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APOPLEXIE DU TESTICULE

Proposition XXX. — Le testicule n'est pas exempt de déchirure spontanée avec hémorrhagie qui constitue une espèce d'hémalocèle .

Indépendamment des foyers sanguins qu'on observe fréquemment dans le testicule , au milieu de la dégénération encéphaloïde h laquelle il est si exposé, le testicule est sujet à des épanchemens de sang spontanés, qui ressemblent exactement aux foyers de sang suite de contusion. Cette hémaloccle acquiert quelquefois un volume très-considérable; la tumeur présente une grsnde dureté; l'absorption du sang se fait avee une excessive lenteur. Ces tumeurs sanguines , remarquables par leur volume qui donne quelquefois au testicule le volume du poing , et même des deux poings réunis, de la tête du fœtus à terme, sont généralement prises pour des saz-cocéles et extirpées comme telles ; et quelquefois,

APOPLEXIE

apozÈmë.

à la dissection, l'erreur de diagnostic continue encore, car ce sang altère , en partie décoloré , peut être pris pour une tumeur encépbaloïde.

APOPLEXIE DE LA PEAU , DES MEMBRANES MDQDETJSES , SEREUSES , DU TISSU CELLULAIRE , ClC.

Proposition XXX. — La peau , h^s membranes muqueuses , séreuses , le tissu cellulaire, sont souvent le siège tV infiltrations sanguines et spontanées qui constituent une sorte d'apoplexie de ces o/-gancs.

La peau devient souvent le siège d'extravasations sanguines sousépidermiques qui constituent des taches violettes, noires , tantôt pétéchiales , lenticulaires, tantôt d'un diamètre considérable , irrégulières, auxquelles on donne trop légèrement le nom de scorbut; car elles se lient quelquefois avec l'état général le plus satisfaisant. Il est une maladie caractérisée par des taches sanguines sousépidermiques, qui surviennent sur une surface plus ou moins étendue du corps ; on la désigne sous le nom de morbus maculosus de Wherloff, de purpura hemorrhagicum. Dans les varioles, surtout dans les varioles graves , on rencontre souvent et des taches sanguines sous-épidermiques à la peau , et des taches semblables dans les membranes muqueuses, et même dans les membranes séreuses. J'en ai rencontré plusieurs fois dans le cas d'entérite foUiculeuse aiguë. Si les membranes muqueuses ne sont pas plus souvent le siège de déchirures et d'extravasations sanguines , c'est à cause de la facilite avec laquelle le sang est expulsé au dehors; ici l'exhalation sanguine remplace en quelque sorte la déchirure.

C'est surtout à ces extravasations sanguines qu'on a donné le nom d'hémorrhagies passives, (^'qj-ez Hémorrhagies.) Quantàmoi, toutes les fois que je rencontre une lésion organique identique, j'accuse une cause locale identique; mais ce travail organique peut coexister avec un état général différeut ; tantôt il y a dépression, tantôt exaltation des forces , force ou faiblesse. L'expérience a prouvé que , dans le premier cas , il fallait des débilitans , et dans le second, des toniques.

Il existe des apoplexies ou des extravasations de sang sous-séreuses, tout-àfait analogues aux taches dites scorbutiques de la peau. Sur le corps d'un épileptique mort pendant une attaque , je trouvai de grandes ecchymoses à la face interne de la dure-mère ; je crus d'abord que ces ecchymoses occupaient cette face interne; mais elles étaient situées entre le feuillet séreux et la dure-mère. Ce cas conduit à ceux d'épanchement sanguin considérable , entre le feuillet fibreux et le feuillet séreux de la dure-mère, épanchement qui est une véritable apoplexie ményugée, et dont j'ai vu deux exemples. On conçoit à peine la possibilité de cet épanchement , vu l'intimité de l'adhérence de ces deux feuillets.

Dans le tissu cellulaire libre, et nommément dans le tissu cellulaire souscutané, il se fait souvent des collections sanguines tout-à-fait semblables à celles qui résultent d'une contusion. Il n'est pas rare de voir se manifester dans quelques points de la surface du corps une extravasation sanguine. Je fus consulté par une dame dont un doigt devint tout à coup bleuâtre, avec engourdissement considérable; je lui dis en riant qu'elle avait une apoplexie du doigt, et cette expression me parait donner une idée exacte de la chose. J'ai vu plus souvent une ecchymose spontanée sous la peau des paupières, et bien plus souvent encore sous la conjonctive, qui quelquefois est soulevée circulairement, mais sans inflammation, comme dans le chémosis. M. Lallemand dit avoir vu, à la suite d'un violent accès de colère ,1e scrotum acquérir tout à coup le volume de la tête d'un enfant et devenir d'un rouge violet : le sang s'était épanché dans les mailles du tissu cellulaire. Laennec raconte qu'il a assisté avec Royer- Collard à l'ouverture d'un homme mort d'apoplexie foudroyante, chez lequel des épanchemens sanguins existaient dans le tissu cellulaire de fous les membres , dans celui du li-onc et dans celui qui entoure la plupart des organes abdominaux (./4î(scj;/f. , t. p. ,H81). J'ai rencontré moi-même, cljez plusieurs épileptiques morts subitement pendant une attaque, le tissu cellulaire du col, de la face, parsemé de véritables ecchymoses , qui supposaient une déchirure du tissu cellulaire.

Mais c'est surtout dans les maladies dites scorbutiques qu'on rencontre ces apoplexies sous-cutanées; il suffît de comprimer un peu fortement une partie pour qu'elle devienne le siège d'une extravasation sanguine. Tous les vaisseaux veineux devenus fragiles se déchirent avec la plus grande facilité ; de là ces larges ecchymoses sur toutes les parties qui supportent le poids du corps.

Proposition XXXII. — Chez un grand nombre de sujets , qui sont hors de V influence des causes du scorbut , on voit survenir tout à coup des collections de sang dans divers organes et quelquefois dans tous les tissus.

Il est une maladie q <i a pour caractère essentiel de déterminer des foyers apoplectiques dans toutes les parties du corps. Cette maladie, connue sous le nom vague de scorbut, peut survenir dans les conditions les plus étrangères à celles qu'on a attribuées aux maladies dites scorbutiques. Elle doit cire envisagée sous un autre point de vue.

J'ai rencontré plusieurs fois dans ma pratique des enfans ou des adultes qui , sans cause connue , présentaient tous les symptômes du scorbut plus grave , symptômes qui s'aggravaient sous l'influence du traitement stimulant généralement conseillé, diminuaient sous celle d'un traitement relâchant et de la saignée, et quelquefois devenaient mortels en peu de jours, sans que rien pût enrayer cette terrible affection.

