MOXA
MUGU
lUOl'TAKDE. Piaille de la faniille des crucifères, fournissant deux espèces employées en médecine. — H y a d'abord la moutarde noire, dont les graines broyées avec du vinaigre sont employées comme condiment, et dont la
t^ig. 458. — Moutarile.
farine sert à préparer les sinapismes (V. ce mot). — 11 y a ensuite la moutarde blanche, dont les graines s'administrent à l'intérieur et entières, à la dose de deux à trois cuillerées par jour dans de l'eau, pour guérir certaines diarrhées atoniques [T^, certaines constipations dues au catarrhe de l'intestin [+]•, et enfin pour soulager l'hypochondrie causée par une phlegmasie intestinale chronique [+1.
MOllZilA-LES-MIXES. Eaux minérales bicarbonatées et sulfatées sodiques, situées au Frais-Vallon, à 3 kilomètres d'Alger. On les emploie comme eaux de table. Elles ont une température de 20° centigrades.
MOXil (Cautérisation japonaise et chinoise). Le moxa est une cautérisation de la peau produite par la chaleur d'un corps enflammé, et qui, par la prolongation de la douleur qu'elle cause, a un effet utile pour certaines névralgies et pour les maladies de la moelle.
Fis. 4.50. — Porte 1110X11 à fn'Ossibn continue.
Pour faire un moxa, on roule du coton cardé, de manière à en faire un cylindre très-serré et enveloppé par une bande de toile ou de calicot. On coupe avec un rasoir un cylindre de 2 centimètres, on le place sur la peau humectée avec un peu d'eau ou avec une solution de gomme pour coller le moxa à la peau (Pouteau) \±\.
Ou bien on roule un morceau de calicot préalablement imbibé de sous-acétate de plomb liquide, et on laisse sécher ; on en coupe un cylindre comme précédemment, et on le place de même (Marmoral, Guepratte) [+]•
On se sert encore de papier brouillard trempé dans le liquide suivant : eau , seize parties ; bichromate ou chromate de potasse, une partie. On fait sécher le papier et l'on en fait des cylindres très-serrés (Bouchardat). Ce moxa donne peut-être une chaleur trop vive □.
On a fait aussi des moxas avec du coton cardé imbibé de nitrate de potasse et roulé serré (Percy) □.
Quelle que soit la substance employée, on maintient en place le moxa avec le porle-nioxa à pression continue.
On allume le moxa, et l'on surveille le malade, qui éprouve quelquefois des douleurs très-vives. Si le moxa ne brûle pas , on peut en activer la combustion en soufflant dessus avec un tube.
Lorsque le moxa est consumé, on nettoie l'eschare avec de l'eau tiède et l'on y place un morceau de diachylon ; plus tard, lorsque l'eschare est détachée, on panse simplement.
Si la douleur éprouvée par le malade est vive, on donnera des antispasmodiques ou simplement une potion avec 30 grammes de sirop diacode et 30 grammes de sirop d'élher. Si l'eschare est très-douloureuse, on appliquera un cataplasme sur la région.
En règle générale, un moxa qui brûle lentement est une cautérisation très-douloureuse, et un moxa qui brûle vite n'a pas plus d'effet qu'un cautère au fer rouge.
Sous le nom de moxa tempéré (Regnault), on désigne de petits cylindres de coton roulé qu'on brûle sur un morceau de drap mouillé. Ce moxa ne produit pas d'autre effet qu'un vésicatoire à l'eau bouillante.
MUCÉnilN'ÉES. Champignon de la famille des cystosporées, formé par les moisissures développées à la surface des substances animales et végétales altérées par le con-j tact de l'air. • \
On empêche le développement des mucédinées en abritant du contact de Pairies substances organiques, en leur faisant subir une fumigation d'acide sulfureux ou en les mettant en contact avec les émanations de Pacide phénique.
Quand les mucédinées sont avalées avec les aliments elles déterminent des vertiges, la céphalalgie, des vomissements et un malaise inexprimable, qu'il faut combattre par un vomitif, puis par du thé et de Pinfusion de mélisse.
