V. Érythème
Cutite elironiciiic. Toutes les dartres, scrofuleuses et arthritiques, l'eczéma, le lichen, le psoriasis, les syphilides et les scrofulides sont des culites chroniques cliez des individus prédisposés et dans un état de santé défectueux.
11 exisle autour des vieux ulcères une culile chroni(pie, qui est la terminaison d'une cutite aiguë ou subaiguë. Ou la désigne sous le nom d'eczéma des vieillards ; mais elle n'est qu'une cutite chronique , par le fait seul qu'elle n'existe souvent que sur une seule jnmbe , celle qui est alîectée d'ulcère.
Entretenue par la maliiroprclé cl le défaut de soins, la rutile chronujue est caractérisée par une rougeur violacée de la peau, sans (iHléme du tissu celhdaire, recouverte çà et là de croûtes au-dessous desquelles existent des fentes de l'épidcrme et des ulcérations linéaires. Ailleurs on trouve des vésicules pleines de pus, des varices capillaires, et les ulcères, origine du mal, versent une sanie mucoso-
pui'ulenle. — Les malades sont sans fièvre et éprouvent des démangeaisons modérées ou plutôt une cuisson.
La cutite chronique passe par des périodes d'inflammation aiguë qui peuvent être l'occasion de sa guérison.
■Si l'on peut rapprocher les engelures de quelque maladie inflammatoire, c'est de la cutite chronique.
T/iihxipeutique. — Un traitement régulier des ulcères préviendra la cutite chronique. Lorsque celle-ci sera déclarée, on pansera avec des cataplasmes de fécule, après avoir enduit les parties enflammées avec de la glycérine; — les bains émollienls locaux seront administrés tous les jours ; — les malades garderont le repos absolu, un mois, s'il est nécessaire; — l'ulcère ne sera traité par les applications de bandelettes que quand la culile chronique se sera très-amendée. A mesure que l'inflammation chronique de la peau diminuera, on recouvrira les parties avec une couche de poudre d'amidon, et l'on placera un bandage roulé modérément serré.
Si par suite du tempérament du malade la culite chronique revêt le caractère d'un eczéma, on traitera l'étal général par le régime végétal, les tisanes de pensée sauvage et de houblon, et l'état local, d'abord par des cataplasmes de fécule, puis par la pommade. V. Eczéma.
Axnn!;e 30 srauiuie^-
l'rotoxvilt; (le ter 1 id.
(Hardy.)
l'ourle régime, on observera les règles indiquées pouv les ulcères. V. Ulcères.
Si la cutite dépend de la scrofule ou de la syphilis et de l'arlhritis ou de l'herpétisnie, il faudra la combattre par les moyens qu'on oppose ordinairement à ces diaihèses.
CYAIVOSE. Il y a cyanose et cyanose, l'une dépend du cœur, l'autre du poumon; celle-ci du cerveau, celle-là du sang, mais toutes se révèlent par la coloration bleuâtre des téguments.
Tiff. 157. — Fond de l'Q'il vn ù l'oplitlialmoscnpe dans un cas Je cyanose.
\'ous reconnaîtrez toujours la cyanose cardiaque à li leinte bleue de la face, des lèvres et des doigts, à la (lyspné( et aux accès de suflocation, aux lypothymies et à la faci lité des .syncopes, à la tendance aux épislaxis et aux hémo ptysies,à la faiblesse et à l'irrégularilé du pouls, au frémis
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sèment des côtes cardiaques et aux bruits de souffle situés dans le cœur.
La teinte bleuâtre permanente des lèvres et des doigts et les paroxysmes de suffocation suffisent pour caractériser une cyanose cardiaque.
La cyanose cardiaque diminue la température périphérique et centrale du corps humain.
La cyanose cardiaque est presque toujours congénitale;
Toutes les anomalies de structure du cœur, surtout la persistance du trou de Botal, peuvent se rencontrer avec la cyanose cardiaque, et cependant nulle de ces anomalies n'en est la véritable cause ; il faut qu'avec elles existe un rétrécissement des gros vaisseaux ou des orifices artériels ou auriculo-ventriculaires, car la cyanose n'est ordinairement que le symptôme d'une gêne dans la circulation veineuse.
INe croyez pas que la cyanose cardiaque soit due au mélange du sang veineux et du sang artériel, car il y a, d'une part, des exemples d'un pareil mélange sans cyanose, et de l'autre on connaît des cyanoses par rétrécissement de l'artère pulmonaire sans mélange des deux sangs artériel et veineux.
