‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 330 sur 612 · V. Cornée {Opacités de lu · texte numérisé non relu

V. Cornée {Opacités de lu

HERnÈS ANIMAL OU GRAIKE DÉCARI.ATE.

Petit insecte hémiplère se nourrissant d'une espèce de chêne vert, le Quercus cocciferu. Il fournit par expression une matière coloranle rouge, analogue à la cochenille. On Va employé en poudre à la dose de 10 à 15 gr. contre l'avortement El, et en sirop comme stomachique EJ-

Fig. 369. — Koussotiei'.

muth. 11 sert aussi de topique, pour lotion, lavement c, injection, à la dose de 10 à 15 gr. dans un Htre d'eau E-j!

KISSIIV'CEIV (Bavière). Eaux minérales chlorurées s ; diques, froides, gazeuses, employées comme purgati\| dans les maladies des voies digestives, surtout dans la cC j stipation 1+1.

HLEPTOillA'NIE. Monomanie du vol. V. Folie, i KOIJ!!i»iO 01 RRAYERA AMTIIELIMIÎVITnK

Plante abyssinienne de la famille des rosacées, dont les fie •

KYST

KYST

lelles, en grappes immenses, renferment de la koiissine stallisable (fig. 369); deux espèces de résines, l'une ipide et l'autre amère; du tannin; des matières grasses cireuses; une huile volatile assez forte, etc. Ces (leurs it employées comme moyen de guérir le ténia 1+ +1 fig. 369). Après les avoir réduites en poudre et mises 1 dose de 15 grammes dans 250 grammes d'eau bouille qu'on laisse infuser pendant une demi-heure, on fait 1er le mélange au malade, mis à la diète dès la veille. On les fait prendre aussi sans infusion, en nature, dans pain à chanter, ou dans de l'eau froide, et une heure •ès on donne 20 à 30 grammes d'huile de ricin, ir employer ce moyen il faut que le kousso soit de bonne ilité, et qu'à l'époque où on le fait prendre, le malade 1 rendu des fragments de ténia.

RAi^lHEIKHEIL, près Tolz (Haute-Bavière). Eaux milales alcalines, acidulés, iodo- sulfurées, employées en sons, en bains et fomentations et en injections contre «il maladies scrofuleuses □. On en boit 2 à 4 verres par jdr ; on les prend en bains qui se préparent également a|c le sel tiré de cette eau évaporée, 250 grammes par bn.

ÏREUZ1\I4CII (Prusse rhénane). Eaux minérales chlonées, bromurées, sodiques, de 15 àoO", employées en hiison, trois à quatre verres par jour et en bains, contre le achitisme, la scrofule et les maladies des os \+ +\.

iliTËRAi. Gomme analogue à la gomme-gutte, tirée

•\\Bombax çjossypium.

tl'ESTÉI]\E. Matière albumino-graisseuse flottant à la SI lace de l'urine chez les femmes enceintes ou en d'autres iiiadies. V. Grossesse {Accidents de la).

iYSTES. Toute cavité anormale formée par une envelo:)e plus ou moins bien organisée et remplie de liquide eîmi kyste.

i prendre cette définition dans son acception la plus la e, on voit que les abcès chroniques sont des kystes (^ Abcès). Aussi on a donné à certains abcès le titre d'ab- C( enkystés.

a définition des kystes offre des difficultés qui tiennent â brigine même da kyste ; car cette tumeur n'est point ui maladie chirurgicale toujours identique. En effet, un alÈis enkysté, une bourse séreuse accidentelle, ne sont pdt la même chose qu'un kyste sébacé et qu'une hernie dfiabitée, bien que les éléments de la lésion soient les mines .

uoique les corps étrangers enfermés dans les tissus vironnent d'une membrane celluleuse qui enkyste le ce )s étranger, on ne donne pas à ces lésions le nom de es.

y a des kystes formés aux dépens d'un organe creux, malement rempli d'un liquide destiné à être expulsé au ors, et dont la communication avec l'extérieur a été inompue, tels sont les kystes glandulaires, comprenant kystes salivaires, les kystes de la mamelle, les kystes 'épididyme, les kystes sébacés, ^es kystes glandulaires ont presque toujours pour orie une oblitération du conduit excréteur d'une glande ou a acinus glandulaire.

)ans d'autres cas, le kyste a pour origine première une ammation qui a accessoirement oblitéré l'orifice du duit excréteur.

1 y a des kystes formés de toutes pièces et qui contienit un épanchement de sang ou de sérosité ; il y a une ninbrane nouvellement formée, qui s'organise et qui sé-

crète plus ou moins de sérosité : ce sont les kystes simples. Tels sont les kystes hématiques, les kystes séreux, certains hygromas, les kystes des os.

Les kystes simples sont presque toujours dus à un mode de guérison des épanchements sanguins. Quant aux kystes irréguliers séreux qui existent d'emblée , tels que les bourses séreuses, c'est généralement par suite de violences extérieures et de pressions répétées qu'ils se développent.

11 y a des kystes qui sont formés par un entozoaire vésiculaire ou par une poche de tissu cellulaire contenant un ver, tels sont les \ystes à entozoaires.

On connaît des kystes congénitaux, tels sont les kystes dermoïdes et les inclusions fœtales. V. ces mots.

On distingue aussi sous le nom de kystes des collections limitées de toutes parts dans les séreuses. Ainsi les kystes séreux ou hydrocèle enkystée du cordon, les kystes synoviaux.

Il y a dans les tumeurs, telles que les cancers, des cavités auxquelles on donne encore le nom de kyste.

Les kystes sont uniloculaires ou multiloculaires, et sont constitués : 1° par une enveloppe, plus ou moins bien organisée, suivant l'origine du kyste, et 2" par im contenu, variable à l'infini, mais qui en général est liquide, ou d'une consistance molle, analogue au beurre, à l'huile demi-concrète, etc. — On trouve dans tous les kystes des composés chimiques qui sont des transformations des produits du sang ; de la cholestérine cristallisée, par exemple, s'y observe souvent. Enfin dans les kystes glandulaires on retrouve plus ou moins altérés les liquides sécrétés normalement par les glandes.

Thérapeutique. — Toute la thérapeutique des kystes glandulaires, des kystes simples et des kystes à entozoaires se réduit à trois indications curatives élémentaires qui sont :

1° Tarir la sécrétion du liquide dans la poche. La ponction et l'injection iodée sont arrivées parfois à ce résultat.

2° Faire suppurer le kyste. Pour cela, on incise le kyste ou I on excise une portion de sa paroi et l'on remplit sa cavité de charpie sèche ; ou bien on passe dans la tumeur un séton perforé, ou l'on place une canule à demeure.

3° Enlever la tumeur. Mais ce n'est que dans les points où la tumeur est accessible que l'ablation du kyste est acceptable.

Enfin il y a pour certains kystes des traitements spéciaux. Ainsi l'écrasement des kystes synoviaux, la ponction sous-cutanée des kystes des bourses séreuses des tendons, etc. V. les articles sur les kystes en particulier.

Kystes dermoïdes. Les. kystes dermoïdes sont quelquefois dus à une inclusion fœtale (Ollivicr d'Angers), à un accolement d'un germe avorté (Velpeau), à une inclusion d'un repli de la peau (Verneuil), à une hétérotopie plastique (Lebert). Ils sont constitués par une enveloppe se rapprochant de la structure de la peau et renfermant de la matière sébacée et des poils.

Les kystes dermoïdes existent dans les viscères, et on les désigne plus communément sous le nom de kystes pileux. V. Ovaire {Kystes de l').

On trouve des kystes dermoïdes au sourcil, sur la tête et même dans le crâne (Morgagni), aux bourses dans le testicule (Meckel, [Richet), au niveau de la partie supérieure du sternum. V. Inclusion fœtale, Sj&mvM {Tumeurs du).

KYST

KYST

Thérapeutique. — Quand les kystes dermoïdes restenl stationnaires, il ne faut pas y loucher. Lorsqu'on se décide à enlever un kyste dennoïde, Fablalion totale de la tumeur est la meilleure opération. Le séton (Laurence) ne guérit pas ces tumeurs.

Kystes tlernioïili^s du sourcil. Une tumeur située au niveau de l'extrémité externe du sourcil, développée au moment de la naissance ou peu après, s'accroissant avec l'âge, peu mobile, indolente, sans altération de la peau, sans adhérence manifeste avec les parties profondes et fournissant à la ponction exploratrice de la matière sébacée, est un kyste dermoïde du sourcil.

La membrane d'enveloppe de ces kystes est bien organisée. Elle est pourvue de poils et sécrète de la matière sébacée; elle est le résultat d'une hétéropie (Lebert), ou peut-être d'une inclusion d'une portion de peau au moment de la soudure des bourgeons de la face (Verneuil).

Par suite d'une erreur de diagnostic on peut confondre le kyste dermoïde avec une encépbalocèle réduite aux membranes (V. Encéphalocele). Lorsqu'une tumeur siège au niveau de l'angle intérieur del'oîil, prenez garde à une erreur de diagnostic, les encéphalocèles siègent surtout en ce point.

