FORMULES DE CAUSTIQUES DIVERS
Caustique à l'arsenic.
Oxyde blanc d'arsenic pulvérisé 20 grammes.
Antimoine cru pulvérisé 40 id.
Mêlez, et faites fondre dans un creuset; pulvérisez de nouveau, et ajoutez, suivant l'ordonnance du médecin :
Extrait d'iipinm 10 grammes.
A l'extérieur, pour saupoudrer les excroissances, les ulcères fongueux et rebelles (Justamond) □.
Remède de Landolphi.
Cérat de Galieu 30 grammes.
Morphine 25 id.
Poudre de Rousselot 5 id.
En application sur les tumeurs cancéreuses □, Pommade à Viodure d'arsenic.
lodure d'arsenic 15 centigrammes.
Axouge 25 grammes.
Contre les dartres rongeantes (+].
Solution ou collyre de Lan franc.
Orpiment pulvérisé 8 grammes.
Verdet pulvérisé 4 id.
Myrrhe pulvérisée 250 centigrammes.
Aloès pulvérisé 250 id.
Triturez ces substances dans :
Eau de rose et de plantain 200 grammes.
Vin blanc 500 id.
Cette liqueur sert à toucher les ulcères vénériens, et quelques gouttes dans 30 grammes d'eau ont servi à faire un collyre [±\.
Rusma (pâte dépilatoire des Turcs) .
l.;haux vive 40 grammes.
ôrpiment 5 id.
Dans :
Blancs d'œuf et lessive do savon q. s.
Cette pâte est assez caustique [+]• On l'applique sur les
22Zi CAUT
parties à épiler, et quand elle est sèche on lave à grande eau.
Épilntoire de Plenck.
chaux vive 48 i;rammes.
AmiJon -iO iil.
SuU'ui'O dai'seiiie i !<I.
Après avoir mêlé ces parties avec de L'eau, on applique sur l'endroit qu'on veut épiler.
Caustiques à lu gntta-pet'cha.
On peut unir par fusion la gutta-percha au chlorure de zinc et à la potasse caustique. On obtient ainsi une pâle parfaitement malléable qui s'eni|iloie en llèciies pour cerner une tumeur qu'on veut enlever, ou en lanières caustiques pour anipulcr une jiarlie malade.
(Manoury.)
Gamtiqne au sulfate de zinc.
Sulfate lie zinc aiili\ iln- ISO c;rammes.
(ilyctTiiii' i id.
Appliqué sur les tissus sous forme de pâle étendue sur la charpie 'Simpson)
Solution de chlorure de zinc.
('lilo! lu'c lie xinc 10 grammes.
Eau 50 il 200 " ici.
(Burnett.)
Appliquez sur les cancers ulcérés ou mis à nu, après ablation préalable de la peau. Les pansements doivent èk'e renouvelés une ou deux fois par jour, en ayant soin d'enlever par le raclage la surface de la plaie qui se trouve racornie ou momifiée. Avec du temps, on arrive ainsi à détruire, par cette cautérisation et cette mortilicalion graduée, des tumeurs considérables (Burnett) [+]•
Charbon caustique.
Gomme aili'agaute 5 ^ramiues.
Poudre de charbon végétal 15 id.
Nitrate de potasse 2 id.
F s. a. On cautérise le col de l'utérus avec ces crayons allumés (Bonnafond).
Vùte antimoniule .
chlorure d'antimoine 10 grammes.
Chloriu-e de zinc, . • 20 id.
Fiirine de froment 50 id.
Pour une pâte avec laquelle on attaque les tumeurs cancéreuses inégales et épaisses (Canquoin).
Pùte caustique.
Potasse caustique en poudie 5 grammes.
Savon eu poudre 5 id.
(diau.x eu j)Oudre 40 id.
Mêlez itltimement; enfermez dans un flacon h. l'émeri. Faites une pâte avec quantité suffisante d'alcool.
Cette pâte, qui se rapproche du caustique de Vienne, a été longtemps le monopole de Pollau, chirurgien de Berlin, qui l'employait pour détruire les verrues et les taches de la peau.
Pour les caustiques mitigés, V. Cautérisation.
CAUSL'S. Le causus est inconnu de nos jours. C'est une maladi(> signalée par Ilippocrate et qui semble être une forme grave de la fièvre rémittente des pays chauds, c'est-à-dire une sorte de typhus avec soif vive, grande chaleur et violent délire.
CAliTÈRE. Le cautère est un exutoire destiné à enti'etenir une suppiu'ation constante et une révulsion dul'able uuldur d im poini cnllaunné.
CAUT
C'est encore un moyen mis en usage pour ouvrir des abcès froids et des tumeurs hydatiques.