Dans la cyanose, le cerveau et les méninges sont trèscongestionnés, ce qu'on peut voir en examinant le fond de l'œil où se trouve une forte hypérémie de la choroïde cyanosée du nerf optique et des veines de la rétine qui sont très-dilatées (fig. 157). V. Cérébroscopie.
La cyanose est un effet qui apporte ses troubles particuliers au milieu de ceux qui sont déjà produits par la cause première et spéciale.
La cyanose cardiaque est le plus souvent mortelle dans un assez bref délai.
Vous pourrez prolonger plus ou moins longtemps l'existence des sujets atteints de cyanose cardiaque, mais vous ne les guérirez jamais.
Dans la cyanose, tous les efforts thérapeutiques doivent tendre à ralentir le mouvement nutritif général et à diminuer la congestion veineuse générale en modérant les contractions du cœur.
Vous trouverez ordinairement pour lésion principale de la cyanose cardiaque une altération des cavités droites du cœur, et plus souvent le rétrécissement de Tartère pulmonaire que toute autre lésion.
11 faut nourrir, comme s'ils n'étaient pas malades, les enfants atteints de cyanose cardiaque .
CTATVIIRES. Combinaisons du cyanogène avec les corps simples.
Thérapeutique. — Quelques cyanures sont employés en médecine, ce sont :
Le cyanure d'argent insoluble, conseillé dans l'épilepsie et dans les névroses □ ;
Le cyanure de bismuth à la dose de 2 grammes contre la diarrhée □;
Le cyanure de fer insoluble dans l'i^au, très-employé en Allcningne et en Amérique contre la lièvre inlennittenle a la dose de 20 à 50 centigrammes, trois fois par jour (Hosse)[T]; contre l'hystérie, la chorée et l'épilepsie, à ^a dose de 2 à 30 grammes □ ;
Le cyanure de fer et de zinc peu soluble, employé à ,,la dose de 10 centigrammes contre l'épilepsie et dans les iiévroses (+];
Le cyanure de mercure très-solubic dans l'eau, poison
très-énergique et qui est employé dans la syphilis aux mêmes doses que le sublimé corrosif [+] ;
Le cyanure d'or insoluble, conseillé contre le cancer et la scrofule [3;
Le cyanure de potassium ou prussiate blanc de potasse, très-soluble, rarement administré à l'intérieur à la dose de 1 à 5 centigrammes dans l'hyslérie (Josat), et employé comme topique, en solution dans l'eau {U grammes pour 300), dans les cas de névralgie frontale 1+1:
Le cyanure de zinc insoluble est employé coutre les névroses à la dose de 10 à 15 centigrammes □.
CYCI.AME. [Vain de Fourreau.) Primulacée dont la racine renferme de la cydamine (Luca) à l'élat frais, c'est une racine amcre et acre, ayant une action toxique et drastique. Elle est employée à l'état frais en cataplasme contre les adénites chroniques [T].
On s'en sert pour l'onguenl diabotanum.
CYKOGLOSSE. {Langue de chien.) Borraginée dont la racine odorante, vireuse, en décoction, 8 grammes par
Fig. 158. — Cynoglosse.
litre d'eau, est calmante, antidiarrhéique □. Elle fait partie des pilules de cynoglosse avec la jusquiame, la myrrhe, l'oliban, le safran, le castoréum et l'opium qui en est la huitième partie l±\.
CYNORRIIODOIV. Fruit de l'églantier ou rosier sauvage, dont on enlève les poils et les graines, et qu'on réduit en pulpe avec du vin blanc et du sucre pour en faire une conserve astringente, employée dans l'entérite chronique, 10 à 30 grammes f+l.
C'est au tannin, à l'acide malique, aux résines et à l'huile volatile de ce fruit qu'il faut attribuer ses propriétés astringentes.
C1PRÈS. Conifère dont le fruit, ou noix de cyprès, est employé comme astringent au moment de sa fraîcheur Q.
CYSTICERQUE. Entozoaires dont le corps globuleux, allongé, est terminé par une partie étroite, annclée, qui est le col au sommet duquel se trouve la têle obtuse et garnie, comme celle du Tœnia soliuni, de quatre suçoirs et d'une couronne de seize crochets.
Les cysticerques sont implantés au fond d'une vésicule, suspendue à un kyste séreux transparent, perforée au centre de son point d'insertion, et quand le cyslicerque le veut, il se développe comme un limaçon en allongeant sa
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lête à la sortie de son enveloppe pour la passer par Touverlure du premier kysle.
