LA CLAVICULE
CLEF On se sert de l'anneau d'une clef ordinaire dans i procédé de réduction des luxations des doigts. V. LuxA- DN DU POUCE.
CLEF DE CAREIVGEOT. V. Dents [Avulsion des).
CLÉM.4TITES. Renonculacées très-âcres comprenant :
■ la clématite des haies ou vigne blanche ou herbe aux t eux dont le suc très-vésicant et placé sur la peau y dérmine des plaies; 2" la clématite odorante employée imme antisyphilitique El et anticancéreuse FI.
CLEKMO.\T [Puy-de-Dôme). Eaux minérales salines, xarbonatées, légèrement ferrugineuses, peu employées.
CLIGXEITIEIVT OU CLIGIVOTEMEXT. Le cligne lînt indique une grande sensibilité de l'œil à la lumière, I il dépend d'une ophthalmie ou d'une affection cérélale.
On donne aussi le nom de clignotement à un spasme sentiel de l'orbiculaire palpébral qui produit des conictions très-fréquentes, quelquefois douloureuses, de la upière.
Le clignotement est un des symptômes de la névralgie la cinquième paire.
Thérapeutique. — Contre le clignotement douloureux s paupières, il faut faire des frictions tous les soirs avec pommade suivante :
Axongc 30 grammes.
Extrait de belladone 5 id.
Mêlez.
Ou bien :
Axonge i5 gi-ammes.
Sulfate d'atropine 10 centigrammes.
Ou bien :
Axonge , 15 grammes.
Extrait d'opium 5 id,
IOu bien on fait quinze ou vingt inoculations hypoderques sur la paupière, avec une aiguille chargée d'une iition saturée de sulfate neutre d'atropine. V. Bléphaspasme.
CLITORIS (Hypertrophie du). Le clitoris volumineux <; un vice de conformation, il coïncide quelquefois avec 1 nymphomanie. V. ce mot.
Thérapeutique. — Amputer le clitoris (Syme), alors lîme qu'il n'a pas un grand volume, et dans le but de 1 re cesser la nymphomanie, est une opération qui jusqu'ici ;ité inutile.
Clitoris (Cancer du). Le cancer du clitoris est rarel'nt primitif; il est constitué par du tissu encéphaloïde ou i ro-plastique.
Thérapeutique. — On amputera le clitoris de bonne lare, en empiétant sur ses racines, afin de retarder la nidive.
CLOIV'lQliES (Convulsions). Les mouvements irrégu- 1 rs, tumultueux, des muscles, indépend, nts de la volonté, sit des convulsions cloniques. V. Chorée.
CLOU FUnAlVT. Substance solide composéii de ben-
join, 16; de baume de Tolu, li; de santal cilrin, fx , de charbon léger Z|8; de nitrate de potasse, 2; de gomme adragant,!; de gomme arabique, 2; d'eau de cannelle, 12; amalgamés et séchés sous forme de cônes, qu'on allunie dans un appartement pour le parfumer,
CLOU IlïSTÉUIQUE, La douleur limitée à un point rétréci du cuir chevelu, principalement du vertex chez les hystériques, est la conséquence d'une névralgie temporale ou occipitale. V, Hystérie et Névralgie,
Thérapeutique. — Un vésicatoire volant de 1 centi • mètre de large, saupoudré de 2 centigrammes de sulfate de morphine sur le lieu de la douleur, dite clou hystérique, est le moyen de faire disparaître cette douleur, .l'emploie aussi les injections hypodermiques de morphine (V. co mot) ouïes applications de teinture d'iode.
COALTAR. Goudron de houille dont le mélange avec du plâtre, 1 à 10 pour 100, fait la poudre désinfectante de Corne El-
Il vaut mieux employer la teinture saponinée de coaltar qui s'émulsionhe bien en toutes proportions avec de l'eau, et qu'on emploie au 20" ou au 30'' et Z|0^ comme désinfectant, et cicatrisant des plaies
Du coaltar s'extrait Vacide phénique qu'on emploie pour remplir les mêmes indications sous forme de solution dans l'eau.