Mais aucun cas n'est plus propre à éveiller l'attention des observateurs que celui consigné dans le quatrième Bulletin de la Société anatomique (voyez Bibliothèque médicale], et recueilli par M. Robert, l'un de ses membres. lia pour sujet une femtnc qui fut prise d'oppression avec cxpeclorationd une grande

quantité de sang , qui persista douze jours , résista à toute espèce de traitement et se termina par la mort. Une circonstance remarquable , c'est que la malade conserva jusqu'à la fin le bbre exercice de ses facultés intellectuelles et de ses mouvemens. A l'ouverture, on trouva des foyers apoplectiques dans le plus grand nombre de ses organes. Dans le cerveau, à la face supérieure de l'hémisphère droit, foyer apoplectique de quatre à cinq lignes de diamètre, s'enfonçant d'une part dans le cerveau , et soulevant de l'autre les ménynges ; substance cérébrale molle et infiltrée de sang à un quart de ligne de distance. 11 existait çà et là dans l'épaisseur du cerveau des intilirations de sang , les unes très-petites, et en quelque sorte pétéchiales ; d'autres , du volume d'un grain de mil , d'autres enfin du volume d'un pois ; petits épanchemens dans l'épaisseur du cervelet; moelle èpinière et nerfs dans l'état naturel. Les poumons sont parsemés d'une innombrable multitude de tumeurs de volume variable, depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une grosse avelie : les unes saillantes sous la plèvre, les autres contenues dans l'épaisseur du poumon; la base du poumon droit contenait une tumeur du volume de la moitié du poing, soulevant fortement la plèvre ; le foie était farci de tumeurs de même nature; le tissu du poumon était dans l'état naturel, la rate était parsemée de tumeurs semblables ; il y en avait dans l'èpaiseur du pancréas ,dans l'épaisseur du rein , à la surface de l'ovaire, entre les deux feuillets antérieurs du grand épiploon : on en trouva jusque dans l'épaisseur de la mamelle

Ici se borne ce que je m'étais proposé de dire sur la classe si importante de» apoplexies , ou mieux des solutions de continuité spontanées par fluxion saaguiue. En attendant que le mol. apoplexie , comme d'ailleurs tous les mots métaphoriques ou vagues , ait été expulsé de la nomenclature nosologique , ce qui' n'arrivera que lorsque la science sera toute faite , il importe de réunir les maladies analogues par groupes bien déterminés; or quel groupe dont la délimitation soit plus tranchée, quelle famille plus naturelle que celle dont les carac- : lères différentiels se réduisent à ce peu de mots ,Joj-er sanguin spontané ?

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APOPLEXIE DES NOUVEAU-NES. Voyez Convulsions.

APOZEME , s. m. , apozema , de a^o^'vj , bouillir. L'apozème est un composéi) médicamenteux que nous a transmis la pharmacie galenique, accoutumée à entasser les unes sur les autres des substances diverses , dont les propriétés , elle '| l'espérait au moins , se combinant, s'associant et même se modifiant entre elles, ; devaient produire des effets salutaires sur l'économie animale. Ces substances j ^ étaient pourvues tantôt de vertus analogues , tantôt tout-à fait disparates , et les | affinités chimiques auxquelles on avait peu égard venant à exercer leur aclion, , .^^ augmentaient encore les incertitudes du médecin observateur. En somme, dans [ ces bizarres aggrégations , il s'établissait pour ainsi dire une rectification , et les i propriétés du médicament le plus énergique dominaient les autres , de telle sorte que l'on associait presque en pure perle tous les autres ingrédiens. Il est , i^j, presque inutile de dire qu'elles portaient rarement un nom exprimant une niédication simple, et qu'elles étaient pour la pltipart décorées d'emphatiques dénominations.

L'usage des apozèmes est maintenant singulièrement restreint , au moins en France; et. ceux qu'on a cru devoir conserver sont composés conformément aux règles tracées par la physiologie et la chimie. Ces mcdicamens se préparent au moyen de la macération , de l'infusion ou de la décoction de substances vegélales (racines, fleurs, fruits, feuilles), et même de ces trois opérations réunies , suivant la nature des médicamens sur lesquels on doit agir. On ajoute ensuite au produit des sels , des sirops , des extraits , des teintures , etc. On le( donne par des verres et à des heures prescrites, ce qui , indépendamment de l|| leur plus grande énergie , les distingue des tisanes. 1||

Si l'on avait besoin de quelques exemples pour appuyer ce que nous venon

APPETENCE.

APYREXIE.

(jdire, nous les trouverions facilement dans le Codex. L'apozème laxatif se Impose d'une substance active , le sulfate de soude et de quatre autres sub- ; nccs insignifiantes , tant d'une manière absolue que relativement à leur pro- ]rtion , savoir : la chicorée , la bourrache , la buglose et le sirop de violettes. ; décoction blanche n'est autre chose qu'une solution gommo-féculente, sucrée, tisane royale offre deux élémens purgatifs , le séné et le sulfate de soude.

t ce comme adjuvant, comme correctif, ou comme excipient que doivent re considérés les citrons , les semences d'anis et de coriandre , les feuilles de

rleuil et de pimprenelle ?

D'après les opinions médicales dominantes , il est à croire que les apozemes nberont de plus en plus en désuétude, ne fût-ce qu'à cause du dégoût qu'ils ipirent aux malades ; et que les médecins se borneront à prescrire les médi- .m*'ns simples et isolés ; ce qui permet d'en apprécier plus exactement les

(F- Ratier. )

APPAREIL, s. m. , apparatus ; on désigne en chirurgie , sous le nom d'ap- , rcil , l'assemblage de tous les objets dont le praticien a besoin pour exécuter 5 opérations ou les pansemens.

Les appareils d'opération sont tantôt formés extemporanément , quelques stans avant d'agir, et tantôt préparés long-temps à l'avance et renfermés dans ;s boîtes à compartimens disposées à cet effet. Les premiers sont les plus nomeux. Le chirurgien habile doit y rassembler non-seulement tout ce qu'il préit devoir lui être rigoureusement nécessaire dans le cas qui l'occupe , mais core tous les objets dont les dispositions insolites des parties malades , ou les cidens possibles de l'opération, peuvent rendre l'emploi indispensable. C'est qu'on ajoute à la plupart des fils cirés , des pinces à ligature, des scies ou ;s bistouris de rechange , ou qu'on se pourvoit à l'avance de cautères actuels , ; pinces à érigne , de tenailles incisives , de lumières artificielles , etc. Si le chirurgien , et cette pensée doit être présente à son esprit , manque de lelques-uns des instrumens ou des objets accessoires dont il peut avoir ;soin, cette privation lui sera imputée à légèreté ou à imprévoyance, et 5 pérations en seront ou ralenties, ou suspendues, ou rendues plus difliles ; de telle sorte que sa réputation autant que le malade lui-même en • u (frira.

Quant aux appareils disposés pour certaines opérations , telles que celles du epan, delà taille, des amputations, de la cataracte, et autres de même nirc , il suffit d'extraire des boîtes où ils sont placés les instrumens qui les )mportent, de s'assurer de leur bon état, de les disposer sur un plateau, |Uis l'ordre selon lequel on se propose d'en faire usage, et de les recouvrir un linge, afin d'en dérober la vue au malade.

Parmi les appareils instrumentaux dont on se sert le plus fréquemment , étui portatif de chirurgien , ou ce qu'on nomme vulgairement Vétui de arengeot , occupe la première place. Il doit contenir, 1° tout ce qui est écessaire à la plupart des pansemens , comme spatule , ciseaux , pinces à jusement , porte-mèche ; 2" les instrumens destinés aux plus simples exploitions, c'est-à-dire des stylets de diverses formes et grandeur, des sondes eusses , etc. ; 3° enfin un assez grand nombre d'autres instrumens appliibles .aux opérations les plus communes et les plus faciles : tels que les stouris droits , convexes et boutonnes , les sondes cannelées , les lancettes , Stui qui renferme le nitrate d'argent fondu , des pinces à ligature , etc. lepuis quelque temps on y place aussi avec avantage une algalie brisée, ont les diverses pièces représentent, par leur assemblage varié, la sonde de ;3mme, la sonde à ressort de Bellocq, pour le tamponnement des fosses asales, et enfin l'algalie urétrale, droite ou rec«4y;bée , dont on fait usage our évacuer l'urine retenue dans la vessie de l'homme. Il serait à désirer u'on y rencontrât constamment aussi un petit cautère ou roseau, applicable ans une foule de cas peu importans et qui se présentent fréquemment dans 1 pratique.

