V. KÉRATITE DIFFUSE, PARENCHYMATEUSE
Thérapeutique. — Fermer l'œil avec des bandelettes de taffetas d'Angleterre, — compresses d'eau glacée surl'œil,
— tenir le malade dans l'obscurité.
S'il y a hernie de l'iris, on répétera les instillations de collyre mydriatique.
Eau distillée 30 grammes.
Sulfate neutre d'atropine 5 centigrammes.
Si la lésion date de plusieurs jours, on excisera le prolapsus : — avec une érigne courbe, fine, on accrochera le prolapsus et l'on réséquera par un coup de ciseau courbe.
Si la plaie de la cornée est irréguhère, s'il y a de petits lambeaux flottants, on les saisira avec une pince à griffes et ils seront coupés avec des ciseaux courbes.
Aux premières menaces d'inflammation, on appliquera dix sangsues à la tempe, — on fera ensuite des frictions mercurielles autour de l'œil ou un vésicatoire à la tempe,
— on administrera le calomel à dose fractionnée (V. Kératite diffuse), et l'on substituera les compresses d'eau tiède aux compresses froides.
Cornée (ULCERES DE LA). V. KÉRATITE ULCÉREUSE.
CORTVËES (Productions). De véritables cornes peuvent se développer sur le tégument, à la face, au bras, au périnée et au tronc, mais rarement aux pieds et aux mains (les ongles, les orteils qui se transforment en une sorte de corne, peuvent cependant être rapprochés des productions cornées de l'épiderme).
Les cornes sont le fait d'une accumulation de cellules épitliéliales imbriquées qui se renouvellent incessamment.
Ordinairement uniques, les cornes existent, ou bien sur une peau saine d'ailleurs, ou bien sur un cancroïde. Elles sont parfois multiples (Ingrassias, F. de Hiklen, Saintdeorge Ash, Heschl). Des cornes affectent une forme conique et comme enroulées sur elle-même, elles tombent et se reproduisent. On a vu des cornes coniques de 30 centimètres.
Des adhérences peuvent s'établir entre les os et les cornes.
Les femmes pauvres sont les sujets les plus fréquemment atteints de productions cornées. Pour les ongles il n'y a pas de distinction. La malpropreté seule et les chaussures qui pressent sur les ongles sont les causes principales du mal.
Thérapeutique. — Une corne qui tombe et ne se reproduit plus (Landouzy).est une exception.
11 faut enlever les cornes avec une portion assez étendue du tégument qui supporte leur base ; — s'il y a adhérence à l'os, on enlèvera encore une portion du tégument et l'on sciera la corne près de l'os (Follin); — qu'il y ait un cancroïde ou un kyste sébacé, il n'y a pas de contreindication à l'opération, — arracher simplement une corne n'est qu'un moyen palliatif, car il y a toujours la récidive.
On pansera la plaie à plat.
S'il y a des cornes multiples on enlèvera les plus volumineuses, et l'on soumettra les malades à une bonne hygiène et à un régime tonii[ue.
Au début de la Iransfonuiilion d'uu ongle en corne, on fera prendre de fréquents bains de pieds, on grattera l'ongle ; la corne une fois produite sera arrachée si elle
est une cause de gêne, si l'ongle repousse, s'il est de nouveau difforme, on détruira la matrice de l'ongle par la cautérisation ou l'excision. V. Ongle incarné, exostose
SOUS-UNGUÉALE.
CORXEILLii. (Pyrénées-Orientales). Eau minérale ferrugineuse acidulée.
CORlVOUILIiER. Arbrisseau indigène des cornées dont le fruit astringent et acide sert, par expression, à faire une boisson acidulé.
CORPS ËTRAIVGERS. Les corps étrangers qui ont déterminé une plaie peuvent séjourner dans les tissus et y causer des accidents. Il en est de même des corps de nature diverse introduits dans une cavité ou un conduit naturel.
Le traitement des corps étrangers consiste toujours à les extraire par des manoeuvres forcées ou à en faciliter l'expulsion. ■
Corps étrangers du conduit auditif. Du cérumen accumulé, des boules de verres et de plomb, des graines, du papier, des insectes introduits dans le conduit auditif externe y séjournent, l'enflamment et perforent quelquefois la membrane du tympan.
Un corps étranger retenu dans le conduit auditif, m ver surtout, détermine une otite externe , un gonfleiueiii de la muqueuse, et des convulsions quelquefois chez les afants.
Pour reconnaître la présence du corps étranger, on explorera le conduit en tirant l'oreille en arrière et un peu en haut, en se plaçant devant une vive lumière. On fera des injections pour enlever le pus s'il y a de l'inflammation. Pour le diagnostic on se fondera sur les antécédents, beaucoup chez les adultes, très-peu chez les enfants.
Thérapeutique. — Si l'on soupçonne que des vers ou des insectes sont introduits dans le conduit auditif on fera des injections huileuses.
Un corps arrondi qui a pénétré dans le conduit en sera chassé au moyen d'une injection lancée par une seringuet, à jet très-fort (Mayor, de Lausanne).
Autant que possible, il ne faut pas se servir d'une curette, mais lorsque l'on s'en sert on lui fera suivre la paroi supérieure du conduit auditif, et l'on basculera. La curetle articulée (Leroy, d'Étiolles) (V. Corps étranger de l'urèthre), les pinces de Rousset de Vallière dont on introduii les branches séparément de chaque côté du corps étrangei sont assez bonnes. 11 n'est pas sans danger d'extraire aver une vrille acérée (J. Cloquet) un noyau de cerise; — ui ver pourra être attiré par un morceau de viande cru( placé dans le conduit auditif (Bérard). Une injection pari; trompe d'Eustache (Deleau) chassera un corps qui aur: perforé la membrane du tympan et se sera logé dans l'o reille moyenne.
