INGUINALE
Une tumeur au niveau du canal inguinal ou au-dessous, dure, tendue, douloureuse, accompagnée de vomissements de matières fécalo'ides et de constipation, est une hernie étranglée. Lorsque le sac herniaire ne contient que de l'épiploon, les selles existent, et le ballonnement du ventre est à peine marqué au moins pendant le premier jour. V. Hernie inguinale.
Chez un jeune sujet, une tumeur arrondie, réductible,
lout ou partie, descendant jusque dans le scrotum, Iransparente et fluctuante, est une hydrocèle enkystée du cor' don. V. Hydrocèle.
Une tumeur présentant un frémissement vibratoire à la percussion, fluctuante, plus ou moins, suivant la tension delà poche, saillante, sans altération de voisinage, et qui s'est développée très-lentement , est une tumeur hydatique. V. ce mot.
Une tumeur dure, immobile, quelquefois recouverte d'une poche liquide due à la formation d'une bourse séreuse accidentelle, développée lentement sans être frap chement réductible et sans douleurs, est une exostose.
Les sujets encore jeunes présentent à l'aine des tumeur^s dures, lobulées, indolentes à la pression sans phénomènes généraux, d'abord, mais qui entraînent ensuite une cachexie et des douleurs extrêmement vives dans les os des iles. La vessie et le rectum étant comprimés, l'œdème survient au membre inférieur. Il s'agit de cancer encéphalokle ou 'A" enchondro7ne des os du bassin; la dureté i'elativ(; est le caractère distinctif de ces tumeurs de mauvaise nature. Quelquefois il existe des battements dans les cancers des os et du bassin, mais il n'y a pas d'expansion, pas de bruit de souffle, et les artères des deux membres inférieurs battent avec la même force, ce qui n'aurait pas lieu s'il s'agissait d'un anévrysme. Il suffit du toucher rectal pour reconnaître les relations de la tumeur avec les os du bassin.
Une tumeur d'une dureté osseuse, occupant la fosse iliaque et saillante sous le ligament de Fallope, s'élendant au devant de l'articulation coxo-fémorale et immobilisant complètement cette articulation, alors qu'aucune lésion de l'articulation ne peut faire supposer la production d'osféophytes périarticulaires, est une ossification du muscle psoas (Société anatomique, 1862).
V engorgement cancéreux des ganglions de l'aine, indépendant d'un cancer ou consécutif k cette lésion , existe quelquefois chez des sujets âges de moins de trente ans, et souvent ciiez les vieillards, où il prend le caractère mélanique. L'indolence de la tumeur au début, l'accroissement incessant, et la débililation progressive de l'économie écarteront l'idée d'un engorgement ganglionnaire scrofuleux ou syphilitique. (V. Cancer, Mélanoses). Chez les vieillards, la marche des cancers ganglionnaires de l'aine est généralement plus lente que chez les jeunes sujets. V. Ganglioma et Ganglions lymphatiques.
Une tumeur saillante à l'aine et qui suit les mouvements du membre n'appartient pas à l'aine, c'est une tumeur du fémur produite par une exostose, par lui enrhondrome, par un abcès circonvoisin de la coxalgie, ou par une luxation ancienne de l'os.
AIî^iHUM. Maladie particulière à la race éthiopienne, dont le nom veut dire, dans la langue des nègres nagos, serrer. Le docteur Collas a observé la même maladie chez les Hindous, etla considère comme endémique. Cette afl'ection est assez fréquente chez les noirs africains ; elle présente, comme premier caractère important, de ne siéger qu'au petit orteil. L'éliologie en est encore à peu près entièrement inconnue.
