ÉGAGROPILES. V. INTESTIN (CONCRÉTION DE L
ÉGOPHONIE. Quand on ausculte la poitrine d'un malade qui parle haut et que le bruit produit ressemble à un chevrotement comparable à la voix du polichinelle, on dit qu'il y a égophonie (Laennec). V. Auscultation.
L'égophonie est toujours accompagnée d'affaiblissement du murmure vésiculaire, quelquefois de souffle tubaire, et enfin de matité dans la partie correspondante du thorax.
On entend ordinairement l'égophonie en arrière du poumon, au niveau de la racine des bronches, vers la fosse sous-épineuse ou dans l'aisselle, et elle annonce qu'il y a dans la plèvre un épanchement liquide de moyenne abondance comprimant un peu le poumon et lés bronches.
L'aplatissement incomplet des bronches moyennes où passe la colonne d'air indispensable à la phonation est la cause de l'égophonie. (V. Pleurésie.)
ÉGYPTIAC. Onguent employé comme excitant et styptique sur les plaies [+]. 11 est composé comme il suit ;
Miel blanc 8 parties.
vinaigre concentré 5 id.
Vert-de-gris ou sous-deuto-acétate de
enivre 5 id.
Faites chauffer dans une bassine de cuivre jusqu'à ce que l'acétate de cuivre soit fondu, et que le miel devenu rouge ait pris la consistance d'onguent.
ÉLATÉRir^E. Substance solide blanche, amère, crislalline, insoluble dans l'eau, soluble dans les acides et l'alcool à chaud. On l'extrait de Yclatérium.
Thérapeutique. — On emploie l'élatérine, dans la néphrite albumineuse, à la dose de 10 à 20 centigrammes par jour □ (Bright).
ÉLATÉRIUM. Espèce de concombre sauvage dont le suc, épaissi jusqu'à consistance d'extrait, est quelquefois employé comme purgatif. Il a été employé par Bright, avec avantage, dans deux cas de néphrite albumineuse.
ÉLECTRICITÉ OU ÈLECTRISATIOIV . L'électricité est un agent de la nature qui se développe par Ig frottement des corps, par leur contact, par leur composition ou par leur décomposition, et dont l'influence sur la vie et sur tout ce qui nous entoure est immense.
C'est la force universelle qui entraîne les mondes, qui règle le cours des astres, et qui produit, avec l'affinité, la chaleur et la lumière, tous les phénomènes de la végétation terrestre. On la trouve partout, comme cause ou comnie effet des phénomènes de la nature ou de la vie, et l'homme qui est parvenu à la produire à volonté dans des appareils spéciaux, l'utilise à la fois pour l'industrie et pour la thérapeutique.
L'électricité existe en grande abondance chez l'homme et chez les animaux, soit comme effet des compositions et
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des décompositions qui s'accomplissent au sein des tissus, soit comme cause de nutrition moléculaire, de mouvement des muscles et de sensibilité, lorsque, après avoir été formée dans l'encéphale, elle arrive aux organes par les cordons nerveux. On sait, en effet, d'après Dubois-Raymond, que les nerfs sont les conducteurs d'un courant électrique qui arrive aux organes et aux muscles, et que la volonté détermine une augmentation d'intensité de ce courant qui pousse l'aiguille du galvanomètre à chaque contraction des muscles de l'opérateur. C'est en vain qu'on veut rendre compte de ce fait dont j'ai été témoin par les actions de contact ; l'explication n'est qu'une erreur, et la volonté pousse réellement dans les nerfs un courant qui agit sur l'aiguille du galvanomètre. Ce fait semble indiquer que chaque être vivant porte en lui un appareil électrique dont le courant distribué par les nerfs sous forme à'influx nerveux, règle les opérations de la sensibilité, du mouvement et de la vie, et que cet appareil n'est autre que l'appareil nerveux partout formé de deux substances blanches et grises, baignées par le sang, et que, à côté de cette électricité productrice des phénomènes vitaux, il y a celle qui n'est qu'un effet de la vie et qui résulte du mouvement de composition et de décomposition des organes. Toute cette partie de la physiologie est encore à l'étude, et en pareille matière il n'y a que des hypothèses à rapporter.
\. Physique. Appareils. — La force électrique se manifeste par des effets qui varient avec les conditions dans lesquelles elle prend naissance. On utilise en médecine l'électricité produite par le frottement, dans les machines électriques et recueillie dans la bouteille de Leyde ; celle produite par les actions chimiques de la joile à auge, des chaînes électriques, de la pile associée à un électro-aimant, et enfin celle qui apparaît comme conséquence des modifications qui surviennent dans Vétat magnétique du fer ou de l'acier.
Quelle que soit la provenance de la force électrique, celle-ci offre à considérer sa quantité ou intensité, mesurable par la somme de travail qu'elle est capable d'effectuer en se transformant, et sa tension, sorte de pouvoir expansif en vertu duquel elle triomphe plus ou moins facilement des résistances que la conductibilité imparfaite des milieux oppose à sa transmission. Ces deux conditions varient indépendamment l'une de l'autre, suivant la nature du travail qui a donné lieu aux manifestations électriques, et suivant la disposition des appareils construits en vue d'en utiliser les effets.
Électricité produite -par le frottement. — Lorsqu'on frotte l'un contre l'autre deux corps hétérogènes, ces corps acquièrent des propriétés électriques. Les appareils destinés à manifester l'électricité développée par le frottement sont la machine de Ramsden, qui a subi plusieurs modifications, et la machine de Nairne. Ces appareils sont trop connus pour que nous ayons à les décrire ici : le premier donne de l'électricité positive ; le second, de l'électricité négative. Récemment on les a fondus dans un appareil qui peut donner à volonté l'une ou l'autre des deux électricités ou toutes deux à la fois. A ces instruments doivent être joints les condensateurs dont la seule forme employée est la bouteille de Leyde, à laquelle il faut toujours adapter le graduateur de Lane.
L'électricité fournie par les appareils à frottement est remarquable par son peu de quantité et son énorme tension. L'emploi des condensateurs permet d'en augmenter la quantité.
Électricité -produite par les actions chimiques. — Nous
n'avons pas à rappeler ici la disposition fondamentale du couple voltaïque ; on connaît également bien les modifications générales qui y ont été apportées dans le but d'augmenter la constance du courant (amalgamation du zinc piles à deux liquides).
Les données qu'il importe de ne pas perdre de vue dans la pratique sont le« suivantes :
1° Le couple voltaïque fournit un courant d'une intensité extrêmement grande, si on la compare à l'intensité des courants que peuvent fournir les machines à frottement. Par contre, la tension du courant voltaïque est infiniment moins grande que celle des courants fournis par les machines à frottement.
1" L'intensité du courant fourni par un moteur voltaïque, intensité mesurée par la quantité du travail que peut effectuer le courant dans la portion extérieure du circuit de ce moteur, est proportionnelle à l'activité da travail chimique qui, dans le moteur, donne naissance au courant.
3" Les intensités des courants varient, toutes conditions égales d'ailleurs, en raison inverse des résistances des circuits complets parcourus parées courants.
4° Les circonstances les plus favorables à l'utilisation de la force dépensée par un moteur voltaïque sont réalisées lorsque la résistance du moteur est égale à la résistance de la portion extérieure de son circuit.
5° On peut toujours diminuer la résistance de la portion du circuit total représentée par le moteur, en augmentant la surface de celui-ci par l'association en batterie des coà pies qui contribuent aie former. Mais cette ressource n'ffi avantageuse que dans les cas où la portion du circuit sL térieure à la batterie offre peu de résistance. ■
6" Lorsque plusieurs couples sont associés en série» manière à former une pile, celle-ci se comporte comme» couple unique dont la force électromotrice serait multip» par le nombre des couples de la série. Dans ce cas,» augmentations de résistance de la portion extérieure^ circuit représentent une fraction de la résistance tom d'autant moins considérable que la résistance du moteurW plus grande, c'est-à-dire que les couples sont plus noS breux. On dit de ces courants, qui peuvent manifes» leurs effets dans un circuit résistant sans que leur inia sité soit trop affaiblie, qu'ils ont de la tension. ■
Dans la pratique de la galvanisation thérapeutique, m emploie constamment des courants de forte tension et w faible quantité. Les courants de tension plus faible etÉ quantité plus forte mériteraient d'être essayés. m
Les courants de faible tension et de quantité un m considérable servent à faire fonctionner les appareils d%duction. Ceux de quantité très -considérable et de tension médiocre ou faible sont employés exclusivement à faire rougir les anses de platine du cautère galvano-thermique.
Induction. — Les appareils d'induction permettent d'utiliser les courants qui se produisent instantanément dans un circuit fermé dans le voisinage duquel s'accomplissent de brusques perturbations électriques ou magnétiques. Ceux de ces appareils qu'on emploie en médecine ' sont de deux sortes :
Dans les premiers, dits volta-faradiques, un moteur voltaïque fournit un courant d'intensité un peu forte et de tension relativement faible, dont les interruptions et les rétablissements alternatifs déterminent dans son propre circuit et dans un circuit voisin des successions de courants passagers. Dans les seconds, dits magnéto-faradiques, cette succession de courants passagers est liée aux
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al rnatives d'état magnétique d'une armature de fer doux qi se meut en regard des pôles d'un aimant permanent.
ippareils voUa-faradiques ou électro-magnétiques. — 11 sont nombreux, mais au fond tous semblables,
Jn premier circuit à gros fil est parcouru par le counlt de la pile, et donne, chaque fois que ce courant cesse d' passer, un courant induit instantané de même sens que Cdi de la pile.
]e premier circuit est enveloppé par un second circuit à 1 fin, dans lequel la fermeture et la rupture du premier dieloppent des courants induits de directions opposées. U barreau central de fer doux sert à augmenter l'énergie d( courants induits développés dans l'un et dans l'autre ci uit, en ajoutant l'influence des états magnétiques qu'il piad et perd successivement aux influences de même séi exercées par les conditions d'induction des circuits SI eux-mêmes ou l'un sur l'autre. Les oscillations magi tiques de ce barreau central servent en même temps à ire fonctionner un interrupteur du circuit de la pile, qi règle ainsi la marche de l'appareil auquel il emprunte se mouvement (Neef).
iCs appareils volta-faradiques donnent donc : ■ " Une succession de courants de même sens et de fa le tension dans le circuit inducteur ; 2" une succession df^ourants de directions alternativement contraires et de hfte tension dans le circuit induit. Ces courants agissent dipremment sur la sensibilité. Est-ce en raison de leur diprence de tension, ou cela tient-il à ce que ceux de fa le tension se succèdent dans le même sens, tandis que le; autres se succèdent dans des directions opposées? P r élucider cette question. Tripier a fait construire un a)areil dans lequel chacune des hélices peut jouer à voie é le rôle de circuit inducteur ou celui de circuit indi . Dans les épreuves tentées jusqu'ici et faites exclusive lent sur l'homme, les dilîérences notées ont paru liées à tension seule.
es appareils électro-magnétiques employés en médeci sont ceux de Ruhmkorff, de Tripier et de Legendrc et[orin. En voici la description d'après Becquerel.
Appareil de Rulrnikort'i.
'appareil (fig. li)7) auquel on a donné le nom d'appareil d' :luclion de M. Ruhmkorff consiste en une lonsfue bobine
gros et court, lequel doit donner passage au courant électrique inducteur destiné à provoquer l'aimantation de la masse centrale de fer doux. Les extrémités de ce fil viennent s'attacher aux colonnes de cuivre 1 et 0 fixées sur la tablette de l'appareil.