Thérapeutique. — Incision de la peau, dissection et ablation totale de la tumeur. Il faut ensuite appliquer un pansement à l'eau froide, puis un pansement simple , et il ne faut point tenter la réunion par première intention.

La ponction et les injections, l'incision simple, le séton, sont insuffisants.

Kystes à euiozoaîi'cs.

1. Ci/sticerque. — Le cysticerque, presque toujours solitaire, s'enveloppe assez souvent d'un kyste adventice (Robin), mais alors le kyste est immédiatement appliqué sur l'animal et a la forme du ver vésiculaire (V. Cysticerque DU LA HÉTiNE). Les cysticerques qui existent dans les viscères sont difficilement diagnostiqués et presque toujours méconnus.

Tliérapeutique. — Le traitement consiste à enlever l'enlozoaire, lorsqu'il est accessible aux instruments.

IL Kystes hydatiques (Laennec). — Les kystes liydatiques, très-ordinairement uniloculaires, sont formés par une membrane adventice, à parois épaisses, adhérentes aux parties voisines et susceptibles de s'incruster de matières calcaires et même de matière osseuse (Soc. cdkU., 1865) et d'une membrane acéplialocyste, formée de produits albumineux. Celle-ci est constituée parfois par des couches superposées et recouverte en dedans de petits bourgeons qui montrent des générations successives d'hydatides secondaires : elle est tapissée à son intérieur d'une membrane interne très-mince (Goodsir, Davaine), qui est la véritable membrane génératrice des hydatides. Les kystes hydatiques renferment des échinocoques (Livois), en nombre plus ou moins considérable, et sont remplis par un liquide clair incoagulable par la chaleur, contenant des carbonates calcaires, des granulations graisseuses et des crochets d'èchinocoques, dus à la destruction d'un ou de plusieurs de ces animaux. V. AcÉriiALOCvsTES, Échinocoques, Hydatides.

Les kystes hydatiques se forment lentement :

Ils peuvent occuper tous les points du corps, surtout le

foie, la région lombaire et le dos, il en existe également

dans les muscles et dans le tissu cellulaire.

Dans leur développement, les kystes hydatiques n'occasionnent pas de douleurs, ils ne retentissent pas sur la santé générale et les malades n'accusent que des phénomènes de compression sur les organes voisins ; • — les kystes hydatiques donnent à la percussion et à la palpation un bruit de froissement (Briançon, Piorry, Tarral), une sensation analogue à celle que l'on éprouve en percutant un ressort. Ce signe paraît être dû à la collision des hydatides les unes contre les autres, ou peut-être à la densité spéciale du liquide (Davaine).

Les kystes hydatiques abandonnés à eux-mêmes s'enflamment quelquefois et deviennent douloureux, les hydatides se flétrissent et meurent; alors, tantôt la poche revient sur elle-même et son contenu s'épaissit de façon à présenter l'aspect du mastic de vitrier, tantôt il se forme un véritable abcès. Le kyste peut se rompre à l'extérieur ou dans une cavité voisine du siège du kyste, et alors on retrouve dans les excrétions du malade des hydatides ou des produits, qui, examinés au microscope, font reconnaître les crochets d'èchinocoques et consèquemmenl la nature du mal primitif.

On diagnostique un kyste hydatique à son évolution lente, à son indolence ; on a une certitude après une ponction exploratrice et l'examen des liquides évacués par cette ponction. Le frémissement hydatique, d'ailleurs, ne peut être confondu avec aucun symptôme ; les tumeurs liquides donnent bien la sensation de vibration, mais point de sensation d'élasticité.

Thérapeutique. — Les médicaments pris à l'intérieur, tels que le sel marin, le calomel, l'huile empyreumatique de Chabert et les applications de topiques, tels que les vésicatoires, les frictions avec la teinture d'iode, sont dès moyens insuffisants contre les kystes à hydatides. z

On enlèvera les kystes qui sont superficiels par une* cision, et l'on fera l'arrachement de l'enveloppe intériei® en la saisissant avec des pinces, ou mieux- on inciserais kyste, on videra son contenu et l'on emplira sa caviléH charpie pour la faire suppurer. ■'!

La ponction avec un trocart et les injections iodéflSÉIî sont utiles que parce qu'elles déterminent une inflanMr tion.

Injections par un trocart capillaire après évacuation de la sérosité du kyste d'une solution d'extrait de fouqèn mille :

Extrait mou de fougère mJIe 1/2 drachme.

Li(ineiir de potasse 1/2 id.

Eau distillée 6 drachmes,

il en résulte un peu de douleur, des vomissements, un peu de diarrhée, mais peu d'inflammation, et, dix-neuf jours après, guérison complète et définitive, la fougère màlc ayant tué les échinocoques (Pavy).

On peut ponctionner la tumeur avec le bistouri, piaceL un tube perforé dans la tumeur, et faire de temps en teinpf des lavages iodés.

Les kystes hydatiques du poumon et du rein ne peuvei être soumis à un traitement chirurgical.

Les kystes développés dans le voisinage de cavités si reuses ne permettent pas toujours l'emploi de ces trait i ments. V. Foie {Hydatides du).

Kystes glandulaires. V. APPAREIL LACRYMAL, GR

NOUiLLETTE, THYROÏDE (Glande), Foie, Glande paroti

et SOUS MAMLl.AIRE, CALCULS SAL1VA1RES.

Kystes liéniatiques. Les kystes héinatiques sont kystes d'origine variable dans lesquels s'est fait un ép chemcnl sanguin (V. Bourses séreuses, Thyroïde, I •

KYST

iVLLivs, Kystes séreux). Co sont encore des kystes formés nlour d'un épanchement sanguin.

Les kystes liématiques se développent en peu de temps 31 lentement autour d'un épanchement sanguin, qui s'enijire d'une membrane celluleuse adventice. Quelquefois Ipaochement est le siège d'une résorption partielle qui dnsforme le produit du kyste en un liquide séreux ou iin luide brun contenant des grumeaux de fibrine.

jOn reconnaît un kyste hématique devenu un kyste séjijjx aux caractères des kystes séreux et à l'aide des comijîmoratifs d'une contusion antérieure. — Des portions res au milieu d'une poche ayant les caractères d'un kyste ■eux dénotent un kyste avec transformation du sang inché; — une tumeur molle, pâteuse, présentant quelîfois une coloration eccbymotique de la peau sur une (wn atteinte autrefois par une contusion, est un épanîment de sang enkysté.

'iDans les cas douteux, une ponction exploratrice éclaiii'a toujours le diagnostic, et c'est le meilleur moyen de rponnaître les kystes hématiques profonds. V. Hémato- |ES.

Thérapeutique. — Des kystes séreux d'origine traumaue, suite de contusions, seront traités comme les kystes eux.

Les kystes hématiques contenant un liquide ayant la ileur du cjhocolat seront traités par l'incision et le pannent à plat. On fera des injections iodées pour corrom- ; la fétidité du pus.

Les kystes d'origine récente seront traités par l'écrasent (Velpeau), qui a pour effet de rompre l'enveloppe ;tique et de favoriser la résorption du sang répandu dans tissu cellulaire, comme si l'cpanchement sanguin venait voir lieu. On applique des cataplasmes, et, si l'infiamtion survient, on traite comme un abcès hématique. Abcès hématiques.

iKjstcs liyclatiques. V. KYSTES A ENTOZOAIRES, AcÉ- PiLOCYSTES, ÉqUINOCOQUES. HyDATIDES.

iiystes tics os. V. Os.

j^yslcs de l'ovaire. V. OVAlRE.

Kystes salivaires. V. GlANDES SALlVAtRES.

Kystes séUacés. "V. GLANDES SÉBACÉES.

Kystes séreux. La plupart des kystes séreux se for- : nt aux dépens d'organes pourvus de follicules glandu- ■ -es (V. Ovaire, Thyroïde, Rein, Adénite, Gl.A^DES sÉ- ?:ÉEs, Glandes sudoripares, Bourses séreuses). Mais il s forme aussi des kystes par le même mécanisme que les iirses séreuses accidentelles. Une poche celluleuse à

'ois lisses renferme un liquide séreux avec ou sans :')lestérine. Une hémorrhagie survenant dans un de kystes peut le faire considérer comme un kyste héutique. Le cou est le siège de quelques kystes de ce [ure.

Les tumeurs fdjreuses, les cancers, renferment parfois '■ s kystes.

Certaines adénites se transforment parfois en kystes sémx. V. Adénite.

Les kystes séreux sont des tumeurs bien circonscrites l'squ'ils sont uniloculaires, ou multilobées lorsque le ite renferme plusieurs poches. Ordinairement transpails, ils ne présentent de fluctuation qu'à leur début ; plus d la tension du kyste empêche de constater cette llucition; la tumeur est mobile sur les parties profondes, lolente, et croît avec lenteur ; la peau qui la recouvre

KYST 781

ne s'altère que par suite de frottements exercés sur la tumeur.