Eau phéniquée.
Eau ordinaire I litre.
Acide pliénique 1 gra\nme.
Faites dissoudre et employez pour lotions sur les plaies gangréneuses et diphthéritiques toutes les heures, et pour injections dans le pharynx en cas d'angine couenneuse \+ +L dans le rectum affecté de cancer (3-
On l'emploie aussi à l'intérieur, à la dose de 5 à 20 grammes, renfermant 5 à 20 milligrammes d'acide phénique, dans l'ulcère chronique de l'estomac et dans le cancer.
COCA. La coca ou cuca, dont le nom paraît dériver de Vaymara « koka » qui signifie plante par excellence, appelée hayo par les Guariges, ipadu par les Tupinis, Erythroxylum Coca par les botanistes, est un arbuste qui atteint, suivant les localités, de huit à dix pieds de hauteur. Elle est cultivée sur les étages inférieurs et tempérés du versant oriental des Andes, et surtout dans la Bolivie et le Pérou, depuis le 17* degré de latitude sud jusqu'au 11'^ ou au 10% vers le ÔS'' de longitude ouest du méridien de Paris, à une altitude de 650 à 1600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les gelées lui sont mortelles, et une chaleur trop faihle, même celle de 20° centigrades, lui fait perdre une partie de ses qualités ; il lui faut un certain degré d'humidité, qu'on lui donne, à défaut des pluies, au moyen d'arrosages. Mais l'eau stagnante ferait pourrir les racines de l'arbrisseau. Le dégagement d'électricité produit par les orages lui est éminemment favorable. Sa racine est rameuse et se dirige obliquement dans le sol ; le tronc est vigoureux et récouvert d'une écorce blanchâtre, rude au toucher ; les branches sont tendres et armées d'épines ; les feuilles elliptiques, au pétiole très-court, alternes, entières, glabres des deux côtés, avec trois nervures, dont deux, les latérales, sont peu apparentes ; les fleurs, fixées par un pédoncule court et mince, sontéparses, solitaires ou en bouquets de deux à quatre, de couleur jaune clair. Le fruit est une drupe ovale, hexagone, avec une seule loge contenant une noix oblongue ; elle fleurit dans les mois de mai et de juin.
Ce n'est ni pour sa fleur ni pour son fruit qu'on la cul-
cocc
CŒNU
tive, mais pour ses feuilles, qu'on récolte aussitôt qu'elles ont atteint leur entier développement ; à ce moment, elles se détachent presque seules et on les cueille une à une, pour ainsi dire, de façon à préserver le bourgeon, qui est l'espoir de la récolte suivante.
La feuille, ainsi récoltée, est séchée à un soleil modéré, dans des cours pavées, avec les plus grandes précautions et suivant des manœuvres que l'expérience a fixées et dont je défaut d'observation peut compromettre la récolte entière.
Le professeur Mantegazza a non-seulement expérimenté la coca sur un grand nombre de malades et contre une grande variété d'affections, mais aussi sur lui-même, et après en avoir constaté les effets physiologiques étranges, il a pu s'assurer qu'elle agit surtout sur les centres nerveux et sur l'estomac, et opère d'une manière remarquable sur les facultés intellectuelles. D'après lui , son action est décisive pour combattre les troubles nerveux lorsqu'ils dépi'ndent d'un état général de faiblesse ou d'atonie, les irritations simples de la moelle épinière, les convulsions idiopathiques, les grandes prostrations nerveuses dans l'hypochondrie et le spleen. Le docteur Gosse se demande si, dans la chorée, l'hydrophobie, le tétanos, les paralysies musculaires, on ne doit pas espérer de bons effets de son emploi.
