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ARRACHEMENT

On ironve dans les fleurs d'arnica, d'après MM. Lassaigne et Chevalier, ic résine ayant l'odeur d'arnica; une matière amèrc, nauséabonde, tr'csalogue à la cytisine ; une matière colorante jaune, de l'acide gallique , de Ibumine, delà gomme et difiërens sels en petite proportion. Elles cèdent :ilement leurs principes actifs à l'eau et à l'alcool.

Les effets de l'arnica sur l'économie animale sont tels qu'on peut les ai tendre jprès la connaissance des élémcns qui la composent. Portée dans l'estomac, le exerce sur cet organe et sur le canal intestinal une excitation directe , inifeslée par des nausées, des vomissemens, de la cardialgie , des coliques des évacuations alvines. En outre , le cerveau parait en ressentir l'impresm secondaire , et l'on observe chez les personnes qui en font usage une (phalalgie plus ou moins prononcée, des vertiges, des mouvemens spasmoques. de la dyspnée, etc. Cependant, pour que ces phénomènes aient lieu, il lit que la dose du médicament soit considérable, ou que la sensibilité se buve accidentellement accrue. Quelques auteurs ont pensé que les voraisseens survenuspendant l'usage de l'infusion d'arnica dépendaient de la présence • particules de duvet ou de quelques insectes , et qu'il suffisait pour les pré- ;nir de passer l'infusion. Mais cette assertion n'est pas confirmée parl'expéonce, et la propriété vomitive s'explique très-bien par la présence de la tisine. (f^oyez ce mot.)

L'arnica jouissait jadis d'un grand crédit en matière médicale , et même, si )n consulte les ouvrages les plus récens , on l'y trouve encore sous les litres iP fortifiante, diurétique, emménagogue , vulnéraire, antiseptique et résolu- Ire. Sans doute, il est permis de croire que, prescrite à propos, celte plante raison de ses propriéte's excitantes, bien incontestables, peut remplir les dications diverses exprimées par les mots que nous venons d'énumérer, et ndre de grands services à la pratique. Mais c'est se mettre en opposition ^ec les saines doctrines médicales que de lui attribuer des vertus spécifiques , de l'employer à l'exclusion des autres substances, dont la composition chi-. ique et l'action immédiate sont analogues aux sciences. Ainsi , par exemple , expérience, si souvent invoquée, a-telle bien démontré en effet les bons suitats de ce médicament dans une foule de maladies toutes différentes par iir nature et les tissus qu'elles affectent? S'il est vrai que les toniques , les ners sont quelquefois avantageux, à certaine époque des affections désignées dis sous le nom de fièvre adynamique ou ataxique, s'ensuit-il de là que l'arca vaille mieux en pareille circonstance que le quinquina, la simarouba, etc.? i dans la diarrhée , la dysenterie, on a quelquefois substitué avec avantage IX débilithns , aux évacuans , quelques substances pourvues de principes ners et aromatiques , est-il certain que l'arnica se soit montrée plus efficace ue tel autre agent médicamenteux de la même série? A-t-on jamais fait des cpériences comparatives à ce sujet?

Stoll et quelques autres médecins , entraînes sans doute par l'autorité de in nom, recommandent l'arnica dans les fièvres putrides où il y a somnolence. Élire tranquille, une sorte de stupeur, un pouls faible et fréquent, et quand

langue est couverte d'un enduit abondant et fuligineux. Ils voulaient encore le, pour préparer les premières voies à recevoir d'une manière profitable m impression stimulante , on les nettoyât, suivant la théorie alors en faveur , ir le moyen des évacuans. Nous le demandons , que reste t-il de ces théories ?

Les mêmes réflexions se présentent naturellement à l'esprit, lorsqu'on lit ^ns les auteurs que l'arnica s'emploie dans la goutte, le rhumatisme, la iephrite calculeuse, l'hydropisie , l'asthme , la goûte sereine , la paralysie de

vessie , le catarrhe pulmonaire ; et nous ne croyons pas devoir abuser du tmps de nos lecteurs en examinant tour à tour quelle peut être l'influence de arnica sur les maladies que nous venons d'énumérer et qui ne sont pas les ;ules contre lesquelles elle ait été conseillée d'une manière toute spéciale.

