‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 331 sur 612 · LANGUE (LÉSIONS TRAUMATIQUES, INFLAMMATOIRES ET CONGÉNITALES DE LA · texte numérisé non relu

LANGUE (LÉSIONS TRAUMATIQUES, INFLAMMATOIRES ET CONGÉNITALES DE LA

L Chancre induré de la langue V. Chancre.

H. Phlegmon de la langue, V. Glossite.

lU. Plaies de la langue. — Les instruments de toute sorte, les plaies de la bouche par armes à feu, des morsures pendant des abcès d'épilepsie, produisent des solutions de continuité et des déchirures de la langue.

A la suite des plaies de la langue, des corps étrangers peuvenT rester dans cet organe, une balle, une dent (Soc. de chir., 1855).

Une hémorrhagie plus ou moins abondante, une paralysie musculaire et la perte de la parole sont des accidents immédiats des plaies de la langue ; une glossite, une stomatite, des adhérences et des difformités de l'organe sont les accidents consécutifs.

^ Lorsqu'il existe une plaie de la langue, on s'assurera s'il n'y a pas de corps étranger et si les portions blessées sont séparées; là est toute l'importance du diagnostic pour la direction à donner au traitement.

Lorsqu'une plaie de la langue est cicatrisée el reste in-

durée, cherchez bien s'il reste une fistule et si un stylet introduit n'y découvrirait pas un corps étranger.

Thérupeutic/xie. — Les portions de la langue qui ne tiendront plus que par la muqueuse seront enlevées. ■ — Les corps étrangers seront extraits, et l'on débridera s'il est nécessaire. — Une incision de la langue sera réunie parla suture avec de gros fils pour que la langue ne soit pas coupée pendant le temps nécessaire à la réunion. La langue sera tenue immobile par le malade pendant vingt-quatre à quarante-huit heures, et il sera mis à la diète absolue pendant le premier jour et évitera de parler.

IV. Difformités de la lancjue. — Après une plaie ou une gangrène de la langue, la perte d'une portion de l'organe constitue une difformité qui d'abord gêne la parole et la mastication ; mais à la longue ces troubles disparaissent et la déglutition comme la parole peuvent avoir lieu de nouveau (Louis).

Les arrêts de développement de la langue et l'absence d'une partie de l'organe prêtent aux mêmes considérations, mais ici l'éducation doit être faite d'une façon toute spéciale. V. Ankyloglosse.

Anthrax ou charbon de la langue. — Phlegmon gangreneux. — Le contact du virus de la pustule maligne ou du virus charbonneux sur la langue peul y causer un anthrax (Breschet, Finot), à marche rapide et accompagné des symptômes d'une glossite avec prompte transformatiffl gangréneuse. M

Les symptômes d'infection compliquent fréquemméf l'anthrax de la langue ou glossanlhrax. h

Thérapeutique. — Gargarismes émollients, additionnés d'alcool camphré, de coaltar saponiné ou d'acide phéniquè; larges incisions sur la langue, et dans les cas où il estérident que l'anthrax est dû au contact du virus charbonneux, cautérisations profondes dans les incisions avec le fer rouge, ou la pâte au chlorure de zinc laissé deux à huil heures en place.

■ Eangue (Tumeurs de la).

I. Tumeurs érectiles. — Les tumeurs érectiles de la langue se développent à la superficie de la langue ou dans son épaisseur ; elles sont toutes congénitales, elles ont la couleur de fraise ou de framboise, et sont pulsatiles et surtout réductibles. A la ponction ou après une excoriation, elles donnent issue à du sang vermeil. Les tumeurs érectiles sous-muqueuses sont bleuâtres, réductibles, peu pulsatiles, et sont moins sujettes aux hémorrhagies que h tumeurs érectiles superficielles.

Thérapeutique. — Les petites tumeurs érectiles superficielles seront cautérisées avec le fer rouge. Celles qui sont plus volumineuses et limitées seront enlevées avec l'écraseur linéaire. Les tumeurs profondes franchemeut pulsatiles seront traitées par la cautérisation interslilielk avec le fer à pointe [V. Érectiles [Tumeurs]]. Le» tumeurs à accroissement lent ne seront pas touchées. Lorsque toute la langue est prise, lorsqu'il y a des hé- jj morrhagies répétées, les ligatures des artères linguale> et des deux artères carotides externes sont proposables. malgré leurs dangers. Les injections coagulantes peuvent aussi réussir.