Sur ce premier circuit se trouve enroulé un fil de cuivre entouré de soie, mais d'un petit diamètre (n° 16 du commerce), et dont la longueur varie entre 8 et 10 kilomètres, car la longueur du fil, par la résistance qu'il oppose au mouvement de l'électricité, est la première condition pour que celui-ci acquière une grande tension. Ce second fil est en outre isolé avec le plus grand soin au moyen d'un vernis à la gomme-laque, et ses extrémités aboutissent à deux colonnes de verre G et B.
Dans l'axe de la bobine se trouve un faisceau de fils de fer M, dont la surface oxydée ne permet pas de communication de l'un à l'autre, de manière à éviter, ainsi qu'on le verra dans la suite de ce chapitre, que des courants d'induction circulant autour de la masse de fer ne diminuent la rapidité de transmission des courants induils dans le circuit extérieur.
Le principe de l'appareil consiste en ce que l'on fait passer, à des intervalles très-rapprochés, une succession de courants électriques dans le gros fil 01; le faisceau central de fer doux, en s'aimantant et en se désaimantant, réagit par induction sur le circuit de fil fin, et produit une série de courants induits, donnant lieu aux étincelles ou aux autres effets électriques.
Pour rétablir la communication entre les fils de la pile et les extrémités du gros fil conducteur, les premiers sont attachés en A et A' des deux côtés du commutateur KL; ils communiquent avec des ressorts qui, en rencontrant les plaques conductrices du commutateur, font passer le courant dans le gros fil, dans un sens ou dans l'autre.
Quant à la succession rapide des courants dans le gros fil inducteur, elle est obtenue au moyen du système d'interruption utilisé par Neef et de la Rive, et connu quelquefois sous le nom de tvemhleur. Cet interrupteur est absolument disposé comme le condensateur électro-chimique de M. de la Rive, pour être mis en jeu par le courant lui-môme ; à cet effet, le faisceau de fer doux central est terminé par une rondelle de fer qui fait saillie hors de la bobine, et qui est destinée à attirer une petite masse de fer doux D, toutes les fois que l'aimentation a lieu. Cette petite masse
Fig. 197. — .A])pareil de Hulimlinrfl.
arton mmce, avec rebord de verre ou de bois, recou- i de fer doux, attachée à un bras de levier DE, très-mobile e d un premier circuit formé par un fil de cuivre isolé, [ à l'extrémité de la colonne I, est terminée à sa partie infé-
BOUCHUT ET DESPRÉS. 2« édit. i I 28
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rieure par une lame de platine qui repose, dans les conditions ordinaires, sur un morceau de cuivre également couvi-rt de platine. Or, comme la masse de fer doux D communique par la colonne 1 à l'une des extrémités du gros fil inducteur, et que le morceau de cuivre touche, parTintermédiaire du conducteur de cuivre partant de H, à l'un des deux pôles du couple ou de la pile produisant le cou-
rant, le second pôle communiquant à l'autre extrémité 0 du lil, il en résulte que le circuit sera fermé toutes les fois que les masses métalliques seront en contact ; mais, quand cela aura lieu, les fds de fer s'aimanteront, le morceau do fer doux sera alliré, et le circuit se trouvera rompu. Aussitôt le courant passé, le fer doux retombera, touchera de nouveau le cuivre, d'où résultera un nouveau passage de
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l'électricité-, de là, nouvelle attraction, nouvelle rupture du circuit, et ainsi de suite. On comprend dès lors qu'il se produira une succession très-rapide de passages du courant attestés par des étincelles éclatant entre le marteau de fer et le morceau de cuivre ; mais, comme ces masses métalliques sont recouvertes de platine, il ne se produit pas d'oxyde entre les surfaces en contact, et l'action peui se continuer ainsi pendant plusieurs heures.
Ruhmkorff a modifié cet appareil pour l'usage médical, et il a réduit ses dimensions de manière à le rendre très-portatif: sous cette seconde forme on peut faire varier son intensité dans des limites très-étendues.
Cet appareil est représenté dans J,i figure 1 98. Il se divise en trois cogjgartiments : le premier, F, contiefiWjs deux couples qui mettent l'appareil en action. Ces couples sont formés de zinc amalgamé et de charbon ; le liquide aciil est un peu d'eau dans laquelle on Im dissoudre du sulfate de mercure conlem dans la bouteille L. Ces couples, donll disposition est due à Marié, sont sufli samment forts, et il n'y a aucune émanation acide pendant l'opératioii. le second compartiment G renferme ra|i pareil proprement dit : ce sont im bobines rectilignes fixées du côté G |i une armature de fer doux et seniblahli quoique sous une dimension moimli à la bobine droite qui est plus liant. I deux faisceaux de fer doux sont leimiii' en a et 6 et peuvent agir par altracliii; sur une armature mobile f mainleiiii' par un ressort .'. Les bobines sont n» vertes de deux fils : un gros fil par > passe le courant des deux couplcî un fil plus tin isolé. Le premier fil termine enc et en r, de sorte que la pcH' armature f se met à osciller comni' trembleur ordinaire. Si le second b|toi c' touche à r' , en c et c' on peut relit l'extra-coarant. Les deux extrémité? ' fil fin sont terminées en D et en D', cl on reçoit les courants induits. Poui'iiii dérer la force des courants induits, m double cylindre de cuivre argenté enveloppe les deux bobines, et à ïél du ])outon B on découvre plus ou nioin les deux bol)ines.
Enfin le troisième compartiment 1!
contient les accessoires de l'apparu' savoir, les cylindres métalliques, le (lao contenant le sulfate de mercure et I' conducteurs.
Sur le côté, en M, on a fixé une pelU' roue dentée que l'on peut faire mouvoir il volonté plus ou moins rapidement, et qui permet de modérer à la main les intermittences Ae^ courants induits, comme on le fait avec la roue einplov'' par Masson.
Cet appareil est le plus portatif, le jdus commode, I' plus simple, et en même temps le plus énergique de toi les appareils électro-magnétiques dont on puisse tu usage ; joignons à cela qu'il divise les deux couraat-S
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clirant inducteur, le courant induit, ce qui est fort coniride pour ceux qui persistent à croire, malgré l'évidence c> faits, que ces deux courants exercent une action phys logique différente ; en même temps son bas prix le fera Dandre promptement dans la pratique.
Il n'est aucun appareil électro-magnétique pins facile à r .nier, moins sujet à se déranger et plus portatif. En fait d ppareil électro-maa^nétique et quand on passe par-dess: l'inconvénient de !a pile, c'est celui qu'il faut préférer.
Voici maintenant l'instruction rédigée par RuhmkortT pirle maniement de l'appareil.
Instruction. — Pour faire fonctionner l'appareil, prenez le zincs par le milieu de la tige, enlevez-les perpcndicu- Ic ement ; poussez dehors les godets par les trous pratiqués a' fond de la boîte, versez de l'eau, à peine un tiers de le:- hauteur; ajoutez dans chacun deux fois plein la cuiller di verre qui se trouve dans la boîte, du protosulfate de nrcure contenu dans le flacon, agitez un peu. Remettez \( choses en place en observant que les parois extérieures di vases ne soient pas mouillées. Si l'appareil ne foncti ine pas, avancez le bouton A avec lequel on règle la visse des vibrations. La force de l'appareil se règle en tiint plus ou moins les tubes, par le bouton B. Les bouto| (j,C appartiennent à l'extra-courant, qui va dans la mne direction, et D,D au courant d'induction, qui change leens du courant, alternativement. Pour avoir des intern tions successives, que l'on peut régler à la main, on se s(l de la roue fixée à l'appareil : à ce sujet, on tire le virou qui la tient fixe, et après avoir terminé l'expérience, 0 le repousse à sa place ; ensuite il faut détacher le nheau de fer qui se tient collé aux faisceaux pendant l'on s'est servi de la roue. Il est indispensable, après re servi de l'appareil, de bien vider les godets, de jeter rotosulfate, de bien laver et essuyer le tout. Si l'appane fonctionnait pas, pour remédier à cet inconvénient, le^'éparations à faire sont les suivantes : 1» Ce qui arrive lus souvent, c'est que sur le platine qui est sur le reset sur le morceau de fer, il s'est formé de l'oxyde, et
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les fixe ; pour cela, on prend de la ponce pilée avec le bout d'une allumette et à sec, on frotte dans les trous, et par le même procédé on nettoie aussi les tiges. h° On gratte les surfaces des zincs avec un couteau lorsqu'elles sont trop chargées de mercure. 5" Si l'on a oublié à cliaque fois de bien nettoyer les godets de charbon, le sel se trouve incrusté aux parois, et pour l'enlever, on prend du grès et de l'eau; avec un chiffon on frotte jusqu'à ce que l'intérieur redevienne noir. Si accidentellement, par l'agitation, l'intérieur de la boîte se trouvait mouillé, il faudrait bien l'essuyer et sécher pour empêcher les communications. Si par hasard les tiges des zincs venaient à se courber, il faudrait les redresser pour que les zincs ne touchent au charbon, sans quoi l'appareil ne marcherait pas. Si les ressorts qui appuient sur les godets cessaient de toucher, il faudrait les tendre de nouveau .
A l'aide de ces détails, l'appareil ne cessera pas de fonctionner; en outre, chacun sera à même de réparer son instrument.
Appareil de Legendre et Morîn.
L'appareil de Legendre etMorin (fig. 199) se compose de trois parties principales, savoir : 1° une pile de Hunsen modifiée; 2" un mécanisme d'induction ; 3° une série de rhéophores ou instruments d'application de l'électricité.
1° Pile de Bunsen modifiée (fig. 200). — AA, vase extérieur de cuivre auquel est fixé, par une soudure à l'étain en un endroit quelconque, le cylindre de zinc EE; c'est le pôle négatif de la pile. CC, vase intérieur de porcelaine poreuse, au fond duquel est fixé, par une petite quantité d'un mélange de résine et de cire, le charbon H.
Ce charbon est surmonté d'une tige de platine I, destinée à servir de pôle positif. R, couvercle de gutta-percha destiné à empêcher l'accès de l'air sur les parties poreuses de porcelaine et de charbon imprégnées d'acide nitrique.
Fig. 199. — Appareil de Legendre et Morin.
' l'enlever, on frotte légèrement sur chaque surface la contenue dans la boîte. 2° La même chose peut arriiux conducteurs qui touchent aux godets ; on les nettoie leimême manière. 3" 11 est nécessaire de nettoyer aussi bouts des tiges de zinc et les trous dans lesquels on
Le couvercle est percé au centre d'un trou destiné à laisser passer la tige de platine.
2° Mécanisme d'induction (fig. 201). — La lame métaUique mobile est destinée à mettre l'appareil en communication avec la tige de platine I, pôle positif de la pile.
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M, ressort de plaline placé à la partie inférieure el devant supporter le vase de cuivre AA, pôle négatif de la pile (fig. 201).
li, fd qui fait passer l'électricité de la pièce L au support e
Fig. 201.
S, fd qui conduit l'électricité du pèle négatif à l'extrémité intérieure du lil inducteur, que Ton voit entrer dans la bobine par une ligne ponctuée.
c, pièce qui met en communication la pièce cl mobile de fer doux avec le pôle positif 1j.
V, extrémité extérieure du lil induclenr Iransmettanl l'éleclricilé au petit ressort Z, au fer IIm' <t de rinlerrupleur et à la borne !'.
