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ANTIMOINE. (281) ANTIMOINE

te second verre, il survient trois à quatre vomissemens un peu forts, on ne fait pas prendre le troisième ; dès les premiers efforts pour vomir on fait boire beaucoup d'eau tiède, et on continue d'en faire avaler dans l'intervalle des vomissemens. Pour les enfans au-dessous de deux ans , la dose est d'un demi-grain dans quatre onces d'eau, que l'on fait prendre par cuillerée de quart d'heure !en quart d'heure. Depuis deux jusqu'à huit ans, on peut le donner à la dose d'un grain, dans la même quantité de liquide; de huit, à quinze ans , un grain et demi suffit , et il est rare que l'on ait besoin de donner toute la dose. Pour les enfans , on édulcore la dissolution avec un peu de sucre ou de sirop ; mais lorsqu'ils sont encore très-jeunes, il est préférable de solliciter le vomissement à l'aide de l'ipécacuanha. Il faut souvent des doses plus fortes aux vieillards qu'aux adultes , parce que dans un âge avancé la sensibilité est affaiblie. Le contraire a lieu chez les femmes délicates et très-irritables ; elles vomissent souvent à l'aide d'un seul grain d'émétique. Ou voit des hommes robustes, d'une constitution athlétique, qui n'ont besoin que d'un grain d'émétique et imême moins pour vomir ; tandis que chez d'autres , en apparence faiblement :Constitués, il en faut quatre et plus pour obtenir le même résultat. Une dame atteinte d'un embarras gastrique, ayant fait appeler M. Magendie, il lui prescrivit un grain d'émétique , avec les précautions ordinaires; elle le prit, mais elle en attendit vainement l'effet, plus d'une heure et demie. Alors elle en envoya chercher deux grains qu'elle prit, à une demi-heure d'intervalle. Ce fut sans plus de succès; elle n'éprouva pas même de nausées. Elle n'eut aucune r'vaeuation, mais elle fut dans une agitation extrême; elle eut des mouvemens jconvulsifs , une prostration très-grande , des douleurs dont la poitrine et l'abdo- Imen. Pendant huit jours, elle n'eut aucune évacuation qui parût dépendre de iTémétique, et elle assura qu'on avait plusieurs fois tenté de la faire vomir avec f^'émétique , sans qu'on y eût jamais réussi.

L'ingestion d'une petite quantité d'émétique dans l'estomac occasionne quelquefois des syncopes , des vomissemens , des coliques et des déjections alvines. iLe malade éprouve alors une chaleur brûlante à l'épigastre, le pouls devient petit et concentré, la peau est froide et gluante. Ces effets variables de l'émétique prouvent qu'il faut avoir égard, dans son administration, à l'âge, au sexe et à la manière d'être des malades, et surtout à l'état sain , irritable ou enflammé de l'estomac.

M. Alibert assure qu'on a également observé depuis long-temps que les effets du tartre stibié ont des rapports avec l'organisation physique des peuples ; en sorte qu'un Allemand , un Hollandais , un Russe , ou un autre habitant du nord, peut avaler impunément des doses d'émétique qui ne manqueraient pas de produire de grands désordres sur un Français , un Italien et chez tous ceux qui vivent habituellement soumis à l'influence d'une atmosphère brûlante; mais les expériences faites en Italie et en France, dans ces derniers temps , sur l'emploi de l'émétique à haute dose, donnent lieu de penser que les effets du tartre stibié sont bien moins modifiés par ces conditions que par les idiosyncrasies , le isiége et la nature des maladies.

J'ignore s'il y aurait de l'avantage à appliquer à la surface de la peau , dépouillée d'épiderrae, l'émétique à la dose d'un demi-grain, d'un grain ou plus, dans le but de provoquer le ■vomissement , ou d'augmenter l'absorption interstitielle, dans les cas de pneumonie. On a essayé de la sorte l'action de plusieurs iTemèdes beaucoup plus actifs [strychnine, acide prussique), dans quelques autres maladies. Les expériences sur les animaux donnent lieu de penser qu'en jintroduisant le tartre stibié dans le tissu cellulaire , on pourrait obtenir plusieurs Mes effets qu'il détermine lorsqu'on le porte directement sur l'estomac. Ces expériences seraient, sans contredit , moins dangereuses que celle qui consiste à injecter une certaine quantité d'émétique dans les veines. Cependant cette ope'ration a déjà été pratiquée deux fois sur l'homme : 1» Un soldat avala un morceau de tendon de bœuf, qui resta fixé au milieu de l'œsophage ; le malade fut attaqué sur-le-champ d'anxiétés , de convulsions , et tomba à terre. Le chirurgien essaya de faire descendre ce corps étranger dans l'estomac, avec le ipoussoir de baleine, mais ce fut en vain , et comme vraisemblablement il em- I ploya quelque violence, les aecidens devinrent plus graves qu'auparavant; les convulsions étaient continues, le ventre était tuméfié, la face, les mains et les pieds devinrent froids , la voix très-faible et rauque, une sueur froide couvrit [tout le corps et le pouls était très-petit et très haut. M. Kohler, appelé dans ces circonstances , ne pouvant faire passer un vomitif par la bouche , se décida à injecter dans une veine une solution de tartre stibié. Des expériences faites sur des animaux par Lieberkûhn et Loseke lui avaient appris que les injections des émétiques et des purgatifs dans les veines agissaient de la même manière que lorsqu'ils étaient introduits dans l'estomac. L'auteur ouvrit une veine du bras et y injecta une solution de dix grains de tartre émètique; le malade fut bien couvert dans son lit ; au bout d'une demi-heure , il survint un vomissement violent, par lequel le morceau de tendon fut rejeté à huit pieds de distance , et les aecidens cessèrent. {Bibliothèque du nord , t. 1. ) 2" Un homme âgé de 60 ans mangea du bœuf 'a son souper ; et , comme il lui manquait des dents , il ne put le mâcher convenablement; un morceau de ce bœuf s'arrêta dans le gosier; on essaya en vain de le faire descendre dans l'estomac en le poussant avec une plume. M. Knopff, chirurgien, ayant été appelé, trouva le malade dans une I situation déplorable , pouvant à peine respirer, ayant la face vultueuse et bleuâtre , et sur le point d'étouffer : après avoir employé tous les moyens imaginables , le chirurgien se rappelant les bons effets que le docteur Schmuchker avait obtenus en pareil cas, de l'injection de l'émétique dans les veines , et voyant bien qu'il n'y avait pas de temps à perdre , se décida à essayer ce moyen ; il fit dissoudre 4 grains de tartrate de potasse antimonid dans une demi-once d'eau tiède , et il les injecta dans la veine médiane du bras droit , à l'aide d'une petite

DiCT. DE MtDECIKE ET DE CuiRUP.GIi; TO.VTIQrES.

seringue armée d'un long tube. L'injection fut faite lentement ; la température de la liqueur injectée était à peu près celle du sang ; une minute après l'opération , le malade commença à s'agiter , et bientôt après il vomit une grande quantité de matières pituiteuscs; il rendit en même temps le morceau de bœuf, qui était de la grosseur d'un œuf ordinaire , et dès cet instant il fut sauvé. [Journal général de Médecine, t. 32.) Ces deux observations prouvent que l'émétique injecte dans les veines de l'homme, détermine le vomissement. Je ne discute ici , ni la nécessité de l'opération, ni les dangers qu'elle peut offrir. -

Kœmpf assure que l'émétique, administré en lavement, fait quelquefois vomir. Plusieurs malades confiés à mes soins l'ont pris de cette manière à la dose de 6 à 12 grains, et je n'ai jamais abservé de nausées ou de vomissemens.

Le tartre stibié a sans doute une action propre et jusqu'à un certain point différente de celle des autres émétiques ; mais est-il bien démontré , ainsi que l'assure M. Alibert, que l'ipécacuanha affecte surtout la membrane muqueuse du canal digestif, tandis que le tartrite antimonié de potasse dirige spécialement son impression sur le foie et les dépendances de ce viscère ? Toutefois c'est dans cette opinion que plusieurs praticiens ont conseillé d'associer ces deux émétiques , lorsqu'on voulait agir à-la-fois sur ces divers organes. Ce qui est plus constant , d'après le docteur Paris , c'est que le sulfate de cuivre , le sulfate de zinc, produisent plus rapidement le vomissement que le tartre stibié, et qu'ils paraissent spécialement convenir lorsqu'il s'agit d'expulser, le plus vile possible, de l'estomac, des poisons dont l'absorption pourrait devenir funeste.

Lorsque le tartre stibié est étendu dans une très-grande proportion de véhicule , son action vomitive s'affaiblit et se porte plus distinctement sur le canal intestinal. Comme purgatif, on se sert du tartre stibié , pour un adulte , à la dose d'un à deux grains par pinte de liquide, qu'on fait prendre par verres, d'heure en heure, lorsqu'il s'agit d'expulser des matières nuisibles contenues dans les organes digestifs, ou lorsqu'on veut opérer une dérivation sur la membrane muqueuse qui revêt leur intérieur. Le petit-lait cmêtisé , la décoction de tamarin émétisée , les grains de santé , Venu de Trè\>èse , etc., sont les préparations que l'on emploie le plus ordinairement pour atteindre ce but. Lorsqu'on se propose de déterminer en même temps des vomissemens et des évacuations intestinales , on fait prendre l'émétique à dose vomitive , et on l'associe dans des proportions variables à un sel neutre purgatif, tel que le sulfate de soude [voyez Eméto-cathartiqde ). Lorsqu'on veut empêcher que l'émétique provoque les vomissemens, on ne le donne qu'à la dose d'un grain ou d'une fraction de grain , et on l'étend dans deux livres d'un liquide purgatif. On administre aussi l'émétique en lavement , à la dose de quatre à huit grains. On le remplace quelquefois par le vin émètique trouble, à la dose d'une à quatre onces ; mais alors les proportions de ce sel sont moins rigoureusement déterminées.

Les inflammations de Vestomac et de l'intestin sont, sans contredit, des maladies contre lesquelles l'émétique parait peu applicable, soit que ces inflammations existent seules ou se trouvent associées à d'autres affections. Cependant Laennec déclare que s'il n'a point employé le tartre stibié contre l'inflammation simple de la meuibrane interne du canal intestinal, la rougeur de la langue , une douleur très marquée et augmentant par la pression dans l'épigastre et dans toute autre partie de l'abdomen, une diarrhée abondante avec ténesme , ne l'Ont point arrêté dans la pneumonie, et le rhumatisme articulaire où ces complications se rencontraient ; et il affirme qu'il a vu disparaître ces symptômes sous l'influence du tartre stibié , aussi rapidement que ceux de la maladie principale ; en un mot , qu'il ne regarde pas la gastro-entérite des fièvres comme une contre-indication à l'emploi du tartre stibié. Mes observations n'ont confirmé qu'une seule des remarques de Laennec , savoir , la disparition de la rougeur de la langue chez quelques pneumoniques ; mais c'était chez ceux qui n avaient pas de douleurs à l'épigastre , et chez lesquels la rougeur de la langue était due certainement à l'inflammation du poumon ; chez les autres , au contraire, j'ai vu constamment la langue devenir plus rouge ou plus jéche, ce qui m'a décidé à suspendre l'action de ce remède , évidemment contre-indiqué dans les inflammations aiguës de l'estomac et de l'intestin. D'ailleurs, M. Fabre [Annal, de la Méd. physioL, avril 1826) a rapporté l'observation d'un malade atteint simultanément de bronchite et de gastrite, et chez lequel douze grains d émétique furent suivis de vomissemens sanguinolens , de convulsions et de délire. La cessation du remède , l'emploi des sangsues, des fomentations cmollientes et des boissons rafraîchissantes dissipèrent assez rapidement les symptômes. Ajouterai-je que M. Vacquié a rapporté un exemple de gangrène déterminée par le tartre stibié dans un cas de gastro-péritonite aiguë, et que M. Barbier a cité deux cas d'inflammations gastriques exaspérées et devenues assez rapidement mortelles , à la suite de l'ingestionvd'une quantité considérable d'émétique? Je livie aussi, sans commentaire, le fait suivant recueilli par Strambio à la clinique de Rasori : Bernard Messa , âgé de 40 ans, entra le H avril 1809, à l'hôpital , se plaignant depuis six jours de fièvre qui avait débuté par des frissons, suivis de chaleur, avec vomissemens, céphalalgie, langue gluante et autres symptômes gastriques , pouls fréquent, peau sèche et brûlante [sel cathartique , 10 drachmes , saignée). Septième jour de la maladie, expectoration cendrée-roussàtre , toux rare , respiration libre et facile , sans douleur (tartre stihié , 2i grains , saignée). Huitième jour , pouls petit, fréquent, crachats fluides , noirâtres , langue aride , face altérée ; un grand nombre d'êvacua. tions alfines [tartre stibié, 72 grains). Neuvième jour, comme la veille. On ordonne une saignée que le malade refuse , parce qu'il se sent trop faible (tartre stibié , 72 grains). Le soir une saignée. Dixième jour, à sept heures du matin , le malade meurt tout à coup. A l'autopsie du cadavre, on trouva le poumon droit gorgé de sérosité, le gauche était sain à la partie supérieure et un peu hépatisé à la postérieure.