. II. Varices de la langue. — Les tumeurs érectiles. dites veineuses, véritablement acquises vers la seconde moitié de la vie, sont des varices contre lesquelles aucun traitement ne doit être tenté, si ce n'est le traitement pa' les injections coagulantes, mais ce traitement est pi"' dangereux que le mal. "V. Grenouilliî;tte sanguine. i

LANG

lANG

III. Hypertrophie de la langue, glossocèle. — Congénitale m acquise (Lassus), l'hypertrophie de la langue est caracérisée par une augmentation de toutes les parties qui constituent la langue, et principalement du tissu muscuaire et fibreux, dont les éléments se sont multipliés.

On reconnaîi l'hypertrophie de la langue chez les idultes à l'écarlement des arcades dentah-es et à la saillie le la langue au dehors. Chez les enfants, la bouche entr'ouerte laisse passer constamment la langue.

Pans l'hypertrophie de la langue , la pointe de la angue, toujours à découvert, prend une teinte jauàtre, se recouvre d'excoriations; le volume de l'organe t sa projection en avant dévient les dents et il y a un coulement continuel de salive. Chez quelques malades, la imeur de la langue tend à sortir de la boucjie et quelque- )is fait remonter l'os hyoïde. Le mal est toujours indolent t se développe avec lenteur, ce qui, avec le volume de organe et l'absence d'induration dans son épaisseur, em-

chera de croire à des tumeurs fibreuses ou à un cancer.

Thérapeutique. — Comme chez les enfants, la tendance l sucer la langue est une cause favorable à l'hypertrophie, faut empêcher cette propension, en donnant aux enfants le nourrice dont le bout de sein est très-gros (Boyer), ou »usser, à l'aide d'un biberon à pompe, le lait avec force ns la bouche, afin de solliciter un effort modérateur de part de l'enfant et en vertu duquel la langue rentre dans bouche.

Si la langue hypertrophiée est déjà sortie et reste sortie, pourra placer sur la portion sortie des substances d'un ût désagréable, telles que l'alun, la gentiane, la rhurbe ; — • on pourra exercer une compression sur la gue avec une plaque de caoutchouc et un bandage roulé un bandage à ressort ; mais il ne faut pas trop compter ces moyens.

Quand la langue est volumineuse, il vaut mieux opérer it de suite ; pour cela, on traversera la langue avec une uille enfilée d'un fil double ; deux chaînes à écraseur éaire seront passées, et on les placera de façon à enlever lambeau en forme de V, comprenant toute la portion tie de la langue. On ne mettra pas moins d'une demiire à opérer la section, les deux écraseurs étant mauvrés ensemble. On ne fera aucune réunion, on lavera plaie avec un pinceau de charpie imbibé d'eau froide, s grandes personnes se gargariseront plusieurs fois dans journée. Si, malgré ces précautions, une hémorrhagie vient, on tordra les vaisseaux ; si l'hémorrhagie se fait nappe, on touchera les surfaces saignantes avecuntamii de charpie trempé dans le perchlorure de fer à 30° et

n exprimé. En dernier lieu, si l'hémorrhagie ne s'arrête

on cautérisera avec le fer rouge.

3n maintiendra les dents ébranlées, s'il y a lieu, avec

fils d'or ou d'argent ou des gouttières métalliques ;

imobiliser la mâchoire, enlever une molaire pour nourrir Il malades, est une mauvaise pratique, comparée au redsssement des dents avec les fils et les gouttières.

[V. Tumeurs fibreuses ou fibromes de la langiu;. — Une h)ertrophie partielle, avec nmltiplicatioa du tissu fibreux s 1, constitue la tumeur fibreuse de la langue (Notta, A Richard). C'est là sans doute un produit organisé conséc if à une inflammation localisée.

Une tumeur fibreuse est caractérisée par un noyau dur, ii|olent, développé lentement, sans lésion de' la muqjiuse, sans retentissement sur les ganglions sous-maxillajes.

f3n ne confondra pas les fibromes de la langue avec le

cancer, parce que ce dernier marche vite, et parce que la muqueuse s'altère rapidement ; — les engorgements syphilitiques seront reconnus par l'action du traitement antisyphilitique.

Thérapeutique. — Les tumeurs fibreuses qui restent petites et qui ne s'accroissent pas, ne doivent pas être touchées ; les tumeurs volum.ineuses seront enlevées, comme les tumeurs cancéreuses ; mais, avant d'opérer., on soumettra les malades au traitement antisyphilitique, et c'est deux mois seulement après que l'on devra opérer. La lenteur de la marche des fibromes permet cette temporisation.

V. Ulcères rJironiques de la langue. — Engorgements inflammatoires chroniques simples. — Quelquefois, à la suite d'une glossile, le plus souvent après des excoriations produites par des dents cariées, irrégulièrement brisées, un engorgement avec érosion de la langue se montre aux points où il y a eu un abcès pendant une glossile, ou une ulcération sur les bords de l'organe.