MUCILAGES. Préparations visqueuses obtenues par la dissolution ou par la suspension d'un principe gommeux dans l'eau. On les emploie comme émollient sous forme de lotions, de fomentations, de lavements et de tisanes. Les mucilages de gomme, à'amidon, de gomme adragant, de semences de coings, de graine de lin, de racine de guimauve, etc., sont les plus usités.
mUDAR. Plante indienne de la famille des apocynées, dont la racine en poudre a été employée pour guérir la lèpre, l'éléphantiasis et la syphilis □.
MUtiDET ( Pathologie). Il y a une forme de stomatite dans laquelle il se produit à la surface interne des lèvres et de la bouche des granulations blanchâtres, caséeuses,. remplies d'un parasite végétal appelé Oidium albicans, c'est le muguet (Ch. Robin).
Le muguet esl quelquefois, idiopathique chez les enfants nouveau-nés, de bonne constitution, et il guérit toujours sans présenter de sérieuse complication.
Le muguet des nouveau-nés est ordinairement symptomatique d'une légère irritation d'entrailles, révélée par Pérythème des fesses et des excréments liquides verdàtres.
Dans la seconde enfance et chez Padulte le muguet est toujours symptomutique d'une entérite chronique, de la tuberculose pulmonaire ou d'une affection cancéreuse.
Chez Padulte , le muguet qui survient dans le cours d'une maladie chronique est l'indice d'une mort prochaine.
MUGC
MUSC
Le muguet s'annonce chez l'adulte pai' la chaleur du pharynx, une certaine douleur de déglutition, la desquamation de l'épilhélium buccal, l'acidité de la bouche, et ce n'est qu'au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures que se montre l'exsudation miliaire, blanche, où germe l'Oidhm albicans.
Le muguet est quelquefois très-confluent et forme une couche presque générale à la surface de la langue, du voile du palais et du pharynx, de façon à gêner la déglutition. — ■ On l'a vu par exception dans l'œsophage, dans l'intestin et au pourtour de l'anus.
L'Oidium albicans est la conséquence de la stomatite qui caractérise le muguet, el l'on trouve quelquefois dans la bouche des exsudations de muguet dépourvues de toute moisissure.
Jj'Oidium albicans est un parasite végétal développé dans la sécrétion du muguet, et caractérisé par des tubes cloisonnés, remplis de sporules, et par des spores libres au milieu de mucus et de cellules d'épithélium pavimenteux (Ch. Robin).
On voit de temps à autre le muguet au pourtour de l'anus et sur le sein des nourrices, mais cela est rare.
Thérapeutique. — Un gargarisme à l'eau de Vichy pure suffit pour prévenir le muguet.
On guérit le muguet par des gargarismes et par les collutoires alcalins : soit l'eau de Vichy, soit du bicarbonate de soude, 15 gr. par litre d'eau, ou le borax uni au miel.
Collutoire.
Miel blanc 30 gnmum:».
Borax iO id.
Mêlez. Pour frotter les parties afl'ectées de muguet, trois fois par jour, au moyen d'un pinceau de linge.
Collutoire.
Kicni'bonale de soude 5 gi-uiumes.
Miel blanc 20 id.
A employer de la même manière.
On a conseillé, comme topique, le vinaigre, le suc de citron, l'acide hydrochlorique affaibli, les cautérisations au nitrate d'argent, etc. ; mais ces moyens ne valent pas mieux que le borax. 11 en est de même du sulfate de zinc, 1 gram. pour 30 gram. d'eau de laitue, employée comme topique. Cette substance ne vaut pas le borax.
Muguet (Botanique). Plante indigène de la famille
Fig. 460. — Muguet.
des asparaginées dont la racine en poudre est employée comme sternutatoire f+1,
BOCCHUT ET PESPRÉS. 2' édit.
IflURIEK IN'OlK. Arbre de la famille des urlicées, dont les fruits acidulés et astringents servent à préparer un sirop employé contre les angines pharyngées, érythémateuses ou granuleuses, et contre l'amygdalite [+]. On la mêle à une décoction de feuilles de ronces.
