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en enlevant en même temps le périoste ; il sacrifie ensuite les os propres du nez et un peu des branches montantes des maxillaires, il réapplique ensuite son lambeau ostéo cutané; par l'ouverture nasale agrandie, il coupe la cloison et va à la recherche du polype.
Tous ces procédés, sauf celai d'Ollier, ne sont pas aussi bous que l'ouverture palatine, si le polype est petit ; ils sont inférieurs à l'ablalion pure et simple du maxillaire, si le polype est très-volumineux.
Les procédés de Huguier, Dézanneau, Ollier et de Langenbeck entraînent la perte des dents, qui se carient fatalement. Les os reprennent difficilement ou ne reprennent pas dans le procédé de Huguier et de Dézanneau.
Dans l'opération de Rampolla, l'ouverture est trop petite en principe, ou, si elle est assez grande pour le polype, l'opéralion parla boutonnière palatine vaut mieux.
A. Guérin a proposé d'aller ruginer la base du crâne avec une rugine introduite par une narine, le doigt étant introduit par la bouche dans l'arrière-cavité des fosses nasales et guidant la rugine. Ce procédé n'a encore été appliqué qu'une fois, et le résullat n'est pas cerlain. La niginalion serait acceptable après les opérations préliminaires.
Toutes ces opérations sont attaquables, eu égard à la possibilité d'une récidive après une ablation incomplète et à l'impossibilité de surveiller la plaie. L'ablation de la mâchoire, l'ouverture palatine, nécessitent un obturateur, cela est vrai ; mais les fonctions sont bien rétablies, grâce à la protbèse, et cela vaut mieux que la conservation d'une partie tjui ne peut plus servir.
En résumé, pour les petits polypes ou les polypes bien pédiculés, on fera l'arrachement ou la ligature ; pour les polypes gros et sessiles sans prolongements, on fera la boutonnière palatine: pour les polypes gros et avec prolongements, on fera l'ablation pure et simple du maxillaire supérieur. On extraira le polype et l'on appliquera ensuite une voûte palatine artilicielle munie d'un voile du palais, appropriée à la perte de substance (fig. /i67 et UiiS).
Il n'y a pas de traitement palliatif des polypes sans opération, et la plus avantageuse est la boutonnière palatine.
On appliquera le traitement de l'anémie dans tous les cas où les malades auront été affaiblis par les hémorrhagies.
1\4TIJKE. La nature est l'ensemble des lois voulues par le Créateur pour l'existence des choses et pour la succession des êtres (Buiïon).
niatiire médîcatrice. Le principe conservateur de la forme et des fonctions normales de l'homme aux prises avec ses maladies, favorisant l'éliminalion d'un poison, d'un venin ou d'un corps étranger, l'isolement d'un produit morbide autour des parties saines, la réunion des os fracturés, l'absorption des matériaux d'une inflammation et la cicatrisation des plaies ou la régénération de parties coupées, a reçu le nom de nature médicatrice.
La nature suffit seule aiix animaux pour toutes les choses, elle sait elle-même ce qui leur est nécessaire, sans avoir besoin qu'on le lui enseigne et sans l'avoir appris de personne. Elle est le premier médecin des maladies, et ce n'est qu'en favorisant ses efforts que l'on obtient quelques succès (llippocrate.)
Je le pansai. Dieu le guavit (Ambroise Paré).
C'est en obéissant aux indications de la nature poui ôter le sang lorsque les vaisseaux sont trop pleins, pour
évacuer les matières étrangères qui se trouvent dans l'intestin, pour remettre en place ce qui est dérangé, pour neutraliser les vices des humeurs et pour attendre l'opportunité des remèdes que la médecine est vraiment digne de la considération qu'on lui accorde comme art et comme science.
En dehors des indications que la nature fournit au médecin dans la guérison des maladies, soit qu'elle lui conseille l'usage des moyens hygiéniques ou de l'expectation, soit qu'elle l'oblige à recourir aux remèdes et à la chirurgie, il n'y a que superstition et empirisme.