Les kystes ne peuvent être confondus qu'avec des adénites chroniques ; le siège de ces dernières tumeurs, leur développement à la suite de lésions de voisinage, éclairent le diagnostic. L'absence de battements, de souffle et de rèductibilité, ne permettent pas de croire à un anévrysme ou à une tumeur érectile. Les lipomes, au début, sont mous, irréguliers, et, lorsque les kystes sont tendus, l'erreur de diagnostic n'est plus possible. Lorsque les kystes sont situés au-dessous d'une aponévrose, il y a possibilité de méconnaître la nature du mal; mais, dans les cas douteux, et alors qu'il est bien démontré qu'un anévrysme n'est pas possible, une ponction exploratrice est autorisée.

Les kystes séreux du cou peuvent être congénitaux, et il devient alors difficile de les distinguer d'une inclusion fœtale, autrement que par des nodosités dures qui sont quelquefois senties dans cette dernière tumeur.

Thérapeutique. — 11 est indiqué de ponctionner le kyste et de pratiquer des injections iodées. Si le traitement ne réussit pas, dans le cas où le kyste est situé superficiellement, on incise et l'on panse à plat, en prenant la précaution d'éviter la stagnation du pus. Si le kyste est plus profond, on placera un tube perforé. Que l'on ait recours au séton ou à l'incision, on fera des injections iodées pour modifier les surfaces sécrétantes et pour désinfecter le foyer.

Les kystes multiloculaires que l'on peut enlever par la dissection doivent être traités par cette méthode, de préférence à la ponction et aux injections iodées.

Kystes siippnrés des trompes. On trouve dans les trompes des kystes contenant du pus. On a vu un kyste du volume d'une tête de fœtus, qui présentait tous les signes d'un kyste de l'ovaire, et qui, ponctionné, a donné issue à du pus bien lié, épais, qui pouvait être évalué à 250 gr. La canule du trocart a été retirée et la malade a été guéi'ie pour toujours (Velpeau, Gazette des hôpitaux, 11 est

probable qu'il s'agissait d'un de ces kystes suppurés des trompes qui, jusqu'ici, ont toujours passé inaperçus. Cependant il faudrait faire quelques réserves en faveur d'un abcès enkysté du péritoine.

Kystes synoviaux. Les kystes synoviaux naissent aux dépens des gaines synoviales des tendons, ou aux dépens des synoviales articulaires.

1. Kystes synoviaux à liquides gélatineux et à grains Iiordéifonnes. — Les kystes synoviaux existent sur les gaines tendineuses du poignet, du tarse (Cruveilhier, Goyrand d'.^ix), et sur les synoviales tendineuses des autres régions, telles que le creux poplilè ou l'épaule.

Le liquide contenu dans les kystes synoviaux séreux ou visqueux et analogue quelquefois à de la gelée de poisson ou à de l'empois cuit, est assez souvent mêlé de corps solides composés de fibrine, et qui tiennent parfois par un pédicule étroit aux parois des kystes. Ces parois sont rugueuses, recouvertes d'épilliélium déformé et de végétations composées d'éléments fibro -plastiques infiltrés, qui se pédiculisent de plus en plus, et finissent par constituer des grains hordéiformes (Michon).

Les kystes synoviaux sont plus ou moins allongés, suivant la direction des tendons, mobiles sur les parties profondes ; ils sont en bissac mullilobnlés ou unilobulés ; la tumeur est pâteuse, élastique, peu fluctuante. Lorsqu'il y a des grains hordéiformes, on sent, en pressantsur la tumeur, une crépitation analogue à celle que l'on produit en pressant

KYST

KYST

des grains mouillés entre les doigts, mais la crépitation est d'autant plus appréciable que le kyste est étranglé sur un point de son trajet.

Dans les kystes synoviaux, la peau conserve généralement sa coloration normale ; mais les tumeurs siégeant sur les doigts et qui ont été longtemps comprimées sont quelquefois recouvertes par une peau violacée et amincie.

Les kystes à grains hordéiformes et les kystes séreux s'ulcèrent à la longue et donnent issue à du pus mêlé au contenu de la tumeur et se transforment en fistule.

On ne confondra pas les kystes : avec une hydarthrose, à cause de la limitation de la tumeur; avec une inflammation chronique enkystée des gaines synoviales (V. Gaines des tendons), à cause de l'antécédent inflammatoire. On ne les confondra pas avec les lipomes, car ceux-ci ne sont pas fluctuants et ne présentent de crépitation que dans des cas tout à fait exceptionnels. Quelquefois un kyste synovial à la paume de la main est soulevé par des battements, mais la tumeur ne présente ni souffle, ni réductibiiité, comme les anévrysmes et les tumeurs érectiles.

Thérapeudqiic. — Les vésicatoires sui' les tumeurs et les frictions avec l'alcool (Houzelot) ne réussissent que dans des cas très rares.

Le meilleur traitement est la ponction avec un trocart assez fin et une injection iodée immédiate. Lorsqu'il y a des grains hordéiformes, on se sert d'un gros trocart, on fait sortir tous les corps fibrineux, au besoin on fait des lavages avec l'eau tiède ; on pratique ensuite l'injection iodée ; on peut aussi passer un séton simple et mieux un séton perforé qui jtermetde recourir aux injections iodées.

La ponction simple est un palliatif, l'extirpation est un moyen dangereux, l'excision simple ou l'incision avec excision et le pansement à plat exposent à une synovite tendineuse aiguë et chronique, et le pus qui se forme et séjourne dans le kyste peut devenir la cause de graves accidents inflammatoires.

Après la ponction et l'injection, on recouvre la partie malade de cataplasmes, et le repos absolu est de rigueur. Les malades sont mis à un régime doux, et, aux premières menaces d'inflammation, un purgatif, et un vésicatoire sui' le kyste, sont d'un excellent usage.

IL Kystes synoviaux articulaires et tendineux. — - Ganrjlions. — Hernies de la synoviale (Bégin). — Lorsque par suite d'une inflammation d'une articulation comme une hydarthrose, la communication entre la synoviale et ses prolongements se trouve oblitérée, un kyste se forme et il y a un kyste synovial articulaire; le cul-de-sac interne de la synoviale du genou est souvent le siège de cette lésion.

Les follicules synoviaux des synoviales articulaires et tendineuses (Gosselin, Bégin, Michon), distendus, et dont la communication avec l'articulation est fermée, constituent les kystes synoviaux ou ganglions ; la face dorsale du poignet et le cou-de-pied en sont le siège de prédilection.

Les kystes synoviaux restent sur le point où ils se sont développés, ou se portent sur un point éloigné, en .suivant le trajet des tendons (Verneuil).

On reconnaîl un kyste synovial articulaire à son siège près d'une articulation, à sa forme qui rappelle un cul-desac de la synoviale; la tumeur est fluctuante et réductible en partie, lorsque la communication entre le kyste et la ca^ vite articulaire n'est pas entièrement oblitérée.

Les ganglions se forment lentement ou apparaissent tout à coup avec un certain volume, ce qui tient à la brusque sortie d'un ganglion déjà tout formé, à travers une éraillure

aponévrolique. La tumeur globuleuse ou arrondie augmente, devient tendue et reste néanmoins indolente ; elle n'est pas fluctuante, à cause de la tension de la poche. Le ganglion gène les mouvements de la région.

Un kyste synovial abandonné à lui-même se rompt quelquefois sous la peau et se guérit spontanément, d'autres fois une ulcération se produit, le kyste se vide et se termine par une fistule.

On ne confondra pas un ganglion avec une hernie de la synoviale, parce que celle-ci se réduit ; on sent bien quelquefois au poignet les ganglions passer derrière les tendons, mais il y a toujours une tumeur, ce qui n'a pas lieu pour les hernies synoviales (V. Hernies des synovi.\les). Les épanchements dans les gaines tendineuses ont une forme allongée.

Les anévrysmes cirsoïdes de la main et les anévrysmes artériels sont animés de battements et de mouvements d'expansions, l'examen sphygmographique, au besoin, donnerait le diagnostic en cas d'anévrysme (V. Anévrysmes). Les lipomes sont mous, non fluctuants, et se développent plus lentement que les kystes synoviaux.

Thérapeutique. — Les topiques réussissent quelquefois à guérir les ganglions ; ainsi les solutions de sel marin, les douches sidfureuses, les compresses imbibées d'alcool, de chlorhydrate d'ammoniaque ; les lotions avec la teinture d'iode et les vésicatoires sont souvent très-utiles, mais il ne faut pas trop compter sur leur action.

La compression exercée sur la tumeur a un inconvénient, celui de faire hypertrophier les parois du kyste ; les frottements répétés sont passibles du même reproche.

Le meilleur traitement est Y écrasement du ganglion; dans ce but, on comprime la tumeur avec les deux pouces sur le point le plus saillant, et l'on place les membres dans la position la plus favorable à la fixation du ganglion sur un plan osseux; au poignet, par exemple, on fera plaç^ l'articulation dans la flexion pour exercer l'ècrasemenl du kyste situé sur la face dorsale. Après avoir fait l'écrasement, on place des compresses d'eau blanche ou d'eau salée, et l'on comprime légèrement avec un bandage roulé.