MSJSC. Matière animale très-odorante, sécrétée par le mâle d'un clievrolin du Thibet, le Mosc.hus tuosctiiferus, et qui se trouve dans une poche placée entre l'ombilic et les organes de la génération.
Le musc est très-employé en médecine comme stimulant et comme antispasmodique \+ +\. On le donne en pilules ou en potion, à la dose de 50 centigram. à ?, gram. par jour, et sous forme de teinture 2 à 5 grammes dans un julep gommeux. Il s'administre dans les pneumonies ataxiques avec délire [+], dans les fièvres adynamiques graves[+], dans l'hystérie [+], dans la coqueluche [3. dans le spasme de la glotte chez les enfants i-t- -t-i . dans le tétanos \±] et dans toutes les affections nerveuses.
A haute dose, il pèse sur l'estomac, provoque des nausées ou des vomissements, sèche la gorge, produit de la céphalalgie, du vertige, de la somnolence, de la fièvre el quelquefois des convulsions.
ML'SCADîC. Noix d'un arbre des Moluques, appartenant à la famille des myrticées. C'est un condiment utile et qu'on emploie quelquefois en médecine comme antispasmodique en poudre à la dose de 1 à 2 grammes. Ou en retire une huile grasse appelée beurre de muscade, et qui s'emploie dans les mêmes circonstances. La muscade fait partie du bjume nerval.
MUSriLES (Maladies des). Des lésions traumatiques, des altérations iiitlammatoires, des dégénérescences, épaississements iibreux ou gommeux, et des entozoaires constituent les lésions des muscles. V. Atrophie musculaire, Cysticerque, Kystes, Hydatides, Gommes.
I. Plaies des muscles. — Les plaies des muscles sont caractérisées par une solution de continuité tendant à s'écarter, puis par un boursouflement du tissu qui se recouvre de bourgeons charnus, et se cicatrise aussi facilement que le tissu cellulaire et le tissu osseux, sauf que le muscle ne se répare pas, un tissu fibreux réunit ses bouts divisés.
Les muscles coupés donnent lieu à des hémorrhagies uu'on peut arrêter par la ligature des artérioles et par la compression.
Les extrémités divisées des muscles ne se rétractent outre mesure que quand il y a une myosite et des suppurations de gaines des muscles et du tissu cellulaire : c'est dire que la rétraction ne se produit pas dès le premier jour. Cette propriété pathologique des muscles est cause de la conicité des moignons.
Thérapeutique. — Après la ligature des artères qui donnent du sang par jet, les plaies intéressant les muscles seront traitées par le bandage unissant formé avec des bandes de diacliylon divisées à leur extrémité en trois chefs que l'on imbriquera pour rapprocher les lèvres des plaies. Une compression modérée sera exercée au-dessus et au-dessous des plaies des muscles. Réunir par première intention en embrassant le muscle dans la suture est un procédé de réunion souvent inutile. On pansera simplement. Si l'inflammation survient, on aura recours aux antiphlogistiques. V. Myosite.
II. Contusion des muscles. — Les contusions des muscles peuvent présenter tous les degrés, depuis une simple suffusion sanguine jusqu'à la destruction de portions des
MUSC
MUSC
muscles, et des épanchements de sang abondants (Lychard, Legouest) .
Les contusions des muscles sont quelquefois le point de départ d'une dégénérescence graisseuse.
Thérapentiqiie. — Sur les contusions sans épanchenient de sang, on appliquera quatre à huit sangsues ou quatre ventouses scarifiées, puis on appliquera des compresses d'eau blanche et l'on comprimera.
S'il y a des épanchements abondants, on fera la coni pression par-dessus des compresses résolutives.
On traitera la myosite et un abcès par les moyens appropriés.
Lorsque les mouvements seront difficiles dans le muscle, après la guérison de la contusion, on aura recours au massage avec les doigts et aux douches, à la gymnastique et à l'électrisation répétée tous les deux jours. V. Paralysies MUSCULAIRES.
m. Rupture des muscles (Roussille, Cliamseru, J. Sédillot, 1817). — Les muscles se rompent sous l'influence d'un effort brusque avec coniraction énergique du muscle : une phlegmasie antérieure de ces organes, une inaction prolongée, favorisent ces ruptures (Velpeau).
