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De riniitation dans la guérison «les maladies

C'est par l'imitation qu'on se guérit dans certains pèlerinages; et sans contester la réalité des cures de l'épilepsie obtenues à Tain, dans la Drôme, au moyen du Galiurn album cueilli la nuit de la pleine lune de mai, il y a des cas où la guérison est le fait de l'imagination frappée par le récit de guérisons miraculeuses, et de l'imitation qui dispose à la répétition du même phénomène. Ces mots, oh guérit-oal accueiUis avec enthousiasme par les malades, sont souvent pour eux un instrument de salut, et dans les névroses que propage l'imitation, c'est aussi l'imitation de la guérison qui peut faire cesser le mal.

D'après cet exposé le médecin doit comprendre tout le parti que la thérapeutique peut tirer des influencés morales dont il dispose et qu'il peut faire naître dans un remède, fùt-il môme insignifiant, comme certaines eaux minérales, certains pèlerinages profanes ou sacrés, certaines pratiques de mysticisme; par son caractère doux et ferme, par l'honnêteté de ses mœurs et de sa vie, par la dignité de son langage et de sa personne, par son dévouement, par sa générosité enfin, il acquerra une autorité dont l'effet moral est immense et dont l'influence sur certains phénomènes organiques est incontestable.

C'est par l'effet moral d'un remède très-vanté, d'une eau en vogue, d'une relique respectée, d'un pèlerinage très-suivi, d'une foi sincère quelle qu'en soit la nature, de la réputation d'un lieu ou d'un homme extraordinaire, ou par l'effet d'une joie imprévue, d'un succès inespéré, d'une fortune qu'on n'attendait pas et d'une tranquillité d'esprit depuis longtemps perdue, que des maladies graves, organiques ou nerveuses, ont pu s'améliorer et guérir. Connaître ces ressources et les utiliser, voilà la plus grande partie de la médecine, et avec l'hygiène elles contribuent autant que la pharmacie à faire un bon médecin.

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DR L'INFLUENCE DES MOYENS HYGIÉNIQUES OU DIÉTÉTIQUES DANS LA GUÉRISON DES MALADIES.

Ce qui conserve la santé peut la rétablir, et l'observance rigoureuse des préceptes de l'hygiène, déjà si utile à l'homme bien portant, l'est encore bien davantage lorsqu'il vient à être frappé par la maladie. Il y a tant d'exemples de personnes malades par leur faute et à la suite d'écarts de régime, de veilles, d'excès de travail, d'abus de force en tout genre, ou d'impressions morbifiques produites par les choses qui nous entourent, que, dans beaucoup de cas, il suffit d'éloigner ces impressions morbifiques pour faire disparaître une maladie développée sous leur influence. — Un homme est constamment malade dans un appartement exposé au nord; il le quitte pour habiter au midi, et sa bronchite disparaît : voilà l'effet d'un moyen hygiénique.

De toute antiquité ces moyens ont été appréciés à leur juste valeur et considérés par tous les médecins comme étant de la plus haute importance. Hippocrate, GaUen et leurs successeurs les ont toujours

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placés eu première ligne dans le traitement dos maladies, et il n'en pouvait être différemment. Ceux qui ont jeté les bases de la science et qui ont institué le principe de la natm^e méJicatrice devaient, par cela même, attendre ses ordres avant d'agir d'une manière active, et placer leurs malades dans les conditions hygiéniques les plus avantageuses. Après avoir vu que la plupart des maladies guérissaient par le repos, le régime et les bains, ces moyens sont devenus la base de leur traitement, et l'on n'avait recours à d'au 1res moyens qu'en présence d'une indication formelle. — Nature médicatrice et diététique, — indications et pharmaceutique, tout cela se tient et s'enchaine dans un ordre logique admirable. En effet, connaissant la marche naturelle heureuse d'une maladie, on ne lui opposait que des moyens hygiéniques; au contraire, lorsqu'on avait à redouter quelque chose, et quand le travail de la nature avait besoin d'assistance, c'est aux moyens chirurgicaux et pharmaceutiques qu'on s'adressait de préférence. Dans ce cas même, cela va sans dire, les moyens hygiéniques venaient encore prendre place à côté d'eux à titre d'auxiliaire indispensable.

