CONTRE NATURE
Thérapeutique. — On traitera comme une plaie des intestins sans issue de l'anse blessée au dehors, s'il y a contusion de l'abdomen.
Si une contusion a porté sur une herniei, on ne réduira pas l'intestin, et si l'inflammation augmente, s'il se forme un abcès stercoral, on ouvrira et l'on établira un anus contre nature. Lorsqu'il y aura un épanchement de sang abondant et une douleur vive, il serait peut-être préférable de faire l'opération de la hernie étranglée de bonne heure; ou ferait une suture de l'intestin (V. Plaies des intestins), ou bien on établirait un anus artificiel.
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Intestin (ÉTRANGLEMENT INTERNE DE L'). Une viûlcille douleur du ventre, avec hoquet, constipation, vomissements bilieux et stercoraux, Ijallonnement du ventre et petitesse du pouls, annoncent un étranglement interne de l'intestin.
I/éfranglement de l'intestin qui se fait à travers les ouvertures de la paroi du ventre constitue la hernie ; mais quand ce viscère se roule sur lui-même ou passe sur une bride accidentelle formée dans le péritoine ; qttand il est comprimé par une tumeur de la rate ou de l'utérus, quand une tumeur est située dans ses parois, quand des concrétions intestinales, biliaires, stercorales, un paquet d'ascarides ou un amas de noyaux de fruits oblitèrent son calibre, il en résulte un obstacle aux cours des matières qu'on appelle ctrunglement interne.
On guérit quelquefois d'un étranglement interne, lorsque le cours des matières stercorales peut se rétablir, mais cela est rare ; dans les cas d'obstacle par dégénérescence organique le mal est absolument incurable.
L'étranglement par obstruction stercoralc ou par un amas de corps étrangers est celui qui laisse le plus de chances de guérison aux malades.
Dans l'étranglement interne de l'intestin, les malades meurent, soit par péritonite consécutive à la lésion intestinale, soit par l'asphyxie qui résulte du refoulement du diaphragme par le météorisme. V. Occlusions intestinales.
TJiérapeutique . — L'étranglement interne, causé par une obstruction stercorale ou par l'arrêt d'un corps étranger quelconque, doit être traité par les purgatifs.
Si l'étranglement interne s'accompagne de péritonite, il faut faire une saignée du bras ou appliquer des sangsues sur le ventre.
La belladone en extrait, 5 à 10 centigrammes à l'intérieur et en frictions sur le ventre, est très-utile dans l'étranglement interne.
Des applications de glace dans un large coussin de caoutchouc vulcanisé sur le ventre, des boissons glacées et des lavements froids peuvent guérir l'étranglement interne.
L'application du marteau chauffé à l'eau bouillante et appliqué sur le ventre peut guérir l'étranglement interne en provoquant un violent spasme de l'intestin.
Le massage guérit bien les étranglements internes dus à une obstruction stercorale.
L'électricité, employée avec un excitateur dans l'abdomen et l'autre sur l'abdomen, peut rendre des services et faire disparaître un étranglement interne.
Dans l'étranglement interne, il faut, si le météorisme est trop considérable, faire la ponction de l'intestin à travers les parois du ventre au moyen d'un trocart capillaire, pour donner issue aux gaz et prévenir l'asphyxie (Piedagnelj.
Quand tous les moyens opposés à un étranglement interne ont échoué, et qu'il n'y a pas de maladie organique cancéreuse, il faut faire la gastrotomie et former un anus contre nature. V. Occlusion intestinale.
Intestins (PLAIES DES).
1° Plaies par intruments piquants, tranchants et contondants. — Les plaies des intestins ont lieu, l'intestin étant sorti au dehors à travers ime plaie de l'abdomen ou l'intestin étant encore enfermé dans la cavité abdominale.
Les plaies de l'intestin sont longitudinales, transversales, bornées à une simple fente; ou bien il y a section
incomplète, qui ne tarde pas à se compléter, ou bien il y a section incomplète.
Les plaies qui existent sur des intestins sortis à travers une plaie de l'abdomen ne sont pas difficiles à reconnaître, et suivant qu'il y a une plaie transversale ou une plaie longitudinale de l'intestin, il y a une ouverture elliptique dans le sens du diamètre de l'anse intestinale ou dans le sens de son axe.
Les plaies existant sur une anse intestinale accolée à la paroi abdominale, ou demeurées dans le voisinage de la plaie, sont reconnues aisément par l'issue de matières alimentaires ou de matières fécales, suivant le point de l'intestin sur lequel la blessure a porté.
Les plaies des intestins restés dans l'abdomen et qui ne sont pas accompagnées d'épanchemenl dé matières intestinales, sont plus souvent soupçonnées que diagnostiquées. Les vomissements et une douleur vive n'indiquent pas que l'intestin a été blessé, mais la présence de sang dans les vomissements et dans les selles est un indice que l'estomac ou l'intestin ont été atteints ; la tympanite est quelquefois un signe précieux, surtout lorsqu'on voit en même temps des gaz sortir par la plaie de l'abdomen.
Les plaies de l'intestin sont souvent compliquées, au moment de leur production, par une plaie des autres viscères. V. Foie {Pluies du). Rate [Plaies de la), Vessie {Plaies de la). Estomac {Plaie de /'), Abdomen {Plaie de /').
Les épanchements de sang dans l'abdomen, les épanchements de matière intestinale, la péritonite suraiguë, les abcès stercoraux, l'anus contre nature, sont les complications immédiates et consécutives des plaies des intestins. '
Les plaies des intestins peuvent être multiples, ce qui aggrave leur pronostic, et elles se terminent par des fistules vésico-intestinales et des fistules vagino-intestinales chez la femme.
Une plaie d'intestin qu'il est impossible de découvrir, et qui est enfermée dans l'abdomen, peut guérir spontanément si elle est petite, si une hernie de la muqueuse l'oblitère, si la solution de continuité adhère à la paroi abdominale (A. Cooper), si l'épiploon forme bouchon et adhère à la plaie (Theden), eniin, si les anses intestinales s'agglutinent entre elles. Mais le plus souvent les malades meurent à la suite des complications.
Thérapeutique. — Un individu atteint de plaie de l'abdomen et de plaie des intestins doit être tenu au repos el à la diète absolue, puis à la diète aux bouillons. — Lorsque des sutures ont été faites, on nourrira seulement quand les fils auront été retirés. A ce moment, on pourra donner un purgatif léger. Si une plaie a été produite au moment où le malade venait de manger, on le fera vomir (Boyeij, soit en titillant la luette, soit en administrant 10 centigi'. d'émétique, mais ce sera seulement dans les cas où l'on ne pourra pas faire la suture intestinale.
Lorsque l'intestin blessé est resté dans l'abdomen, il faut attendre et diriger le traitement contre la coinplicalion. V. Épanchement de l'abdomen.
Lorsque la plaie a été produite par un instrument piquant, cette conduite est surtout indiquée.
Aller à la recherche d'un intestin blessé (Heister) est ! une opération (|ui ne doit pas être tentée (Fioyer). Toute- 1 fois, si une anse intestinale sortie est saine et s'il y a (les i signes évidents d'une plaie de l'intestin, on est autorise à tirer sur l'intestin pour l'examiner cl chercher la plaie.
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Cependant il ne faut pas tirer sur l'intestin au delà de ertaines limites que la prudence indiquera.
Première indication. — Plaies longitudinales et trans- 'crsales. — Dans les cas où l'intestin blessé est au dehors, i une plaie a moins de 1 centimètre de longueur, on pasera une anse de fil dans le mésentère et l'on maintiendra l'intestin réduit en arrière de la paroi abdominale (l*alfyn, icarpa, Boyer).
Si la plaie est plus étendue, on fera l'opération suiante :
On rentre en dedans les lèvres de la plaie, on passe les ils transversalement à travers les lèvres de la plaie ainsi reîourbées, et l'on place assez de fds pour que la muqueuse le fasse pas hernie dans leur intervalle. On coupe près des œuds et l'on réduit l'intestin, ou l)ien on laisse les fds endre au dehors, l'intestin étant resté accolé à la paroi bdominale (Jobert).