Les instrumens qui viennent d'être énumérés , ainsi que les appareils variés ont les diverses opérations rendent la préparation nécessaire, seront décrits iix articles consacrés soit à chacune de ces opérations, soit à ces instrumens n particulier.

il en est de même des appareils de pansemens, dans lesquels on doit réunir, on-seulement les instrumens nécessaires à leur exécution, mais encore des lèses , des vases destinés à recevoir le vin ou l'eau - de-vie du pansement nicrieur , une lumière artificielle convenable , à défaut de celle du jour , des iqiiides appropriés aux indications de la maladie, et enfin la charpie, les empresses, les bandes, les attelles, et les préparations pharmaceutiques loiit ou se propose de faire usage. (L. J. Bégiîj.)

APPETENCE, s. (.,appetentia; deappetere , désirer. Ce mot signifie désir. Il lésigne ces modifications inappréciables de l'organisme qui portent vers tels ou c!s objets propres à satisfaire les besoins naturels. En d'autres termes , les appéences sont l'expression des besoins qu cprouve l'organisme dans l'état où il se louve. ( Fbj-ez , Appétit , Ahorexie , Aestikekce , Besoin, Faim).)

<;onsidérées dans le traitement des maladies , les appétences peuvent fournir m médecin des avertissemens utiles , car elles sont déterminées par l'état des hrganes affectés, qui, pour cesser de souffrir, sollicitent automatiquement les jbjets les plus propres à rétablir leur existence normale ; elles font , comme l'a ;rès-bien dit M. Bégin dans sa thérapeutique, partie des symptômes des malalies , et c'est d'elles spécialement que l'on peut direavec M. Broussais qu'elles !ont le cri des organes.

Si les désirs que manifestent les malades étaient toujours de véritables appé-

fences , s'ils étaient toujours inspirés par une sensation interne clairement perçue, s'ils étaient toujours l'expression d'un besoin non équivoque , éprouvé DiCT. DE MÉDECIHE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

par l'organisme, le médecin pourrait les satisfaire sans danger ; il devrait même le faire, quelle que soit la doctrine médicale qu'il adopte , car les sensations qui expriment nettement les besoins de l'économie guident aussi sûrement le praticien que toutes les théories imaginables. Mais il n'en est pas toujours ainsi : les malades manifestent chaque jour des désirs qui sont le résultat de simples combinaisons de l'intellect et de raisonnemens basés sur des chimères. L'un demande à manger, non parce qu'il a faim , mais parce qu'il lui semble qu'une augmentation de forces est le résultat nécessaire de l'ingestion des alimens ; un autre demande à boire, non parce qu'il a soif, mais parce qu'il se persuade que plus il boira plus il délayera les humeurs qui causent sa maladie , et plus vite il s'en débarrassera. Il est évident que dans ces cas, le cerveau exprime des désirs résultant, non des impressions qu'il reçoit des viscères, mais des idées qui lui sont venues du deliors. Le médecin doit donc donner toute son attention à distinguer les véritables appétences, les vrais avertissemens de la nature , qui naissent de l'état présent de l'organisme , de ces désirs fondés sur de faux raisonnemens , car si le bon sens prescrit d'écouter les premiers , la prudence conseille souvent de fermer l'oreille aux seconds.

On reconnaît les véritables appétences en comparant les divers symptômes de la maladie avec l'effet que l'on sait être produit par les substances que désire le malade. On ne doit pas non plus négliger les données que peuvent fournir le caractère de celui-ci , son instruction , ses préjugés. Si un individu , consumé d'une gastro-entérite aiguë, manifeste de l'appétence pour des boissons fraîches et même glacées, il ne faudra, pour voir combien cette appétence est naturelle et justifiée par l'état de l'organisme , il ne faudra , dis-jc , que rapprocher de ce désir la chaleur acre et brûlante de l'épigastre, l'état charbonné ou seulement la rougeur et la sécheresse de la langue, du pharynx, etc. ; si, au contraire , dans ce même état, mais guide par de faux raisonnemens, et dans la vue de faire cesser la faiblesse dans laquelle il est jeté , le même indi" vidu demande du vin ou un aliment apte à réparer les forces , il sera fiicile de déduire de l'examen comparatif des symptômes précités avec l'objet de l'appétence , que l'organisme n'a aucun besoin des objets sollicités , et que le malade est même fort éloigné d'éprouver la sensation interne destinée à exprimer le besoin de ces objets. En résumé donc, les appétences doivent constamment exciter la sollicitude du médecin, parce qu'elles lui fournissent souvent des indications utiles pour le traitement des maladies, l'éclairent souvent sur leur siège , sur leur nature et sur la direction des efforts à l'aide desquels l'organisme tend à les guérir. (Ch. Londe.)

APPETIT, s. m., appetitus ; de appetere, désirer. Tians son acception la plus étendue et la moins usitée, ce mot désigne des sensations diverses qui entraînent l'homme vers les objets propres à satisfaire les besoins de l'organisme. C'est dans ce sens qu'on dit les appélils charnels , Vappélit vénérien. Pris dans sou acception la plus restreinte et la plus commune, le mot appétit désigne spécialement la sensation qui nous avertit du besoin général de restauration qu'éprouve l'économie animale, et de l'aptitude à agir qu'éprouvent une classe particulière d'organes, ceux de la digestion. Le mot appétit ne s'applique ordinairement qu'à la disposition que nous avons à recevoir des alimens solides. L'appétit est l'avant-coureur de la faim ; il en est le premier degré ; il en est distinct en ce cju'il est un état agréable qui promet le plaisir, et que celle-ci constitue déjà un besoin impérieux , pénible à supporter , et qui va bientôt devenir douleur , s'il n'est satifait; il en est distinct, en ce que, plus délicat et plus capricieux que celle ci , il exige pour se réveiller et pour entrer en exercice , une liberté de choix dans les alimens, sur laquelle glisse la faim, toujours moins exigeante sur la qualité que sur la quantité.

Considéré sous le point de vue physiologique , l'appétit est une sensation interne qui se manifeste en l'absence , comme en la présence des objets extérieurs destinés à être mis en rapport avec les organes digestifs. Celte sensation interne est rapportée à l'estomac; il faudrait peut-être en même temps la rapporter aux appareils masticateurs et salivaires , car c'est en, quelque façon, à l'entrée des voies digestives qu'on ressent , avant de rien éprouver vers l'eslo. mac, ce bien-être particulier qui fait désirer des alimens. La locution vulgaire, l'eau en vient à la bouche^ est peut-être plus juste que l'assertion physiologique qui rappporte à l'estomac la seiisasion de l'appélit. Quoi qu'il en soit du siège de celte sensation, c'est elle que la nature a chargée du soin si important de provoquer la préhension des alimens, et d'en régler la mesure. Cette sensation cesse quand le besoin est satisfait. Elle est remplacée par une sensation tout opposée , qui est la satiété , le dégoût. Le degré d'appétit et les époques de son retour varient selon l'âge , le tempérament , les saisons , les climats, les lieux, les professions, la quantité et plus encore la nature des alimens ingérés. Beaucoup de ces objets ayant été traités aux articles Abstikence , Alimeht, Akorexie , ou devant l'être à l'article Faim , nous ne faisons que les indiquer ici pour éviter les répétitions. Considéré sous le point de vue pathologique, l'appétit éprouve plusieurs anomalies, ic Quelquefois, dit » M. Capuron en parlant des femmes grosses, l'appétit se déprave à un tel » point qu'il ne recherche que les substances les plus bizarres et les moins » propres à servir de nourriture , telles que la craie , la pierre broyée , le » charbon, le plâtre, la terre, les araignées, le vieux linge, le sel, et le » poivre, le poisson pourri , les liqueurs f(;rmentées et alcooliques. ». Ces anomalies de l'appétit seront traitées au mot Pica. La perte de l'appétit a été' étudiée au mot Akorexie ; et au mot Appétence , nous avons indiqué d'une manière générale les données que peuvent fournir pour le traitement des maladies , les impulsions instinctives que ce mot désigne. (Ch. Londe.) APPLICATA. rojez Hygiène.