Y est l'extrémité centrale du fil induit se rendant à la borne 0'; l'autre extrémité du (il induit, celle extérieure, est en communication dans Tintérieur de la bobine avec le fd S ; elle communique avec son représentant extérieur Q par le ressort M, la pile entière, la pièce L et le fil X.
De telle sorte que, si l'on met les rliéopliores aux bornes P et Q, on a le courant du gros fil, le courant indiicteiir. Si on les met aux bornes 0 et 0', on a le courant du fil fin (fil induit). Enfin, si on les place aux bornes P et Q', ou a le courant le plus intense possible, puis(ju'ou se sert de toute le longueur des deux fils.
G, boulon de cuivre placé derrière la borne (} et servant il manœuvrer le graduateur.
petit boulon de cuivre pouvant se mouvoir à vis, dans l'épaisseur du bois, et dont le prolongement sert à contenir le ressort placé .sur le support c, qui, loi'squ'il est libi e, s'oppose aux vibrations de la lame d en soulevant celle-ci et l'appliquant contre la bobine.
3° Coupe prise suivant la ligne mrdiune de l'uppureil et. destinée n fnire voie la eonstruetion de Vrleftrii-niiinmt (fig. 202).
(1, bobine de cuivre montée sur le graduateur et servant à le mouvoir verticalement d?ns la cavité centrale n)i du noyau de la bubine.
l), éleciro-aimani i-eulnil formé d'iui tulje de fer doux, fendu daii>>a hiiigueur; il repose sur le lalou c.
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c, pièce de fer fixée au fond de la cavité de la bobine, et qui transmet extérieurement l'action magnétique du tube 1).
d, lame de fer doux placée au-dessous de c et dans sa sphère d'attraction.
Fig. 202.
a, pièce de fer doux fixée sur la bobine et à Fextréitiili de laquelle s'articule et peut se mouvoir librement Is lame ; elle est en communication avec le fil V, exirémilr extérieure du gros fil.
pièce conductrice qui transmet l'électricité à lu laiJ' de fer d par l'intermédiaire d'un petit ressort et d'unew de platine placés sur les faces correspondantes de la piff' et de la lame.
Celte vis et ce ressort ont pour objet de défendre surfaces sur lesquelles ils sont placés contre le pom oxydant des courants électriques.
Le fonctionnement de l'appareil s'établit de l.i niaiiièri suivante :
Le courant partant du pôle positif I (fig. 201) pass' jiar L, li, e, d, «, V (fig. 202), entre dans la bobine, oii il fait un grand nombre de circonvolutions, puis sort an |)oiat S, et retourne à la pile par l'inlermédiaii e de li lame M communiquant au pôle. négatif A. Le courant firculant dans la bobine aimante le tube de fer doux D, colui-ci transmet son magnétisme à l'cntérieur par l'iiileimédiaii e de la pièce également de fer doux c, el la lame»' est soulevée ; il résulte de cette action une solution do continuité entre d et e. Le tube 1), soustrait à rinflaencc du courant dont l'action est suspendue, cesse d'èli'c aimanté ; la lame r/, n'étant plus soutenue par la force de l'attraction magnétique, retondie par son propre poids, cl d et e sont de nouveau en comnuuiication. ]>e courant rétablit, D .s'aimante et soulève la lame il, dont le mouvi ment produit une nouvelle solution de continuité (|ni intercepte le passage du courant, etc. Les mêmes elt'ets rciiroduiseul pendant toute la durée d'action de la pili'-
A chacune de ces interruptions correspond un courani d'induction dans cbacun des fils ; on le recueille en plaçant les conducteurs aux boriU!s situi'-es à l'exlérieur.
on divise le boulon h (fig. 202), dont le prolongeit fait équilibre à un ressort soulevant la lame rf, ci s'applique contre le talon c de la bobine, et par le contact cesse entre la face inférieure du platine vis qui lui est opposée ; il n'y a plus de circuit. Mais, même temps, le courant est rétabli dans un autre it, au moyen de la communication du bouton avec le positif I de la pile par l'intermédiaire de e, R, L, et le mouvement d'une petite goupille de platine lixée •elte tige et amenée, par la rotation même qu'on lui ime, au contact du ressort Z, communiiiuant au pôle lif A par V, tout le gros fil de la bobine, S et M. jur peu que l'on ramène la tige à vis vers sa première lion, la goupille abandonne son contact avec Z, le cirest interrompu, et un courant d'induction se produit 1 cliaque fil.
1 tournant ainsi lo boulon h alternativement en sens rse, on obtient les intcrmillenccs aussi lentes qu'on le ; e.
nsi trois sortes de courants sont fournis par cet aplil, celui du gros fil [courant inducteur, extra-courant
u-aday), puis le courant du fil fin {courant induit) \ t on peut recueillir les courants réunis des deux fils. 1 reste maintenant, pour compléter cette instruction, à connaître le mode de fonctionnement de l'appareil,
loins à prendre pour sa conservation, et les règles à
e dans son emploi.
mriionmment de rappareil, soins à prendre pour sa
rvation. — Pour monter la pile, il suffit de verser le vase poreux de l'acide nitrique ordinaire, auon ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique, si
areil n'a pas servi depuis quelque temps.
s liquides doivent être sensiblement au même niveau, met le couvercle ; on pose ensuite la pile sur le ressort de platine placé au fond de la boîte, puis on ule la lame mobile L sur le pôle positif pour compléter
( cuit.
Jpst essentiel de veiller ;r ce que, par quelque épanlelent accidentel de liquide, le dessous du vase de cuivre lil pas couvert d'une coucbe résistante d'oxyde qui ii| i; erait au passage intégral du courant. On remédie h l u ouvénient en raclant cette partie au moyen d'un itiianl soit peu trancbant. Des frictions au moyen de ipr ;i l'émeri rempliraient le même but.
1 ;st bon, après avoir mis la pile dans la boîte, de lui i|iimcr un petit mouvement rotatoire pour mieux assurer
^jilact inférieur.
pile ainsi montée peut fonctionner avec une force :ll;j)lcment constante pendant six lieures ; la durée de là cliou est plus considérable lorsqu'elle n'a pas été )n:!|uument employée. Après une telle durée d'action, icic nitrique esl absolumenl impropre à servir de nouiaj; il esl plus avantageux de le sacrifier.
H l'application n'a pas duré plus d'une demi-lieure, on euj'emetlre l'acide nitrique dans un llacon spécial pour err à des séances vdlérieures.
(! essuie le vase poreux avec soin, ainsi que le vase ui s-zinc, et l'on remet le tout dans la boîte avec les xc iteurs.
I ;st cependant préférable de ne considérer cette posiioi relative de l'appareil et de la pile que comme un :io;n commode et sûr d'établir les communications. Il aui)ar conséquent mieux mettre la pile en dehors de apu-eil toutes les fois que les circonstances le permeteni| on évite ainsi l'altération superficielle, du reste, des
i i s métalliques des excitateurs et de l'appareil.
y y/r'S '( suivre dans l'emploi de Vappareil. — Deux
conditions permettent au médecin de graduer la puissance de l'action électrique dirigée sur les organes malades : la première consiste dans le choix du courant; la seconde, dans la manœuvre du gradualeur.
La règle étant qu'il convient, dans la très-grande majorité des cas, de commencer les séances par des courants faibles, on obtient cet effet en disposant l'appareil de la manière suivante : Les fils conducteurs seront placés dans les bornes P el (J et le régulateur restei'a enfoncé dans la bobine ; l'opération étant commencée, on pourra tirer graduellement le régulateur à mesure que le malade s'habituera à l'action du courant du gros fil (courant inducteur). Lorsque la limite de celte action est atteinte, et si l'on veut obtenir une énergie électrique plus puissante, il faut repousser entièrement le régulateur, transporter le fil conducleui''de la borne P à la borne Q', et, dans cette position, tirer derechef et graduellement le gradualeur. Ces bornes 0 et O' fournissent le courant développé par le fil fin (courant inilu.il). Enfin, si l'on veut obtenir le maximum d'action de l'appareil, on place les fils aux bornes P et Q', on obtient alors les courants développés dans les deux fils.
Trousse clectro-méflîcale de Trouvé. — Volume considérablement réduit, pile hermétiquement fermée et
Fis. 20 i.
toujours prèle à fonclionner, levier mobile permettant de
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faire varier la vitesse aux interruptions du courant entre des limites très-étendues, tels sont les nombreux avantages que présente cet appareil dont voici la description.
La figure \±\ représente l'appareil à moitié de grandeur, disposé pour le transport dans une trousse ordinaire de maroquin.
Cette trousse contient également tous les accessoires indispensables à l'exercice de l'électrotbérapie : éponges et porte-éponges, balai métallique, etc.
La pile, dont on voit la coupe de grandeur naturelle (fig. 204), est formée d'un couple de zinc et charbon renfermés dans un étui de caoutchouc durci, fermant hermétiquement.
Le zinc et le charbon n'occupent que la moitié de l'étui ; l'autre moitié est occupée par le liquide excitateur (eau ordinaire et bisulfate de mercure, 3 ou 4 grammes environ) .
Fis. 205.
Tant que l'étui conserve sa position ordinaire, le som met en haut, le fond en bas, l'élément ne plonge pas dans le licpiide ; il n'y a ni production d'électricité, ni dépense j)ar consé(iuent. Mais dès que l'étui est renversé ou placé
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horizontalement, le courant naît et se continue tant que le liquide excitateur n'est pas épuisé. Elle est représentée en fonction avec la bobine dans la figure 205.
La bobine B est composée, comme la bobine de Ruhmliorlf, de deux fils, l'un gros et court, nommé inducteur; l'autre fin et long, nommé induit. Dans cet appareil, les deux fds sont bout à bout : le premier forme six couches, le second dix-huit.
En disposant les conducteurs des courants induits aux positions suivantes, on obtient :
0 et 1, une partie de l'extra-courant pour les organes très-sensibles ;
0 et 2, extra-complet;
0 et 3, extra-courant et induit réunis, pour la généralité des cas ;
2 et 3, courant induit seul.
On augmente l'intensité de ces courants en tirant le tube graduateur par le bouton C (fig. 205).
Le trembleur, représenté (fig. 203) au double de sa grandeur, se trouve renfermé dans une joue de la bobine; il repose sur un principe de géométrie bien connu : la perpendiculaire est plus courte que l'oblique.
Pour faire varier la vitesse des intermédiaires, on pousse le levier mobile, soit vers L, L', qui signifient lent, ou vers V, qui signifie vite.
Les intei'ruptions isolées se font à la fois au moyen d'un petit bouton de contact que porte la bobine dans ce but, placé entre M, M' (fig. 205).
Fis. 20U.
La trousse éleciro-médicale de M. Trouvé remplit parfaitement toutes les conditions d'un bon appareil, qui sont les suivantes :
1° Être très-portatif, peu susceptible aux dérangemenl» et ,se manier facilement.
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,2° Être toujours prêt à fonctionner.
13° Toutes les pièces qui le constituent doitent être ilépendantes, afin d'en faciliter l'envoi et les réparations, «actement comme une montre.
lx° Il est nécessaire qu'il fonctionne dans toutes les j sitions, exactement comme une montre.
5° La pile, tout en étant hermétique, doit pouvoir se targer et se nettoyer en dehors du logis du malade, et tssi longtemps, avant comme après l'éiectrisation , sans s Itérer aucunement.