On peut aussi faire la suture suivante avec avantage :
IOn passe une aiguille à travers l'intestin, à 3 millimètres u delà des bords de la plaie, au niveau d'un de ses angles.
Fig. 343. — SiUuro Je Gely. — Une aiguille est placée à chaque chef du fil et passe au delà des hnrjs de la plaie comme pour le point de reprise. (Nélaton.)
n enfile une aiguille à l'autre bout du fil ; on fait un point iqué de chaque côté et l'on croise les aiguilles qui, de cette
I Fig. 34i. — Suliu'c de Gely. — Les fils passns .tu moyen des aiguilles I cnntinuant îles poyits alternativement sur l'une et sur l'autre lèvre de la [daie sont prcMs à être serrés. (Nélaton.)
içon, font un point piqué successivement sur chacune des Ivres de la plaie, et l'on serre à mesure (Gely), l'intestin
Fig. 3-45. — Suture de Gely. — Résult.^ts. (Nélaton.)
st réduit et la plaie de l'abdomen refermée. Quelques 3urs plus tard, les points de suture tombés dans l'intesin sont rendus par les selles (fig. 3Zi3, Si-'i, 3Zi5).
Ces deux procédés de^uture par adossement des séreuses, t le dernier en particulier, valent mieux que la suture
entrecoupée après section de la muqueuse et rapprochement des parties avivées (Moreau Boutard).
La suture à surjet et la suture en surjet avec un fil double terminé, en guise de nœud, par un petit rouleau de toile qui est arrêté en dedans de l'intestin, et arrêté à l'autre extrémité par un nœud avec le fil dédoublé (Reybard) , la suture à anse (Ledran), ne valent pas la suture avec adossement des séreuses.
On peut faire la suture à l'aide d'une plaque de bois trouée de 30 à 35 millimètres de long sur 15 à 20 millimètres de large, introduite dans l'intestin ; une anse de fil étant passée au milieu de cette plaque et laissant entre ses bouts un écartement de U millimètres et armée d'une aiguille à ses deux extrémités, on traverse les deux lèvres de la plaie et l'on réunit l'intestin ; les deux chefs du fil sont noués au devant de la plaie sur un rouleau de diacliylon, et les deux lèvres de la plaie intestinale sont ainsi rapprochées et maintenues en contact avec la paroi abdominale. Au deuxième jour, on coupe le fil, et le lendemain ou le surlendemain la plaque de bois est rejetée par les selles (Reybard). Ce procédé n'est que la modification de la suture à anse (Palfyn, A. Cooper et Scarpa) ; la réunion se fait parce que l'intestin est maintenu au niveau de la plaie.
La suture à anse, après le rapprochement de la plaie comme avec l'adossement des séreuses (procédé Jobert) et avec la rescision de la muqueuse (iMoreau Boutard), n'est pas un procédé autrement avantageux que celui de Gely.
La suture à points passés se fait avec une aiguille droite et se pratique comme pour les téguments. On passe obli- ({uement le fil d'une lèvre de la plaie à l'autre, en commençant à II millimètres en dehors des bords de la plaie ; on réduit l'intestin et on laisse passer au dehors les deux extrémités du fil (Bertrand). Lorsqu'on retirera les fils, on tirera sur eux en sens opposé ; pour cela on se servira des fils doubles de coloration différente en pratiquant la suture (Béclard).
Lorsque l'intestin est blessé en travers, et quand la plaie est petite, les procédés employés pour les plaies longitudinales sont bons.
Interposer un bouchon d'épiploon dans la plaie et pratiquer la suture à anse (Jobert) peut être fait lorsqu'on a l'épiploon dans le voisinage de la plaie.
Le procédé des cjuatre maîtres, c'est-à-dire la réunion de l'intestin par-dessus une trachée-artère d'animal, ou une canule de sureau, et combinée à la suture entrecoupée, malgré les tentatives de l'Académie de chirurgie (Duverger), est aujourd'hui abandonnée. — Réunir pardessus une carte roulée (Sabatier) n'est pas un meilleur moyen.
Pour les plaies transversales, on peut appliquer la suture Gely ; — la modification qui consiste à appliquer deux épingles à insectes traversant l'intestin sur plusieurs points, de façon à simuler une aiguille passant dans une étoffe pour y faire une reprise, et qui sont attachées à deux fils, puis une suture en surjet passant sous tous les points découverts des deux épingles (Bouisson), est un procédé moins avantageux que la suture de Gely. Les fils sont laissés dans la plaie de l'abdomen ; on retire d'abord les fils qui réunissent la plaie, puis les épingles qui sont amenées au dehors par les fils qui sont attachés à leur tête.
Deuxième indication. — Section transversale de l'intestin. Lorsque l'intestin est totalement ou largement divisé
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en travers, ou même dans le cas de simple plaie transversale, on fera :
L'invagination du bout supérieur de l'intestin dans l'inférieur (Kamdhor), et mieux l'invagination du bout supérieur de l'intestin dans le bout inférieur retourné en dedans (Jobert).
Le procédé de Rhamdhor est abandonné ; le procédé de Jobert est plus avantageux :
1° Lorsque la division est complète, on dissèque, dans une étendue de 1 centimètre et demi, chaque bout de Pintestin du mésentère.
Deux fds, munis aux deux bouts d'une aiguille à coudre, traversent le bout supérieur de l'intestin en deux points opposés.
On renverse les bords du bout inférieur de l'intestin en dedans dans une étendue de 1 centimètre, on traverse avec les quatre aiguilles le bout de cet intestin ainsi invaginé dans lui-même, on rapproche les deux bouts de l'intestin ; on serre, on laisse les fds entiers, ils sont maintenus dans un angle de la plaie de l'abdomen et l'on tire sur les fds le quatrième jour ; on panse la plaie de l'abdomen avec des bandelettes de diachylon.
2° On peut faire l'adossement des séreuses à l'aide de trois viroles métalliques. Une virole métaUique, la plus grande, est placée dans le bout inférieur renversée en dedans, une virole plus petite est placée dans le bout supérieur renversée en dedans, une virole pins petite et haute de 1 centimètre est placée à la fois dans le bout supérieur et le bout inférieur. Deux anses de fds placées en deux points opposés réunissent les trois viroles à travers l'intestin ; on coupe le fil près du nœud et l'on réduit l'intestin (Denans) ; les viroles sont éliminées avec les selles. Cette opération est bonne, mais on n'a pas toujours sous la main l'appareil instrumental nécessaire pour la pratiquer.
3" L'opération suivante est une méthode du même ordre, mais elle est moins bonne et n'a pas été appliquée sur le vivant.
Une virole en forme de bougie, longue de 2 centimètres, est introduite moitié dans le bout supérieur invaginé, moitié dans le bout inférieur. On place un anneau élastique par- dessus les deux bouts des intestins rapprochés (Baudens). L'intestin pressé par l'anneau de caoutchouc tombe en gangrène, et c'est là un grave inconvénient.
/i" Il est plus simple de traverser obliquement les lèvres de la plaie du bout supérieur de l'intestin avec une aiguille qui pénètre obUquement dans les tuniques en respectant la muqueuse, et de traverser de même le bout inférieur légèrement incliné en dedans, comme le bout supérieur ; on place plusieurs fils et l'on serre (Lembert) ; on laissera les fils entiers et on les placera dans un angle de la plaie de l'abdomen, et on les retirera du quatrième au cinquième jour.
Dans toutes les opérations d'invagination, il est de la plus haute importance de reconnaître le bout supérieur du bout inférieur ; pour distinguer le premier, on examine de quel côté l'écoulement des matières intestinales a lieu et de quel côté la muqueuse fait hernie ; le bout d'intestin le plus flétri est en général le bout inférieur. II ne faut pas non plus laisser de vaisseaux du mésentère ou de l'intestin divisés ; on les lie et on laisse pendre le fil dans l'intestin (Ramdhor).
Indications génémles. Quelle que soit la suture que l'on pratique sur l'intestin, avant de l'appliquer il convient de
bien laver l'intestin, de tordre les vaisseaux qui donnent du sang ou de les toucher légèrement avec un peu d'ouate imbibée de perchlorure de fer.