Pour faire sortir les corps solubles, on se bornera ton jours aux injections répétées.
Corps étrangers de la cornée et de la conjonc
tî-we. V. Cornée et Conjonctive.
Corps étrangers des fosses nasales. Il arriv souvent que les enfants introduisent (hms leurs narines di corps solides et des corps hygrométriques, comme di pois.
[In éternument, un effort pour se moucher, expulseï généralement les corps étrangers, mais si ceux-ci augniei tent de volume, si la narine se trouve bouchée, l'art do intervenir.
CORP
CORP
Comme on fait presque toujours avouer aux enfants ce ui leur est arrivé, le diagnostic n'est pas difficile, cepenant on se trouve fort embarrassé quand il s'agit d'un fait xceptionnel, ce qui s'est vu à propos d'un pois qui ,vait germé dans la fosse nasale (Renard, de Bordeaux) .
Thérapeutique. — On extraira le corps avec des pinces lu avec une curette, mais, pour favoriser l'extraction, on era des injections d'eau dans la narine libre, car le liquide evenant par l'autre, repoussera le corps étranger en ivant, et cela facilitera son extraction.
Corps étrangers des fosses nasales et du sinns naxillaire. Les balles, les morceaux d'étoffe, les esuilles osseuses, constituent les corps étrangers des fosses asales. Il est des cas pathologiques dans lesquels une avité nasale étant oblitérée ou un sinus maxillaire étant uvert, un corps étranger placé dans le but de dilater une arine est introduit dans les fosses nasales ou dans un inus et détermine des inflammations variables. Les indialions ressortiront des cas particuliers.
On a vu un insecte, un ver (Pallas) dans le sinus maxillire, s'il y a communication des fosses nasales avec le nus, on fera une injection d'huile dans la fosse nasale.
Thérapeutique. — Quand des narines tendent à se )uder et sont maintenues béantes par un bout de sonde ou n tube de plomb, ces instruments dilatateurs entrent queluefois dans les fosses nasales. Pour les extraire, ondilara les orifices avec l'éponge préparée, et l'on cherchera extraire le corps avec des pinces, on le morcellera au esoin pour l'extraire avec plus de facilité.
Comme il est impossible de dilater le sinus maxillaire, n fera des injections pour forcer le corps étrangers à 3rtir, sinon on le morcellera avec une pince solide ou un rise-pierre après avoir ouvert le sinus. Lorsqu'une esquille, un corps étranger ont été introduits travers une plaie, on ouvrira les narines sur les côtés et on ira à la recherche du corps étranger.
Corps étrangers de rcesopliage. Des aliments non oyés, des os, des pièces de monnaie, ou d'autres objets,
s entozoaires, remontés de l'estomac, s'arrêtent quellefois dans l'œsophage, chez les vieillards dépourvus de nts, chez les individus qui mangent gloutonnement, et lez les enfants qui avalent les objets avec lesquels ils uent; alors survient une contracture de l'œsophage qui imobilise le corps étranger et donne lieu à des accidents eaux immédiats ou consécutifs.
Qu'ils soient arrêtés à la partie supérieure de l'œsophage qu'ils soient arrêtés à l'orifice cardiaque, les corps rangers du conduit œsophagien donnent lieu à une dyslagie plus ou moins prononcée.
Lorsque dans le cours d'un repas, un individu venant avaler un corps volumineux, il survient une douleur vive des efforts de vomissements suivis d'une suffocation ntinue, et une asphyxie d'autant plus intense que le rps étranger est plus volumineux, on diagnostiquera un rps étranger de l'œsophage. Du sang, quelquefois mêlé IX mucosités vomies, une douleur incessante, l'impossihté d'avaler, l'exploration de l'œsophage avec le doigt i avec une sonde de gomme; la piésence d'un corps dur r le trajet de l'œsophage au cou, une sensation de piire éprouvée en ce point par le malade (Gaultier de lubry), confirment le diagnostic.
L'exploration avec la sonde est le seul moyen de dialostic certain d'un corps étranger arrêté à l'orifice œsolagien inférieur.
Quand les corps étrangers de l'œsophage sont très-volumineux ils tuent quelquefois par asphyxie en comprimant le larynx et la trachée. Chez les enfants, il y a eu des cas où l'on a pris un de ces accidents pour un croup.
Les corps étrangers durs, fixés en un point de l'œsophage, peuvent tuer par les complications auxquelles ils donnent lieu, savoir : une œsophagite phlegmoneuse, avec production de pus abondant et fétide ; — une perforation de l'œsophage et des abcès dans le médiastin postérieur, ou au cou, vers lequel ils cheminent sous les aponévroses pour s'ouvrir à l'extérieur en causant une fistule — une perforation de la trachée et un passage des matières alimentaires dans les voies aériennes ; — la perforation d'un gros vaisseau et une hémorrhagie mortelle (Bazin); — la perforation des vertèbres après y avoir fait naître une ostéite.
Une induration de l'œsophage (Littre) et des parties voisines existe autour d'un corps étranger arrêté depuis longtemps dans l'œsophage, et simule une dégénérescence cancéreuse ; l'induration peut exister en même temps sur le périoste des vertèbres du cou.
Le diagnostic est difficile si l'antécédent de corps étranger n'a pas pu être bien déterminé.
On ne confondra pas avec un corps étranger de l'œsophage la sensation qui persiste après l'expulsion de ce corps étranger ou son passage dans l'estomac si l'on explore le conduit avec la sonde œsophagienne. V. ŒsopiiA-
GISME.