•juand le kyste ne peut être écrasé, les kystes articulaires par exemple, on fera une ponction sous-cutanée (Léveillé et Boyer). Après avoir fait glisser la peau sous la tumeur, on vide le kyste, et on laisse ensuite revenir la peau sur elle-même. Ce procédé ne met pas à l'abri delà récidive.

Vincision sous-cutanée (Barthélémy) se pratique à l'aide d'un ténotome ; on traverse la peau loin de la tumeur, puis on divise le kyste en deux ou quatre portions ; le liquide se répand dans le tissu cellulaire, une légère compression favorise la résorption. Ce procédé est un desmèlleurs. Si l'inflammation survient, on applique un vésicatoire et l'on panse avec des cataplasmes.

La ponction et les injections iodées sont applicables seulement quand le kyste est très-superficiel.

Le séton, mais beaucoup mieux le tube perforé, est ap plicable pour les ganglions qui ne sont pas trés-rapproclic des articulations.

La cautérisation avec la pâle de Vienne, l'incision < l'excision sont des moyens dangereux. L'extirpation estdi ficile à faire et expose à de graves accidents, et l'on est dai la nécessité de recourir au pansement à l'eau froide immi diatement après l'opération; on fera avec profit tous 1, jours des lavages à l'eau tiède dans la plaie. '

Pour les kyst€s développés dans un cul-de-sac articulai

LABD

LACR

; comniunicatiou éU'oilc avec rarliculalioii, on fera la pression avec un bandage roulé ou avec un bauJagi' liiovible ou avec des bandelettes, i le kyste ne communique plus avec l'articulation, on a ponction avec les injections iodées :

Eau 150 grammes.

Teinture d'ioje 50 iJ.

t le traitement le plus efficace et le moins dangck.

kystes -vasculaîrcs. Un vaisseau oblitéré ou non à l'deux extrémités est un kyste vasculaire ; les anévrysmes ►I des variétés de kystes vasculaires, surtout ceux qui Il appelés anévrysmes kyslogéniques (Rroca) (V. Ané- |iMES);les varices ampullaires (Cruveilhier), les greïUettes sanguines (Dolbeau), les kystes développés dans iiife.vi (Holms Coote,Bickersteth), sont dans le même cas. ; orps thyroïde est souvent le siège de kystes vasculaires ; e genre. V. Thyroïde.

1' siège d'une tumeur fluctuante non transparente sur iiji l d'un vaisseau ou sur une tumeur érectile, la colol'm du tégument ou des muqueuses sur la tumeur, l'islide sang pur à la ponction exploratrice, indiquent un e vasculaire.

n ne confondra point les kystes limités avec un ané me et une tumeur érectile, car ils ne présentent pas attementsi et ne sont pas réductil)les ; mais lorsque ces lomènes existent, le diagnostic devient très-difficile et la ;tion exploratrice n'est pas autorisée.

'hérapeutique . — On traitera les anévrysmes kystogées et les grenouillettes sanguines par les moyens ap- •riés. V. Anévrysme, Grenouillette sanguine. n général, les kystes vasculaires doivent être extirpés, a liera les vaisseaux artériels qui donnent du sang, ou 3S cautérisera au fer rouge .

le sang est fourni par des veines, on cautérisera au ouge, ou l'on exercera une compression ; mais en aucas il n'est bon de lier les veines, es kystes pédiculés seront liés à leur base, et l'on extiri tout ce qui est situé en avant de la ligature, es topiques résolutifs sont inefficaces; les injections au ihlorure de fer ne sont bonnes que quand il s'agit de

Îriser le développement d'une inflammation dans le e.

.jlBARTIIE-DE-nfESTE (Hautes - Pyrénées) . Eau dément minérale, bicarbonatée, peu employée.

[.ABjiRTnE.RlvlÈRE (Haute-Garonne). Eau miné- ; sulfatée calcique à 21°, employée contre les né- Igies et les affections chroniques de l'utérus et des "!s digestives □.

LABASSÈRE (Hautes-Pyrénées). Eau minérale suleuse froide, près de Bagnères-de-Bigori-e, et employée boisson contre les affections chroniques de l'appareil [liratoire [+]•

LABDillVOin OU LADAI^UM. P.èsine excrétée natuemenl par les feuilles d'une plante exotique de lu lille des cistées ou Cistus creticns. Elle a une odeur 5-agTéable et s'emploie comme stimulant Q-

LitCAILI^E (Haute-Savoie). Eau sulfureuse sodique à '.il", en boisson et eu bains contre les maladies de la peau, de la vessie, de l'appareil respiratoire et contre la scrofule [+].

liACRYMAl, (Maladies de l'appareil).

I. Plaies du sac lacrymal et des conduits lacrymaux. — Les plaies des conduits lacrymaux guérissent ordinairement seules, et il n'est pas nécessaire de placer une soie de sanglier dans les portions palpébrales de ces conduits pour les maintenir béantes (Desormeaux) .

Les plaies sous-cutanées ou déchirures du sac lacrymal, pendant les efforts pour se moucher, donnent lieu à un emphysème sous-cutané, s'ètendant quelquefois autour de l'œil (Mackenzie, Foucher) et qu'on reconnaît aune tumeur molle, pâteuse, crépitante, survenue brusquement.

Thérapeutique. — Les compresses résolutives , une légère compression sur le sac avec une boulette de charpie maintenue par un bandeau, sont suffisantes pour les cas de rupture du sac.

La réunion immédiate des plaies des conduits avec une petite bandelette de taffetas d'Angleterre est plus commode à pratiquer qu'une suture et a les mêmes avantages.

Si une plaie a suppuré, après une perte de substance, une fistule lacrymale consécutive peut subsister et réclamer le traitement de cette lésion.

L'emphysème guérit seul sous l'influence d'un bandeau protecteur et d'une légère compression.

II. Atonie des points lacrymaux. — Les points lacrymaux ne fonctionnant plus, soit que le muscle orbiculaire n'agisse plus sur eux pour favoriser le passage des larmes dans leur cavité, soit qu'ils soient oblitérés par des mucosités, un larmoiement existe (Stoeber, Mackenzie). Lorsqu'un point lacrymal est atonique, on regardera bien s'il n'y aurait pas quelques corps étrangers, un cil ou un grain de poussière, qui l'oblitère, et l'on chercherait à l'extraire.

Thérapeutique. — Lotionner l'œil avec des collyres astringents, avec 1 centigramme de nitrate d'argent ou de sulfate de zinc pour 20 grammes d'eau distillée ; frictionner les paupières avec de l'eau additionnée de quelques gouttes d'ammoniaque, avec l'alcoolat de romarin ou le baume de Fioraventi.

III. Déviation des points lacrymaux. — La déviation des points lacrymaux a heu dans l'enlropion et dans l'ectropion, mais elle existe aussi à la suite de plaie du grand angle de l'œil suivie de cicatrice vicieuse. La conséquence des déviations des points lacrymaux est un épiphora.

Thérapeutique. — Il n'y a rien de mieux que de faire disparaître la difformité qui cause la déviation du point lacrymal. On opérera l'ectropion ou l'entropion ou la cicatrice vicieuse. — Si la déformation est à peine prononcée, si un seul point lacrymal est oblitéré, on ji'opérera pas. Si le point lacrymal est dévié en avant , on introduira un stylet, el l'on incisera du côté de la conjonctive sur la saillie du stylet (Bowman).

IV. Oblitération des points lacrymaux. — Un point lacrymal est quelquefois oblitéré par un cil, par une petite concrétion calculeuse, et l'on reconnaît celte lésion à un peu de gêne et à une sensation de picotement éprouvée par le malade à l'angle interne de l'œil. \. Calculs des

CONDUITS lacrymaux.

Une fongosité oblitère quelquefois un conduit lacrymal. Les deux points lacrymaux peuvent être oblitérés par le

784 LACR

gonllcment de la muqueuse (J. L. Petit), et cet état coïncide quelquefois avec une tumeur lacrymale.

Il y a toujours épiphora quand les points lacrymaux sont oblitérés.

Thérapeutique. — Enlever les cils ou les fongosités qui oblitèrent les points lacrymaux.

L'inflammation des conduits sera traitée par les applications de collyre au sulfate de zinc, ouïes applications de pommade.

Axoiigc 30 graDimes.

Précipité ronge 1 id.

Ou :

Axonge = 30 grammes.

Calomel 1 id.

On ponctionnera les points lacrymaux oblitérés avec une aiguille (Heister), on essayera de sonder les points lacrymaux, on placera une petite canule d'or et l'on fera des injections fréquentes avec la sonde d'Anel (J. L. Petit).

V. Fistule des conduits lacrymaux. — Après une plaie (.Jobert) ; à la suite d'un abcès dés paupières ouvert dans un conduit lacrymal (Saint Yves) ; après une double oblitération des oxirémités d'un conduit lacrymal (J. L. Petit), ou après une tumeur lacrymale, on a vu une fistule des conduits lacrymaux.