ANTIMOINE

ANTIMOINE

Si radminislration inléiieure du tartre stibié est dangereuse dans les iuflaintnations de l'estomac et de l'intestin, on s'en sert quelquefois avec avantage à l'extérieur, pour déterminer une inflammation pustuleuse; mais il n'est pas moins démontré qu'elle n"a pas d'influence salutaire sur certaines altérations consccutives à la gastrite chronique [amincissement ^ épaississement , ramollissement , destruction de la membrane mutiueuse ). J'ai vu aussi les frictions faites avec la pommade stibiée sur des enjans, être suivies de colique, de purgation , et d'autres phénomènes dus bien certainement à l'absorption du tartre stibié. M. Colson a été témoin d'effets semblables , chez les adultes auxquels il avait appliqué des emplâtres de poix, saupoudrés d'éraétique, ou auxquels il avait fait pratiquer des frictions avec la pommade stibiée. (Journ. hebdom. de médecine , 1829.)

Les émétiques recommandés par Priugle et Cullen , dans le traitement de la djsenterie , sont rarement indiqués.

Je ferai une observation analogue relativement à la mixture anti-dysentérique de la pharmacopée de Wurtemberg (émétique, I grain; gomme arab., 4scrup.; sirop de tète de pavot, 1 once; eau de camomille, 6 onces). Si elle a été de quelque utilité dans l'inflammation du gros intestin, elle a dû très-probablement cet avantage à l'opium.

Non-seulement il est hors de doute que l'émétique est nuisible dans les inflammations de l'estomac et de l'intestin, mais il n'est pas moins démontré qu'à une époque à laquelle ces maladies étaient peu connues, ce remède a été plus d'une fois inconsidérément administré. Fabrice de Hilden rapporte qu'une femme qui se plaignait de douleurs à l'estomac prit en deux fois, par ordre du médecin, une potion qui n'était autre chose que du vin dans lequel on avait mis du verre d'antimoine. La première dose occasîona des vomissemens abondans et répétés, qui furent encore plus considérables lorsqu'elle eut avalé la seconde portion. La malade devint sourde de l'oreille droite (Fab. Hild. , cent, v, ohs. xii, p. 233, TiUgd. 1641). Manget cite aussi un fait qui prouve de quel danger peut être un semblable remède pris sans discernement : une femme laissa digérer , pendant une heure , quelques grains du verre d'antimoine dans du vin blanc ; elle avala le lendemain matin, le liquide et la portion de verre qui n'avait pas été dissoute. Le poison ne produisit d'abord aucun accident ; mais il détermina ensuite des vomissemens abondans et si violens que, ne pouvant plus se soutenir , elle tomba par terre. Son mari la trouva dans cette situation avec les membres froids et raides comme si elle eût été morte ; il employa divers moyens excitans pour la faire revenir, et enfin il parvint à lui rendre la respiration, en lui jetant de l'eau froide sur la figure. Quand elle eut recouvré l'usage de ses sens elle ne cessa cependant pas de vomir et d'être agitée de mouvemens convulsifs, jusqu'à ce qu'une boisson abondante de bouillon eût surmonté l'action violente de ce poison; mais elle resta long-temps faible. Elle fut atteinte d'une douleur très-vive au pied droit; le lendemain la gangrène s'en empara. On fît l'amputation à environ six pouces du genou. Elle était presque guérie des suites de l'amputation, lorsqu'il se manifesta , dix-sept jours après l'empoisonnement , un catarrhe suffocant qui la fit périr peu après. A l'ouverture, on trouva que les poumons adhéraient fortement à la plèvre, principalement du coté droit : ils étaient tachetés; les bronches étaient remplies dans toute leur étendue d'un mucus éciimeux ; les cavités des plèvres contenaient beaucoup d'eau dans l'endroit où les poumons étaient libres. T^e cœur renfermait des concrétions polypeuses. L'estomac était distendu. Le foie , d une couleur jaune et un peu bigarrée, adhérait au diaphragme dans quelques endroits. La rate était plus volumineuse qu'à l'ordinaire (Manget, Bibiiolh. liled., t. 4, lib. 18, p. 449, Geneva , 1639). Dessessarts a aussi fait quelques remarques intéressantes sur l'abus de l'adnùnistraLion du tarlratc de potasse anlimonié , par J'rac lions de grain, dans le traitement des maladies des organes digestifs.

Dans la colique des peintres, lorsqu'on suit la méthode empirique, mais efficace, adoptée depuis long-temps à l'hôpital de la Charité, on donne l'émétique, le premier jour du traitement, à la dose de 3 grains, avec la partie soluble d'une livre de casse en bâtons et une once de sulfate de soude dans deux livres d'eau, à prendre par verres. Le second jour, on fait prendre, sous le nom d'eau bénite , une dissolution de 6 grains d'émétique dans 8 onces d'eau , en deux fois.

J'ai essayé sans succès l'application des emplâtres stibiés , et les frictions avec la pommade stibiée, dans des entéro-périionites chroniques. Dans cette maladie , le tartrate anlimonié de potasse a , en outre , l'inconvénient de produire des pustules douloureuses , profondément enflammées, analogues à celle de l'ecthyma , et parfois des bulles sanguinolentes qui se couvrent de croûtes noires . semblables à celles du rupia.

2° Maladies des organes de la respiration et de la voix. — Rivière donnait le tartre stibié, tous les deux jours , comme vomitif, dans la pneumonie. Le docteur Hélis , de Rouen, a adressé à l'Académie royale de médecine un mémoire dont il résulte que sur 47 péripneumouiques ou pleuro-pneumouiqucs traités par la méthode de Rivière , c'est-à-dire par les vomitifs répétés , il en a perdu cinq, un peu moins d'un sur neuf. Laennec assure aussi que M. Dumangin, médecin de l'hôpital de la Charité, employait constamment cette méthode dans le traitement de la pneumonie, et que sa pratique était aussi heureuse que celle de Corvisart, qui saign;iit beaucoup, dans la même maladie. Déjà Séranc, d''après le témoignage de Bordeu, avait adopté cette méthode , avec beaucoup de succès. I e l'ai moi-même expérimentée , et je crois pouvoir conclure de mes recherches, l" que la méthode de Rivière est plus fatigante, mais non moins sûre que celle de Rasori dont je parlerai plus loin; 2" que les évacuations répétées que l'on e.%cile,ébi aulent beaucoup le malade et effrayent les assistans, tandis que ces secousses n'ont lieu que dans les premiers ours , en suivant la

méthode italienne ; 3" que les vomitifs répétés constituent une méthode de traitement moins avantageuse dans ses résultats que celle dont la saignée est la base ; 4» que la pratique de Rivière est surtout applicable au début des péripneumonies; 5o qu'employée à une période plus avancée, elle est plus dangereuse; 6° que cette méthode, expérimentée sur des individus affectés de pneumonie droite et d'hépatite, ne m'a pas paru plus favorable, dans cette condition que dans les autres; 7° enfin, que si cette méthode était proposée aujourd'hui, pour la première fois , par un médecin, et qu'il n'apportât à son appui que des expériences analogues à celles que Rivière etStoU ont consignées dans leurs ouvrages, il est fort douteux qu'on lui prodiguât les éloges qu'on lui a donnés dans ces derniers temps. Au reste, les effets du tartre stibié, employé suivant la méthode de Rivière, c'est-à-dire à petites doses et dans un véhicule nauséabond et peu agréable , contrarient fortement la théorie de Rasori. Car il est certain , ainsi que Laennec l'a judicieusement observé, que de cette manière on fait vomir et purge tous les jours le même homme, qui n'aurait peut-être éprouvé aucune évacuation, si ou eût donné une dose triple d'émétique, à des intervalles plus éloignés, et dans une boisson bien édulcorée.

Il faut sans doute rapprocher de la méthode de Rivière et de Stoll , celle à laquelle Rasori a donné son nom , quoiiju'elle eu diffère , sous plusieurs rapports. Elle consiste 1° à traiter la péripncumonie depuis son début jusqu'à sa fin, parle tartre émétique; 2° à faire de ce médicament le principal et quelquefois même le seul moyen curatif de cette maladie ; 3o à diminuer par son visage le nombre de saignées et de pouvoir même quelquefois se dispenser d'en faire; 4° à faire prendre ce médicament à des doses auxquelles jamais les praticiens les plus courageux n'ont pensé d'arriver , portant sa quantité jusqu'à un ou plusieurs drachmes , dans vingt-quatre heures , et jusqu'à plusieurs onces dans le cours de la maladie, sans produire ni le vomissement, ni des évacuations alvines abondantes.

Rasori et les médecins italiens donnent, le plus souvent, l'émétique à la dose de 20 grains à un scrupule, et la portent successivement jusqu'à l ou plusieurs gros dans 24 heures, eu augmentant la quantité au fur et à mesure que les malades paraissent plus aptes à le supporter. Laennec, qui, l'un des premiers en France, avec mon collègue M. Kapeler, a appelé l'attention sur celle méthode, et qui lui u fait subir de légères modifications, l'a décrite avec beaucoup d'exactitude. « Du moment, dit-il, où je reconnais une péripneu- » monie , pour peu que le malade soit en état de supporter la saignée , je fais « tirer de huit à seize onces de sang , du bras. Il est très-rare que je fasse » réitérer la saignée si ce n'est chez les individus attaqués de maladies du n cœur, ou menacés d'apoplexie ou de quelque autre congestion sanguine. J'ai i> même guéri plusieurs fois et très-rapidement, des péripneumonies intenses, » sans avoir recours à la saignée; mais habituellement je ne crois pas devoir » me priver d'un moyen aussi puissant, si ce n'est chez les sujets cachectiques « ou débilités. Je regarde la saignée comme un moyen d'enrayer momentané- 11 ment l'orgasme inflammatoire, et de donner le temps au tartre stibié d'agir, n Immédiatement après la saignée, je fais donner une première dose de tartre n stibié, de 1 grain dans 2 onces et demie (un demi-verre) d'infusion de feuilles « d'oranger légère et froide , édulcorée avec une demi-once de sirop de » guimauve ou de fleur d'oranger ; je fais répéter la même dose de deux en deux » heures , jusqu'à ce que le malade en ait pris six, et je le laisse ensuite reposer » pendant sept à huit heures, si les acccidens ne sont pas urgens, et s'il éprouve » quelque penchant au sommeil. Mais si la pneumonie est déjà avancée , si » l'oppression est forte, si la tête se prend, si les deux poumons sont affectés, n ou si l'un d'eux est pris en entier, je fais continuer le tartre stibié, sans n interruption, de deux heures en deux heures, jusqu'à ce qu'il y ait eu un n amendement dans les symptômes , et que l'amélioration soit indiquée par n les signes stéthoscopiques. Quelquefois même , lorsque la plupart des » circonstances aggravantes indiquées ci-dessus se trouvent réunies , je porte 11 chaque dose de tartre stibié à 1 grain et demi , 2 grains , et même 2 grains et n demi , mais toujours dans la même quantité de véhicule.