Il y a différentes variétés de cysticerque : le cysticerque du tissu cellulaire; le cysticerque à col étroit; le cysticerque du lapin. — C'est le cysticerque à col étroit qu'on observe ordinairement chez l'homme et sur le porc, où, par sa présence en quantité considérable, il constitue la ladrerie.
Le cysticerque de l'homme résulte de l'usage d'aliments de mauvaise qualité, tels que le bœuf, le porc, le mouton et le poisson remplis de cysticerques ou d'œufs de cysticerques, d'échinocoques et de tœnias, caries germes, une fois
l'ig. loi). — a. Kyste adventif. — b. PoeLe où l'animal éluit iavagtué. — r. Corps. — d. Tète avec couronne de crochets et suçoirs.
dans l'organisme, pénètrent tous les tissus et se développent à l'état d'échinocoques, de cysticerques et de taenias selon l'influence du milieu. (Van Beneden, Kuchenmeister, Gervais.)
On trouve beaucoup moins souvent chez l'homme le cysticerque que l'échinocoque ou le tœnia, mais il a été observé dans tous les tissus, et particulièrement dans l'œil et dans le cerveau.
Les symptômes du cysticerque n'ont rien qui soil spécial à cet entozoaire, ils dépendent de l'organe où il s'est développé, et varient selon l'importance des fonctions de cet organe.
l'j'.s(ic*cr<|iit' dans la chambre aiitcrieurc de l'œil (20 cas depuis Neumann et Sœmmering).
Le cysticerque est ordinairement libre dans la chambre antérieure. Il adhère quelquefois à l'iris (Dalrymple). Une vésicule diaphane existe dans la cliand)re antérieure, se meut spontanément, et l'on en voit sortir par instant un prolongement filiforme qui supporte la tête et le col de l'animal.
On excite les mouvements de l'animal par les mouvements de l'iris sollicités par l'éclat d'une vive lumière.
Il existe parfois une iiitis séreuse causée par la présence du ver dans la chambre antérieure de l'œil.
Thcmpeutique. — A 2 millimètres en dcilans de son bord, incision de la cornée avec le couteau lancéolaire ; passez une curette entre le cysticen[up et l'iris, et l'animal sort avec riuimciu- aqueuse.
Si un prolapsus de l'iris a lieu, on le réduira ou on le laissera en place. — Occlusion de l'œil, — compresses froides sur l'œil, — collyre au sulfate d'atropine. V. CoR-
NBE (Pl.AIES r»E T,A) .
€ysticcr<jue de la rétine. C'est dans la couche celluleuse sous-choroïdienne que les cysticerques se développent. Us viennent ensuite faire saillie dans le corps vitré (yon Graefe) en entretenant une réiinite chronique comme lésion consécutive.
Un trouble de la vision, des apparitions de spectres lumineux, puis l'affaiblissement de la vue et la diminution lente du champ visuel font soupçonner un cysticerque. A l'examen ophthalmoscopique (fig. 160), on voit, au milieu d'une plaque congestionnée, une vésicule bleuâtre, allongée, présentant des mouvements d'ondulation, d'allongement et/le^ raccourcissement du cou du cysticerque.
t'ig 100. — Fond de l'œil. — A. Taclie noire de pigment. — B, C. Col du cysticerque. — E. Vaisseaux de la rétine tus par transparence.
Cette disposition permettra de distinguer cet entozoaire de l'échinocoque (GescbeidI), des filaires (Nordmann), des monostomes et des distomes qui n'ont été jusqu'ici observés que sur le cadavre.
Thérapeutique. — Les vésicaloires placés autour de l'orbite et pansés avec le calomel et la santonine, à la dose de 3 à 5 centigrammes chaciui (Alessi), ne sont que des moyens palliatifs.
.Vu début, on devra enlever le cysticerque par une petite incision de la sclérotique. Le malade étant placé devant un ophtlialmoscope hxe, une ponction sera faite sur la sclérotique à un demi-centimètre en arrière du bord de la cornée, et l'on ira saisir avec une pince à griffes à pupille arlilicielle la tète du cysticerque, en empiétant même sur le tissu où elle est implantée. Par ce trailemeni on pourra sauver la vue.