1° De la diététique des maladies aiguës. — T^a diététique des maladies aiguës proprement dites diffère notablement de la diélélique des maladies chroniques. Les préceptes .d'hygiène nécessaires et applicables dans un cas ne le sont pas toujours dans l'autre, et il est indispensable de savoir les varier suivant la forme aiguë ou chronique des maladies. A cette question se rattache le régime des malades atteints de maladies aiguës. — C'est encore dans les ouvrages d'Hippocrate que se trouvent les principes les plus complets qui aient jamais été fornmlés sur celte matière, et ce qui nous reste de lui est certainement ce qu'il y a de plus utile à connaître. Il suffit de lire le Traité du régime dans les maladies aiguës et son Appendice pour apprécier l'importance qu'Hippocrate accordait à l'hygiène dans le traitement des maladies aiguës. 11 ne voulait pas qu'on fit aucune thérapeutique active au début des maladies, à cause de Vhumeur intempérée dont il fallait attendre le mouvement, et il n'agissait qu'à certains jours, considérés par lui comme indicateurs en raison du développement des phénomènes critiques. C'est en cherchant à deviner la crise qu'il s'appliquait à en diriger l'explosion. Quo notura vergit, coducendum. Tout l'esprit de la médecine d'Hippocrate est dans ce précepte.

Après avoir établi en divers endroits que la privation de nourriture et aussi nuisible que son excès, et que la rigueur du médecin ne réussit qu'à compromettre sa réputation et l'avenir des malades, il ajoute : « Si un autre médecin., ou même un homme étranger à la médecine, venant auprès du malade et upprenard ce qui s'est passé, recommande de boire et de manger ce que le médecin ordinaire aura défendu, il paraîtra avoir procuré un soulagement manifeste. Ce sont surtout ces cas qui, dans le public, font honte aux praticiens; car il semble que le nouveau venu, médecin ou étranger à la médecine, a, pour ainsi dire, ressuscité un tnort (1). » Comme cela est vrai ! — Ne dirait-on pas que ces paroles sont écrites d'hier, tant les applications en sont nombreuses? Chaque jour, l'abstinence et une médecine trop active réduisent au marasme des malades qui se raniment et guérissent quelquefois sous l'influence de moyens contraires. C'est là, pour le dire en passant, la raison du succès des homœopathes ou des charlatans, dont le .système consiste à simuler l'emploi de drogues mensongères ou à nourrir les malades confiés à leurs soins après avoir été exténués par d'autres médecins.

Voici maintenant quelques aphorismes d'Hippocrate sur ce sujet (2) :

4. Une diète tenue et stricte est dangereuse dans les maladies longues toujours, et, parmi les maladies aiguës, dans celles qui ne s'en accommodent pas. D'un autre côté, la diète, poussée jusqu'à la dernière limite de l'atténuation, est pénible, car les réparations à l'extrême limite sont pénibles.

5. Dans une diète tenue, les malades commettent des écarts, et ils en souffrent davantage; car tout écart, quel qu'il soit, est proportionnellement plus grand que dans les diètes un peu plus nourrissantes. Aussi, môme en état de santé, les diètes très-tenues, réglées et strictes, sont peu sûres, parce qu'on supporte les écarts avec plus de peine. Donc, en général, les diètes tenues et strictes sont moins sûres que les diètes un peu plus nourrissantes.

7, Quand la maladie est très-aiguë, aussitôt elle offre les souffrances extrêmes, et aussitôt il est urgent de prescrire l'extrême diète; s'il n'en est pas ainsi, mais qu'il soit loisible d'alimenter plus

(1) Hippocrate, Œuvres, trad. par Liltré, t. 11, p. 31.

(2) Même OUI rac/e, Irad. par tiré, l. IV,

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copieusement, on se relâchera de la sévérité du régime, d'autant plus que la maladie s'éloignera davantage de l'extrémité.

8. Quand la maladie est dans toute sa force, la diète la plus sévère est alors de rigueur.

9. Il faut examiner le malade pour estimer s'il supportera le régime jusqu'au plus haut période de la maladie, et laquelle des deux alternatives arrivera, ou que le malade s'affaiblisse le premier et ne supporte pas le régime, ou que la maladie cède la première et s'amortisse.