Au dire de tous les médecins qui ont été appelés à l'expérimenter, elle est excellente dans le traitement des aliénations mentales qui s'accompagnent de symptômes de mélancolie, et fait cesser rapidement tous les désordres provenant de la faiblesse des organes génitaux.
Le docteur Unanué conseille la coca pour faciliter les digestions; selon lui, elle triomphe des névroses stomacales les plus rebelles, guérit la diarrhée et hâte les convalescences en réparant avec rapidité les forces épuisées par de longues maladies.
On en a retiré un alcaloïde, la cocaïne, qui est peu usité, et ses préparations : la poudre, 2, 3 et k grammes par jour, VéHxir :
ÉLlXm DE COCA DE .1. BAIN.
Foiililes choisies et bien consei'vées. , . 100 ïiranimes.
Alcool de Montpellier ii 80 degrés. ... 300 " id.
Sucre ' 300 id.
Eau 400 iil.
La plante, convenablement mélangée à une liqueur composée de soude, chaux et chlorure de sodium, est traitée successivement par l'eau et l'alcool, et transformée en élixir à l'aide du sucre.
Cette préparation, qui rappelle très-exactement le parfum de la coca, contient tous les principes actifs et produit à très-petites doses tous les effets de la feuille ellemême. 10 grammes d'élixir représentent un gramme de la plante.
Deux à six cuillerées par jour.
COCCYODYNIE. Espèce d'arthralgie sacrococcygienne extrêmement douloureuse, observée principalement chez les femmes récemment accouchées.
Thérapeutique. — Contre la coccyodynie, on emploie les laxatifs qui suppriment la douleur de 'la défécation, les ponunades narcotiques et les liniments au chloroforme; la cautérisalion ponctuée; les injections sous-cutanées de sulfate d'airopine; les narcotiques à l'inlérieur; la seclion sous-cutanée des muscles allachés au coccyx □, et l'ablation totale de cet os
Dans quelques cas il suffit du repos sur un coussin à air incompressible, Iroué au centre, de façon que le coccyx' ne puisse appuyer sur rien (Gosselin).
roCHEIVlLLES. Insectes hémiptères très - employés pour la teinture en rouge des étoffes et de quelques pommades (fig. 129). On les emploie aussi contre la coqueluche :
Fig. 129. — Cûclienille femelle.
cochenille, 1 gramme; sucre, 30 grammes; eau 150 gram- i mes. Trois cuillerées à café par jour f+l.
COCHLÉARIit. Plante de la famille des crucifères
Fig. 130. — C.ocliléarin.
dont les feuilles servent à préparer une teinture, un sirof et du vin réputés antiscorbutiques (fig. 130) f+l.
COCO ET COCOTIER, OU PAOlIER. Arbre gigantesque dont la sève sucrée et fermentée fournit du vin et de 1 alcool. On en tire aussi du vinaigre et de l'huile ; il fournit des amandes, de la crème, du lait et du beurre. Ses racines acres et astringentes sont employées en décoction contre la dysenterie [T]. C'est une espèce de palmier {VEla-ù] qui fournit le sugou.
CODÉINE. Alcaloïde tiré de l'opium dont l'action est plus fugace que celle de l'opium, mais dont le narcotismc sans lourdeur de tète est accompagné de plus d'excitation. On le donne en pilules de 2 à 5 centigrammes et en sirop, 30 grammes m.
CŒI^UKES. Helminthes cestoïdes renfermés en nombre considérable dans une seule vésicule demi-transparente où ils adhèrent à la paroi interne les uns à côté des autres (lig. 1 3 1 ) . Le cœnure caché dam une autre vésicide est lilanf , cylindrique, strié transversalement, long de 2 à 3 millimètres, épais de 1, et sa tête renflée garnie de quatn' ventouses et d'une couronne de crochets eacbée dans l'enveloppe, sort au besoin par une ouverture placée à cet
CŒUR
CŒUR
effet. C'est la présence de cet helminthe dans le cerveau des moutons et du bœuf qui engendre le tournis, maladie
Fis'. 131. — 1. Cœiiiire cérébral. — A. Cœnure. — B. D. TiMos et ventouses. C. Couronne rie crochets. — U. Ouverture de la vésicule fiai' laquelle le en'Dure l'ait passer sa tête. — 2. Vésicule sur la jiaroi de laquelle bour- ^■•onnent des emnures,
caractérisée par un tournoiement continuel de l'animal. On ne l'a pas encore observé chez l'homme.