6° Il doit fournir l'extra-courant et le courant induit, st séparés, soit réunis.
7" Les interruptions doivent pouvoir varier dans des uites très-étendues.
Sous donnons en même temps la figure de l'explorateur 'éctrique (fig. 206). Ce petit appareil a pour fonction d'ind uer à coup sûr la présence des corps métalliques dans
I plaies, principalement dans celles occasionnées par les aaes à feu.
La fig. 206, n" 1 , le représente de grandeur naturelle ; le )]|2 de cette même figure montre une des sondes cxplor l ices avec son mandrin. Les sondes sont, en général, au
II nbre de deux : l'une rigide, l'autre flexible. Le trembar est disposé comme dans la trousse électro-médicale, dj manière; à résister à tous les chocs et à remplir les ciditions suivantes :
1° Il est très-portatif, et peut, dis toutes les conditions possihi, trouver place avec la pile dis la poche du gilet ou dans la lusse ordinaire des chirurgiens.
!" Il n'est susceptible d'aucun d'jangement.
'1° Il fait participer trois sens il exploration voulue : l'ouïe, le lipher et la vue.
Ir II donne la certitude de la icnce de la balle par l'eff'et anique produit, les mouveits du trembleur, effet qui ne t se produire qu'autant que ircuit est fermé par un corps allique. L'expérience a, en t, prouvé que le contact des is organiques, même avec une de quinze éléments (et il en lit ainsi, sans doute, avec une
de vingt-cinq à trente élé- .
its), ne fait pas entrer le trem- }r en vibration, 'explorateur Trouvé donne ême temps 'la profondeur où rouve le projectile, et même, s certains cas , en consert la forme du chemin qu'elle a couru ; la sonde souple ouflexidessine les sinuosités du canal .
Nouvel appareil volta.faïadiqiie de Gaiffe.
Utilisant, comme pour les appareils à courants continus, pile au chlorure d'argent, récemment tirée de l'oubli Warren Delarue, Gaiffe a construit un nouvel appareil diduction dont les avantages nouveaux sont : 1° De pouvoir fournir, sans autre soin que de rompre circuit pendant les temps de repos, au moins lhf\ séande dix minutes de durée.
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2" D'être facilement réglé par la poussée imprimée à un levier de droite à gauche ou de gauche à droite, suivant l'effet à produire.
3° D'être livré tout chargé et prêt à fonctionner, et de n'exiger pour la pile qu'un entrelien peu coûteux.
La machine d'induction, la pile et les accessoires sont renfermés dans une boîte rectangulaire ABCD (fig. 207), qu'une matière saillante EF sépare en deux parties. La première case renferme les deux couples de piles LL' serrés entre la paroi AD de la boîte, et deux paires de ressorts qui établissent les communications.
La seconde case renferme la bobine M, sur laquelle sont roulés les llls inducteur et induit.
Le bouton plat R est la tète du tube graduateur; en le tirant plus ou moins, on augmente ou diminue l'intensité des courants.
A l'autre extrémité de la bobine se trouve le mécanisme interrupteur réglé par le levier articulé P, qui peut s'incliner jusqu'en P'. En P, il fait vibrer le marteau trembleur, et détermine, par conséquent, des intermittences rapides. Dans la position P', la connnunication est rompue; c'est celle qu'on doit donner au levier lorsqu'on ne se sert pas de l'appareil. La boîte porte, du reste, dans son couvercle, une pièce U qui l'empêche de se fermer, en venant poser sur le levier lorsqu'il n'oc-
Fig. 207.
cupe pas la position du repos. Dans la position P', le levier sert encore à donner des intermittences espacées, lorsqu'on exerce avec le doigt, sur sa tête d'ivoire, des pressions qui le mettent en communication momentanée avec la petite vis 0.
Sur la traverse EF viennent aboutir, en 1, 2 et 3, les extrémités des fils inducteur et induit. 1 et 2 livrent l'extra-courant qui naît dans le fil inducteur; 2 et 3 livrent le courant induit; 1 et 3 donnent les deux courants réunis.
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Les lettres P (positif), N (négatif), imprimées sur la traverse, indiquent la direction des courants.
On engage par une de leurs extrémités les cordons conducteurs dans celles des pièces 1 et 2, 2 et 3, 1 et 3, qui donnent le courant qu'on veut employer.
L'autre extrémité des cordons entre à frottement dans les manches isolants sur lesquels se vissent les rliéopliores. Ceux-ci se composent : 1° d'une paire de manipules ou portc-éponges ; 2" d'un excitateur olivaire ; 3" d'un excitateur sphérique; W d'une brosse métallique.
Aux excitateurs cités plus haut nous ajoutons, dans l'appareil grand modèle, un second excitateur olivaire, une paire de boulons métalliques, et un modérateur à eau.
Le modérateur à eau se place dans le circuit, quand on veut obtenir des courants extrêmement faibles. Pour cela, on le remplit d'eau jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, et on le fixe, à la place d'un des cordons, dans une des pièces livrant le courant que l'on veut employer; puis on enire ce cordon dans la boule terminant la tige mobile du modérateur. Au fur et à mesure qu'on enfonce cette tige dans l'eau, le courant augmente d'intensité jusqu'au moment où elle bute dans le fond du tube; le courant a alors la même force que si le modérateur à eau n'était pas dans le circuit.
Description de la pîle et manière de la charrier. — Chaque couple se compose d'une lame de zinc Z et d'une lame de chlorure d'argent fondu Y (fig. 208) contenues
Fig. 208.
dans un ilacon CHST de caoutchouc durci, qui se ferme hermétiquement à l'aide du bouchon à vis GH. Ues crampons d'argent fin \, V , sur lesquels s'accrochent les lames Z, Y, portent .les courants à l'extérieur du flacon. Lieux petits coussins 1', 1, et un lien JK, de caoutchouc, forcent les contacts des lames avec les crampons et les maintiennent à un écartemcnt convenable. Le liquide excitateur est de l'eau distillée contenant environ 3 pour 100 de chlorure de zinc.
Pour reciiarger la pile, il faut dévisser le couvercle C, II, enlever le lien .IK, et les coussins I, 1', décrocher les lames Z, V , et-les remplace!- par d'autres qu'on trouve toutes préjiarées dans le cununcrce, renouveler le liquide, enfin revisser le couvercle après avoir pi'éalablement graissé le bord du flacon avec un corps gras quelconque. H faut avoir soin de serrer un peu le bouchon pour éviter le suintement du li(|uide, (jui pourrait gâter la boîte.
La pile nouvellement chargée ne donne qm; peu de
courant. 11 faut commencer par laisser son circuit fermé dans l'appareil, le levier étant dans la position P (fig. 207), pendant dix minutes environ. Après ce laps de temps, le courant se manifeste vigoureusement, si l'on met le trembleur en vibration.
Appareils magnéto-faradiques ou magnéto-électriques. Lorsqu'une armature de fer doux tourne en regard des pôles d'un aimant permanent, chaque passage devant ces pôles développe un état magnétique dans l'armature de fer doux et une augmentation de l'état magnétique de l'aimant permanent. Si l'on recouvre l'armature de fer doux ou l'aimant permanent, ou tous les deux, d'une hélice conductrice, ces variations d'état magnétique développeront des courants induits dans l'hélice. Les appareils magnéto-faradiques sont disposés en vue d'utiliser ces courants. Ils se rapportent à trois types : dans le premiei', c'est l'armature de fer doux qui porte le circuit conducteur (Pixii) ; dans le second, c'est sur l'aimant permanent qu'est enroulée l'hélice (Page); le troisième réunit ces deux dispositifs (GaifTe).
Dans l'appareil réduit au mécanisme fondamental qui vient d'être indiqué, les courants développés dans les circuits où l'on fait entrer le corps à électriser sont de directions alternativement contraires. Quelques constructeurs ajoutent à ce mécanisme un commutateur destiné à éliminer un courant sur deux, et à donner ainsi une succession de courants de même sens.
Les appareils magnéto-faradiques donnent des courants d'assez faible intensité et dont la tension est en rapport avec la finesse et la longueur des fils employés dans la construction des bobines.
Les appareils magnéto-faradiques qui fonctionnent sans le secours d'une pile ont été regardés, pour cette raison, comme préférables aux appareils volta-faradiques (A. Becquerel). La faculté de faire varier l'intensité des courants des appareils volta-faradiques, indépendamment de la rapidité de leur succession, fait qu'on préfère généralement CCS derniers. En disposant convenablement un double commutateur, on pourrait tirer des appareils magnéto-faradiques, soit des courants brusquement interrompus, soit des courants continus à oscillations régulières ; ainsi modifiés, ces appareils permettraient de satisfaire à des indications variées (Tripier) .
Les appareils magnéto-électriques ordinairement employés en médecine sont ceux de Breton frères (lig. 209) et de Gaiffe (fig. 210), En voici la description.
Appareil de Breton frères.
Le principe de l'appareil construit par Breton frères est dû à Page, qui a produit les courants par induction dans des hélices placées autour des branches d'un aimant permanent en fer à cheval et fixe. En effet, en faisant tourner rapidement une armature de fer doux devant les faces polaii'es de cet aimant, il se manifeste des changements dans l'intensité magnétique des dilïérents points de l'aimant, d'où résultent des courants induits dans le fil conducteur,
Uujardin a construit un appareil de ce genre. Il en a été de même de Breton frères, qui ont mis également ce principe à profit dans la construction de l'appareil représenté (fig. 209) qu'ils ont répandu dans la pratique médicale. Breton frères graduèrent l'instrument sans changer la disposition des parties. .\ l'aide d'une vis de rappel V, ils éloignent ou rapprochent à volonté l'aimant A du fer doux P, qui tourne devant son extrémilé, et cet éloigncment et ce rap- [irochenient amènent l'affaiblissement ou l'augmcnlation du courant par induction.
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L'aniialure de fer doux P est mise en rotation au moyen d'une chaîne sans fin F, communiquant avec un moulinet que l'on fait jouer à l'extérieur à l'aide d'une manivelle M.
L'appareil de Breton frèfes est excellent et il ne se dé-
Fig. 209. — Appareil de Breton frères.
'•ange jamais ; il est toujours prêt à fonctionner et marche les heures entières sans que sa puissance s'affaiblisse : il lie faut pour faire tourner la manivelle qu'un manœuvre inême inintelligent, i L'appareil de Breton frères présente un petit inconvénient, c'est iju'il perd delà force avec le temps : pela tient à ce que l'aimant fixe en [er à cheval se désaimante peu à i^eu ; il faut alors le réaimanter. On / l t)bvie en partie à cet inconvénient en V )laçant contre les faces de l'aimant \î i une tige de fer doux T qui sert l'armature, et qui reste dans l'apiiareil pendant tout le temps que 'on ne fait pas usage de ce dernier ; jussitôt que l'on veutopérer, onretire
tige T de fer doux et l'on met en
ouvement la manivelle M. On pourait, du reste , lorsque l'aimant per- |ianent perd de sa force, l'aimanter {le nouveau, en faisant passer un jourant électrique dans l'hélice du j ros fil entourant l'aimant ; mais,
iuand les instruments sont bien faits, l'appareil peut ervir pendant plusieurs années.
Appareil tle Gaiffc.
L'appareil de Gaiffe est fondé sur le même principe que ( lui de Breton frères.
j La figure 210 en donne une idée saffisante.
