APOPLEXIE DE LA RATE
R0PO3ITION XX'VL — La Structure de la rate lu prédispose à V hémorrhagie
spontanée.
Ce que je viens de dire du foie s'applique parfaitement à la rate : ce grand épartement du système capillaire veineu.x abdominal devient très-souvent le ége de fluxions sanguines, surtout par suite derempoisonnement miasmatique îgétal.J'ai donné mes soins à plusieurs malades affectés de fièvres intermittentes, erces ou quartes , qui, à chaque accès, éprouvaient à la rate un gonflement Duloureux, lequel se dissipait immédiatement après l'accès. Un jeune homme, que j'ai traité dans son enfance d'une obstruction de la rate, ai descendait jusqu'à la fosse iliaque et dépassait de beaucoup à droite la ligne édiane, conserve une disposition fluxionnaire sur la rate, telle que le moindre :cès fébrile a pour résultat un développement énorme de cet organe. J'ai incontré plusieurs fois dans l'épaisseur de la rate des foyers apoplectiques ariables pour le volume, sphéroïdes, et dont le sang présentait toutes les ansformations que nous avons indiquées pour le foie et les autres organes ; s rates d'individus affectés autrefois de fièvres intermittentes m'ont présenté fins un ou plusieurs points de leur étendue du sang décoloré , brunâtre, ou ès-cohérent, ou morcelé , des cicatrices brun ocré , des kystes fibreux de ême couleur, trace non équivoque des fluxions sanguines avec déchirure I li OQt eu lieu à une époque plus ou moius éloignée. Je suis persuadé que les
déchirures par fluxion sanguine sont très-fréquentes dans la rate , et bien que cet organe soit en quelque sorte créé pour la fluxion sanguine, bien que ses cellules soient susceptibles d'une dilatation considérable, et que les parois des cellules soient fibreuses ; cependant, on conçoit aisément sa solution de continuité ; il est même probable que , dans quelques cas, la rate doit se déchirer spontanément et le sang s'épancher dans la cavité abdominale. La solution de continuité par fluxion sanguine est bien distincte du ramollissement pulpeux de la rate, dans lequel cet organe est réduit en une sorte de putrilage inodore. J'ai fait présenter deux cas de ramollissement, l'un aigu, l'autre chronique {Analomie pathologique planche 5 , 2" livraison), observes dans deux cas de fièvres rémittentes. M. Bailly en a rapporté en grand nombre d'exemples, parmi lesquels on en trouve deux de rupture de la rate avec épanchement pulpeux dans la cavité du péritoine.
Les efforts violens peuvent- ils déterminer une apoplexie de la rate, de même qu'on les voit produire quelquefois une apoplexie cérébrale? Je suis convaincu qu'à chaque effort le sang reflue en grande abondance dans les cellules delà rate qu'il distend, et que la rupture peut en être la suite. Ce qui rend cette opinion probable, c'est la fréquence des apoplexies de la rate chez le cheval , et notamment chez le cheval de trait. M. Trousseau m'a communiqué , et j'ai présenté à l'une tie mes leçons «ne rate de cheval, dans laquelle existaient plusieurs foyers apoplectiques à divers degrés.
APOPLEXIE DE L UTERUS.
La
Proposition XXVIL — L'utérus di-s femmes âgées est exposé à l'apoplexie, phlébite utérine se complique quelquefois de /"oj-ers apoplectiques.
L'utérus, malgré la densité de son tissu, est sujet à éprouver ces solutions de continuité spontanées avec épanchement , que nous sommes convenus d'appeler apoplexies. J'ai rencontré un petit foyer de ce genre, dans un cas de phlébite utérine (représenté pl. 6, A'^ \ivr. , Jnat. pathol. ) . L'analogie me porte à soupçonner qu'il doit en être ainsi, plus souvent qu'on ne le croit communément, la phlébite ayant quelquefois ce résultat dans d'autres tissus. II serait possible que la fluxion sanguine , nécessaire pour le développement de l'utérus chargé du produit de la conception , eût quelquefois pour effet la solution de continuité avec extravasation sanguine de quelqu'un des points du tissu utérin; ce serait alors une cause d'avortement. La tiiéorie toute seule n'aurait jamais conduit à établir que les apoplexies de l'utérus sont très-fréquentes chez les vieilles femmes; et c'est pourtant ce que l'observation démontre. J'ai fait représenter, pour paraître dans l'une des prochaines livraisons, un utérus qui, dans la moitié interne de son épaisseur, est infiltré de sang coagulé , soutenu parles mailles du tissu utérin, qui ont résisté à la déchirure. Dans un autre cas, j'ai trouvé un foyer de sang considérable, situé dans l'épaisseur del'utérus. J'ignore les symptômes qui avaient accompagné une semblable altération, sur laquelle j'appelle l'attention des observateurs. . ^