V. NOSOHÉSIIES
La leucocythémie est une nosohémie voisine du scorbut et de l'anémie; elle est voisine du scorbut par la dissolution de la fibrine, amenant des hémorrbagies, et elle ressemble à l'anémie par l'abaissement du chiffre des globules et l'accroissement de la quantité d'eau.
H y a des degrés différents de leucocythémie , et son état le plus faible s'observe à l'état normal d'une façon passagère dans l'indigestion , dans l'indisposition produite par la diarrhée, dans la diphihérite et dans les maladies infectieuses, etc.; ce n'est un état morbide imporlant que si les globules blancs deviennent un quart ou moitié des globules rouges.
La leucocythémie bien caractérisée n'est pas une altération primitive du sang comme l'hypoglobulie de la chlorose, c'est une nosohémie secondaire comme l'anémie des affections chroniques, et elle résulte toujours d'une lésion organique antérieure.
LEUC
LE lie
La leiicocythéinie s'observe souvenl avec l'hyperlrophie et la désorganisation tle la rate, qui peut être dix ou vingt fois plus volumineuse que de coutume , et comme alors le sang renferme des globules blancs sans noyaux analogues à ceux de la rate, la leucocythcmie est dite splénkjne.
Il y a des leucocythémies lymphatiques qui coïncident avec une hypertrophie générale des ganglions lymphatiques {adcmie) et où le sang renferme des globules blancs à noyaux semblables aux corpuscules des ganglions lymphatiques, comme si ces globules en circulation avaient pu pénétrer dans le sang et circuler avec lui
Non-seulement la leucocythémie existe avec les nosorganies de la rate et des ganglions lymphatiques, mais elle résulte des maladies du foie , de la phthisie pulmonaire, du cancer, de l'hypertrophie, des follicules isolés et organisés de l'intestin, c'est-à-dire de toutes les lésions organiques, et elle se produit aussi dans les parties enflammées à l'état de leucocythémie locale, et dans les cas graves de fièvre puerpérale à l'état de leucocythémie aiguë généralisée.
11 y a une JeucocytliPinie locale, circonscrite comme l'état inflammatoire, limitée au sang des vaisseaux d'une partie enflammée ; — une leucocythémie aiguë généi-alisée se montrant sur tous le points du corps dans les infections purulentes, et une leucocythémie chronique également générale, qui accompagne un certain nombre de nosorganies viscérales.
La leucocythémie chronique a tous les attributs extérieurs de l'anémie , doublée de l'état cachectique. Pâleur jaunâtre, souffles vasculaires, dyspnée violente, hydropisies partielles ou générales constituant l'anasarque, et dans quelques cas hémorrhagies sous-cutanées, muqueuses ou intra-organiques, avec ou sans fièvre.
La leucocythémie cachectique laisse les malades mourir d'épuisement, tandis que la leucocythémie hémorrhagique peut donner lieu à des épistaxis, des apoplexies cérébrales, des hémoptysies ou des hématémèses subitement mortelles.
Ou a vu des leucocythémiqucs avoir dans le tissu cellulaire des foyers hémorrhagiques assez étendus pour contenir de 30Ô à 1200 grammes de sang (Vigla).
La leucocythémie chronique a une marche très-lente et peut se prolonger plusieurs années sans aggravation de ses symptômes , mais elle est ordinairement mortelle, et le cas d'Âddinet Hewson , dans lequel la guérison a été constatée, doit être considéré comme très-rare.
Thérapeutique. — Il faut combattre le leucocythémie chronique par les médicaments toniques, si l'état des voies digestives ne s'oppose pas à leur usage. — C'est le traitement de l'anémie et de la chlorose. V. ces mots.
Le fer et l'arsenic sous toutes les formes et aux doses convenables ; les voj'ages , l'hydrothérapie, le massage et les bains de mer, les eaux minérales ferrugineuses, l'alimentation substantielle et le régime bien combinés sont ce qu'il y a de mieux à prescrire aux malades.
l.E5JCOPlltECMASIK. V. Œdème et Phlecmatia
Al.r.A DOLENS.