On se seit d'un fil ciré et d'aiguilles un peu courbes et peu tranchantes. Qu'on laisse l'intestin rentrer profondément ou qu'on le laisse au niveau de la plaie avec les fils entiers, on réunit la plaie de l'abdomen par première intention, sauf en un point où passent les fils, si l'on a fait la. suture à anse, la suture de Reybard, etc. On panse à l'eau froide et l'on tient les malades au repos et à la diète absolue. S'il se forme une inflammation circonscrite, on désunit la plaie et l'on panse avec des cataplasmes.
S'il se forme un abcès stercoral, on traite par les moyens appropriés. V. Abcès stercoral.
S'il y a une fistule stercorale, on attend; elle peut guérir seule, sinon on dilate l'ouverture et l'on traite comme un anus contre nature.
Les accidents de la suture intestinale sont la suppuration au niveau des points de suture , une péritonite et la gangrène de l'intestin, mais le plus souvent la suture intestinale est exempte de compbcations.
II. Plaies des intestins par armes à feu. — Les plaies produites par de gros projectiles de guerre occasionnent des délabrements et des plaies multiples de l'abdomen, qui ne sont pas toujours mortelles, même quand il y a des lésions de l'intestin.
Une balle produit une plaie sur un seul intestin ou des plaies sur plusieurs intestins ; la quantité de ces dernières aggrave le pronostic, car la mort est la règle après une pareille blessure.
On a vu des balles, qui avaient produit une plaie simple, être rendues par les selles après guérison de la plaie intes^ finale . ■
Les plaies par armes à feu de l'abdomen et des intestim sont caractérisées par les signes généraux des plaies A'aM mes à feu (V. Plaies par armes a feu) et par des sign« locaux : l'écoulement de matière intestinale au dehors, \'M panchement dans la plaie abdominale explorée avec ■ doigt, la dureté relative des bouts de l'intestin àWiM (Baudens). Les selles sanguines, les vomissements de san« une tympanite consécutive, sont des signes qui indiqueB encore la blessure de l'intestin. ■
Lorsque trois à six jours après une plaie de l'abdomeH par armes à feu il y a issue de matière intestinale et M gaz au dehors, il est évident qu'il y a eu contusion de l'iap testin, gangrène et perforation au niveau d'un point frappe I par une balle.
Thérapeutique. — Si la plaie de l'intestin n'a pas lieu sur un intestin sorti, on attendra ; le malade sera tenu au repos et à la diète absolue. Aux premières douleurs, on aura recours au traitement de la péritonite.
Si l'intestin a été blessé par une plaie de la région lombaire, s'il s'écoule des matières stercorales seulement, il est probable que c'est le côlon qui est blessé. On laissera s'établir un anus contre nature. j
Si les intestins blessés sont sortis, on régularisera la (i| plaie et l'on fera la suture de l'intestin et de la paroi abdominale par les procédés habituels.
Si les inteslins sont blessés en plusieurs endroits rapprochés, on retranchera toute la portion qui porte les plaies et l'on réunira les deux bouts de l'intestin par adossemenl des séreuses (Baudens. Nélaton).
S'il existait deux plaies éloignées l'une de l'autre, on pratiquerait deux sutures distinctes.
Débrider la plaie de l'abdomen pour aller à la recherche
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de l'intestin blessé est une opération dont les suites sont toujours funestes.
111. Accidents des plaies des intestins. — Les accidents primitifs des plaies intestinales sont les épanchements et la péritonite, les accidents consécutifs sont la gangrène de l'intestin, les abcès stercoraux, les fistules stercorales et lies anus contre nature. V. Abdomen.
Les fistules stercorales sont le fait d'une petite solution j(ie continuité d'un intestin ou d'une solution de continuité autour de laquelle se sont formées des adhérences et une Icavité accidentelle. Les fistules stercorales guérissent seules ou se transforment en un anus contre nature. V. ce
TlOt.
Intestin (RÉTRÉCISSEMENT DE l'). Les indurations inlammatoires, syphilitiques et cancéreuses de l'intestin, les obstructions stercorales, les calculs biliaires ou intestinaux, es tumeurs du ventre, telles que la rate ou l'utérus déplacé, la constriction d'un intestin qui a été étranglé et a pu être réduit, resserrent souvent le calibre des intestins |t gênent le cours des matières au point de provoquer Iles accidents graves d'émaciation et de cachexie ou [l'étranglement interne.
(Juand les rétrécissements occupent la partie supérieure .e l'intestin grêle, ils s'annoncent par de la constipation, les vomissements glaireux ou alimentaires, le ballonnement e l'épigastre et un amaigrissement rapide.
ji Les rétrécissements de l'intestin aux environs de la valiile cœcale produisent une grande tension du ventre, de 1res vomissements et une constipation qui alterne avec ne diarrhée venant sous forme de violentes et douloujuses débâcles.
Le ballonnement du ventre et la présence d'une tumeur lobile autour de l'ombilic indiquent un rétrécissement ormique de l'intestin grêle.
Les rétrécissements du rectum occasionnent du ténesme, \ie constipation suivie de diarrhée ou d'excrétions stercoîdes filiformes avec suintement anal muqueux ensanglanté, il est presque toujours possible de toucher le mal avec doigt introduit dans l'anus. V. Occlusions intesti-
VLES.
Thérapeutique. — Les rétrécissements syphilitiques de ntestin guérissent presque toujours au moyen de l'iodure î potassium ; 2 h k grammes par jour. . Les obstructions stercorales ou produites par des calculs ■ des corps étrangers se guérissent par de violents purgas ou par d'abondantes injections d'eau froide. Dans le rectum, les rétrécissements simples exigent la latation au moyen de mèches ou de bougies, et, si le mal enace de faire périr les malades, il convient d'établir un lUS contre nature à la région loml)aire gauche.
DE L'mTESTIX (IntuSSUSCEP on). Quand une partie de l'intestin s'introduit dans la irtie placée immédiatement au-dessous par suite de la mtraction péristaltique, et qu'il en résulte des accidents, i dit qu'il y a invagination.
Les invaginations se produisent dans l'intestin grêle ou ,ns le gros intestin, à ce point que le ceecum ou le côlon nversés peuvent sortir par l'anus.
Il y a quelquefois 20 à liO centimètres d'intestin renrsé et invaginé dans la partie subjacente.
On compte de ime à plusieurs invaginations chez la même Tsonne, et il y a des invaginations doubles.
Ce sont les contractions tumultueuses de l'intestin produites par l'entérite, la dysenterie ou les purgatifs qui, en accélérant l'ondulation intestinale, font invaginer une partie d'intestin dans celle qui la suit.
Une tumeur de l'intestin et uu paquet de vers peuven être la cause de son invagination. Il y a quelquefois, chez les individus atteints de fièvre typhoïde, des invaginations intestinales.
Fig. 3i6. — Invagination simple à trois cylindres d'intestin, — A. Bout inférieur de l'intestin. — B. Bout supérieur. — C. Mésentère. — 1. Cylindre périphérique (bout inférieur). — 2. Cylindre moyen (bout supérieur invap;iné en dedans). — 3. Cylindre central (bout supérieur). — 4. Bout supérieur de l'intestin se continuant avec le cylindre central. (Nélaton.)
La portion invaginée d'intestin qui est comprimée, étranglée même, devient assez souvent rouge, violacée, peut se ramollir, se gangrener et être expulsée par le rectum.
Fig, 347. — Invagination double. — A, Cfeoum. — B, Cùlon. — C. Intestin grêle, (Nélaton.)
Une portion invaginée de l'intestin peut reprendre sa place, mais si le fait n'a pas lieu il en résulte des accidents graves d'obstacle au cours des matières, avec des symptômes de péritonite, et il y a gangrène ou rupture de l'intestin.
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De la constipation, du ballonnement du ventre, des vomissements alimentaires, bilieux, muqucux, stercoraux, et une tumeur le long du côlon ou au niveau des anses de l'intestin grêle, annoncent une invagination de l'intestin.
Fig. 349. — Tumeur liypertrophique de l'intestin, coïncidant avec une invaginition à trois cylindres. — A. Bovit supérieur. — D. Cylindre moyen. — B, C. Tumeur. — V. Mésentère. (Nélaton.)