Son volume est peu considérable. 11 comprend les pièces uivantes :
1° Un aimant en fer à cheval, autour duquel sont enoulées deux bobines d'une longueur déterminée.
I 2° Une armature de fer doux mise en mouvement par ! ne chaîne sans fin ou un engrenage en tournant devant l)s pôles de l'aimant. C'est sur cette armature que porte
II modification qui rend cet appareil aussi intéressant et ussi utile.
Cette armature, en effet, au lieu d'être simplement for-
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mée par une armature de fer doux, est entourée de deux bobines capables de constituer un électro-aimant des courants par induction, qui viennent se réunir aux courants induits développés autour de l'aimant en fer à cheval.
3° Un commutateur placé sur l'axe de l'armature relie les deux séries de bobines et redresse les courants, qui sortent de l'appareil toujours dans le même. sens.
h° Un second commutateur produit les intermittences et élimine les courants inverses produits au moment où l'armature, dans son mouvement de rotation, s'approche de l'aimant.
Si, pour se rendre compte de ces phénomènes, on suit avec attention les effets qui ont lieu, on remarque que lors du mouvement de l'armature de fer doux, par chaque révolution de cette armature, il se développe dans le circuit qui l'environne quatre courants induits successive ment en sens contraire; dans le circuit qui environne l'aimant il ne s'en manifeste que deux dans la même période de temps. Afin que les courants induits qui se développent dans l'un et l'autre électro- aimant passent toujours dans le même sens, dans le circuit total formé de ces deux électro-aimants et du corps du patient, l'axe mvi par la manivelle porte un commutateur qui permet de réaliser cette disposition. Gaiffe, en remarquant que l'intensité des courants induits est surtout grande au moment où l'armature est en face de l'aimant, n'a utilisé les contacts du commutateur que pendant une petite fraction de la circonférence et à l'instant où les courants ont toute leur énergie ; il a obtenu ainsi une action physique presque aussi
Fig. 210. — Appareil de Gaille.
puissante qu'avec une autre disposition de comuiutateur.
Gaiffe a gradué son appareil en rendant l'aimant mo bile, à l'aide d'une vis micrométrique, et en le faisant pénétrer plus ou moins dans les bobines destinées à l'entourer et qui sont fixes au milieu de l'appareil ; d'après cela, l'armature mobile, qui tourne toujours dans la même position, se trouve plus ou moins éloignée des faces polaires de l'aimant, et l'énergie de l'appareil varie depuis les plus faibles sensations jusqu'aux commotions les plus énergiques.
On pourrait également, en ajoutant une enveloppe cylindrique de cuivre rouge à l'ensemble des bobines de l'aimant fixe, retarder la rapidité de production des courants induits, et par conséquent l'énergie de la secousse.
Comme on utilise beaucoup mieux avec cet appareil les effets de l'induction magnétique, puisque l'intensité des aimants est proportioimellement plus grande dans les ai-
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mants de pelite dimension, on peut donc réduire la grandeur de ces derniers, et avoir des appareils qui ont une énergie proportionnellement plus grande qu'avec les autres dispositions.
En somme, l'appareil de Gaiffe est excellent, bien construit et d'un prix peu élevé ; on peut donc y avoir recours en toute confiance. (Becquerel.)
IL Mode d'application de l'électricité. — Pour appliquer l'électricité à l'homme sain ou malade, il est nécessaire d'avoir recours à des intermédiaires qui sont situés à l'extrémité des fils conducteurs des courants et qui sont destinés à être mis en rapport avec la peau, les tissus ouïes organes. Ces intermédiaires senties rhéophores et les excitateurs.
Rhéophores et excitateurs. — Quelle que soit la source électrique employée, des rhéophores ou cordons conducteurs sont destinés à communiquer au corps à électriser la charge développée dans les machines à frottement, ou à faire entrer ce corps dans le circuit d'une pile ou d'une bobine d'induction.
Les excitateurs sont les organes immédiats de celte application ; leur forme varie avec celle des parties ou suivant les indications à remplir. Ils sont humides ou secs. Les éponges mouillées, exclusivement employées autrefois comme excitateurs humides, sont abandonnées aujourd'hui pour les boutons ou olives de métal recouverts de peau mouillée, ou pour les excitateurs de charbon de cornue, également recouverts de peau mouillée (Tripier). Un des excitateurs secs les plus employés est le balai métallique destiné à agir vivement sur la sensibilité de la peau.
Quand on veut électriser un malade ou une partie paralysée, on emploie les conducteurs à éponges humides, qu'on promène à la surface de la peau, sur les muscles et sur les nerfs qu'on veut exciter, ou bien les conducteurs métalliques en brosse ou en boule dont l'action est plus douloureuse. — L'électricité passe d'un conducteur à l'autre par l'intermédiaire de la peau et des organes, et en se recomposant elle active la circulation et la nutrition locales.
Procédés divers pour l'applicatlow de l'électricité. En outre des appareils vulta-faradiques et magnéto-électriques dont il vient d'être question, l'électricité s'emploie avec des appareils plus simples, avec des intermédiaires différents ou par des procédés variables.
1" Appareils appliqués directement sur la peau. — On applique directement l'appareil électrique sur la peau de la partie sui' laquelle on veut faire agir le courant. Les chaînes électriques de diverses espèces, la ceinture électrique de Breton, leur mixture électrique, sont dans ce cas ; mais leur utilité est fort contestable. (Becquerel.)
2" Conducteurs métalliques. — Les courants sont introduits dans l'organisme à travers la peau préalablement humectée d'un liquide conducteur (eau salée, eau acidulée), ou simplement humidifiée par la transpiration insensible, à l'aide d'un métal qui sert d'agent conducteur, et qui en général est de cuivre.
On a donné des formes bien diverses au cuivre ainsi placé à l'extrémité des fils conducteurs des courants. Ce sont tantôt des cylindres plus ou moins volumineux, destinés surtout à être serrés dans les mains ; tantôt des phuiues métalliques plus ou moins larges et destinées à être a|))iliquées sur une surface d'une certaine étendue ; quel(]uclois des boulons ou des boules recouverts de peau n)ouillée, des cônes métalliques d'un volume et d'une forme f[ue l'on dispose à volonté pour l'usage ((u'on eu Veut luire et pour la partie sur laquelle on désire agir.
Un a quelquefois recours à des tiges métalliques droites ou recourbées, et destinées à être introduites à une certaine profondeur dans les cavités, pour y diriger les courants. Pour faire pénétrer ces courants dans la bouche, l'œsophage, les fosses nasales, le rectum, le vagin, l'urèthre, on fait usage de sondes métalliques entourées de caoutchouc, et qui ne sont libres et dépourvues de cette substance qu'à leur extrémité, là où l'on veut porter l'action de l'électricité. Ces sondes, d'un volume, d'une longueur et de courbures variables, ne peuvent être confectionnées que pour le but spécial à remplir par l'expérimentateur et d'après son indication.
3° Electropuncture. — Il y a quelques années, l'électropuncture était le moyen le plus employé. Elle consistait à introduire des aiguilles à acupuncture d'acier, el mieux encore de platine, dans l'épaisseur des muscles que l'on voulait faire contracter, et à diriger les courants à travers deux aiguilles placées à une certaine distance l'une de l'autre, soit dans le même muscle, soit dans le même système musculaire, soitdans le même membre, soit enfin entre deux points au milieu desquels on voulait faire circuler le courant électrique.
Ce procédé a quelques inconvénients, mais il a aussi des avantages. L'introduction des aiguilles, quelque peu douloureuse qu'etle soit véritablement, effraye toujours les malades. La blessure de petites veinules, qu'il est impossible d'éviter, produit assez souvent un écoulement de sang qui, toutefois, n'est jamais considérable, mais qui contribue à augmenter la frayeur des malades. La contraction musculaire produite au moyen de l'acupuncture est généi'alement un peu douloureuse, et l'on n'est pas toujours maître, même avec de faibles instruments, de la modérer à volonté. (Becquerel.) V. Electropuncture.
^1° Éponges imbibées d'un liquide conducteur. — L'emploi d'épongés est très-précieux.
Les deux éponges, imbibées d'un liquide qui est en général de l'eau salée, sont placées chacune dans un godet métallique fixé à l'extrémité des fils conducteurs et en communication avec eux.
Ces deux godets métalliques sont supportés par deux tiges isolantes destinées à être tenues entre les mains de l'expérimentateur. Pour en faire usage, on établit la communication et l'on place les deux éponges mouillées, soit aux deux extrémités du môme muscle, soit aux extrémités d'un même système musculaire, soit enfin entre les deux parties au milieu desquelles on veut faire circuler le courant. Ruhmkorff, dans son nouvel appareil, a remplace heureusement les éponges par des rondelles de peau avides d'humidité, et qui sont appliquées sur une rondelle de cuivre qu'on place à l'extrémité du rhéophore.
5° Pinceaux ou brosses métalliques. — Les pinceaux ou les brosses métalliques sont placés sur un manche isolant et en communication avec l'un des fils conducteiu'S, tandis que l'autre fil communique avec un conducteur métallique placé sur un point (luclconque de la surface du corps.
Ces pinceaux ou ces brosses sont destinés à agir énergiquement sur la peau et à produire l'électrisation cutanée. I Becquerel.)
6° Emploi de Vélectricité au moyen des bains. — Il ne s'agit pas ici des bains exploités par le charlatanisme, et (jui consistent dans l'emploi de baignoires coni])osées de plusieurs métaux différents. Il est trop évident que ces bai;is ne sauraient exercer aucune action sur l'organisme. On peut faire usage du bain de pieds ou du bain entier, (jjecquerel.)
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A. Emploi de Vélectridté au moyen des bains de pieds. ~ Le bain de pieds est composé de deux cuves indépenlantes l'une de Taulre et dans chacune desquelles on place le l'eau salée ou de l'eau acidulée tiède.
Le malade pose chacun de ses pieds dans une cuve diferente. Une d'elles est en communication avec le pôle îositif, l'autre avec le pôle négatif, à l'aide des conducteurs nétalliques qui y sont plongés. Une fois la communication établie, on agit par intermittences en enlevant et plongeant dternativement un des deux pôles dans le liquide avec equel il est en rapport, et l'on voit les extrémités infé- ■ieures devenir le siège d'une contraction fibrillaire musulaire continue, dont l'intensité est en rapport avec celle e l'appareil, et qui peut rendre de grands services dans | n certain nombre de paralysies.
Ces cuves peuvent être métalliques ; mais les effets sont leaucoup plus nets et plus accentués, et on les gradue •eaucoup plus facilement, si on les construit en bois, ou nieux encore en porcelaine ou en verre.
Si l'on faisait construire spécialement pour cet usage .ne cuve de porcelaine ou de verre, on pourrait adapter l'une des parois latérales un bouton métallique saillant l'extérieur et communiquant avec le liquide placé à l'inrieur; on se servirait alors de ces boutons métalliques our les faire communiquer avec les rhéophores et pour ablir et interrompre les communications.
On peut' employer des cuves analogues pour plonger un ed et une main du même côté, et même les deux mains.
B. Bains entiers. — Les bains entiers, tels que Becquerel !s a décrits dans ses leçons à l'hôpital de la Pitié, au mois e janvier 185(î, sont fondés sur le même principe que is bains de pieds électriques.
L'individu sur lequel on veut agir est plongé dans une rande baignoire pleine d'eau salée tiède, à une tempcraire convenable. Une baignoire métallique peut servir, Jais on aurait des effets beaucoup plus nets si cette bailoire était de bois ou d'une substance non conductrice ; a des bras du patient sort de l'eau et va plongêr dans une ietite cuve de porcelaine ou de verre placée à une certaine istance et pleine d'eau salée.