ï^EncORRllÉE (Flueurs BLANCHES). Il se fait souvent par le vagin et par le col de l'utérus un flux muqueux blanchâtre, abondant, sans lésion appréciable des parties, qu'on appelle leucorrhée.
Il ne faut pas prendre pour une leucorrhée l'issue d'un liquide albumineux, incolore, limpide, par le col,
chez les fenuues qui n'ont point eu de rapports sexuels, car cet écoulement est un phénomène physiologique {A. Després).
La leucorrhée est une maladie endémique des grandes villes, et là elle est peut-être contagieuse comme l'ophfhalmie catarrhale ou la grippe.
Les femmes dartreuses ou issues de parents dartreux sont très-souvent affectées de leucorrhée.
La constitution lymphatique et la scrofuleuse prédisposent à la leucorrhée.
Beaucoup de leucorrhées sont des vaginites chroniques.
Il y a une leucorrhée chlorolique r|ui résulte de la faiblesse de constitution et de l'appauvrissement du sang, mais chez quelques femmes c'est la leucorrhée qui, par son abondance, occasionne la gastralgie, la dyspepsie, l'anémie et la chlorose.
Presque toutes les femmes des grandes villes ont avant et après les règles quelques jours de leucorrhée.
Il est rare que la suppression des règles ne soil pas suivie de leucorrhée.
Les corps étrangers du vagin , tels que pessaires et sachets introduits pour maintenir l'utérus ou le guérir de quelque maladie, provoquent toujours delà leucorrhée.
La plupart des maladies du vagin et de l'utérus s'accompagnent souvent de leucorrhée, mais dans ces cas le flux est symptomatique et dépend de l'altération organique.
La grossesse produit quelquefois une leucorrhée trèsabondante avec ulcération du col utérin. V. Utérus, Grossesse.
Le liquide de la leucorrhée, ordinairement inoffensif e exempt de propriétés contagieuses, peut, exceptionnellement, dans les rapprochements sexuels, engendrer la blennorrhagie.
La leucorrhée, par son abondance et par les qualités irritantes du mucus sécrété, engendre .souvent l'inflammation vulvaire, la vaginite et les érosions du col de l'utérus.
Un écoulement vaginal, glaireux, ou muqueux, lactescent, jaunâtre, verdàtre, abondant, avec ou sans odeur, sans lésion primitive appréciable, caractérise la leucorrhée.
Des tiraillements lombaires , des douleurs dans les cuisses, de la pesanteur hypogastrique et de l'ardeur en urinant accompagnent souvent la leucorrhée.
Une leucorrhée abondante produit toujours de l'inappétence, des tiraillements d'estomac, de la gastralgie et de la dyspepsie, des palpitations, des névralgies multiples et mobiles, de la pâleur, et enfin tout ce qui caractérise l'anémie et la chlorose.
Comme la névralgie de la cin({uième paire produit de l'épiphora et l'irritation des joues, les névralgies lomboabdominale et utérine occasionnent de la leucorrhée et avec elle les érosions du col utériu.
Chez les petites filles, il y a une leucorrhée qui n'est ni vaginale, ni utérine, et qui résulte d'une phlegmasie vulvaire herpétique.
■ . Thérapeutique. — Il faut, pour traiter les femmes atteintes de leucorrhée, tenir compte de l'âge des sujets et des conditions étiologiques différentes de la maladie, afin de combattre par des médications spéciales les leucorrhées dartreuse, chlorotique, scrofuleuse, syphilitique, etc.
LEUC
La leucorrhi'e des petites filles lymphatiques, scrofuleuses ou dartreuses, doit être traitée parles bains de siège féculents, avec du son ou delà fécule E; par les bains sulfureux |+] , par les bains de siège d'eau de goudron r+^, d'eau de morello, de feuilles de noyer [±] , de feuilles de roses de Provins, d'eau mélangée de vin ou de vinaigre aromatique ; par les bains de sublimé, 1 gramme par bain [T] , etc. — En outre, on fera prendri; de l'huile de foie de morrue, du lard frit, du beurre salé, du sirop d'arséniate de soude, 5 centigrammes pour 300 grammes, une à quatre cuillerées à bouche par jour [3; enfin des lavements de coloquinte
Chez les jeunes filles, la leucorrhée chlorotique exige des soins de propreté, les mêmes bains de siège que chez les petites filles ; le vin de quinquina |T] , les préparations ferrugineuses |+ +| , les bains de mer et de rivière , l'hydrothérapie [3, le sirop d'arséniate de soude. V. Chlorose, Anémie.