On ne prendra pas la grande corne de l'os hyoïde pour un corps étranger, une arête , parce que le doigt pouvant être introduit à son niveau, on sentira la portion de l'os recouverte par des tissus.
Thérapeutique. — On extraira les corps étrangers de l'œ^sophage fixés à la partie tout à fait supérieure de ce conduit par la bouche avec des pinces à anneau courbe, ou avec une pince de Hunter, en abaissant fortement la base de la langue.
Lorsque le corps étranger est situé plus bas, on se conduira de différente façon si le corps est digestible ou s'il ne l'est pas. Dans le premier cas, on le poussera dans l'estomac avec une sonde œsophagienne; dans le second on aura recours aux procédés d'extraction variables ou à l'œsophagotomie.
Pour extraire les os ou les corps un peu durs, on se servira du crochet de Rivière ou du crochet à bouton de Stedman, àn parapluie Ae Baudens, et s'il s'agit d'une pièce de monnaie, on se servira de la baleine munie du panier de Graefe .
Si l'on ne peut réussir par ces moyens, on emploiera une éponge serrée au bout d'une baleine et l'on tâchera de la faire passer au delà du corps étranger pour la laisser se gonfler ; puis on la retirera en ramenant le corps étranger.
Pour arriver vite à ce résultat par le même mécanisme, on introduit en arrière du corps étranger, à l'aide d'un mandrin rigide, une sonde à boule de caoutchouc vide que l'on distend par l'insufflation et que l'on retire en amenant le corps étranger. (Modification du procédé de Beniqué qui se servait d'un sac de baudruche au bout d'une sonde.)
Si le corps étranger est arrêté par un spasme de l'œsophage, si des aspérités ont pénétré dans cet organe, le hasard seul peut favoriser l'extraction. — On devra cesser les tentatives d'extraction, dès qu'il y aura de l'inflammation, — on soutiendra les malades avec des aliments li-
CORP
CORP
quides, lels (jue le bouillon ou le lait; — on i)i'ali(iucra l'œsopliagotoniic comme dernière ressource.
Il faut toujours opérer du côté gauche; pour cela, on placera le malade horizontalement, la tête renversée en arrière et inclinée à droite, de façon à faire saillir le muscle slerno -mastoïdien qui sert de guide pour l'incision do la peau.
Si le corps étranger fait saillie et s'il est possible de le sentir, on incisera en se guidant sur la partie dure (Boyer). Quand le corps ne se sent pas, on introduit une sonde de femme dans l'œsophage et on la fait saillir du côté gauche (Vacca Berlinghieri), et l'on peut évaluer à quelle distance on est de l'œsophage.
Le muscle peaucier et l'aponévrose cervicale superficielle coupée, l'aponévrose, qui sépare la trachée de la gaîne des vaisseaux, est divisée avec précaution, on sec- Uonnel'omoplat-hyoïdien sur la sonde cannelée (Bégin), ou l'on écartera ce muscle (Boyer) ; .puis la recherche de l'œsophage continuera, le chirurgien portant avec son doio-t indicateur les vaisseaux en dehors, un aide portant en dedans les muscles sterno-hyoïdien et sterno-mastoïdien.
Vr^. l4i. — Ploie pour faiiv l'œsopliagotomie. — Muscle steiiio-mastoitlioi). — s. Muscle sterno-byoidion. — l. Tracliée, — œ. Œsopliago. — i. Incision de rœpopluigo.
Pour savoir si l'on est sur l'œsophage, on fera exécuter des mouvements de déglutition ; si l'on n'est pas sftr d'être sur l'œsophage, on introduira la sonde de femme à plusieurs reprises.
Si les parois du canal sont indurées, les rapports de l'organe bien appréciés permettront d'éviter l'erreur, on cherchera immédiatement en arrière et à gauche de la trachée.
Une incision de 12 millimètres que l'on agrandira en haut et en bas sera faite au canal, soit pour faciliter la sortie du corps étranger, soit pour permettre d'introduire des pinces courbes ou des pinces à double croisement pour aller à la recherche du corps.
Le nerf jihrénique, le nerf récurrent gauche et le nei'f pneumogastrique doivent être évités.
Après l'opération, on rapproche les lèvres de la plaie, on lave la partie supérieure de l'œsophage par des injections d'eau tiède. On panse à plat, et les pansements sont renouvelés fréquemment.
Quand un hameçon est introduit dans l'œsophage, une balle de plomb percée doit être enfdée dans le crin fixé à l'iiameçon, puis un roseau est engagé sur le même crin, et par des ébranlements de cette tige on arrache l'hameçon (IxM'oy Anlliony).
Quand ce sont des enlozoaires, des lombrics par cxemple (pii sont remontés, on donne des boissons abondantes et un vomitif (iucl(|ucs heures après. Si une sangsue est avalée, on donne des boissons salées et un vomitif ensuite.
La sul1o( atiini cl l'asphyxie réclament en tous caslatracliéolomie immédialc ; on songera après au corps étranger. Il n'y a d'cxc rpiioii> (pie puur le cas où le corps étran-
ger étant à la base du pharynx, on peut aller facilement et vite à sa recherche.
Un rétrécissement est ordinairement la conséquence du séjour prolongé d'un corps étranger dans l'œsophage. V. Œsophage [Retrccisse^nent de V).
Corps «■(rangers des paiipit-i-cs. Quelques gouttes d'une solution de gomme épaisse, jetées entre les paupières, enveloppent le corps étranger qui s'y trouve, cahment la douleur qu'il provoque et peu à peu l'entraînent si l'on presse légèrement la paupière. Le mieux est de retourner la paupière et de chercher le corps étranger; pour retourner la paupière supérieure, on saisit le plus do cils que l'on peut entre les mors de la pince, et avec une sonde cannelée on presse sur la partie supérieure de la paupière pendant qu'on relève les cils ; pour retourner la paupière inférieure, on l'abaisse avec le pouce, et elle se retourne en partie.