Les choses étant ainsi disposées, on plonge le rhéophore Dsitif, par exemple, dans la grande baignoire, et l'on fait tpr avec des intermittences le rhéophore négatif dans la 2tite cuve où est plongé le bras. Dès que ce courant inirmittent est en action, le corps entier du sujet entre ins une véritable agitation due à la contraction fibrillaire p tous les muscles. De tels bains ne doivent jamais être polongés au delà de sept à huit minutes ; ils ont encore
é très-peu employés, et cependant, étant bien étudiés, 5 pourront rendre des services en agissant comme de lissants stimulants dans des cas de débilité profonde,
anémie portée k un haut degré, etc.
I Moretin a préconisé un bain qui n'est pas fondé tout à it sur la même idée. Dans son procédé, le malade est acé dans une baignoire remplie d'eau. Les deux rhéo- I Biores de l'appareil Ruhmkorff sont plongés tous deux îns cette baignoire. Dès que cette immersion a lieu, le |)rps presque entier entre en contraction. On explique cet |ffet du courant produit au moyen des deux rhéophores jlongés dans la même masse liquide, par des courants dé- |vés qui se produisent alors. Cette manière d'administrer I s bains électriques n'a pas moins besoin d'être étudiée Ije celle qui a été décrite plus haut.
C. Burée des applications de r électricité . — Quand on )plique l'électricité au moyen des rhéophores et des extateurs, on fait une séance tous les jours ou tous les
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deux jours pendant quinze à vingt minutes, avec un courant très-faible, dont on augmente peu à peu l'intensité pour ne pas fatiguer ni faire souffrir les malades. 11 en résulte de la rougeur tégumentaire, de la chaleur et un accroissement de nutrition qui favorise la guérison. Ces séances doivent être répétées pendant plusieurs mois, si l'on veut obtenir un résultat satisfaisant.
II est quelquefois bon de recourir à l'action constante de l'électricité obtenue au moyen de chaînes électriques appliquées pendant la nuit, ou en laissant sur la partie paralysée l'extrémité des conducteurs de la plie de Morin, n'ayant qu'un courant de faible intensité.
Principes relatifs a l'électrisation. — Deux régies générales doivent fixer l'attention des praticiens dans l'emploi médical de l'électricité. Elles sont relatives à la manœuvre des rhéophores et au choix à faire des parties sur lesquelles il convient de les placer.
Sous le premier rapport, dans l'électricité localisée des muscles, les rhéophores doivent être le plus rapprochés possible. Il sera bon que le médecin s'exerce à les tenir tous deux de la même main, en les inclinant alternativement l'un sur l'autre et les promenant sur la région à électriser. Dans l'électrisation des membres, il pourra confier à un aide l'électrode appliquée le plus près du centre, et se réservera de faire agir l'autre sur les branches nerveuses qu'il est besoin d'exciter. 11 importe, dans tous les cas, qu'une de ses mains soit libre et appliquée sur le bouton du régulateur, afin de le mouvoir instantanément, selon que le courant doit être augmenté ou affaibli.
Sous le second rapport, il est constaté par l'expérience que les tendons sont absolument insensibles à l'action électrique, laquelle, dans l'électrisation musculaire, ne produit d'effet que sur les corps charnus. On a observé aussi que l'application des rhéophores sur les saillies osseuses détermine dans ces organes des douleurs sourdes, profondes et parfois persévérantes, sans utilité d'ailleurs pour la guérison. Le médecin devra donc éloigner de ces parties les conducteurs des courants électriques.
L'électrisation locale des différents muscles superficiels est toujours facile, puisqu'il suffit pour l'opérer de se rappeler la situation cfe ces organes et leur direction. Pour atteindre les muscles profonds, on doit se rappeler les interstices de ceux qui les recouvrent, et qui permettent d'arriver jusqu'à eux.
Mais les nerfs, dans leurs trajets tantôt profonds et tantôt superficiels, présentent pour l'application des rhéophores des lieux d'élection qu'il n'est pas inutile de rappeler. Ce sont, d'après M. Duchenne :
A. Pour les membres supérieurs : le nerf médian, au bras, le long du côté interne du muscle biceps ; — le cubital, au-dessus de la gouttière qui sépare l'olécràne de l'épitrochlée ; — le radial, au-dessus du tiers inférieur externe du bras, point où il se dégage du muscle triceps; — ■ le musculo-cutané, dans le creux de l'aisselle ; — le plexus brachial, au-dessus de la clavicule.
B. Pour le membre inférieur : le nerf crural, au pli de l'aine; — le sciatique, dans le bassin, à travers la paroi du rectum ; — le nerf péronier, au-dessous de la tête du péroné.
C. Pour la face : le nerf facial, à travers le cartilage de la paroi inférieure du conduit auditif externe; — les rameaux de ce nerf à leur point d'émergence de la parotide ; — la cinquième paire, au sourcil, au-dessous du trou sous-orbitaire, au trou mentonnier, à la surface de la langue ou des parois buccales.
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D. Pour le cou : la branche externe du nerf spinal, au sommet du triangle sus-claviculaire ; — le nerf phrénique, au niveau du muscle scalène antérieur; — le grand hypoglosse, au niveau de la grande corne de l'os hyoïde ; — le glosso-pharyngien et le pneumogastrique, dans le sillon carotidien ; — le nerf récurrent, le long du côté externe de la trachée-artère.
IIL Applications chii\urgicales. — Galvanocaustique thermique. — Lorsqu'un courant parcoui't un circuit non homogène, il élève la température des points de ce circuit dont la résistance est la plus grande, celle notamment dont la section est le moins considérable. Avec un courant d'intensité suffisante, on peut arriver ainsi à porter à la chaleur rouge et même à fondre une lame mince ou un fd de platine intercalé dans un circuit très-conducteur.
La galvanocaustique thermique utilise, pour cautériser, l'incandescence d'un fil ou d'une lame mince de platine produite par le passage d'un courant continu. Les avantages du procédé sont : 1" de permettre de ne porter au degré voulu la lempératuie du cautère qu'au moment où l'on veut agir, et de l'éteindre tout de suite, en fermant d'a-
l'ib'.
bord, ouvrant ensuite, le circuit diuis iciiuel est intercalée l'anse causticpie; 2" le petit volume du cautère, })ermellanl .son exliiu'tion immédiate et évitant les eflets du rayoïmenient d'une masse incandescente; 3° la facilité de maintenir la température élevée du cautère au sein des tissus, grâce au renouveilenienl incessant de la force qui se Iransforme en chaleur. Ces avantages permettent de pratiquer la ranlérisalion actiicUr dans des circonstances et dans
des régions où elle était impraticable avec les cautères rougis au feu.
Les principales formes de cautère employées sont le stylet, l'anse coupante, la lame courbe, l'olive de porcelaine échauffée par un fil de platine enroulé sur elle.
Les tentatives de Fabré-Palaprat, de Récamier et Pravaz, de Heider, de Crusell, de Hilton, de Séddlot, de J. Marshall, n'avaient pas été faites dans des conditions instrumentales assez satisfaisantes pour faire passer cette méthode dans la pi-atique chirurgicale courante. C'est a Middeldorpff qu'on doit les perfectionnements qui ont popularisé la galvanocaustique thermique, 11 faut noter, toutefois, que ce dernier auteur en a singulièrement exagéré les applications utiles, et que la plupart des opérations qu'il a pratiquées doivent être abandonnées, parce qu'elles sont d'une exécution plus sûre par les moyens antérieurement employés.
Voici la description d'un instrument récemment imaginé par le docteur Chéi-on pour pratiquer, au moyen de la galvanocaustique thermique, l'amputation du col utéri cancéreux ou hypertrophié (fig. "ill.) Plusieurs opér lions de ce genre ont été déjà pratiquées (l'éan).
Sur le manche ordinaire qui sert à porter les différente pièces employées en galvanocaustique thermique, se mont une double branche dont les extrémités s'écartent l'un de l'autre, plus ou moins.
Un iil double de platine forme une anse a ix laquelle o peut donner les dimensions nécessaires à l'enserreme du col.
Ce fil passe en b sur un galet vertical, sorte de petit poulie qui favorise le glissement, et, longeant ensuite le manche, il vient s'enrouler sur un barillet qu'on peut enlever à volonté pour placer les cautères, les couteaux, etc.
Lorsque le col ou toute autre partie est prise dans l'anse, les rhéophores étant placés en?in, celle-ci devient rouge; le chii'urgien qui fait tourner le barillet, rapprochant peu à peu les deux parties, les applique bientôt l'une contre l'autre, comme on les voit en k, et l'amputation est faite par ces deux portions de fil qui s'avancent l'une vers l'autre à la manière des deux lames des ciseaux.
Galvanocaustique cJiimique. — Lorsqu'un éiccirolyle est intercalé dans le circuit extérieur d'une pile de tension suffisante, il est décomposé; l'acide se porte au pôle positif, l'alcali au pôle négatif. Si l'électrolytc est un corps organisé, l'acide et l'alcali naissants agissent pour caulériser les tissus au niveau des points d'application des électrodes.
Entrevue par Crusell, cette méthode a été nettement formulée et bien étudiée dans ses effets immédiats par Ciniselli. Les premières opérations faites par le chirurgien italien sont : destruction par la cautérisation positive d'une pelite tumeur sous-cutanée ; destruction de tumeurs érrc liles par l'action simultanée des deux pôles ; cautérisation négative d'une plaie fistuleuse ; application de caulères faites avec les deux pôles.
Tripier, qui a fait connaître et a appliqué le premier celle méthode en France, se sépare de Ciniselli sur la question des applications qu'elle comportei'ait. Prétendant que les caustiques acides et alcalins donnent non- seulement des escliares, mais des cicatrices dilTérentes, il pi'O • pose d'abandonner la galvanocausti(pie positive en tant (pie procédé de cauléi'isalion, ne la conservaiU que [)our obtenir un coagulimi albuniineux dans le traitement des tumeurs vasculaires ; de conserver la galvanocaustique négative pour les seuls cas où la déliquescence ou le dé-
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faut (le consislance des caustiques alcalins sont les raisons qui leur font préférer acluellement les caustiques acides, le fer rouge ou la galvanocauslique thermique. Ces cas sont ceux dans lesquels il importe d'obtenir des cicatrices molles, et peu rétractiles, dans des parties difficilement accessibles ou sur lesquelles on ne peut agir sans s'exposer à léser les parties voisines. Tripier a employé la galvanocaustique chimique négative pour rétablir l'orifice du col utérin oblitéré par une cautérisation au fer rouge, pour remplacer le fer rouge contre les lésions du col utérin, pour enlever des loupes par la cautérisation superficielle ; il l'a recommandée pour la destruction des rétrécissements de l'urèthre, opération qu'il a plus tard pratiquée avec Mallez et dont les résultats immédiats sont trèsf atisfaisanls ; enfin, il l'a conseillée avec J. Hunt, pour cautériser les conduits lacrymaux et le canal nasal dans les cas de tumeur et de fistule lacrymale.