» Beaucoup de pneumoniques supportent l'émétique admininistré de cette n manière, sans vomir et sans éprouver d'effets purgatifs. D'autres, etc'estle n plus grand nombre , éprouvent deux ou trois vomissemens, et vont cinq ou >) six fois à la selle le premier jour; mais les jours suivans ils n'éprouvent plus » que des évacuations médiocres, et souvent même ils n'en ont plus. Lorsqu'une « fois la tolérance pour le médicament s'est établie , il arrive fort souvent que Il les malades sont constipés au point qu'on est obligé de lâcher le ventre avec 11 des lavemens purgatifs.

0 Lorsque les évacuations continuent le second jour, ou quand , dès le prei> mier , il y a lieu de craindre que l'émétique ne soit diflicilemeut supporté, 11 je fais ajouter aux six doses qui doivent être prises dans les vingt-quatre 11 heures, une ou deux onces de sirop diacode, association contraire aux idées » théoriques de MM. Rasori etïommasini, mais que l'expérience m'a démontrée » être fort utile. En général , l'effet du tartre stibié n'est jamais plus rapide que Il quand ce médicament ne détermine aucune espèce d'évacuation .■ quelquefois n cependant l'amérioration qu'il produitest accompagnée d'une sueur générale. » Quoique les évacuations alvines abondantes et les vomissemens fréquens soient » à craindre à raison de l'affaiblissement et de l'irritation nuisible du canal in- • n testinal qu'ils peuvent produire, j'ai obtenu des guérisons remarquables dans • 11 des cas où ces évacuations avaient été très-abondantes. J'ai rencontré très- ' » rarement des pneumoniques qui ne pouvaient pas supporter le tartre stibié, » et cela ne m'est arrivé que dans les premiers essais ; de sorte que cet incon- » vénient me paraît devoir être attribué à l'inexpérience et au défaut d'assu- ' » rance du médecin plutôt qu'à la méthode elle-même ; souvent même aujour-

ANÎIMOIITE.

ANtIMOlNE.

d'hui lorsqu'un malade a médioci-ement supporté 6 grains de tartre stibie it. avecldditioii de sirop diacode , j'en donne le lendemain 9 grains, et il les l supporte parfaitement. Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures au |. plus, souvent même au bout de deux à trois heures, on obtient par cette méthode une amélioration notable de tous les symptômes. Quelquefois même, un malade qui paraissait voué à une mort certaine est , au bout de quelques ) heures, hors de tout danger, sans avoir éprouvé aucune crise , aucune éva- . cuation, aucun autre changement notable , en un mot, qu'une amélioration progressive et rapide de tous les symptômes ; et l'exploration de la poitrine montre la raison de ce changement subit par l'apparition de tous les signes » de la résolution.

* Des effets aussi tranchés peuvent être obtenus à toutes les périodes de la maladie , et même à Vépoque où une grande partie du poumon est enfahie par rinjîltration purulente.

> Du moment où l'on a obtenu une amélioration , même peu marquée, o« peut être certain qu'en continuant le médicament, la résolution sachèi-'erasans nouveaux orales, et c'est en ce point surtout que consiste la plus grande différence pratique entre l'emploi du tartre stibié et celui de la saignée. Par ce dernier moyen, on obtient presque toujours une diminution de la fièvre, de l'oppression et de l'expectoration sanguinolente, qui fait croire au malade et aux assistans que la convalescence va commencer; mais au bout de quelques heures ces accidens reprennent une nouvelle intensité, et la même chose a souvent lieu cinq ou six fois de suite, après autant de saignées pratiquées coup sur coup. Je puis affirmer., au contraire , que je n'ai jamais vu de recrudescence semblable sous l'influence du tartre slibié. Ou peut remarquer seulement que lorsque le malade entre en convalescence , la marche de la résoi lution parait se ralentir, au moins quant aux signes stéthoscopiques ; car entre le moment où le malade sent renaître ses forces et son appétit, et se croit tout à fait guéri, et celui où le stéthoscope n'indique plus aucune trace d'engorgement pulmonaire, il se passe souvent plus de temps qu'entre le début de la maladie et l'époque du conimencement de la convalescence : mais la même remarque s'applique plus fréquemment encore à la pneumonie traitée par la saignée. Les malades traités.par le tartre stibié n'épj ou^'ent d'ailleurs jamais ce long et excessif affaiblissement qui accompagne trop soui'ent la convalescence des pneumonies traitées par des saignées répétées. » J'ai cru devoir rapporter textuellement l'opinion deLaennec, afin delà laire mieux connaître ; seulement j'ai eu soin d'inscrire en italique quelques passages où il a émis , suivant moi , des assertions erronées, ou beaucoup trop énérales , ou au moins qui se trouvent en contradiction avec les faits que j'ai bservés et les résultats que j'ai obtenus. Il faut rapprocher des expériences de Laennec celles beaucoup moins con- [luantes de M. Peschier. En effet , celui-ci assure que toutes les fois qu'il a été' onsulté pour un point plus ou moins fort, fixe ou vague , avec ou sans fièvre , mcien ou récent, avec ou sans accidens , comme dyspnée, crachats abondans »u rares , rouillés ou sanguinolens ; insomnie, délire, petites escarres sur les bvres ou la langue; face rouge, livide ou injectée; langue blanche, jaune, rise , rouge ou noir; haleine fétide , constipation ou rarement diarrhée ; asjhénie , ou oppression des forces , etc. , etc. , il a administré depuis six jusqu'à louze et quinze grains de iarCre émélique dans les vingt-quatre heures, dans ne potion de six onces prise par cuillerées à soupe , de deux heures en deux ieures , et accompagnée d'une tisane ordinairement laxative , dont le malade uvait une écuellée par heure. Lorsqu'il y avait tendance à la transpiration , il ajoutait deux gros d'éther nitrique , o\i muriatique , oa. acétique. Si le malade vait beaucoup d'angoisse ou d'insomnie, il lui faisait prendre un ou deux gros 'e teinture d'opium ; et lorsqu'il y avait de la dysurie , chaleur sèche à la peau, l employait un ou deux gros de nitre. Ordinairement il augmentait la dose de e remède de trois grains par jour, jusqu'à ce que le malade en prît douze ou 'uinze grains ; quantité qu'il n'a pas dépassée , parce qu'elle a toujours été suf- Lsantc. Les malades vomissaient ordinairement après la deuxième ou la troiième cuillerée de la première potion, puis le médicament agissait par les selles une produisait aucun effet sensible, mais guérissait le malade à vue d'oeil, în général , ceux qui prenaient ce remède disaient qu''il faisait l'effet d'un ueours sur leur poitrine; et durant la maladie , s'ils restaient accidentellement rois ou quatre heures sans en prendre , parce que la dose prescrite était puisée , ils sentaient leur mal redoubler jusqu'à ce qu'ils eussent recommencé y avoir recours. A haute dose , continue M. Peschier , le tartre émétique iroduit beaucoup moins de vomissemens qu'à petite dose ; et toutes les fois jn'ayant affaire à des individus très-faibles , j'ai cru ne devoir prescrire ce reflède qu'à la dose d'u/z grain ou d'un grain et demi en vingt-quatre heures , ai vu qu'il produisait des efforts sans résultat , trèsdongs et très-fatigans. Dans 1 plupart des cas , la maladie n'a pas duré plus de huit jours ; rarement elle est prolongée jusqu'à quinze , plus rarement encore jusqu'à trois semaines, non ompris la convalescence, qui n'exigeait que la diète et quelques légères évauations alviues. Il m'est arrivé quelquefois d'appliquer un vésicatoire loco doenti, mais pas une seule saignée locale ou générale.

I Enfin, si l'on en croit M. Hufeland, l'emploi du tartre stibié à haute dose |ans le traitement de la péripneumonie, n'est point aussi nouveau qu'on la cru ilans ces derniers temps. Ce fut, suivant lui, l'école de Gœtlingue , sous Jrendel et Schroder , qui le mil en usage en Allemagne.

En résumé , si l'on rapproche les expériences faites par Rasori , Laennec , il. Peschier et quelques autres praticiens , sur l'emploi de l'émétique à haute lose dans le traitement de la péripneumonie , on est frappé des résultats suians : M. Peschier a guéri tous les pneumoniques (ou soi-disant tels) qu'il a été

T appelé à traiter , à l'exception d'un seul, sans saignées et uniquement avec l'émétique ; M. Wolf, en a guéri 10, les seuls qu'il ait traités; M. Palais, 1; M. Prato, 2; M. Rasori, 52 sur 61, dans sa clinique civile; 14 sur 15 , dans sa clinique militaire. Quant aux pneumoniques qui ont eu concurremment des émissions sanguines et de l'émétique, voici le résultat général que l'on a obtenu ; Rasori en a guéri, dans sa clinique civile, 4't4 sur 602; il en a perdu 158; ce qui fuit une mortalité de 22 pour 100. Dans sa clinique militaire, il en a guéri 149 sur 175; morts, 26; mortalité, 14 pour 100. M. Laennec, sur 57 malades, en a guéri 55; morts 2 ; ce qui fait un peu moins de 1 sur 28. M. Ambroise Laennec , sur 40 malades , guérisons 37 , morts 3 ; proportion , 1 sur 13. M. Rang, sur 45 pneumoniques , morts 2, guérison 43 ; mortalité 1 sur 22. La plupart de ces malades ont supporté le tartre stibié sans vomir, ou du moins n'ont eu des vomissemens que dans les premiers temps de son administration ; chez d'autres , il n'y a eu tolérance , à aucune époque de la maladie , sans que cette circonstance ait porté obstacle à la guérison.

Personne ne conteste aujourd'hui ces résultats; mais il restait à déterminer les cas et les conditions favorables à la réussite de cette méthode , les contreindications à son emploi, et les précautions nécessaires pour l'administrer avec sûreté et sans danger. Il fallait aussi examiner si le tartre stibié ne pourrait pas devenir un auxiliaire utile des émissions sanguines, avant ou après leur emploi, au début , au summum ou au déclin des pneumonies. C'est dans ce but que j'ai répété , les expériences de Rasori et de M. Peschier , et les observations plus rigoureuses deLaennec; et quoique les résultats que j'ai obtenus se rapprochent, sous beaucoup de rapports, de ceux de ces habiles expérimentateurs, ils en différent assez , sous quelques autres , pour que je croie devoir en faire mention ici. Ces expériences ont été suivies, avec beaucoup de zèle et d'exactitude , par plusieurs élèves , et en particulier par M. D. Ronnet , qui deux fois par jour , à l'aide de la percussion , de l'auscultation , a suivi la marche des pneumonies, et a recueilli l'histoire détaillée de tous les malades qui ont été soumis à ce traitement.

Phénomènes présentés par les organes digestifs des pneumoniques. — 1» Le tartre stibié , dissous dans une petite quantité de véhicule qu'on a soin de bien édulcorer, et qu'on administre suivant la méthode de Rasori , produit moins facilement le vomissement que lorsque cette substance est contenue dans de l'eau pure , et qu'on favorise le vomissement par l'ingcslion d'une certaine quantité de boissons chaudes et nauséeuses par elles-mêmes , comme il arrive dans les cas ordinaires,

2" La tolérance de l'émétique a existé chez un petit nombre de malades , dès le premier jour, sans que j'aie pu découvrir la raison de cette nullité d'action , apparente, de l'émétique sur l'estomac et l'intestin. Rasori affirme avoir observé cette tolérance chez un grand nombre de ses malades , et Laennec sur beaucoup de ceux qu'il a traités.