On reconnaît les engorgements chroniques de la langue à des tumeurs dures, irrégulières, ulcérées, laissant écouler une sérosité non fétide et causant quelques cuissons et des engorgements des ganghons sous-maxillaires; — la connaissance d'une glossite dans les antécédents du malade, le siège de la tumeur en face d'une dent cariée, et la diminution des accidents après l'expulsion de la mauvaise dent, ne permettent pas de croire à un cancer.

Thérapeutique. — Les gargarismes d'eau de guimauve et additionnés d'alun sont d'un bon usage dans les ulcères chroniquesde la langue. On pourra couvrir l'ulcération une fois par jour d'une poudre composée de sucre pulvérisé et d'alun en poudre à parties égales. On enlèvera les mauvaises dents qui irritent la langue.

Les lotions avec le chlorate de potasse peuvent être substituées aux topiques aluminés.

VI. Plaques muqueuses de la langue. — Les plaques muqueuses de la langue, qu'elles soient gagnées par contact ou par suite d'une stomatite syphilitique secondaire, sont caractérisées par des taches rouges multiples constituées par une érosion de la muqueuse et une sorte d'élevure du derme qui est mou et comme fongueux. Aucune maladie ne peut être confondue avec les plaques muqueuses de la langue, si ce n'est la glossite érythémateuse, mais celle-ci est toujours générale ou ne tarde pas à se généraliser, tandis que les plaques muqueuses sont limitées à une portion de l'organe.

Il y a en général des plaques muqueuses sur les amygdales en même temps que sur la langue.

Thérapeutique. — Outre le traitement antisyphilitique administré à l'intérieur, on fera un traitement local ; les plaques muqueuses seront cautérisées avec le nitrate d'argent, ou si cette cautérisation échoue, avec le nitrate acide de mercure [3 *. (Diday), ou mieux la solution saturée de chlorure de zinc Èl. On donnera le gargarisme :

Ea\i distillée 200 grammes.

Tndiire de potassium 50 centigrammes.

Teinture (l'iode 4 grammes.

(Ricord [±].)

Ou:

Eau de gomme 200 grammes.

Liqueur de Van Swiéten 10 à 15 id.

Les malades s'abstiendront de fumer et de prendre des aliments irritants, acides ou sucrés |+]-

VII. Gommes de la langue. — Les engorgements syphilitiques de la langue, connus depuis longtemps et rangés

LÂN(;

LANG

aujourd'hui dans la classe des gommes (Lagneau fils], soûl uniques ou multiples ; ils siègent sur le bord de la langue ou dans son épaisseur ; ils sont indolents, croissent assez vite, se ramollissent rarement et ne s'accompagnent pas en général d'engorgements ganglionnaires. Ce sont des lésions qui peuvent s'éterniser.

Thérapeutique. — On administrei'a l'iodure de potassium à la dose de 50 centigrannnes à 1 gramme par jour pendant deux mois, et l'on soumettra les malades à un régime tonique. On ordonnera en outre des gargarismes d'alun. Lorsque la gomme est ramollie, il faut l'inciser et cautériser l'intérieur. C'est le seul moyen de faire disparaître les gommes rebelles.

Vlil. Tumeurs painlluires si/philitiques. — 11 existe sur la langue des tumeurs papillaires, des végétations multiples, qui guérissent très-bien par le traitement antisyphilitique des accidenis tertiaires, l'iodure de potassium, et par les cautérisations avec l'acide sulfurique monoliydraté porté sur le mal avec un pinceau. Elles ont toutes les apparences d'un cancer épithélial et ne s'en distinguent que par l'efficacité du traitement spécifique.

IX. Cancer de la lanijue. — On trouve sur la langue des cancers encéplialoïdes et.fibro-plastiques ou cancroïdes.

Les cancers encéphaloïdes sont constitués par des masses dures, multilobulées, réunies ou disséminées, d'une consistance fongueuse, s'ulcérant, donnant des liquides qui produisent une odeur fétide et s'accompagnent d'engorgements ganglionnaires au cou.

Débutant ordinairement par une tumeur, à un ou deux lobes, l'encéphaloïde a une marche beaucoup plus rapide que les autres cancers, le fibro-plastique en particulier, et il envahit les portions voisines en peu de temps, en donnant lieu à des douleurs lancinantes extrêmement vives, bientôt suivies de l'établissement de la cachexie cancéreuse.

Les cancers fibro-plastiques de la langue ont les mêmes caractères que l'encéphaloïde, sauf que leur marche est moins rapide.

Les cancroïdes ou épithéliomas se développent en général sur la pointe ou sur les bords de la langue. Constitués d'abord par un bouton indolent, ils croissent lentement, s'ulcèrent sans produire des liquides portant une odeur aussi mauvaise que le cancer encéphaloïde. Arrivés à la période d'ulcération ils sont caractérisés par une ulcération à bords durs se prolongeant plus ou moins loin dans la langue, ne saignant pas et s'accompagnant tardivement d'engorgement ganglionnaire. La santé générale reste bonne pendant longtemps.

