DIE
DIGE
de la peau et engendrer la surdité, l'asthme, la dyspepsie, la diarrhée, c'est-à-dire une foule de phlegmasies muqueuses ayant un principe dartreux ou herpétique ; la scrofule extérieure de la peau, des articulations ou des ganglions, guérie un peu plus tard, se termine par une tuberculose viscérale des poumons ; la goutte articulaire engendre souvent la gravelle ou l'apoplexie cérébrale, etc.
Dans l'intervalle de ces manifestations extérieures, la diathèse redevient latente et restent puissance dans l'économie, absolument comme le germe des maladies virulentes, la rage, par exemple, dans ce qu'on appelle V incubation.
Les diathèses en acte ne tardent pas à affaiblir l'organisation et, en ajoutant à leur vice humoral une anémie plus ou moins fortement caractérisée , elles déterminent ces cachexies qui font presque toujours périr les malades.
Il y a des diathèses que l'on guérit, mais dans le nombre il en est qui sont opiniâtres et rebelles à la thérapeutique. Leur gravité varie comme celle des maladies virulentes, et sans qu'on sache pourquoi elles sont bénignes ou m«ligyies, et sont pour les malades le point de départ de longues souffrances qui doivent durer autant que la vie.
Thérapeutique. — Autant de diathèses, autant de méthodes thérapeutiques différentes à employer.
Les unes guérissent par le mercure et l'iodure de potassium, comme la syphilis (V. ce mot); — les autres par l'iode, l'iodure de potassium, comme la scrofule (V. ce mot) ; — d'autres par l'arsenic, comme l'herpétisme (V. ce mot); — par les alcalins, comme l'arthritis et la goutte (V. ces mots); — par le fer et le quinquina, comme le iymphatisme, le scorbut, l'hémorrhaphilie, la chlorose, etc.
Toutes exigent l'emploi des corroborants, ou des toniques, les bains de mer et de rivière, l'hydrothérapie, les voyages, le séjour à la campagne, et tout ce qui peut améliorer la constitution.
Quant aux moyens de prévenir les diathèses, il n'y a que l'hygiène, le régime , le mariage et le changement d'à»', d'ectM et de lieu qui puissent conduire à ce résultat. Ainsi , la nourriture substantielle et tonique , l'habitation dans un pays sec, chaud, éclairé par le soleil, contribuent singulièrement à prévenir la scrofule et la tuberculose ; une alimentation faiblement azotée et le séjour dans les pays chauds préviennent l'arthritis et la goutte ; l'émigration d'un pays chaud dans un pays tempéré peut prévenir ou guérir l'hématurie endémique; enfin, si l'on prend soin d'éviter les alliances entre personnes affectées de maladies diatliésiques héréditaires, on peut empêcher le développement de ces maladies. V. chacune des Diathèses en particulier.
DICTAME. Plante de la famille des labiées dont les sommités fleuries, odorantes et balsamiques entrent dans la thériaque. Leur infusion, 10 grammes par litre d'eau, est donnée comme emménagogue. Le Dictame blanc n'est autre que la fraxinelle □.
DIE. Département de la Drôme. — Station de bains de Vapeur résineux et térébenthinés. — Le malade se met dans un fauteuil-caisse où arrivent en bas la chaleur et les vapeurs résineuses, et ce n'est que lorsque les pieds sont congestionnés que la tôte est soumise à sa part de vapeur et de chaleur. — La température des fauteuils-caisse est à 70° centigrades pour les pieds, 60" pour le milieu du torps et 3;")" pour la lôte. A ce degré, il y a une transpiration abondante! et sidulaire.
Ces bains s'emploient dans les rhumatismes chroniques, dans la goutte ancienne, dans le catarrhe bronchique invé-
téré, dans l'asthme lié à une maladie des bronches, dans la laryngite chronique, etc. (V. Bain, Vapeur.)
