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DU CERVEAU, DE LA BOUCHE, DE LA VULVE

Gangrène par arrêt de la circulation veineuse. — Les ligatures des veines principales d'un membre (Dupuytren) ; très-rar-ement les phlébites et les oblitérations veineuses (Lower) ; quelquefois la compression absolue de la veine d'un membre (François), entraînent un œdème violacé, et consécutivement de la gangrène, caractérisée par un refroidissement des parties et la formation d'eschares molles.

Les gangrènes des extrémités dans l'anasarque sont des gangrènes par arrêt de la circulation veineuse.

Presque toutes les gangrènes par obstacle à la circulation veineuse sont superficielles ou peu profondes, sauf aux extrémités des membres.

Thérapeutique. — Lorsque l'on n'a pu desserrer à temps un bandage trop serré ou une ligature imprudemment faite sur une veine, lorsqu'une phlébite n'a pas été suivie du rétablissement d'une circulation collatérale, la gangrène confirmée exige des mouchetures multiples sur l'œdème gangréneux, et la position élevée des parties mortifiées. On favorisera la chute des eschares et l'on désinfectera par les moyens habituels. V. Désinfectants.

Gangrène par artérite (V. Artérite). — Les gangrènes par artérite et par oblitération de petites artères sont généralement des gangrènes sèches. Elles sont semblables à la gangrène par embolie et par dégénérescence artérielle. (Pioux, Boyer.)

Gangrène par brûlure. — Les corps en ignition, les caustiques, produisent une gangrène sèche par destruction des tissus, dont ils absorbent l'eau. Une eschare noire, excepté lorsqu'il s'agit de caustiques tels que la pâte au chlorure de zinc et l'acide nitrique, par exemple, se produit, ne se détache qu'après une inflammation circonscrite et tombe du douzième au quinzième jour. Les gangrènes des muqueuses par une brûlure ou un caustique sont blanches, s'accompagnent d'une inllanimation assez intense, et les eschares tombent très-vite.

Thérapeutique. — On pansera à l'eau froide ou avec des cataplasmes froids. L'ablation des parties mortifiées n'est nécessaire que s'il y a des désordres étendus et. si l'on craint qu'il ne s'établisse des suppurations interminables.

Gangrène par coagulation du sang dans les capillaires (Martine). — Gangrène des extrémités (Pott). — Asphyxie locale (M. Raynaud). — C'est aux extrémités, aux orteils et au nez, aux oreilles, que la gangrène par asphyxie locale se montre; elle est toujours limitée. Les pauvres (P. Pott), les riches (Janroy), sont également affectés de ce mal. La gangrène se montre sous forme de plaques noirâtres, brunes, violacées. Une démangeaison, rarement des douleurs vives, au plus dans la dernière période de la maladie, quelquefois chez les gens qui sentent une surexcitation nerveuse, caractérisent la gangrène par asphyxie locale : il n'est pas rare de trouver dans les antécédents du malade un traumatisme qui a été la cause occasionnelle de la gangrène.

Ces gangrènes, appelées autrefois gangrènes séniles, peuvent s'arrêter subitement, puis récidiver (Hébréard).

Thérapeutique. — Appliquer des compresses d'eau blanche et d'eau-de-vie camphrée ; — garnir d'ouate les parties atteintes de gangrène. — S'il s'agit du pied, placer le membre dans un ballon de caoutchouc, communiquant avec un llacon producteur d'oxygène; laisser les parties pendant une heure dans le bain de gaz, et renouveler tous les jours cette médication (M. P.aynaud, Laugier).

Si la gangrène a une marche rapide et s'il y a des signes d'artérite, on aura recours aux antiphlogistiques tels que les sangsues et les mouchetures de la peau ^Dupuytren). V. Artères (Oblitération des).

Un régime végétal (Broussais, Bouillaud, Delpech et Syme), le repos absolu, sont d'un bon usage.

L'amputation des membres ne doit être faite que quand la gangrène est limitée (A. Bérard). En attendant la chute des eschares, on pourra continuer le bain d'oxygène et les membres seront tenus enveloppés avec de la ouate dans l'intervalle du bain d'oxygène. Plus tard, si les parties sont gangrenées, on les environnera de compresses trempées dans l'eau chlorurée, et l'on pansera, comme pour les autres gangrènes, avec des cataplasmes, pour favoriser la chute des eschares.

Gangrène par contiision. — La gangrène par contusion est le résultat de la destruction d'un réseau capillaire, dii de la rupture des vaisseaux artériels ou veineux qui se distribuent à un organe.