L'absence d'épiphora, l'intégrité d'un point lacrymal et sa perméabilité font reconnaître une fistule lacrymale qui est liée à une altération de l'autre conduit.

Thérapeutique . — Si la fistule du conduit lacrymal est liée à une lésion du sac lacrymal, on se comportera comme dans le cas d'une fistule lacrymale proprement dite, si un canal est seul altéré, on cherchera à rétablir la continuité du canal. Mais comme cela n'est pas possible, il sera préférable de cautériser la fistule et le fond de l'ulcère avec un fer rouge, avec la pâte au chlorure de zinc ou avec le nitrate d'argent (Saint-Yves). On a aussi cautérisé les points lacrymaux avec un fil rougi à l'aide de la pile galvano-caustique (Tavignot).

YL Dacri/oct/stite aigur. — Après une plaie et une contusion à l'angle interne de l'orbite, dans le cours d'un coryza chez les enfants lymphatiques, à la suite de conjonctivites, le canal nasal et le sac lacrymal s'enflamment, la muqueuse devient turgescente, se gonfle et suppure ; l'œil pleure, la narine correspondante se sèche, une tumeur bien circonscrite, rouge, douloureuse, chaude, tendue, fluctuante, apparaît au niveau du sac lacrymal, puis la rougeur et la tuméfaction gagnent les paupières, un point plus saillant se montre sur la tumeur qui se perfore et donne issue à du pus. Les malades ont de la céphalalgie et de la fièvre.

On ne confondra pas la tumeur lacrymale avec un abcès formé au devant du sac ou ankylops, parce que celui-ci a une marche plus rapide, ne s'accompagne pas de larmoiement et de sécheresse de la fo.sse nasale correspondante. Y. Ankylops.

La dacryocystile aiguë peut être double, elle est rarement suivie de fistule lacrymale, et dans le cas où il se produit une fistule, c'est parce que les accidents ont pris une marche chronique

Thévapeutiquc. — Au début, appliquer une ou deux sangsues sur la tumeur; placer sur elle un sac de baudruche rempli de glace, ou faire des frictions mercurielles et appliquer un cataplasme. Si la céphalalgie est intense, on fera une petite saignée du bras. — Un purgatif et la diète sont de bons moyens adjuvants.

LACR

Lorsque la fluctuation sera évidente, on incisera, en portant la lame du bistouri perpendiculairement au trajet du tendon de l'orbiculaire et à peu près au niveau de l'origine du canal osseux ; on fera des injections avec l'eau de guimauve, et aussitôt après que les accidents inflammatoires auront été calmés, on s'assurera de l'état des parties par le cathétérisme avec une sonde molle du numéro 4 ou 5 de la filière Charrière.

Si une fistule persiste, on la traitera plus tard. V. Da-

CRYOCYSTITE CHRONIQUE.

YII. Bacryocystite chronique ou tumeur lacrymale. — Une tuméfaction de la muqueuse du nez ou une oblitération du canal nasal constitue la lésion élémentaire de la dacryocystite chronique. Des Hquides composés par des larmes et du mucus s'accumulent dans le sac, le distendent et refluent par les points lacrymaux ; plus tard, la tumeur augmente et le muco-pus ne sort plus que par des pressions fortes exercées sur le sac distendu. Pendant ces deux périodes, la peau reste saine ou devient promptemenl rouge violacé, et il y a épiphora. A un troisième degré on voit apparaître les accidents d'une dacryocystite aiguë; la tumeur s'ouvre, et il arrive souvent que cet état estdiîà une inflammation des conduits lacrymaux qui a empêcliclc liquide de ressortir par chaque point lacrymal.

Presque toujours la dacryocystite chronique se termine par la formation d'une fistule.

Une tumeur située à l'angle interne de l'orbite, quelquefois bridée par le tendon de l'orbiculaire et bilobulée, avec épiphora, reflux intermittent du muco-pus par les points lacrymaux, est une tumeur lacrymale.

Une blépliarite glandulaire ou simple (Janin, Scarpa)el toutes causes de la dacryocystite aiguë engendrent la dacryocystite chronique; la scrofule, la syphilis (Ricorf, peuvent aussi causer une tumeur lacrymale, qui débiJlc par tous les tissus qui composent le sac lacrymal elÉ

Fig. 370. — Tiimenr laorvinalo très-dévoloiipée. (Desmarres.) A, B, tiiin iir. H, i;, emplacement normal du sac.

canal nasal. L'étroitcsse congénitale du canal nasal favon< le développement des tumeurs lacrymales chez les enfani il y a des cas d'imperforation du canal dans le méatin.j rieur qui ont pour effet de produire des tumeurs lacij maies congénitales (Dolbcau). '

Chez les enfants scrofuleux on voit quelquefois la cryocystile chronique disparaître sous l'influence c ' traitement général. ,

Thérapeutique'^ — Une tumeur lacrymale que l'on i'" pose être sous la dépendance d'une diathèse sera tn,^

LACR

LACR

ar les traitements généraux appropriés V. Syphilis,

CROFULE.

Lorsqu'une tumeur lacrymale existe avec des symptômes iflammatoires chroniques , on peut avoir recours aux ingsues (Beer), aux applications de glace sur la tumeur ; aux fumigations aromatiques par la fosse nasale du côté alade, à des collyres au sulfate de zinc :

EiiH distillée 30 grammes.

Sulfate de zine 5 centigrammes.

Laudanum 10 gouttes.

On presse sur la tumeur et on la vide par les points crymaux avant d'ap})liquer le collyre ; celui-ci, baignant s paupières, s'infiltre dans les points lacrymaux et passe ms la tumeur.

Quand il n'y a pas d'intlammation vive, après avoir vidé lumeur, on fera, avec la sonde d'Anel, des injections ar le point lacrymal inférieur, autant que possible), soit ec un collyre au sulfate de zinc, soit avec une solution ' nitrate d'argent.

Eau distillée 30 grammes.

Nitrate d'argent , 5 i dO ceiitigr.

Pour faire les injections, comme pour cathétériser les iiiaux lacrymaux, on procède ainsi :

S'il s'agit du canal lacrymal inférieur, un aide, avec le iico ou l'index gauche, abaisse la paupière, ce qui meta n nuvert le point lacrymal inférieur ; de la main droite, j ('liant un point d'appui sur le front, le chirurgien, placé

ig. 37t. — Procédé pour faire des injections dans le sac lacrymal. — a. Main droite du chirurgien. — A. Les deux doigts de l'aide écartant les paupières (A. Guérin). Il vaut mieux abaisser la paupière inférieure avec le pouce ou l'index.

irrièrele malade, introduit la canule d'abord en dedans I en bas, puis, après 2 millimètres de trajet, directejnt en dedans. .Avec des canules courbes on pousse de ut en bas jusqu'à ce que l'on soit arrêté, puis on ramène pointe de la canule en dedans, directement ; pour les jections, il suffit que la canule soif eiigagée de 2 mil-nètres dans le canal lacrymal.

S'il s'agit du canal lacrymal supérieur, le chirurgien, ec le pouce gauche, relève la paupière en la tirant un !u en dedans ; de la main droite il introduit la canule urbe de bas en haut, puis après 2 milllimètrcs de ijet, il pousse de dehors en dedans et de haut en bas. La guérison de la tumeur lacrymale par ce traitement t très-longue, et lorsqu'il y a un rétrécissement du canal . sal, il doit nécessairement échouer.

BOUCHOT ET DESPRÉS. 2^ édit.

La compi'ession exercée sur la tumeur (Fabrice d'Acquapendente, J. L. Petit) est un moyen rationnel d'un bon usage, seulement pour empêcher l'accumulation de liquides dans le sac.

On peut tenter de dilater le canal sans ouvrir le sac ; on incise le conduit lacrymal inférieur jusqu'au sac, puis on passe des sondes métalliques de plus en plus grosses dans le canal nasal. Pour faire cette opération, on pousse le stylet dans le sac jusqu'à l'os ; on relève l'instrument parallèlement à l'axe du nez et on l'enfonce jusqu'à la voûte palatine (Travers, Bowmann).

On incisera le sac (J. L. Petit), dès que la fluctuation sera évidente. Pour cela, un aide tirant sur la commissure externe des paupières et faisant saillir le tendon de l'orbiculaire, le cliirui-gien, armé d'un bistouri à lame étroite donl le dos regarde le nez et dont le plat de la lame est dans une direction parallèle au tendon, ponctionne de haut en bas et un peu de dehors en dedans, en rasant l'os. Si l'on veut pratiquer immédiatement la dilatation du canal nasal, on se servira d'un bistouri muni d'une cannelure qui facilitera l'introduction des corps dilatants destinés à rétablir le calibre du canal lacrymal.

Enfin, au moment où la tumeur lacrymale débute, comme au moment où l'on vient d'ouvrir la tumeur, on appliquera, si on le juge possible, les traitements de la fistule lacrymale, qui ont pour effet de rétablir le cours des larmes, de lui ci'éer une voie artificielle ou d'oblitérer les conduits lacrymaux et le sac lacrymal.