On peut encore passer la paupière inférieure sous la supérieure, et frotter au dehors, de façon que les cils inférieurs entraînent le grain de poussière entré dans l'œil. V. Conjonctive; Cornée (Corp.s étrangers de la).
Corps cdi-nBigers dacts les plaies. — V. PlAIES [Complirations des) et Plaies par armes a feu {Compli- I cations des] .
Corps ë(ran;;ers dn rectum et de l'nniis. Toâe^ sortes de corps étrangers ont été trouvés dans le recluw des ustensiles de table, des vases de faïence, des billes, i une queue de cochon (Pierre de Marchettis), une chopei bière (Velpeau), une sangsue (Lafond). On compte encore des fèces endurcies comme des corps étrangers.
L'aveu des malades, une constipation opiniâtre, quelquefois une dilatation de l'anus avec incontinence des matières fécales, le toucher rectal, le contacl de la canule d'un irrigateur avec le corps étranger, la sensation du bistouri arrêté sur une partie dure pendant l'opération d'une fistule à l'anus, conduisent au diagnostic. Presque toujours l'anus est plus saillant, le pli anal est effacé et le périnée est tendu, il y a des elîorts incessants de défécation.
Abandonnés à eux-mêmes, les corps étrangers du rectum qui ont un petit volume sont quelquefois expulsés spontanément; d'autres fois, s'ils sont un peu gros, ils arrêtent le cours des matières fécales et font croire à un iléus; dans certains cas, ils compriment la vessie et l'urètlire, et déterminent une rétention d'urine qui peut en imposer. Quelquefois le corps étranger remonte dans le côlon.
A la longue, sous l'influence des corps étrangers de l'anus, le rectum s'enflamme, des abcès se forment autour de l'organe, dans la fosse ischio-rectale, même dans le petit bassin, où ils peuvent causer une péritonite. Dans le premier cas, une fistule se produit, dans le second la -mort arrive par généraHsation de la péritonite ou par phlegmon et gangrène étendue dans le petit bassin.
La disparition du corps étranger, lorsqu'il n'a pas séjourné trop longtemps, fait immédiatement cesser les accidents inilammaloires, ou est suivie de la formation d'une fistule à l'anus, lorsqu'il y a eu un commencenieni de phlegmon pi'rirectal.
Les perforations et les déchirures de l'intestin par un corps angulaire introduit dans le rectum, sont des complications hmjours très-graves et qui entraînent souvenl des jiblegmasies redoutables et la mort.
Tlicraiiciiliijac. — l ne sangsue s'étant iiitroduile dan? le ivcluiii, on l'en fera sortir en donnant un lavement for-
eoRP
CORP
;ment salé, ^lO grammes de sel marin pour 250 grammes 'eau.
Une queue de cochon ou un corps élranger allongé el ouvert d'aspérités sera extrait avec un roseau creux ou lieux avec un spéculum de verre un peu éiroit que l'on lissera sur le corps étranger.
Une bille ou un coj-ps arrondi sera extrait avec des înettes, — si ces corps sont très-volumineux on les morellera avec un brise-pierre, et l'on extraira les fragments vec une tenette ou un petit forceps (Velpeau), niais on ne ébridera pas le sphincter; le seul cas où l'on devra dérider est celui où, ayant affaire à un corps étranger, de erre ou de faïence, on craindrait de le briser. Mieux audrait débrider, en arriére ou sur les côtés, et presser ur le venti'e pour faire sortir le verre ou la tasse de porelaine.
Les matières fécales durcies seront ramollies avec des ivements; si l'on ne réussit point, on les extraira avec ne tenette ou avec une cuiller, guidée par le doigt. Si les lalières étaient extrêmement dures, on les briserait avec n litholriteur.
Toutes les fois qu'un corps étranger a été retiré du .'ctum , on donne tout de suite deux ou trois grands lavements a malade et on le jilace dans un bain. — Si le rectum a lé blessé, on fera une iri'igation continue avec l'irrigateur
double courant, ou l'on donnera six fois par jour des emi-lavements glacés qui seront gardés le plus longtemps ossible ; aux premières menaces d'inflammation, on apliquera des sangsues au périnée.
Corps «>traiig;crs du tiihe «lij^catif. Des corps de ature, de forme, de volume variables, peuvent être in- •oduits impunément dans le tulie digestif et sont rendus ar la déK>cation : une lame de couteau (Job à Mekren), n grattoir à papier dont la lame était ouverte, des ciseaux, ne flûte (Olaùs, Wormius, l!arlholin),inie fourchette (Leendre), une balle, ont ainsi pu traverser tout le tube igestif. (V. Pl.^ies de l'estomac.) On a trouvé un étui de alérien pesant 650 grammes introduit par l'anus (de Closladeuc).
Les corps étrangers de l'intestin, surtout les corps poinis, produisent quelquefois des accidents graves, perforent s intestins, sortent au dehors avec le pus des abcès, et assent dans un organe voisin, c'est ainsi que des aiguilles ralées ont passé dans la vessie.
Des noyaux de fruit oblitèrent parfois les intestins. . Intestins {Calculs et concrétions des).