(Juelques cancroïdes se montrent sous forme de végétation comme le cancer papillaire des lèvres, mais cette forme est très-rare ; elle existe à la partie antérieure de la langue et s'accompagne d'induration. On peut soupçonner qu'il s'agit d'un cancroïde, quand il n'y a pas eu d'ulcéiations syphilitiques sur la langue; au reste c'est le traitement qui doit faire le diagnostic ; puis, à la longue, tous les cancroïdes finissent par marcher rapidement, par donner une mauvaise odeur et faire naître des douleurs.

La densité des fibromes, la réductibilité des tumeurs érectiles, les indurations limitées de toutes les ulcérations de la langue et la longue durée de toutes ces atfections établissent le diagnostic différentiel entre ces maladies et le cancer.

L'action nulle de l'iodure de potassium permet de reconnaître le cancer à l'exclusion des tumeurs syphilitiques ulcérées.

Thérapeutique. — Pour guérir les cancers de la langue on enlèvera une portion de l'organe en allant au delà du mal. On se servira de l'écraseur dans la partie antérieure de la langue ou sur les côtés, lorsqu'on aura pu pédiculiser le mal par des ligatures. Deux ou trois chaînes circonscriront la partie malade, et l'on manœuvrera les écraseurs ainsi : l'un coupant la langue parallèlement à son axe, l'autre perpendiculairement au même axe, puis on coupera avec l'écraseur la partie qui relient la tumeur au plancher de la bouche. On procédera avec lenteur ; une demi-heure à une heure doit être employée pour la section. V. Langue [Hypertrophie de la).

Pour enlever toute la langue avec l'écraseur, on traverse le cou, la région sous-hyoïdienne et la base de la langue avec une aiguille courbe (procédé de Mirault d'Angers). On passe autour d'une moitié de la langue une chaîne, on la ramène avec une aiguille courbe par la même ouverture du cou et l'on écrase ainsi cette moitié de l'organe ; on repasse la chaîne sur l'autre moitié de la langue que l'on écrase, puis on place une troisième fois la chaîne autour des deux portions de la langue tenant encore en avant au plancher de la bouche. Si l'on veut opérer avec plus de sûreté, on incise la lèvre inférieure e( l'on scie le maxillaire comme Roux et Sédillot. — Ce dernier chirurgien sciait le maxillaire par un trait en forme de V transversalement, de façon que les deux moitiés du maxillaire s'emboîtassent et pussent être facilement maintenues en contact. Extirper la langue par la région sous-hyoïdienne incisée est une mauvaise méthode.

Le galvanocaulère n'est pas suffisant pour les petits cancers et, comme ligature de la tumeur, il ne vaut pas l'écrasement linéaire. L'excision est dangereuse à cause des hémorrhagies consécutives et de la rétraction des vaisseaux dans le tissu musculaire, ce qui s'oppose à toute ligature. Même après avoir lié préalablement l'artère, linguale (Flaubert de Rouen, Roux), l'opération a des dangers. Elle n'est autorisée que pour les cancroïdes très-petits qui siègent à la pointe de la langue ou par les cancers iDien limités qu'on peut énucléer (un cas, Dupuytren).

Ûn peut attaquer les cancroïdes par la cautérisation. Un disque de pâte au chlorure de zinc est, placé sur l'ulcération et laissé pendant douze à dix-huit heures ; ou bien on cautérise avec le caustique Filhoz, ou bien encore avec le fer rouge.

Lorsque toute la langue est malade, on fait dans la langue, avec un bistouri étroit, six à huit ponctions ou plus parallèles au plancher buccal et l'on place des fièches de pâte au chlorure de zinc dans les plaies. On nourrit le malade à l'aide de la sonde œsophagienne. Après vingt-quatre heures, la langue est convertie en une eschare, on relire les flèches et l'on gargarise fréauenmient la bouche avec un gargarisme émollient, de 250 grammes d eau additionné de h grammes de chlorure de chaux.

L'eschare tombe du dixième au quinzième jour (Cirouard père, Maisonneuve).

X. Kystes de la langue. — Les kystes de la face inférieure de la langue ne difl'èrent pas des grenouillettes.

(Juelques kystes sanguins peuvent exister dans la langue et être une transformation d'une tumeur éreclile.

Des tumeurs hydatiques, des cyslicerques, des kystes séreux, ont été observés dans la langue et ils occupent indistinctement les diverses parties de cet organe.