DIÉRÈSE. Mot dérivé du grec, signifiant l'action d'inciser.
DIERVILLE. Arbrisseau de la famille des caprifoliacées dont la tige en décoction a été considérée comme antisyphilitique
DIÈTE. Le régime alimentaire imposé aux malades constitue la diète.
La diète et l'eau sont les meilleurs agents de la thérapeutique.
L'abstinence et la diète ne sont pas choses semblablcv car l'une défend toute espèce d'aliments, tandis que l'auln choisit ce qui convient aux malades.
L'abstinence est indispensable au début de toutes W maladies aiguës, et suivant la gravité du mal, on permel bientôt les boissons féculentes et le bouillon de viande, .
La diète est la chose importante du traitement des maladies aiguës ou chroniques, car la nature des aliments, leur insuffisance ou leur trop grande quantité peuvent nuire , à l'heureuse terminaison des maladies.
Suivant la nature des aliments permis aux malades: lorsqu'il s'agit de végétaux, de laitage ou de viande, la diète est lactée, végétale., ou animale.
La diète végétale convient aux pléthoriques, aux goutteux et aux rhumatisants, aux dartreux, aux maladies organiques du cœur, et au cancer.
La diète lactée est excellente dans les maladies de poitrine et surtout dans les maladies chroniques des voie; digestives et de la vessie.
La diète animale convient aux sujets anémiques et chl rotiques, aux personnes faibles et aux lymphatiques, am ' scrofuleux, etc. ,
L'abus de l'abstinence dans le traitement des fifc, est extrêmement dangereux et engendre une irritalitéi nerveuse fébrile qui compromet la vie des malaâes) et il importe dès le huitième jour de donner de l'eau vi, neuse, des tisanes féculentes et des bouillons graduel' ment rendus substantiels par l'addition de pâles féci lentes.
DIÉTÉTIQUE. Méthode thérapeutique qui s'occu] de fixer le régime des malades selon leurs différentes w ladies. V. Diète.
DIEU'LE-Eir (Drôme). Eau alcaline bicarbonal gazeuse froide, peu employée.
DlFroRMiTÉs (Vices de confoiiMation). V. Raci (Déviations), Doigts, Bec-de-lièvre, Atrésie, Hvposi' DIAS, Episi'adias). Pour les difformités acquises, V. AW LOSES, CiCATBICES VICIEUSES, CaL DIFFORME.
DIFEUSIRLES. Substances excitantes dont l'acli vive et fugace s'exerce sur tous les tissus, principaleiD' sur le cerveau. Exemple : l'alcool, l'éthei' , l'iui'n niaque, etc.
DIGESTIF. En pharmacie, on appelle digestif un guent à base de térébenthine, 60 grammes, incorpoi 1 des jaunes d'oûuf et employé pour exciter les plaies I L'onguent digestif, uni à du slyrax en parties égales, ^o' 1 le digestif animé, et à de l'onguent mercuriel, formiM digestif mercuriel. I
En médecine, les digestifs sont les substances aro I tiques, alcooliques et alcalines, dites stouiacliiqnes, ^ ceplibles de favoriser la digestion. Ex.euiplc : le
DILA
DILA
le, — le vin de Malaga, de Chypre, de Xérès, et les vins lauds, — l'élixir de Garus et l'élixir de pepsine, — l'eau- -vie, l'anisette et les liqueurs, — les pastilles de Vichy, magnésie, etc.
DIGIT.^LE ou digituHs 'purpurea. Plante de la famille îs scrofulariées qui renferme la diyitnline, le diyitalin,
digitalose, Vucidv digital ii fie, principes encore mal délis.
Les feuilles sont employées comme diurétique )mme hydragogue \±\ et comme sédatif des mouvements 1 cœur, dont elles ralentisseni les contractons jusqu'à en uener la paralysie i+ +i. On emploie aussi, mais plus jrement, ses fleurs et ses semences. A haute dose, c'est 1 poison qui fait vomir, qui pousse aux urines, qui fait iner, et qui tue en arrêtant la circulation; mais à dose nvenable, c'est un médicament très-utile.