APTREXIE , s. f., aprrexia, «iru/îîfiK , de a privatif, «cj^TiJ; i fi'^vre ,

ARCHEISME.

ARENATION.

absence de fièvre. On nomme ainsi l'état dans lequel se trouvent les malades dans les intervalles qui séparent les accès des fièvres intermittentes , et selon que le calme est plus ou moins parfait, que le pouls et la température de la peau sont plus ou moins rapprochés de Tétat normal, on dit que l'apyrexie est complète ou incomplète.

C'est en général pendant la durée de l'apyrexie que l'on administre les moyens thérapeutiques propres à prévenir le retour des accès des maladies intermittentes. Plus elle est complète, c'est-à-dire, plus l'état du malade se rapproche de celui de la santé, et plus le succès de ces moyens est assuré ; plus il s'en éloigne au contraire, et moins la réussite est probable. 11 arrive même, que des agens d'une efficacité bien constatée lorsqu'ils sont administrés dans un état parfait d'apyrexie, deviennent nuisibles si quelques-uns des symptômes des accès persistent dans leur intervalle. Il est donc de la plus haute importance que le praticien sache bien reconnaître toutes les nuances, tous les degrés de l'apyrexie, pour mesurer l'énergie des médicamens qu'il doit alors employer, ou même faire un choix entre des médications souvent opposées. Mais les considérations dans lesquelles il faudrait entrer à ce sujet, se rattachant tout naturellement à l'étude des maladies intermittentes , nous les y renvoyons pour éviter des redites. ( Vojez FiiivREs iHXEnMiTTEWTEs. ) ( L. Ch. Roche. )

ARABIQUE (Gomme), gummi arahicum . Cette substance provenaitoriginaireraent d'Arabie, comme l'indique son nom , ou tout au moins d'Egypte; mais depuis long-temps on la remplace en très- grande partie par la gomme du Sénégal; il en vient toujours cependant des deux pays nommés d'abord.

La gomme arabique est produite , dans l'Orient comme au Sénégal, par trois espèces d'acacias , qui sont les acacia Sénégal, arabica et vera,àe WiUlenow; mais c'est cette dernière espèce, connue sous le nom àe gommier rouge , qui fournit la gomme la plus belle et la plus soluble. C'est le même arbre dont les fruits donnaient autrefois , par macération dans l'eau , le vrai suc d'acacia d'Egypte, médicament acide et astringent perdu depuislong temps pour la thérapeutique.

La véritable gomme d'Arabie , surtout celle qui est blanche et sèche , jouit d'un caractère particulier qui la distingue de celle du Sénégal : elle est en petits morceaux fendillés et friables , qui du reste sont vitreux et transparens dans leurs fragmens , insipides et entièrement solubles dans l'eau. La gomme du Sénégal est tantôt en larmes dures, peu volumineuses , rondes, ovales ou vermiformes, ridées à l'extérieur , vitreuses et transparentes à l'intérieur, d'un jaune pâle ou presque blanches ; tantôt elle est en morceaux volumineux , moins secs , moins cassans , toujours transparens , d'une saveur douce , d'une couleur jaune ou rouge. Dans les deux cas, elle est entièrement soluble dansl'e.iu, comme la gomme arabique; sa dissolution concentrée est visqueuse, sans avoir la ténacité de la gomme adraganthe; elle rougit le tournesol, se trouble fortement par l'oxalate d'ammoniaque , et forme un précipité blanc par l'alcool.

La gomme arabique et la gomme du Se'négal sont sujettes à contenir quelques autres gommes insolubles dans l'eau en tout ou en partie, et qu'il faut soigneusement en séparer. Telles sont les sortes que j'ai décrites dans YHistoire abrégée des Drogues simples , sous les noms de gomme pelliculée , gomme verte , gomme de Galam , etc.; souvent aussi la gomme arabique coniient de la myrrhe, et celle du Sénégal du bdellium. (Guibouet.)

arachnoïde. Fojez MÉNINGE.

ARACHNOIDITE. Vojez Méningite.

ARCHEISME. On donne ce nom à un système dans lequel les phénomènes physiologiques et pathologiques du corps vivant sont rapportés à un principe appelé archée , mot dérivé de àpxi i signifie à la fois principe , commencement, commandement, primauté. On regarde comme le fondateur de ce système Jean-Baptiste Van Helmont, gentilhomme brabançon , né à- Bruxelles en 1577. Cependant Paracelse, avant '^an Helmont, s'était servi du mot archée pour désigner l'agent qui préside aux phénomènes physiologiques , et , avant Paracelse, Basile Valentin , le véritable inventeur du mot archée , l'avait créé pour exprimer l'agent universel , le feu central qui constituait, selon cet alchimiste, le principe de vie des végétaux.

I. Sans l'archée, qu'il considère comme un principe spirituel , bien qu'il dise qu'il agit d'une manière physique. Van Helmont pense qu'on ne peut expliquer aucune fonction. Cet archée représente r£U(!^//.wvi d'Hippocrate et de Galien , l'ame sentante de Platon, la nature de quelques autres auteurs anciens, tame de Stahl, la force -vitale de Barlhez et de Chaussier, les propriétés vitales de Bichat et de son école. Son siège est, suivant Van Helmont, dans l'estomac : c'est de là, c'est de cette espèce de trône que l'archée , ce roi de l'économie , dirige tous les phénomènes organiques. Van Helmont attribue une grande importance à la rate, laquelle , réunie à l'estomac , constitue une sorte de duumvirat. C'est à l'aide d'un élément matr'riel appelé ferment cjue l'archée exerce toutes ses opérations. Cet archée est doué de volonté et d'intelligence ; il s'effraie , il éprouve des accès de colère , etc. Bien qu'il ne paraisse pas attacher un grand prix à la connaissance de la structure des parties pour l'explication des phénomènes , Van Helmont regrette cependant que la partie pathologique de l'anatomie soit si peu cultivée.

II. Ce médecin trouve la cause prochaine des maladies dans les souffrances, la colère , la frayeur et les autres affeclions de l'archée. Prenant la fièvre pour exemple, il fait remarquer que les causes de cette maladie sont toutes plus propres à offenser l'archée qu'à déranger la structure des parties. Toutes les fièvres ont leur siège , selon Van Helmont, dans le dummvirat organique indiqué tout à l'heure , c'est-à-dire dans l'estomac et la rate. La période du froid, dans ces maladies, provient de la frayeur de l'archée, et lorsque, revenu de celte frayeur , il réagit par des mouvemens désordonnés , on voit se manifester le stade de chaleur. Quant à l'inflammation , elle est due à une

irritation qui allire le sang , irritation que Van Helmont désigne sous le nom A'épine , parce que , en effet, la cause irritante, quelle qu'elle soit, parait agir à la manière d'une épine enfoncée dans les chairs. Prenant ensuite la pleurésie pour exemple , Van Helmont attribue l'épine , c'est-à-dire l'irritation , tantôt aux affections de l'archée , tantôt à l'air inspiré. C'est en envoyant des acides sur la plèvre que l'archée irrité détermine l'inflammation de cette membrane.