CŒUR (M.\LAD1ES Du). Le cœur, organe central de la circulation est un muscle creux, tapissé en dedans et en dehors par une membrane séreuse dont l'inflammation primitive ou secondaire est le point de départ d'un grand nombre de lésions de l'organe ou des orifices par lesquels passe le sang.
Toute lésion du cœur et des nerfs qui s'y ^distribuent, active, ralentit ou gène la circulation du sang de façon k réagir sur les autres viscères : ici sur le poumon de façon a produire l'hémoptysie, l'apoplexie pulmonaire, l'œdème, la bronchite chronique et l'emphysème ; là sur le foie qui s'engorge et s'affecte de cirrhose ; ailleurs sur le rein qui s'altère et produit l'albuminurie; plus loin sur le cerveau où peut se produire une rupture artérielle, enfin sur la peau qui se colore en rouge livide ou bleuâtre formant la cyanose.
Cœur (ÂNÉVRYSME Du). L'hypertrophie du cœur avec dilatation de ses cavités n'est pas à proprement parler un anévrysme, mais il faut entendre sous ce nom la dilatation partielle de cet organe ou la présence d'un kyste dans les parois du cœur [Société anatomique) , principalement sur les ventricules
Les dilatations partielles du cœur s'accompagnent toujours de déchirures de la couche la plus interne des parois musculaires et les poches anévrysmales qui en résultent contiennent ordinairement des caillots fibrineux, stratifiés, mous et rougeàtres.
Les accidents des anévrysmes du cœur sont les mêmes que ceux des autres anévrysmes, c'est-à-dire la mort sul)ite, à la suite de la rupture de la poche ou après une syncope.
11 est très-difficile de diagnostiquer un anévrysme du cœur, et jusqu'ici ce diagnostic n'a pas encore été fait sur le vivant.
Thérapeutique. — Le traitement des dilatations anévrysmatiques du cœur est le même que celui des anévrysmes de la crosse de l'aorte. V. Aorte.
Cœur (AsYSTOLiE DU). Chez beaucoup de malades
affaiblis par de l'anémie, par le goitre exophthalmique, par une maladie grave ou chez des sujets atteints de maladie organique du cœur, il se produit parfois une diminution des contractions ventriculaires que l'on appelle asyslolie.
C'est par asystolie que meurent tous ceux qui sont atteints de maladies organiques du cœur.
L'asystolie qui survient dans les cachexies favorise la formation des caillots cardiaques, d'où se détachent des fragments qui pénètrent dans les vaisseaux sous forme d'embolie et entraînent la mort subite.
Quand l'asystolie des maladies chroniques produit une embolie des sinus de la dure-mère, elle amène souvent le délire ouïes convulsions finales de ces maladies.
Thérapeutique. — Dans l'asystolie essentielle des anémiques, et du goitre exophthalmique, il faut appliquer des cataplasmes réfrigérants su,r le cœur (V. ce mot), il faut donner du Champagne frappé, du malaga ou du madère, des potions stimulantes avec l'alcoolat de mélisse et nourrir avec de la purée de viande crue.
Dans l'asystolie des maladies du cœur, il faut supprimer la digitale, et donner des boissons stimulantes en mémo temps qu'on frictionnera la région du cœur avec des huiles essentielles aromatiques.
Dans l'asystolie de la fin des maladies chroniques qui, avec l'embolie des sinus, produit le délire ou les convulsions, il n'y a que des moyens palliatifs à employer, car rien ne peut réussir.