3" La plupart des pneumoniques souifiis à ce traitement, vomissaient, le premierjour , après avoir pris les premières cuillerées. Ils éprouvaient d'abord un malaise général , sans douleur locale fixe, sentaient qu'ils allaient vomir, et au moment où le vomissement avait lieu, ils pâlissaient, leur corps diminuait de volume, pour ainsi dire. Bientôt tous les phénomènes du vomissement naturel avaient lieu ; puis après il se manifestait une réaction qui était suivie de chaleur à la peau ; mais la chaleur ne revenait qu'après un certain temps, une demi-heure , une heure , plus ou moins ; et pendant ce temps le malade était pâle , avait le pouls petit, concentré , à peine perceptible ; cependant il disait qu'il se trouvait mieux. Cette concentration des forces à l'intérieur et cet étranglement du pouls , sont un phénomène digne de remarque , en ce qu'il démontre combien est grande l'action de l'émétique sur l'estomac et l'intestin.

4" Quelques malades montrent une telle irritabilité des organes digestifs, qu'ils supportent très-difficilement cette méthode ; ils sont pris de vomissemens violens , de coliques, de tortillemens d'entrailles; une augmentation ou même quelquefois une même dose de tartre stibié produit les mêmes accidens , les jours suivans.

5" La tolérance s'établit d'une manière plus franche et plus permanente pour l'estomac que pour l'intestin ; beaucoup de malades éprouvent des déjections alvines et non des vomissemens, après les premiers jours du traitement.

6» Chez les individus dont l'estomac était en parfaite intégrité , au moment de l'administration de l'émétique , les vomissemens et les évacuations alvines n'ont été' ni précédés, ni suivis de douleurs dans le ventre , et n'ont été accompagnés que de celles qui eloivent inévitablement survenir pendant le vomissement. Le lendemain, quelque soin que j'aie pris d'interroger les malades sur la sensibilité de l'estomac et du reste du ventre , je n'ai pu que rarement découvrir de la douleur; encore existait-elle seulement dans l'épigastre.

7» L'estomac et l'intestin perdent assez promptement l'habitude de la stimulation qui parait amener la tolérance , car si on suspend le traitement pendant un jour ou deux , les mêmes doses d'émétique qui ne déterminaient point de vomissemens ou d'évacuations alvines , et même des doses inférieures, les provoquent comme au début du traitement.

8» L'émétique peut être administré pendant plusieurs jours à des doses trèsélcvées chez quelques pneumoniques, sans déterminer une inflammation évidente dans le canal alimentaire ; mais il n'en est pas toujours ainsi : et plusieurs malades ont éprouvé plus tard des accidens qui se rattachaient évidemment à cette maladie.

9" Si dans ces derniers temps on a exagéré l'action irritante de l'émétique , ou l'irritabilité de l'estomac, les conlre-stimulistes ont donné dans une exagération contraire et bien plus dangereuse.

10« Lorsqu'on veut obtenir la tolérance, et c'est l'indication que l'on a con-

ANTIMOIIVE.

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seillëe de remplir dans les pneumonies hépatisées dans une étendue plus ou moins considérable, il vaut mieux, augmenter graduellement les doses de tartre stibié ouïes diminuer, que d'emploj'er, dans le même but, les opiacés qui amènent une tolérance factice, et qui masquent, jusqu'à un certain point, les effets de i'émétique sur les organes digestifs.

11° Le tartre stibié, administré à haute dose, produit quelquefois des gastrites et des entérites ; mais ces inflammations artiflcielles sont eu général moins graves et moins rebelles que celles qui se développent sans causes externes appréciables ; et lorsqu'elles ne sont pas entretenues par l'action trop long-temps prolongée de I'émétique ou aggravées par une affection antérieure de l'estomac, elles cèdent, en général, avec assez de promptitude, lorsqu'on suspend l'emploi des moyens qui les ont produites , ou à l'aide de quelques saignées locales.

12" Peudant la convalescence des pneumonies dont la résolution s'opère, le tartre stibié , à ia dose de 5 et 6 grains , semble quelquefois ranimer le sentiment de la faim ; la digestion des alimens ne paraît point dérangée par ce remède lorsqu'on a soin de l'administrer 3 heures avant ou après le repas (plusieurs de mes malades étaient à la demî-portion ).

13" Sur le petit nombre d'individus qui ont succombé api cs avoir été soumis à cette méthode , je n'ai point trouvé Yestomac et l'intestin notablement enflammés ; chez l'un d'eux , seulement , la membrane muqueuse de l'estomac présentait une teinte rosée ; chez un aulre malade , qui avait pris seulement sept à huit grains d'émétique dans une pneumonie parvenue au troisième degré, les veines de ce viscère étaient saillantes, distendues par du sang que l'on pouvait faire circuler en les pressant avec le doigt et autour desquelles il y avait de la rougeur; mais celte injection des veines paraissait due à la gêne que la circulation avait éprouvée aux a^iproches de la mort, car le foie et la rate étaient gorgés de sang. Chez tous, la membrane muqueuse avait sa consistance et son épaisseur naturelles et s'enlevait par larges lambeaux avec l'ongle, comme dans l'état sain. Toutefois, je dois ajouter que tous les individus qui ont succombé étaient entrés à l'hôpital avec des pneumonies au deuxième ou au troisième degré, et chez tous la mort a été trop rapide pour qu'ils prissent de très-grandes quantités d'émétique. Strambio rapporte qu'à l'ouverture des cadavres de plusieurs pneumoniques traites par Rasori , et morts apiès avoir pris depuis 12 grains de tartre stibié par jour, jusqu'à l'énorme dose d'une once ; chez les uns , l'estomac fut trouvé intérieurement enduit d'une humeur rouge semblable à un sirop Jortement chargé de kermès , et que sa membrane muqueuse offrait de la rougeur. Sans me laisser aller à une cruelle prévention , je ne puis oublier que les anses d'intestin dans lesquelles j'ai introduit de fortes doses d'émétique, dans mes expériences sur les animau.x, contenaient une humeur rouge, analogue à celle dont parle Strambio. Ce dernier ajoute même que chez quelques malades traités par Rasori, et qui, après leur mort, n'offrirent pas de lésions des poumons ou de l'estomac propres à expliquer cette terminaison , elle fut le résultat de l'épuisement des forces vitales, déterminé par des doses énormes de tartre stibié. J'ai eu occasion de remarquer, plus haut , que des animaux qui ont succombé rapidement après avoir été soumis à l'action de fortes doses d'émétique, n'ont pas non plus présenté de lésions appréciables.

1" L'émétique administré à haute dose, donne quelquefois ainsi lieu à une angine simple, érylhémateuse et plus rarement à une angine pustuleuse , analogue à l'inflammation que les frictions faites avec lâ pommade stibiée produisent sur la peau. Lorsque cet accident s'est développé , les malades ont ordinairement montré de la répugnance à prendre ce remède , surtout lorsqu'il était associé au sirop diacode. Quelques auteurs ont vu aussi le tartre stibié produire des apluhes dans la bouche , et la salivation. Le docteur James assure avoir observé six fois le dernier phénomène , après l'emploi des préparations antinioniales.

Phénomènes présentés par les organes île la i-espirntion. — Les effets du tartre stibié, à haute dose, sur les organes de la respiration varient suivant le degré auquel la péripneumonie est parvenue , et suivant le trouble plus ou moins grave que I'émétique détermine dans les organes digestifs. J'ai vu des pneumonies , à leur début , disparaître réellement en quarante-huit heures , à la suite de vomissemens répétés et d'évacuations alvines très-nombreuses déterminées par I'émétique. J'en ai vu d'autres qui ont marché, malgré cette médication , surtout lorsqu'il existait une tendance marquée à la tolérance, et lorsque la maladie était d'un plus grand nombre de jours. Chez un assez grand nombre , j'ai vu ordinairement la toux et l'expectoration sanguinolente diminuer d'une manière notable, et les jours suivans, les signes stéthoscopiques de la résolution s'annoncer d'une manière progressive.

2° A l'aide de ce traitement et par le seul usage de I'émétique , plusieurs péripneumonies simples ou doubles, au premier ou au second degré, ont été complètement guéries et dans un laps de temps aussi court que des m;/ladics analogues traitées par les émissions sanguines.

3" Jamais les bons effets de I'émétique ne m'ont paru plus marques qu'au début des pneumonies , et lorsqu'il a procuré d'abondantes évacuations par haut et par bas; ce qui tenil à prouver, contre l'opinion de Rasori. que l'action dérivative , ou la révulsion déplétive que I'émétique exerce sur l'estomac et l'iutestin , entre pour beaucoup dans ses effets salutaires. Le défaut de tolérance signalé par Laennec, comme une des contre-indications du tartre stibié, est le plus souvent , au contraire, une des conditions les plus favorables à son emploi; toutefois lorsque l'estomac n'est pas enflammé.

4" Les premiers jours de l'usage du tartre stibié sont, en général, marques par une grande amélioration dans le traitement des pneumonies qui débutent ; mais ce mieux devient ensuite de moins en moins sensible; c'est-à-dire qu'au fur et à mesure que les malades s'habituent à l'action de ce remède, ou ([u'ils

deviennent plus tolérons , ses effets sont moins marqués , ou bien encore patce que les accidens qui disparaissent les premiers sont moins fixes que les autres.

5" La propriété que l'on a attribuée à I'émétique d'augmenter l'énergie de l'absorption interstitielle, de déterminer la résolution des hépatisations pul-i monaires, lorsque les saignées n'ont plus d'influence sur elles , m'a paru forti équivoque dans le plus grand nombre des cas; j'ai vu , d'ailleurs des hépatisafions, après avoir été convenablement combattues par des émissions sanguines, se terminer d'elles-mêmes par résolution après un laps de temps assez considérable , et cet heureux résultat être obtenu, dans quelques autres circonstances, par de petites saignées d'une à deux onces répétées à deux jours d'intervalle.

6° La quantité d'émétique nécessaire pour obteuir la guérison d une pneumonie varie suivant que celle inflammation s'étend à un ou plusieurs lobes, à un seul ou deux poumons, et suivant qu'elle date déjà d'un ou de plusieurs j jours , enfin , elle peut varier entre quelques gros et une à plusieurs onces. 1 Phénomènes présentés par les organes de la circulation, et parle sang des pneu- , moniques traités par le tartre stibié. — Lorsqu'il y a tolérance, l'action de l'émé- 1 tique sur la circulation est peu appréciable ; dans le cas contraire . à l'approche [ des vomissemens ou pendant les coliques, le pouls devient concentré. Relativement au sang, comme il est presque toujours couenneux dans la pneumonie , j'ai cherché à déterminer jusqu'à quel point I'émétique, employé à haute dose, j pouvait modifier cette apparence, et j'ai acquis la certitude, eu faisant prati' j quer plusieurs saignées à des péripneumoniques soumis depuis plusieurs jour» | à l'action du tartre stibié, que l'existence de la couenne était aussi fréquente ,■ chez ces derniers, que chez ceux qui avaient été uniquement traités par les ^ émissions sanguines. D'un autre côté , j'ai cru remarquer cependant sur lesca- ! davres de quelques pneumoniques qui étaient morts , après avoir pris le tartre i stibié à haute dose, que le sang était plus fluide que chez ceux qui avaient été excl\isivement traités par la saignée. Mais j'ai trouvé le sang coagulé et fibrineux sûr les animaux que j'ai fait périr en introduisant de fortes doses d'émé- I tique, dans le tissu cellulaire ; tout est donc incertain sur ce point. J'ignore si ! le tartre stibié , introduit dans les organes digestifs de l'homme , est e/i /7ar/ie j absorbé et porté dans le sang ; les expériences qu'un chimiste distingué a bien : voulu faire à ce sujet, à mon invitation, n'ayant pas encore produit de résultats assez positifs pour être publiés.