La leucorrhée constitutionnelle qui dépend de la scrofule, du lymphatisme et de l'herpètisme, doit être traitée par des moyens semblables, principalement par les bains sulfureux et les eaux minérales sulfureuses ou alcalines, par l'iode, l'iodure de potassium et l'iodure de fer.
Dans tous les cas, sauf chez les jeunes filles, il faut prescrire des injections astringentes avec le sulfate de zinc, 4 grammes par litre d'eau [T]; avec l'acétate de plomb soluble, 2 grammes [±] ; avec la noix de galle [±], le tannin [+], les feuilles de noyer, le gros vin rouge bouilli avec des roses de Provins \±\, le nitrate d'argent, 50 centigrammes à 1 gramme par litre d'eau avec le permanganate de potasse, 5 grammes par litre.
On emploiera aussi les balsamiques :
Térébenthine de Venise ) „
Extrait de gentiane I
Gomme làiio ï ^ . ,
Snllato de fer ] "'•
Pour des pilules de 10 centigrammes ; quinze à (renie pilules par jour [T] (Walsh).
Le copahu en capsules, dix à trente par jour ; les dragées de copahu de Fortin ; le copahu solidifié avec la magnésie, 10 grammes par jour ; le mélange de copahu et de cubèbe à parties égales peuvent êire donnés
Le styrax en pilules, à 50 centigram. par jour [T] ; le seigle ergoté, 1 à 2 grammes par jour [+].
On peut employer enfin des vésicatoires volants à la l'égion lombaii e ; le cautère actuel à la même région, ou la cautérisation superficielle du col utérin. Mais ceci n'est convenable que dans les cas où la leucorrhée résulte d'une névralgie lombo-utérine (V. Névralgie). Dans le cas où la leucorrhée est constitutionnelle, lymphatique, ces cautérisations ne valent rien. — On peut encore les faire lorsque avec la leucorrhée il y a des ulcérations profondes du col de l'utérus. V. Utérus.
Les cautérisations de l'utérus, en cas de leucorrhée symptomatique d'une ulcération du corps de l'utérus, doivent être faites avec le nitrate d'argent si l'ulcèralion du col est peu profonde ; mais si elles sont profondes, couvertes de granulations faciles à faire saigner, c'est le ter rouge qu'il faut mettre en usage.
FORMULAIHE DE LA LEUCORRHÉE.
Infusion d'ophioglossum , fougère dite hmcjue-de-serpent
Mastic à l'intérieur, 1 à 2 grammes en émulsion avec de la gomme.
LEUC 803
Décoctiua d'année, 15 à 30 grammes par litre d'eau, en trois fois par jour (de Lens).
Sang-dragon, à prendre à la dose de 2 à 8 grammes parjour.
Extrait de monésia, l h Ix grammes parjour dans une potion. (Guillemin).
Infusion de bourgeons de sapin, 5 à 8 grammes par litre d'eau bouillante ; l'usage doit en être prolongé pendant un à deux mois (Méral et Lens).
Cadiou, à prendre 2 à h grammes en potion, par cuillerées.
Alun, 50 centigrammes à h grammes par jour en potion.
Limonade nitrique, 2 à grammes d'acide nitrique dans un litre d'eau (Péreyra, Compte rendu de la Société de médecine de Bordeaux, 1824) [3-
Emulsion de semences de chardon Notre-Dame [Carduus marianus] [+].
Baies de genièvre, dix à douze en décoction vineuse ; — huile essentielle, cinq à vingt gouttes.
Batanhia : extrait, 2 à l\ grammes en pilules, en solution ou en teinture; — racine en poudre, en infusion ou en décoction, à la dose de 4 à 15 grammes par litre d'eau.
Cannelle en poudre, 60 à 75 centigrammes {+} ; huile essentielle, quelques gouttes dans une potion.