Si des désordres existent dans l'œil, on n'opérera cependant pas. S'il survenait une choroïdile à l'autre d'il, il vaudrait mieux opérer. En règle générale, du reste, il ne faut pas laisser des entozoaires vivants dans le cor|ts de l'homme.
CISTITE. La cystite est l'inflammation de la vessie. Elle existe ixVéhûaiquel chroniiiuc; à l'état aigu, il y en a plusieurs espèces, — la cystite généralisée et la ryslitc du col, la cystite cantharidienne.
I. Cystih: uiijuè généralisée. — L'inflammation de In vessie siège d'abord sur la muqueuse où elle détermine de la congestion, de la vascularisalion, des exulcéralions cl, à un degré plus avancé, (pielipiefois des abcès qui se forment sous la muqueuse et la décollent de la couche musculaire (Ruysh).
Une phlegniasie de la vessie s'accompagne quelquefois
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de plilegmons ou d'abcès périvésicaux et de plilcbilc des veines vésicules. Elle se termine par résolution, par propagation de rinflummation aux uretères et aux reins, par le passage à l'état chronique et par des indurations de la tunique musculeuse.
C'est souvent après une cystite aiguë généralisée que les vessies deviennent des vessies à loges ou des vessies à colonnes.
Une douleur extrêmement vive s'irradiant à l'hypogastre, au périnée et à la région des reins, les besoins fréquents d'uriner, la difficulté de la miction, l'expulsion répétée après de longs efforts d'urine rougeàtre, chargée de mucus clair, filant (Becquerel), quelquefois de sang plus ou moins pur, la distension de la vessie et la saillie d'une tumeur douloureuse au toucher, au-dessus du pubis, le léuesme rectal, l'augmentation incessante de douleurs des reins, la fièvre, caractérisent la cystite aiguë.
Le hoquet, l'agitation, le délire, les sueurs visqueuses, ayant l'odeur urineuse, et la sécheresse de la langue sont des signes de rétention d'urine dans les reins, de la résorption des produits constituant l'urine; la prolongation de cet état entraîne un refroidissement général et la mort.
La résolution de la cystite s'annonce par l'expulsion de l'urine, en même temps qu'une diminution delà douleur.
La suppuration de la vessie se reconnaît par un dépôt de pus véritable dans l'urhie. Au début, lorsqu'il y a des érosions à la muqueuse, ou au moment où l'inflammation semble entrer en voie de l'ésolution, quand le pus s'est formé entre la muqueuse et la couche musculaire, les malades urinent du pus en abondance.
Lorsque dans le cours d'une cystite on soupçonne qu'il ta se former du pus, on explorera la vessie en introduiiant le doigt dans le rectum : une tumeur molle, saillante, lU'dessus de la prostate, doit faire craindre un abcès de a vessie. Dans les autres points de la vessie, il est plus lifficile de diagnostiquer un abcès; mais quand un œdème iurvient à la paroi abdominale, au-dessus du pubis, juand la peau rougit, il est probable qu'un abcès se forme lutour ou dans l'épaisseur du sommet de la vessie, et si les adhérences s'étabhssent l'abcès viendra se faire jour m dehors à la région hypogastrique.
Quel que soit le point où se développe un abcès, autour |e la vessie ou dans l'épaisseur de la couche musculeuse, 8 pus passe dans le rectum, le vagin, l'utérus, ou le tissu ellulaire, l'infiltration urineuse, dans ce cas, se monrera, ou bien au périnée, ou bien à l'hypogastre. Si 'abcès s'est ouvert dans le péritoine, il y aura péritonite ubaiguë et mort.
La violence de l'inflammation de la vessie entraîne parois la gangrène ; des eschares et des perforations se fornent et il y a un épanchemeut d'urine qui se répand le )lus souvent dans la cavité abdominale.
Les phlébites, les pyélites et les néphrites consécutives i la cystite, passent le plus souvent inaperçues ; on les re- ;onnaît seulement quand la maladie a duré un peu de emps ,
Les indurations constatées par le toucher rectal, 'œdème du périnée, doivent faire soupçonner une phlé- )ite des veines vésicales, la persistance des symptômes généraux après un amendement des symptômes locaux de ;i cystite et des douleurs de rein indiquent une pyélite >u une néphrite. V. Infection urini^use.
Un refroidissement, un excès de table, des boissons
excitantes chez des individus mal disposés, une rétention d'urine volontaire (Boyer) ou une action chirurgicale, la compression de la vessie par la tête du fœtus pendant l'accouchement, la propagation d'une inflammation des organes voisins de la vessie (Cliopart), la présence d'un corps étranger, de calculs et même de graviers dans la vessie, sont les causes ordinaires de la cystite.