En eksumé , tout en reconnaissant, et après l'avoir constaté expérimentalement, que l'on peut obtenir par la méthode de Rasori la guérison d'un certain nombre de pneumonies, je déclare que, comme méthode exclusive , elle me parait bien inférieure, dans la pluralité des cas , à celle des évacuations sanguines. En effet, les résultais de la pratique de Rasori ne sont pas si satisfaisans : dans la pratique civile, il a perdu 22 malades atteints de pneumonie sur 100 ; et , dans la clinique militaire , 14 sur 100, proportion de mortalilt qui , tout étant égal d'ailleurs, l'emporte' sur celle que l'on observe à la suit( du traitement par les saignées. Laennec et M. Peschier ont obtenu des succci plus nombreux ; mais le premier a souvent employé les émissions sanguines de concert avec le tartre stibié , et les observations du second n'entraînent pas une entière conviction.

Au reste , ayant d'avoir recours à la méthode de Rasori, il faut avoir constaté avec beaucoup de soin l'état des organes digestifs. Il ne faut pas oublici surtout qu'un grand nombre d'individus ont des affections latentes de l'estomac, que certains résultats de la gastrite chronique chez les vieillards, tels que l'amincissement et le ramollissement de la membrane muqueuse de l'estomac seraient certainemènt aggravés par le tartre stibié ; et que celte méthode esi nuisible dans le cas de complication de la pneumonie avec la gastrite. Mais une fois que l'intégrité parfaite des organes digestifs est bien établie, c'est une raisor suffisante pour employer concurremment le tartre stibié et la saignée , dans li traitement de la pneumonie. Cette méthode combinée est préférable à toutci les autres au début des inflammations du poumon; mais, dans ce cas, au liei de s'attacher à déterminer la tolérance, il est préférable de chercher à obleni) des évacuations très-abondantes . 6,8, 10, 15 grains d'émétique sont des quan tités suffisantes pour obtenir ce résultat; il est superflu d'augmenter chaqui jour la quantité de tartre stibié , et de le porter à un gros ; il y aurait; suivan moi, une témérité blâmable à imiter Rasori, qui plusieurs fois en a fait prendri la dose incroyable once , par jour. Enfin, lorsque le mouvement ver

la résolution est bien décidément déclaré, il faut diminuer graduellemen l'emploi du tartre stibié , ayant soin toutefois de le continuer même après qui le ràle crépitant a disparu.

Je crois aussi devoir ajouter que I'émétique n'est jamais pour moi qu'ui moyen accessoire ; que je me livre à l'emploi des émissions sanguines, avec I même promptitude et la même étendue que ceux qui se bornent exclusivemen à celle méthode ; en un mot , que le tartre stibié me parait dtstiné à augmente les chances de la guérison que les émissions sanguines doivent surtout décider Si l'on se laissait trop aller à l'espérance que le tartre stibié rend les évacua tions sanguines moins nécessaires , n'employant pas alors ces émissions , ou n les faisant ni assez répétées , ni assez abondantes , on courrait risque de voir le inflammations pleuro-pulmonaires s'aggraver ou se prolonger au-delà du teroi qu'elles auraient atteint , si l'emploi de I'émétique tût été secondé par celui d la saignée. Il faut d'autant moins être sobre d'émissions sanguines , <lans ce cas que c'est bien rarement la faiblesse provenant de la soustraction du sang qi proloni^e la convalescence ; ce sont bien plutôt les indurations d'un ou plusteut lobes des poumons , les épanchemens pleuréliques , etc.

Quelques médecins ont recommandé I'émétique à haute dose pour les ci dcvenusou réputés incurables parla saignée; mais ilsauraieut du mieux précise les conditions qui contre-indiqucnt l'emploi de ce dernier moyen. Que s'ils oi

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roulu parler des liépatisations pulmonaires avec ou sans tubercujes , qui persistent après l'emploi des émissions sanguines, je crois devoir déclarer [[u'ayant employé l'émétique, à haute dose, dans ces conditions, je n'a pu découvrir qu'il fut d'une utilité réelle; tandis que j'ai fait pratiquer, avec des luccès incontestables, à de semblables pneumoniques, après quelques jours de ■epos , de petites saignées de deux onces, répétées à trois ou quatre jours rin.tervalie.

Quoiqu'il importe beaucoup plus de connaître l'action physiologique ou les ;ffets curatifs d'un médicament , dans des conditions bien déterminées, que de rechercher sa manière d'agir^ je vais rappeler ici les principales hypothèses qui ont été émises sur l'action de l'émétique , à haute dose. Suivant Rasori , on doit reconnaître à l'émétique une action puissamment contre-stimulante ; ce sel îst,en quelque sorte, un antiphlogistique direct. Cette propriété , qu'il attribue s l'émétique et à quelques autres médicamens , sera examinée dans un autre article (Contre-stimulans). D'autres ont pensé que le tartre stibié augmentait l'absorption interstitielle. On s'est surtout étayé d'une remarque de Laennec, \{\x\ dit avoir vu des épanchemens synoviaux être proraptement résorbés sous 'influence de ce médicament. Mais cette résorption n'a-t-elle pas pu être le ■ésultat des déperditions opérées par l'émétique ? Des expériences de M. Magendie tendent, en effet, à démontrer que la soustraction des fluides ictive l'absorption. Ne sait-on pas , d'ailleurs , que rien n'est plus ordinaire jue de voir disparaître, même sans médication, des épanchemens synoviaux dans les rhumatismes? D'autres observateurs, et leur opinion me paraît plus probable, n'ont vu dans l'action de l'émétique qu'une forte révulsion qui, par le mouvement pertubateur qu'elle détermine, déplace l'inflammation, empêche ^es fluides de se porter vers les poumons enflammés, et provoque des évacuations Nombreuses , qui en somme produisent une déperdition équivalente à plusieurs saignées.

Je vais encore rappeler rapidement quelques applications qu'on a faites de l'émétique au traitement de plusieurs autres maladies des organes de la respiration. Dans la pleurésie aiguë ou chronique, Laennec a constaté que pémétique, à haute dose, faisait tomber promptement l'orgasme inflammatoire, mais qu'il n'accélérait pas la résorption de l'épanchement qui en est la suite. Je croîs devoir ajouter que la saignée estbien préférable pour diminuer cet orgasme, et qu'elle est, en outre, de tous les moyens thérapeutiques celui qui procure le plus constamment la résorption des fluides épanchés dans la plèvre. C'était ||donc un triste spécifique contre la pleurésie que la formule suivante que Richter ^ictait à ses élèves ( prenez tartre émélique , gr. iij ; nitre purif. § ij ; inf. de fl. de sur. gi'x; miel pur § iij. m. ), et que M. Hufeland a fait connaître. Et c'est une pratique qui trouvera, j'espère, peu d'imitateurs, que celle qui a été suivie par Rasori, dans le cas suivant : Bartholomée Roveda , âgé de 23 ans, fut reçu à la clinique, le 2 mars 1809. Il se plaignait depuis un jour, d'une douleur dans le côté droit de la poitrine ; elle était accompagnée de toux, de difficulté de respirer ; le pouls était vibrant (tartre stibié 48 grains, deux saignées) ; 3"= pouls inol, respiration fréquente (iU grains , deux saignées)', — 4™° pouls contracté et dur; crachats fuligineux, le malade vomit une seule fois et a une garde-robe 1(216 grains , deux saignées) ; — 5"><= la toux est diminuée, l'expectoration fluide !jet fuligineuse continue (288 grains, une saignée, le soir); — 6"i« même état '( 288 grains, deux saignées) ; — 7'^' même état que la veille ( 360 grains ; deux \saignées) ; — 8'^' pouls vibrant , anxiété ( 432 grains ) ; — 9™^ pouls encore plus Vibrant, fréquent; douleur continue; peu de toux; anxiété inexprimable, 'abattement des forces et de l'esprit, une évacuation alvine , point de vomissement (demi-once de tartre stibié , une saignée, le soir une demi-once de tartre

stibié) ; 10™^ point de changement, le pouls est toujours vibrant (demi-once

de tartre stibié, saignée); le soir, langue aride, pouls petit et inégal; grand abattement des forces ( demi-once de tartre stibié , saignée ) ; — 1 Ime au matin ^ouls filiforme; délire piesque continuel, la douleur au côté persiste (demionce de tarire stibié , saignée); le soir (autre demi-once de tarira stibié); — I2mc pouls imperceptible, mort à midi. — Autopsie : épanchement considérable de sérosité puriforme et de lymphe concrescible dans le côté gauche de la poitrine; la surface des poumons est couverte de cette même lymphe. Dans l'espace de 10 jours Bartholoraé Rovéda prit six onces et 24 grains de tartre stibié, et il n'eut que deux évacuations alvines et un vomissement. (Strambio. op. cit. storia. xix. )

On administre souvent, avec succès, aux adultes et aux eufans affectés de catarrhe pulmonaire , le tartrate antimonié de potasse, d'apiès la méthode de, StoU et de Rivière. On dit, mais je n'ai point vérifié cette dernière observation, que ce remède est plus particulièrement adapté à certaines constitutions épidémiques. Ainsi, HoUier raconte qu'en 1723, baucoup d'cnfans frappés d'un catarrhe suffocant, durent leur salut à l'eflicacité merveilleuse de ce remède. Laennec assure aussi avoir trouvé le I rrtre stibié utile dans le catarrhe suffocant des adultes et dans l'œdème du poumon, surtout quand ces affections étaient accompagnées d'une légère pneumonie.

Goddwin a recommandé contre Vangine de poitrine , une lotion stibiée composée d'un gros d'émélique dissous dans une livre d'eau bouillante , dans laquelle on ajoutait une demi-once d'cau-de-vie camphrée.

Laennec a tenté l'émétique, à haute dose, dans deux ou trois cas désespérés d'apoplexie pulmonaire , et n'en a vu aucun mauvais effet. Ce moyen a même paru modérer beaucoup I hémorrhagie. Stoll raconte aussi qu'il prescrivit un vomitif a un jeune Turc, qui avait une fièvre bilieuse et un crachement de sang abondant, et comme j'insistais, dit-il, sur ce qu'il fallait le donner dans le moment même où l'effusion du sang de la poitrine avait lieu, ceux qui m'environnaient crurent que je déraisonnais, et ils attendaient l'événement

DiCT. DE MEDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

avec une secrète et vive impatience , persuadés que le malade rendrait l'ame avec la bile et son sang; qu'arriva-t-il? il vomit beaucoup de bile huileuse, maisil neparut point un filet de sang, et la fièvre s'évanouit. (Éphém., 1777.) Je n'ai point répété les expériences de Lfaennec et de Stoll ; je les crois même dangereuses. Est-il bien prouvé que les vomissemens ou les efforts pour vomir ne peuvent renouveler l'hémorrhagie.

Aucun moyen n'est plus utile, au début de la coqueluche , que les vomitifs répétés tous les jours ou tous les deux jours, pendant une ou deux semaines. L'émétique est préférable h l'ipécacuanha que l'on trouve dans le commerce , à raison de l'inégalité de force de cette poudre , provenant de plantes diverses , ainsi que l'a prouvé M. DecandoUe. L'émétique d'ailleurs , à cause de sa solubilité, est beaucoup plus facile à fractionner en doses aussi petites que peuvent le demander l'âge et la faiblesse de l'enfant.

M. Autenrieth a recommandé, dans la coqueluche, des applications successives , sur diverses régions de la poitrine, d'une pommade préparée avec 1 gros d'émétique et 3 gros d'axonge. Elle détermine la formation de pustules ayant quelque analogie avec celles de la petite-vérole ou de la varicelle pustuleuse (voyez Peau , Inflammations artificielles), et dont le développement m'a quelquefois paru diminuer l'intensité de la toux et le nombre des quintes. Pendant la suppuration de ces pustules développées à l'tpigastre , il survient ordinairement chez les enfans , suivant M. Autenrieth , une éruption de semblables élevures aux parties génitales. J'ai fait une remarque analogue sur des adultes affectés de fièvres intermittentes que je traitais avec la pommade de Peysson; mais je me suis assuré que rette éruption des parties génitales était due à ce que les malades avaient porté , par hasard , de la pommade sur la peau du périnée ou de scrotum.