L'ainhum commence par une légère dépression, un peu moins que demi-circulaire, occupant la face interne et inférieure de la racine du petit orteil, co'i'ncidanl avec le sillon digito-plantaire, sans ulcération permanente, sans douleurs internes, sans aucun phénomène inflammatoire susceptible d'attirer l'attention du malade. Le doigt va peu
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à peu s'écnrtant de son voisin, an moins d'une manière apparente, vers sa racine; mais à son extrémité liljre, au contraire, il se rapproclie parfois du quatrième doigt. I/organe augmente graduellement de volume à mesure que le sillon s'étend vers la face dorsale, puis la l'ace externe, de sorte qu'à la fin l'extrémité du doigt acquiert deux ou trois fois son volume ordinaire. Le sillon circulaire se creuse au point que le mince pédicule qui relie l'orteil malade au pied n'est visible que lorsqu'on écarte les surfaces opposées du sillon. L'épiderme devient chagriné, rugueux comme la peau du chien de mer; l'orteil, en s'arrondissani irrégulièrement, prend la forme d'une petite patate. L'ongle reste intact; mais, par suite de la rotation partielle du doigt, se tourne en dehors. Le sillon s'ulcère rarement, mais lorsqu'il est circulaire et trèsprofond, l'orteil acquiert une très-grande mobilité. A cette époque, la première phalange a complètement disparu au niveau du sillon. La marche de la maladie est lente, et entre l'apparition du sillon et la destruction de la phalange, il s'écoule un temps qui varie de une à deux années. Les malades éprouvent souvent, au début de la maladie, une douleur peu intense qu'ils comparent à celle que produirait un ver rongeur ; mais plus tard la mobilité de l'orteil devient une cause de gêne considérable dans la marche, la petite tumeur se portant à chaque pas sur le sol avant les autres orteils. Aussi les patients demandent-ils d'euxmêmes l'amputation, qui se fait d'ailleurs très-simplement d'un coup de ciseaux, et les plaies résultant de la section guérissent rapidement. L'ainhum attaque quelquelois les deux petits orteils.
L'examen anatomique et liislologique des tumeurs ainsi formées par la pédiculisation de l'orteil a été fait par le docteur Wucherer, dans un cas de M. Da Silva. La première phalange avait disparu, il restait à peine quelques traces de la deuxième, la troisième était moins réduite en volume. Le volume occupé par le tissu adipeux sous-cutané se trouve très-augmenté aux dépens des tendons, des os et autres tissus; on y rencontre à peine des traces de tissu conjonctif. Les cavités de la substance spongieuse des os sont plus grandes qu'à l'état normal, aux dépens des lamelles concentriques qui entourent les canaux de Havers, et sont remplies de globules graisseux ; les os sont comme cariés, mais il n'y pas de carie véritable ; on ne trouvé pas de traces de pus. L'épiderme est épaissi et rugueux. La maladie paraît, en résumé, consister en ime atrophie ou dégénérescence adipeuse des parties par défaut de nutrition (Colas) — (Da Silva).
Cette maladie est voisine de l'éléphantiasis.
AIR. Fluide gazeux, transparent, insipide et inodore, répandu par loute la nature, dans tous les interstices des atomes constitutifs de la matière, et formant autour de la terre une atmosphère d'environ 60 kilomètres.
L'air, composé en volume de 20,80 d'oxygène et de 79,20 ôi azote, est la source de la vie du globe et de presque tous les phénomènes de la nature telle que nous l'admirons. C'est le pabulim vitœ, et ses altérations par des gaz étrangers, par des miasmes, par des effluves, par des poussières minérales, par des animalcules invisibles, par des sporules infusoires, sont la cause de la plupart des maladies qui affligent l'humanité.
Mais si les maladies peuvent être la conséquence des altérations de l'air atmosphérique, sa pureté, son mélange avec des substances médicamenteuses et sa condensation peuvent être, en théi'apeutique, d'utiles auxiliaires de la guérison des malades.
De Vstlv en théi-apeutiquc. Le déplacement et le
changement d'air, surtout quand ils ont lieu des villes à la campagne, et sur la mer, sont toujours favorables aux maladies chroniques.
L'air des grandes villes est si défavorable à la prompte guérison des plaies, que les grandes opérations, telles que la kélotomie ou hernie étranglée, l'ablation d'un membre, l'ovariotomie et l'opération césarienne, y réussissent moins bien qu'à la campagne.
Les miasmes et les poussières végétales ou animales des villes entretiennent les maladies chroniques dans un état de gravité réel, car des maladies chroniques, certainement incurables, s'améliorent à la campagne, et, avec l'embonpoint, le teint et les forces reviennent d'une façon surprenante .
On guérit à la campagne des maladies qui ne guériraient pas à la ville.