Thérapeutique. — Au début, on appliquera des sangsues à l'anus ou au périnée et même sur l'hypogastre, de grands bains ou des bains de siège seront pris deux fois par jour ; — on administrera des lavements émollients tièdes trois fois par jour et l'on y adjoindra dix gouttes de laudanum, pour calmer les douleurs; — des ctitaplasmes et des lotions avec le laudanum pur seront appliqués sur l'hypogastre.
On prescrira le repos absolu au lit, la diète absolue, les boissons prises en petite quantité et chaudes, des potions avec iO à 20 centigrammes d'extrait d'opium (Sœmmering).
On sondera les malades avec une sonde métallique, mais il ne sera pas nécessaire de presser sur la vessie pour la vider entièrement; il est préférable de recourir plus souvent à ce cathétérisme. Comme celui-ci est trèsdouloureux, on enduira la sonde d'une pommade :
Axon^^e ' 30 gramiiios.
Extrait de belladone 10 ù 30 centigrammes.
On n'enlèvera pas les corps étrangers qui ont occasionné la cystite aiguë, on calmera d'abord l'inflammation; il est démontré que les cystites symptomatiques peuvent être complètement guéries après avoir acquis une gravité redoutable. Les injections d'eau tiède dans la vessie pourront être employées dans ce cas. La potion de Chopart •(V. Cystite chronique)- convient seulement dans la cystite aiguë de médiocre intensité.
On ouvre quelquefois involontairement les abcès de la vessie en sondant les malades; mais il est périlleux de tenter l'ouverture d'un abcès périvésical par le rectum, à moins qu'il n'y ait une tumeur bien formée et saillante dans la cavité de cet organe. Si l'abcès prédomine audessus du pubis ou au périnée, il arrive vite à la suppuration. On incisera sur le point culminant de la rougeur en coupant les tissus couche par couche. On débridera dans tous les points et largement, s'il survient une infiltration urineuse.
Le traitement des cystites doit être rigoureusement fait, et tout excès doit être évité au moins pendant six mois, de la sorte on se met en garde contre le passage à l'état chronique et les récidives.
11. Cystite du col. — La propagation d'une inflammation de la muqueuse, de l'urèlhre et de la prostate, l'usage des injections irritantes, les excès du coït, les manœuvres de la lithotritie et les causes de la cystite généralisée font développer la cystite du col.
Des envies fréquentes d'uriner, la rétention d'urine, les urines rendues peu à peu et troubles, les douleurs au périnée, le ténesme rectal, souvent la fièvre précédée de frissons, et plus tard les signes de la cystite généralisée, lorsque l'inflammation s'étend, font reconnaître la cystite du col.
Le cathétérisme est extrêmement douloureux dans la cystite du col.
On ne confondra pas la cystite du col avec le spasme de cette partie ; dans celui-ci, le cathétérisme n'est pas douloureux, et le spasme cède en général au premier bain.
Les inflammations du col sont sujettes à rechutes et à
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récidives; elles sont rorigine la plus fréquente des hypertrophies partielles ou générales de la prostate, et de l'hypertrophie de la vessie.
Chez les femmes, il y a des cystites du col qui sont dues à la propagation d'une urélhrite blennorrhagique ou chancreuse, ou simplement causées par des polypes de l'urèthre et du col; a chaque époque menstruelle les malades ont des récidives.
Thérapeutique. — Si la cystite du col vient après une uréthrite, ou prescrira d'abord de cesser le trailement de la blennorrhagie et l'on administrera de grands bains ; les potions opiacées que l'on donne dans les cystites seront administrées. On donnera des quarts de lavement avec dix gouttes de laudanum (Caudmont), des cataplasmes seront maintenus sur l'hypogastre. La maladie, au début, cédera à ce traitement, bien qu'il y ait déjà rétention d'urine. — Dans les cystites du col qui semblent avoir été provoquées par la consommation de bière, on administrera du vin de Bordeaux par petits verres (Ansiaux), ou un petit verre d'eau-de-vie ou de rhum (pratique belge).
On sondera les malades si la rétention s'établit malgré tous ces moyens.