Salicaire [Lythrum saJicaria), 73 à 150 centigrammes en poudre
Eau distillée de lavande, 15 à 30 grammes; huile es- Ecntiellc, quelques gouttes dans une lotion
Extrait oléo-résineux de cubèbe.
Il s'obtient en mêlant l'essence de cubèbe avec l'extrait résineux de ces fruits. On distille parFintermédiaire del'eau pour obtenir l'essence. On recueille ce qui reste dans la cucurbile, on l'épuise par l'alcool, on retire l'alcool parla distillation, et l'on obtient Vextrait résineux. Ce remède est peu usité. On le donne à la dose de 1 gramme par jour □.
Essence de cubèbe.
Se prescrit quelquefois eu capsules, à la dose de 2 grammes 13-
Essence concentrée de cubèbe.
Alcool rectifié à 33° 300 gi'ammcs.
Extrait oléo-résiuenx de cubèbe 100 id.
Mêlez. Dose : 5 à 15 grammes dans une potion. Rarement employée [3-
Baume de copahu.
On le prescrit quelquefois (t l'intérieur, contre les leucorrhées rebelles, à la dose de 5 à 10 grammes solidifiés avec de la magnésie [Tj.
Suppositoire au copahu.
Baume de copahu solidifié 1 „.
lienire de cacao ] 8''™ime3.
Extrait d'opium 2 centigrammes.
Pour un suppositoire contre les leucorrhées chroniques. On en emploie un le matin et un le soir FH.
(Colombat.)
80^1 l^l^Ur,
Pastilles de lactate de fer.
I^actate de protoxyde de fer 25 gramnu'g.
Essence de menthe 1 id.
Sucre Rasuenet 500 id.
Eau distillée de menthe q. s.
F. s. a. des pastilles à la goutte de 50 centigr.
On les prescrit à la dose de six à douze dans les vingtquatre heures, contre la chlorose et les accidents qui en dépendent [3-
Dragées de Gélis et Conté.
Lactate de fer 100 grammes.
Mucilage et poudre de guimauve q. s.
F. s. a. 2000 pilules que vous recouvrirez d'une couche de sucre aromatisé, comme on le fait pour les anis de Flavigny El-
Pilules de lactate de fer.
Lactate de fer ) 1 ^ra„»nn.
Poudre de guimauve ) °
Miel q. s.
Pour vingt pilules. A prendre deux à quatre par jour H-
Tablettes de lactate de fer.
Lactate de fer 30 grammes.
Mucilage de gomme arabique q. s.
F. S. a. des pilules du poids de 65 centigrammes, qui contiendront chacune 5 centigr. de sel E]- (Cap.)
Sirop de styrax.
Stvrax liquide 00 grammes.
Faites digérer pendant douze heures au bain-marie dans :
Eau simple 1000 grammes.
Passez, filtrez et faites fondre :
Sucre 2000 grammes.
Six cuillerées par jour [+]• (L'Héritier.) Pilules toniques.
Gentiane en poudre 33 grammes.
Clannelle "i
Rhubarbe , > aa 12 grammes.
Oxyde de fer noir )
Copahu solidilié ofticinal Oi id.
Mêlez. Faites des pilules de quatre grains. — A prendre six le matin et six le soir, dans la leucorrhée chronique,
lodure de fer.
Bon médicament, qui participe des propi'iétés du fer et de l'iode. Il est très-utile pour combattre la leucorrhée. On l'emploie à la dose de 1 décigramme à 2 grammes (+]•
Pilules de seigle ergoté.
Poudre réc. de seigle ergoté 2 grammes.
Extrait d'opium 2 centigrammes.
Sirop de gomme q. s.
Mêlez et faites six pilules ; deux par jour dans la leucorrhée [+]•
Élixir fortifiant.
Extrait de cascariUe ) . j,
r- , -, 1 ,• ! aa 16 grammes.
Extrait de gentiane ( °
Délayez dans :
Eau de menthe poivrée 1000 grammes.
Ajoutez :
Teinture de Mars astringente 60 grammes.
Filtrez.
On en donne quelques cuillerées par jour. Dans la leucorrhée [+].