La gastralgie, la chlorose, la dyspepsie, la langueur, et tout ce qui constitue la malaria urhana, guérissent trèsrapidement à la campagne, loin de l'agitation intellectuelle et de la corruption atmosphérique que l'homme engendre autour de lui.
11 y a une maladie de l'enfance, la coqueluche, qui cesse parfois en quelques jours par le déplacement à la campagne, tandis qu'à la ville elle aurait certainement duré pendant plusieiu^s mois.
Toutes les maladies chroniques accompagnées d'anémie et dans lesquelles il y a un notable affaiblissement de l'hématose, sont améliorées par le séjour à la campagne.
Certaines eaux minérales n'agissent favorablement sur les malades qui s'y rendent que par l'heureuse influence du changement d'atmosphère.
Dans certaines maladies chroniques, il vaut mieux aller voir que boire les eaux minérales.
L'influence de l'atmosphère marine est toujours trèsfavorable à la phthisie pulmonaire, et les tuberculeux qui peuvent naviguer pendant plusieurs mois s'en trouvent ordinairement bien.
Le changement d'atmosphère par le déplacement du nord vers le sud, conseillé avec tant de raison dans la phthisie, se joint à l'heureuse influence de la température moyenne, dont l'élévation est toujours très-favorable aux malades.
Changer l'atmosphère dans une de ces maladies endémiques, telles que la fièvre intermittente, ou l'hématurie, c'est assurer sa guérison.
La plupart des maladies produites chez l'homme par l'acclimatation dans les pays lointains, guérissent, quand fort à propos on sait renvoyer les malades au seiu de leur patrie.
Le changement d'atmosphère n'est pas moins util(> au moral qu'au physique, car il suffit d'éloigner momentanément le génie malade de l'atmosphère des sots, des jaloux, des envieux et des méchants, pour rendre à elle-même une àme menacée ou déjà atteinte de folie.
Air chaud. C'est pour chercher de l'air chaud qu'on envoie certains malades dans le midi de la France, en Algérie, à Madère, en Egypte, etc.; et en efl'el, il y a dans la température moyenne de l'air, qui est assez élevée, une ressource qui s'ajoute à l'état hygrométrique de l'atmosphère, et qui peut être très-utile aux maladies de poitrine
L'air chaud s'emploie localement en chirurgie pour fa-
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cililer la cicalrisation des plaies (.1. Guyol). C'est ce ^u'ou a appelé Vinmbatiuii des plaies.
L'air chaud et sec est employé en hydrothérapie pour amener la sudation qui doit précéder la pluie d'eau froide. C'est le bain d'étuve séehe.-
L'air chaud et humide s'emploie sous forme A'étuvc humide à 30° centigrades et a les plus grands avantages dans les maladies du poumon.
Air froid. L'air froid est peu employé en médecine, car il n'a en général que des inconvénients, mais il est très-utile aux personnes d'un certain âge qui sont sujettes à rapople.vie. — Dans ce cas, les malades doivent se priver de feu et vivre dans une atmosphère de 15 degrés centigrades.
\iv refoulé. Quand on court vite, quand on respire fortement et souvent, quand on monte à cheval ou que l'on fait un exercice respiratoire qui refoule l'air dans les poumons, qui déplisse profondément ces organes, qui en augmente la capacité, c'est l'aspiration forcée (Banuidge) . C'est une méthode qui rend de grands services à la thérapculi([ue.
L'aspiration forcée est ti'ès-utile dans la congestion pulmonaire chronique, dans la pleurésie en convalescence, au début de la phlhisie pulmonaire et dans toutes les maladies des organes l espiratoircs.
AU- eoniprîmé. La pression atmosphérique évaluée avec le baromètre et mesurée par une colonne de mercure de 28 pouces ou 76 centimètres, charge l'homme d'un poids énorme quoique insensible ; mais ses variations ont une telle influence sur l'organisation qu'on a imaginé de les utiliser en thérapeutique, et qu'on a essayé de soumettre l'homme à une pression plus forte pour le guérir de l'asthme, de l'hémoptysie, de la bronchite et de la phthisie f+l; Pravaz ; Gent. C'est le traitement par Vair comprimé.