La coloration violacée, l'odeur de putréfaction d'une plaque de peau froide dans certains cas, et une tuméfaction éliniiuatrice quatre à, six jours après la contusion, caractérisent la gangrène par contusion, qui a plus d'un point d'analogie avec la gangrène par inflammation, cav elle se propage par poussées.

Thérapeutique. — Au début, pansements à l'eau froide et par l'irrigation continue ; favoriser la chute des eschares avec les cataplasmes ; laver les parties avec une décoction de quinquina, appliquer de la charpie imbibée d'eau chlorurée ou d'une solution de permanganate de potasse au dixième ; enfin, enlever les parties mortifiées à mesure qu'elles se détacheront. — L'amputation ne devient nécessaire que dans les cas où les os sont dénudés et les articulations ouvertes.

Gangrène par dégénérescence des artères. — La gangrène par athérome artériel ou dégénérescence calcaire se produit souvent chez les vieillards, ou bien parce qu'un caillot accidentellement formé oblitère une artériole , ou bien parce que les capillaires sont atteints d'une dégénérescence athéromateuse et s'oblitèrent (Delpech, Cruveilhier), ou bien parce que les capillaires renferment du sang coagulé (Martine). (V. Gangrène par co.\.gulation du sang et par ASPHYXIE locale.) La dégénérescence calcaire des artères à elle seule n'est pas suffisante pour expliquer la gangrène (Laennec).

Il est rare que cette espèce de gangrène soit trèsétendue, et elle peut exister sur plusieurs points à la fois.

Les lésions cardiaques qui existent dans la gangrène après la dégénérescence des artères ne sont pas, comme dans la gangrène par embolie, la cause de l'arrêt de la circulation, ce sont des lésions concomitantes.

Les symptômes et le traitement de la gangrène coïncidant avec des dégénérescences athéromateuses des artères, sont les mêmes que ceux de la gangrène par embolie et la gangrène par asphyxie locale. Voyez, pour le traitement, Artères (Ossifications des).

Gangrène diabétique. — La gangrène diabétique est un phlegmon gangréneux, une gangrène par inflammation. V. Diabète.

Gangrène par embolies artérielles (Van Swieten, Virchow). — Un caillot détaché d'un des orifices du cœur ou d'une ulcération de la paroi interne d'une artère, entraîné par le courant sanguin, vient quelquefois oblitérer un vaisseau d'un petitcalibrc, produit ime coagulation du sang au-

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dessus et au-dessous du point oblitéré, et l'on se trouve dans les conditions d'une ligature ou plutôt d'une oblitération d'artère.

Une embolie artérielle peut être devinée lorsqu'il y a eu Ides troubles antérieurs de la circulation cardiaque ou de la circulation des vaisseaux, mais le plus souvent la lésion primitive du cœur est méconnue.

L'oblitération d'une artère affectée d'embolie est annoncée par des fourmillements, des engourdissements pénibles et une vive douleur subite ; puis le membre devient livide, pâle, se refroidit, et les battements des artères cessent au point où l'on doit les percevoir normalement.

Dans les gangrènes des membres par embolie, on trouve ouvent un cordon dur au niveau de l'artère oblitérée, et !en ce point on distingue quelquefois les signes d'une artétite. Voyez pour les embolies veineuses ou pulmonaires, Embolies.

La gangrène par embolie dans les capillaires n'est qu'une inflammation gangréneuse ou suppurative.

Thérapeutique.-— La multiplicité des embolies, la difliulté de préciser la hauteur à laquelle une artère est obliérée, gênent singulièrement pour le traitement. On traitera les troubles cardiaques qui ont causé la formation de 'embolie [V. Cœub (Inflammation du, Rétrécissements /ALVULAiRES DU) et Endocaudite] . — Le membre sera tenu chaudement. — L'amputation ne doit être faite que quand a gangrène s'est manifestée et quand elle est bien limitée ; )n tiendra en tous cas les membres chauds.

Gangrène par le froid. — La gangrène par le froid se produit comme la gangrène par asphyxie locale et la gan- ;rène par inflammation.

Thérapeutique. — Toutes les fois qu'un membre a été efroidi jusqu'à congélation, ou qu'il a été exposé pendant ongtemps à une température voisine de zéro, quand la haleur et les battements artériels ont disparu, aucune préaution ne peut rendre sûrement aux parties leur vitalité. In tâchera cependant de réchauffer les parties, d'abord vec de l'eau à 8», puis à 15° ou à 18°, et ensuite avec de eau tiède. Si la gangrène est confirmée, on aura recours u traitement de l'asphyxie locale; — dans les cas où il y iune inflammation franche, on traitera comme la gangrène ar inflammation. V. Froid (Effets du).