Lorsqu'il y a une tumeur abdominale, on peut croire qu'il y a tumeur stercorale plutôt qu'invagination. On se rappellera que les tumeurs stercorales seules s'écrasent quand on les presse.
Les invaginations guérissent quelquefois naturellement par la gangrène de la portion invaginée et son expulsion par l'anus.
Thérapeutique. ~ La déglutition d'une balle de plomb ou d'rt/ie cuillerée à café de mercure métallique peuvent, en raison de leurs poids et de leur action mécanique, guérir l'invagination.
On a aussi conseillé le plomb de chasse n" 5, 200 grammes pour un adulte ; 100 grammes pour un enfant. — Ce plomb doit être bien lavé en changeant l'eau chaque fois, et mis dans 125 grammes d'huile d'olives. — On en prend une demi-cuillerée à soupe toutes les demi-heures, et, au bout de cinq ou six heures, les vomissements s'arrêtent, les évacuations se produisent et le plomb est rendu sans accident du sixième au huitième jour. On donne, en même temps, des lavements au lait et au miel. Cette médication a donné 12 succès sur 12 malades (Maydieu).
Les insufflations forcées d'air par le rectum, ou mieux les injections d'eau froide en abondance, et quelquefois le cathétérisme du côlon avec une grande sonde de caoutchouc (Vood, Mitchell), sont très-utiles dans le traitement des invaginations.
Électrisation par le pôle négatif mis à la marge de l'anus et le pôle positif sur la paroi du ventre, le malade ayant une longue sonde dans le rectum. Au bout de peu de temps il sortit une certaine quantité de matières liquides, puis on retira la sonde et l'on mit l'éponge et le rhéophore dans le rectum. Au bout de dix minutes, il s'écoula une énorme quantité de matières fécales et en quelques jours le malade fut débarrassé.
On a aussi conseillé l'électrisation seule des parois du ventre. (Grisolle.)
Tous les moyens employés contre l'étranglement interne peuvent être employés contre l'invagination. V, Occlusions
INTESTINALES et HEKNIES.
Injection de gaz acide carbonique : — Moyen de pratiquer Vinjection. Avec un clysopompe on fait une injection de k litres d'eau tiède suivie de l'injection de 120 grammes d'eau ayant en solution 2 grammes d'acide tartrique, puis d'une troisième injection d'eau tenant en solution 2 grammes de bicarbonate de soude.
On tient ensuite vigoureusement un tampon de linge sur l'anus pour empêcher la sortie de l'eau et des gaz, et au bout de quelque temps on supprime cette compression.
Le développement de l'intestin par l'acide carbonique fournie dans l'intestin par le mélange des substances injectées a une fois guéri une invagination (Tate).
On a aussi employé le calomel à dose fractionnée (Rillet et Barthez) pour provoquer les contractions intestinales.
A titre de palliatif, les sangsues sur les points où l'on suppose l'invagination, les cataplasmes ou les applications froides sur le ventre, le cataplasme réfrigérant (V. ce mot), les grands bains, les boissons froides ou glacées; les lavements froids, seront prescrits et donnés avec un irrigateur qui pousse l'eau en abondance.
Les lavements fréquents, additionnés de décoctions de quinquina, seront donnés dans le cas de gangrène du gros intestin invaginé.
S'il y a obstruction intestinale, on fera la ponction à l'intestin avec un trocart explorateur pour évacuer les gaz qui produisent l'asphyxie, opération inofîensive et palliative ; puis s'il y a lieu, on pratiquera la gastrotomie et l'on établira un anus artificiel. V. Occlusion intestinale.
FORMULAIRE DE l'INVAGINATION.
Atropine, de 1 à 5 milligr., dans une potion à prendre par cuillerées à bouche E].
Teinture cV atropine, de une à cinq gouttes dans une potion Q.
Belladone. — Poudre, 10 centigrammes. — Extrait aqueux, 5 à 10 centigrammes. — Sirop, 16 à 30 grammes RI.
Stramonium à doses moitié moindres que la belladone E].
Jusquiame à doses deux fois plus fortes que celles de belladone [3-
Aconit. — Poudre, 20 centigrammes. — Extrait, 10 centigrammes.— Extrait du suc non dépuré, 5 centigr.
Ciguë. — Poudre, 20 centigrammes. — Extrait aqueux, 20 centigrammes. — Teinture alcoolique, 1 gramme. — Alcoolature, 1 gramme Q-
Lavement sédatif.
Extrait aqueux de lioUadoue t déeigramme.
Eau 200 granunes.
Faites dissoudre.
Lavement de belladone contre l'iléus.
Hacine de belladone 4 grammes.
Eau 200 id.
Faites infuser. On n'a pas obtenu d'effet stupéfiant après l'administration de ce lavement, qui a suffi pour rétablir complètement un malade [3. (Stanius et Becker.)
Oxyde de zinc, à prendre de 3 centigr. à 1 gr. E). Éther sulfurique, de dix à douze gouttes sur du sucre El-
Chloroforme, à prendre en potion de cinq à dix gouttes El-
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'Jamphre, de 5 à 50 cenligrammes à prendre en pi- ■s B-
S'alériane. — Poudre, de 1 à 10 grammes — Extrait, 1 à 10 grammes. — Teinture, en potion, de 2 à 30 gr. -ISirop, 20 grammes Ri.
W((sc. — Poudre, de 10 cenligrammes à U grammes.— T nture, de 50 centigrammes à 5 grammes.
Invagination du rectum (Saviard). L'invagination dfrectum se produit à la manière des autres invaginations djl'inteslin, elle est une variété de celte lésion. V. Invac|.\TiON, Iléus.
ij'invagination existe chez les enfants elles adultes, elle e.' caractérisée par une difticulté d'aller à la selle et des îfies muqueuses, puis lorsque la tumeur sort à l'intérieur îll ressemble trait pour trait à la chute de la muqueuse ili|rectum, mais on la reconnaît immédiatement en reclierz\\(it quels sont ses rapports avec l'anus. On peut passer stylet entre l'intestin invaginé et l'anus. La chute du um, au contraire, se continue directement avec la mu- use de la marge de l'anus. On reconnaîtra qu'il s'agit i' le invagination limitée au rectum lorsque l'on ne sent de tumeur dans la fosse iliaque, ce qui existe lorsqu'il invagination du côlon descendant. V. Iny.^cination.
ne portion de rectum invaginé peut se gangrener et être |iiinée par les selles. V. Rectum {Chute du).
a mauvaise habitude de faire sauteries enfants dans eibras est une cause d'invagination (Bosia) qu'il faut 'v:'r,
liémxieiitique. — Les douches ascendantes avec l'eau )ii'air sont les meilleurs moyens de guérir l'invagination li|ectum ; les lavements frais sont un moyen palliatif.
iiepousser l'intestin avec une sonde à bout renflé (Lo- 3€stier de la Sarthe) est moins simple et peut être plus lOijereux que les douches.
iour éviter les invaginations, il faut prévenir la diarrhée ît'is dysenteries, ainsi que les efforts pour aller à la selle jades lavements d'eau de guimauve.
jODAL. Liquide aneslhésique qui bout à 25 degrés et |us' obtient en traitant l'iode par l'alcool et l'acide azoicp. (Rabuteau.)
IODE. Métalloïde découvert par Courtois, en 1811 , dans eJeaux de la mer et dans les plantes marines. Il se n vc également dans beaucoup d'eaux minérales sulfue es et chlorurées. L'iode a pour principal caractère de b;|ier une belle couleur bleue avec l'amidon.
est un irritant et un caustique. On s'en sert à l'inté- ' à doses modérées comme altérant, et à l'extérieur me irritant révulsif ou dans des cavités pour déterr des phlogoses adhésives. Il a une action spéciale phique sur le tissu glandulaire.
n emploie en médecine l'iode à l'intérieur, contre le re, contre la scrofule et contre la syphilis, mais il vaut ux l'administrer à l'état de sel à doses modérées pour 3r les accidents d'iodisme (V. ce mot). A l'extérieur 3t très-usité en teinture comme topique irritant, pour ions sur la peau et pour injections lans des foyers
ilc^ on veut enflammer les parois. Quand on l'applique la peau, il faut le faire une ou deux fois par jour jusfendillement de l'épiderme et production d'une vive
ilc|eur. Alors on cesse la médication pendant deux ou ; jours. Dans ce cas, l'iode est absorbé et se retrouve i les urines, mais sur la peau dont l'épiderme n'est pas illé l'absorption n'a pas lieu.