Connaître la marche naturelle des maladies et la puissance de la nature dans leur guérison pour n'intervenir qu'à propos par une médication vraiment utile, voilà ce que doit être la science médicale.
X^TïJKISME. Doctrine médicale ancienne dans laquelle la nature, considérée comme une force intelligente et prévoyante, est le principe de tous les actes organiques qui assurent la conservation de l'être et la perpétuité des espèces. C'est la doctrine d'Hippocrate et de Galien, d'àbord modifiée par Athénée, un peu plus tard par Paracelse et van Helmont, puis enfin par Stahl, par Bordeu et par Barthez.
Pour ces médecins, en effet, la maladie était le résultat de la lutte engagée entre le principe conservateur de l'individu, et un élément étranger à l'organisme ; la fièvre n'était qu'un effort de la nature destiné à l'expulsion de matières nuisibles, et le médecin ne doit être que le ministre de la nature. A cette doctrine se l'attachent d'une façon directe le pneumatisme, Varchéisme, Vanimisme et le vitalisme qui n'en sont que ses transformations nécessaires, et c'est sur elle que s'appuie le dogme de la nature médicatrice, généralement considéré comme élant la base de toute thérapeutique pratique et rationnelle.
IVATURISTE. Nom donné aux médecins qui apprécient comme il le mérite le rôle de la nature, du pneuma, de l'archée, de l'àme ou du principal vital dans la marche naturelle des maladies et dans leur guérison.
IVAlJHEîM (duché de Hesse). Eau minérale chlorurée sodique et gazeuse, employée en boisson, en bains, en douches, et l'acide carbonique qu'elle renferme s'emploie pour donner des douches et des bains. On l'emploie aussi en bains préparés avec les eaux mères des salines du pays. Les eaux de Nauheim s'emploient dans la scrofule [+} ; dans la chlorose, la gastralgie et la dyspepsie, dans la cachexie syphilitique et dans les rhumatismes chroniques [+1 ; dans les engorgements articulaires et dans la plithisie I I ; la constipation[+] ; les engorgements du foie, de la rate et de l'utérus
î^'AUSÉE. Sensation épigastrique et pharyngée pénible qui fait craindre ou qui précède le vomissement.
La nausée est le symptôme du vertige nautique ou mal de mer, de l'embarras gastrique, fébrile, de l'invasion des fièvres éruptives et des maladies aiguës, de la grossesse et des maladies utérines, mais elle n'indique rien de spécial. Toutefois, dans l'embarras gastrique, quand la nau sée existe avec de la fièvre et de l'inappétence, sans autre maladie, elle indique l'emploie d'un vomitif avec le tartre stibié, 1 gramme à jeun dans un verre d'eau sucrée.
I^'A't'ET. Racine alimentaire qu'on emploie souvent comme adoucissante dans la constipation et dans les irritations pulmonaires ou intestinales [+]■ Alors elle doit être assaisonnée et faire partie du régime alimentaire des malades.
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NÉCR
IVÉCKOSK. La nécrose esl la gangrène des os. C'est la cessation de la circulation dans le tissu osseux ; elle est
Fig. 4fi9. — NiTi'osL' lie I t-xtiéujilé iiilrricure du fc'miii',
à la carie ce que la gangrène de la peau est à l'ulcération.
La destruction du périoste et de la moelle, l'oblitéralion de l'artère nourricière des os ou des vaisseaux capillaires d'une portion d'os, causent la nécrose ; l'inflammation violente de l'os, de la moelle et du périoste, c'est-àdire l'ostéite, l'ostéomyélite et la périostile causent encore la nécrose ; dans les fractures par armes à feu, le périoste décollé dans une grande étendue se détache à la longue, une nécrose a lieu, mais l'os se reproduit.
Dans les parties atteintes de carie, on trouve des fragments osseux qui constituent de véritables nécroses.
L'infdtration tuberculeuse des os et les gommes scrofuleuses ou syphilitiques engendrent souvent la nécrose.