Les muscles se rompent quelquefois pendant les convulsions tétaniques et les convulsions épileptiformes.
La dégénérescence des muscles, la régression de la fibre musculaire, dans la lièvre typhoïde par exemple, favorisent la rupture musculaire (Hayem).
Les déchirures des muscles sont partielles ou complètes, et ce sont les muscles de l'abdomen (Lassas), les muscles des gouttières sacrées, le biceps et le triceps crural et le plantaire grêle qui ont été vus rompus totalement.
Les déchirures partielles des muscles ont lieu sur tous les muscles, mais le plus souvent elles existent dans la couche musculaire des gouttières sacrées ; c'est le lumbago traumatique. V. Lumbago.
Lorsqu'un muscle est rompu en totalité, il y a une douleur vive au moment de l'accident ; les mouvements auxquels préside le muscle sont abolis ; pendant les efforts, il y a un écartement sur le trajet du muscle ; lorsque la lésion est récente, on sent en ce point une tumeur fluctuante due à un épanchenient de sang; plus tard, on sent une tumeur pâteuse, parce que le sang est en partie coagulé. Lorsque les muscles divisés sont recouverts par une aponévrose épaisse, il n'y a pas d'ecchymose. Les ruptures musculaires étendues causent quelquefois des myosites, des abcès (Boyer, Deramé), et elles entraînent l'amaigrissement ou l'atrophie du muscle.
Après leur cicatrisation, les muscles longs à la cuisse et au bras, qui ont été déchirés, perdent de la force, parce qu'une cicatrice fibreuse, plus ou moins large, a allongé le muscle.
Lorsque quelques fibres d'un muscle sont divisées, il y a une douleur vive au moment de l'accident, tout mouvement du muscle devient extrêmement pénible, il y a surtout un point très-douloureux correspondant à la rupture musculaire et un empâtement de la région.
• Le lumbago traumatique est caractérisé par une douleur de rein subite pendant un effort, et par l'impossibilité de se redresser.
Les conséquences d'une rupture partielle d'un muscle sont une hypérémie ou une inflammation se terminant
très-rarement par un abcès. Mais, à la longue, la guérison se fait, et sans qu'il reste d'altération des muscles.
Thérapeutique. — Pour la rupture du plantaire grêle, ou coup de fouet, le chirurgien appliquera quatre à six ventouses sur le point où il sent un engorgement dans l'épaisseur du mollet, puis il comprimera la jambe avec une bande roulée, arrosée d'eau blanche. Le repos sera gardé pendant huit jours.
Pour les ruptures de fibres musculaires de la masse des muscles sacro-lombaires, ou lumbago traumatique, on prescrit dix ventouses scarifiées sur les reins, compression avec un bandage de corps; un grand bain le lendemain.
Pour les ruptures totales des muscles des membres, ventouses scarifiées, si la douleur est vive, sinon, compression régulière, un peu serrée, sur tout le membre, qui sera placé de façon que les extrémités des muscles soient rapprochées par la simple position. Ainsi, la flexion du bras sera prescrite pour les ruptures du biceps, l'extension de la jambe convient pour les ruptures du triceps ; le bandage unissant des plaies en travers est insuffisant.
Pour les ruptures anciennes, il n'y a rien à faire qu'une compression avec un bandage élastique ou lacé, approprié à la partie où le muscle est rompu; il soutient le membre et facilite les mouvements.
Pour les ruptures des muscles de Vubdomen, on doit prévenir l'inflammation par le repos, les cataplasmes et l'application des sangsues.
S'il se forme des abcès hématiques, on les traite parles moyens appropriés.
Aussitôt que l'inflammation disparaît, on fera porter aux malades des ceintures élastiques pour empêcher, s'il se peut, la production d'une hernie. V. Tendons [Ruptures des) et Fractures.
IV. Hernies musculaires. — A la suite d'une rupture des aponévroses par un effort, après la cicatrisation d'une plaie profonde, les muscles peuvent faire hernie sous la peau (Dupuytren, Mourlon).