INTE 761
L'éponge calcinée en poudre, jadis employée contre le goître, ne doit son efficacité qu'à l'iode qu'elle renferme.
On emploie l'iode à l'état A'eau iodée formée de teinture d'iode, 1 gramme pour 250 gram. d'eau à l'étal d'huile iodée^ contre la scrofule [+], et en injections dans des kystes, ou en applications sur la peau, à l'état de teinture simple ou de teinture coupée d'eau et additionnée d'iodure de potassium.
Teinture d'iode 40 grammes.
Eau ordinaire o 40 ù 60 id.
Ou bien :
Teinture d'iode 40 ajrommes.
Solution saturée d'iodure de potassium. . 60 id.
Les injections de teinture d'iode se font dans la cavité des abcès par congestion \±] ; dans la cavité des kystes de l'ovaire pour en obtenir la guérison radicale [T] ; dans les trajets fistuleux de l'anus ou de toute autre région [+] ; dans la tunique vaginale après la ponction, comme moyen curatif de l'hydrocèle \+ +1. On fait les applications sur la peau dans toutes les névralgies (Rouchut) 1+ -t-i, dans tous les rhumatismes chroniques [+]) dans les engorgements articulaires chroniques de la scrofule \±] et des rhumatismes [+], sur les gencives dans la gingivite expulsive, — enfin dans les douleurs tboraciques produites par la pleurésie chronique et par la phthisie 1+ +|.
A l'intérieur, on se sert aussi contre la phthisie de Viode en inhalation sous forme de vapeurs métalliques respirées dans un flacon à large tubulure (Chartroule) .
lODISME. L'emploi de l'iode à l'intérieur produit quelquefois chez les sujets prédisposés des accidents graves de coryza, de conjonctivite avec œdème palpébral, de sécheresse du gosier et de roséole avec fièvre, qui constituent
Viodisme.
11 suffit d'interrompre l'usage de l'iode pour voir guérir l'iodisme en quelques jours.
lODOPORME. Composé d'iode découvert par Serullas, formé de paillettes cristaUines d'une couleur jaunâtre, d'une odeur safranée, d'une saveur douceâtre ; il est soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther. Il est très-facilement absorbé, et deux heures après son ingestion il y a de l'iode dans l'urine et dans la salive, ce qui dure 3 jours, et pendant tout ce temps il y a de l'iode dans tous les organes. Il passe aussi très-aisément dans le lait des nourrices et avec le lait dans l'urine des nourrissons. A dose élevée de 2 et 4 grammes, il est toxique. C'est, dit-on, un anesthésique quand on le donne à l'intérieur à la dose de 15 à 25 centigrammes. Alors il produirait des effets sédatifs et aneslhésiques, mais cela est à voir. C'est aussi un aneslhésique local dans le cancer tdcéré lorsque la plaie n'est pas trop enflammée. Dans ce cas il se prescrit avec le beurre de cacao, 50 centigrammes à 1 gr. pour 10 gr. de beurre. On eu fait une pâte ou des suppositoires pour le vagin ou pour le rectum, s'il y a cancer de l'utérus, du rectum ou de vessie (Morétin, Nunn, Demarquay). En pilules, il est employé à la dose de 5 à 50 centigram. par jour dans la scrofule, dans le rachitisme, dans le goître et dans la syphilis et la phthisie \±\. Il a été employé comme topique pour cicatriser les plaies et ulcères non cancéreux ne guérissant pas, contre les chancres, et il faut alors le mettre en poudre sur les plaies (Lailler, Ferréol).
lODURES. Composés d'iode avec d'autres corps simples ou des radicaux organiques et employés contre les mêmes mdadies que l'iode métallique.
lodure d'amidon. — Préparation insoluble donnée à la dose de 1 à 2 grammes par jour □.
IPÉG
lodure d'ammonium. — Préparation soluble très-altérable H-
lodure d'arsenic. — Préparation qu'on donne à la dose de 2 à 5 milligrammes dans les maladies de la peau [±]. On en fait une pommade, 10 centigrammes sur 30 grammes, pour appliquer sur le lupus
lodure de baryum. Cette préparation s'emploie en pommade, à la dose de 20 centigrammes pour 30 grammes d'axonge.
lodure de calcium. Ce sel est employé aux mêmes doses et de la même façon que l'iodure de baryum.
lodure de fer. — On prépare deux iodures, mais le protoiodure est seul employé en médecine malgré la rapidité avec laquelle il se décompose. On en fait des pilules ou dragées de 10 centigrammes, qu'on donne de 3 à 6 par jour. On en fait un sirop également très-employé. Ce sel convient dans les adénites scrofuleuses et dans les tumeurs blanches, dans le phthisie et dans certains cas de syphilis constitutionnelle.
lodure de mercure. — On emploie en médecine le protoet le deuto-iodure de mercure. Le proto-iodure se donne dans les maladies syphilitiques de la peau, à la dose de 2 à 10 centigram. par jour, et comme frictions en pommade composée de 1 à 2 grammes pour 30 d'axonge \+ +i. et dans la syphilis secondaire \+ +| ; le deuto-iodure de mercure rouge, ou Miodure, est moins employé que le précédent et se donne dans les mêmes circonstances à la dose de 5 à 25 milligrammes \±]. On en fait une belle pommade rouge à 2 grammes pour 30 d'axonge, qu'on emploie pour toucher le lupus tous les jours [+1.
lodure de chlorure de mercure. — Ce sel, découvert par Boutigny, s'emploie avec avantage contre l'acné rosaceaou couperose, à l'intérieur en sirop, et à l'extérieur en pommade O. Il est très-irritant et produit une phlegmasie érysipélateuse du visage telle, qu'il en résulte après guérison un affaissement des pustules d'acné et la disparition des rougeurs de la face
lodure d'or. Ce sel s'emploie comme les iodures de mercure.
lodure de plomb. — Sel jaune insoluble dans l'eau, employé en pilules \±i et surtout en pommade, 2 à 3 grammes sur 30 d'axonge contre les engorgements scrofuleux de la peau, des glandes et du tissu fibro-celluleux des cicatrices.
lodure de potassium. — Sel blanc soluble qu'on administre à l'intérieur, en solution aqueuse, en pilules, et, à l'extérieur, en pommade. On le donne dans la scrofule, dans le goitre, dans la phthisie et dans le cancer, à la dose de 25 centigrammes à 1 gramme par jour \±]; dans la syphilis tertiaire avec une maladie du périoste des os et douleurs ostéocopes, à la dose de 2 à 10 grammes et 15 grammes \+ -n comme prophylactique des maladies saturnines (Michel) et comme moyen curatif dans les mêmes maladies. La pommade, 2 à 3 grammes sur 30 d'axonge, s'emploie comme résolutif des engorgements scrofuleux cutanés ou glandulaires [+], et des engorgements cancéreux □.
lodure de soufre. — Sel grisâtre employé en pommade, 1 à 3 grammes sur 30 grammes d'axonge dans les maladies de la peau
lodure de zinc. — Sel soluble et déliquescent, avec lequel on prépare une pommade employée contre les tumeurs et contre les ulcérations scrofuleuses FI.
IPËCACL'it1\lHit. Plante du Brésil, de la famille des rubiacées, comprenant plusieurs variétés, dont la plus im-
portante est Yipécacuanha officinal ou ipécacuanha gris annelé.
La racine petite, grisâtre, annelée, est fort employée en médecine, car elle est douée de propriétés vomitives, toniques et expectorantes. Elle renferme AeYémétine qu'on donne à la dose de 1 ou 2 centigrammes; une matière grasse odorante, de la gomme, de V amidon et du ligneux io'mt à des matières extractives.