Thérapeutique. — On traitera les kystes de la langue par les mêmes moyens que les autres kystes ; l'incision

LARY

LARY

inbinée avec l'excision, le séton, la ponction et les injecns seront mis en usage. On extraira les lumeurs qui sent bien iimilées.

ILAQIUE OU GOMME •LAIJL'E. Résine fournie par le as relUjiosa ou iiidia(,^\qi\é par une sorte de cochenille, Coccus lacca. On l'emploie en teinture alcoolique, à e de tonique ou d'astringent [3, et pour préparer les ats dentifrices.

^AltOCIIE-POSAY (Vienne). Eau ferrugineuse froide ji connue.

Laryxgite. L'inflammation du larynx est désignée js le nom de laryngite et se présente à Vétat aigu et à kit chronique.

'Laryngite aiguë. Une toux rauque avec voix étouffée iéteinte, gène delà respiration, chaleur et picotement niveau du larynx, datant de quelques jours, annoncent [' laryngite aiguë.

i^e sifflement laryngé, avec pâleur ou cyanose du visage liminution de la sensibilité tactile, joint à la raiicité de oux et de la voix annoncent une asphyxie imminente.

" e gonflement et la rougeur de la muqueuse du larynx, cordes vocales , des ligaments aryténo-épiglottiques le l'épiglolte sont les altérations caractéristiques de la ngite aiguë.

'hérapeiitique. — Laryngite aiguë grave. Quand une ngite aiguë est accompagnée d'abattement, de fièvre respiration difficile et un fort embarras laryngé, il recourir à la saignée générale, proportionnée à l'âge la force des sujets, ou aux sangsues à la partie antére du cou.

ans la laryngite aiguë grave, les malades doivent rester t, ne pas parler, prendre des boissons adoucissantes, des fumigations émollientcs dans le larynx et mettre :fois par jour leurs pieds dans un bain de moutarde es sinapismes répétés à la partie antérieure du cou ; les petites ventouses sèches, à la partie antérieure du sont souvent très-utiles dans les laryngites graves, es vomitifs donnés contre une laryngite aiguë ne sont très-nécessaires chez l'adulte, mais chez l'enfant, au raire, il faudra les employer de bonne heure et admier la poudre d'ipécacuanlia à la dose de à 50 cen- UTimes dans du sirop de sucre, ou le sirop d'ipéca-

uiha lui-même, ou mieux encore le tartre slibié, 25 ou

>t nilligrammes, selon l'âge des sujets, oi squ'une laryngite aiguë entraîne la diminution. con-

iirable de la voix ou aphonie complète, en outre des

mens qui précèdent il sera bon de recourir à l'usage

\£ialun en gargarisme :

Alun

Décoction de roses roua

4 grammes.

300 id.

Sirop diat'ode 30 id.

u à l'intérieur (Saucerotte), 50 centigrammes d'abord on élève la dose jusqu'à 3 grammes par jour, dans une on de 125 grammes, pendant dix jours environ.

laryngite clironiquc OU plithisie laryngée. L'apniie et la raucité de la voix ou de la to ix, avec expection muqueuse ou ensanglantée, et respiration courte ou mte, datant de loin, annoncent une laryngite chroni-

n'est pas rare de voir l'aphonie et la raucité de la ou de la toux changer du matin au soir, augmenter

iminuer par l'humidité, par la chaleur et par l'inges-

des aliments.

ursque la raucité de la voix et. de la toux de la laryn-

gite chronique s'accompagnent d'ardeur, de picotement et de douleur au niveau du larynx, il en faut conclure à des altérations graves dans l'organe de la voix.

La raucité de la voix et la toux grasse, accompagnées d'un amaigrissement considérable, annoncent une phthisie laryngée qui est ou qui sera compliquée de tubercules du poumon (Lhéritier).

La laryngite chronique produit dans le larynx deux espèces de lésions : les unes, peu graves, sont caractérisées par l'épaississement, la coloration ardoisée et le flux de la muqueuse, tandis que les autres, au contraire, fort redoutables, sont les tubercules de la muqueuse, les ulcérations simples ou tuberculeuses des cordes vocales, des ventricules du larynx, de l'épiglotte, la carie et la destruction plus ou moins étendue des cartilages thyroïde et cricoïdes.

La laryngite chronique avec ou sans ulcération de la muqueuse laryngée, avec ou sans destruction des carti lages, résulte souvent : \° de l'ivrognerie et de l'action irritante des alcooliques (Grisolle) ; 2° de la syphilis (Ricord) ; 3° de la morve et du farcin chroniques (Tardieu, Vigla) ; h° de la scrofule et de la tuberculose pulmonaire (Louis, Andral) ; 5° des tubercules ulcérés du larynx; 6" de corps étrangers fixés dans le larynx.