Lorsque des corps non vénéneux sont introduits dans le ibe digestif et s'y arrêtent, ils peuvent pendant longtemps e produire aucun symptôme fâcheux. A la longue ils déirminent une péritonite circonscrite, et des adhérences, 5 perforent l'intestin, déterminent un abcès qui s'ouvre ir la paroi abdominale dans le point le plus proche ou au in. On rencontre ces abcès daiis les liypochondres, dans
région inguino-crurale. Des fistules stercorales persisnt (V. Abcès des parois de l'abdomen) et l'on y trouve aelquefois des corps étrangers incrustés de matières callires (fiiraldès). Les corps anguleux, comme le verre, la n'celaine, les os volumineux, déterminent des ulcérations î l'intestin et des péritonites mortelles, les noyaux de uit, des pépins arrêtés dans l'appendice iléo-caîcal iriquet), dans des hernies (J. L. Petit), peuvent proaire des accidents du même genre.
Les corps vénéneux, tels que les morceaux de métal, le omh et le cuivre surtout, causent les accidents de l'enilisonnement par le plomb et le cuivre.
On reconnaît les corps étrangers du tube digestif au
accidents racontés par les malades, quelquefois à la sensation d'un corps dur à travers la paroi abdominale. Mais la plupart du temps il n'y a que des coliques, de la constipation, et l'on ne soup(,-onne un corps étranger que par une douleur fixe, par un abcès stercoral qui se montre sur la paroi abdominale, et qui se reconnaît à ce qu'il contient des gaz et est sonore à la percussion, mais cela n'est point constant; lorsqu'il y aune fistule slercorale, le corps étranger est révélé quelquefois par le cathétérisme de la fistule.
Thérapeutique. — Lorsqu'un corps éti'anger est arrêté dans l'estomac ou dans l'intestin, on peut l'extraire directement, comme cela a été fait autrefois, surtout si le corps est senti à travers la paroi abdominale qu'il soulève. Mais cette opération faite avant la formation d'un abcès est toujours extrêmement dangereuse ; — un purgatif doux, 25 grammes d'huile de ricin, aidera beaucoup l'expulsion du corps étranger.
S'il y a un abcès (V. ArJCÈs DE LA l'Aiioi abdominale), on traitera par les moyens appropriés ; si le corps étranger est expulsé, il restera une fistule qui peut guérir promptement; — si le corps est resté dans l'abcès entretenant la fistule, on sondera la plaie avec une sonde de femme; — si. le corps est mobile on l'extraira, après avoir dilaté la fistule avec de l'éponge préparée et l'on extraira le corps, mais il est meilleur d'attendre que le corps se présente de lui-même à la plaie. — S'il y a des accidents d'intoxication par des corps vénéneux, on donnera les contre-poisons, des sels de cuivre ou autres ; si l'on était appelé au moment ou des corps étrangers, tels que des verres, des noyaux de cerises, ont été avalés, on donnerait des pâtés de mie de pain en grande quantité, on donnerait de l'huile de ricin, 30 à Ui) grammes ; si des noyaux de fruits étaient arrêtés dans le c;ecum, on administrerait des lavements répétés avec le sulfate de soude et le séné à la dose de S à 15 grammes de chaque substance.
Lorsqu'une aiguille avalée vient faire saillie sous la peau, loin du tube digestif, on l'extraira par une incision, si l'aiguille sort par la paroi abdominale on attendra que la peau soit sur le point d'être perforée et l'on extraira l'aiguille par une petite incision.
Corps étrangers de l'iirèihre. Des corps étrangers peuvent s'arrêter dans l'urèthre, mais avec le temps ils vont toujours dans la vessie.
Une rétention d'urine et des douleurs vives, avec tuméfaction du canal, révèlent l'e-xistence des corps étrangers dans l'urèthre.
Thérapeutique. — Si le corps est une épingle, on en fera passer la pointe au dehors à travers l'urèthre (S. Coo' per, Boinet), puis on la fera ensuite remonter la tête du côté du méat.
S'il s'agit d'un corps arrondi on se servira de la pince à deux branches de Hunter, de la pince à trois branches de Leroy (d'Etiolles) ou de la curette de Bonnet (de Lyon) modifiée par Leroy (d'Etiolles) et Charrière.
Si le corps se sent bien, s'il est rugueux, une incision sera faite sur le canal, et l'on extraira le corps étranger comme un calcul. V. Calculs vésicaux, Litiiotritie, Pierre arrêtée dans l'urèthre.
Corps étrangers dans Tutérus. Un bout de sonde, un morceau d'éponge préparée introduit dans le col pour provoquer l'accouchement ou l'avortenient, peuvent rester dans l'utérus, et sont ordinairement expulsés spontanément, mais ils font naître une métrite lorsqu'ils séjournent dans cet organe. On a vu des malades qui, par une aber-
CORP
ration d'esprit iiiconcevahle, slulrodiiisaient clles-mèmos des cailloux dans l'utérus (Nélaton). Eu les extrayant on avait cru à une pierre de la matrice, l'examen a montré qu'il s'agissait de cailloux de silice.
Thérapeutique. — Si les corps étrangers de l'utérus étaient enfermés dans la cavité utérine, on traiterait par les procédés employés pour extraire les débris de placenta ou les concrétions calculeuses de l'utérus. V. Calculs de l'utérus.
Corps étrangers de la vessie. Des débris de vète-
Fig. 115. — Instrument do Lei'oy (J'ÉtioUes) pouf extraire les sondes do la vessie. — A. Gouttière de la brailclie i'emelle. — K'. Croehet. — S. Sonde prise par le crochet B.
ment, des projectiles d'arme de guerre, des sondes molles, des morceaux de brise-pierre, des tentes, des hourdonnets de cbarpie, des corps les plus variés introduits par une aberration lubrique, des épis de blé ou d'orge (Morgagni, Chopart), des épingles qui ont cheminé dans les tissus, et chez la femme en particulier, des étuis, des morceaux de bois, des passe-lacets, des épingles à cheveux, ont été rencontrés dans la vessie. Une grossesse extra-utérine même, après avoir adhéré à la vessie, s'ouvre parfois dans cette cavité et y verse des débris de fœtus.