Pour sonder, on se servira d'une sonde de gomme courbe, conique à olive, et, à défaut de celle-ci, d'une sonde de métal à grande courbure. On la poussera jusqu'au col où elle sera arrêtée par une contraction spasmodique; on ne forcera pas; quelques minutes après, le col s'ouvrira et la sonde pénétrera dans la vessie (Lallemand). Chez ces malades, il ne faut pas laisser de sondes à demeure.
Toutes les fois qu'il sera démontré que les accidents vont en augmentant, on aura immédiatement recours à . une application de quinze sangsues au périnée.
Même pendant la convalescence d'une cystite du col, le régime sera très-sévère, et l'usage journalier des bains sera longtemps prolongé.
Chez les femmes, ou doit administrer des injections chaudes dans le vagin et faire au besoin des injections d'eau de goudron liédc dans l'urèthre lous les jours.
Cysiîtc canthariîliemsc. Chez les individus qui sont soumis à l'application de larges vésicatoires ou qui ont pris à l'intérieur des préparations de cantharides, ou chez les ouvriers qui travaillent à la confection des toiles vésicanles, une inflammation spéciale de la vessie peut se montrer (Morel-Lavallée). La muqueuse est toute rouge, boursouflée, tomenteuse, tapissée de fausses membranes, d'épaisseur variable, assez facile à décoller, et l'urine contient parfois un dépôt d'albumine et de fibrine.
Au début de la cystite cantharidienne il y a douleur à la verge pendant la miction, puis apparaissent les épreinles, les douleurs et la fièvre de la cystite aiguë généralisée, avec cette particularité que l'on trouve dans l'urine des fausses membranes plus ou moins épaisses et plus ou moins enroulées sur elles-mêmes, et qui restent quelquefois engagées dans le canal.
La rétention d'urine, rare dans la cystite cantharidienne, ne dure pas plus d'un jour, et n'a rien de grave.
11 n'a été obs(;i'vé qu'un seul cas di; mort pai' suite de cystite cantharidienne (Vidal, de Cassis).
I, "expulsion de fausses membranes et l'existence d'un vésicaloire appliqué depuis peu établissent le diagnostic de la cystite cantharidienne.
Théi'iiitr.iitiquc. — Le camphre on poudre sur l'emplâtre à vésicaloire ne prévient pa- inévitablement l'absorption
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des cantharides (Morel-Lavallée). Le seul moyen de prévenir la cystite cantharidienne consiste à ne laisser les vésicatoires en place que six à huit heures, et à les remplacer par un cataplasme pour achever le décollement de r épidémie.
La tisane diurétique de chiendent, la tisane de bourgeons de sapin et d'eau de goudron devront être administrées dès le début de l'inflammalion ; — on aura recours aux grands bains et aux cataplasmes tenus en permanence sur l'hypogastre. — On donnera une potion avec 10 centigrammes d'extrait d'opium. V. pour les formules Cvstitk
CHRONIQUE
Le bicarbonate de soude à l'intérieur à la ào-'y. de 1 à 2 grammes est d'un bon usage.
On aura soin de laver avec la plus grande attv'ntion les plaies des vésicatoires et d'enlever même le vésicatoire dès l'apparition des douleurs dans l'émission des urines.
Si la cystite augmente d'intensité, on aura recours au traitement de la cystite aiguë.
Cystite chroiii(iue. L'inflammation chronique de la vessie est caractérisée par des plaques rouges violacées, formées par les réseaux capillaires injectés, par des petits épanchements sanguins, puis par des idcérations grisâtres recouvertes ou non de fausses membranes pulpeuses el quelquefois de dépôts calcaires : la nmqueuse vésicaleesl parfois entièrement tapissée par une pseudo-membrane (Civiale). Entre la couche musculeuse el la couche muqueuse il y a quehjuefois des foyers purulents, et ceux-ci, ouverts du côté de la vessie, peuvent s'ouvrir encore dans une cavité voisine, et produire des fistules et des infiltrations urineuses.
L'hypertrophie de la couche musculeuse de la vessie, la formation de loges par hernie de la muqueuse à travers les fibres musculaires de la vessie, sont quelquefois la conséquence de la cystite chronique.
La cystite chronique s'établit après une cystite aiguë, après des rétentions d'urine successives, après le séjour de calculs, de graviers ou de corps étrangers et de sondes dans la vessie, après la propagation d'une iullammalion chronique de la prostate, de chancres mous, ou à la suite du développement des fongus de la vessie.
Des douleurs intermittentes au périnée et à l'hypogastre, des épreintes avant d'uriner et se prolongeant après la miction, caractérisent la cystite chronique.