La laryngite chronique ulcéreuse avec amaigrissement des malades donnent lieu à une consomption qui mérite le nom de phthisie laryngée (Lhéritier).

Si la phthisie tuberculeuse pulmonaire se complique souvent de laryngite ulcéreuse chronique occasionnée par le passage des crachats purulents du poumon, il n'est pas rare de voir une laryngite ulcéreuse chronique produire tardivement la tuberculose pulmonaire (Borsieri, Portai).

Dans la phthisie laryngée, on voit de temps à autre et à titre d'exception des malades qui rejettent avec l'expectoration des fragments de cartilage nécrosés.

Avec le laryngoscope (V. ce mot) on peut voir dans la profondeur du larynx et constater que l'aphonie tient à une ulcération des cordes vocales ou à une cacie des cartilages plutôt qu'à un polype ou à une tumeur du larynx.

Un accès de sufi'ocation survenant tout à coup dans la laryngite chronique indique une mort prochaine, si l'on ne remédie pas à l'œdème de la glotte qui en est la cause.

En présence d'un malade qui présente une laryngite chronique, et chez lequel on soupçonne l'existence d'ulcération delà muqueuse laryngée, de suppuration sous-muqueuse, de destruction des bgamcnts et des muscles, de carie et de nécrose des cartilages, il faut rechercher si ces désordres anatomiques sont la conséquence d'une inflammation antérieure pure et simple, mais négligée ou méconnue, s'ils sont dus à la présence d'une diathèse syphilitique, ou enfin s'il faut les rapporter à la diathèse scrofuleuse, latente ou déjà déclarée en quelque point de l'organisme.

Thérapeutique. — Dans la phthisie laryngée, les malades doivent vivre à la chambre, dans une atmosphère égale et douce, éloignée du froid et de la trop grande chaleur, environ 16° centigrades, ou si les malades sont libres de le faire, ils devront séjourner dans le Midi, afin de n'avoir pas à subir la longueur des hivers de nos pays dy No>'d. Ils ne doivent parler qu'à voix basse ou même ne pas parler du tout et correspondre à l'aide de l'écriture sur papier ou sur ardoise avec le monde extérieur.

Quand la phthisie laryngée coïncide avec une affection j syphilitique, récente ou ancienne, il faut commencer par

m LARY

les antivénériens, d'abord par les mercuriaux, le protoiodure de mercure, 5 ou 10 centigranrimes par jour, et ensuite, si l'on échoue, par les iodiques et surtout par Fiodure de potassium, 1 à 3 grammes par jour, dans de l'eau sucrée.

Dans la phlhisie laryngée, on se trouve généralement bien des frictions locales avec l'onguent mercuriel, une fois par jour, à 5 grammes seulement et par la bouche des pilules de Sédillot dont voici la formule :

Pommade mercurielle dniible 3 grammes.

Savon médicinal 2 id.

Poudro de réglisso i id.

Mêlez et faites des pilules de 20 centigrammes, deux pilules par jour durant deux mois, ce qui n'empêche pas d'employer simultanément les moyens topiques de l'affection locale du larynx, qu'on emploie dans les laryngites chroniques ulcéreuses de nature différente.

En même temps que dans la phthisie laryngée les malades font plusieurs fois par jour des fumigations émollientes dans le larynx et des aspirations continuelles de goudron, ù l'aide d'un tube de roseau ou de bambou, on doit employer à titre de révulsifs cutanés l'huile de croton tiglium en frictions, matin et soir, à la dose de quelques gouttes sur un morceau de flanelle. — Au bout de deux jours, des vésicules se développent et se remplissent de séro-pus. On cesse alors les frictions, et l'éruption sèche et disparaît. Il faut recommencer ainsi à plusieurs reprises. — La seule précaution qu'il y ait à prendre, c'est de ne pas respirer de trop près l'huile de croton, et de garantir un peu la figure du malade pour éviter une étendue trop grande de l'action vésicante.

Les frictions révulsives peuvent être faites également avec de la pommade stibiée :

Tartre stibié. 4 grammes.

AxoBge 12 id.

Mêlez.

Il faut faire ces frictions matin et soir et les cesser quand les boutons qu'elles doivent faire venir sont bien développés, mais sans attendre cependant que ces pustules soient trop volumineuses, afin d'éviter la violence de l'inflammation.

On emploiera aussi très-utilement les applications quotidiennes de teinture d'iode, ou les vésicatoires volants, fréquemment répétés, sur les côtés du larynx, ou le vésicatoire permanent entretenu sur le même point, à l'aide des pommades épispastiques, ou encore le vésicatoire et le séton à la nuque. Tous ces moyens offrent des avantages qui compensent tous leurs inconvénients de gêne et de douleur.