Elle est irritante pour la muqueuse de l'estomac et elle agit d'une façon spéciale sur la sensibilité de l'organe. Elle a aussi une action excitante purgative.
On la prescrit en poudre, 5 centigrammes à 2 grammes par jour, comme vomitif i-t- +\, et 3 à 5 centigrammes, commme tonique et comme expectorant \±] ; en infusion, 2 grammes pour 100 [+1 en sirop, 15 à 60 grammes dans la bronchite des enfants fT^, enfin en pastilles de 1 centigramme, 2 à 10 par jour dans le catarrhe chroniqup des enfants.
L'ipécacuanha s'administre dans la bronchite avec emphysème chez les vieillards ; dans la bronchite aiguë et chronique des enfants [+3 ; dans la coqueluche, Aeuxk trois fois la semaine [±] ; dans le croup, dans l'embatras gastrique Q, dans certaines diarrhées |+] et dans la dysenterie pn,
IRIDECTOMIE. L'iridectomie, ou excision de l'iris, a pour but de créer une voie artificielle aux rayons luraineuï
Fig. 349. — Pupille artificielle. — D. Incision de la cornée avec le couteau lancéolaire; l'incision porte au point d'union de la cornée el de la sclérotique. — A. Tache de la cornée. — B. Partie traospartntc de la cornée. — C. Pupille. (Desmarres.)
arrêtés par la cornée opaque, l'iris adhérent en avant ou en arrière, ou le cristallin déplacé et opaque. Cette opération constitue l'opération delà pupille artificielle, et l'opération du déplacement pupillaire ; on ne doit faire l'iridectomie dans ces derniers cas que quand toute trace d'inflammation aiguë a disparu.
L'iridectomie a pour but de produire aussi une déplétion sanguine, une action antiphlogistique dans les affections inflammatoires de l'iris et de la choroïde et le glaucome. (De Graefe.) V. Glaucome.
Autrefois on a fait l'iridectomie en débridant la cornée pour hydrophthalmie. (Blandin.)
Lorsqu'on pratique l'iridectomie pour créer une voie a la lumière, il est nécessaire de donner à la nouvelle
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ille de moyennes dimensions, de déplacer la nouvelle lie aussi près que possible de l'ancienne, et de prénce sur la moitié interne de l'iris.
miD
Pupille artificielle. — A. Excision ou iridectomie (Janin, Wenzel, Beer, Gibson). Fixer l'œil avec une pince
350. Pupille ai-tiiiclelle, procédé de Wenzel. — A. Tache de la irnée.— B. Iris sain. — D. Incision sur le bord de la cornée, iaite rec le couteau laucéolaire. — C. Pupille agrandie par la traction ;ercée parla pince sur le bord libre de l'iris. (Desmarres.)
Fon opère sur les deux yeux à la^ fois les pupilles it placées toutes deux du même côté.
Fig. 352. — Pupille artificielle en cas d'absence de pupille. L'œil étant fixé avec uue pince à griffes (Desmarres). Le couteau laucéolaire fait une ponction à la cornée. Deu.x ophthalmostats écartent las paupières. (De>maT'res.)
à griffes (Desmarres) qui saisit un pli de la conjonctive ; ponction de la cornée avec le couteau lancéolaire de
F il 351. — 1. Pince attirant au dehors un prolapsus de l'iris E. — Pupille couverte par une tache de la cornée. — A, B. Cornée saine. T). Incision de la cornée a travers laquelle est attiré le prolapsus l'iris. — 2. Ciseaux courbes coupant l'iris attiré au dehors. (Desarres.)
il r
les
éga
sis II
I règle générale, toutes les fois qu'un œil reste bon faut pas faire la pupille artificielle sur l'autre,
les deux yeux sont malades on opérera un seul œil ou leux à la fois. 11 n'y a pas de règle absolue à cet
rsqu'on fait une pupille artificielle comme antipliloue, la papille doit être large et l'incision de l'iris doit
aUe jusqu'à son bord ciliaire.
Fig. 353. — Pupille artiOoielle, procédé par déchirement. La piuce a saisi l'iris et commence ù déchirer l'iris, (Desmarres.)
Jaeger, à 1 millimètre en dedans, et mieux en dehors (Desmarres) de la circonférence de la cornée ; enfoncer
Fig. 354. — Pupille artifunelle, procédé par déchirement. Un lambeau d'iris déchiré ; il est amené au dehors et coupé avec les cise.iux courbes, comme dans le procédé de Wenzel. (Desmarres.)
l'instrument perpendiculairement, puis obliquement et parallèlement au plan de l'iris. Une pince à griffes courbes
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est introtluito dans la plaie et vient saisir l'iris à 1 millimètre du bord pupiliaire ; on attire au dehors un prolapsus de l'iris et, dès qu'il est sorti, un aide habile passe des ciseaux courbes entre la cornée et les mors de la
Fig. 355. — Pupille artificielle opérée ù l'aide Ju crochet. Le crocbet, 1, introduit dans l'ouverture B, faite au centre de la cornée sur le bord de la tache leucomateuse de la cornée A. — D. Pupille artificielle commencée par l'arrachement de l'iris à son bord cilinire, — 2, 3. Doigts de l'aide relevant la paupière supérietu'e. — 4, 5. Doigts du chirurgien. On attire un prolapsus de l'iris au dehors et on le sectionne avec les ciseaux^ comme dans l'opération ordinaire de la pupille artilicielle. {Desmarres. )
pince, de façon que la convexité des lames soit opposée au globe oculaire et coupe d'un seul coup. Si le chirurgien est mal aidé, il donne la pince cà fixer l'œil à son aide, passe le prolapsus irien que tient la pince à sa main gauche et coupe avec la main droite, en un ou deux temps (Arit) (procédé de Gibson, Walther, Wentzel, et Beer modifié). Après l'opération, s'il reste une portion d'iris engagée dans la plaie de la cornée, on la réduit avec la curette de Daviel.
On favorise l'évacuation du sang en tenant écartées les lèvres de la plaie avec un stylet fin ou la curette de Daviel. On ferme l'œil avec des bandelettes de taffetas d'Angleterre ou bien on place une compresse sur l'œil, de la charpie fine et un ruban de fil formant bandeau et un peu serré. Repos absolu dans l'obscurité, diète, bains de pieds le soir.
li. Déchirement de Viris avec incision, trî(ior/tea;îs (Desmarres), n'est autre quele procédé par excision simple où la déchirure est faite involontairement souvent quand on tente l'excision de Janin et Wenzel.
L'incision de l'iris, avec un petit couteau tranchant d'un seul côté et introduit par une ponction de la cornée (Clieselden), est aujourd'hui abandonnée. Une incision avec les ciseaux (Janin), une incision cruciale (Guérin), ne sont pas de bonnnes opérations; elles sont difficiles et suivies d'un résultat douteux.
Ponctionner la cornée avec une aiguille à cataracte ou un couteau lancéolaire, déchirer l'iris à son bord ciliaire avec une pince à griffes (Assalini), avec une aiguille (Scarpa, Schmidt), avec un petit crochet coréoncion (Langenbeck) ; enclaver dans la plaie de la cornée l'iris après son décollement (I\eil), inciser l'iris après décollement à
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l'aide d'une incision du bord ciliaire de l'iris (Donégana) ; inciser l'iris avec une aiguille filiforme et détacher les insertions ciiiaires de chacune des lèvres de l'incision (Huguier), sont des procédés modifiés d'une application difficile et qui causent des douleurs névralgiques ou des inllammations.
G. Déplacement de la pupille ou iridésis (Adams, Himly, Guépin de Nantes). Fixer l'œil, ouvrir avec une aiguille large, broad-needle des Anglais, la cornée à son union avec la sclérotique, saisir l'iris avec une senetelle ou une pince à canule, amener au dehors un prolapsus irien, lier avec un fil de soie assez fin, couper les fils près du nœud (Gritchett).
Pour serrer le prolapsus, on peut traverser d'abord la conjonctive au niveau du bord de la cornée, avec le (il qui doit lier l'iris, former un nœud ouvert, puis opérer l'engagement du prolapsus comme précédemment. Li' prolapsus del'iris se trouve lié avec la conjonctive (Snellen).