10. Quand donc la maladie arrive tout d'abord à son summum, on prescrira tout d'abord aussi un régime tenu; quand ce moment tarde davantage, il faut, à l'époque du summum, et un peu avant cette époque, retrancher de la nourriture; auparavant, l'alimentation sera plus abondante, afin que le malade puisse résister.

11. 11 faut suspendre les aliments pendant les redoublements, car en donner est nuisible : en général, pendant les accès de toutes les affections qui ont des retours périodiques, il faut suspendre les aliments.

13. Les vieillards supportent le plus aisément le jeûne, puis les hommes faits, et ensuite les jeunes gens ; les enfants le supportent le plus difficilement, surtout ceux qui ont le plus de vivacité.

16. Les régimes humides conviennent à tous les fébricitants, surtout aux enfants et à ceux qui sont habitués à un tel genre d'alimentation.

17. Il faut considérer à qui il convient de donner de la nourriture une ou deux fois par jour, en plus grande quantité, en moins grande quantité et par petites portions : on doit accorder quelque chose à l'habitude, à la saison, au pays et à l'âge.

Ce' qu'Hippocrate donnait aux malades, dans le cours des maladies aiguës, c'étaient une boisson et une bouillie féculentes désignées sous le nom de p/isane et distinctes de ce qu'on désigne aujourd'hui sous le nom semblable de tisane.

La ptisane était une préparation faite avec de l'orge gonflée dans l'eau, séchée au soleil, battue pour en chasser l'écorce et réduite en farine. On en fabriquait aussi avec du froment, du riz, des lentilles • mais le mot ptisane, sans épithète, s'appliquait à la ptisane d'orge.

Après avoir fait bouillir une partie de cette farine avec douze ou quinze parties d'eau, on y ajoutait un peu de vinaigre, d'huile et de sel. Cette décoction pouvait être plus ou moins épaisse, mais on la faisait prendre d'autant plus claire que la maladie était à son période le plus élevé. Alors, si les accidents étaient très-intenses, on supprimait complètement la ptisane pour ne donner que de la ptisane passée au filtre, c'est-à-dire de l'eau d'orge.

On ne donnait de ptisane que deux à trois fois par jour, selon l'habitude antérieure du malade de faire deux ou trois repas, et, dans l'intervalle, de l'eau miellée ou hydrotnel servâil de boisson. Souvent il faisait ajouter quelques gouttes de vinaigre à l'eau miellée, et ce qu'il désignait sous le nom d'oxymel.

Tous ces préceptes sont excellents à mettre en pratique aujourd'hui, et, sauf la période la plus grave des maladies aiguës, il est toujours bon de donner aux malades des boissons féculentes, de l'eau panée des bouillons légers, des gelées de viande, etc. Vient un moment, au commencement de la période de déclin, où ce régime est indispensable, car pour les malades dont le pouls reste fréquent malgré l'amélioration de l'état général et local, c'est le seul moyen de les guérir. En vingt-quatre heures, sous l'influence de l'alimentation, le pouls revient quelquefois à son état naturel. — Soutenir les forces dans le cours des maladies aiguës et nourrir promptement les malades à la convalescence, voilà le principe thérapeutique à l'aide duquel on peut avoir beaucoup de succès et peu de revers.

Les boissons doivent être abondantes, en cas de réaction fébrile, intense, pour atténuer la sécheresse de la peau, faciliter la température cutanée et la sécrétion urinaire. Autrefois, on donnait principalement l'hydromel, c'est-à-dire l'eau miellée, de l'oxymel, formé d'eau miellée additionnée de vinaigre,

et de l'eau d'orge; mais aujourd'hui le nombre des boissons est infiniment plus considérable. Selon le

goût des malades et d'après la nécessité, on lait dissoudre dans l'eau différents principes mucilagineux, gommeux, sucrés, doués de qualités nutritives très-réelles, des principes amers, astringents, aromatiques, calmants, etc., qui remplissent des indications réelles, infiniment utiles,

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