Un moyen très-énergique contre les progrès de la phthisie laryngée, c'est l'application, sur les côtés du larynx, de petits moxas volants faits avec un centimètre carré d'amadou qu'on brûle sur la peau du cou. Il en résulte une douleur vive, une révulsion externe considérable, l'eschare tombe rapidement, et un pansement simple fait cicatriser la plaie. On peut mettre ainsi successivement quinze à vingt de ces moxas par deux à la fois sans crainte de produire d'accident. Toutefois il faut éviter de dépasser le bord externe du cartilage thyroïde, afin de ne pas opérer au niveau de l'artère carotide.

Dans la phlhisie laryngée, les malades peuvent être soumis à des fumigations de goudron [T], de résine [+], de tabac E], de chlore E], d'iode Q, d'éthcr simple ou d'éther cicuté, mais toutes ces médications sont loin d'être sanctionnées par l'expérience, et quelques-unes entre autres sont fort excitantes et nuisibles.

On a réussi à faire pénétrer directement des poudres ac-

LARY

tives dans l'intérieur même du larynx malade, dans l'espérance de modifier la vitalité de la muqueuse, et de cicatriser les ulcérations ou les plaies des cartilages. Ces poudres sont placées dans un tube de verre que le malade porte lui-même dans le fond de la bouche en le tenant avec les lèvres, alors il aspire fortement et brusquement; la colonne d'air qui passe dans le tube pour arriver dans le larynx entraîne la poudre avec elle et l'opération est accomplie. Elle détermine une vive douleur, de violents efforts de toux qu'il faut modérer autant que possible, afin de ne pas laisser rejeter au dehors les substances si utilement introduites.

Les substances ainsi employées sont toutes astringentes ou caustiques, aussi ne les emploie-t-on que mitigées par une poudi'e inerte, de la poudre de sucre par exemple.

On a employé l'alun, 10 grammes avec 100 grammes de sucre; — Vacétate de plomb, 1 gramme avec 40 grammes de sucre ; le sulfate de cuivre et le sulfate de zinc, à 1 gr. pour 30 grammes de sucre, — le nitrate d'argent en&n, k la dose de 1 gramme pour 30 à 60 grammes de sucre.

Comme la douleur de ces insufflations les rend souvent impraticables, on a imaginé de les remplacer par des instillations liquides de nitrate d'argent, à 20 centigrammes pour 30 grammes d'eau distillée. Le médecin prend une baleine qu'il recourbe par la chaleur à 3 centimètres de son extrémité, qu'on amincit convenablement et qu'on enduit de cire à cacheter. On a, d'autre part, une petite éponge fendue prête à recevoir le bout de la l)aleine. Alors, laissant fondre la cire à la lampe, on approche immédiatement l'éponga pour coiffer ce morceau de la baleine couverte de cire fondue, on serre avec les doigts de manière à établir un contact parfait. On taille ensuite avec des ciseaux de manière que l'épongcmouillée ait le volume d'une grosse noisette. L'instrument est achevé. Il vaut mieux le faire ainsi que d'attacher l'éponge avec un fil dont on n'estj|- j mais sûr, qui peut lâcher mal à propos, et laisser tomber | un corps étranger sur le larynx au moment où il est déjà fort malade.

Cet instrument ayant été trempé dans la solution caustique, on le porte dans l' arrière-gorge, après avoir abaisse la langue; on le ramène en avant en redressant l'épiglotte. on presse sur l'ouverture du larynx et quelques gouttes du liquide tondient dans son intérieur, ce qu'il est facile d'apprécier par la toux et la suffocation qui se manifestent.

On répète ainsi l'opération tous les deux ou trois jours, jusqu'au moment de la guérison ou jusqu'à l'instant d'une aggravation de symptômes qui prouvent le mauvais elfetdii remède employé.

A l'intérieur, dans la laryngite chronique, on peut employer la feuille d'olivier, car chez un malade dont la vieille ij laryngite s'accompagnait d'aphonie et d'une grande gêne de la déglutition, rien n'avait pu modifier l'état du larynx; | il était très-souffrant et tellement enroué que c'est h peine | si on l'entendait, il mâcha une poignée de feuilles d'olivier l et les avala. Au bout de très-peu de temps la voix s'élait I éclaircie et la déolutition se faisait mieux. On recommença f la même opération trois fois, et, le lendemain matm, il se trouvait entièrement guéri. [El Geuio med. quirurgico.)

Chez les sujets scrofuleux atteints de phthisie laryngée, il faut, outre ces moyens, conseiller l'emploi des sulfureux, un quart de verre à' eaux-bonnes ou d'eau d'Enghien chaque matin dans un quart de verre de lait ; des bains sulfureiu souvent répétés , et , si la condition des malades le permet, les envoyer aux Eaux-Bonnes, aux eaux de Cauterets, de Luchon, d'Enghien, de Pierrefonds, de Saint Honoré, etc.