On l'emploie en poudre, 10 à 80 centigrammes par ur[T]; en teinture, 10 à L\0 gouttes El; en alcoolature, à 20 goutles [+]; en extrait, 10 à 30 centigrammes Q ;
sirop, 20 à 50 grammes [3; en saccharure , 10 cenrammcs à 1 gramme [3 î en infusion, k grammes par •e El-
C'est le remède des hydropisies \±\, des maladies chroijues du poumon [T]> de quelques maladies du cœur,
s palpitations nerveuses |+ +| et des anévrysmes de lortei+ +1. On l'emploie aussi contre l'érélliismc fébrile, intre la pneumonie, dans la fièvre typhoïde et dans les
morrhagies utérines, à cause de son action resserrante
r les petits vaisseaux.
La poudre des feuilles est irritante sur la peau dénudée isi que dans l'estomac.
Les feuilles de digitale s'emploient aussi en cataplasmes (lîime agents diurétiques ou sédatifs du cœur lorsque la bstance ne peut être tolérée par l'estomac. On fait ces laplasmes avec des feuilles récemment cueillies ou avec la farine de lin arrosée de teinture concentrée de la mte. En deux heures le pouls tombe à 70, et dans la irnée rémission|de l'urine est très-augmentée. V. Diuré-
DIGITALINE. Principe actif de la digitale, cent fois ijis actif que la digitale, dont 1 milligramme rciprésente centigrammes de poudre, et qui s'emploie dans les
mes circonstances (HomoUe et Quevenue) |+ +1. Ce
st pas un véritable alcaloïde végétal et sa nature est
1 définie par les chimistes. La digitaline s'emploie en p[iles de 1 milligramme ou en injections hypodermiques
c une solution alcoolisée. On la donne granules de 1 milligramme, un à
lire par jour, rarement davantage,
is la digitale est préférable.
DIG^E (Basses Alpes). Eaux sulfuises calciques de 33 à /iO degrés, emyées en boisson et en bains par les îitants de la localité.
DILATATEUR. V. DlLAmiON, Tra- 20T0M1Ë.
^ILATATIOIM. La dilatation est une ' sration qui a pour but d'exercer une ïssion excentrique destinée à élargir 3 cavité ou un conduit naturel ou arciel.
3n fait la dilatation pour guérir, nu ins momentanément, des rétréci'ssents, pour favoriser l'accouchement voqué, pour entretenir l'écoulement
régulier des liquides par une lislule, pour ouvrir la trachée quand le larynx est rempli de fausses membranes, et qu'il faut mettre une canule trachéale.
La dilatation est progressive ou brusque; dans ce dernier cas, on dit qu'elle est forcée.
On ne doit jamais oublier, quand on prali(|ue la dilatalion d'un organe entouré par des muscles, que les applications de topiques belladones favorisent la dilatation, en détruisant un des éléments du rétrécissement, la contraction spasmodique.
Thérapeutique. — Dilatation lente et progressive. — La dilatation lente se fait avec l'éponge préparée, c'est-à-dire desséchée à l'étuve et serrée fortement avec une ficelle, avec la racine de gentiane , avec l'ivoire ramolli dans l'acide nitrique et séché, la corde à boyau, les tiges de laminaria digitata séchées. Ces substances hygrométriques ont jusqu'ici suffi aux nécessités de la pratique. V, Accouchement PRÉMATUnÉ, AtRÉSIE.
On taille un morceau de ces substances, on l'introduit sec dans les conduits à dilater. 11 se gonfle par l'humidité et, de cette façon, écarle les tissus On fait plusieurs applications successives pour obtenir une grande dilatation.
Pour les plaies, on peut remplacer les moyens précédents par de grosses mèches de fil ou de coton, dont on augmente progressivement le volume.