III. D'après ce qui vient d'être dit , ou prévoit en quoi devait consister principalement la thérapeutique de Van Helmont. Calmer l'archée, le stimuler, en régulariser les mouvemens, tel devait être et tel était en effet le but de la thérapeutique de cet illustre sjslématisle. C'est ainsi que, dans ce cas, comme dans tous ceux du même genre, on voit, selon l'expression de Bichat, les systèmes pathologiques refluer sur la thérapeutique , et la marquer profondément de leur sceau. Van Helmont comptait beaucoup sur la diététique , et comme il avait fait de son archée une personne intelligente et irascible, il n'est pas étonnant qu'il ait ajouté foi au pouvoir de l'imagination et de certaines paroles dans la guérison des maladies. Il employait cependant quelques médicamens, non qu'il leur reconnût la propriété de rétablir directement les dérangemens organiques , mais parce que ceS médicamens étaient agréables ci l'archée. C'est d'après ce principe que dans les fièvres , lorsque l'archée est en délire, il ordonnait les mercuriaux , les anlimoniaux, l'opium et le vin. Les goûts de l'archée ont sans doute beaucoup changé depuis Van Helmont; car il se révolterait souvent aujourd'hui contre les mêmes substances qui lui étaient autiefois si agréables. Non-seulement Van Helmont considérait la saignée comme inutile , mais il pensait encore qu'elle pouvait être nuisible, en diminuant la masse de l'esprit vital, dont le sang est le réservoir. Ce célèbre médecin paya cher son horreur pour la saignée, s'il était vrai , comme Guy- Patin le prétend , qu'il mourut frénétique pour n'avoir pas consenti qu'on le saignât dans une pleurésie violente dont il fut atteint. Mais il paraît que le récit de Guy-Patin manque d'exactitude , puisque François Mercurius , fils de Van Helmont , déclare que son père expira en pleine connaissance, après l'avoir chargé du soin de publier ses écrits.

IV. Il n'est pas besoin de s'appesantir sur l'imperfection et les erreurs du système dont nous venons d'offrir un aperçu rapide; mais ce qu'il importe de ne pas perdre de vue , c'est que ces erreurs et cette imperfection portent l'empreinte ineffaçable de l'époque à laquelle florissait Van Helmont. Quelque puissant que fût le génie de cet homme célèbre, il ne pouvait secouer enti'erement le joug des préjugés de son siècle , et produire autre chose qu'un système oû l'on vît respirer encore les idées mystiques, et pour ainsi dire l'esprit expirant du moyen âge. Dépouillez l'archéisme de sa forme ontologique et mystique; substituez, par exemple, le mot puissance nen>euse à l'être idéal créé par l'imagination de Van Helmont sous le nom d'arcliée, et vous obtiendrez le système de plusieurs physiologistes modernes. C'est ainsi que l'esprit humain , dans le cours de sa longue évolution, représente les mêmes idées sous des formes différentes , mais tend éternellement à rapporter la cause prochaine des phénomènes observés à des êtres réels ou imaginaires. Dans l'enfance des sciences naturelles, qui n'est autre chose que la sienne propre, cet esprit humain personnifie, surnaluralise, divinise pour ainsi dire toutes les causes des phénomènes : c'est alors le règne de tous les genres de superstition. Parvenu à une époque plus avancée de son développement, ce même esprit humain suit une autre marche: ij remplace les causes surnaturelles par les causes physiques , juge de la diffcreiice de celles-ci entre elles par la différence de leurs effets, et s'applique surtout à l'exacte observation et à l'analyse des corps sur lesquels ces causes déploient leur énergie. A cette époque , qui est la nôtre, la forme philosophique, triomphant de la forme mythologique ou superstitieuse, répand ses vives clartés sur toutes les sciences naturelles , dont elle change pour ainsi dire la face.

Je ne dirai rien de la thérapeutique de Van Helmont. Que peut être la thérapeutique, rationnellement parlant, quand on ignore et le siège et la nature du mal? Qu'est-elle enfin, lorsqu'elle se propose pour objet de régler les passions et les caprices d'un être dont l'imagination fait presque tous les frais ? ( l^oj-ez Animisme , Vitalisme. ) ( Bouillaud. )

ARENATION , s. f., de arena^ sable, pratique qui consiste à envelopper de sable chaud le corps , ou une partie du corps. Dioscoride et Galien ont proposé l'arénction contre l'hydropisie ; Hérodote, contre la goutte; Avicenne, contre l'asthme et la surabondance des fluides séreux. L'arénation est assez négligée de nos jours : on ne l'emploie que localement pour entretenir la chaleur dan» un membre dont on a lié l'artère principale , si tant est que celui-ci soit aussi susceptible qu'on le répète de se refroidir. Quand on redoute cet effet, l'arénation se pratique en plaçant le sable chaud dans des sachets qu'on renouvelle à mesure qu'ils perdent leur chaleur. Mais le sable présente l'inconvénient de causer trop de pesanteur, de laisser échapper trop facilement le calorique qu'on lui a communiqué. On remplace cette substance avec avantage par le son , la balle d'avoine, les oreillers échauffés. On conseille l'arénation dans les maladies du système lymphatique. Ce moyen , qui n'est qu'un mode d'application du calorique sec au corps , et qui excite vivement la peau , sans avoir, comme les stimulans internes, l'inconvénient d'irriter les membranes muqueuses, gastro-intestinales, peut être employé avec succès dans les affections lymphatiques assez avancées pour ne plus permettre aux enfans les exercices actifs; l'arénation peut encore être mise en usage dans l'asphyxie , et comme , dans ce cas , l'efficacité des moyens thérapeutiques dépend de la promptitude avec laquelle ou les emploie, on peut substituer au sable, qu'on n'a pas toujours sou» la main, une substance pulvérulente quelconque, comme la cendre, le plâtre, etc. Avantde terminer cet article, disons que, dans les maladies où l'application de la chaleur sèche au corps est indiquée, il serait à désirer qu'on pût

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ARGENT. (331

Substituer à l'arénation un procédé analogue à celui par lequel on administre ujourd'huiles bains de vapeur, c'est-à dire qu'on employât un appareil qui renfermât tout le corps, la tête exceptée, et le soumit, sans s'opposer à la respiration d'un air pur et frais , à une chaleur sèche de 40 à 45 dégrés apportée au moyen de tuyaux, qui s'ouvriraient sous l'appareil. Par ce moyen qui n'aurait pas l'inconvénient de l'étuve sèche des Turcs, puisqu'on préserve les poumons de airembrasé et chargé des émanations des corps, l'arénation serait parfaitement Remplacée. (Ch. Londe.)

ARGENT , ar§entum ; métal blanc, trés-éclatant , très-mallcable et trèsductile ; il pèse 10,47, est inaltérable à l'air , et presque inaltérable au feu ; il be fond qu'au-dessus de la chaleur rouge. Il n'est employé en pharmacie que sous la forme de feuilles battues, trcs-minces et légères, pour argenter les pilules, pour préparer le nitrate d'argent cristallisé et fondu. (Guibourt.)

ARGENT (Nitrate d'). Ce sel est employé sous deux formes, cristallisé et fondu.

j Le nitrate d'argent cristallisé s'obtient en faisant dissoudre dans un matras, et à l'aide d'une légère chaleur , une partie d'argent pur, ou de coupelle , dans deux parties d'acide nitrique également purifié. On fait évaporer et cristalliser, ;t l'on purifie le sel par une nouvelle solution dans l'eau distillée , suivie d'une econde cristallisation.

Le nitrate d'argent cristallisé est en lames minces , très-larges , incolores et ransparentes ; il offre une saveur acre et caustique. Il est soluble à froid dans Urtie égale d'eau ; il forme avec la potasse caustique un précipité gris jaunâtre k'oxide d'argent, et avec l'ammoniaque un précipité jaune passant au noir, fa-ès-facilement soluble dans un excès de cet alcali. Il donne par l'acide hy- Irochlorique un précipité blanc de chlorure d'argent , qui est insoluble dans 'acide nitrique et soluble dans l'ammoniaque; il précipite en noir par l'acide iiydrosulfurique et les hydro sulfates ; il forme sur le cuivre une tache blanche jui résiste au feu ; enfin il noircit la peau et la plupart des matières organiques, i Le nitrate d'argent fondu , connu anciennement sous le nom de pierre iriferlale , s'obtient en exposant à la chaleur, dans un creuset, le nitrate cristallisé. !;0rsque la fusion est parfaite et tranquille on verse la matière dans une lingoière formée de plusieurs cylindres creux , préalablement chauffée et graissée. }u en retire le nitrate lorsqu'il est solidifié , on l'essuie avec un linge et on le ;onserve dans un flacon bouché.