Cœur (Atrophie du). Le cœur perd quelquefois une partie de son volume par suite d'un amincissement de ses parois dù à une diminution du mouvement nutritif local.
L'atrophie du cœur résulte de sa compression par l'hydropéricarde ; de l'anémie produite par le cancer, par la tuberculose pulmonaire, ou par toute autre cause d'affaiblissement.
Les lipothymies, la faiblesse des bruits du cœur qui n'ont pas d'impulsion, la petitesse du pouls, et la dimir^ution de la matité précordiale réduite k '6 on k centimètres carrés annoncent une atrophie du cœur.
Dans l'atrophie du cœur, il faut prescrire des ferrugineux, les toniques et un régime capable de redonner des forces à la constitution.
Cœur (DÉGÉNÉRESCENCE Du) . La dégénérescence graisseuse du cœur, la tuberculisation de cet organe, sa dégénérescence cancéreuse, sont les manifestations infiniment rares de la polysarcie, de la diathèse scrofuleuse et cancéreuse. Ce sont des lésions secondaires développées dans le cours d'un état morbide général plus grave, et il est rare que des symptômes certains les fassent reconnaître pendant la vie.
Cceur (Hypertrophie du). L'hypertrophie du cœur, jadis anévrysme de cet organe, est cette maladie causée par l'augmentation de volume des parois ventriculaires et auriculaires du cœur, avec ou sans augmentation du diamètre des cavités cardiaques.
L'hypertrophie affecte ordinairement la moitié gauche du cœur qui renferme le sang artériel, et porte sur le tissu du ventricule ou sur celui de l'oreillette. L'hypertrophie de la paroi des cavités droites est infiniment plus rare. Cette élection de l'hypertrophie pour le cœur gauche résulte de la grande plasticité du sang rouge artériel, et de la fréquence des obstacles valvulaires dans cette partie du cœur.
CŒUR
CŒUR
Vous Iroiiverez des hypertrophies ventriciilaires simples, excentriques ou concentriques du cœur. Elles résultent : 1" de l'amplialion propoi tionnelle des parois et des cavités cardiaques; 2" de l'anipliation des cavités, les parois n'étant pas augmentées dans le même rapport; 3° de l'hypertrophie des parois avec effacement des cavités (Corvisart, Cruveilhier).
Un cœur adulte hypertrophié, déharrassé du sang qu'il renferme, pèse au moins 280 grammes et peut atteindre le poids de UOO et 500 grammes.
L'hypertrophie du cœur n'amène aucune altération dans la structure intime des fibres musculaires, elle augmente leur nombre et ajoute à leur force contractile.
Vous trouverez presque toujours l'iiypertrophie du cœur accompagnée, soit d'un épaississenienl du péricarde ou de l'endocarde qui atteste l'existence d'une phlegmasie chronique, soit d'une lésion des valvules et des orifices auriculaires ou artériels qui sont rétrécis par des concrétions cartilagineuses ou calcaires.
L'hypertrophie simple du cœur sans rétrécissement congénital des grosses artères ou sans obstacle aux orilices des cavités cardiaques est chose assez rare.
L'hypertrophie du cœur n'est qu'un effet capable d'en produire d'autres à son tour; elle résulte tantôt d'une phlegmasie ancienne des enveloppes du cœur qui entretient la nutrition exagérée de cet organe, tantôt d'un obstacle matériel aux orifices, qui force les jtarois à réagir plus énergiquement pour se vider, ce qui ajoute à la puissance de la nutrition cardiaque, tantôt enfin, d'une action dynamique exagérée, comme on le voit dans les cas d'appauvrissement du sang, et sous l influence d'émotions morales vives, persistantes et prolongées.
L'iiypertrophie du cœ-ur résulte encore très-souvent des troubles apportés à la circulation pulmonaire, par la gibbosité, par les eflbrls musculaires prolongés qu'on observe chez les porteurs du conunerce qui soulèvent de lourds fardeaux, chez les crieurs publics, les joueurs d'instruments à vent, les déclamateurs, les chanteurs.