On reconnaît les hernies musculaires à une tumeur molle, réductible, laissant après réduction un espace lilire et comme un cercle aponévrotique, lorsque les muscles sont à l'état de repos , et à une tumeur dure pendant la contraction du muscle. — A la paroi abdominale, on peut confondre la hernie musculaire avec une hernie de viscères ; mais, s'il s'agit d'une hernie musculaire, la tumeur n'est point sonore, et elle se réduit ensuite sans bruit; d'une autre part, quand la hernie musculaire est sortie, elle ne laisse pas sentir de pédicule profond. Les antécédents indiquent, au reste, la nature du mal, et l'absence de tout trouble fonctionnel des voies digestives éclaire le diagnostic.
Thérapeutique. — Appliquer aux membres des bandages lacés et élastiques. — Les ceintures élastiques remplissent bien toutes les indications, quand il s'agit d'une hernie musculaire du grand droit de l'abdomen.
V. Inflammation aiguë des muscles; myosite [de Boer Gendrin, Friedberg). — La myosite aiguë est liée à un traumatisme (plaie, contusion ou déchirure), à l'influence du refroidissement, ou à l'irritation produite par des entozoaires des muscles; elle se rencontre chez les individus affaiblis par de grandes fatigues, ou dans le cours des maladies infectieuses, comme la morve, l'infection purulente, la fièvre typhoïde et dans le rhumatisme articulaire. Les fibres musculaires ne s'enflamment pas, c'est la gaîne et le tissu cellulaire des muscles qui sont le siège de l'exsudation, et, si les mu.scles se détruisent, c'est que le sarco-
MUSC
MUSC
lemme a été détruit et que les fibres musculaires ont été nécrosées, si l'on peut ainsi dire.
Après un traumatisme, ou dans le cours d'une maladie infectieuse, on voit souvent la région correspondant à un muscle devenir le siège d'une douleur vive, fixe, augmentant pendant les efforts musculaires; le muscle se gonfle, la partie devient œdémateuse, puis dure comme du hois ; la peau est chaude, et, à moins qu'un abcès ne soit formé, il n'y a pas de rougeur à la peau; les mouvements sont douloureux, impossibles, et le muscle raccourci entraîne une attitude de rétraction musculaire. De la fièvre, quelquefois des frissons, quand il y a du pus, complètent les symptômes de la myosite aiguë.
Les abcès chauds des muscles se présentent avec les caractères des abcès chauds circonscrits; ce sont des abcès allongés, franchement fluctuants et accompagnés de rougeur et d'œdème de la peau, quand le pus est bien réuni en foyer.
Les myosites abcédées sont parfois suivies de dégénérescence graisseuse et fibreuse des muscles, ce qui entraine des paralysies et des rétractions musculaires.
Thérapeutique. — La myosite sera traitée par les applications de sangsues sur le trajet du muscle enflammé. On fera des frictions mercurielles, et l'on appliquera des cataplasmes. Si l'induration du muscle tarde à se résoudre, on placera des vésicatoires.
Lorsque la myosite n'est constituée que par la douleur, et qu'il y a simplement ce qu'on appelle rhumatisme musculaire par refroidissement, quelques ventouses scarifiées, ou le massage, ou les sinapismes, ou enfin un vésicatoire volant suffisent.
On ouvrira de bonne heure les abcès formés dans les muscles pour empêcher la destruction des fibres musculaires par la suppuration.
On fera suivre aux malades le même régime que dans les inflammations simples.
VI. Inflammation chronique des muscles. — L'infiltration des muscles par un exsudât de substance cellulaire constituée par des éléments de tissu conjonclif et des cellules granuleuses, chez les scrofuleux et les syphilitiques , la dégénérescence fibreuse et la régression graisseuse des muscles sont des manifestations de l'inflammation chronique des muscles. V. Scrofule et Gommes.