La nécrose partielle est constituée par un os mort ou séquestré, et une sécrétion osseuse de nouvelle formation tendant à réparer la perte de substance des os. La nécrose totale d'un os est constituée par un séquestre représentant la totalité de l'os au milieu de surfaces recouvertes de bourgeons charnus.
Toutes les nécroses partielles sont suivies de réparation.
Les nécroses totales ne se réparent pas ; mais lorsque le périoste est conservé, lorsqu'il est assez intact, un cylindre osseux environne l'os mort, et peut produire une sorte de réparation.
Les séquestres se séparent par bourgeonnement des surfaces restées saines comme les eschares de la peau. Deux modes de formation de séquesire existent, ou bien une lamelle d'os se détache, ou bien un fragment d'os
irrégulier se détache sous les couches superficielles ou profondes de l'os.
Fig. 470. — Nécrose de tontti l'épaissenr de la diaphyse d'un os lon^; a, séquestre ; h, fistules ; c, couches osseuses sécrétées par le périos (figure schématique). (Bilh-oth.)
Lorsque le périoste est détruit ou a été enflammé, la nécrose est superficielle, mais lorsque la moelle ou quelques-uns des canaux osseux ont été détruits, la nécrose est centrale ou profonde, ce qui revient à dire qu'il y a des
Fig. 471. — Nécrose partielle d'un os long ; a, séquestre , rf, fistule. (Billroth.)
séquestres libres et des séquestres invaginés; les premiers sont facilement sentis, les seconds ne peuvent être reconnus qu'à travers une perforation d'un os nouveau sécrété par le périoste,
Fig. 47*2. — La même lésion que représente la figure 471 est ici à un ilegré plus avancé ; le périoste a sécrète des couches osseuses nouvelles. (liiUroth.)
Les os longs se réparent par le périoste (Troja, Duhamel), par les portions d'os restées saines (Haller, Callisen, Tenon, Bordenave, Bichat, Lambron) qui se recouvrent d'une membrane granuleuse, c'est-à-dire d'une couche de bourgeons charnus, par la membrane médullaire, ou plutôt les couches osseuses les plus profondes.
Les os plats se réparent par l'intermédiaire du périoste
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de l'une ou des deux tables, ou par l'une des deux tables conservées. Les os du crâne dénudés présentent une exfdiiation insensible, des bourgeons charnus se forment au-dessous de la lamelle nécrosée. Un os et le périoste se reproduisent quelquefois à la suite de l'opération du trépan, mais cela est très-long.
Dans les os courts la nécrose est presque toujours cenli ale, la périphérie de l'os se perfore, le séquestre est éliminé, la cavité osseuse revient pour ainsi dire sur ellemême, ou bien la membrane granuleuse sécrétée par les portions d'os restées saines se transforme en os et remplit non-seulement la cavité de l'os, mais encore le tissu spongieux et donne lieu à cette lésion désignée par Gerdysous le nom d'ostéite condensante.
Tous les séquestres et les os entièrement mortifiés tendent à être éliminés, du pus s'amasse autour de l'os mort, il y a un abcès sous-périostique, ou un abcès de l'os (Raviiton, David) existe. S'il s'agit d'une nécrose centrale, l'os se perfore et un abcès apparaît sous le périoste et ^ous la peau comme dans la nécrose superficielle. Le pus s'élimine, une fistule se forme, et à travei s elle les perlions d'os mort s'éliminent peu à peu.
Lorsqu'un os est dénudé cl se nécrose, on voit les l iiairs se recouvrir de bourgeons charnus tout autour de l'ds qui prend une coloration terreuse; les parties molles iidhèrent aux parties saines de l'os et envoient des bourgeons charnus. Lorsque la nécrose est sur le point de se limiter, l'os devient mobile et apparaît avec une forme irrégulière ou sous forme de lamelle, suivant qu'il y a une nécrose un peu étendue ou une simple exfoliation.
Lorsque la nécrose se produit après une périostite suppurée, après avoir ouvert l'abcès on trouve tous les caracléres qui viennent d'être énumérés ; il n'est pas rare, toutefois, de voir des bourgeons charnus sortir pour ainsi dire de l'os et diviser l'os mort en plusieurs séquestres.