Gangrène par inflammation aiguë. — Les gangrènes par iflammation aiguë sont des phlegmons extérieurs ou des hlegmasies internes dans lesquels les phénomènes inflamlatoires étant portés de bonne heure à leur summum d'ininsité, les vaisseaux capillaires sont entièrement détruits. . Gangrène du poumon.

Quand des phlyctènes existent sur un phlegmon, elles îcouvrent ordinairement une eschare ; mais c'est du xième au huitième jour que l'on reconnaît la gangrène, arce qu'une amélioration sem))le se manifester dans la llegmasie et que l'inflammation étant éteinte, les plaques angréneuses apparaissent.

La gangrène par inflammation est toujours humide, et |s eschares se détachent généralement assez vite.

I La chaleur diminue toujours au niveau des parties mor- |fiées qui tendent à se mettre en équilibre avec la tempéjiture ambiante.

I Des symptômes généraux graves existent souvent dans , gangrène par inflannnalion, tantôt parce que la ganl ène existe chez un individu dont la santé générale est

1, BoncHoi ET DESPRÉS. — 2" édit.

profondément altérée, comme il arrive chez les diabétiques; tantôt parce qu'une infection purulente tend à s'établir.

Dans la profondeur d'un membre ou d'une partie, la gangrène peut être produite par l'étranglement des tissus, par leurs aponévroses, comme dans les panaris tardivement ouverts et dans les phlegmons profonds.

Thérapeutique. — Appliquer dès le début le traitement antiphlogistique du phlegmon ; — débrider largement, s'il s'agit de phlegmons profonds avec menaces de gangrène au-dessous. — On débridera les aponévroses largement au niveau du phlegmon.

Gangrène par ligature d'artères.- — Les gangrènes par ligature d'artères sont plus fréquentes à la suite de ligatures faites sur des artères saines qu'à la suite de ligatures d'artères afiectées d'anévrysme, parce que la circulation collatérale n'a pas pu se rétablir assez promptement.

Après une ligature d'artère, toutes les fois que la chaleur d'un membre succède à l'opération et que le membre se refroidit ensuite, la gangrène est imminente.

Si la circulation collatérale d'un membre où a eu lieu une ligature de grosse artère ne se rétablit pas, le membre se gangrène dans une grande étendue.

Il y a quelquefois, après les ligatures d'artères près d'une branche collatérale, une gangrène locale due à un embolus, ou à un caillot migrateur parti du point où a été faite la ligature, et qui vient oblitérer une petite artère.

Thérapeutique. — Réchauffer le membre avec des linges bien chauds est le seul traitement rationnel à employer ; quand la gangrène s'est bien limitée et quand les eschares commenceront à se détacher, on pansera simplement.

On n'amputera que si des articulations ont été mises à nu parla gangrène.

Gangrène par pression.-— W arrive souvent que les malades, dont une partie repose sans cesse par un. même point sur le lit, sont atteints en ce même point d'une gangrène ressemblant à la gangrène par contusion (Velpeau). Ainsi le talon, chez les individus qui sont placés dans un appareil à fracture, se gangrène au point où il repose sur le lit.

La pression trop forte d'un appareil sur la peau qui recouvre des os saillants détermine souvent aussi de la gangrène .

Thérapeutiquè. — Pour éviter la gangrène par pression, il faut surveiller l'emploi des bandages, et ils seront défaits toutes les fois que les malades souffriront un peu trop vivement.

On placera de la ouate sur toutes les parties où une compression sera exercée.

Gangrène sénile (Dupuytren, Bouillaud, A. Bérard). — La gangrène sénile est une gangrène par artérite, ou une gangrène par coagulation du sang dans les vaisseaux capillaires. Cette gangrène est souvent observée aux jambes. V. Gangrène par artérite.

Gangrène par troubles de l'innervation. — La. section des nerfs, et surtout leur altération, favorisent quelquefois la production de gangrènes (Longet) sous la moindre compression ou après le moindre traumatisme, mais elles ne l'engendrent pas seules. Souvent un état général fébrile est nécessaire à leur production (Malgaigne). V. Eschares de

LA région sacrée.

Thérapeutique. — Favoriser la chute des eschares par

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les cafapla»;me!j, appliquer un pansement avec des bandelettes de diachylon aux membres, amputer les parties seulement après la délimitation de la gangrène, et quand il paraît impossible que la cicatrisation puisse se faire, c'està-dire quand des os nécrosés sont à nu ou quand des articulations sont ouvertes.

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