Il est très-avantageux de ponctionner la chambre antérieure avec une aiguille large et à point d'arrêt (V. Paracentèse) à 2 millimètres en dehors de la cornée. On introduit la pince à grifl'es et l'on va saisir l'iris à 2 millimètres du bord pupiliaire, on l'attire au dehors et l'on serre le prolapsus avec la pince de Valdau (pince à ressort et à valet dont les mors en s'écartant serrent une anse de fil munie d'un nœud, à travers laquelle passe la pince attirant au dehors le prolapsus).
Au lieu de faire une ligature, on peut laisser l'iris engagé dans la plaie, on ferme l'œil et l'on applique un bandeau compressif modérément serré (Wecker). Vingt-quatre heures après, on sectionne le prolapsus de l'iris avec un petit couteau fin (de Graefe).
Guépin (de Nantes) a imaginé une pince emporte-pièce pour faire une perte de substance à la cornée qui favorise une hernie de l'iris. Ge procédé, ainsi que ceux d'Adams et Himly, sont abandonnés.
D. L'idectomie dans les cas spéciaux. Lorsque la chambre antérieure n'existe pas, et quand on juge l'opération de la pupille artificielle possiUe, on incise d'un seul coup la cornée et l'iris, et à l'aide de deux coups de ciseaux, on enlève un petit morceau dJiris (Demours), ou bien on incise la cornée avec le couteau de Richler, on décollf l'iris de la face postérieure de la cornée, puis on relève 1' lambeau et l'on enlève une portion d'iris et le cristallin:!" besoin s'il est opaque (Forlenze); ou bien on incise b cornée avec le couteau lancéolaire droit, puis après avoir décollé l'iris de la face postérieure de la cornée, enlève un lambeau d'iris (Sichel) ; ou bien et mieux, apn avoir ineisé du même coup l'iris et la cornée, on inlroduii une pince à mors plais dont on place les mors l'un en avant, l'autre en arrière de l'iris, et l'on attù'e au cli'liorun prolapsus de l'iris qu'on coupe (Tavignot). Tous ce^ , procédés sont d'une application très-difficile; le sang, empêche souvent de distinguer ce que l'on fait.
E. Drijagement du bord pupiliaire (Arnemann, Welzcl, Streatfeild). Lorsque l'iris est adhérent et maintenu par des synéchies :
On pratique sur la cornée, à l'aide d'une aiguille ; paracentèse, une incision située au milieu d'un rayon di , la cornée (Weber de Darmstadl). 11 est indifférent qU' l'humeiu' aqueuse s'écoule ou ne s'écoule pas. j
Puis il l'aide d'un crochet mousse de Streatfeild ou u i crochet de \Veber, on passe entre la face postérieure d | la cornée et l'iris, on cherclie à mobiliser un peu le cri:
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n et l'on insinue les crochets entre les adhérences du tallin et de l'iris ; une seule introduction doit être faite ; que les adhérences seront rompues, on instillera un yre mydriatique .
luand il y a des synéchies isolées, quand l'iris n'est altéré dans sa structure, l'opération du dégagement illaire est indiquée, et, dans le cas contraire, on doit )stenir ou compter sur un insuccès. Le déplacement illaire, en cas de synéchies isolées, est peut-être meilque le décollement.
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t. 356. - Résultat de la a.tilicielle. - Pupille adhérente à la
;apsule du cristallin. - Fausse membrane remplissant la pupille. - Pupille artificielle.
oici les résultats que donne la pupille artificielle, ris|356 :
iccidents de l'iridedomie. Une déchirure de l'iris, un iélllement de l'iris à son hord ciliaire du côté opposé aux triions, sont les accidents qui compliquent les opérations sujriris. Ce sont des tractions trop fortes qui les occasionae ; le chirurgien doit être prévenu à cet égard. — On arftera les hémorrhagies avec des compresses d'eau glané sur l'œil et l'on ne continuera l'opération que quand l'hnorrhagie sera arrêtée. — Lorsqu'il y a des synéchies Irt^résistantes et quand l'iris se déchire, il vaut mieux ne papoursuivre l'opération.
ph
357. — Résultat de la pupille artificielle, — Leucome de la cornée. — Iris soin. — Pupille artiliciellc.
orsque l'iris est adhérent au cristallin, il laisse à sa e, en se détachant, une couche de matière pigmentaire. Da^ ce cas l'opération est sans effet; on est alors obligé de échirer l'exsudat avec le crochet et l'on est exposé à bliser le cristallin et sa capsule.
orsque, dans les cas de synéchie postérieure, on trouve un cataracte capsulaire, on enlèvera la capsule et le cristal i (Forlenze, Sichel).
es phénomènes d'inflammation après l'opération sont )les, mais il peut survenir une iritis et un hypopyon, laie de la cornée peut suppurer. On traitera chacune es lésions par les moyens appropriés ; mais, en gène il, aussitôt que, après l'opération, une injection périkeitique existera, des sangsues seront appliquées à la pe, le calomel à dose fractionnée sera administré. La :tiondela cornée etl'iridectomie seront réservées pour complications graves, telles que l'iritis et l'irido-choite. Des compresses d'eau tiède sur l'œil et une légère pression avec un petit bandeau seront toujours utiles, pour l'iridectomie antiphlogistique. Glaucome, Cho-
Rq)ITE, iRIDO-CnOROÏDlTE.
Ripo-cnOROIDITE (Cyclite) (deGraefe,Wecker). Qu'une iritis est compliquée d'exsudats qui se sont or-
ganisés et ont entraîné une synéchie postérieure, l'œil se trouve cloisonné, un excès de pression existe dans son segment postérieur, le corps vitré devient opaque, les vaisseaux iriens se congestionnent, l'œil est sensible au toucher et dur, le champ visuel est diminué : il y a irido-choroïdite. Cette maladie, réunie à l'iritis, ne tarde pas à se compliquer elle-même d'un décollement de la rétine, reconnaissable par la diminution du champ visuel et par un ramollissement du globe de l'œil. La choroïdite, de .son côté, est la cause de la formation d'exsudats dans le corps vitré et sur la rétine et d'opacité partielle du cristallin.
Une embolie de l'artère centrale, de la rétine ou de l'artère ophthalmique peut causer l'irido-choroïdite.
L'irido-choroïdite qui suit les choroïdites est caractérisée par une intégrité relative de l'iris, par des opacités partielles et le décollement de la rétine.
Lorsqu'il y a mdo-c/ioroidîïe p/rts^ii/wp, l'examen opthalmoscopique ne révèle qu'une légère injection du fond de l'œil ; mais plus tard il se fait une iritis plastique ; des exsudats apparaissent dans le corps vitré, le cristallin se trouble, l'œil est sensible au toucher et la vue se perd.
Lorsqu'il y a irido-choroidite parenchymatense on voit une injection périkératique très-prononcée, compliquée d'un chémosis ; la vision n'est pas d'abord très-altérée, mais un hypopyon appparaît tout à coup et semble se résorber bientôt après pour se reproduire ensuite ; puis la vue est presque abolie ; une véritable iritis apparaît, le corps vitré devient floconneux et l'œil suppure. Cette iridochoroïdite est la lésion que l'on a appelée oplithalmite.
Les irido-choroïdites se terminent par suppuration, ou par le passage à une sorte d'état chronique ; des exsudats se forment sur la choroïde et l'iris, la rétine se couvre de pigment altéré. Lorsque la choroïde a été très-malade, l'œil s'atrophie.
L'irido-choroïdite reconnaît les mêmes causes que la choroïdite et l'iritis, elle est quelquefois le résultat des blessures et opérations pratiquées sur l'œil, avec séjour d'un corps étranger. L'irido-choroïdite est la lésion de l'ophthalmie , dite sympathique (Mackenzie , Prichard , de Brondeau, Wecker), et cette variété d'irido choroïdite est caractérisée par les phénomènes qui appartiennent à l'irido-choroïdite séreuse.
Thérapeutiqite. — On traitera l'irido-choroïdite plastique comme l'iritis plastique.
L'irido-choroïdite séreuse réclame les ponctions répétées de la cornée, et l'iridectomie s'il survient des signes de glaucome ; on traitera du reste comme l'iritis séreuse.