Pour employer l'air comprimé, on a un grand appareil spécial de fer battu résistant, garni de glaces transparentes épaisses, dans lequel sont assis les malades causant ou lisant autour, d'une table, et dans lequel on refoule peu à peu de l'air pour augmenter la pression à 1 atmosphère î /2 ou '2 atmosphères mesurées au manomètre extérieur.
Sous l'influence de l'air comprimé, la respiration s'accélère, le pouls se ralentit, devient fdiforme, et si l'on augmente la pression, ce qu'il ne faut pas faire, il se produit des bourdonnements et des douleurs d'oreilles qui cessent au bout de quelques minutes.
Jusqu'à une certaine augmentation de pression dans la cloche à air comprimé, il se fait à chaque inspiration une absorption plus grande d'oxygène, mais passé ce degré, la pression ne fait plus rien sur l'absorption de l'oxygène.
Les bains d'air comprimé durent de une à quatre heures et demie et doivent avoir lieu tous les jours. C'est à l'absorption exagérée d'oxygène par les poumons, sous l'influence de séances quotidiennes d'une heure dans la machine à air comprimé, qu'il faut attribuer l'amélioration produite par ce traitement dans la congestion pulmonaire simple[+]; l'i bronchite chronique, dansFasthme. dans l'hémoptysie et dans la phthisie pulmonaire [+].
Les bains d'air comprimé peuvent être utiles dans la surdité catarrhale en amenant la désobstruction de la trompe d'Eustache et en modifiant le vascularité de la
nmqueuse (Pravaz). Ces bains se donnent d'abord à la pression de 60 centimètres qui l'eprésente k/5 d'atmosphère, pression qui peut ensuite être portée à 85 centimètres, c'est-à-dire, l'atmosphère et un septième environ. S'il n'y a pas autre chose qu'une phlegmasie chronique de la trompe, l'action de l'air comprimé peut être très-utile.
Aîr î'jsB-éfîé. Quelques médecins accordent à Voir / «ré/lé des vertus presque semblables à celles de l'air comprimé, et ils expliquent les avantages du dernier en disant que ses effets toniques se produisent au monu'utdela raréfaction atmosphérique relative qui s'opère par le retour à l'air Ubre. C'est une opinion à vérifier.
En appliquant l'air raréfié à la thérapeutique, M. .lourdanet a voulu employer le défaut de pression atmosphérique pour modifier les rapports des gaz contenus dans le sang, pour faciliter l'exhalation de l'acide carbonique ef la conservation de l'oxygène, ce qui augmenterait l'artérialisation du sang □.
On emploie Vair raréfié dans un appareil formé d'une chambre à parois métalliques sul'fisamment épaisses , éclairées de glaces résistantes, où l'on fait le vide à 55 ou 70 centimètres mesurés au manomètre extérieur, et où l'on place tous les jours, pendant une heure, les malades ([ui ont besoin.
Les séances d'inhalation d'air raréfié s'emploient contre Vunémie, contre la chlorose, contre la dyspepsie, contre les congestions chroniques, contre la leucorrhée, contre la diarrliée, contre la phthisie etc.
Lesbains d'air raréfié, en modiliantle cours des liquides et appelant au dehors des gaz contenus dans l'organisation, acliventrabsorptioninsterstitielle et favorisent ainsi la résorption des épancliements internes ou de certains produits morbides □.
Air inas-lii. L'air qu'on respire sur les bords de la mer est, à une certaine hauteur de 50 ou 60 mètres et dans une étendue de 300 mètres, tellement saturé de particules salines, que si l'on expose un linge au dehors, ce linge, lavé , donne une solution qui précipite par le nitrate d'argent et dontle pré.cipité se dissout dans l'ammoniaque. Il n'y a donc pas à douter que constamment, parles temps doux et par les tempêtes, l'atmosphère marine qui dessèche la végétation des basses côtes ne soit chargée de sel marin, aussi celte atmosphère est-elle vivifiante ou stimulante et doit-on la considérer comme un moyen utile dans la chlorose, dans la scrofule et dans toutes les convalescences.