Tous les procédés de cautérisation potentielle peuvent cire reproduits par la galvanocauslique cliimique. Nélaton r't^^Maisonneuve l'ont employée récemment pour détruire les tumeurs assez volumineuses, en faisant jouer aux liguilles terminales des électrodes le rôle de flèches :austiques. Ces chirurgiens implantent dans la tumeur les liguilles positives et les négatives; il y aurait lieu de faire m clioi^ entre elles suivant le résultat à obtenir, ou au noinsde ne pas les distribuer au hasard, comme dans les ipplications faites jusqu'ici.
Une antre méthode de galvanocaustique chimique est •elle qui, au lieu de placer le corps vivant dans le circuit îxtérieiu' d'une pile, le fait concourir à la formation d'un îouple éiectromoteur dont le circuit extérieur est fermé )ar un arc très-conducteur. Un disque de zinc et un disque l'un métal peu oxydable étant placés sur deux points diférents du tégument et réunis ensuite extérieurement par m arc métallique, des actions chimiques se produiront à a surface de ces disques et sur les parties de la peau en apport avec eux, actions chimiques tout à fait semblables celles qui se produisent dans le couple voltaïque : transport d'acide sur le zinc, d'alcali sur le métal moins oxyable, et par suite cautérisation acide sous le zinc, alcane sous le métal moins o.xydable. Avec la précaution 'interposer une compresse mouillée sous le disque de inc, on évite la cautérisation acide et l'on peut utiliser eulement l'influence topique alcaline de l'autre disque, elle-ci a paru souvent favoriser un travail réparateur ans des ulcérations anciennes et d'un mauvais aspect.
Coagulation du sang dans les sacs unévrysmaux et dans is veines variqueuses. — Lorsqu'on fait en dehors de animal vivant passer à travers du sang un courant élec- 'ique d'une tension suffisante, un caillot résistant se forme u niveau de l'électrode positive. On devait essayer de prouire le même effet dans un sac aiiévrysmal : après les eutâlives infructueuses de Guérard et de Pravaz, Pétre- |uin y réussit au moyen d'une pile à couples nombreux et I. action chimique faible ; — deux aiguilles de platine imilantées dans la tumeur y faisaient pénétrer le courant; 'opération durait une demi-heure.
Ce procédé n'a donné que de bien rares succès. Sans larlerdes accidents inflammatoires consécutifs, de l'ulcéraion de l'une au moins des piqûres, de la longue et difficile limination des eschares formées sur le trajet des aiguilles,
est clair que la présence de l'aiguille négative dans la umeur était un obstacle à la coagulation de son contenu. In modifiant le procédé, on devait arriver à de meilleurs ésultats. Hamilton (18Zi6) montra que l'aiguille positive evait seule pénétrer ; il ferma le circuit sur la peau de
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la tumeur. Les indications sont maintenant d'employer une pile de douze à quinze couples, d'une surface plus grande que ceux dont on faisait autrefois usage ; — d'enfoncer dans la tumeur une aiguille positive isolée jusqu'à environ un centimètre de sa pointe, — fermer le circuit au moyen d'un excitateur plat, avec interposition d'une compresse mouillée appliquée à quelque distance de la tumeur ; ■ — ■ l'ecouvrir, d'après le conseil de Cl. liernard, la tumeui' d'un sachet de sable chaud, pour faire concourir au résultat cherché l'action coagulante exercée par la chaleur.
Le même mode de traitement a été conseillé pour les tumeurs variqueuses.
Dissolution des- calculs vrinaires. — La possibilité d'opérer la dissolution des calculs urinaires en utilisant l'action analytique du courant continu avait été souvent soupçonnée. Prévost et Dumas firent les premiers essais dans cette voie. Avec des courants d'intensité et de tension assez considérables, il faut un temps très-long pour désagréger certains calculs embrassés entre les deux électrodes. On a réussi sur des calculs phosphatiques et échoué sur les oxalates et les urates. Les tentatives pour faire agir sur le calcul un seul des pôles de la pile n'ont pas été jusqu'ici plus heureuses.
Ouant aux relations de résultais favorables obtenus chez l'honmie, elles ne sont accompagnées d'aucun détail opératoire ou renferment des erreurs manifestes ; on ne peut donc leur accorder aucune confiance.
En admettant qu'on arrive à des résultats satisfaisants en agissant sur des calculs hors de la vessie, il faut que les chirurgiens' soient prévenus des dangers possibles d'une application qui, si l'on ne prend pas les plus grandes précautions, compromettra gravement les parois de la vessie.
IV. Applications médicales. — Électrophysialogie. — Les réactions de l'organisme soumis à l'influence des modificateurs électriques sont tantôt évidentes, tantôt obscures ou imperceptibles, et varient suivant une foule de conditions physiciues ou organiques.
Les plus évidentes de ces réactions sont les phénomènes de sensibilité, de contractilité, de motricité, liés aux variations des conditions électriques auxquelles est soumis l'organisme. U faut d'ailleurs, pour que ces réactions se produisent, que l'influence modificatrice soit suffisamment intense et agisse avec rapidité (électrisation statique par étincelles, — galvanisation par courants interrompus, — faradisation).
Les deux formes hislologiques contractiles principales, la fibre striée et la fibre lisse, ne réagissent pas tout à fait de la même manière en présence des excitants, et notamment de l'électricité. La contraction a lieu, dans les jnuscles à fibres striées, au moment même où l'excitation est produite, et elle est suivie immédiatement d'un relâchement plus ou moins complet du muscle. Dans les muscles à fibres lisses, la contraction ne se montre qu'un certain temps après l'application de l'excitant, et elle continue à se produire après que cette application a cessé. (Cl. Bernard.")
C'est par la brusque application et par la quantité de l'influence électrique qu'on agit sur la sensibilité. Comme la motricité et comme la contractilité, cette propriété traduit l'action de l'étal variable des flux ou des courants.
Le point le plus intéressant à noter parmi les réactions de la sensibilité, est la différence que présentent celles-ci, envisagées dans les organes de la vie de relation et dans les organes splanchniques .A. intensité égale, les courants de haute tension impressionnent plus vivement les premiers; ceux de basse tension, les seconds.
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L'électrisation des organes des sens y provoque, indépendamment des sensations douloureuses, quelques sensations spéciales : des phosphénes, quand on agit sur les yeux avec une intensité suffisante ; des bourdonnements, quand on agit sur l'oreille avec des courants induits de succession rapide ; des sensations gustatives, quand on agit sur la muqueuse buccale.
Sous l'influence des courants continus, on n'observe d'appréciable qu'un état de contraction incomplète des muscles appelé état galvanotonique. Mais les conditions dans lesquelles ont été faites les expériences dans lesquelles cet élat a été observé ne permettent pas de savoir s'il est di\ à l'action permanente et continue plutôt qu'aux oscillations du courant. Quant aux autres expériences instituées dans le but d'étudier l'action du courant; continu sur les nerfs, nous croyons inutile de les énumérer ici, parce qu'elles ont été faites sur des nerfs qui n'étaient plus dans les conditions physiologiques, et qu'il est impossible d'en tirer actuellement aucune conclusion utilisable.
Indépendamment des conditions générales en rapport avec l'état variable ou permanent du modificateur électrique, on doit tenir compte des effets locaux produits sous les points d'application des excitateurs par les conditions de résistance au passage ou de changement d'état du conducteur qui, de métallique et de composition stable qu'il était, devient organisé et de composition relativement instable. Nous avons signalé plus haut les elïets chimiques utilisés en chirurgie; il nous reste à noter les sensations douloureuses provoquées par les oscillations de l'état variable, sensations d'autant plus intenses que l'état physico-chimique du conducteur s'éloigne davantage de celui des parties sur lesquelles il est appliqué.
La substance grise des centres nerveux est insensible à l'électrisation. L'excitation des tubercules quadrijumcaux des pédoncules cérébraux, de la moelle allongée et de la moelle rachidienne, produit, au contraire, des convulsions d'aspects différents.
Le premier effet de la faradisation du pneumogastrique non coupé est un arrêt du cœur ; mais ce phénomène n'est que passager, alors même que la faradisation est continuée.
L'œsophage, l'estomac et les intestins retirés du corps se contractent sous l'influence de la faradisation directe, et il en est de même lorsqu'on agit chez l'individu vivant, à travers les parois abdominales.
L'électrisation du foie ne détermine aucun mouvement apparent de cet organe, soit qu'on agisse directement sur son tissu, soit qu'on agisse sur les nerfs qui s'y rendent. La vésicule biliaire est prise, lorsqu'on la soumet à l'électrisalion, de contractions qui chassent la bile dans le duodénum.
IjCs contractions sont très-faciles à obtenir dans la vessie, l'utérus, la tunique dartoïque du scrotum.
A. Paralysies. — Le mot paralysie répond à l'idée de l'abolition ou de la diminution des fonctions musculaires, nerveuses et sensoriales.
C'est par la perte des propriétés musculaires que le mouvement est le plus immédiatement compromis. Dans ce cas, la paralysie primitivement musculaire peut être déterminée par lu froid ou à l'aide de certains poisons ; ou bien elle se montre consécutive à des paralysies nerveuses ; — alors la iiaralysie musculaire ne fournit aucune indication thérapeutique tant que subsiste la lésion nerv<nise qui la tient sous sa dépendance ; — mais cette lésion nerveuse ime fois réparée, la paralysi(> musculaire peut
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disparaître spontanément, ce qui n'arrive que lentement et rarement, tandis que les excitations de l'état variable amènent rapidement une guérison définitive.
Désignant sous le nom de paralysies cérébrales celles dans lesquelles la lésion cause détruit plus ou moins complètement les communications nerveuses entre la partie paralysée et le cerveau, et sous le nom de paralysies spinales celles dans lesquelles la lésion-cause détruit les communications entre la partie paralysée et le centre des actions réflexes, Marshall-Hall a établi que la contractilité musculaire demeure intacte dans les paralysies cérébrales, tandis qu'elle se montre diminuée ou abolie dans les paralysies spinales.
Toutes les fois que la lésion-cause d'une paralysie cérébrale est susceptible de réparation, le retour des fonctions est possible quand cette réparation aura eu lieu. Si alors le rétablissement de la fonction ne s'effectue pas spontanément, il est facile de l'obtenir au moyen de la faradisation, en agissant, soit sur les nerfs qui se rendent aux muscles paralysés, soit sur ces muscles eux-mêmes, soit sur les nerfs et sur les muscles à la fois. Les formes connues de paralysies cérébrales sont : les paralysies par tumeur, hémorrhagie ow ramollissement cérébral (Marshall- Hall), — la. piaralysie générale des aliénés (Brierre de Boismont), quelques rares paralysies générales sans allé' nation encore mal définies cliniquement.^ la paralysie des membres dans la paralysie alterne, — la paralysie du voile du palais, de la langue et des lèvres, — certaines paralysies par compression de la moelle, — la paraly^ diphthéritique . Dans ces cas, le traitement par l'état élefl trique variable, — électrisation par étincelles, par cofl rants interrompus, faradisation, — est formellement in " diqué; mais nous ne saurions trop répéter qu'il n'est indiqué qu'à une époque plus ou moins éloignée du débiil de l'affection, et sous la condition expresse que la lésion-cause soit réparée.
