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GOGUES

HÉMATÉMÈSE ET «ASTRORRHAGIE. Le sang épanché à l'intérieur de l'estomac, et rejeté par le vomissement, constitue l'hématémèse.

L'hématémèse qui se produit quelquefois chez les hystériques, et les femmes dont les règles sont supprimées, à titre d'hémorrhagie supplémentaire, n'a rien de grave.

L'hématémèse accompagnée d'ictère, de stupeur et de réaction fébrile continue, annonce la fièvre jaune.

L'hématémèse accompagnée d'hémorrhagies à la peau ou par les muqueuses indique une fièvre grave ou un purpura hcmorrhagica .

Une hémalémèse intermittente, tierce ou quarte, annonce toujours une fièvre pernicieuse hémorrhagique.

Avant quarante ans l'hématémèse peut exister sans lésions organiques de l'estomac, mais passé cet âge l'hématémèse a toujours comme point de départ une ulcéralion de cet organe.

On voit presque toujours l'hématémèse se produire en même temps que le cancer, l'épithélioma ou l'ulcère chronique de l'estomac.

Quand vous trouverez une tumeur à l'épigastre d'un sujet qui a des hémalémèses, dites qu'il a une lésion organique de l'estomac.

Le sang de l'hématémèse diffère du sang expectoré dans l'hémoptysie, parce qu'il est rouge, non spumeux, acide, souvent mêlé de matières alimentaires, et ailleurs noir, décomposé, méconnaissable et d'une apparence de terre délayée dans l'eau.

, L'hématémèse qui a lieu peu après l'effusion du sang dans l'estomac est formée de sang rouge acide, assez liquide, rarement coagulé.

L'hématémèse qui a lieu plusieurs heures après l'hémorrhagie gastrique est formée de sang noir, liquide

HÉMA

HÉMA

comme du café ou de la sépia, niais il est quelquefois granuleux, noirâtre comme de la terre, de la suie ou du marc de café délayés dans l'eau.

Quand vous verrez un sujet pâlir, frissonner, se refroidir, perdre à demi connaissance, se plaindre de plénitude à l'épigastre, et présenter à cette région de la tension avec matité bien évidente, dites qu'il a une gastrorrhagie sans hématémèse.

On voit souvent riiématémèse accompagnée de méhena quand une partie du sang versé dans l'estomac passe par les selles.

Quand l'hématémèse est précédée de crampes et d'élancements à l'estomac, avec aigreurs, éructations nidoreuses, régurgitations glaireuses ou acides, dites qu'elle tient à un cancer ou à un ulcère simple chronique de l'estomac.

L'hématémèse avec tumeur à l'épigastre est inévitablement mortelle.

Une première hématémèse prédispose ordinairement à une seconde.

Il y a des bématémèses qui ne dépendent pas d'une maladie de l'estomac, et qui résultent seulement de ce qu'un anévrysme s'est ouvert dans cet organe, ou de ce que, à la suite d une épistaxis survenue pendant le sommeil, le sang des narines, tombé dans le pharynx et avalé instinctivement, se trouve ensuite rejeté- par le vomissement.

Un nouveau-né, qui tette une nourrice ayant de larges gerçures au mamelon, peut avaler assez de sang pour se remplir l'estomac et avoir ensuite une hématémèse.

Thérapeutique. — Vvemiére indication. — Ari'èter l'bémorrbagie ainsi ;

L'hématémèse intermittente pernicieuse doit être traitée par 1 à 2 grammes de sulfate de quinine.

Les bématémèses supplémentaires d'un flux sanguin supprimé exigent l'emploi des moyens capables de rétablir les règles, le flux hémorrhoïdal ou l'hémorrhagie, dont la suppression a causé le mal. V. Aménorrhée.

Contre la gastrorrhagie elle-même on donnera : des morceaux de glace ou de petites cuillerées de glace pilée à avaler ; — du suc de citron par cuillerées à café, — du suc de grenade; — de Veau de Seltz, — de la limonade nitrique ou sidfurique, — de Veau de Brocchieri ou de Tisserand, six à huit cuillerées à bouche par jour; de Vextrait de ratanhia ou de rnonésia, 2 à 3 grammes en potion; — de Valun (voyez le formulaire); — du tannin, 1 gramme ; — du perchlorure de fer, huit à dix gouttes dans de l'eau sucrée; — de Vopium, 5 à 10 centigrammes par jour; — des bols d'Arménie, — la terre sigillée ; l'ergot de seigle seul, 1 ou 2 grammes, ou Vergot, 1 gramme, associé au tannin, 50 centigranmies, et l'on prescrira des applications froides à. l'épigastre au moyen de vessies de caoutchouc remplies de glace, ou bien un vésicatoire volant au creux de l'estomac. V. Estomac {Plaies de F).

Deuxième indication. — Combattre l'acidité de la bouche et les régurgitations acides :

Eau de Vichy par petits verres, et mieux eau de chaux, 30 à 100 grammes dans du lait.

Troisième indication. — Empêcher le retour des hémorrhagies.