Pour les fistules, l'éponge préparée, la racine de gentiane, sont les meilleurs agents de dilatation. V. Fistules.
Pour certains conduits, les bougies d'ivoire flexilile sont les meilleurs; on s'en sert pour dilater le col de l'utérus, le canal nasal. V. Lacrymale (Fistule).
Pour les rétrécissements de l'urèthre et de l'œsophage, on se sert de sondes d'un calibre un peu supérieur à la capacité du rétrécissement, et l'on change tous les jours la sonde pour en introduire une un peu plus volumineuse. V. Urèthre {Rétrécissement de /').
Les sondes d'un volume de plus en plus gros servent à faire la dilatation du canal nasal. V. Lacrymale (Fistule).
La dilatation progressive peut être faite avec les dilatateurs mécaniques, mais il n'y a pas avantage à la préférer aux moyens de dilatation qui viennent d'être énumérés.
Dilatâtion forcée. Dilatation brusque. — La dilatation forcée s'obtient à l'aide d'un gros tube ou d'une sphère surmontant une tige, cl que l'on fait traverser brusquement et avec force un espace rétréci V. Œsophage (fie-
Fig. 170. — Dllatatciii' île Peyi'èvc, It. Iiistrtlllleiit Tuiiiié. — G. InsU'umunt éouvlù pour prati'iuei.' la dilutatioii. — r, A, il, C, l>, E. Pièces l'appareil.
DILÂ
DILA
trédssementdeV). Ce moyen de dilatation est peut-être le plus sûr.
On a employé les instruments à pression et à vis.
Fig. 171. — Dilatutenr lï boule centrale, C, écartant des lames métalliques, employé pour la dilatation des rétrécissements du rectum. On entoure l'extrémilé de l'appareil avec un sac de caoutchouc. (Dilatateur de Beylard.)
Les dilatateurs mécaniques peuvent se réduire à trois types :
1° Les dilatateurs qui augmentent par suite de l'interposition entre leurs lames principales d'une troisième lame ou d'une boule qui écarte les premières et augmente le volume de rinstrumcnt; tels sont le dilatateur de Peyrève, le dilatateur de Beylard (fig. 170 et 171).
2° Les dilatateurs à deux ou trois branches s'écartant parallèlement ou à angle très-aigu, grâce au mécanisme d'une vis.
'Tels sont les dilatateurs représentés fig. 172 et 173.
3° Enfin, il y a des dilatateurs à deux ou quatre valves, construits sur le modèle de ciseaux, mais à branches non croisées, et qui sont manœuvrés avec la main; tels sont les dilatateurs pour l'introduction des canules à trachéotomie, le dilatateur de liusch.
D'autres dilatateurs ont été imaginés, et il en est un qui a été construit sur un principe un peu différent ; ainsi l'on a fait un dilatateur composé d'une tige centrale et de plusieurs tiges réunies autour et soudées ensemble à leur extrémité; en tirant sur la tige centrale, on force les tiges externes à se plier et l'instrumenl augmente de volume (dilatateur de l'urèlhre do Ségalas). l\ y a des dilatateurs ;i l)oulc, de baudruche, de caoulciiouc, qui, introduits vides dans un conduil, sont ensuite gonflés par de 1 eau et de l'air. Pour h's réirécissemenis de l'urèllire, Ducamp se servait d'un sac de baudruche, où il poussait
de l'eau. V. Accouchei«ent prématuré, artificiel, Urè- TiiHE {Rétrécissement de /').
Fig. 172. — Dilatateur à deux valves articulées au moyen de tiges, nlfK l'on l'ait écarter au moyen de la vis A. (Montaiu de Lyon, Ilugnier, Clirrière.)