LEUC PU ules astringentes .
Extrait de jusquiame i grammes.
.V/.otate d'argent 50 oentigramines.
Poudre de cantharidcs 00 id.
Sulfate de quinine 2 erammes.
Pour quarante piUdes.
Une malin et soiri I.
Injections de pyrothonide (Ranque).
On prend une poignée de linge, on la met dans une bassine peu concave, puis on allume successivement la toile à l'air libre, en ayant soin de la remuer pour que la bassine ne s'échauffe pas trop ; on jette ensuite le résidu charbonneux, et l'on trouve autour du vase un produit d'une odeur pénétrante ; on verse un verre d'eau froide pour le dissoudre : c'est la pyrothonide. On se sert de la solution aqueuse pure de cette substance, étendue plus ou moins, suivant la susceptibilité, pour en faire des injections [T] (Bouchardat).
Injection de Prinle.
Sulfate di' zinc 1 ...
Alun calciné T'' Sommes.
Faites dissoudre dans :
Eau pure 500 grammes.
Contre la leucorrhée chronique [±]
Lotion ou injection avec le tan.
Tan 4 grammes.
Eau bouillante 1000 " id.
Faites infuser pendant deux heures et passez. Injection ou fomentation vineuse avec les roses rouges.
Roses de Provins 60 gi'ammes.
Vin rouge 1000 id.
.Mettez le vin dans un vase couvert, avec les roses, et chauffez jusqu'à une température voisine de l'ébullition ; retirez du feu, laissez infuser pendant une heure et passez avec forte expression.
On ajoute souvent à cette préparation de 50 à GO gr. d'alcool, suivant la prescription FH.
Injections d'eau hydriodatée.
lodnre de fer 5 gramme;.
Faites dissoudre dans :
Eau piire 1000 giammes.
En lavements, lotions, injections. Contre les flueurs blanches. (Pierquin.)
Bain avec iodure de fer.
lodure i-le fer 30 grammes.
Faites dissoudre dans :
Eau 500 grammes.
Versez dans le bain. On augmente successivement la dose d'iodure de fei'. (Pierquin.)
Injection de tannin.
vin rouge du Midi 150 grammes.
Tannin pur 2 id.
Contre la leucorrhée. (Ricord.)
Injection de Girtanner.
Potasse caustique 5 déeigrammes.
Opium pur 2 id.
Faites dissoudre dans :
Eau distillée 600 grammes.
Dans le traitement des flueurs blanches El-
LEUG
LEUC
Solution iodo-tannique.
lotie 5 içiammes.
Tannin 45 id.
Eau 1000 iil.
F. S. a. évaporer jusqu'à réduction à 1000 gram. Pour injections vaginales [T]
Solution de perchloriire de fer.
Perchlorure de fer à 30° 15 giamaios.
Eau de morelle 1 litre.
Mêlez.
Pour injections vaginales m.
Injection avec la décoction de persicaire (Polygonum persicaria).
Injections vaginales d'acétate de plomb, 1 gramme par litre d'eau [+1.
Injection avec la décoction de noix de galle, 30 gr. par litre d'eau \±\.
Injections de chlorate de potasse, i gram. pour 250 gr. d'eau EJ.
Injection de racine de bistorte fraîche {Polygonum bistorta), 50 grammes d'eau FR.
Injection avec la décoction d'écorce de chêne, 30 gram. par litre d'eau, pour injections [T]-
Injections de sulfate de zinc dans l'eau, 15 à 30 gram. par litre d'eau [+]•
Injection avec du vinaigre rosa dans l'eau, 15 grammes par litre [+]•
Placer tous les jours, dans le vagin, une éponge imbibée de suc d'Vrtica urens [3 (Ginestet).
Ammoniaque en injection (Mérat et Lens), 3 gram. par litre d'eau.
Injections de solution alcoolique de sucliino,5 gram. par litre d'eau.
Injections avec sublimé, 80 cenligram. par demi-litre d'eau i-i- -n.