Lorsque la nécrose a lieu à la suite d'une contusion, d'une ostéite, d'une alfection tuberculeuse des os, on observe d'abord les signes d'une ostéite, l'os augmente de volume, les malades éprouvent des douleurs qui augmentent d'intensité pendant la nuit ; durant deux ou trois mois, le gonflement persiste, puis s'augmente subitement, la peau devient rouge, il se forme un abcès ou plusieurs abcès I donnant issue à du pus par une ou plusieurs ouvertures I qui restent fistuleuses et fournissent d'abord du pus créj! meux, puis bientôt du pus séreux. Lorsque la nécrose est I centrale elle se révèle par les mêmes symjitômes , sauf I que les douleurs sont plus vives et le gonflement de l'os plus considérable; puis le pus fuse dans des directions variables , il peut pénétrer dans les articulations , fuser entre les muscles à des distances éloignées. Le pus de ces abcès contient plus de matières terreuses que le pus des autres abcès, ce qui serait un caractère diagnostique à défaut du gonflement de l'os. 11 n'est pas rare de voir un seul abcès intra-osseux autour d'une nécrose centrale.
Lorsque la nécrose des os des membres est la suite d'une ostéomyélite, état qui a été désigné sous le nom de nécrose aiguë, le membre est atteint d'œdème, il y a une fièvre intense, des frissons, la peau ne tarde pas k rougir et il y a un phlegmon diffus profond, et dans ces cas les malades meurent avec des symptômes typhoïdes, ou bien les abcès étant ouverts on trouve le périoste décollé dans toute son étendue et l'os entier se nécrose, mais avant qu'il puisse être éliminé les malades meurent d'infection purulente ou d'infection putride. Ces phénomènes s'observent surtout lorsqu'il y a ostéomyélite totale.
Dans l'ostéomyélite partielle, les phénomènes de la nécrose centrale sont seuls observés, et l'on diagnostique souvent une ostéite.
Fig. 473. — Kéi'i'osc de l'extrémité de la diaphyse inférieure du fémur. Il V a des fistules et, par une ouverture fistuleuse agrandie, le séquestre soi't. (BiUro (h.J
La nécrose, en général, passe par trois périodes, l'une inflammatoire, pendant laquelle l'os mort est circonscrit et devient un séquestre, l'autre suppurative, pendant la- ([uelle il se forme des abcès et des fistules et durant laquelle il y a quelquefois fracture spontanée ; l'autre enfin, pendant laquelle les séquestres élant éliminés peu à peu, l'os se répare. Cette période manque dans l:^s nécroses totales.
On soupçonne la nécrose :
A sa première période, par les douleurs plus vives la nuit que le jour, par la tuméfaction de l'os.
Fig, ili. — Séquestre retiré de la cuisse figurée (fig. 413). (liilli'ntli.)
A la seconde période, par une tendance à la formation d'abcès et de fistule, par la dénudalion de l'os constatée par l'exploration avec un stylet, par la mobilité consécutive de l'os sur lequel on a senti un choc sec avec le stylet; dans quelques cas par les qualités du pus qui contient plus de substance terreuse que le pus phlegmoneux.
A la troisième période, par l'expulsion de portions d'os parles fistules, par le contact du slylet avec des esquilles, par les signes des précédentes périodes et surtout par la permanence des fistules.
L'ostéite suppurante, l'ostéomyélite, peuvent être confondues avec la nécrose au début, parce que la lésion initiale est la même, et la suite seule poui'ra apprendre si la nécrose est l'effet ou non de ces maladies; — les périostites, au début, peuvent être prises pour une nécrose, même après l'ouverture d'un abcès péri-osseux, car l'os dénudé en un point sous le périoste peut n'être pas nécrosé.