Dans les angines laryngées aiguës , chez les adultes et les enfans , on associe avec avantage l'action de l'émétique à celle de la saignée. On donne d'abord le tartre stibié à doses vomitives , puis par petites doses successives. J'ai aussi appliqué avec un succès remarquable la Méthode de Rivière au traitement des angines laryngées chronic/ues , lorsqu'elles n'étaient point associées à des altérations tuberculeuses des poumons Plusieurs malades dont la voix était éteinte, l'ont recouvrée, après avoir pris trois ou quali'e vomitifs, dans l'espace de sept à huit jours. Les frictions avec la pommade stibiée, les emplâtres de poix saupoudrés d'émétique. appliqués à la partie antérieure du col, m'ont paru , en général, d'une utilité beaucoup moins évidente, lors même qu'ils donnaient lieu au développement d'une inflammation pustuleuse artificielle considérable.

4° Maladies des organes de la circulation. — Laennec a expérimenté le tartre stibié , avec succès , dans un cas de phlébite. Il s'agissait d'une inflammation aiguë de plusieurs veines du bras. Le tronc de la basilique avait acquis la grosseur d'une plume de cygne et la dureté d'une corde; son trajet était dessiné sur la peau par une ligne d'un rose foncé; l'avant-bras , très-dur, extrêmement tuméfié, poli et luisant dans la plus grande partie de la surface, était, dans beaucoup de points, d'une rougeur cuivrée, très-sensible à la pression, et présentait les caractères réunis de l'œdème joint à l'érysipcle ; la main était dans un état d'œdème simple; il y avait fièvre aiguë , mais la tète était libre. Il fit appliquer vingt-quatre sangsues à la vulve, et donner en même temps le tartre stibié à 6 grains. Dès le lendemain , l'orgasme inflammatoire était tombé, et au bout de trois jours la résolution était complète. — Ce fait est sans doute fort curieux; mais il laisse déterminer jusqu'à quel point l'émétique a concouru à celte guérison rapide. Laennec se trompe évidemment lorsqu'il avance que la phlébite cède rarement et difficilement aux évacuations sanguines; car celles-ci, combinées avec les bains et les topiques émolliens, constituent le traitement employé , avec le plus de succès , contre cette maladie.

Essayé par Laennec di\ns les hydropisies passives , telles que l'ascite ou l'anasarque , qui sont l'effet de maladies du cœur ou du foie, le tartre stibié n'a donné aucun résultat avantageux. lia, au contraire, complètement réussi dans un cas A'anasartjue active des extrémités inférieures, jointe à un cedème pulmonaire de même nature. Laennec pense même que l'émétique pourra être souvent utile dans la leucophlegmatie qui survient quelquefois à la suite de la rougeole et de la scarlatine. Ce sont des présomptions qui demandent à être vérifiées, avec toute la prudence que réclament les premiers essais d'un remède énergique. Déjà l'on avait attribué à l'émétique et à d'autres préparations antimoniales des propriétés hydragogues. Sydenham recommande l'usage du safran des métaux (oxyde d'antimoine sulfuré, demi-vitreux); Duverney rapporte qu'une religieuse hydropique fut guérie par des vomitifs répétés après avoir subi plusieurs fois la ponction ; Monro cite un exemple à peu près pareil, et Sœmmering assure avoir produit ainsi des guérisons rapides, Boerhave et Cullen en recommandent aussi l'usage. L'émétique donné à doses réfractées, associé avec la crème de tartre, a été souvent employé comme purgatif, dans les hydropisies. Enfin M. Itard a retiré de bons effets de l'emplâtre stibié, dans le traitement de l'anasarque qui succède à la scarlatine. Tous ces succès ne doivent pas faire oublier que la purgation et le vomissement ne sont pas toujours utiles aux hydropiques. Chez un assez grand nombre, j'ai vu le dépôt de la sérosité être' accompagné d'une inflammation chronique de l'estomac et de l'intestin ; et il est assez ordinaire de voir la diarrhée annoncer une terminaison funeste de cette maladie.

Maladies du système nerveux. — Laennec a obtenu en soixante-huit heures, par le tartre stibié , la guérison d'une maladie qui présentait tous les symptômes de Varachnilis aiguë. (Revue médicale , juin 1825 , p. 344. ) Mais vingt sangsues aux oreilles , et une saignée de pied, immédiatement après laquelle le malade s'endormit,. eurent probablement plus de part h cette guérison que Laennec ne semble le dire. Il a obtenu trois fois, et à peu près dans le même espace de temps , la disparition de tous les signes de i' hydrocéphale aiguë. Dans doux de

ANTIMOINE

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ces cas, cet accident était survenu dans le cours d'une fièvre continue. Le sujet de la troisième observation était un jeune domestique qui, après avoir veillé presque habituellement, pendant quatre mois, son maitre malade , fut pris de vertiges et d'autres accidens qui firent craindre une affection cérébrale quelconque. On lui appliqua des sangsues; on lui fit faire des affusions froides, mais vainement : au bout de deux mois, il tomba un jour sans connaissance, et resta cinq jours dans cet état sans qu'on employât aucun moyen actif. On l'apporta alors à l'hôpital Necker, immobile, insensible, la pupille très-dilatée, la face assez pâle; Laennec prescrivit une application de sangsues aux tempes, dont huit seulement prirent et tirèrent très-peu de sang. Il donna en même temps 12 grains de tartre stibié pour les vingt-quatre heures. Le lendemain le malade était capable de quelques mouvemens et proférait des mots sans suite. Il prescrivit 15 grains. Le troisième jour le malade avait repris complètement la parole et le mouvement ; il se trouvait seulement très-faible; la pupille n'était presque plus dilatée. Cependant comme il n'avait eu aucune évacuation, on prescrivit 18 grains d'émétique et quelques alimens. Le quatrième jour il était en pleine convalescence et demandait à manger.

M. Bayle a constaté que , dans l'aliénation mentale paralYtiijue , l'emploi du tartre stibié était sans avantage. Ce remède a été préconisé , en lat'agc, dans les plaies de tête, et dans les hémorrhagies cérébi'ales. Dans ces dernières, après un emploi convenable de la saignée , j'ai administré , quelquefois avec succès , 6 à 8 grains d'émétique en lavement. On se servait autrefois, de la même manière et dans les mêmes circonstances, du vin émélique moins sûr dans ses effets. Sur onze cas d'apoplexie traités par Laennec, six ont été guéris; mais comme ce professeur avait fait en même temps usage des émissions sanguines? il est difficile d'apprécier jusqu'à quel point l'émétique a concouru à la guérison de ces malades. Il en est qui ont pris, en peu d'heures, de fortes doses de tartre stibié. Un apoplectique avait pris 12 grains d'émétique en une heure et demie sans avoir éprouvé d'envies de vomir; d'après les conseils de M. Magendie, il en prit 36; le vomissement arriva, et la maladie eut une heureuse terminaison. Laennec , chez de semblables malades, a porté gi-aduellement la dose de l'émétique jusqu'à I gros et demi, sans résultat bien sensible ; dans d'autres cas , il a fait cesser en peu d'heures les signes de la compression cérébrale et obtenu assez rapidement la disparition des dernières traces de paralysie. Mais il ne faut pas oublier que la tolérance paralytique que présente assez souvent l'estomac , dans cette maladie et quelques autres affections cérébrales , peut masquer des effets fâcheux de l'émétique. Un homme âgé de 57 ans eut une attaque d'apoplexie à laquelle il succomba. On lui administra-, pendant les cinq jours qu'il fut malade, environ 40 grains A''éa\tlï(\\\c qui n'occasionèrenl ni nausées ni vomissemens ; il eut seulementquelques selles. A l'ouverture du cadavre, le canal digestif offrit des altérations qui dépendaient manifestement de l'action de l'émétique. L'estomac était très-rouge^ enflammé, rempli de bile et de mucosités ; l'inflammation paraissait bornée à la membrane muqueuse de ce viscère, sur laquelle on apercevait des taches irrégulières d'un rouge livide sur un fond violacé et qui ne présentait aucune ulcération. Il y avait des taches semblables dans l'intestin ( J. Cloquet). Le docteur Harrisson cite aussi un cas où le vomissement ne put être provoqué , chez un épileptique, par de fortes doses de sulfate de zinc qui déterminèrent une inflammation mortelle de l'estomac. Enfin on sait que l'émétique administré aux paralytiques , les purge plus souvent qu'il ne les fait vomir. Suivant le docteur Paris , quelques aliènes présentent une disposition de l'estomac qui est l'opposée de celle que je viens d'indiquer; chez eux la sensibilité de ce viscère .semble exaltée d;u- l'état morbide du cerveau, puisqu'ils vomissent beaucoup plus facilement lorsqu'on associe un narcotique au tai tre stibié.

Laennec a traité , avec succès , trois chorées et deux cas de tétanos idiopathiqne , par l'émétique , à haute dose. Dans le premier cas , le tartre stibié (à la dose de 6 grains ) produisit une superpurgation presque quotidienne. Trente sangsues furent appliquées sur le ventre d'un des individus attaqués de tétanos, et il prit, en même temps, une potion musquée, tous les jours. On sent qu'il manque quelque chose à ce fait pour être concluant. MM. Peysson et Angelot assurent avoir guéri des épiiepsies à l'aide de la pommade stibiée : c'est jouer de bonheur contre une maladie aussi grave.

L'emploi de l'émétique dans le traitement des fièvres intermittentes a été conseillé par une foule d'auteurs ( Murray , CuUen , Frank). Dans le holus ad quartanam de l'hôpital de la Charité, on le donnait à la dose de 16 grains , associé à 1 ou 2 gros de quinquina. Il devait y avoir décomposition de ce sel ; mais les combinaisons nouvelles qui se formaient agissaient très-probablement comme l'émétique lui-même. Dans ces derniers temps , M. Peysson a de nouveau appelé l'attention sur le tartie stibié, comme fébrifuge. D'après lui, la potion suivante a uue action plus prompte et plus sûre que le quinquina.