Dans les bématémèses sans lésions de l'estomac, bonne noiirrilure, séjour à lu nuupagne, préparations de fer et de quin(|uina.

En cas d'hématémèse causée par un cancer ou un ulcère simple de l'estomac, diète lactée, séjour à la campagne, cautères k l'estomac, ou bien viande crue palpée, 60 à 80 grammes, et pepsine neutre, 1 à 2 granmies par jour.

Aromatiser le lait avec l'eau de fleur d'oranger, l'eau de laurier-cerise, l'eau de chaux, la décoction d'anis.

Quatrième indication. — Guérir l'anémie qui résulte des bématémèses, à l'aide d'un régime fortifiant, des préparations de quinquina et des préparafions ferrugineuses. V. Anémie.

FORMULAIRE DE L'HÉMATÉMÈSE.

Pilules astringentes.

Poiulie iU> sang-ilragon 10 gramnios.

Pi'Uiliu d'aliiii 5

Mêlez, et avec q. s. de conserve de roses faites cinquante pilules

Dans la journée, contre l'hématémèse. (CuUen.)

Limonade alumineuse.

Aliiu 5 çi-ainmes.

Eau 1000 iil.

A prendre par petits verres \±}.

Potion (dumineuse.

Alun 4 grammes.

Kan de roses 125 iil.

Sirnrj de sucre ) . ,

Sirop diacode } "I-

Par cuillerées, contre les hémorrhagies gastralgiques.

Julep ahunineux.

h\\v\> lircliiiiue 1(10 grammes.

Aliiii 8 iil.

Une cuillerée toutes les heiu'es.

Pulpe acidulé de tamarin.

Pulpe do tamariu 00 grauiuie?.

Goiuuie arabique 42 id.

Sucre blanc 10 id.

Chauffez avec de l'eau et passez.

A prendre 60 grammes toutes les deux heures.

Acide sulfurique administré ci Vintérieur. — On ajoute dans l'eau de l'acide sulfurique jusqu'à agréable acidité. Ordinairement, dans 1000 grammes de tisane, dix à vingt-quatre gouttes suffisent. On préfère l'acide sulfurique alcoolisé, qui est beaucoup moins actif f+l.

Suc de plantain, 100 à 150 grammes, à prendre a quatre fois.

Décoction de sanguinaire ou traînasse {PnUjgonum uriculare), 8 grammes par litre d'eau \±\.

Acétate de plomb, 75 centigrammes h 1 gramme cl demi par jour (+]• (Erval.)

Ortie piquante. En décoction, 20 grammes par line d'eau.

A prendre par tasses dans les vingt-quatre heures. (A'anakèro.)

IIË.U^TIDKOSE. Sueur de sang. V. Sueur.

HÉMATOCÈLE. Tumeur formée par une collection de sang. On donne le nom d'hématocèles aux épanchemcnts de sang produits par une contusion ; mais on appelle plus spécialement bématocèles les épanciuiments de sang dans le cordon et la tunique vaginale, ainsi que les épanchemenls de sang périutérins.

IIénin<ocùIc fiiniciilaîro. Un traumatisme accompagné de rupture de vaisseaux, ou la rupture parlielle

HÉMA

HÉMA

d'une vai'icocèle, causent ordinairement iino infillral ion de sang dans le cordon spermatique ; répancliement, ordinairement petit, peut être assez abondant pour déterminer une vérilable collection sanguine.

Il n'est pas rare de rencontrer des liématocèles du cordon chez les individus atteints d'hématocèle de la I unique vaginale.

Un épancliement de sang dans un kyste du cordon est une hématocèle consécutive , et l'augmentation subite jjd'un kyste préexistant, jointe au défaut de transparence, (sont les signes caractéristiques de cette hématocèle enkystée du cordon.

I (Jne hématocèle consécutive à un coup ou à une rupture d'une veine apparaît subitement : le cordon se tuméfie dans toute son étendue, et affecte la forme d'un boudin (Malgaigne); la fluctuation est évidente, la douleur à la pression est modérée. Lorsque le sang s'est accumulé dans une poche, on trouve une tumeur circonscrite, non transparente, iluctuante, irréductible ; on sent toujours le testicule lihre, à moins qu'il n'y ait en même |lemps une hématocèle du testicule ou de la tunique

I' vaginale.

Le sang épanché se résorbe ou le kyste devient le point le départ d'un phlegmon, d'un abcès ou d'une inflammation ciu'onique, caractérisée par l'épaississement des parois du kyste et leurs transformations; l'origine trauîiatique du mal, l'issue d'un li(juide brun, couleur chocolat, à la ponction exploratrice, feront reconnaître ce lernier état.

Une hématocèle diffuse du cordon ne peut être prise :|ue pour une hernie épiploïque, mais jamais la hernie spiploïque n'occupe tout le cordon d'un seul coup. — L'hydrocèle par infiltration du cordon est transparente.

