du codex , plus connu ious le nom vulgaire de vinaigre des quatre voleurs , et dans lequel sont enassées une foule de substances stimulantes et aromatiques. (F. R atier.)

AIMANT , subs. m. , fer oxydulé amorphe , fer oxydulé compacte ; magnes Ji's Latins, fiay-jin des Grecs , du nom d'une ville de Lydie appelée Magnésie , 1UX environs de laquelle cette substance était fort commune.

Il existe à la surface du globe de nombreuses raines d'aimant , mais c'est Surtout en Suède, en Norwége, en Chine, à Siam , aux îles Philippines et dans l'île d'Elbe qu'elles sont plus abondantes. L'aimant, d'une texture comipacte et granuleuse, d'une couleur gris d'acier, quelquefois blanchâtre quand jil contient du quartz, acquiert, quand il est réduit en poudi-e, une couleur iplus foncée , tirant sur le noir. U est formé , suivant MM. Berzélius et Thénard, ide 1 atome de bi-oxyde et de 2 atomes de tri-oxyde de fer. 11 se dislingue des autres métaux par quelques propriétés bien singulières : telle est entre autres 3a faculté attractive pour le fer, auquel il est susceptible de communiquer la

vertu magnétique, soit par le voisinage, le contact ou le frottement ; d'où les airaans artificiels. Telle est encore cette force qui sollicite un aimant , naturel ou artificiel, librement suspendu dans l'espace , à diriger constamment l'une de ses extrémités vers le nord, et l'autre toujours vers le sud. Telle est enfin celte autre faculté qui établit un si grand rapport entre le fluide magnétique et le fluide électrique ; faculté en vertu de laquelle un aimant attire par sou extrémité nord l'extrémité sud d'un autre aimant, dont il repousse au contraire l'extrémité nord ; et vice versa.

Pour expliquer ces phénomènes, les physiciens ont admis l'existence d'une force qu'ils ont appelée magnétisme , et ils ont supposé, comme ils l'avaient fait pour l'électricité, qu'il existe deux fluides magnétiques : l'un, fluide boréal, au moyen duquel l'aimant dirige toujours l'une de ses extrémités ou pôle, vers le sud ; l'autre , fluide austral , qui attire constamment vers le nord l'extrémité opposée de l'aimant. La singularité de ces phénomènes , qui appartiennent exclusivement à certaines mines de fer, ont engagé les physiciens à rechercher quelle en pouvait être la cause, et il paraît constant aujourd'hui que la pierre d'aimant doit ses propriétés magnétiques à la situation des mines d'où ou l'extrait ; du moins il est d'observation que du fer forgé , s'il est placé et maintenu pendant un long espace de temps dans une direction convenable , c'est-à-dire dans la direction que prend l'aiguille abandonnée à elle-même, finitpar acquérir les propriétés qui caractérisent l'aimant.

Les Hébreux, les Chaldéens, les Égyptiens , les Grecs, certains peuples de l'Inde , faisaient un fréquent usage de l'aimant , soit à l'intérieur , soit à l'extérieur. Paracelse l'employait d'une manière presque banale dans le traitement des hémorrhagies , de l'hystérie , de l'épilepsie et de la plupart des affections spasmodiques. L'aimant a fait partie de certains emplâtres qui ont joui d'une grande vogue, mais dont les propriétés doivent être regardées comme purement imaginaires. C'est ainsi qu'on l'employait sous la forme d'emplâtre, appliqué sur la région ombilicale pour prévenir l'avortement; de même on avait pensé que par sa force attractive il retenait le fœtus dans la matrice , et devait ainsi prévenir l'avortement ; on croyait aussi en faisant avaler de l'aimant réduit en poudre, et en recouvrant avec de la poudre de fer la surface des hernies, obtenir, au moyen de l'action attractive de l'aimant sur le fer, l'occlusion de l'ouverture qui avait donné îssue au.x viscères. J'ose à peine parler ici de ces bagues de fer aimanté, dites contre la migraine , que dans ces derniers temps, sous l'égide d'un nom fameux en médecine, on a voulu lancer dans le public; moyen qui ne peut qu'attester la crédulité de certains malades et l'impudeur de quelques charlatans.

Enfin l'on a débité sur le compte de l'aimant mille autres pratiques non moins absurdes que nous ne nous attacherons pas à réfuter, parce que depuis longtemps elles sont tombées dans un juste oubli. Ce qu'il importe de noter, comme une vérité de fait, c'est que l'aimant réduit en poudre perd ses propriétés magnétiques , sans qu'il soit trop possible de donner l'explication de ce fait. En cet état, il devient un simple oxyde de fer et n'agit plus autrement que toutes les autres préparations de fer. Dès lors il peut les remplacer dans les circonstances où ces préparations sont indiquées.