Airinértîeiiialou Aamosphèi-ecltargccde vji|M'8ii's médicnmeHtejiscs. On emploie souvent pour la lliérapeutique des maladies de poitrine la respiration d'un air imprégné d'odeurs, de vapeurs, de gaz ou de poussières médicamenteuses, telles que le musc, la valériane, l'iode, le goudron, l'acide phénique, les émanations d'une établc ou d'une usine à gaz d'éclairage ; le gaz oxygène, le protoxyde d'azote, l'éther iodhydrique, les vapeurs de papier arsenical, les vapeurs de papier nitré enflammé, les poussières d'eau minérale, etc. Ce sont des procédés curatifs dont il sera question plus loin. V. Inhalation.
Ail!' dans les veines (ENTRÉE DE l'). Lorsque l'air s'introduit dans les veines où peut se faire sentir l'aspiration thoracique pendant le cours d'une opération sur le cou ou dans l'aisselle, après une plaie de ces régions ou l'ouverture d'un sinus de la dure-mère, un sifflement caractéristique se fait entendre, et le malade tombe en syncope ou
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est pris de convulsions tétaniques, et meurt en [icu d'instants (Bauchêne, Dujiuytren, Velpeau).
L'air agit sur le cccur comme agent sédatif et paralyse ses fibres musculaires, parce qu'il est insoluble dans le sang (Oré).
Thérapeutique. — Dans les opérations, pour prévenir l'entrée de l'air dans les veines, on évitera de faire exécuter des mouvements qui tiraillent ces vaisseaux. Si une veine un peu grosse se présente, ou la liera avant de la couper, si un sifflement léger se produit par suite d'une piqûre de la veine, le chirurgien fera appliquer le doigt d'un aide sur la plaie et liera au besoin. Mais il vaudra mieux laisser un doigt sur la plaie jusqu'à la fin de l'opération et comprimer ensuite, car la ligatui'e des grosses veines est toujours dangereuse.
Si l'air est entré en assez grande quantité pour engendrer de graves désordres, si une syncope survient, on appliquera le doigt sur la veine ouverte pour empêcher une nouvelle introduction d'air. On pratiquera la respiration artificielle sans ou avec trachéotomie (Warren). Mais on devra recourir à l'électricité le plus vite possible avec un appareil d'induction ; on élcctrisera par la plaie, ou par une incision faite au cou sur le trajet du pneumogastrique, ou par une plaie faite au thorax, un des pôles de la plaie étant placé sur la région du cœur (Oré).
AIRELLE (Myrtille, Raisin DE bois). Arbuste indigène de la famille des vacciniécs, dont les baies, d'un bleu pourpre, peuvent se manger, niais sont d'une saveur acidulé, douceâtre et ont une vertu astringente. Elles sont peu usitées.
AISSELLE. L'aisselle est une région où s'observent des abcès superficiels et profonds, des abcès par congestion, et différentes tumeurs.
Aifiiiselle (AttcÈs DE l'). Il y a plusieurs sortes d'abcès de l'aisselle, les uns superficiels, les autres profonds, et les autres chroniques ou symptomati([ues d'une carie osseuse.
I. Abcès tuhéreux deV aisselle. Une inflammation autour des glandes sébacées et sudoripares est ordinairement suivie de la formation d'im ou de plusieurs abcès superficiels d'un petit volume qui ne s'accompagnent pas de fièvre. '
Une simple cuisson et quelques éiancenrents annoncent le début d'un abcès tubéreux ; peu à peu une petite tumeur se forme dans l'épaisseur de la peau amincie, rouge ou violacée, et le foyer s'ouvre huit ou dix jours après le début de la maladie.
Thérapeutique. — C'est la malpropreté entretenue par les sueurs qui cause les abcès tubéreux, et on les préviendra par des applications de poudre d'amidon et de lotions savonneuses. Si une ou plusieurs tumeurs se sont développées, on ouvrira les plus volumineuses et l'on appliquera des cataplasmes émoUients sur les autres.
II. Ahi'és soas-cutanés. Les abcès superficiels de l'aisselle sont des abcès chauds sous-cutanés qui succèdent à une plaie non soignée, et quelquefois à un abcès tubéreux.