Le cautère placé comme exutoire est volant ou permanent. Dans le premier cas, on place un cautère et on le panse avec des cataplasmes jusqu'à la chute de l'eschare, puis on fait le pansement simple des plaies; dans le second, dès que l'eschare est tombée, on place un pois sec, ou un pois fait avec la racine d'iris dans la plaie, et l'on panse par-dessus avec une feuille de lierre ou un morceau de sparadrap. Les accidents des cautères sont les mêmes que ceux des vésicatoires permanents. V. VÉSICA-
TOIRE.^.
Cautère à la potasse. Pour appliquer un cautère, on coupe un morceau de sparadrap, au centre duquel on fail une ouverture ronde plus petite que le cautère que l'on veut placer. On colle la plaque de sparadrap sur la peau, on place un morceau de potasse à la chaux en contact avec la peau sur le point central ouvert de l'emplâtre ; on le fixe en appliquant au-dessus un autre morceau de sparadrap, qui recouvre le morceau de potasse et le maintient. Au bout de quelques heures le cautère est formé. Ce moyen a de graves inconvénients, La potasse met assez longtemps à agir, et en fondant elle coule de façon à faire des eschares irrégulières plus grandes qu'on ne le veut.
Cautère a la pâte de Vienne. La poudre de Vienne, qui a un pouvoir cautérisant au moins égal à celui de la pierre à cautère, n'a pas les mêmes inconvénients et surtout permet d'appliquer pbis vite et plus sûrement le cautère. Pour appliquer un cautère avec la poudre de Vienne, on délaye cette poudre avec une petite quantilô d'alcool de façon à en faire une pâte molle, c'est loipàtede Vienne. Ayant appliqué sur la peau, au lieu d'élection du cautère, une rondelle de sparadrap percée d'un trou rond large de 1 centimètre au plus, on place sur ce trou un morceau de pâte gros comme une noisette et on le laisse en place pendant dix minutes. Au bout de ce temps on enlève le sparadrap et la pâte qui s'y trouve, on lave Is peau avec de l'eau vinaigrée et l'on panse tous les jours avec du sparadrap jusqu'à la chute de l'eschare.
CAlJTEIïETS (Hautes-Pyrénées). Eau minérale sulfii-:' reuse sodique sortant par de très-nombreuses sources è nature à peu près semblable, sauf une, la Reumizet, qi| est sulfatée sodique. Sa température, selon les différentes!; sources, varie de 30 à 60°. Elle s'emploie en boisson, en bains, en douches, en injections, en inhalations, dans la leucorrhée [T], la chlorose [+], la métrite chronique, dans les maladies de la peau [+]> dans les syphilides [T], dan; les aft'ections catarrhales des organes respiratoires, et sur tout dans la laryngite chronique [±i, dans la phthisie pul monaire □, dans les maladies chroniques des voies di gestives [3-
CAirrÉUISATIO!\. La cautérisation est une brûlur chirurgicale, destinée à détruire des tissus malades ou produire une révulsion. On emploie pour produire ceteffi le feu et la chaleur, les acides, les bases et les sels caui tiques. Le fer rouge, les acides azotique, sulfurique, chlor hydrique, chromique, le nitrate acide de mercure, caustique de Filhos, la pâte de Vienne, les pâtes arsen cales, le perclilorurc de fer, le chlorure de zinc, la p tasse caustique, sont les types des agents destructeurs ' modificateurs dans les opérations appelées cautérisatio La cautérisation avec la chaleur est dite cautérisation fl tuelle, la cautérisation avec les agents chimiques est di cautérisation potentielle.
CAUT
Cautérisation actuelle.
Le fer rouge est employé pour arrêter une hémorrhagie, pour modifier la sensibilité ou la vitalité des tissus, et il est appliqué sous forme de cautérisation transcurrente ou de cautérisation ponctuée. On se sert, pour cautériser, de tiges d'acier en forme de cylindre, de tige à olive ou de rondache. Ces instruments sont appelés des cautères.
On se sert aussi de crayons de charbon allumé qui brûlent comme im cigare. La partie allumée est en incandescence sur la longueur d'un centimètre environ, et se termine en pointe fine et régulière, quelles que soient la forme et la grosseur du crayon. Le crayon est assez résistant pour ne pas se rompre, ni laisser échapper de parcelles enflammées quand on l'applique perpendiculairement; si on l'applique obliquement, sa résistance serait beaucoup moindre. Voici la formule qui fournit les meilleurs résultats :
CAUT
Poudre (le clinrbon léger.
Nitrate de potasse
Gomme adragaut
Eau. . . '.
20 grammes.
150 centigrammes.
5 grammes, 24 id.
On fait une masse pilulaire qu'on roule en petits cyindresgros comme un crayon ordinaire et longs de 10 centimètres environ. Ce crayon forme très-peu de cendre ; on ^eut, du reste, enlever celle-ci en soufflant dessus, et par |à raviver la combustion. {Répertoire de pharmacie.)