Vous reconnaîtrez l'hypertrophie simple ou excentrique du cœur gauche à la voussure de la région précordiale, à la matité plus ou moins étendue diï cette région, à l'impuUion du cœur, à la force de ses battements et du pouls qui reste régulier, à la tendance aux congestions cérébrales, aux épistaxis, à la dyspnée, au flux séro-muqueux des bronches, à l'œdème, à l'ascite, et enfin à l'anasarque.
Vous apprécierez l'hypertrophie concentrique du cœur gauche par la matité plus ou moins étendue de la région du cœur, par la faiblesse de l'impulsion cardiaque et du pouls qui est petit et régulier, par la coloration rouge de la face et des téguments, par la congestion cérébrale, par la dyspnée, l'œdème et plus tard l'hydropisie générale.
Une forte impulsion des côtes par le cœ'ur annonce toujours l'hypertrophie veniriculaire jointe à l'hypertrophie de l'orciiletle.
L'amplitude de la pulsation des radiales révélée par le sphygmographe est un signe presque constant de l'hypertrophie.
Vous reconnaîtrez l'hypeitropliie des cavités du cœur droit à la force de l'imijuision du ca-ur et du pouls, à la réplétion des veines du cou et souvent au pouls veineux, à la congestion veineuse de la face cl à la fréquence des iiémorrhagics pulmonaires.
L'hypertrophie du cœur s'arrête, mais ne décroît jamais. j Elle augmente presque toujours avec l'âge plus ou moins l apidement, selon la nature des lésions et le milieu intellectuel ou moral dans lequel vivent les malades. •
La seule hypertrophie cardiaque détermine raremoit la mort, c'est tout le contraire de ce qu'on observe quand elle est compliquée d'un obstacle à la circulation dans les orifices du cœur.
Thérititeiitique. — Quand on a constitué l'existence de l'hypertrophie du cœur, et qu'il n'y a point d'obstacle aux orilices, il faut soumettre les malades à un régime sévère et bien réglé, composé avec ; |
Des aliments légers, des viandes blanches, du poisson, des légumes frais, du laitage, peu de vin et pas d'excitants alcooliques.
Ces malades doivent en outre se tenir le ventre libre, faire un exercice modéré, quitter toute occupation pénible ![ et fatigante, éviter par-dessus tout les émotions de l'âme, ' depuis les agitations du plaisir le plus tranquille jusqu'aux enivrements de la joie, depuis les abattements de la tristesse jusqu'aux emportements de la fureur.
Ne saignez pas adondamment un homme atteint d'hypertrophie du cœur dans le but d'ari éter le mouvement nutritif de cet organe; vous ne réussiriez pas, car les saignées abondantes et souvent répétées produisent l'hyperlrophit du cœur chez les animaux. ■ j
Ne saignez jamais dans l'hypertrophie cardiaque quS pour obvier aux congestions sanguines de la tète et des? | viscères. !
Sachez diminuer la force et le nombre des battements du cœur par l'emploi méthodique des diurétiques, des pur- (jiitifs, des révulsifs et des calmants de la coniractilité cardiaque. I
Les calmants du cœur, la digitale seule ou unie à l'opium et aux sels de morphine, la bryone, la vératrinCj l'aconit, le laurier cerise, l'acide hydrocyanique, etc.; les purgatifs, administrés à de longs intervalles, les révulsifs cutanés à la région du cœ-ur, etc., les diurétiques, tels que le sirop de pointes d'asperges dans une décoction de chiendent , le nitrate de potasse , l'acétate de potasse, la teinture de scille en potion, sont journellement employés et méiitent de l'être. 11 en est d^ même de la digitale, mais il faut distinguer ici le cas d'ap-1 plication. Quelques njédecins donnent la digitale à tort eH | à travers, dans toutes les affections du cœur, à tous le« i instants, dans toutes leurs périodes. C'est souvent un» faute et même une très-grande faute. La digitale n'est in« diquée que dans les cas d'hypertrophie où l'action ner-P I veuse du cœur paraît notablement augmentée, quand il y a pléthore active, quand un obstacle existe à l'entrée des artères aorte et pulmonaire, etc., mais quand il y a hypertrophie avec dilatation exagérée des ventricules, quand il y a relâchement et atonie du cœur, la digitale ne peut contribuer qu'à l'augmentation de cette faiblesse, et partant elle est un mal. 11 en est de même quand avec l'hypertrophie il y a une insuffisance aorlique.