Les corps enfermés dans le rectum ou le vagin peuvent passer dans la vessie après en avoir ulcéré les parois, et c'est ainsi qu'on explique la présence de matières stercorales dures, des pessaires dans le réservoir urinaire.
.'Vprès avoir séjourné dans la vessie, tous les corps, excepté ceux d'argent ou de gutta-percha (Civiale), présentent plus ou moins d'incrustation et deviennent le noyau d'un calcul friable de phosphate terreux.
D'autres fois les corps anguleux irritent la vessie, la perforent et passent dans le vagin ou le rectum sans produire forcément une fistule, ou bien ils occasionnent une cystite, avec des ulcérations, des perforations et des infiltrations urinaircs et des phlébites; mais ces cas sont rares.
Cliez l'homme on soup^'onne les corps étrangers de la vessie d'abord par la confession des malades, puis par une rétention d'urine, et souvent par des douleurs vives de la miction. — Chez les femmes on les soupçonne par les signes d'une cystiU;, niais on n'acquiert de cerlitu.le que par le caihétérisme Dans ce cas. il faut associer le toucher vaginal au tathélérisnie et faire des injections vésicales ou explorer quand la vessie est chargée d'urine.
S'il y a une plaie de la vessie l'exploration avec le doigt
CORP
ou avec une sonde de fennne est le meilleur moyen de diagnostic.
Thérapeutique. — S'il y a ouverture à la vessie, on extraira les corps étrangers avec des pinces.
Chez l'homme, les morceaux de bois, les centimes, les médailles, les graviers, les corps arrondis, seront, après une dilatation préalable du canal, extraits avec un petit brise-pierre explorateur (V. Calculs vésicaux) (Ségalas), si le corps est trop volumineux on le sectionnera avec le litholabe inciseur (Leroy, d'Étiolles, Civiale) . Arrivé au col de la vessie, on desserre un peu le brise-pierre et le corps ou les fragments roulants pénètrent mieux entre les branches du brise-pierre et pourront être extraits plus aisément (Caudmont).
Pour extraire une sonde, on se servira d'un instrument en forme de lilhotriteur dont la branche femelle est un simple canal un peu évasé et reçoit une branche mâle recourbée en crochet, la sonde saisie en un point quelconque se ploie en deux et quand elle est fortement prise par le crochet on extrait lentement (Leroy, d'Etiolles). Cet instrumeni est supérieur à tous les autres (fig. 145). Si Ir corps est incrusté ' et forme calcul on fera It lithotritie (Philips). Mais la taille est préférable fû y a irritation de la vessie.
Lorsque toutes les tentatives pour extraiiun corps arrondi qu'on ne peut briser auront échow, on pratiquera la taille. V. Calculs vésicaux.
Chez la femme, on extraira les corps arrondis . en dilatant l'urèthre, et en allant à la recherche de l'objet introduit avec une pince à pansement ; s'il r est trop gros on le broiera ou on l'incisera avec le litholabe inciseur.
On extraira les épingles à cheveux libres avec un crochet, placé perpendiculairement sur une tige droite (Galli, de Lucques), et beaucoup mieux avec le crochet enferirit' dans une gaîne cylindrique; pour cela, une injection étaiil faite dans la vessie, on introduira l'instrument pour faire saillir le crochet en dehors de la gaîne et l'on ira à la recherche de l'aiguille ; quand elle aura été accrochée, on fera rentrer le crochet, puis à l'aide du pignon on forcera l'aiguille à se plier pour entrer dans la gaîne et elle sera i retirée avec l'instrument (lig. 147).
Pour extraire une tige non flexible, on se servira del.i sonde creuse, taillée en bec de flûte, munie de la pincf à deux branches dont une h crochet de Charrière, ou delà sonde, semblable munie d'un simple crochet (fig. 1/|6): les passe-lacets, saisi par leur milieu, basculent quand Kcrochets sont arrivés au niveau de l'extrémité de la sonde, et ces tiges se placent dans l'évasemcnt de la sonde avec laquelle elles restent parallèles de façon à pouvoir êtv alors extraites.
Si les corps sont incrustés de matières calcaires, on fera d'abord la lithotritie ; — si le corps introduit est de bois, on le brisera de même qu'un calcul, mais pour un étui, il faut toujours dilater le canal et tâcher de retirer le coi'iiétranger sans l'ouvrir.
Èn cas de cystite et d'enclavement du corps étrangfi dans la vessie avec désordres graves, inuninenls, on fera sans hésiter l'opératiou de la taille. Pour faire la taillf vaginale, la malade étant couchée sur le côté, un spéculum univalve américain étant placé Mir la paroi \w>W ricure du vagin, le chirui-gicn, guidé par une gro^-' sonde cannelée (l)iqutylren), incise le canal et fait largement un débridement de l'urèlhre et du vagin, avec K' bistouri boutonné : des injections fréquentes seront faitedans la plaie qu'on ne réunira pas et qui se fermera seule
CORP
CORP
— si une lislule persiste, on la traitera par les cautérisations avec le nitrate d'argent ou avec un stylet rougi à
ig. 146.— Instruments pour extraire Fig. 147. — Crochet de Courty à piles passe-lacets (Mathieu;. gnon pour extraire les épingles à cheveux.
liane; enfin, en cas d'insuccès, on opérera plus tard la stule.