Nous avons dit que par la situation l'on pouvait aimanter le fer ou l'acier, et que parle frottement, le voisinage ou le contact prolongé, l'aimant pouvait communiquer au fer la facidlé magnétique : on a profité de cette circonstance pour aimanter des pièces de fer ou d'acier de différentes formes, dites armures, que l'on appliquait ensuite sur diverses parties du corps où des douleurs rhumatismales ou nerveuses se faisaient ressentir. Klarich en Angleterre , Weber, Hell etMesmer en Allemagne, d'Aquier et Lenoble en France, s'occupèrent surtout de ces applications. Des succès réels ou apparens engagèrent M. Lenoble à établir à Paris, vers la fin du xviii« siècle, un dépôt de ces armures aimantées et à présenter à' la Société royale de médecine , en 1775 , un Mémoire sur les propriétés de l'aimant ainsi appliqué, en àppelant l'attention de l'illustre compagnie sur ce nouveau moyen. MM. Andry et Thouret, chargés de faire à la Société un rapport sur ce Mémoire , se livrèrent à diverses expériences pour constater les propriétés de l'aimant. Ils déclarèrent en avoir obtenu des succès réels, notamment contre les maux de dents , les douleurs rhumatismales et les affections nerveuses, et ils estimèrent que ce moyen pouvait être avec raison regardé comme possédant des propiiétés antispasmodiques et sédatives. Mais ces propriétés, les doit-il à un simple effet de réfrigération produite par l'application du corps métallique? les doit-il à la propriété magnétique du même corps? les doit-il à l'électricité comme agent des phénomènes magnétiques? les doit-il enfin à l'imagination frappée des malades ? Il est peu de remèdes qui ne puissent compter quelques succès dans les affections spasmodiques , nerveuses et rhumatismales; nous avons vu de nos jours l'acupuncture, l'électropuncture , le perkinisme , etc. , trouver des prôneurs et des esprits eonfians , puis tomber dans l'oubli , jusqu'à ce que quelque homme jaloux de se singulariser , mieux inspiré ou plus heureux peut-être , les en retire de nouveau.

Hallé aurait désiré que l'on essayât dans certaines affections du système nerveux ce que pourrait produire un courant magnétique établi à travers les parties souffrantes. Laënnec a tenté cet essai contre les névralgies pulmonaires, contre l'asthme et la névralgie du cœur ou angine de poitrine. 'Voici ce qu'il en dit (Traité de l'Auscultation médiate, tom. 2, pag. 69, 1826) : u Lorsque la névralgie pulmonaire est fixe , j'ai souvent réussi à la calmer ou au moins à la modérer par l'application long-temps continuée de deux plaques aimantées , disposées de manière à ce que le courant magnéliqu^e existe entre elles, et traverse la partie affectée. « Dans l'asthme spasmodique (même ouvrage, tora. 2, pag. 97) , il est souvent parvenu à modérer l'intensité de la dyspnée par l'application de l'aimant. Enfin , en parlant des névralgies du cœur et de l'angine de poitrine, Laënnec s'exprime de la manière suivante : « Les moyens

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à l uitie desquels j'ai le plus souvent réussi à procurer du soulagement aux personnes attaquées de Vangina pectoralis et des névralgies du cœur plus légères et sans irradiations , sont principalement ceux que j'ai indiques en parlant des névralgies du poumon , et surtout Vaimant. Ce moyeu n'est pas plus infaillible que tous ceux par lesquels nous combattons ordinairement les affections nerveuses, mais il a réussi entre mes mains plus souvent qu'aucun autre à diminuer les angoisses de Vangina pectoralis et les douleurs cardiaques, et à en éloigner le retour. Quand l'application de l'aimant produit peu de soulagement dans l'angine de poitrine, on en obtient quelquefois davantage en appliquant un petit vésicatoire sous la plaque antérieure. »

Le même médecin a suspendu tout à coup , à l'aide de deux plaques aimantées , appliquées , l'une à l'épigastre, et l'autre sur le point opposé de la colonne vertébrale , un hoquet qui durait depuis trois ans. Au bout de six mois, la malade ayant négligé un matin de mettre ces plaques, le hoquet reparut; elle les remit, et il cessa de nouveau.

De ces observations et d'autres qu'il est inutile de rapporter , on peut laisonnablemcut conclure que l'aimant, appliqué sous la forme de lames métalliques, possède quelques propriétés sédatives, et que par conséquent il pourrait être employé dans les affections qu'on rapporte communément à un état de souffrance de l'élément nerveux; mais , nous le répétons, pour que ces propriétés puissent être mises en jeu , il est nécessaire qu'il s'établisse à travers la partie malade un courant magnétique, et ce courant ne peut avoir lieu qu'en disposant les plaques de telle sorte que leurs pôles soient exactement opposés. C'est alors seulement qu'il est permis de penser qu'on pourrait dans (juelques circonstances en obtenir d'heureux résultats, {f^oj-ez Magmétisme. )

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