Ainsi le cathélérisme du canal nasal sera tenté avant l'ouverture de la tumeur comme après l'établissement d'une

f ig. 37^. — C. Couteau. — D. Slylet. — B. Iloigt de l'opérateur. — A. Uoigt de l'aide tirant les paupières en deiiors jiour faire saillir le tendon de l'orbicnlaire. (A. fiuérin.)

fistule. Quoique ce moyen soit infidèle, on est néanmoins autorisé à le tenter. La dilatation temporaire avec des sondes après ouverture du sac, imaginée par J. L. Petit, est encore le traitement le plus avantageux.

VllI. Mucocêle. — Hydroinsie du sac lacrymal. — Lorsque le sac lacrymal est fermé en bas par l'occlusion du canal nasal, en haut par l'occlusion des points lacrymaux, le mucus fourni par les glandes du sac lacrymal amassé forme un kyste qui a l'aspect d'une tumeur lacrymale sans inflammation de la peau.

La marche de la tumeur, l'absence de reflux des liquides par les points lacrymaux, font distinguer la mucocèle de la tumeur lacrymale. Quelquefois, en pressant la tumeur, on la fait vider en partie par le nez (Anel).

Il — 50

LACR

I>ACR

Thérapeutique. — On incisera la tumeur comme s'il s'agissait d'une tumeur lacrymale, et l'on fera des injections iodées, ou bien on placera dans la tumeur un disque de pâte au chlorure de zinc, ou bien on cautérisera avec le nitrate d'argent, ou bien encore on placera de la charpie sèche dans la tumeur pour la faire suppurer. Si le canal nasal est encore perméable, si les conduits laci'ymaux peuvent être rétablis, on retombe dans le cas d'une fistule lacrymale (V. ce mot) sans oblitération du canal nasal.

IX. Fistule lacrymale. — Lorsque la tumeur lacrymale ou dacryocystite chronique existe depuis longtemps, et lorsque la tumeur s'est ouverte spontanément, ou a été ouverte par le chirurgien, il existe à l'angle interne des paupières, un peu au-dessous de leur commissure, un orifice à bords fongueux par lequel sortent des larmes mêlées à du muco-pus qui déterminent un eczéma de la peau de la joue et de l'aile du nez. Quelquefois une suppuration abondante existe et elle est due à une altération des os que l'on reconnaît par l'exploration avec le stylet ; celui-ci frotte contre des os dénudés.

Môme avec la complication de carie des os, la fistule lacrymale peut guérir spontanément (Maître Jan), mais c'est seulement chez les enfants scrofuleux que cette heureuse terminaison peut avoir lieu.

Fig. 373, — I-e sae lacrymal ouvert est traversé pflr une sondu eannelée. (DesmaiTes.)

Thérapeutique. — 1° Pour guérir une fistule lacrymale, on tentera d'abord de rétablir le cours des larmes.

A. On fera le cathétérisme du canal nasal par les fosses nasales (Laforest) ; pour cela, on se servira du cathéter do Gensoul, modifié par Serre d'Uzès.

Le malade étant assis, le chirurgien se place en arrièi e |>our le côté droit, en avant pour le côté gauche, tient la sonde comme une plume à écrire ; il porte le bec de la sonde sur le plancher des fosses nasales, le pavillon de l'instrument étant tourné en bas et la concavité du cathéter regardant à la lèvre supérieure. Lorsque la courbure de l'instrument est aux trois quarts introduite, le chirurgien fait décrire à l'instrument un demi-cercle, de façon que le pavillon de la sonde vienne au niveau de l'angle interne de l'œil ; puis on l'abaisse un peu. Si l'on sent une résistance, il est évident que le bec est dans le

méat inférieur et sous le cornet On fait alors exécuter des mouvements d'avant en arrière et réciproquement, jusqu'à ce que l'on sente le bec engagé dans une excavation ; alors on abaisse le manche du cathéter doucement, et, pour faire pénétrer plus profondément, on porte un peu le manche de l'instrument du côté opposé. La sensation d'une résistance, la position du manche de l'instrument oblique en bas et en avant, indiquent que l'on est parvenu dans les voies lacrymales. Règle générale, il ne faut pas faire saigner les malades. S'ils saignent pendant les premiers temps de l'introduction de la sonde, on recommencera la manœuvre avec de plus grandes précautions.

Le cathétérisme du canal nasal est indiqué quelquefois dans le cas de fistule lacrymale, mais il est relativemeni plus utile pendant le développement d'une tumeur lacrymale ; mieux vaut, lorsqu'il y aune fistule, sonder le canal nasal par la fistule.

B. Après l'incision d'une tumeur lacrymale, on passe une bougie conique (J. L. Petit), un fil, une sonde pleine (Laforest) ou un stylet (Desmarres) ; le stylet sert à conduire une sonde cannelée, qui elle-même sert de conducteur à une bougie. C'est une sorte de cathétérisme dilatateur temporaire (fig. 371).

Pour dilater la fistule avec force et en i»eu de temps, on peut se servir d'un stylet de plomb (Potl), d'une tigeàe

Kig. 374. — Le stylet est retiré, et l'on passe une corde à boyau 2, conduite sur la canneliu'e de la sonde. (Pesmarres.)

baleine (Reer), d'une tige d'argent (Sharp), d'une tige d'ivoire ramollie de Charrière (Jaeger).

Il est préférable de dilater le canal au moyen d'un séton.j' Pour placer un séton (Lecat), on s'est servi d'un stylet passéi par la fistule et repris au niveau de l'orifice inférieur du ; canal nasal par deux plaques mobiles l'une sur l'autre elj: jiercées de trous (Mi''ian) ; ou bien avec la sonde de Seri'f'' d'Uzès, mtmie d'un dard et introduite dans le canal nasal on passe un fil de bas en haut (Manec) . Ces procédés son < onipliqués. Pour passer un séton dans le canal nasal, o iniroduil par la fistule une bougie urélhrale de gomme o de corde à boyau n° 7 de la filière Charrière, à laquelle e; fixé un fil long ; on la pousse doucement, elle traverse 1 canal nasal, suit le plancher de la fosse nasale correspor i dante, arrive dans le pharynx et est reprise parlabouchf alors le fil est dans le canal nasal, les fosses nasales,

LACR

LACR

rynx et la bouche. Une autre bougie est passée dans la e nasale, elle arrive dans le pharynx où elle est reprise la bouche ; on noue le fil à cette sonde et on la relire le nez (on peut remplacer ce second temps de l'opérapar l'usage d'une sonde de Belloc). A la suite de ces rs temps, on a un fd qui traverse le canal nasal et dont des extrémités entre par la fistule et l'autre pend au 6ors de la narine correspondante ; le fil sert à conduire lîiéton composé de fils plus ou moins nombreux (Nélaton) m tube perforé de caoutchouc (Chassaignac) ; on lie k tlérieur les deux extrémités du fil (procédé de Nélaton). les sétons de grosseurs progressives doivent être laissés nplace de deux k six mois (Nélaton) , les dilatateurs cfent être régulièrement employés pendant un temps

lendant tout le temps que dure la dilatation, on fera des ), riions dans les conduits lacrymaux pour éviter qu'ils ne 'dlitèrent. On fera les lavages des canules et du canal naalau moyen d'injections d'eau tiède.

ticiser dans le canal nasal avec un instrument en forme 'léthrotome, et dilater avec de très-grosses mèches S|dy), est un procédé qui n'a aucun avantage réel sur laprécédents.

our maintenir le canal nasal dilaté d'une façon permaeCWoolhouse), on applique un clou de plomb (Scarpa), jent (Ware) ou une canule (Dupuytren), soit une casimple avec un bourrelet pour 1 empêcher de tomber les -fosses nasales, soit une canule munie de deux relets (Brachet, de l^yon), soit une canule percée de 3 pour que la muqueuse faisant hernie à travers ceuxaintienne la canule (Van Onsenoort), soit une canule )is valves, supérieurement et inférieurement (Ritterich) aférieurement (Lenoir). Il y a quelque avantage à se ir des canules emboîtées l'une dans l'autre pour éviter e^orgement du conduit et la nécessité de retirer la sonde B irjot Saint-Hilaire). Les accidents le plus à redouter de e \aitement sont le passage de la canule entière dans le a il nasal (Darcet) , la chute de l'appareil dans les fosses la les et même les voies aériennes (Delpech), des inflamiiions, les caries et les nécroses du canal osseux.

. 375. — Canule creuse C, cju'oii inlroduit dans le canal nasal, ettige B, muinc d'une cavité A, on est enfermji le caustique.