Le nom de panacœa lapsorum donne à penser quel cas on en faisait dans le ■aitement des chutes , des contusions , etc. ; et cependant nous ne voyons pas lue ces accidens aient des suites plus graves depuis qu'on a mis de côté les rétendus vulnéraires. Sera-ce donc comme fébrifuge qu'elle méritera plus de ipnfiance? mais combien de moyens divers guérissent les fièvres d'accès lorsu'elles sont légères ! et quand elfes sont opiniâtres , l'arnica en triomphe-tlle plus sûrement que le quinquina ?

j On a fait tort à ce médicament comme à beaucoup d'autres en exagérant 3S propriétés, qui sont loin d'être à dédaigner, il est vrai, mais aussi qui sont bin de lui être assez exclusives pour qu'on doive le tirer à grands frais de étranger, l'orsqu'il ne croît pas dans le pays où l'on se trouve. 11 faudrait, 'ailleurs, que, par des expériences bien faites, ces vertus fussent constatées 'une manière positive, et que les cas où son application peut être salutaire issent précisés de telle sorte , qu'il y ait moins de vague et d'incertitude. En ttendant ces recherches, et même pour les faciliter, rappelons ici que les [ réparations les plus usitées de cette plante sont l'infusion , la décoction , la ' oudre, la teinture élhérée indiquée par le Codex , et un extrait aqueux. La dose généralement indiquée pour l'infusion varie depuis un gros jusqu'à ne once de fleurs par pinte d'eau ; elle est plus forte pour la décoction , c'est ne once par pinte de liquide qu'on fait réduire à moitié. La poudre (c'est le [lus souvent celle de la racine) se prescrit depuis vingt grains jusqu'à un gros bcorporée dans du sirop , du miel ou un extrait. Le mode d'administration (ans les fièvres intermittentes est le même que celui du quinquina et des autres nédicamens antipériodiques. {Voyez ce mot et Intermittent. ) L'extrait est leu employé ; il se prépare avec une forte décoction évaporée à une douce haleur : la dose est depuis quelques grains jusqu'à un demi-gros. On pourrait e préparer également avec le suc exprimé de la plante récente. Quant à la einlure simple ou éthérée , on peut en prescrire de cinq à trente-six gouttes

DlCT. nE MÉDECINE ET DE ChIKDEGIE PRATIQUES.

et au-delà. L'arnica entre dans plusieurs composés médicamenteux jadis Irèsvantés , et tombés de nos jours dans le plus entier oubli. (F. R atier. )

AROMATIQUES (Médicamens). On appelle ainsi les médicamens pourvus d'une odeur agréable qu'ils doivent , dans le plus grand nombre de cas , à des huiles essentielles , et quelquefois aussi à l'acide benzoïque ou à des résines. Les substances aromatiques sont tirées presque exclusivement du règ^ne végétal; elles ont une odeur suave et différente pourcliacune d'elles, une saveur piquante, chaude et souvent amère. Leur action sur l'économie est stimulante , et leurs principes sont de nature à être absorbés et portés dans le sang.

Les substances dites aromatiques ont rarement une composition simple ; souvent elles renferment des principes amers , du tannin , etc. , qui en font varier les propriétés , de telle sorte qu'il est impossible d'établir de généralités a ce sujet. On les a considérées comme toniques, stimulantes, antispasmodiques. On les emploie quelquefois seules , mais le plus souvent elles n'entrent que comme accessoires dans les préparations pharmaceutiques, où elles servent à communiquer une odeur agréable à certaines substances inodores, comme aussi à masquer le goût repoussant ou l'odeur fétide de quelques médicamens.

(F. Ratier. )

ARRACHEMENT, s m., amlsio, action de séparer violemmentdeux parties unies entre elles d'une manière plus ou moins intime , ou de diviser en deux portions un seul corps, à l'aide d'une traction suffisante pour porter le moyen d'union d'une part , ou les parties constituantes de l'autre , au-delà de leur extensibilité naturelle.