Enfin, on peut encore construire des dilatateurs sur le
Fi-. 173. — liilalaleur à tiois lirailclics, di.nt les deux branches s'ouvri , l'onmie le dilatateur à main à den.v valves, et dont la trois:ème branf est écartée par un mécanisme B. L'instrument est ouvert et mamte ouvert au moyen de l'ccrou D. (rtemarfiuay.)
DlPH
DIPH
modèle du spéculum à développement plein de Ségalas. V. VTÉnvii (Exploration de 1'),
ig. m. — Dilatateur à deux valves écartées par la rotation à vis d'une tige extern* B, mue par des tours du bouton C. (Lemenant-Deschenais.)
En général, la dilatation brusque ou forcée cause plus 'accidents que la dilatation progressive. V. Complications
. 175. — Dilatateur de Buscli, modifié par Huguier, — D, Instrument fermé.
]i. Instrument ouvert.
IX articles Anus, Lacrymal (Appareil), Urèthre {Rétréssement de 1'), Atrésies, Accouchkment prématuré.
Dilatation forcée avec les doigts. V. AtrÉSIE DU
■CTUM, Fissure a l'anus.
Dilatation de la pupille. V. Iris {Maladies de f),
PIITHALM0SC0V1E.
DIMAN (Côtes-du-Nord). Eau ferrugineuse froide, nployée en boisson contre la chlorose et f'anémie.
DlPiiTHERlTE. Bretonneau a donné le nom de ^phthérite à toutes les phleginasies ctractérisées parla rmation d'ime fausse membrane à la surface de la peau . des muqueuses. Ainsi, il y a une dipkthérite cutanée h
surface des vésicatoires et des plaies de la peau ; — le diphthérite des amygdales et du pharynx, qui est Vanne couenneuse; — du larynx, qui est le croup; — une
diphthérite dos gencives, qui est \a stomatite ukéro-membraneuse; — une diplithérile des fosses nasales, de la conjonctive et de toutes les parties ulcérées. V. Angine COUENNEUSE et CrOUP.
Les fausses membranes de la peau et dos muqueuses sont des pellicules membraneuses d'un blanc jaunâtre, adhérentes sur les tissus privés d'épiderme ou d'épithélium et quelquefois très-ulcérés, et elles sont fortuées de fibrilles, (le fibrine ou de mucine mélangées de globules de sang et de cellules de pus.
Les fausses membranes se dissolvent dans les alcalis, surtout dans l'eau de chaux, et se racornissent dans les acides.
Toute fausse membrane est le résultat d'une exsudation de mucine, de lymphe plastique ou de fibrine à la surface de la peau ou d'une muqueuse excoriée ou ulcérée.
Comme les fausses membranes reposent sur une surface saignante, les granules de fibrine et le muco-pus qui les baigne sont souvent résorbés, et il en résulte des pneumonies métastaliques miliaircs, avec abcès au centre et des abcès multiples du tissu cellulaire qui entraînent la mort; c'est une sorte de résorption purulente qu'on appelle empoisonnement diplithéritique, et que d'autres considèrent comme le résultat d'embolies capillaires amenant des infarctus suivis de ramollissement.
La diphthérite se montre à tout âge, et particulièrement dans l'enfance, sous forme de maladie sporadique, épidémique et contagieuse.
Jusqu'à ce jour, malgré des tentatives réitérées, jamais on n'a pu inoculer la diphthérite.
La diphthérite est une maladie primitiveiuent locale, et qui souvent reste locale, mais elle peut se généraliser par la résorption de ses produits, et alors elle occasionne soit la formation d'autres fausses membranes sur divers points du corps, soit la résorption diphthéritique et la mort.
Jodin, Ludwig, Letzerich, considèrent la diphthérite comme une affection parasitaire due à un champignon, le zygodesmus (fuscus?), dont la contagion se ferait à l'aide de spores voltigeant dans l'atmosphère.
Quand la diphthérite cesse d'être une maladie locale, et devient générale, elle engendre la fièvre, l'albuminurie, la décoloration de la peau, parfois la couleur bistre du sang, et peu à peu, sous l'influence de la résorption des produits formés sur les surfaces malades, elle entraîne la mort.