Cautérisation vaginale. La cautcrisalion de la muqueuse du vagin et du col de l'utérus peut se pratiquer avec des substances solides ou liquides ; mais avant il est utile d'absterger ces surfaces de toutes les sécrétions qui s'y produisent. Pour que l'injection puisse se faire convenablement et pénétrer jusqu'au repli vulvo-utérin , la femme, ainsi que le recommande Uicord, doit se coucher sur le dos par terre, sur un tapis, les pieds relevés et appuyés sur une chaise placée devant elle. Dans cette position, le bassin décrit un sinus, et l'ouverture vulvaire est plus élevée que la partie supérieure du canal. La canule de la seringue, recourbée et terminée en olive, doit être introduite au delà de l'anneau vaginal. Le liquide injecté doit rester à demeure trois ou quatre minutes, afin qu'il ait le temps d'agir sur la muqueuse : deux ou trois injections en vingt-quatre heures doivent suffire. On peut encore en favoriser l'action par le tamponnement partiel du vagin avec des boulettes de charpie ou de coton. La solution caustique au nitrate d'argent varie •depuis 1 gramme jusqu'à 4 grammes dissous dans 1 00 gr. d'eau distillée. On remplace les injections par un badigeonnage au moyen d'une éponge chargée du même caustique, fixée à une tige flexible (de baleine) avec laquelle on parcourt rapidement tout le conduit. En se servant d'un spéculum de verre, on peut porter également un caustique solide avec lequel on cautérise les muqueuses à mesure qu'on retire l'instrument. Il est utile de pratiquer plu-
sieurs injections d'eau froide dans l'intervalle des cautérisations.
Une solution tannique composée de parties égales d'eau et de tannin, dont le contact est parfaitement indolore, et la teinture d'iode au 12° de concentration, réussissent mieux dans la vaginite simple chronique.
Sachets médicamenteux. Dans les leucorrhées opiniâ très, les phlegmasies subaiguës du col utérin, les érosions et les ulcérations superficielles, l'emploi des poudres médicamenteuses, rend les plus grands services, amène le plus souvent la guérison.
Le quinquina gris, le ralanhia, le sous-nitrate de bismuth, l'alun, le borax, le calomel, la belladone et l'opium brut ont été employés (Duclos, de Rouen). V. Vaginite.
On façonne de la mousseline grossière en forme de doigt de gant, dont l'entrée ferme au moyen d'une coulisse et d'un fil ; quand le sachet est rempli de poudres médicamenteuses, on le baigne dans un peu d'eau tiède, et il ne reste plus qu'à l'introduire dans le vagin. La femme ellemême, et c'est là un des grands avantages de la méthode, peut sans difficulté se donner tous les soins. Le sachet doit être renouvelé tous les jours, et une injection d'eau tiède sera le plus souvent nécessaire pour maintenir la propreté.
Si l'on redoute l'activité spéciale de certaines substances, on leur donne un excipient, la farine de lin.
Cette farine étant onctueuse retient parfaitement les poudres avec lesquelles on la mélange, et, de plus, ses propriétés émollientes modifient heureusement les phlegmasies chroniques du vagin (Duclos).
Eaux minérales.
Eau minérale A'Abach (liasse -Bavière) hydro-sulfureuse, alcalino-ferrugineuse.
Eaux minérales A' Aix-la-Chapelle, bains de l'Empereur et de Saint-Corneille, hydro-sulfureuses, alcalines chaudes. — En boisson et en bains, d'un quart d'heure à une demi-heure.
Eaux hydro-sulfureuses A'Aix en Provence et A'Aix en Savoie ; en bains et en boissons, en commençant par les boissons.
Eaux de Suint-Amand (Nord), trois à six verres. Eaux sulfureuses de Castéra-Perduson (Gers), boisson et surtout bains.
Eaux sulfureuses de Gréoux (Basses-Alpes), boisson, bains et douches.
Eau ferrugineuse de Cransac (Aveyron), en boisson.
Eau ferrugineuse de Forges (Seine-Inférieure), en boisson, un à quelques verres.
Eau sulfuro-ferrugineuse d'Enccmsse (Haute-Garonne).
Eau sulfureuse de Louesche (Suisse). Injections et bains.
Eau alcaline de Luxeuil (Haute-Saône), bains, boisson et injections.