On peut faire la taille uréthrale pour extraire les corps trangers de la vessie, dans ce cas, on débride l'urèthre
droite et à gauche (Louis, Fleurant), car l'incision en aut (Colot) est moins bonne. On débride ensuite le col e la vessie sur plusieurs points (A. Dubois), l'urèthre tant ainsi agrandi, on extrait les corps étrangers avec des enettes.
Quand on a recours à la taille, chez la femme, on devra voir présent à l'esprit que la taille uréthrale laisse une [icontinence d'urine au moins autant de fois que la taille ésico-vaginale laisse de fistule.
On ne doit jamais laisser un corps étranger dans la essie, il faut d'abord chercher à l'extraire avec les intruments spéciaux, on tentera ensuite de briser le corp; t de l'extraire en fragments; lorsque ces deux moyens ont choue, il faut toujours avoir recours à la taille.
Corps ctiangei-s des voies aériennes. Des liqui-
BOUCHUT ET DESPRÉS. 2'= édit.
des, des solides, du sang, du pus, de la matière tuberculeuse, introduits dans les voies aériennes, peuvent déterminer une asphyxie mécanique. Les boissons introduites du dehors n'y pénètrent jamais en grande quantité, mais le sang et le pus provenant d'une altération au voisinage du larynx peuvent pénétrer en abondance, le larynx ne fonctionnant plus normalement. Le pus des abcès du poumon ou d'une cëfverne ou les anévrysmes ouverts dans les bronches versent une abondante quantité de liquide, et entraînent ordinairement la mort.
Les eaux de l'amnios pénètrent quelquefois dans les bronches des nouveau-nés au moment de la première inspiration, et il y a une asphyxie comme chez les noyés, par introduction de liquide dans les voies aériennes.
Des corps solides solubles, comme le sucre, des corps insolubles comme des graines, des noyaux de fruits, des haricots, des amandes, des dragées, des pièces de monnaie, des os, des arêtes, des morceaux de viande, des épingles, sont les corps qui pénètrent ordinairement dans le larynx. On y a vu : un lombric remonté de l'estomac par l'œsophage; une aiguille, qui avait cheminé dans les tissus ; un séquestre du sternum ayant pénétré par une ulcération de la trachée-artère (Morgagni); des hydatides du poumon ayant ulcéré les bronches et rempli l'arbre aérien ; un ganglion tuberculeux du médiastin ayant perforé la trachée (Berton).
Les enfants qui, dans leurs jeux imprudents, gardent des corps solides dans la bouche ; les aliénés que l'on fait manger de force ; les vieillards dépourvus de dents et qui ont une paralysie du pharynx, sont plus que tous les autres exposés à l'introduction des corps étrangers dans les voies aériennes.
Les corps étrangers venus du dehors occupent d'abord le larynx, descendent ensuite dans la trachée et s'arrêtent à la bifurcation des bronches, à moins qu'ils ne soient anguleux, et dans ce cas ils restent dans le larynx et vont quelquefois se loger dans les ventricules de cet organe.
Sous l'influence de la toux les corps étrangers jjcuvent être expulsés, mais le plus souvent ils restent dans les voies aériennes, et alors il y a une toux violente, avec crachats sanglants, quelquefois des accès de suffocation, de l'aphonie ; la face violacée, la turgescence des veines du cou et de la face, les yeux larmoyants, le refroidissements des extrémités, le sentiment perdu, révèlent une asphyxie qui se termine en une ou deux minutes par la mort, à moins que le corps étranger ne soit soluble.
Dans les corps étrangers des voies aériennes, l'auscultation de la trachée donne la perception d'un bruit de claquement (Dupuytren), et le murmure respiratoire du poumon est aboli.
Lorsque le corps étranger n'oblitère pas toute la trachéis ou le larynx, il y a de la dyspnée et des accès de suffocation plus ou moins fréquents, qui augmentent principalement quand le corps étranger est hygrométrique, comme un haricot ou une graine. Il y a des malades qui ont des envies de vomir et de la difliculté de la déglutition. Chez d'autres il y a de la douleur, et elle est plus marquée si le corps siège dans le larynx.
S'il y a asphyxie imminente et subitement développée après un repas, ou chez un enfant qui jouait avec quelque objet d'un petit volume qu'on ne trouve plus auprès de lui, on devra soupçonner l'introduction d'un corps étranger dans le larynx ou les bronches ; l'absence de murmure vésiculaire malgré la dilatation du thorax, la
CORP
CORP
douleur du larynx et les efforts involontaires des malades qui portent la main au cou comme s'ils voulaient arracher un lien qui les étrangle, sont des signes importants qui indiquent l'utilité de la trachéotomie avant les explorations, longues peut-être et que la situation du malade ne permet pas.
Si l'*asphyxie n'est pas établie, s'il n'y a encore que des accès de suffocation, l'absence de murmure vésiculaire des deux côtés ou d'un seul côté de la poitrine, avec conservation de la sonorité, indiquera qu'il y a un corps " étranger dans le larynx ou dans une bronche.
On ne peut confondre les corps étrangers du larynx qu'avec les corps étrangers volumineux introduits dans l'œsophage (V. ce mot). Mais dans ceux-ci la dyspnée est continue, il n'y a que très-rarement des accès de suflbcation.
On ne doit pas laisser un corps étranger insoluble dans la trachée et le larynx, quand même les accidents se cal- ■ nieraient momentanément.
Thérapeutique. — S'il s'agit d'un corps soluble non vénéneux, on se bornera à attendre.