Lorsqu'il y a une sécrétion de glaires par la uuKpieuse atteinte d'ulcérations superlicielles, les envies d'uriner sont fréquentes, la miction se fait en plusieurs fois et par petite quantité, des flocons glaireux sont rejetés et l'urine coule alors par jet. Puis, lorsque le malade a cessé d'uriner, les douleurs persistent et il y a des épreintes qui durent plus ou moins longtemps. L'urine rendue par les malades est (rouble, alcaline, et laisse déposer un mucus filant, dans lequel le microscope ne révèle pas de véritable pus. Cet état a été désigné sous le nom de catarrhe vcsieal ou cystite chronique avec dépôt muqueux.
S'il y a des ulcérations el des petits abcès dans l'épaisseur de la nuiqueusi! vésicale, les douhnu's sont continues et redoublent au moment de l'émission des urines qui coulent par regorgement ou involontairement, ce qui lient à une hypcrtropiiic du corps de la vessie ou du col, avcr perte de la contraclilité des fibres musculaires. Les douleurs sont très-fortes, surtout après l'émission des urines. Cependant il est des malades atleinls de cystite qui rendent des urines piu'ulentes sans soufTi ir.
Dans la rystite chronique proprement dite , l'urine est
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alcaline ol conti^nl du pus au moment île l'émission, et le dépôt purulent se Iransforme sous l'action de l'ammoniaque en un li(|uide filant et transparent. Ce même liquide existe lorsque l'urine a séjourné dans un vase à l'air, parce que le sons-carbonale d'ammoniaque de l'urine a réagi sur le pus.
11 est rare que le pus soit teinté de sang dans la cystite chronique simple sans ulcération.
Dans toutes les cystites chroniques l'urine devient alcaline et prédispose aux calculs phosphatiques, avec dépôt de graviers sur les surfaces ulcérées, sur les fongosités et les fausses membranes.
Le catarrhe vésical ou cystite chronique non ulcéreuse ne guérit presque jamais (Boyer); il est suivi de fréquentes récidives.
La cystite chronique ulcéreuse se termine par la mort, soit en causant la gangrène ou des perforations de la vessie (Ferrus), soit en occasionnant une infection urineuse ou une infection putride.
Une cystite chronique peut être guérie par le passage à l'état aigu.
Elle peut se compliquer de rétention d'urine, et dans quelques cas le racornissement de la vessie s'opposant à la dilatation de l'organe, il y a quehjuefois de grandes incertitudes de diagnostic. (Civiale.)
11 faut toujours s'enquérir de la cause qui a déterminé la cystite chronique ; il faut savoir si c'est un mauvais régime, une alimentation excitante et des excès qui ont causé la Cystite ; pour cela, il faudra interroger les antécédents; — rechercher si un corps étranger existe dans la vessie, et à cet effet on fera l'exploration méthodique du réservoir urinaire (V. Calculs vésicaux); on rechei'chera également s'il y a un rétrécissement de l'urêthre et des blennorrhagies dans les antécédents du malade. Le cathétérisme et l'examen du jet de l'urine indiqueront si la cystite est due à une stagnation d'urine dans la vessie, consécutive à une paralysie de l'organe ou à une lésion du col vésical.
Une urine chargée de pus, rendue sans douleur et sans ju'il y ait eu des signes antérieurs de cystite, indique une léphrite et une pyélite, et doit faire rejeter le diagnostic le cystite.
Chez la femme, en dehors de l'écoulement purulent ou nuco-purulent, la cystite chronique est reconnaissable par es douleurs pendant la miction, et quelquefois par une louleur occasionnée pendant le toucher vaginal.
La cystite chronique chez les femmes a des exacer- [lations à chaque époque menstruelle. (Boyer, A. Guérin, augier.)
Thérapeatiqtie. — La cystite chronique qui coexiste avec me affection dartreuse, arthritique ou rhumatismale, sera aitée par les moyens généraux employés contre ces diahèses, mais il laudra y joindre un traitement local, véri- [ablement efficace.
Les malades doivent être soumis h une hygiène extrênement sévère, telle que la privation de boissons et de uets excitants, l'interdiction du coït, dés veilles et des [ïiarches trop prolongées. Ce n'est qu'à ce prix qu'on évite es rechutes i.t les récidives trop fréquentes des cystites hroniques.