L'irido-choroïdite parenchymateuse et purulente réclament un traitement antiphlogistique énergique. Chez les personnes âgées, il n'est pas nécessaire de recourir aux antiphlogistiques ; mieux vaut appliquer des compresses d'eau tiède sur l'œil et donner le calomel à dose fractionnée. V. Iritis.
Lorsque l'inflammation est causée par un corps étranger ou par le cristallin abaissé, on les extraira, et, pour cela, on fera l'incision de la cornée avec le couteau lancéolaire ou le couteau à cataracte ordinaire, on enlèvera une portion d'iris en même temps que le corps étranger ou le cristallin.
Dans les irido-choroïdites en général, l'iridectomie est une ressource extrême qui peut rendre des services (de Graefe).
En cas d'irido-choroïdite sympathique, on détruira l'œ'il malade pour sauver l'œil encore sain (Wardrop, Barlon,
IRIS
ims
Wallon, Taylor). On énucléera l'œil (Prichard), mais seulement quand l'œil malade cause des douleurs rebelles à tous les palliatifs, c'est-à-dire quand les symptômes d'une irido-choroïdite débutent dans l'œil sain, quand la vue y sera émoussée, quand l'accommodation y diminuera, et quand l'œil sera sensible à une vive lumière. Même en l'absence de tout signe ophtbalmoscopique d'irido-choroïdite, ces symptômes indiquent l'iridectomie sur l'œil qui devient malade (de Graefe).
IBIS (Botanique). Plante indigène de la famille des iri-
Fig. 358. — Iris des marais,
dées, dont une espèce, Viris de Florence, fournit une racine qui est très-employée. Cette racine, qui a une forte odeur de violette, est diurétique et purgative à l'état frais,
Fig. 359. — Iris, feuille, rliizonu' et (leiu'.
mais on ne s'en sert que desséchée pour la parfumerie à la violette et pour fabriquer les pois A cuutcre. Elle est quelquefois employée comme antispasmodique.
IRIS (Adhérences ANORMALES DEL') (Pathologie). V.Sy-
NÉCHIES.
Iris (Hernie de l'). A travers une plaie ou un ulcère de la cornée l'iHs fait hernie ; le premier effet de cette hernie est un étranglement. Une élimination de la portion herniée et une synéchie antérieure en sont souvent les conséquences (Scarpa). La hernie traumatique de l'iris est à nu ; la hernie consécutive aux ulcérations de la cornée est souvent recouverte par une mince couche de la cornée.
La hernie de l'iris est reconnue par la simple inspection, et alors, ou bien le tissu de l'iris est à nu, ou bien on voit une petite tumeur dite myocéphalon, luisante et d'une coloration violacée.
Les hernies de l'iris ne se produisent que quand la plaie de la cornée est rapprochée de la circonférence, à moins que l'iris ne soit décollé.
Presque toujours avec une hernie de l'iris il existe une déformation et une immobilité relative de la pupille.
Thévapeutique. — Une hernie traumatique de l'iris sera réduite, soit par l'effet des collyres au sulfate d'atropine, soit par le moyen d'un stylet mousse très-fin.
La cautérisation de la conjonctive dans un point voisin de la hernie de l'iris (Desmarres), ne vaut ni l'un ni l'antre des premiers moyens.
S'il y a menace d'iritis, on incisera la portion herniée, on instillera le collyre au sulfate d'atropine, 60 centigrammes pour 120 grammes d'eau distillée, et l'on pansera avec les compresses d'eau tiède.
Pour les hernies consécutives, on traitera un peu différemment. V. KÉRATITES ULCÉREUSES.
Iris (LÉSIONS TRAUMATIQUES DE L'). ■
I. Plantes. — Les plaies de la cornée ou de la sclOT tique existent en même temps que les plaies de \'m Lorsque cet organe est blessé, il y a un épanchemen™ sang qui se résorbe seul. Une plaie compliquée de cS étranger est plus grave. Une pupille artificielle, une iim sont les conséquences des plaies de cette membranewè cristallin est blessé, quelquefois en même temps que Im ( V. Cataracte. '
Thérapeutique. — Contre les plaies de l'iris non compliquées de corps étrangers, il faut prescrire les collynavec le sulfate d'atropine, 5 centigrammes pour 1 00 griim- , mes d'eau distillée, l'occlusion de l'œil, — quatre saiic sues à la tempe, ou une application de sangsue artificielli ou une saignée du bras de ZiOO grammes, — bains ili pieds sinapisés.
S'il existe des corps étrangers de la cornée, on les enlèvera au moyen d'une curette à travers la plaie, si elleesi large, ou l'on agrandira l'ouverture avec le couteau lan céolaire de Beer, si la plaie est petite ; puis on fermera l'œil avec des bandelettes de diachylon et l'on appliquera des compresses d'eau glacée.
Si une iritis survient, si le cristallin se tuméfie, on traitera par les moyens appropriés (V. Iritis) et l'on extraira le cristallin.
II. Béchirures et décollements de l'iris, irîdodialyse. — Les contusions de l'œil déterminent une déchirure du bon , pupillaire de l'iris et une déformation de la pupille ana j |, logue au coloboma (White, Cooper) ; un décollement di i bord adhérent de l'iris (Mackensie, Von Ammon). L'in : „ peut être entièrement décollé (Siebel). On reconnaît ce, lésions à la persistance de la vision, moins le pouvoij ^
IRIS
IRIS
mmodateur, et à la facilité pour le chirurgien de uvrir les procès ciliaires et le fond de l'œil avec ithalmoscope.
hérapeutique. — Les déchirures de l'iris seront traiparle repos absolu, l'occlusion de l'œil, les antiphlostoues : quelques sangsues aux tempes ou deux ventouses îi ère les apophyses mastoïdes. On préviendra ainsi les Mjdications ; — si la présence de l'iris entièrement 3(|llé est une cause d'inflammation, on extraira cette le brane en incisant la cornée sur un point de la circonice avec le couteau lancéolaire, et l'on extraira l'iris la serretelle (A. Paris), on déplacera la pupille s'il y a Pjpie. V. Cataracte capsulaihe.
(Troubles de la contraction de l').
Mydriase (Galien). — La mydriase est une dilatation pupille produite par la paralysie des fibres circulaires ris. •
iris se paralyse : 1" par suite de l'abolition de la sen- ,té du nerf optique ; 2° sous l'influence d'un traumaou d'un refroidissement qui a paralysé le sphincter pupille ; 3° ou sous l'influence de lésions du moteur ;u ire commun sur Je trajet du nerf ou à ses origines injl'encéphale (ainsi que cela se voit dans la deuxième jr de, les méningites et les encéphalites). L'irritation du •a;l sympathique dans l'hypochondrie, l'hystérie, l'épips;! et la monomanie, dans les anévrysmes du cou voluinp, et le défaut d'antagonisme entre les deux espèces i fjres musculaires qui meuvent l'iris, causent encore la lyclase.
L mydriase est caractérisée par une dilatation régulière 3 l'pupille, par l'immobilité de l'iris et par la diminuonjdu pouvoir accommodateur, surtout lorsqu'il y a iri-sie ou muscle ciliaire en même temps que myriali .
Lpetteté du fond de l'œil constatée par l'ophthalmoscope nppie de confondre la mydriase avec le décollement de iri et rhypohéma.
I h'apeutique . — Traitement curatif ou palliatif des sdijies qui causent la mydriase.
D'iner le collyre opiacé :
Eau distillée.
LaudaQUra. ,
30 grammes.
i id.
pir
iter l'œil par une lumière intense (Gensoul) ; presle clignement répété des yeux ; faire la paracentèse
e lifcornée, dont l'effet est l'issue de l'humeur aqueuse ontraction de la pupille, sont des moyens insuffisants ont même des dangers.
ux vaut recourir à l'emploi de la fève de Calabar, à dose (V. FÈVE DE Calabar), pour ne pas provoquer sme du muscle ciliaire (Giraldès).
itre la mydriase rebelle à tous les moyens, employez nettes à verres convexes.
'on soupçonne la syphilis dans les antécédents du e, on administrera le traitement de la syphilis,