Si le corps étranger n'est pas soluble, on commencera d'abord par introduire le doigt dans la bouche pour s'assurer si le corps n'est pas arrête à l'orifice supérieur du larynx, et dans ce cas on l'extraira avec une pince courbe. Si les accidents ne sont pas intenses et que le corps soit petit, on mettra le malade la tète en bas ; on le fera vomir, en titillant la luette avec une plume. On recherchera attentivement si le corps n'a pas été rendu, et au premier accès de suffocation qui reparaîtra, on fera la trachéotomie, la laryngotomie ou la laryngotomie cricoïdienne. — Si la sulfocation est imminente, on ne choisira pas entre les moyens précédents, on fera la trachéotomie.
Une incision trop longue sera faite à la peau, on disséquera précipitamment; arrivé sur la trachée on accrochera celle-ci avec un ténaculum (Chassaignac), ou fera une incision d'une étendue de 2 à 3 centimètres au-dessous du pédicule du corps thyroïde, et l'on placera immédiatement un dilatateur; — le malade sera couché liorizonlalement, si une syncope menace. Si la respiration n'est pas rétablie sur-le-champ et si le corps est placé à la bifurcation des bronches, il faudra aller à sa recherche avec une pince courbe, mais ordinairement le corps vient se présenter de lui-même à l'ouverture (Favier), où il est saisi avec les pinces. Si le corps est fixé dans le larynx, la respiration une fois rétablie par la plaie, on ira chercher le coips étranger par la bouche en s'aidant de l'examen laryngoscopique, ce qui se peut, le malade respirant par l'ouverture de la trachée, on atteindra sûrement le corps par la plaie, on le repoussera dans la bouche avec une sonde de gomme. Tous les corps qui ne sont pas des os ou des arêtes finissent par descendre et ils arrivent d'eux-mêmes à la j)laie.
.\près la trachéotomie, une anse métallique (Thomson) pour extraire le corps étranger est moins bonne qu'une longue pince.
Une fois le corps sorti on laisse une canule, si l'incision de la trachée a été, dans la précipitation de l'opération, irrégulièrement taillée ; dans le cas contraire, on place des compresses d'eau fraîche sur la plaie ; — si un emphysème sous-cutané tendait à se produire, on placerait une canule pendant (piaraiite-lmil lieures.
Si le chii urgicn- arrive dans l'intervalle d'un accès de suflbcatidn, il auscultera la trachée; si le bruil de dM[i\cment nuuKiue, s'il n'y a de duuleur qu'au niveau du larynx.
si le doigt introduit dans la bouche a senti le corps étranger, ou si Ton a vu le corps avec le laryngoscope, et si l'on n'a pu l'extraire avec une pince, on fera la laryngotomie sus-hyoïdienne.
Incision transversale de i à 5 centimètres, dissection, section de la moitié des muscles sterno -hyoïdiens, section de la membrane thyroïdienne, section de la muqueuse qui fait alors saillie à chaque expiration, l'épiglotte poussée dans la plaie par l'air chassé des poumons est saisie avec une érigne, et l'on aperçoit l'ouverture supérieure du larynx où l'on va chercher le corps étranger, la plaie est refermée par suture, pansée à l'eau froide et le malade a la tête fixée dans la flexion en avant.
Toutes les fois que l'on n'est pas sûr de la position du corps étranger, la trachéotomie est préférable, et elle doit porter sur la trachée entre le pédicule du corps thyroïde et le sixième anneau de la trachée, dans une étendue variable entre 2 et 3 centimètres.
Les laryngotomies diverses ne seront pas employées d'emblée, ce sont des procédés excellents, lorsque l'on a du temps devant soi, et que l'on a besoin de laisser longtemps une canule dans les voies aériennes, mais ils ne sont pas > bons pour extraire les corps étrangers. V. Group, Larïm- GOTOMiE, et Trachéotomie.
La laryngotomie sera toujours faite s'il est démonirf que le corps étranger est à l'orifice supérieur du larjœ. V. Laryngotomie.
Corps fibreux de la prostate. V, PrOSTATË (HypëU- ^ TROPHIE DE la). ^|
Corps filtrcux de l'utérus. V. UtÉRUS(C0RPS FlBBËllX DE L').
COttPâ MOBILE!» DES ARTICULATIONl». Une
arthrite sèche ^Deville), une arthrite (Richet, Monro), une lésion locale de la synoviale, une hypergenèse d'éléments cartilagineux, déterminent la formation de corps durs, de consistance cartilagineuse qui, nés sur la synoviale, se pédiculisent et finissent par être libres dans l'articulation (Laennec), ou se détachent de la séreuse au pourtour de son union avec les cartilages.
Il est rare que les corps mobiles articulaires soient pourvus d'un noyau formé par un caillot sanguin, et dans ce cas, on a dit qu'ils résultaient d'une transformation du sang épanché (llunter, Velpeau). Ce n'est pas prouvé. Il est sans exemple que des grains liordéiformes des articulations soient devenus des corps cartilagineux. V. Kystes
SYNOVIAUX.
Les corps mobiles articulaires uniques ou nudtiples existent principalement dans l'articulation du genou ou du coude, et à l'articulation lemporo-maxillaire.
Une douleur subite pendant les mouvements, douleur ij qui, au genou, est assez forte pour faire tomber les mala- ' des ou faire cesser brusquement tout mouvement, et qui disparaît aussitôt, doit faire soupçonner un corps mobile arliculaire. Lorsqu'on explorant l'articulation on sent un corps roulant sous le doigt, et qui s'échappe entre les surfaces articulaires, la présomption devient une certitude.
A la longue les corps mobiles entraînent des hydarthroses, quelquefois des arthrites et une arthrite sèche en particulier, mais celle-ci peut être dans certains cas consi- » dérée aussi bien comme la cause que comme l'cflet.
Les arthrites fongueuses masquent souvent les caractèles des corps mobiles auxquels elles ont donne naissance.
CORP