Prenez tartre stibié , l grain ; faites dissoudre dans eau distillée § viij ; ajoutez sirop d'iacodegj. gomme arabique 5J3, eau de fleur d'orange g J3. Il donne cette potion de deux manières : !<> si c'est une fièvre ordinaire, si le malade est fort et peut se passer d alimens solides, ce qui est préférable, M. Peysson fait prendre, entre les accès , une cuillerée de la potion , la première heure; deux, la seconde; trois, la troisième, et ainsi de suite jusqu'au repas. On la suspend alors pour la reprendre deux heures après, en recommençant par une cuillerée et en augmentant de nouveau par degrés. 2" En général, M. Peysson préfère la donner comme les autres potions , en ayant soin de ne pas augmenter par degrés le nombre des cuillerées. Ildim inue insensiblement l'intervalle qu'on laisse entre elles, jusqu'à ce que le malade en prenne une tous les quarts d'heure, ou au moins toutes les demi-heures , et il n'en cesse entièrement l'usage que pendant la violence des paroxysmes et durant le sommeil. Si on avait à traiter une fièvre quarte, comme le temps d'apyrexie est très-long, on commencerait

par en donner une cuillerée, toutes les deux ou trois heures, et on multiplierait la dose que l'on pourrait aussi augmenter un peu , à mesure qu'on approcherait des accès. Enfin, à nioins de contre-indication , il faut en faire prendre autant j que faire se peut, sans produire d'effets sensibles. Si elle venait à provoquer le vomissement, des nausées ou la diarrhée , il faudrait aussitôt en diminuer les | doses et les éloigner davantage : avec ces précautions ce médicament n'est ja- | mais dangereux, et tous les malades le supportent très-bien. L'énergie de cette potion est telle, dit M. Peysson , que les moindres doses suffisent pour amender tous les symptômes fébriles. Elle n'agit pas seulement sur les accès futurs, souvent même elle dissipe les malaises que les malades éprouvent encore pendant l'apyrexie. Cependant je dois prévenir, continue-t-il, qu'elle arrête rarement les accès tout à coup ; elle en diminue insensiblement la violence, et les fait enfin cesser quelquefois au premier, mais plus souvent au second ou au troisième paroxysme. Voilà pourquoi les fièvres supprimées par ce remède ne rechutent jamais , pourvu quon en continue l'usage , pendant quelques jours après leur guérison, sauf à en diminuer et en éloigner successivement les doses. L'émétique, ainsi administré , serait dangereux dans une fièvre intermittente compliquée de gastrite ou de gastro-entérite. Le premier eflél de la potion serait de produire des nausées, ce qui devrait en faire suspendre de suite l'emploi. Plus tard , M. Peysson a recommandé, comme préférables à la potion stibiée , des frictions faites avec une pommade émétisée moins active que celle d'Autenrieth. Prenez : tartre stibié, 23 grains; faites dissoudre dans une eau distillée q. s.; puis incorporez dans axonge fraîche § j ; divisez en 24 doses. Chaque dose de cette pommade sert à faire une friction, et il en faut faire jusqu'à quatre et même cinq, dans l'apyrexie des fièvres intermittentes. Le ventre, les cuisses, le rachis, les bras, etc., sont les endroits du corps qu'il choisit pour ces frictions; chaque fois on change le lieu d'élection , pour éviter la formation des petites pustules. On doit frotter jusqu'à ce que la graisse ait entièrement disparu. En général, une demi-once de cette pommade suffit pour la guérison des fièvres ^ intermittentes ordinaires. | M. E. L. Jourdain a publié quelques observations qui tendent à confirmer les | premiers succès obtenus par M. Peysson ; et M. L. J. 'Variez a déclaré, au con- '\ traire, qu'il avait trouvé ce remède inefficace dans les fièvres intermittentes ïj printannières.

J'ai répété ces expériences, et je me suis convaincu que plusieurs des proposi- 1 lions de M. Peysson , et surtout celles que j'ai eu soin de mettre en italique , C étaient beaucoup trop générales. Je crois devoir ajouter même que la potion et !• la pommade stibiées sont incomparablement moins efficaces que le sulfate de jl quinine ; que ces préparations d'émétique arrêtent rarement la fièvre intermit- Ij tente avant sept à huit jours de leur usage ; qu'elles ont échoué contre des fièvres 'J intermittentes qui ont cédé rapidement au sulfate de quinine ; que les rechutes ! ont été plus fréquentes qu'après l'emploi de ce dernier moyen ; enfin , que plu- i sieurs malades, qui n'ont pu supporter, sans fatigue, la potion stibiée, ont j guéri , sans éprouver le plus petit malaise , par l'action du sulfate de quinine. "]

M. Hurtado de Mendoza a publié plusieurs observations de névralgies inler- j] mitlentes fémorales, sus orbitaires, orbito-frontales, scapulo-humérales, guéries | par la méthode de M. Peysson. Je l'ai essayée sans succès, dans un cas de tic ii douloureux. L'émétique, à la dose de 3 grains, provoqua de nombreuses éva- jl cuations par haut et par bas , sans soulagement ; mais j'ai été assez heureux pour diminuer les douleurs , à l'aide de l'huile essentielle de térébenthine adminis- jj trée à la dose de deux gros, par jour. Cependant je dois ajouter que, dans un i| autre cas , l'émétique parut achever assez promptement la guérison d'une scia- |i tique qui, depuis quelques jours, était restée stationnaire , malgré l'emploi ■} d'un assez grand nombre de sangsues. 1 1

Maladies des organes des sens. Le tartre stibié a été recommandé dans le jl traitement de quelques ophtlialmies , soit comme vomitif, comme purgatif ou \{ comme excitant extérieur. Le tartre stibié peut être incorporé dans un emplâ- ;i tre , dans les proportions de 1 à 2 , ou de I à 3 , selon que l'on veut obtenir un 'i effet plus ou moins prompt , et selon la susceptibilité du malade. Lorsque l'ac- i] tion de cette préparation est portée à son plus haut degré, elle a un effet révul- !i| sif plus énergique que les autres moyens de cette espèce. C'est surtout dans les j' ophtlialmies invétérées les plus rebelles , le pannus , le glaucome ou l'amaurose, j I lorsque la douleur est calmée , que l'emplâtre stibié produit les meilleurs effets ; j I surtout si l'on entretient pendant quelque temps la suppuration des pustules , | au moyen de la pommade stibiée. J'ai fait connaître quelques heureux résultats ' que j'ai obtenus des lotions émélisées dans le traitement de certaines inflamma- i, tiens de la conjonctive (Rapports de la Société philanthropique). Le tartre j! stibié a aussi été recommandé comme vomitif, contre quelques amauroses. Des ] personnes atteintes de cette dernière maladie présentent quelquefois une sorte \ \ de tolérance : une dame veuve vint à Paris pour se faire traiter d'une amaurose ' I incomplète, mais qui faisait des progrès assez rapides. Bayle la soumit au trai- j tement que conseille Scarpa , dans son ouvrage sur les maladies des yeux ; trai- i tement qui débute par 3 grains de tartre stibié donnés pour exciter le vomisse- ; I ment, et où l'on continue l'émétique, chaque jour, mais à de faibles doses. , ! Cette dame n'éprouva aucune évacuation. , i

L'émétique conseillé par Frank et Cullen, au début de plusieurs maladies |( aiguës dans lesquelles la peau est plus ou moins enflammée , est aujourd'hui j \ restreint dans son application, à un petit nombre de cas qu'on aura soin de | j faire connaître en traitant de chacune de ces affections. Dans l'érysipèle , au l .| moins dans celui qui est produit par cause externe , le tartre stibié paraît agir i | comme dérivatif. Dans l'urticaire déterminée par certains alimens , tels que les : moules , il évacue en outre la cause qui l'a produite ; au début de la rougeole il I a été recommandé d'une manière beaucoup trop générale pour favoriser le I

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développement de réruplion,etc. Comme purgatif ou comme altérant^ le tarlre stibié a été employé dans le traitement de plusieurs inflammations chroniques de la peau. Son usage a les inconvéniens et les avantages des médications dérivatives , soutenues et long-temps prolongées. Les médecins anglais ont beaucoup préconisé l'usage intérieur du vin antimonial d'Huxham , dans ces affections ; et M. Fages parait aussi les avoir combattues avec succès , par le tartre stibié, à doses de plus en plus élei'èes. Un dartreux âgé de 57 ans, traité par M. Fages, prit le premier jour du traitement, un demi-grain de tartrate antimonié de potasse et 10 grains de douce amère , la dose en fut progressivement augmentée; au bout de 172 jours, le malade prenait, en 2 fois, chaque jour trente-deux gf/'Oi d'extrait de douce-amère , et trente-deux grains de tartrate antimonié de potasse. Un autre malade , également affecté de dartres , prenait, vers le quarantième jour , 12 gros d'extrait de douce-amère et dix grains d'émétique. Un troisième malade arriva graduellement à prendre 85 grains de rhus radicans et 16 grains d'émétique , par jour. { Fages , Mémoire sur l'efficacité du tartrate antimonié dépotasse, combiné aux extraits de douce-amère et de rhus radicans dans le traitement des dartres. Rec. périod. de la soc. méd. T. 6.) Plusieurs malades que j'ai soumis à ce traitement , en commençant par un quart de grain de tartre stibié, ont éprouvé des vomissemens ; d'autres ont eu plusieurs selles liquides dans le jour; chez un petit nombre, il y a eu tolérance; mais jamais je n'ai porté le tartre stibié à une dose aussi élevée que M. Fages. Au reste ces observations prouvent , contre l'opinion de Rasori , que l'habitude est une cause de tolérance , non équivoque. On s'est aussi servi de la pommade et des lotions sfibiées pour faire passer à l'état aigu quelques inflammations chroniques des tégumens, et en accélérer la terminaison. C'est ainsi que Blizard employait des lotions émétisées contre les végétations syphilitiques , dans le traitement des vieux ulcères , et dans celui de la teigne. ( f^oj-ez Lèpre , Psoriasis , etc.)

Maladies des organes de la génération et des voies urinaires. — M. Mériadec • Laennec a recueilli sous les yeux de son oncle , une observation de métrite qui, suivant lui , fut exaspérée par les sangsues; le malade guérit par l'émétique et les bains, après avoir éprouvé des vomissemens et des évacuations alvines abondantes. Il cite également un cas de rljsurie , guéri par l'émétique, à haute dose. CuUen assure que des hémorrhagies de l'utérus ont cédé à l'action du verre ciré d'antimoine.

Maladies de.<; organes du mouvement. — l/emploi du tartre stibié contre le rhumatisme est plus ancien qu'on ne le pense. En 1802, M. Vidal, médecin à Rayonne ,■ guérit ïroii malades atteints de cette affection , par l'émétique seul , qu'il administrait depuis la dose d'un demi-grain jusqu'à 7 grains par jour, en augmentant graduellement la dose. Ces individus n'eurent pas de vomissemens ; deux autres en furent tellement tourmentés parles plus faibles quantités, que l'on fut obligé de suspendre le remède. (Journal général de Médecine, t. 20, p. 298 )

Suivant Laennec, le rhumatisme articulaire est, après la pneumonie, la maladie inflammatoire dans laquelle le tartre stibié lui a paru le plus cflîcace. La durée moyenne du rhumatisme, sous l'influence de ce moyen, est de 7 à 8 jours , et l'on sait qu'elle est d'un à deux mois , sous l'influence de la saignée ou de la méthode expectante. Mais le tartre stibié réussit moins bien quand il y a à-la-fois rhumatisme musculaire et articulaire. Laennec a quelquefois observé, quoique rarement, des recrudescences de l'inflammation articulaire, sans avoir discontinué l'usage tlu médicament, et il a été obligé dans deux cas de l'interrompre parce que la tolérance ne pouvait s'établir. Sur treize observations recueillies à la clinique de Laennec, le tartre stibié a été très-utile chez huit malades ; il a été inefficace chez deux , nuisible chez un , et d'un succès contestable chez deux ( Mériadec-Laennec). Sur cinq rhumatismes articulaires aigus , M. Honoré en a guéri quatre ( Lagarde) ; sur quinze cas cités par M. Delourmel , treize furent suivis de guérison ; l'Observateur de Naples contient six autres cas de guérison dont deux ont été publiés par le docteur Spadafora Du reste , dans le rhumatisme aigu , le tartre stibié doit être administré de la même manière et avec les mômes précautions, que dans la pneumonie.