Le nitrate d'argent fondu est ordinairement coloré en gris-noirâtre , surtout i l'extérieur, en raison de l'action du sel sur le corps gras qu'il le recouvre. Il bffre une structure rayonnée à l'intérieur ; il se dissout facilement dans l'eau , *t présente alors les mêmes caractères que le nitrate cristallisé. (Gbiboi'rt.)

ARGENT (Nitrate d'). [Thérapeutique .) Ce produit chimique agit sur l'écolomie animale , à la manière des poisons corrosifs; il enflamme et cautérise [es parties avec lesquelles on le met eu contact, pour peu qu'il soit en dose luffisante : et, cet effet, il le produit également , soit qu'il ait subi la fusion , oit qu'on l'emploie cristallisé et dissous dans l'eau. Lorsqu'on l'administre à 'intérieur à des doses réfractées et distribuées de telle sorte qu'il ne suscite j|)as d'effet primitif bien sensible, il se manifeste un phénomène assez singulier \l dont l'explication est encore à trouver : c'est la coloration de la peau en noir erdàtre , coloration qui persiste après qu'on a cessé l'usage du nitrate d'argent, ■t qui, d'ailleurs, ne commence à se manifester que quand le médicament a lé continué pendant un temps assez long. Il est bon de rappeler , en outre , [ue cette couleur noire de la peau a quelque chose de spécial , et qu'elle ne essemble pas à la nigritie accidentelle qui s'observe chez les sujets qui ont angui dans le dénûment.

Quoi qu'il en soit , parmi les applications thérapeutiques du nitrate d'argent, |:es unes sont rationnelles et les autres empiriques.

j Dans la première se range son usage externe comme caustique et calhéréique. Sa forme solide (nitrate d'argent fondu) le rend extrêmement commode )our toucher les plaies superficielles, les dartres siégeant sur la peau ouïes jnembranes muqueuses extérieures , pour tous les cas enfin où l'on a besoin [l'un caustique dont on puisse facilement limiter l'action. Aussi est-ce la forme ous laquelle il est le plus communément , et l'on pourrait dire , à peu près ex- :lusivement mis en usage.

[ Quant à son usage interne , il a été conseillé contre les hydropisies , ce qui (tarait inconcevable , et contre les vers intestinaux. Ou comprend mieux, sans loute , comment il peut empoisonner les entozoaires ; mais on pourrait trouver m moyen d'agir sur eux , qui fit courir moins de risques aux organes qui les ontiennent. Enfin , il a surtout été vanté contre l'épilepsie (voyez ce mot), et nns qu'on puisse se rendre compte des motifs qui ont amené les premiers essais, li des résultats qu'on en peut obtenir, si l'on en croit quelques auteurs. Mais, i l'on s'en rapporte aux travaux les plus récens et les 'plus impartiaux , on sera eu porté à employer ce moyen , dont les avantages sont trop contestables et es dangers trop évidens , pour qu'un praticien consciencieux veuille prendre ur lui de renouveler de pareils essais. Les causes de l'épilepsie sont trop peu Connues, sa marche et sa durée sont trop incertaines pour qu'on puisse se latter d'avoir quelque chose de concluant à ce sujet. La guérisoii, quand on ■st assez heureux pour l'obtenir, est plus souvent l'œuvre de la nature et du ijemps que le résultat des efforts de la médecine; et les chances graves qu'on jait courir au malade par l'usage d'un poison aussi violent , n'ont pas une compensation suffisante dans l'espoir de la santé. Qu'on ne se le dissimule pas, des |aits malheureux ont montré tous les inconvéniens de cette méthode; l'ouverlure des corps a montré des lésions profondes qui en étaient évidemment le résultat , et ces faits doivent inspirer la plus grande réserve à ceux qui seraient entés d'entreprendre de nouvelles expériences à ce sujet. Disons cependant,

ARGENT

pour être exacts , et présenter aux praticiens toutes les pièces du procès, que l'usage peut en être continué assez long-temps , sans qu'il survienne d'accidens graves. Y aurait-il quelque chose d'analogue à ce qui se passe dans l'administration de l'émétique à haute dose ? Les faits ne sont ni assez nombreux ni assez bien constatés pour décider la question.

Le nitrate d'argent destiné à l'usage externe est ordinairement solide , et en forme de lingots. Placé dans une sorte de porte-crayon qui est reçu dans un étui, et qu'on nomme porte-pierre, il se trouve dans toutes les trousses de chirurgien. Quelquefois aussi , ou emploie le nitrate d'argent cristallisé et dissous dans l'eau, dans la proportion d'une partie sur vingt; on y trempe un petit pinceau de charpie, avec lequel on touche légèrement les ulcères de mauvais aspect. Cette solution est aussi employée en injections contre la blennorrhée, mais alors en en met seulement un grain dans six onces d'eau. On a également prescrit à l'intérieur la dissolution de nitrate d'argent dans l'épilepsie et les affections convulsives, les hydropisies et les maladies vermineuses ; mais l'usage de le donner en pilules a généralement prévalu. Plusieurs formules ont été proposées, et l'on remarque que le plus grand nombre ajoute au médicament principal l'opium , le musc, le camphre et la belladone : nous n'avons pas besoin de faire ressortir le vice de cette aggrégation. Les pilules dont on s'est le plus servi en France étaient faites de nitrate d'argent et de mie de pain, de manière à contenir un vingtième de grain de sel ; on en donnait d'abord une par jour , puis deux, trois, etc., suivant que les malades les supportaient plus ou moins bien. Cette manière de donner le nitrate d'argent serait la plus convenable, en ce qu'elle le présente sans mélange capable d'induire en erreur sur la part qui lui appartient, dans les effets salutaires ou fâcheux qu'on observe. Il est convenable que le sel soit bien divisé, et ce serait une coupable imprudence que de le donner en fragmens, simplement enveloppés dans du pain à chanter, ainsi qu'on le faisait, dit-on, autrefois, dans un grand établissement où l'on a fait de nombreuses expériences sur l'usage interne du nitrate d'argent.

V (F. Ratier.)

ARGENT et ses préparations , envisagés sous le rapport médico-légal. — L'argent n'est pas vénéneux par lui-même, et parmi les composés qu'il forme , un seul , le nitrate d'argent , possède des propriétés corrosives énergiques. La facilité avec laquelle on se le procure et l'usage journalier que l'on en fait nous engagent à entrer dans quelques détails sur ce composé. Nous ferons précéder son histoire des caractères essentiels du métal qui en fait partie, sa présence étant le plus souvent indispensable pourdonner la preuve de l'existence de ce sel.

Argent. — Solide , d'un blanc mat, soluble avec effervescence dans l'acide nitrique, même à la tempérance ordinaire, et se transformant en nitrate liquide, incolore, ou dont la couleur verdàtre disparait par l'addition d'un peu d'eau distillée.

Nitrate d'argent. — On le trouve dans le commerce sous deux formes différentes : 1° cristallisé en lames hexaédriques , demi-transparentes , incolores et inodores ; 2» en cylindres d'un gris noirâtre, friables, dont la cassure est lamelleuse , portant alors le nom de /7j'er; e iVï/èrna/<?. Cette substance , mise sur un charbon ardent, en accélère fortement la combustion, et y laisse une couche blanche d'argent mat. Dissoute dans l'eau , elle doflne avec la potasse ou la soude un précipité olive (oxide d'argent) , soluble dans l'acide nitrique et dans l'ammoniaque. Traitée par un liydrochlorate soluble ou par l'acide hydrochlorique , elle précipite en blanc; le dépôt (chlorure d'argent) est caillebotté, lourd, insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique à froid, et même dans l'acide nitrique bouillant, soluble dans l'ammoniaque. Si on l'expose à l'air, elle devient violette et peut même noircir; les liydrosulfates et l'acide hydrosulfurique gazeux ou dissous dans l'eau, la précipitent en noir (sulfure d'argent); l'arsénite do potasse en jaune serin (arsénite d'argent). Enfin l'acide sulfurique en dégage des vapeurs blanches d'acide nitrique; toutefois, ce phénomène n'est sensible que dans les cas où l'on agit sur ce sel à l'état solide; il cesse de se produire pour peu que le nitrate soit dissous dans une quantité un peu notable d'eau.