Les indications thérapeutiques sont les mêmes dans les paralysies spinales. Celles-ci sont en rapport avec une localisation différente de la lésion nerveuse, mais sont toujours subordonnées dans leur marche aux vicissitudes de cette lésion, réparables ou irréparables avec elle, guérissant très-vite par les excitations de l'électrisation variable quand la paralysie survit à la guérison des troubles de nuti'ition, résistant absolument à tout traitement dans le cas contraire. Parmi les paralysies spinales, nous signalerons: la paralysie progressive sans aliénation, — les paralysies par lésion traumatique de la moelle ou des nerfs mixtes (Marshall -Hall, — certaines variétés encore mal étudiées sous le nom générique de paralysies spinales, — la paralysie atrophique de Venfance ou paralysie myogéniqw (Bouchut), — la paralysie saturnine, — la paralpk consécutive à f empoisonnement par l'oxyde de carbone (Tripier), — Vkémiplégie faciale rhumatismale, — la paralysie consécutive aux fièvres continues ou éruptivcs. 11 est clair que dans ces affections l'élechnsalion n'est utile tout d'abord que comme moyen de diagnostic, et que les raisons sur lesquelles on se fondera pour en adopter ou en rejeter l'emploi thérapeutique seront fondées sur l'ensemble des considérations cliniques.
La nature cérébrale ou spinale de quelques paralysies est encore tout à fait indéterminée ou sujette à contestation. Telles sont les paralysies alcooliques, — celle due à V intoxication par le sulfure de carbone, — les paralysies hystériques, — les paralysies rhumatismales, qni soiil encore très-peu définies.
Je renvoie aux lésions de nutrition ce qui a Irait a l'influence de l'électrisation dirigée, dans les paralysies.
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on plus contre le symptôme apparent, mais contre la '>sion nerveuse elle-même.
B. Némihjies et convulsions. — Tout ce qui a été dit récédemmentdes paralysies, au point de vue du diagnos- Ic étiologique et du pronostic à en tirer, est applicable ux névralgies et aux convulsions. 11 existe une lésionause dont la curabilité par les procédés électrolhérapiques era examinée plus loin ; il me suffit, pour le moment, 'indiquer que celte curabilité n'est pas la règle. La léion-causc d une névralgie une fois guérie, la guérison du ymptôme douleur peut être ou spontanée, ou la conséluence du traitement dirigé contre la lésion, ou le résultat
attendre d'un traitement ultérieur. C'est en s'appliquant j remplir celte dernière indication qu'on obtient de l'élecisaiion les meilleurs résultats.
Deux procédés peuvent être employés. L'un consiste à jxciter les nerfs par les variations d'état électrique sans hercher à y provoquer de douleur, c'est-à-dire avec des burants de faible tension et par l'intermédiaire d'excitaffins humides (Becquerel). L'autre répond à la méthode (iiinue sous le nom de métlwde révulsive ; il consiste à liovoquer une douleur locale vive à l'aide d'excitateurs I 'cs promenés sur la partie. C'est à cette dernière méthode [Li'il faut rattacher la pratique de Tripier qui, ayant noté [i fréquente coïncidence de la névra'gie avec une analgésie [0 même siège ou de siège différent, recommande de se ' jl'éoccuper uniquement de l'analgésie et d'agir sur son Jége à l'aide de courants de haute tension, avec des kcitateurs secs.
ConvvMons. — ■ Des organes malades ou de tissu ner- 3UX anémié ou congestionné. Les affections convulsives îraissent surtout liées à un accroissement du pouvoir iflexe de la localisation variable, et ne sauraient répondre l'àdes combinaisons des états paralytique et névralgique., ans l'impossibilité où nous sommes actuellement de caictériser physiologiquement les affections de ce type, il 3 saurait être question d'une thérapeutique rationnelle leur opposer, ^'ous ne pouvons qu'enregistrer quelques iccès obtenus empiriquement par des applications d'élecisation variable ou permanente faites presque toujours i hasard. Dans la chorée, dans le tic facial, dans l'épipsie, etc.
C. Lésions de nutrition. — L'expérience montre que, 'us l'influence des excitations de l'état électrique variable, i phénomènes circulatoires sont profondément modifiés, le la vascularisation des parties est ordinairement augenlée passagèrement. Ces résultats, très-évidenls quand . a recours à la faradisation, s'observeraient aussi sous .ction des courants continus constants, selon Rcmak,
Iliffelsheim.
L'accroissement de la circulation, alors môme qu'il ne ■ rait d'abord que passager, a pour effet de faire cesser 3 stases de liquides dans la partie sur laquelle on agit; il t même vraisemblable que sa répétition peut amener la sorption d' exsudais qui constituaient pour des oi'ganes ;rveux la condition primitive d'impuissance fonctionnelle. 3US avons plus haut envisagé l'électrisation au point de le des services qu'elle peut rendre comme médication i symptôme, intervenant dans des conditions favorables terminées. Il nous faut maintenant tenir compte des s dans lesquels elle a manifestement favorisé la répara- »n de la lésion initiale : le mécanisme que nous venons indiquer est celui qui rend le mieux compte de ce réiltat.
C'est par un mécanisme analogue, joint à la sédation (| la douleur, qu'il faut expliquer quelques résultats en-
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core peu nombreux dans lesquels, à la suite de contusions articulaires , l'inflammation semble avoir été conjurée (Tripier). En appelant l'attention sur les faits dans lesquels la faradisation lui paraissait avoir manifestement conjuré le développement de phénomènes inflammatoires , cet auteur s'est défendu de la tendance à trop généraliser les conclusions partielles qu'il croit pouvoir tirer de ses observations. Dans d'autres cas, en effet, il admet que la faradisation a déterminé rapidement la suppuration de kystes sous-cutanés; il voit d'ailleurs dans l'existence d'un état fébrile une conU'e-indication formelle de l'emploi des excitations de l'état variable. En serait-il de même de l'emploi des courants continus constants?
C'est -encore par les modifications imprimées aux conditions physiologiques de la circulation, qu'on doit expliquer la résorption de certaines collections liquides, hydarthroses, hydrocèles, sous l'influence de la faradisation. Des résultats favorables ont été obtenus dans le traitement de l'hydrocèle, à l'aide du courant continu pénétrant dans la collection liquide par des aiguilles à acupuncture (Schuster). C'est à tort qu'on a, dans ces cas, attribué k l'action analytique de l'électricité les résultats obtenus, le travail chimique dont étaient capables les courants employés ne représentant qu'une fraction insignifiante du travail accompli.
L'emploi de la faradisation a été encore proposé pour combattre une classe de lésions de nutrition intéressant les organes musculeux et comprises sous le nom générique à'hyperplasies conjonctives des organes contractiles (Tripier). L'auteur a appliqué jusqu'ici celle méthode aux engorgements de l'utérus et à l'hypertrophie prostatique.
On agit sur l'utérus médiatement, par les lombes et l'hypogastre, ou immédiatement, par le canal uréthral d'une part, la vessie et le rectum de l'autre. L'excitateur négatif doit être engagé dans le col utérin, à moins qu'il n'existe en même temps une analgésie rectale ou vésicale, auquel cas l'orientation inverse des courants aiderait à remplir la double indication. C'est par l'urèlhre et le rectum qu'on agit sur la prostate : les courants de haute tension sont préférables ; l'intensité en sera réglée d'après les sensations du patient ; la durée de la séance varie entre trois et cinq minutes.
Les lésions de nutrition dont il vient d'être question compliquent d'ordinaire certains étals pathologiques dans lesquels la faradisation a été employée surtout en vue des résultats mécaniques des contractions musculaires qu'elle produit. Ces résultats sont : Voljstruction ou Yétranglement intestincd, Y invagination intestinale, les hernies , les déviations utérines. En présence des symptômes communs à l'obstruction et à Yétraîiglement de l'intestin, il n''y a pas lieu de chercher des indications dans les élémonis spéciaux d'un diagnostic étiologique presque toujours impossible. Quelle que soit la cause des accidents, il est impérieusement indiqué de tout faire pour rétablir le cours des matières. Leroy (d'Etiolles) a, le premier, essayé de produire des contractions intestinales au moyen d'un courant galvanique interrompu, dirigé de l'anus à. la bouche ; le procédé était douloureux et sans grande efficacité. — La faradisation au moyen d'un excitateur introduit dans le rectum, l'autre excitateur étant promené sur la paroi abdominale, est bien préférable ; elle a paru, dans un certain nombre de cas déjà, agir efficacement pour établir le cours des matières ; c'est le premier moyen à essayer. De toutes les variétés d'étranglement intestinal, l'étranglement herniaire est celle dans laquelle l'indication de ce mode d'intervention semble le plus net.
Parmi les hypothèses appelées jusqu'à ce jour à expli-
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quer l'invagination intestinale, la seule vraisemblable est celle qui fait tomber une certaine longueur d'intestin paralysé dans la portion suivante du canal digestif. Cette invagination se fait très-lentement, et les accidents auxquels les malades succombent coïncident avec une oblitération due à l'inflammation accidentelle et à l'engorgement du cylindre formé par la portion invaginée repliée sur elle-même et recouverte de la portion d'intestin dans laquelle elle est tombée. Dans cette affection il y a deux ordres d'indications : celles en rapport avec les accidents aigus, et celles fournies par le malaise de l'état chronique. Tripier pense qu'en l'absence des accidents de l'état aigu, la faradisation sera utile pour combattre l'atonie inteslinale qui, origine probable de cette affection, aide à son aggravation progressive.
Dans les hernies, l'indication est de resserrer l'anneau, et en même temps d'empêcher la partie engagée de se paralyser par le non-exercice. Clemens (de Francfort) a réussi, dit-on, à guérir des hernies par des applications extérieures de l'électricité statique et du galvanisme. Cela est à voir. Tripier dit aussi avoir obtenu de bons résultats au moyen des faradisations recto-inguinale, bi-inguinale et reclo-ombilicale dans des cas de hernies inguinales et ombilicales ; suivant lui, l'aclion exercée sur l'intestin peut être au moins aussi utile que celle exercée sur l'anneau.
Ayant dans la faradisation un moyen commode de provoquer des contractions utérines. Tripier a songé à localiser celles-ci dans une des faces de l'organe, a(in d'utiliser les contractions isolées de celte face pour le redressement de y utérus dévié en sens opposé. Ee pôle négatif d'un appareil d'induction élani engagé dans le canal cervical, on introduil le pôle positif dans le rectum, s'il s'agit d'une antéversim ou d'une antéflcxion; dans la vessie, si l'on a affaire à une rétroversion ou à une rétroflexion. Toutes ces applications chirurgicales de l'électricité n'ont pas la même valeur.
Elles peuvent être mises en usage, néanmoins, vu le peu de gravité de ces moyens ; seulement, pour les hernies étranglées et pour les collections de li(|aide, elles font perdre du temps ou peuvent causer une inflammation (A, Després). ■
Application des courants continus.
Le cou|)le voltaïque , modifié de façon à fournir un courant sensiblement constant, est celui qu'on emploie pour appliquer à la thérapeutique les courants continus.
C'est l'élément de Daniell, transformé en couple à deux étages, qui a servi à Remak pour les nombreuses observations qu'il a publiées.
Ces couples volumineux, associés en série au nombre de (piarante-cinq, forment un grand appareil de cabinet (jui |)eul servir pendant dix-huit mois ou deux ans, sans .pi'il soi! nécessain; d'y apporirr le moindre soin.
Mais cet appareil est un meuble et ne peut être transporté que très-difficilement : aussi la pile au chlorure d'argent, remise en honneur par Warren Delarue , permettant de construire un appareil à courants continus constants d'une grande puissance, d'un volume peu considérable , facile à transporter, devait-elle être promptement adoptée par les constructeurs.
Appareil à courants continus de Gaiffe.
Voici la description de l'appareil construit par Gailfe