On extraira les calculs et les corps étrangers de la vessie e plus vite possible par la lilhotritie ou par la taille. On le se pressera (jue quand la cystite menace de passer à "état aigu. Si elle était transformée, on calmerait d'abord
l'inflammation et l'on ferait ensuite la taille de préférence à la lithotritie.
L'application rigoureuse du traitement de la cystite aiguë prévient le passage à l'état chronique ; mais lorsque la cystite chronique est établie, on abandonnera le traitement de la cystite aiguë pour employer les révulsifs cutanés, tels que les vésicatoires volants à l'hypogastre. 11 n'y a pas à craindre le développement d'une cystite caniharidienne, car ce pourra être l'occasion de la guérison de la cystite chronique (Broussais). On pourrait appliquer, du reste, des vésicatoires à l'aide de l'ammoniaque. — On fera sur l'hypogastre elle périnée l'appUcation de la poix de Bourgogne, ou les frictions avec l'huile de croton tiglium pur, ou avec la pommade stibiée :
Kmt'tifiuc porpliyrisé -i grammes.
A%nne;e ' tS
(Pommade d'Autenrielh.)
Trois ou quatre fois par jour, jusqu'à ce qu'on ait obtenu une éruption abondante de pustules.
Des cataplasmes laudanisés seront tenus sur l'hypogasti'e ; on administrera des demi -lavements avec dix gouttes de laudanum. On fera des injections vésicales émollientes avec l'eau tiède, mais les introductions de la sonde étant quelquefois douloureuses, ce moyen ne sera appliqué que quand on aura calmé l'irritation du col de la vessie.
On adjoindra à ce traitement local des grands bains tous les jours ou tous les deux joui's. On administrera à l'intérieur des potions avec Vopiuin 10 à 15 centigrammes dans un julep dê 125 grammes. On donnera des boissons balsamiques et diurétiques abondantes, l'ertw de ContrexécHle qui agit comme modificateur de l'urine et de la muqueuse vésicale, et comme diurétique, enfia les tisanes de chiendent, de bourgeons de sapin :
Eau 2500 gramnips,
Bonigenus de sapin 100 iiL
Ou la tisane de goudron :
Goudioii 15 grammes.
Faire bouillir dans :
Eau dOOO grammes.
(Ricord.)
On donnera les pilules de goudron :
Grtiidron ) ,
„ „ 1 r) • > aa 1 5 grammes.
Baume du Pérou ) ^
Réglisse iO id.
Faire des pilules de 30 centigrammes, deux par jour. (Hôp. de Paris.)
Ou quatre à six capsules de Raquin par jour.
Ou la térébenthine cuite, 50 centigrammes à 1 gramme par jour dans une potion.
Ou les pilules de térébenthine :
'Cérêbeulliine 8 grammes.
Maguésie calcinée j. s.
Faire des pilules de 30 centigrammes, de six à dix par jour.
On pourra donner le lavement de térébenthine, 15 grammes de térébenthine de Venise dans lôO grammes d'eau en lavement. On donnera d'abord deux lavements émollients et le lavement avec la térébenthine, qui sera gardé une lieiu'e.
Lorsque, dans le cours d'une cystite chronique, une recrudescence apparaît, surtout lorsqu'il s'agit d'une cys-
CYST
lite consécutive au séjour d'un corps étranger, on donnera la potion de Chopart :
Baume de cupnlui ^
Sirop de Toln
Eau du menthe
Kaii de lleui- d'nrunger
Alcnol reclifié
Alcool iiitriijne
Deux cuillerées par jour. Si les malades ne peuvent supporter cette potion, ou si la cystite augmente d'mtensité, on donnera le lavement :
> aa 60 ïi'ommes.
id.
r.opalni
Janue d'œnt'. . . • Extrait d'opiiiin. .
Eau
Il" 1-
5 centigrammes, 190 grammes.
(Ricord.)
Il sera gardé une heure, après qu'on aura donné deux lavements émollients. — On donnera des boissons diuretirjuos, — on aura recours aux grands bams et aux injections émoUientes.
' Lorsque la cystite chronique aura résiste aux moyens précédents combinés avec le régime sévère, et dont on aura poursuivi régulièrement l'application, on aura recours aux injections dans la vessie tous les deux jours ou même tous les jours, avec l'eau de goudron, ou l'eau de suie, ou l'injection suivante :
Baume de copah.i 15 R^m™'-^-
Jaune d'œuf
Eau de cliaiix
Eau distillée
OU l'injection :
Térébcntliiiie de mélèze
Eau distillée
480 grammes, tiO id.
15 !;rammes.