Tous ces caractères sont propres à déceler la présence du nitrate d'argent, mais en général il faut, en médecine légale , obtenir le métal, élément nécessaire du poison. Or le réactif le plus sensible du nitrate d'argent est l'hydrochlorate de soude; il peut en démontrer des atomes dans une liqueur, quelque étendue qu'elle soit; aussi est-ce dans le précipité qu'il forme avec cette substance que l'on doit rechercher l'argent. M. Orfila a conseillé d'introduire ce précipité dans un creuset avec delà potasse, et de calciner au rouge, de traiter le résidu par l'eau , et alors le métal apparaît au fond du vase sous la forme d'une couche d'un blanc mat. Ce procédé peut être employé avec avantage, je lui préfère cependant le suivant, attendu que des quantités infinement petites de chlorure d'argent peuvent fournir des traces évidentes de métal. J'ai été conduit à l'employer en réfléchissant au mode d'analyse de M. Turner, àl'égard du sulfure d'antimoine. ( ^oj-ez Antimoine, art. Emétique.) Le procédé de M. Turner est basé sur l'affinité de l'hydrogène pour le soufre, et celui-ci sur celle de l'hydrogène pour le chlore. On introduit donc le chlorui e d'argent desséché dans le tube principal de l'appareil et l'on y fait passer un courant d'hydrogène. Le chlorure d'argent resté blanc, ou devenu violet par le contact de l'air, acquiert bientôt une couleur jaune serin par la chaleur, puis il entre en fusion et prend une teinte rougeâtre assez analogue à celle de la litharge; cette teinte s'afi'aiblit de plus en plus , et une couche blanche d'argent est mise à nu. Les résultats de cette expérience sont extrêmement beaux , et je ne crains pas d'avancer que des fractions de grain peuvent facilement fournir une couche très-évidente d'argent métallique , parfaitement isolé , dans un tube à parois transparentes. {V oyez, pour les détails des opérations , l'article Émétiqde.) Je recommande seulement de faire passer un courant d'hydrogène aussitôt que

ARGENT

le chlorure est entré en fusion. ) On doit traiter la couche d'argent par l'acide nitrique, pour la dissoudre, et par un hydrochlorate pour reproduire le chlorure.

Ce poison mêlé à du vin lui fait perdre de sa transparence et le rapproche un peu de la lie ; cependant il peut encore être donne dans ce liquide, attendu qu'immédiatement il n'altère pas assez ses propriétés physiques; je me suis assuré que plus le contact de ces deux corps était prolongé , plus le vin se décolorait, en même temps qu'il s'y formait un dépôt violacé entraînant avec lui la matière colorante. Il arrive même une époque où la décoloration est complète. Analyse. Si la quantité de nitrate d'argent mêlé au vin a été assez notable, il est encore possible , après huit mois de séjour du poison dans cette liqueur , de constater sa présence à l'aide de la potasse , des hydrosulfates solubles et de l'arsénite de potasse; on devra donc se conduire comme on le fait à l'égard d'une dissolution simple de nitrate d'argent; que si l'on n'obtenait pas à l'aide des réactifs la preuve de son existence , il faudrait recueillir le dépôt dans une petite capsule de porcelaine , le traiter par l'acide nitrique qui dissoudrait le tartrate d'argent et la matière colorante, et laisserait à nu le chlorure. La partie soluble devrait être étendue d'eau , décolorée par le charbon animal et traitée par l'hydrochlorate de soude; il se formerait un précipité blanc qui , réuni à la portion non dissoute , serait décomposé , comme nous l'avons dit à l'article Nitrate d'argent pur.

Cette substance, mêlée à d'autres liquides végétaux ou animaux, esttoujoufs altérée par eux en vertu des hydrochlorates qu'ils renferment; aussi est-elle décomposée, en partie , par du lait, du café, du thé, et par le liquide qui résulte de la sécrétion des membranes muqueuses. Les recherches propres à déceler sa présence consistent à filtrer des liqueurs qui peuvent le contenir, de manière à séparer toute la portion décomposée et à constater, dans le liquide obtenu , le nitrate d'argent, à l'aide des réactifs ordinaires. Mais souvent cette analyse fournit un résultat négatif, soit que la quantité d'hydrochlorates contenus danslesliquidesaitété assez considérable pour décomposer complètement le poison, soit que du sel marin y ait été mêlé accidentellement. Tel serait, par exemple , le cas où un individu aurait été empoisonné par cette substance, et à qui l'on aurait fait prendre de l'eau salée dans le but d'arrêter ses ravages.

C'est donc au milieu de la matière animale , comme dans le lait et dans les alimens introduits dans l'estomac, ou même dans les parois du canal digestif, qu'il faut retrouver le nitrate d'argent transformé en chlorure. A cet effet M. Orfila conseille de recueillir ces matières, de les dessécher et de les introduire dans un creuset avec de la potasse, de chauffer ensuite jusqu'à calcination complète. L'argent est mis à nu et forme , au fond du creuset , une couclie blanche. Cependant, ajoute-t-il, si le métal n'avait pas été parfaitement isolé pour être aperçu, et qu'il fût disséminé dans la masse, il faudrait traiter le résidu par l'eau et agiter le mélange; les portions métalliques, plus lourdes que le charbon, se déposeraient les premières; on les recueillerait, on les traiterait par l'acide nitrique, même à chaud, et l'on obtiendrait une liqueur, nitrate d'argent, dont on constaterait la nature à l'aide des réactifs ordinaires. Ce procédé peut être^mploy^: avec succès. Il en est, je crois, de même du suivant que je propose. J'ai reconnu que l'acide hydrochlorique avait une propriété fort remarquable , celle de dissoudre les matières animales liquides et les parois du canal digestif, avec une facilité extrême. Or, cet acide ne dissolvant pas le chlorure d'argent, je conseille de prendre toutes les matières solides contenues dans l'estomac et même les parois de cet organe, de les traiter par de l'hydrochlorate de soude afin de décomposer le nitrate d'argent qu'elles peuvent encore retenir , et de les séparer de tout liquide par la fîltration ; de les introduire dans une capsule de porcelaine et de les faire bouillir jusqu'à dissolution complète, dans de l'acide hydrochlorique. On obtient une liqueur trèssolubledansl'eau, et le chlorure d'argent, insoluble dans l'acide liydrochlorique, reste au fond du vase; ce précipité sera recueilli, desséché et introduit dans un tube pour le décomposer par l'hydrogène , ainsi que noiis-l'avons dit.

Le nitrate d'argent exerce une action énergique sur l'économie animale. Quoique plusieurs cas d'empoisonnement par ce corps aient eu lieu, la science ne possède pas leurs observations détaillées. L'administration récente de cette substance pour combattre Tépilepsie , a donné lieu à des accidens graves, et dans quelques cas elle a causé la mort des malades, quoiqu'à une dose excessivement faible. Le silence des médecins , sur les suites fâcheuses de cette médication, nous force à emprunter à des expériences sur les chiens les symptômes qui caractérisent cette sorte d'empoisonnement. M. Orfila ayant fait prendre à deux de ces animaux , 12 , 20 et 30 grains de ce sel, des souffrances horribles , des cris plaintifs , une difficulté extrême de la respiration ont été les suites immédiates de l'ingestion du poison; un étatd'abattement est survenu, et il a augmenté graduellement jusqu'au moment de la mort. L'estomac offrait, à l'ouverture du corps , une coloration d'un noir de jayet dans presque toute son étendue ; certains points de la membrane muqueuse étaient détruits par l'action escarrotiquc du poison ; tout le tube intestinal était enflammé. Dans quelques cas , les lèvres , l'intérieur de la bouche , l'œsophage, l'extrémité des doigts pourront ofl'rir une pareille coloration. Cette substance ne parait pas être absorbée.