On donne la digitale en poudre, à la dose de 5, 10 et jusqu'à 30 centigrammes dans du ])ain à chanter ou soas foi'me pilulaire, en teinture dans une potion à la dose de 10 ou 20 gouttes, ou la digitaline à la dose de 1 à 3 centigranuiies.
Laennec employait beaucoup les purgatifs dans l'hypertrophie du cœur, et de préférence il prescrivait les drastiques, la gomme gutte, le jalap, l'aloès et même l'extrait de coloquinte.
On a employé à titre de calmants les antispasmodiques,
CŒUR
CŒUR
élher, le rnusc, la valériane, les frictions avec la teinlure lliérée de digitale sur la région du cœur; les frictions vecla voratrine,2 à grammes sur 30 grammes d'axonge; eau de laurier-cerise et l'acide hydrocyaniquc eu potion; es opiacés, tels que l'opium, la jusquiame, lathridace, la iguë, etc.
Enfin, les révulsifs cutanés ont été aussi fort souont mis en usage, et de ce nombre les vésicatoires vo- Luits et surtout les cautères répétés à la région précorliale.
Dans ces cas les malades pourront essayer des eaux <iiiiéraîes purgatives, et particulièrement des eaux de Homourg, de Carlsbad, de Kissingen, de Niederbronn, de Viosbaden, etc.
Coeur (Inflammation du) ou Cardiic. I/intlammation iguë de la substance charnue du cœur est très-rare ; il si très-diflicile, pour ne pas dire impossiliie d'en consta- }r l'existence durant la vie des individus.
Quand on soupçonne l'existence de la cardite, il faut mployer contre elle les saignées générales répétées ou 'S applications de sangsues et de ventouses à la région récordiale.
N'espérez pas rencontrer l'inflammation du cœur ou irdite dégagée de complications; c'est une maladie qui 'existe jamais toute seule ; toujours consécutive à l'enocardite ou à la péricardite rhumatismales, elle ajoute 3s symptômes particuUers à ceux des deux maladies préitées.
L'inflammation de la substance musculaire du cœur ne i reconnaît guère que dans les nécropsies, par le ramolssement rouge ou jaune des libres du cœur, les foyers urulents Situés dans leurs intervalles, les ulcérations qui euvent en résulter, et enfin l'induration du tissu, qui porsle après la guérison.
Thérapeutique. — La digitale et les opiacés, souvent Iministrés contre la cardite, ne conviennent que très-peu uis celle circonstance, et ne peuvent que diminuer hors ? propos la régularité des fonctions du cœur. Ces médiments n'agissent que très-faiblement sur les mouvements 1 cœur dans la période aiguë de l'inflammation.
Les vésicatoires, les cautères, le séton à la région prérdiale, sont avec les saignées ce qu'il convient le mieux employer dans la cardite.
La vératrine à la dose de 5 à 25 milligrammes parjour i pilules données lï iulervalles égaux est fort utile dans cardite rhumatismale.
Coeur (Inflammation de la sf,i\euse du) ou Emiocar- I te (Bouillaud) .
L'inflammation qui se développe dans la membrane sé- Uise interne du cœ-ur a reçu le nom d'endocardite. Elle 'iste à l'état aigu et chronique.