L'arrachement de nos tissus peut être le résultat d'un accident; on peut aussi à dessein le faire servir plus ou moins utilement comme moyen d'ablation de certaines tumeurs , ou dans un but toul-à-fait prophylactique ; mais quelle que soit la circonstance dans laquelle cette variété de solution de continuité a été produite, toujours elle est accompagnée de certains phénomènes fort curieux à bien connaître, et que nous devons sommairement indiquer ici.

Lorsque nos parties sont sollicitées par deux forces contraires, les plicatures ou sinuosités qu'elles présentent, s'effacent d'abord, et bientôt leurs fibres élémentaires s'alongent d'une quantité qui varie certainement beaucoup , qui toujours est en i-aison directe de l'extensibilité de tissu dont elles sont douées. Les parties qui ont la fibrine pour base de composition sont au premier degré sous ce rapport; ainsi les muscles et les organes formés de tissus fibreux jaune (les vaisseaux) ; ceux au contraire dont la gélatine et l'albumine forment les élémens principaux tiennent le dernier rang (les organes cellulaires et albuginés). Si l'extension à laquelle ces diverses parties sont soumises cesse promptement , et avant qu'elle ait dépassé les limites qui lui ont été assignées naturellement, alors tout se rétablit dans son état premier, la contractilité de tissu commence , et avec une énergie proportionnée à celle de l'extensibilité premièrement mise en jeu. Si au contrairela traction en sens contraire portée très-loin et au delà de l'extensibilité possible des parties , il peut arriver deux choses, ou bien que les fibres se déchirent et se séparent complètement , ou bien que les molécules élémentaires de l'organe seulement modifiées, aient perdu leur attraction réciproque, et qu'il se manifeste ainsi de petites ruptures intérieures, que l'on exprime en disant que l'organe a perdu sa force de ressort. Quand la rupture complète est la conséquence de la traction exercée, alors, et seulement alors, il y a arrachement véritable.

Quand un organe est composé de divers plans de structure et de propriétés différentes , ce qui arrive le plus souvent, et ce que l'on observe surtout d'une manière bien évidente dans les artères , alors la rupture de ces diverses parties ne se fait pas dans le même moment; on voit d'abord se déchirer les couches les plus faibles et les moins extensibles, puis la solution de continuité s'achève par les parties qui sont dans des conditions inverses d'organisation ; il résulte de là, en outre, qu'à mesure que la traction continnue , l'organe tiraillé s'amincit graduellement au niveau du point où se doit faire l'intersection jusqu'au moment où celle-ci a lieu réellement. Toutefois , l'arrachement successif des divers plans ou des diverses fibres d'un organe n'est pas la seule cause de son amincissement, dans les cas que je viens de signaler; il faut reconnaître encore que la raréfaction des fibres tiraillées se trouve pour une certaine part dans la production du phénomène. Les vaisseaux, mais spécialement les artères, comme nous le faisions remarquer, présentent au plus îiaut degré ce phénomène : avant de se rompre , elles se filent , suivant l'expression très-exacte et expressive de Béclard , comme un tube de verre que l'on tire à la lampe à émailleur ; d'abord leur tunique interne se fendille çà et là , puis se rompt définitivement ou d'une manière complète dans un point; ensuite la tunique moyenne présente le même résultat , tandis que les efforts d'extension sont soutenus encore long-temps par la tunique extérieure.

La surface des solutions de continuité produites paç arrachement est irrégulière et frangée , certaines parties , principalement celles qui sont formées de tissu albuginé, s'y trouvent en relief, ce qui dépend du peu d'extensibilité et de contractilité de tissu dont elles sont pourvues. Mais une des particularités les plus dignes de remarque des plaies par arrachement, c'est certainement le défaut d'hémorrhagie fournie parles artères. Plusieurs observations consignées dans les fastes de l'art, surtout celles de Lamotte et des Transactions philososophiques, ne laissent aucun doute à cet égard. L'explication de ce curieux résultat de l'arrachement des artères a été tentée par une foule de chirurgiens habiles; je ne rapporterai ici que celle de Béclard , parce qu'elle me paraît la plus rationnelle, et par conséquent la plus convenable. Ce professeur habile soutient que l'absence d'hémorrhagie , dans les cas qui nous occupent , dépend de l'obstacle apporté à l'issue du sang par les inégalités intérieures du vaisseau, inégalités produites par les déchiremens de sa membrane interne; il a constaté

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