Chez les sujets qui succombent à la résorption diphlhérilique, on trouve du purpura, des séreuses, des pneumonies lobulaires suppurées au rentre, de l'apoplexie pulmonaire et des petits abcès miliaires du poumon ou du tissu cellulaire.
On a fait très à tort de la diphthérite une maladie générale priiuilive analogue aux fièvres et aux empoisonnements miasmatiques, car c'est primitivement une maladie locale pouvant conserver ce caractère tout le temps de sa durée, et ce n'est que dans certaines circonstances d'absorption du pus de la plaie qu'elle devient générale et mortelle.
La diphthérite locale primitive est à la diphthérite in-
DIPH
niPL
fectieuse générale ce que la pustule maligne est au charbon, et le chancre primitif au chancre induré ou à la syphilis constitutionnelle.
La présence de fausses membranes sur une plaie ou sur une ulcération muqueuse ne constitue pas la gravité de la diphthérite, car c'est un état qui peut se prolonger sans danger pour le malade, et il n'y a que la résorption du produit occasionnant l'infection de l'organisme et leur apparition dans le larynx occasionnant l'asphyxie qui soient un danger.
Dans la convalescence de la diphthérite, il se produit quelquefois une paraplégie du voile du palais amenant le retour des boissons par le nez, une amaurose incomplète, une paraplégie ou une paralysie générale qui durent quelques semaines, quelques mois, et qui peuvent entraîner la mort : c'est \a paralysie diphthcritique (Orillard).
Les paralysies diphthéritiques ont été regardées à tort comme des maladies spécifiques presque virulentes; il n'en est rien, car des accidents de même nature s'observent à la suite des angines simples, des érysipèles, des varioles, des pneumonies, des fièvres typhoïdes, et sont la conséquence de la faiblesse produite par la maladie aiguë.
Thérapeutique. — Première indication. — Détruire la diphthérite sur place avant l'absorption et la généralisation du mal, comme on détruit la pustule maligne, le charbon ou les plaies venimeuses, voilà la base du traitement de la diphthérite au début.
C'est dans l'intention de détruire le mal sur place que Von cautérise les plaies diphthéri tiques avec les acides chlorhydrique ou azotique (Bretonneau), — avec le perchlorure de fer (Aubrun), — avec le nitrate d'argent (Bretonneau), — le fer rouge (Valentin); — enfin, qu'on l'excise (Bouchut) quand il est limité aux amygdales ou qu'il siège dans une région où l'opération est possible. V. Angine couenneuse.
Quelques médecins, utilisant la propriété qu'ont les acides de crisper les fausses membranes, de façon à les détacher de la plaie, emploient ces médicaments à une période avancée du mal, non pour le détruire sur place, mais pour enlever le produit auquel il a donné naissance [3-
Deuxième indication. — Empêcher la formation des fausses membranes en modifiant la composition du sang.
La propriété qu'ont les alcalis de dissoudre la fibrine fait qu'on a employé ces agents en topiques et à l'intérieur pour dissoudre les fausses membranes partout où elles se développent. Dans ce but, on a donné le bicarbonate de soude, 3 à 6 grammes par jour [+]; le borate de soude, à la même dose \±i ; le nitrate de jwtasse [3 ; le chlorate de soude Q ; le chlorate de potasse [3 ; le sulfure de potasse, 25 centigrammes à 1 gramme \±]; Y eau de chaux saturée en lotions ou en injections [±\, etc.
Le calomélas a été donné pour détruire la plasticité du sang et pour empêcher la formation des fausses membranes (Bretonneau), mais c'est un remède abandonné.
Le perchlorurr de fer, à la dose de 2 à 15 grammes par jour (Aubrun), a été donné à l'intérieur contre la diphthérite, mais on n'est pas encore fixé sur l'efficacité de ce remède.