Avant d'émettre mon opinion sur l'utilité de ce moyen , je crois devoir observer que le rhumatisme , à cause de sa nature mobile et du peu de stabilité de son siège, est une des maladies qui se prêtent le moins à des expériences rigoureuses et comparatives. Ainsi sur vingt rhumatismes aigus traités par les saignées générales et les sinapismes promenés sur la peau , il en est à peine deux qui aient une grande ressemblance , sous le rapport de leur durée. Il est donc bien difiicile de juger les résultats de cette dernière méthode avec ceux que fournit celle de Rasori ; tant il est rare de rencontrer deux rhumatisans dans les mêmes conditions. D'un autre côté, dans un assez grand nombre de cas , le rhumatisme aigu , malgré la mobilité qu'il affecte dans sa marche , paraît avoir quelque chose de fixe dans sa durée , que les moyens les plus actifs et les plus perturbateurs ne peuvent surmonter. Néanmoins, autant que j'ai pu l'entrevoir, au milieu d'élémens qui se prêtent si peu à des inductions rigoureuses , la méthode des saignées et des révulsifs sur la peau est préférable au tartre stibié à haute dose ; résultat qui est en opposition avec la proposition émise plus haut par Laennec , et que j'ai eu soin de mettre en italique. Cette dissidence prouve du moins que la question de prééminence de l'une des deux méthodes n'est point encore décidée. D'ailleurs l'émétique est fortement contre-indiqué lorsque le rhumatisme a d'abord porté son action sur les organes digestifs , et le cas n'est pas très-rare; ou bien encore lorsqu'il est borné à ces parties, ou lorsqu'on a la crainte de l'y rappeler. L'emploi du tartre stibié à haute dose , dans le traitement du rhumatisme , est donc, suivant moi , bien plus rai-ement indique que dans la pneumonie ; car le danger pour la vie , dans la pneumonie , est tel qu'il y a certainement de l'avantage à opérer une révu'sion momentanée ou soutenue sur l'estomac et l'intestin , tandis qu'il n'est pas démontré qu'il en soit ainsi pour

le rhumatisme. Ce n'est pas à dire qu'on ne guérisse des rhumatismes aigus à l'aide de l'émétique à haute dose. Te pourrais rapporter plusieurs exemples de semblables guérisons que j'ai moi-même obtenues par l'émétique seul , soit qu'il ait produit ou non des vomissemens ou des évacuations alvines. C'est la méthode que je juge , et non quelques faits isolés.

Laennec attribue au tartre stibié la disparition prompte des épanchemens de synovie qu'il a observée chez des individus affectés de rhumatisme aigu et auxquels il administrait ce remède; mais cette induction est-elle bien rigoureuse? Ne voit-on pas, tous les jours, dans le cours d'un rhumatisine, ces épanchemens synoviaux se former successivement dans plusieurs articulations, et disparaître, avec une étonnante rapidité, chez des indiviclus qui font seulement usage de boissons délayantes ? ne sait-on pas d'ailleurs que l'émétique à haute dose n'a aucune influence sur les épanchemens pleurétiques , qu'ils ne disparaissent pas spontanément dans un court laps de temps, comme ceux qui se forment dans les membranes synoviales.

Recettes et préparations antimoniales composées. — Il existe une foule de recettes ou de préparations dans lesquelles entrent l'antimoine ou quelquesuns de ses composés , et dont je n'ai pu étudier les effets avec tout le soin désirable. Parmi ces agens les uns sont totalement oubliés et méritent de l'être; les autres sont encore cités, avec éloge, dans les pharmacopées ou les formulaires; d'autres ont une action forte sur l'économie animale, et qu'un médecin ne doit pas ignorer : je vais en faire ici une courte mention.

!o Chaux d'antimoine. [Cendre d'antimoine, oxyde-sulfuré gris d'antimoine.) Mélange de protoxyde et de sulfure d'antimoine, obtenu, par le grillage du sulfune d'antimoine. Celte chaux , qui passait pour un violent émétique , soumise à une fusion incomplète, formait le crocus metallorum (safran des métaux., oxyde d'antimoine sulfuré demi-vitreux). Lemery dit qu'on administrait le crocus , comme émétique , à la dose de 2 à 8 grains. On ne s'en sert plus aujourd'hui que dans la médecine vétérinaire; on l'employait aussi à l'extérieur, contre les ulcérations des bords libres des paupières , dans l'albugo , elc.

2" Foie d'awtimoine, sorte de mélange de sulfate de potasse , de sulfure de potassium , d'antimonite de potasse et d'oxy-sulfure d'antimoine ; on ne s'en sert plus que pour purger les chevaux.

3» PoTiDRE de James. — Elle a joui et jouit encore d'une grande réputation chez les Anglais. D'après le docteur Pearson , cette poudre est un sel triple composé d'acide pliosphorique , de chaux et d'antimoine. Suivant M. Pulli , 36 grains de poudre de James sont composés de 14 grains d'oxyde d'antimoine au maximum d'oxydation , de 8 grains de phosphate de chaux , de 9 grains de sulfate de potasse et de 7 grains de potasse libre , contenant oxyde d'antimoine au maximum. M. Pulli a indiqué le moyen suivant pour composer la poudre de James. Prenez , sulfure d'antimoines 2 parties , phosphate de chaux calcinée 1 partie , potasse 4 parties. Pulvérisez et mêlez ces substances. On les met dans un creuset couvert et on chauffe fortement; l'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le soufre du sulfure d'antimoine et le convertit en acide sulfurique ; ce dernier, uni à une partie de potasse, formera le sulfate de potasse, tandis que lerestede l'alcali devenulibre retiendra unpeu d'antimoine oxydé au minimum. Celte poudre, que le docteur James appelait fébrifuge, a dû peut-être, en partie, sa grande réputation à ce que le médecin tjui l'a préconisée, faisait prendre à ses malades d'assez fortes doses de quinquina , après s'être servi de sa poudre associée aux mercuriaux, pour évacuer les premières voies.

4" Teintbres d'aktimoine. — On emploie, en Allemagne, une teinture acre d'antxmoiue, que l'on prépare en faisant digérer du verre d'antimoine clans de l'alcohol chargé de potasse pure, ou en mettant dans de l'alcohol du foie d'antimoine fait en fondant une partie de sulfure d'antimoine avec deux gros de potasse; c'est une sorte de kermès eu dissolution dans l'alcohol potassé.

On assure dans plusieurs traités de matière médicale , que ce remède est stimulant., diaphoréliqae e\. fondant , à la dose de quelques gouttes, dans un véhicule approprié. A forte dose , il irrite fortement l'estomac et l'intestin. Murray indique aussi la composition de plusieurs autres teintures antimoniales, plus ou moins actives. Une dame de condition , dit Guldbrand, tourmentée de douleurs arthritiques, consulta un médecin qui lui conseilla de prendre de l'essence antimoniale d'Huxham , 3 fois par jour , à la dose de 30 gouttes; la malade vomit à la première prise; mais comme elle avait beaucoup de confiance dans ce remède, elle en continua l'usage pendant 3 semaines. Bientôt il survint des vomissemens continuels, une perte considérable de forces; la malade éprouvait une constipation opiniâtre ; les douleurs devinrent plus vives, les tumeurs des pieds et des mains augmentèrent; enfin la malade devint si faible qu'elle pouvait à peine se lever de son lit. On cessa l'usage de ce remède , et quelques temps après les accidens se calmèrent.

5" Verre d'antimoine. { Oxyde d'antimoine-sulfuré-vitj-eux). — C'est un composé d'oxyde d'antimoine , de sulfure d'antimoine et de silice ; celui du commerce contient presque toujours du fer, de l'alumine , etc. On le donnait autrefois comme émétique , à la dose de 1 à 2 grains ; son action est violente. « Cognita nobis sunt aliquot exempla , ubi vitrum antimonii in substantià pro- « pinatum, prxsertim, cum jam prima regio spasmis obnoxia fuit, non secùs ac n ai'senicum intra aliquot horas mortem intulit, prsecedentibus omnibus signis » ac symptomatibus qune propinatura venenum indicant et sequuntur.n (Fred. Hoffmann, Opéra omnia , pars 2, cap. 2, pag. 196, ann. 1761.) Cet auteur célèbre rapporte, en outre, l'observation d'un individu atteint de fièvre intermittente , à qui on fit prendre du verre d'antimoine , quelques instans avantl'accès ; des vomissemens abondans, des déjectioni alvines fréquentes, des convulsions, un tremblement général et une grande anxiété, tels furent les symptômes qui se manifestèrent et qui arrivèrent pendant le stade de la chaleur. Le lendemain,

ANTIMOINE

tourmenté par un nouvel accès , le malade succomba aux accidens développés par ce poison. A l'ouverture du cadavre, on trouva l'estomac enflammé et sphacélé. (Id. pars 2 , cap. 5 , p. 223. ) Instruits de ses effets énergiques et malheureux , les anciens chimistes s'étaient appliqués a adoucir, à mitiger , à corriger le verre d'antimoine; de là , diverses préparations dont la plus connue est L^antimoine ciré ) mélange de cire et de verre d'antimoine ). Ce composé , à la dose de 10 à 12 grains , en trois prises, passait pour un ëméto-cathartique assez doux, et était fort employé dans la dysenterie et la diarrhée. On en portait quelquefois la dose jusqu'à 20 grains. ( Pringle, Essais et Observations de médecine de la soc. d' Edimbourg.) P. Franck assure avoir vu des diarrhées chroniques, réputées incurables, guéries par ce moyen. J. Gorham en a obtenu de très-bons effets dans la même affection; il en faisait prendre, de six en six heures, 5 grajns associés à un grain d'opium. Quiconque a été témoin des effets de préparations analogues, dans les ophthalmies chroniques, ne repoussera pas certainement de semblables observations, comme entièrement controuvées; mais quelle prudence ne faudra-t-il pas apporter dans l'administration d'un semblable remède? et se décidera-t on à y avoir recours lorsqu'on pourra obtenir des succès aussi nombreux , aussi incontestables , et plus généralement constatés par le seul emploi de l'opium?

ANTIMOINE

Bazile T^aleniin, Cursus IriumpKalis anlimonii, in-8". Tolosae, lfi46.

James. Considérations on llie use and abuse of anlimomal médecines in fevers and ot'jer disorders , containing a chemical examination of ail lUe anlimonial préparations , etc , in-8°. Edimb, 1773.

iS'nnrfez-i. Observations on antimony and tbe use in tlie cure of diseases, in-S". Lond., 1773.

J. MiUar. Observations on antimony. Lond , 1774.

J.-J- Tf^estra. De antimonio., diss. in-8°. Groningje , 1762.

ÉMÉTiQBE ( tartre stibié ).

On n'indique ici que les travaux le plus récemment publiés sur l'cmétique. Pour la connaissance des autres , voyez Ploucquet, Bibl. mêd. : et Reuss. Bepertorius commentationum.

/îfljori. Délie peripneumonie inûammatorie e del curarle , principalmente col tartaro stibiato. Me"!, trad. par F. Fonlaneilles. [Arch. génér. mêd., tom. 4, p. 300 415.)

Ma^cndie. De l'influence de l'cmélique sur l'bomme et les animaux, in-S". Paris , 1813.

Peschier. Traitement des fluxions de poitrine par l'émélique à baute dose. (^Bibliothèque universelle de Genève , sciences et arts , tom. 20 , p. 142.)

M.-T.-H. Laennec. Emploi de l'émétique à baute dose, dans la pneumonie, les inflammations des membranes séreuses, l'bydrocépbale aiguë , le rbumatisme et quelques autres affections. {Traité de l'auscultation médiate.) 2e édit, in-S", 1826.

G. Strambio. Intorno il modo di ogire délie Sostanze emeliche, etc., etc., Milano, 1826.

Peysson. Emploi du tartre stibié dans les fièvres intermittentes. ( j4nn. de la méd. physiolog. , tom. l , pag. 230-349 ); voyez aussi tom. 4 , pag. 322 , tom. 8, pag. 446.

Delourmel de la Picardière . Diss. sur l'emploi de l'émétique dans le rbumatisme articulaire. Paris, 1827 , n» 40.

f^. De Lagarde. Observations sur l'emploi de l'émétique ù baute dose , recueillies à la clinique de l'bôpilal delà Charité, etc. [Arch. gén.méd. , tom. 4, pag. 481.)

F. P^acquié. Considérations cliniques et physiologiques sur l'emploi du tartre stibié i baute dose, dans le traitement delà pneumonie et du rbumatisme, {Méni. de la société méd. d'émulation . tom. 9, pag. 307.)

Blache. Observations pratiques recueillies à l'bôpital des Enfans. ( Emploi de l'émétique à haute dose ) , insérées dans les Arch. génér. méd. , Septemb. 1827.

J.-B.-H. Dance. Mémoire sur l'emploi du tartre stibié i haute dose. {Arch. génér. méd. , avril et mai 1829. )

ANTIMOINE BIAPHORÉTIQCE.

G. -Tf^. Tf^edel. Diss. de antimonio diapboretico , in-8''. Jens, 1690,

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