Quand les malades atteints de phthisie laryngée sont excitables, toussent beaucoup et souffrent du larynx, il fa"'

LÂRY

LARY

ire fumer trois fois par jour une pipe chargée de datura ramonium, ou donner à l'intérieur les préparations narcoques tirées des solanées vireuses, telles que Yaconit, la iUadone, la jiisquiame; ou prises dans les opiacés, tels Lie le laudanum, la morphine, la codéine ou le simple ex- •ait d'opium.

Au terme de la phthisîe laryngée, lorsque rien n'a pu en rrêter la marche, se trouve la suffocation avec son épouintable cortège et la mort en quelques minutes, si l'on est pas là pour faire la trachéotomie (lisfranc, Seslier). uelle que soit la nature de la laryngite, il faut l'employer ;

prolonge ainsi la vie de un ou de plusieurs mois ; quellefois, si la nature de la maladie est bonne, on sauve tout fait le malade. Cette opération doit être faite dès qu'il y suffocation ou anesthésie, et elle présente encore cet avance, qu'elle permet de porter directement les topiques dans larynx, de manière à favoriser doublement la guérison

la maladie.

Laryngite strîdulcuse, OU Croup spasniodique,

!' Faux croup. La laryngite striduleuse, maladie en aprence voisine du croup par l'âge des sujets où elle se )ntre, et par les accès de suffocation qui la caractérisent, !st qu'une névrose du larynx greffée sur une laryngite iuë.

Un accès de suffocation apparaissant d'emblée, sans phépiènes précurseurs, chez un jeune enfant endormi et n portant, accompagné de toux sonore, avec conservation la voix, également sonore, et non croupale, disparaissant quelques minutes ou en quelques heures, caractérise le x croup ou laryngite striduleuse.

^a laryngite striduleuse est quelquefois symptom que la compression des nerfs laryngés par le thymus (ce on a désigné sous le nom d'asthme thymique), ou par ganglions cervicaux et bronchiques hypertrophiés ; — de flammation chronique du cerveau ou de la portion cerde de la moelle ; de la compression du cervelet par suite i ramollissement racliitique de l'occipital, e faux croup se manifeste ordinairement chez des ens qui, ayant eu froid, ont un simple enrouement, peutun commencement de bronchite, mais ne sont pas enréellement malades.

e faux croup se termine habituellement par une bron- .6 aiguë.

^hérapeutique. — Dans la laryngite striduleuse simple, il aut prescrire des remèdes calmants et antispasmodi- Çiljs, administrés en potion ou en lavement, des juleps gàiaeux éthérés, et renfermant une petite quantité de te titre de musc ou d'extrait de valériane, des lavements ilcaiériane ou d'asa fœlida (25 à 50 centigrammes de ces -l^l;ulces pour 150 grammes d'eau) ; des excitants cuta- !!(, tels que les pédiluves irritants ou des sinapismes à la mjiiiarde ; mais les vésicatoires sont entièrement inutiles àmployer.

le meilleur des remèdes dans la laryngite striduleuse, c(li par lequel il faut débuter, consiste dans l'administratil d'un vomitif, l'ipécacuanha de préférence, à la dose d(BO ou ZiO centigrammes dans du sirop, pour les jeunes eijints.

e faux croup nécessite rarement l'emploi de la saignée le ou générale. La perte de sang est inutile, sauf les de comphcations inflammatoires des bronches et du non. Elle est même nuisible ; et si cette déperdition n'a \t pour résultat la prolongation de l'accès, elle jette les nts dans un état de faiblesse qui les rend malades pour leurs jours.

Laryngite œdéniatcn!$e Y. GlOTTE {Œdème de la).

LARl'1\CiO«€OPE. Instrument imaginé dans ce siècle, au moyen duquel on peut examiner l'épiglotte, les cordes vocales et la muqueuse du larynx, de façon à savoir s'il y

Ui

Fig. 379. — Miroirs laryngoscopiques cjuadraugulaires et losargiques.

existe des ulcérations, des végétations, de l'œdème, un corps étranger ou un rétrécissement du larynx (Czerniak) .

■ 380. Laryngoscope fixe de Moura (modèle s'ailiiptant à une lampe, — C. Lentille convergente).

On aura une bonne idée des services que peut rendre le laryngoscope à la thérapeutique , quand on saura qu'à l'aide de cet instrument on peut guider une pince dans le larynx et enlever un polype qui en gênait les fonctions. V. Laryngoscopie.

Fig. 382. — Position lHi iiiirniL- Inryngnscopiqne i t image du larynx sain. (Mu\ii;i, Tmiléile hiri/iujuscujjie.)

lARY

Page 1