L'administration du nitrate d'argent, à faible dose, développe des symptômes particuliers qui ont été indiqués dans l'article Thérapeutique de ce médicament. Qu'il nous soit permis d'exprimer nos regrets qu'un parail moyen curatif soit employé à l'état pilulaire. Nous ne saurions trop recommander aux praticiens de prescrire des mixtures Ircs solubles dans l'eau , et de faire prendre aux malades une grande quantité de ce liquide , immédiatement après l'ingestion de la pilule. On a vu des perforations survenir par suite du séjour de ce sel sur ufi seul point de l'estomac.

ARNICA. i

La médecine possède un antidote puissant dans les hydrochlorates de soude ! i de magnésie, de potasse, etc. Ces substances , très-solubles dans l'eau, légè- i ' rement purgatives , décomposent le nitrate d'argent aussi rapidement qu^un 1 ] alcali se combine avec un acide, etle transforment en chlorure d'argent insoluble, I ' sans action sur l'économie. Le médecin appelé à donner des soins à un malade ( j devra donc prendre du sel de cuisine , le dissoudre à froid dans de l'eau , et j | en administrer deux ou trois onces sans crainte de produire d'accidens ; il dé- ! i terminera ensuite l'expulsion des matières contenues dans l'estomac , et com'- i ■ battra les symptômes inflammatoires qui se développeront par la suite.

(Alph. Devergis.) \

ARISTOLOCHE, or/iïo/ocAta , gynand. hexand. Likn. aristolochées Juss. i Cette plante dont il existe plusieurs variétés a depuis long-temps perdu la ré- | putation qu'on lui avait faite , et dont on ignore l'origine ainsi que les motifs. ( Elle était considérée jadis, son nom le témoigne encore, comme exerçant uue i action spéciale sur l'utérus, action stimulante qui en augmentait l'exhalation: en un mot , on la croyait propre à susciter l'écoulement des lochies , à l'entre- j tenir et à le rétablir lorsqu'il avait cessé. L'expérience clinique est loin d'avoir j confirmé la haute opinion que les anciens avaient de cette plante, qui . maintenant, est reléguée dans les officines , et presque universellement condamnée à un juste ovibli. |

Ses propriétés physiques sont peu prononcées ; elle est amère et un peu aromatique ; mais elle ne possède pasces qualités à un plus haut degré qu'elles nê ; se trouvent dans une foule d'autres plantes analogues. D'ailleurs l'analyse ' chimique n'y a révélé aucun principe plus énergique.

L'aristoloche ne se trouve donc mentionnée ici que pour signaler l'erreur ! grave où sont tombés les auteurs anciens qui la regardaient comme très -efficace, i \ et pour avertir les praticiens de ne pas compter sur elle dans le moment du ; besoin. C'est une chose fâcheuse , plus qu'on ne pense , que l'exagération avec yt \ laquelle certains auteurs parlent des médicamens ; et c'est rendre service aux \ j praticiens que de leur donner, sans prévention favorable ou contraire , la Ij mesure de ce qu'ils peuvent eu attendre. (F. Ratier.) A

ARMOISE, arleinisia vulgaris , syngénésie superflue Linm. corymbifère? JcssiEu. I

Cette plante, dont on emploie les sommités fleuries et la racine , a des pro- |i priétés analogues à celles de l'absynthe ( voyez Absykthe) , et peut être employée aux mêmes usages; elle est moins amère et moins aromatique. Ses j| vertus ont été de même exagérées par les auteurs qui ont rapporté des obser- 'ji valions d'épilepsie guérie par son emploi. Le moindre examen suffit pour ^( montrer le peu de fondement de ces assertions. Les médecins qui en vantent j l'efficacité dans ce cas , semblent n'avoir pas réfléchi que les moyens accès- 1 soires qu'ils ont employés avec l'armoise, peuvent aussi bien que cette sub- J stance réclamer l'honneur de la guérison. S'il était besoin d'administrer la I preuve de cette manière de voir, nous la trouverions dans une observation es- " traite du Journal d'Hit/eland , septembre 1827. Pour peu qu'onTcxamine avec j< quelque attention, il sera facile de voir quelle confiance des faits semblables peuvent inspirer. Voici le fait; il nous paraît plus instructif et plus concluant Ijj que de longs raisonnemens. Une jeune folle, faible et hystérique , souvent ex-; j posée aux intempéries de l'air , rentra un jour trempée par la pluie, et trouva jj sa sœur dans des convulsions épileptiques. Elle perdit aussitôt connaissance et j; eût un accès d'épilepsie ; depuis ce temps, des accès pareils se répétèrent et l| durèrent quelquefois une heure et même jusqu'à deux. Le médecin , ayant jj d'abord employé sans succès la racine d'armoise , eut recours aux vomitifs et , aux frictions avec la pommade stibiée, sur la région opigastrique. Sons l'in- Ij fluence de ce traitement les accès devinrent moins fréquens. L'usage de la j racine fut alors reprisa la dose d'un gros tous les jours ; ce médic ament fut jl donné pendant huit jouis seulement , et les accès ne reparurent plus. L'auteur I ajoute les reflexions suivantes : Yartemisia -vulgaris ne guérit pas tous les épileptiques. Dans quelques cas elle a échoué complètement , et dans d'autres elle | n'a fait qu'améliorerl'état du malade. On obtient souvent des résultats très-satisi j faisans en combinant l'usage de ce médicamentavec ce'uides antiphlogistiques, des vomitifs , etc. , suivant que l'état du malade semble indiquer les uns ou i j les autres.

Cette observation , très-incomplète, ne nous semble rien prouver en faveur ! du médicament. En effet, une cpilepsie , produite accidentellement par k \'\ frayeur et l'imitation , est , de l'avis de tous les médecins , de l'espcces la plus «1 curable. Que croiie d'un médicament qui échoue fréquemment ou ne fait que B] diminuer les accès qui, tout le monde le sait, diminuent souvent d'eux-mêmes, enfin, qui a besoin d'être aidé parle traitement débilitant ou révulsif , qui ffl sont souvent employés avec succès sans l'iiiterveution de lartemisia vulgaris? Un médecin allemand a conseillé d'administrer la racine d'airaoise dans de U il| bière chaude. On ne voit guère ce que cette mclhode peut avoir de plus avan- pi tageux pour les doses et le mode d'administration. (/^ o^es AsivisTHE.) (F. Ratie».) |1

ARNICA ,arnica montcina, arnique; bétoine de montagne, tabac des Vosges , 9 plantain des Alpes. Panacœa lapsnrum. 1

Cette plante, commune dans les pays montueux , présente une racine bru- ,] nâtre et fibreuse, et des fleura radiées d'un beau jaune. L'une et les autres ji sont employées en médecine ; mais par une singularité qui n'est pas sans d« ^ nombreux exemples, la racine , qui est douée de propiiétés plus actives , es» h moins usitée que les fleurs. Ces dernières ont uue odeur aromatique et pi- j quaulc qu'on retrouve également dans toutes les autres parties duvégétal, elqu» j| provoque réternûment ; aussi dans quelques endroits l'a-t-on substituée au j tabac. La saveur en est chaude, acre et amère, un peu nauséabonde, mai» 1 sans présenter de caractère spécial. |,'

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