Tantôt on voit un muscle se transformer en une matière pultacée et comme purulente, c'est l'abcès froid des muscles (Denonviliiers, Linhart) ; tantôt le muscle, après être resté quelque temps engorgé, se rétracte ; aux fibres musculaires atrophiées se substitue du tissu fibreux, comme le tissu cicatriciel, ou bien les fibres musculaires disparaissent pour être remplacées par de la graisse.
Les rétractions musculaires, non précédées d'inflammation, peuvent être rattachées à une lésion des muscles, et, quoique celle-ci ne soit pas déterminée, on peut la rapporter à une irritation chronique spéciale au tissu musculaire (Duclienne, de Boulogne).
Les abcès chroniques des muscles et les infiltrations se reconnaissent à une tuméfaction uniforme, peu douloureuse, sur le trajet d'un muscle. Les abcès sont franchement fluctuants, les mouvements correspondant aux muscles sont paralysés, il y a quelquefois des contractures.
Les dégénérescences graisseuses et fibreuses se reconnaissent à l'atrophie des muscles et à la paralysie des parties que doivent mouvoir les muscles ; les lésions du tissu musculaire, liées à la fatigue, aux altérations du système
nerveux, se reconnaissent à des rétractions musculaires et à un défaut d'équilibre avec les muscles antagonistes. On reconnaît cet état par l'électrisation, qui éprouve ainsi avec certitude la contractilité des muscles. V. Main (Contracturcs de la), Pied bot.
Thérapeutique. — On ouvrira les abcès chroniques des muscles avec le bistouri ou au moyen du cautère avec la pâte de Vienne, au moment où la peau rougit.
On administrera contre les infiltrations scrofuleuse et syphilitique les traitements antiscrofuleux et anlisyphilitiques (V. Srofule et Syphilis); des vésicatoires volants seront appliqués sur la région musculaire du malade.
On traitera ensuite les paralysies et les contractures. V. plus loin,
VIL Contracture des m,uscles ou rétraction spasmodique.
— Les contractures des muscles résultent de lésions de l'encéphale, de la moelle et des nerfs; elles reconnaissent aussi pour cause une lésion des muscles sous la dépendance d'une irritation des tissus musculaires ou d'une inflammation chronique franche ; enfin, lorsqu'un muscle a son antagoniste paralysé ou coupé, il se rétracte en vertu d'un défaut d'équilibre. V. Muscles [Inflammation chronique des), Plaie des nerfs. Convulsions, Moelle épinière {Maladies de la), PiED bot, Main {Contractures de la). Doigts {Rétraction des), Torticolis.
Pour ne pas confondre les contractures musculaires avec les ankyloses, on chloroformisera les malades ; si les muscles sont rétractés sans autre lésion, on pourra remettre les membres dans la rectitude.
Thérapeutique. — Pour traiter la rétraction musculaire due à une paralysie d'un système de muscles, on éleclrisera ceux-ci à l'aide de l'électrisation localisée avec les courants constants (Magendie, Remak), pour y déterminer une rétraction énergique et contre-balancer les contractures des muscles antagonistes (V. Paralysies saturnines), puis on fortifiera les muscles par la gymnastique ; les cautères ont quelquefois de l'action pour diminuer les contractures.
Les rétractions musculaires, suite de plaie des nerfs, seront traitées par les moyens spéciaux. V. Nerfs {Plaies des).
Les rétractions liées à une irritation musculaire réclament les vésicatoires, les pommades à l'extrait de belladone : axonge, 10 grammes; extrait de belladone, k grammes ; les vésicatoires pansés avec 3 centigrammes d'extrait de belladone, la compression. Si la rétraction continue, on fera la section du muscle ou du tendon pour éviter les déformations des parties que meut le muscle. V. Pied bot, Torticolis.
VIII. Rétraction musculaire organique. — Les rétractions musculaires sont dues à des pertes de substance des muscles après leur suppuration, et à des transformations fibreuses des muscles après les inflammations chroniques.
Thérapeutique. — Il n'y a qu'un traitement convenable pour les déviations qui sont la suite de rétractions des muscles, c'est la myotomie ou la ténotomie, et il y a des régions où cette opération causerait un dommage plus grand que le mal. V. Doigts.