In cas de pénétration de la canule dans les voies lacrymjes et d'oblitération de la fistule, on incisera le sac 'irès les règles. Le meilleur moyen d'c ;traire la canule fhisie à mtroduire une pince courbe à mors croisés. La ;e est mtroduite, on serre, les branches s'écartent et isent à l'mlérieur de la canule qui est facilement amenée lehors ; un crochet simple courbe (J. Gloquel) ne réuslas toujours.

our faciliter le rétablissement de la continuité du canal

. . ...... ui. .u v^uiiuuuiie uu canal

il, on peutfmre la cautérisation (Heister). On cautéripar l'ouverture faite à la tumeur lacrymale (Harvencr) tôt que par la narine avec le cathéter de Gensoul ap-

proprié «en porte-caustique); on introduira un porte-caustique avec ou sans la canule conductrice de Desmarres. On appliquera en même temps la dilatation (Quissac), en ayant soin de ne pas placer les canules immédiatement après les cautérisations. Ces méthodes ne doivent être mises en usage que si la dilatation simple est insuffisante.

L'écueil de la dilatation du canal est une inflammation plus ou moins vive. On a vu un cas de tétanos (Desmarres). On prévient toujours les accidents en. n'employant que des dilatateurs flexibles, et en ne les prenant pas trop gros.

Lorsque le canal lacrymal est rétabli, lorsque les points lacrymaux sont intacts, il arrive néanmoins que la fistule ne se referme point. On aura recours alors à la caiitho- ■plastie. Un lamljeau de peau pris sur un point voisin de la fistule sera appliqué sur la fistule avivée, on réunira avec des épingles à insectes, on pansera à l'eau froide et l'on exercera une légère compression avec un tampon d'ouate et un bandeau.

2° Pour créer un canal artificiel (Archigène, Albucasis, Woolhouse, Hunter), on peut perforer l'ancien canal avec une alêne de cordonnier et passer un séton (Monro), mais cette opération faite par la fistule ou par le canal nasal est illusoire. On peut créer une voie; mais- le difficile est de la perpétuer.

On peut inciser la paroi interne du sac, mettre les os à nu en les ruginant, puis quelques jours après perforer l'os et placer une canule (Woolhouse). On emploie pour perforer les os un trocart, un fer rouge, un emporte -pièce ou un bistouri-serpette, ou encore une forte vrille avec laquelle on perfore l'os et sur laquelle on fait glisser une canule emporte-pièce, de façon à produire une perte de substance de 5 millimètres de diamètre (Reybard). Quel que soit le procédé employé, on perfore aussi la muqueuse des fosses nasales et l'on place une canule ou un séton.

On peut perforer la paroi supérieure du sinus maxillaire avec un trocart que l'on dirige obliquement de haut en bas et de dedans eu dehors (Laugier). Ce procédé expose aune hydropisie du sinus maxillaire (Malgaigne).

Fig, 37(3. — A, D. Incision (.nui- ouvjir le sac lacrymal,

3'' Toutes les fois qu'il est matériellement démontré que la dilatation est impossible, et lorsqu'on ne veut pas recourir à la création d'un canal artificiel, on aura recours à la destruction du sue hier i/ mal (A. Nannoni). Après avoir incisé le sac, on pause avec de la charpie, et quelques jours après on introduit des boulettes de charpie trempées dans la poudre d'alun ou de précipité rouge. On peut cautériser avec le fer rouge, la potasse à cautère, et mieux un disque de pâte au chlorure de zinc, introduit dans le sac et laissé douze à vingt heures en place.

L'excision d'une portion du sac (Boyer) est un procédé voisin de la cautérisation, qui a pour but de faire suppurer

LACn

le sac. Ces procédés ont un inconvciiient, celui d'exposer à des inflammations vives et de produire des suppurations longues. On leur préfère quelquefois la créiilion d'un canal artificiel ou l'obliléralion des points lacrymaux.

L'oblitération des points lacrymaux est un procédé de cure radicale de la tumeur et de la fistule lacrymale. On excisera les points lacrymaux avec une pince à gritïe et les ciseaux, en commençant par le point lacrymal inférieur; on incisera par une section double en V (Velpeau). Celte opération est plus simple que la cautérisation avec le crayon au nitrate d'argent (Bosclie) etque la cautérisation à l'aide du galvanocautère : im stylet fin de plaline, en continuité avec un pôle d'une pile galvanocaustique, est passé dans le point lacrymal et ressort par la fistule; un crochet, en continuité avec l'autre pôle de la pile, est mis en rapport avec le stylet qui rougit, et la cautérisation a lieu.

Fig. 377. — Cantérisatioa Jii -iac lacn nuil au fer ronge. — Jl, D. Élrvateurs écartant une plaie laite à" la peau, A, B. — E. Cautèie (Desniarres). Ce procédé ne vaut pas In cautérisation avec les eaiistiijnei.

U° En désespoir de cause, on a eidevé ou détruit la (jJande lacrijnuile, mais c'est là une opération toid. à fait irrationnelle, à moins qu'il n'y ait depuis longtemps un épipliora persistant et une altération de la glande lacrymale.

La ligature des conduits excréteurs de la glande (Szokalski) est impossible.

L'extirpation de la glande sera faite par une incision parallèle au rebord orbitaire dans une étendue de 5 centimètres; ou pénétre entre le périoste et l'aponévrose, on saisit la glande avec une érigne et l'on dissèque (Textor) ; on réunit par suture, ou mieux avec des bandelettes et l'on panse à l'eau froide Ce procédé est celui d'AncI, qui a posé le précepte de commencer à disséquer du côté de l'œil. Pour éviter une cicatrice, on peut prolonger la commissure extei'ne de l'orbite, ce qui donne un très-grand jour, et l'on va chercher la glande entre la conjonctive et l'orbite (Velpeau).

Ï.ACR\'3î.%Lr (TUMEUnS DE L\ GLANDE).

I. Dnrryadr/iitc. — La glande lacrymale peut s'enllanimer, être atteinte d'une adénite aiguë ou chronique, soit sous Finfluence d'un traumatisme, soit spontanément; la durée de l'inflammation, le siège de la tumeur au-dessus et en dehors du globe ocidaire, ne laissent pas d'hésitation sur la nature du mal. La dacryadénite se termine quelqiu'fois par hypertrophie ou atrophie de la glamle.

Théi'apeutt'ijnc. — On appliquera des frictions mercurielles, des cataplasmes, des sangsues aux tempes, mais jamais sur la paupière, et l'on ouvrira les abcès qui pourraient se former.

11. Tumeurs de lu glande lacrymale. — Les kystes delà glande lacrymale (Schmidt) sont très-rares ; ils sont en général petits. On ne saurait les confondre avec des encéphalocèles ni avec un des kystes dermoïdes qui sont toujours congénitaux, et situés les premiers sur les os, et les seconds en dehors de l'orbite.

Les cancers de la glande lacrymale (A. Bérard) se révèlent par les symptômes propres aux cancers el par le siège de la tumeur en haut et en dehors du globe oculaire.

On a vu des hypertrophies simples de la glande lacrymale (Todd, Chassaignac).

TJiérapcutiqne. — Les kystes réclament les ponctions el les injections iodées, ou l'excision d'une portion du kyste; les cancers doivent être enlevés avec la glande. V. Fistule LACRYMALE (traitement par l'ablation de la glande lacrymale).

B.ACTATES. Sels formés d'acide lactique el d'une base. Plusieurs sont employés en médecine : 1° le luctate de cliaux, à la dose de 50 centigrammes à 2 et 3 grammes, dans la dyspepsie |3 ; 2" le luctate de fer, à la dose de 10 centigrammes à 1 gramme contre la chlorose; mais s'il est bon contre cette maladie il noircit les dents [3 ; 3° le lactate de quinine, à la dose de 1 à 2 grammes contre les fièvres E] ; i° le lactate de zinc, 1 cà 3 grammes dans l'ér pilepsie[3- Â

LACTATioiv. V. Allaitement. m

I.ACTSî«E OU SSi€RE DE S. AIT. Principe existant» qualité variable dans le lait de tous les mammifères. 11 y» a 8,70 pour 100 dans le lait de jument, 6,29 dans le m d'ànesse, de 3 à 6,20 dans le lait de femme, et 3 à hM dans le lait de vache. C'est à lui qu'on doit la transforc» tion du lait en alcool.

TACTIQUE (Acide). Acide découvert par Scheele daib le pelit-lait aigri, et trouvé dans un grand nombre de iratières végétales en fermentation.

On l'emploie sous forme de limonade [3 et de paslilk'^ dans la dyspepsie [+]•

EACI'OSCOPE. Instrument destiné à faire mesurer lii quantité de beurre renfermée dans le lait.

î,%CTUCAltIUM. Suc retiré des tiges de la lailue par incision, tantlis qu'en pilant ces tiges et en faisant évaporer les sucs on obtient la thridace. On en fait un sirop vanté comme calmant et adoucissant contre la bronchite'; mais, sous cette forme, ce médicament n'a aucune vertu narcotique à moins qu'on n'y mette secrètement une certaine quantité d'opium pour le falsifier. C'est un sirop n ne. jamais employer parce qu'on ne sait pas au juste f|ii"ll'' est la quantité d'opium qu'il renfernn'.

LAC-VII-IJ'JÊS (l)oubs). Eau ferrugineuse froide inu- ,( sitée. !