Une hématocèle enkystée ne sera pas confondue avec ne hydrocèle enkystée, à cause du défaut de transpaence. Lorsque le sang est épanché dans une hydrocèle enkystée, le diagnostic sera établi, grâce à la connaisance de l'existence de la tumeur avant le coup reçu. Une cchymose des bourses sur une tumeur du cordon est un ndice de traumatisme, mais n'indique point qu'il y ait du ang épanché dans le cordon.

Thérapeutique. — Pour une hématocèle diffuse, compresses résolutives (eau blanche) sur le cordon, suspension des bourses sur une plaque de gutta-percha (V. Hydro- CKLE DE LA TUNIQUE vacinaue). — En cas d'inflammation |du cordon, cataplasmes, sangsues, frictions mercurielles et incision s'il se forme du pus, — Dans le cas où l'épan- ( hement sanguin augmenterait, incision delà tumeur; chercher l'artère divisée et y placer une ligature, ou comprimer le cordon au niveau de l'aimeau inguinal avec un bandage herniaire. Contre les liématocèles enkystées, soit parce qu'il s'est formé une membrane d'enveloppe, soit parce que l'hémorrhagie a eu lieu dans un kyste déjà formé, incision ou séton perforé, et injections avec la décoction de quinquina :

Eati. . , , AIpooI. , .

Quinquina

Ou

Ea\i

Alcool eampbri

Ou

100 grammes -i id.

5 id.

100 grammes.

4 id.

Eau.

Tein

lu, 2 artios

■intiire d'iode ' ' 1 id'^ '

lléiiialuei'le <le l'opididyine. J.es seuls cas connus

d'hématocèle de l'épididyme (A. Cooper) sont des épanchements de sang qui se forment dans les hydrocèles enkystées du cordon et de l'épididyme, et dans les kystes spermatiques. |V. Hydrocèles, Testicules (Maladies des) et Vaginalite chronique].

On reconnaît l'hématocèle de l'épididyme aux caractères de l'hydrocèle enkystée de l'épididyme et des kystes spermatiques, c'est-à-dire à l'augmentation brusque ou la cessation subite de la transparence dans un kyste développé lentement et à l'issue d'un liquide sanguin altéré, couleur chocolat, évacué par la ponction exploratrice; puis à la possibilité de sentir le testicule bien isolé et le cordon libre.

Thérapeutique. — Le traitement est celui de l'hématocèle enkystée , de l'épididymite et de la vaginalite chronique.

Ilcmaiocèlc rétro- utérine. Un épanchement de sang dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, dans les ligaments larges, et plus généralement dans le cul-de-sac péritonéal utéro-reclal, est une hématocèle rétro-utérine. (ISernutz, Nélaton.)

Dans l'hématocèle rétro-utérine, l'épanchement est dû à la rupture d'une vésicule de Graaf et à une hémorrhagie ovarique (Nélaton), ou à la rupture de veines d'un varicocèle ovarien (Richet), ou encore au traumatisme ayant causé une déchirure de l'ovaire (Tardieu). Il est rare que, pour l'hématocèle péritonéale, une inflammation n'enkyste pas, par des fausses membranes, le sang épanché.

Les plaies de l'abdomen peuvent causer rhématocèle rétro-utérine (Spencer Wells).

L'hématocèle est liée le plus souvent à un trouble de la menstruation, lorsque les règles sont avancées ou retardées, et elles se suppriment alors tout à coup; elle survient parfois après un coït ayant eu lieu pendant la période menstruelle.

Une douleur subite se propageant dans tout le petit bassin, des frissons, de la fièvre, un ténesme anal et vésical, des douleurs de l'abdomen et les signes d'une péritonite du petit bassin, indiquent le début d'une hématocèle. Les accidents diminuent, et les malades sont pâles comme si elles avaient subi une perte de sang abondante. Le toucher vaginal apprend que l'utérus est remonté, qu'il est comme accolé au pubis. Plus tard, on sent une tumeur en arrière de l'utérus, molle, fluctuante, entourant quelquefois le col et qui fait en même temps saillie dans le rectum, où on la sent par le toucher rectal; à mesure que la tumeur se développe, le ténesme et la dysurie augmentent. Par le palper abdominal on sent une tuméfaction profonde, lobulée (Nélaton) dans le petit bassin. Lorsqu'on peut appliquer le spéculum, on découvre dans plusieurs cas une ecchymose de la paroi postérieure du vagin.

Dans l'hématocèle rétro-utérine, une tumeur quelquefois fluctuante se forme à la longue dans le vagin ; mais d'ordinaire le sang s'étant coagulé, la tumeur vaginale est pâteuse.

Tant qu'il n'y a pas de tumeur dans le vagin, quand les symptômes généraux, la fièvre rémittente, la soif vive cessent, quand l'appétit renaît et quand les forces reviennent, il y a des chances pour que le liquide se résorbe. Dans le cas contraire, souvent lorsque les malades ont commis quelque imprudence, la tumeur suppure, alors des frissons, de la fièvre et des vomissements apparaissent, et le pus formé se fait jour, soit dans le vagin, soit dans

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