Eau alcaline du mont Dore (Puy-de-Dôme), boisson et bains.
Eau sulfureuse alcaline de Montmirail (Vaucluse), boisson et bains.
Eau alcaline de Saisît-Nectaire, boisson, bains et douches.
Eaux ferrugineuses de Tongres, près Maestricht. Eaux salines, ferrugineuses, alcalines de Tœplitz en Bohême.
Eaux de Tarascon (Ariége).
Eaux ferrugineuses de Passy (Seine),
LÈVR
LÈVR
Eaux ferrugineuses et acidulés de Saint-Pardoux (Allier).
Eau ferrugineuse de Trye-h-Chàteau (Eure). Eaux sulfureuses chaudes de PisciareUi dans le royaume de Naples, 120 grammes par jour avec du lait.
LEVIER. Le levier est un instrument jadis beaucoup employé par les accoucheurs depuis Roonhuyscn, et qui a été délaissé. On a préféré le forceps ajuste titre (Baudelocque).
Le levier est un instrument composé d'une cuiller comme celle du forceps, et muni d'un manche de bois. On l'applique chauffé et graissé comme le forceps, en suivant cette loi :
Placer le levier sur l'occiput, ne point l'engager trop loin, de peur de blesser le cou et une épaule et relever le manciie du levier en prenant point d'appui sur l'arcade du pubis, en faisant agii' l'instrument sur la tête du fœtus comme un levier du premier genre.
Le levier obtient le résultat que produirait la main si elle pouvait être introduite autour de la tète du fœtus. Seulement il est beaucoup moins intelligent que la main.
Le levier peut être employé à défaut du forceps, lorsque celui-ci est difficile à appliquer; il a donné de bons résultats dans la présentation du sommet, dans la présentation de la face et dans la présentation du siège, quand le tronc est dégagé.
En principe, quand la tête est dans le petit bassin, le forceps est toujours préférable au levier.
Dans la piésentation du sommet, le levier peut ramener la tête dans l'axe du bassin, suivant son diamètre transversal.
Dans la présentation de la face, il peut ramener la tête dans une direction droite, lorsque l'occiput est porté très en arrière.
Dans la présentation du siège, lorsque la tête est restée engagée après le dégagement du tronc, le levier est plus facile à introduire que le forceps (Coppée). Pour les cas où il faut aller vile, le levier a donc quelque avantage.
Dans certains cas de rétrécissement du bassin, tels que les cas de diminution du diamètre antéro-postérieur, le levier peut être utile là où le forceps ne peut réussir (Boddaert, Tarnier, Fabri de Bologne), il dirige la tête vers les parties les moins rétrécies du bassin, dans le bassin oblique ovalaire en particulier (Herbiniaux).
LÈVRES (Inflammation et kystes des gl.\ndules SALivAiREs). Les glandules salivaires isolées qui forment une couche sous la muqueuse des lèvres peuvent s'enflammer et former une petite tumeur rouge, douloureuse, avec gonflement plus ou moins prononcé de la muqueuse (Blandin).
Des kystes se forment aux dépens de ces glandes ; ils atteignent rarement un volume plus grand que celui du pouce; la tumeur est mobile, dure, tendue, et a une coloration grisâtre, analogue à celle des grenouillettes. Ces tumeurs renferment quelquefois du sang; leur siège, leur marche lente et leur accroissement régulier ne laissent aucun doute sur la nature du mal.
Thérapeutique. — Ou incisera les glandules enflammées. Les malades se gargariseront avec de l'eau de guimauve chaude.
Les kystes seront traités par l'incision et l'excision. Si la tumeur est petite, on pourra l'enlever en totalité à l'aide de deux incisions à croissant et par dissection.
Le séton est un bon moyen, mais il faut encore un assez long temps pour que la tumeur disparaisse, el il y a un inconvénient à maintenir les lèvres immobiles ;ce serait
trop longtemps gêner la préhension des aliments et la parole.
Lèvres (TuMEURS ÉRECTiLES DEs). Les tumeurs érectiles des lèvres sont en général situées vers les commissures, plus rarement sur la ligne médiane; elles off'rent des battements, se gonflent pendant les efforts, et sont réductibles ; elles s'ulcèrent facilement et donnent lieu à des hémorrhagies. On ne peut les confondre avec aucune autre lésion, si ce n'est avec l'anévrysme cirsoïde. Mais on se rappellera que les tumeurs érecliles sont congénitales.