La carie donne lieu au gonflement des os, à des abcès, mais le pus est presque toujours du pus tuberculeux, et les os cariés existent surtout chez les sujets scrofuleux. Un stylet introduit dans les fistules brise des lamelles osseuses et ne rencontre pas de résistance sur un corps dur qui donne un choc sec; les caries existent surtout dans le tissu spongieux des os. C'est seulement quand il y a des abcès I et des fistules que le diagnostic de la carie et de la nécrose
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peut être fait ; et l'on saura que les abcès se formenl en général plus vile dans la carie que dans la nécrose.
Dans les tubercules des os sans carie, on trouve une cavilé à parois dures, niais il n'y a pas de gonflement de l'os comme dans les nécroses.
Il y a des nécroses à marche chronique qui se révèlent seulement par des douleurs nocturnes et qui peuvent donner lieu à penser qu'il s'agit de douleurs syphilitiques.
On a vu des récidives de nécrose après dix, quinze et vhigtans, à la suite de marches forcées, d'efforts ou de chutes ; il y a une ostéite et une nécrose autour des points autrefois malades.
Thérapeutique. — La nécrose qui suit l'ostéite, l'ostéomyélite, sera traitée par les moyens appropriés (V. Os), les antiphlogistiques, les sangsues, les vésicatoires, et lorsque ces maladies passent à l'état chronique, par la cautérisation au fer rouge, soit la cautérrsation ponctuée, soit la cautérisation transcurrente, qui est moins puissante, toutefois.
Lorsque l'inflammation, au contraire, fait des progrès rapides, au lieu où l'on suppose une ostéite ou une ostéomyélite suppurée, on incisera jusqu'à l'os, on appliquera une ou plusieurs couronnes de trépan (Ravaton, Brodie, Morven-Smith). Lorsque l'os entier est malade et que l'on ne juge pas possible d'arrêter le mal par la trépanation de l'os, on amputera le membre dans la contiguïté (Roux et Verneuil). V. Ostéomyélite.
Lorsqu'un os est dénudé dans une petite étendue et privé de son périoste dans une plaie récente, on recouvrira 1 os de cataplasmes (Tenon) ; pour les os du crâne, il n'y a pas d'autre traitement ralionnel capable de prévenir la nécrose. Si, dans une plaie consécutive à une contusion et accompagnée de fracture, un os dénudé fait saillie, on le réséquera jusquuu point où le périoste est adhérent.
L'os qui se nécrose lentement après une ostéite ou une pt'riostite sera traité par les moyens indiqués contre l'ostéite et la périostite (V. Périostite et Ostéite). Lorsqu'on a ouvert un abcès sous-périostique bien limité, on réappliquera le périoste sur l'os autant que l'on pourra par une compression méthodique ; quoiqu'il y ait peu de chance d'éviter une nécrose, comme le contraire a été observé, il n'y a aucun inconvénient à tenter cette manœuvre. Au reste, la nécrose à ce moment n'exigerait pas de traitement immédiat. S'il est démontré qu'un os est dénudé, si les parties saines se tuméfient, il n'y a qu'à attendre, toutes les opérations que l'on pourrait tenter seraient inutiles. On ouvrira les abcès formés, on évitera la stagnation du pus par des contre-ouvertures, par des sélons perforés.
On a eu quelquefois recours aux injections acidulées (Delpech, Chassaignac) pour hâter la chute des séquestres; on peut se servir d'acide chloriiydrique 1 gramme pour 20() grammes d'eau. En attendant la séparation des parlies mortes, on soutiendra les forces des malades par une alimentation tonique, par le vin de quinquina, des tisanes amères. On prescrira les bains sulfureux, les bains de sources sulfureuses de Bourbonne, de Dax, les bains de mer.
Les séquestres une fois mobilisés, ce que l'on constate a l'aide de stylets introduits dans une ou deux iistules, seront extraits ; mais on doit bien se rappeler que, sous peine d'avoir à faire plus tard une nouvelle opération, on ne doit pas enlever un séquestre trop tôt.
Pour extraire un séquestre, on choisit le lieu où les parties molles sont les moins épaisses, où il n'y a ni vais-
seau, ni nerf important à léser; ordinairement on réunit deux trajets fistuleux situés sur une ligne qui permette d'éviter de couper des tendons. Si le voisinage des tendons, nerfs et artères le permet, on fera une incision ci'uciale en T ou de forme variable, suivant l'étendue et le siège de la partie nécrosée.