Thérapeutique. — Au début de l'inflammalion, ou devra tenler de prévenir la suppuration |iai' une application de cinq à huit sangsues, et l'on ouvrira de bonne heure une issue au pus, trois ou quatre jours après le début de l'inflammation, dès que la fluctuation sera certaine.
III. Abcès profonds de l'aisselle. Lors([ue, après une adénite profonde datant de dix à douze jouis, un gan-
glion superficiel de l'aisselle roulant encore sous la peau, présente de la fluctuation et vient se présenter pour ainsi dire au bistouri, c'est un abcès enkysté d'un ganglion. ! Lorsqu'un ganglion profond est enflammé, le tissu cellulaire de l'aisselle se prend, ■an empâtement mal limité envahit le creux axillairc, la fièvre s'allume, un abcès se forme, la peau rougit, s'œdématie, et l'on sent une fluctuation profonde.
Quand la suppuration du tissu cellulaire a marché plus vite que celle du ganglion, il y a un véritable phlegmon de l'aisselle fusant de tous côtés, et pouvant aller sous l'omoplate, dans le creux sus-claviculaire, dans le médiastin (Velpeau), ou passant dans la cavité pleurale à travers les espaces intercostaux (Velpeau).
Les abcès phlegmoneux simples de l'aisselle marchent très-vite, lorsqu'ils sont la conséquence d'une inflammation de la bourse séreuse située sous l'omoplate, mais ils sont un peu lents à guérir après l'ouverture.
Thérapeutique. — Si le pus occupe uniquement un ganglion, l'opération ne presse pas et l'on incisera quand la fluctuation sera évidente.
Si le pus est formé dans un ganglion autour duquel le tissu cellulaire participe à l'inflammation, on appliquera dès les premiers jours quinze sangsues, puis des cataplasmes émollients après avoir fait des frictions mercurielles ; on hâtera la suppuration ou on la préviendra par l'application d'un vésicatoire ; mais dès que la peau sera rouge et œdématiée, quoique la fluctuation ne soit pa^manifeste, on ouvrira le foyer. En principe, les abcès de l'aisselle comme les abcès du cou ne sont jamais ouverts trop tôt (Delamotte).
Les abcès phlegmoneux du tissu cellulaire de l'aisselle, au troisième jour après le début de l'inflammation, doivent être ouverts, dùt-on faire une incision dite préventive. Il faut à tout prix éviter que le pus ne fuse ; il n'y a pas même d'exception pour les abcès développés autour des anévrysmes, seulement il est de règle, dans ce dernier cas, d'inciser couche par couche les -téguments, et de se tenir prêt aller l'artère axillaire dans la plaie, ou la sous-clavière entre les scalènes.
Lorsque les abcès de l'aisselle ont été ouverts tardivement, il y a souvent stagnation du pus dans le foyer. On n'hésitera pas à faire des contre-ouvertures, on placera des tubes perforés (Ghassaignacj, et comme le tissu cellulaire de la peau de l'aisselle a été détruit, en produisant de vastes décollements, l'abcès sera long à se cicatriser. On pansera avec le cérat styrax, et l'on tâchera de favoriser le retour de l'embonpoint et la réparation du tissu adipeux de l'aisselle par une bonne nourriture.
Des mouvements légers devront être exécutés par le chirurgien, sur la cicatrice qui se forme, afin de prévenir les rétractions consécutives ; si des brides existaient plus tard, on les sectionnerait par la méthode sous-cutanée. S'il y avait une perte de substance ou une cicatrice trop l'étractée, l'autoplastie pourrait devenir nécessaire ; on taillerait alors un lambeau sur la paroi antérieure de l'aisselle, et l'on tordcrait son pédicule pour combler la perte de substance du creux axillaire.
IV . Abcès chroniques et abcès par congestion de Vaisscltr. Des abcès ganglionnaires consécutifs à la fonte tuberculeuse d'un ganglion, des abcès circonvoisins produits par une arthrite scapulo-lmmérale, ou une nécrose de l'omoplate, des abcès par congestion après une carie ou une ai'thi'ite cervicale, et même un abcès dans les médiastins qui a suivi les vaisseaux sous-claviculaire^ et axillaires, proéminent quelquefois dans l aisselle. Indo-
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