Thérapeutique. — Les tumeurs érectiles limitées des lèvres réclament la ligature autour d'épingles traversant la tumeur. La cautérisation au fer rouge convient pour les tumeurs mal limitées, et l'on répète l'opération à plusieurs reprises. V. Érectiles {Tumeurs).
Lèvres (Cancer des). Le cancroïde des lèvres est un épithélioma qui prend naissance dans les papilles ou dans les glandes sudoripares des lèvres. V. Cancers.
L'épithéhoma papillaire des lèvres est constitué par des végétations croissant avec rapidité, reposant sur une base indurée et laissant suinter une odeur fétide.
On reconnaît l'épithélioma simple des lèvres aune petite saillie dure, indolente, qui ne tarde pas à se fendiller et à se recouviir d'une petite ci'oûte qui tondre et se reproduit incessamment. La lèvre inférieure en est ordinairement le siège.
L'épithélioma glandulaire se montre en général dans l'épaisseur de la lèvre supérieure ou inférieure ; il débute par une petite tumeur noueuse, dure, indolente, croissant avec lenteur. Le cancer encéphaloïde se montre aux lèvres comme dans les autres régions, et avec les mêmes caractères du cancer. On le distingue du cancroïde par sa marche rapide et par des engorgements ganglionnaires prématurés.
Par ordre de fréquence et de promptitude les adénites se montrent : dans le cancer encéphaloïde, l'épithélioma papillaire , l'épithélioma simple et l'épithélioma glandulaire. Dans cette dernière maladie elles sont rares avant l'ulcération : aussi cette tumeur a-t-elle pu être considérée comme une tumeur adénoïde plutôt que comme un cancer.
On ne peut confondre l'épithélioma simple qu'avec un chancre induré, mais on devra se souvenir que le chancre est induré et volumineux et qu'il y a des ganglions engorgés presque aussitôt que l'on a constaté une ulcération, et que le traitement local par les caustiques a une action sur l'induration.
Thérapeutique. — Avant de traiter un cancroïde des lèvres par les moyens chirurgicaux, on essayera du traitement antisyphililique pendant un mois.
Le cancroïde simple, ulcéré, sera traité par la solution :
Eau 100 grammes.
Cblorate de potasse 4 id.
Appliqué à l'aide de la charpie sur l'ulcération, et l'on administrera à l'intérieur la potion suivante :
Eau l istillie 100 grammes.
Sirop siuiiile 20 id.
Chlorate de potasse 2 ù 6 id.
(Bergeron.)
Si ce traitement, qui n'est pas d'un effet certain, échoue, on enlèvera la tumeur.
Les cancroïdes papillaires, les cancroïdes glandulaires, doivent être enlevés de bonne heure. En général, tous les cancers à marche rapide doivent être traités de cette façon.
LÈVR
LÈVR
Pour enlever un cancroïde des lèvres, couper la partie malade avec des ciseaux courbes (Dupuytren) est un moyen qui ne convient que quand la tumeur est très-petite ; mieux vaut cemprendre le cancroïde entre deux incisions formant un V et empiétant sur les parties saines, car les cancroïdes envoient souvent des ramifications profondes dans l'épaisseur de la lèvre. On réunit la plaie par première intention avec des épingles et la suture entortillée, on panse à l'eau froide et les malades sont tenus au lit pendant trois jours.
Lorsque les os sont malades, on les rnginera, et si l'on ne trouve point les limites du mal sur l'os, on réséquera une portion des os.
Lèvres (Chancre des). Le chancre des lèvres est dans presque tous les cas un chancre induré (Ricordj.
Une ulcération indolente sur une induration violacée des tissus, suintant de la sérosité et se recouvrant quelquefois d'une croûte (V. aussi bec-de -lièvre), en considérant la durée du mal, née chez un individu quarante jours environ après un contact virulent, est un chancre induré.
On ne confondra pas le chancre avec un cancroïde.