Pour faire la cautérisation inhérente, appliquez le fer ouge et laissez-le cinq, dix, vingt secondes en place; our éviter des brûlures au premier et au deuxième deré, protégez par des compresses mouillées les parties rès desquelles le fer rouge doit passer. Appliquez des empresses d'eau fraîche sur la plaie cautérisée : si l'on agi sur un organe enfermé dans une cavité, des gararismes,des injections, seront prescrits, pour favoriser la ;hute des eschares. Sur les membres, s'il y a de vives louleurs, on mettra des cataplasmes.
Pour faire la cautérisation transcurrente, passez rapidenent et légèrement sur la peau un fer chautfo à blanc, ppliquez des compresses d'eau fraîche sur la région.
Pour faire la cautérisation ponctuée, appliquez le fer ougi à blanc pendant une ou deux secondes : si le fer est ien chaud les malades souffrent peu. On applique après opération des compresses d'eau fraîche.
Pour faire la cautérisation hémostatique, le fer n'a pas esoin d'être aussi fortement chauffé que dans la cautériition inhérente. La cessation de l'écoulement du sang uide le chirurgien qui doit, de minute en minute, faire ne sorte de cautérisation inlermiltente, chaque fois que sang reparaît,
La cautérisation électrique (Heider) se pratique avec Il fil de platine enroulé en forme de cautère conique ou mplementpar un fil passé dans un trajet fistuleux, rougi l'aide d'une pile à éléments de zinc et de cuivre baignant ms l'acide chromique (Middeldorpff) ou une simple pile de jnsen ou de Grove. Elle est semblable à la cautérisation i fer rouge. Avec ce moyen on arrive à cautériser dans la ofondeur des tissus sans risquer de brûler les parties isines.
Pour cautériser la peau, on se sert de fils de platine rdus en spirale et réunis par de la pâte à porcelaine barrière), afin de former cautère plein, Pour couper les fistules ou cautériser leur trajet on se l't d'une simple anse de fil.
Pour couper les tumeurs, on se sert de lames de plae disposées en forme de couteau (H. de Séré), mais il fort difficile de mesurer le degré de chaleur du fil, à
l BOUCHÙT ET DESPRÉS. — 2' édit.
moins d'employer des plaques de platine assez épaisses, et celui-ci étant trop chaud coupe comme un couteau, et a alors l'inconvénient d'être beaucoup plus difficile à manier que cet instrument, sans prévenir plus que lui l'hémorrhagie.
Fil conique, anse de fil ou lame de platine, les appareils à cautérisation sont montés sur deux liges de cuivre, supportées par un manche d'ivoire ou d'ébène communiquant avec les pôles de la pile et muni d'un petit tiroir destiné à établir le courant à travers le fil ou les lames de platine.
On emploie le fer chauffé à l'aide de l'eau bouillante pour produire une cautérisation douloureuse et rappeler les malades à la vie dans les syncopes profondes (marteau de Mayor). Une pièce de fer doux, un marteau ou un autre instrument est appliqué sur la peau, après avoir été tenu pendant quelques minutes dans de l'eau bouillante ; cette cautérisation sert aussi à placer un vésicatoire extemporané.
La cautérisation à la flamme détruit profondément les tissus dans un point circonscrit. On l'emploie ainsi : deux ballons, l'un plein de gaz d'éclairage, ou mieux d'hydrogène (fig. 122), l'autre plein d'air, communiquent avec un tube terminé en pointe à l'extrémité duquel on allume le mélange d'air et de gaz. On a de la sorte une flamme d'une éten-
Fig. 122. — Appareil pour la cautérisation à la flamme. — A. Ballou unique contenant un mélange d'air et d'hydrogène. — D. Tulie métallique protecteur, grandeur naturelle.
due d'un demi-centimètre, que l'on porte sur les parties que l'on veut détruire (Nélaton), la cautérisation à la flamme a été employée pour les cancers de la langue (Yelpeau).
Pour éviter que la flamme ne chauffe les parties voisines de celle qu'on veut cautériser, on place autour du bec de verre un petit cylindre de toile métallique qui limite latéralement la flamme.
Cet appareil à cautérisation est d'un excellent emploi, il détruit très-rapidement et en profondeur pendant un court espace de temps, parce qu'il donne du calorique à une température élevée (environ 1200") et constante. Les cancers utérins, les pédicules des polypes naso-pbaryngiens, sont avantageusement traités par ce mode de eau térisation (Nélaton).
CAUT
CAUT
Le moxa (V. ce mol) est un dernier mode de cautérisation actuelle.
L'ignipunctùre (Ricliet) est une cautérisation interstitielle }iratiquée avec un cautère à boule surmonté d'une aiguille : c'est ce qui se pratique pour les tumeurs ércctiles. L'action de l'ignipunctùre est voisine de celle de l'électropuncture, lorsque les aiguilles des cautères sont trèslines.
Cautérisation potentielle.