Troisième indication. — Applications locales. — Comme topiques, on emploie la glycérine pure, en applications avec im pinceau [+], — les insufflations de tannin et d'a/«n[±], les insufflations de nitrate d'argent [±] (Guillon), les injections à'euu de chaux, les fleurs de soufre H, les applications et les injections de coaltar saponiné au
trentième \±^, ou de la solution d'acide phénique au milli eme i-k +1 ; ces derniers remèdes en compresses sur les ])laies diphthéritiques, — en injections pharyngées toutes les deux heures dans l'angine couenneuse, produisent les meilleurs résultats (Bouchut). V. Croup.
Jodin, qui croit à la nature parasitaire de la diphthérite a proposé les insufflations de fleurs de soufre, et il conseille un traitement local de lotions avec
Sulfate de fer 5 grammes.
Acide sulfuritjne dilué 1 id.
Eau distillée d50 id.
DIPLOPIE BIl«OCULAIRG. La diplopie ou vision double est le symptôme d'un défaut de convergence des axes optiques. Elle résulte d'un strabisme causé par l,i paralysie d'un muscle de l'œil, par la présence de tadie> de la cornée, par l'opacité des milieux de l'œil, ou eii/à par la déviation de la pupille.
La diplopie est directe lorsque l'objet est dédoublé ik côté correspondant à l'axe oculaire dévié ; elle est croisée lorsque l'image double est du côté de l'axe oculaire non dévié. V. Strabisme.
Les malades atteints de diplopie voient les objets doubles lorsque le trouble visuel est très-prononcé ; d'autres > fois ils aperçoivent simplement les objets augmentés de i volume.
Thérapeutique. — On traitera dès leur début les maladies qui causent la diplopie, mais il est des cas où la diplopie finit par disparaître, par suite de l'habitude; — les strabiques arrivent ordinairement à bien distinguer h objets, le plus souvent parce qu'ils ne fixent qu'avec uii seul œil.
Pour remédier à la diplopie permanente des strabiques I on emploiera, à défaut de traitement curatif, le moja A palliatif des lunettes prismatiques (de Graefe, Giraud-Tffl' Il Ion, Javal). ' i
Pour l'application de ces lunettes, on aura recours à I l'exploration suivante : [
Sur la glace dépolie d'un stéréoscope dans lequel regarde un individu atteint de diplopie, on place un pain à i cacheter fixe, puis on promène de gauche à droite un autre i pain à cacheter, jusqu'à ce que le malade voie les dei pains à cacheter sur la même verticale. Ces points fixés, i le médecin se place vis-à-vis du tableau du stéréoscope et regarde à travers des verres prismatiques dont l'arête esl tournée en dehors ou en dedans ; il essaye successivement ' les numéros des verres, jusqu'à ce qu'il voie les deux points sur la même verticale. Les verres qui lui ont fourni ce résultat conviennent au strabique. Ces verres seront placés au devant des yeux du malade, et les arêtes les plus aigui's des prismes devront être tournées en dehors ou en dedans, suivant que la diplopie sera croisée ou directe.
On prescrira les lunettes prismatiques pour lire; ton le reste du temps les malades porteront des verres concave: qui, imprimant aux rayons lumineux une divergence plu étendue, ne réclament pas une grande convergence de axes optiques.
Il faut savoir que les muscles droits internes s'afl'aibli sent à la longue quand on emploie le moyen palliatif d( verres prismatiques. V. Strabisme.
Diplopie monoculaire. La vision peut être doul) avec un seul œil quand il y a une ulcération de la corné une pupille double, une opaché partielle du cristallin > du corps vitré (Szokalski, Giraud-Teulon). Ce syniplôi est passager.
Thérapeutique. — Traiter les maladies qui ont don
DIUR
DIUR
aissance à la diplopie. V. Cornée {Plaie de la), Cata-