L'endocardite aiguë est ordinairement riumiatismale louillaud), mais on l'observe à l'état de maladie intlamntoire simple, ou compliquée de pleurésie ou de pnounnie.
L'endocardite aiguë occasionne rougeur, ramollisse- 1 mt, dépôts fibrineux plastiques à la face interne des Mtricules cardiaques, et plus souvent dans les valvules i érlelles ou ventriculaires.
L'endocardite aiguë valvulaire l'end Inégale la surface d 5 orifices du cœur et les rétrécit souvent, par suite des a lerences qu'elle provoque entre les valvules, ou des dép s fibriueux saillants qui se font à leur surface.
Les obstacles engendrés par l'endocardite aiguë provoquentsouvent la coagulation d'une certaine masse de sang, dont la fibrine attachée aux colonnes musculaires et tendineuses, devenue chaque jour plus compacte, forme des concrétions plus ou moins volumineuses, qu'on a désignées sous le nom de polype du cœur.
L'endocardite occupe ordinairement le cœur gauche.
L'endocardite valvulaire chronique est chez Vadulte la cause de l'épaississement, de l'opacité des adhérences de l'induration simple, de l'induration cariilagineuse et de la pétrification du tissu de ces valvules, mais il y a chez le vieillard des pétrifications, des indurations, des opacités, des épaississements valvulaires, qui sont la conséquence du dépôt physiologique de phosphate calcaire dans tous les tissus de l'économie, indépendamment de l'état inflammatoire et dont la loi de pétrification sénile peut seule rendre compte. — L'endocardite chronique et la vieillesse produisent dans le cœur des altérations matérielles analogues d'où résultent des rétrécissements et des insuffisances d'orifices; mais il y a ici celte différence curieuse, que l'adulte réagit contre la lésion, de façon à en mourir, tandis que le vieillard n'a plus la force de réaction, vit sans se douter de la lésion qu'il porte et meurt de toute autre affection, laissant ébahi l'organicien chargé de la nécro psie.
Des lésions organiques identiques des valvules du cœur n'ont pas toujours les mêmes symptômes; cela dépend de l'idiosync'rasie du sujet qui les porte, de l'âge où on les observe, c'est-à-dire de la réaction vitale des individus.
Un rétrécissement accidentel de l'aorte placé sur un enfant le tuera infailliblement au milieu de symptômes graves, dans un temps assez court ; supposez le même rétrécissement chez un vieillard, il y en a vingt sur trente qui ne s'en apercevront pas.
L'endocardite aiguë ne produit pas de réaction constante, énergique et facile à distinguer; souvent obscure dans sa manifestation quand elle est peu intense, elle produit dans sa plus grande acuité de la constriclion précordiale, quelquefois de la douleur, de l'anxiété, de l'essoufflement, des pulsations cardiaques fréquentes, inégales, irrégulières, plus ou moins concentrées, avec ou sans matité précordiale, ordinairement avec des bruits de souffle doux, légers ou râpeux, placés au premier ou au second temps, et même aux deux temps de la révolution du cœur.
Ou meurt d'endocardite aiguë, soit par suite des concrétions polypiformes développées dans le cœur, soit par des embolies artérielles susceptibles d'arrêter les contractions de cet organe, soit enfin par une infection purulente causée par le pus de l'endocarde circulant avec le sang ou par des embolies capillaires donnant lieu à des abcès métastatiques (Virchow).
L'endocardite aiguë guérit quelquefois très complètement ; plus souvent elle laisse après elle un état chronique qui devient le point dedépart d'un rétrécissement on d'un'! insuffisance des orifices.
Endocardite chronique. L'endocardite chronique occupe ordinairement les cavités gauches du cœur, c'est une grande exception si on la rencontre dans le cœur droit.
Ne confondez pas les altérations valvulaires du cœ'ur occasionnées par l'endocardite chronique, avec les mêmes altérations produites par l'ossification sénile.
Les indurations et les pétrifications valvulaires de