EAUîRERIE. La présence de cyslicerques dans le lissuji celhdaire et dans les nuiscies chez les porcs conlilue la i ladrerie. V. Cysticerque. j

La ladrerie rend la chair du porc dangereuse pour, l'alimentation de l'iionime, car, dans cet étal, elle est souvent, pour lui, la cause du ténia ou ver solitaire, des» kystes hydatiques à échinocoques et des cyslicerques.

La ladrei ie difière de la trichinose en ce que la chair di porc est dan-^ le pi'emier cas ' garnie de cyslicerques j

LAIT

LAIT

ndis que dnns le second elh; esl remplie de liicliines. ce mol.

L^IlUOPIITHAEMOS (Œil-de-Lièvre). On désigne us le nom de lagopht.iialmos un élat des paupières dans ijuel l'œil est à découveil d'une manière permanente, labsence des paupières et l'ectropion (V. ce mol) sont ux maladies qui se présentent avec ce caractère.

LAICIIË. Racine d'une plante de la famille des cypécées, chiendent roitge ou sahcpureille cV AUenuHjne, qu'on iploie en décoction, 15 à 30 grammes par litre d'eau (imme dépuratif. On s'en sert beaucoup pour falsifier la separeille.

LAIFOUR (Ardennes). Eau minérale ferrugineuse et euse froide.

|LAIT. Liquide sécrété par les femelles des mammiieres ur la nourriture de leurs petits, et dont on se sertbeauip en thérapeutique.

jOn emploie le lait de vache, d'ânesse, de chèvre et de jhent, et on les donne ennuture ou sous la forme de beurre e(de petit' lait.

Le beurre sert à faire des onctions sur la peau atteinte d rysipèle [+} ; des boulettes salées contre le rachitisme \T\ ; d boulettes sucrées dans l'angine et dans la bronchite.

.e petit-lait, non clarifié, est un remède adoucissant et n rilif qu'on donne à jeun à la dose de 200 à 300 gram-

II ^ dans la constipation [T], dans la dyspepsie [T] ^ dans It entérites chroniques sans diarrhée, c'est-à-dire dans le CHi rlie chronique des intestins Si enfin dans l'bypochonil • [+]• En général, les cures de petit-lait dans les maladie clu'oniques sont très-utiles.

.e petit-lait clarifié se donne comme légèrement purga- ' I pour aider à l'action d'un purgatif qu'on vient de faire (iiiulre [+]•

■(' lait en nature est un des meilleurs remèdes de ladys- |Hsie produite par une phlegmasie gastro-intestinale chroiii:i\ — On le donne dans l'hypochondrie l-t- -i-l, dans la

rilo aiguë et dans l'ulcère chronique simple de l'eslo-

III r+~+1, comme nourriture simple, une à dix tasses par (0 , seul ou coupé d'eau ou additionné d'eau de chaux, I. grammes par tasse, si les malades ont des aigreurs. ' V \ un moyen de guérison ou d'amélioration dans toutes le:ijnaladies chroniques. Pour faire la cure de lait et de pcît-lait avec toutes les conditions possibles de succès, il fai aller la faire à la campagne, et siu'Iout en Suisse, à Inilaken.

! je lait d'ânesse, qui contient moins de crème et moins c^ejaséutn que le lait de vache, s'emploie surtout comme afi icissant dans la bronchite chronique O et dans la #iiisieE].

\'i lait de chèvre est très-employé contre la diarrhée des ennts, et il passe pour être moins relâchant que le lait de ache □.

MTS MÉDiCAMENTEU.K. — Dilîérentes substances médica enteuses prises à l'intérieur, telles que les iodures, les nKcuriaux, la quinine, le soufre, passent dans le lait. On nsé qu'en mélangeant à la nourriture des vaches, des ses, quelques-ims de ces remèdes, on aurait ainsi un eau moyen d'administrer les médicaments aux en- . (Rounyer, Lahourdelte.)

est une bonne idée, mais elle est plus théorique que que, car le lait ainsi préparé étant très-cher et renant une quantité inconnue de substance active, ne toujours être employé. Si l'on veut se servir de lait

incorporant une qnanlllé détermijiée de sulislanee active. Dans ce cas, il faut prendre du lait de vache et y ajouter de l'iudure de potassium, du se! marin ou nii sel de mercure à une dose déterminée, de façon qu'on puisse se rendre compte de ce qu'on donne aux malades.

C'est lorsqu'il s'agit d'un enfant atteint de syphilis que la question se pose de savoir comment on lui administrera le mercure ou l'iodure de potassium, et s'il faut faire prendre ces médicaments en nature ou par le lait de la nourrice. Si l'enfant syphilitique est nourri par la mère également syphilitique, en faisant traiter la nourrice on traite l'enfant; mais si la mère n'a rien de syphilitique et que le mal provienne du père, ou s'il s'agit d'une nourrice mercenaire, il est dangereux de faire passer par le lait du mercure ou de l'iodure de potassium. Dans ce cas, il faut traiter directement le nourrisson. V. Syphilis.

Parmi les laits médicamenteux il faut citer :

i° Lait de Carragalieen. — Lait, 300 gram. ; mousse de Corse, 20 grammes. Faites bouillir, exprimez et aromatisez avec la fleur d'oranger. — Contre la bronchite chronique \±\.

2" Lait mercuriel. — Lait, 300 grammes ; liqueur de van Swieten, 30 grammes !+]■

3° Lait de poule, qui n'a rien de commun avec le lait et qu'on fait avec un jaune d'œuf battu dans l'eau chaude sucrée et aromatisée par la fleur d'oranger [+]• s'emploie dans la bronchite [+]•

W Laitioduré. — Lait, 300 gram.; iodure de potassium, 2 gram. — Dans la syphilis constitutionnelle des enfants FR.

5" Ijiit chloruré. — Lait, 300 gram.; chlorure de sodium, 10 à 30 gram. Dans la scrofule et la phthisie [T]-

6° Le lait vircjinal, qui n'a rien de commun avec le lait et qu'on prépare pour cosmétique du visage en mettant quelques gouttes de teinture de benjoin dans l'eau de roses. 11 s'emploie pour conserver la fraîcheur du teint.

7° Lait de soufre avec soufre, 5 grammes; camphre, li grammes; eau de roses, 200 grammes. Mêlez; contre la couperose.

8° Lait artificiel avec un jaune d'œuf; beurre de cacao fondu, 30 gram.; sucre, 20 gram.; eau, 250 gram. Pour faire une érnulsion (Bouchut).

LAITUE. Plante potagère de la famille des synanthérées, dont on mange les jeunes feuilles en salade. 11 y

pe

mâcamenteux, on peut le préparer directement en y

STjj. — Laitue,

en a deux espèces, la laitue vireuse, narcotique, dont l'extrait, 3 à 5 grammes, est sédatif, et la laitue cultivée, dont

LANG

LANG

on lire pnr incision quand la tige estmonlée en graine, un suc laiteux qui se condense el forme le lactucarium (V. ce mol], substance à peu près inerte. Le suc de ces tiges pilées et évaporées en extrait forme la thvidace qui est infiniment préférable.

liA MALOU (Hérault). Eaux minérales ferrugineuses et arsenicales bicarbonatées de 18 à 35", employées en boisson, en bains de piscine et de baignoire et en douches contre l'état nerveux, la chlorose et l'anémie ; contre les rhumatismes, les paralysies et les paraplégies [+].

LAMIIMAIRE. Espèce d'algue réduite à un très-petit volume par la dessiccation et qui se gonfle notablement par l'humidité. On s'en sert pour dilater les conduits listuleux et même le col utérin absolument comme on le fait avec de l'éponge préparée (V. Éponge). — La luminaire a sur l'éponge préparée l'avantage d'une introduction plus facile.

LABIOTTE (Isère) . Eaux minérales chlorurées, sodiques etbromurées, de 55 à 60°, employées en boisson et en bains contre les affections chroniques des voies digestivesl I. dans les rhumatismes et dans les engorgements articulaires chroniques [T], la scrofule, et dans la coxalgie dans les scialiques rebelles [+], dans les paralysies \+\ et dans les maladies de l'utérus.

LAMPOURDE OU PETITE BARDAKE. Plante de la famille des synanthérées, dont le suc, 30 à 100 grammes, est employé contre la scrofule, le goitre et le cancer

LAMPSAT^E (Herbe aux mamelles). Plante indigène de la famille des synanthérées. Les feuilles en infusion, h grammes par litre d'eau, se donnent dans l'herpétisme — . Pilées en cataplasme ou le suc des feuilles incorporé dans de la pommade, s'applique sur les engorgements laiteux du sein pendant l'allaitement I I.

liAl^CETTE. Instrument qu'on emploie dans la pratique de la saignée pour ouvrir les veines. 11 est composé d'une châsse formée de deux plaques d'écaillé, de corne ou d'ivoire, réunies par un rivet tenant entre elles la Jame de de l'instrument. La lame, à langue de serpent, est trèseffilée dans la lancette, un peu moins dans la lancette à grain d'avoine, et plus arrondie encore dans la lancette à grain d'orge que doivent employer les commençants.

Page 1