On agrandit le cloaque, c'est-à-dire la perforation osseuse, si le séquestre se trouve enfermé par un os sain ou un osléophyte sécrété par le périoste ; pour cela, on détruit l'os avec une gouge acérée par pression, ou bien on se sert de la gouge et du maillet, ou bien encore on applique plusieurs couronnes de trépan, ou bien on coupe l'os avec la scie à crête de coq. Dans ce temps de l'opération, on ne doit pas employer une grande force, de peur de briser ou de courber le nouvel os. Si le séquestre est bien mobile, on le sectionnera en deux avec une pince coupante, et l'on extraira les deux morceaux séparément (Blandin, Maisonneuve). V. Résection de la m.\choire
Quand une des extrémités du séquestre est mise à nu, on la saisit avec une pince à pansement, et l'on procède à l'extraction.
La plaie sera lavée à grande eau; on ne réunira pas par première intention ; la plaie sera bourrée de charpie et l'on pansera avec un cataplasme ou des compresses d'eau froide, si l'opération a porté au voisinage d'une articulation.
Les parties seront tenues dans l'immobilité absolue dans des appareils appropriés.
S'il s'agit d'une nécrose des os des membres, les malades ne se serviront de leurs membres que quand l'os nouveau se sera bien réparé.
Lorsque la nécrose entoure une extrémité articulaire, la question de la résection et de l'amputation doit être posée.
Mais, dans ces cas, comme il y a presque toujours carie consécutive ou une lésion chronique de l'os, l'amputation est la meilleure opération, excepté pour le genou et le coude, où la résection donne une propoi tion de guérisons à peu près égale, sinon supérieure, à celle des amputations de bras ou de cuisse.
Les nécroses centrales, les nécroses périarticulaires et les nécroses étendues, par la lenteur de leur marche, peuvent être des cas d'amputation ; mais tant que la santé générale des malades ne s'altère pas, on peut attendre. Si l'os nécrosé est très-volumineux, s'il suppure avec abondance depuis plus de quinze mois, l'amputation est proposable (Gosselin).
^'écrosc par le pliosphore (Lorinser, 0. Heyfelder). La nécrose par le phosphore, ou mal chimique des ouvriers en allumettes chimiques, est la suite d'une ostéopériostite commençant par une périostite due à l'action des vapeurs phosphorées sur les gencives (Strohl, Trélat) déjà altérées par des caries dentaires (Th. Roussel) et par des gingivites. Il n'y a pas nécrose par intoxication ; en effet, les vapeurs phosphorées produisent d'autres lésions, telles que la bronchite, les tuberculisalions, comme les autres vapeurs irritantes ; elles ne causent d'ailleurs de nécrose que sur les maxillaires et principalement au maxillaire inférieur.
Les nécroses par le phosphore peuvent se propager aux os voisins des maxillaires, le frontal (Heyfelder, Maisonneuve) le sphéno'ide (Bigelow), le temporal (Hervieux).
Les ostéophytes, sécrétés par le périoste, sont semblables aux ostéophytes observées dans les autres nécroses, il n'y a pas de phosphore fixé, seulement ces ostéophytes sont mal organisés, les canaux de Havers sont agrandis.
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irivguliers, et les corpuscules osseux sont rares (Trélat), ce qui iiulique que les osléophytes sont caducs. Aprtss les nécroses, même totales, du maxillaire inférieur, l'os peut se régénérer (Vircliow, Leudet), sans les alvéoles et sans les dents toutefois; la réparation du maxillaire supérieur est plus diflicile.
Peu avant ou en même temps que la nécrose par le phosphore, existent des malaises représentant quelquefois l'état général dû à l'intoxication par le phosphore : peau jaune sale, regard terne, inappétence, faim immodérée, gastralgie, irrégularité des selles, ou plus tard catari'he nasal et bronchique, et tuberculisation pulmonaire et abdominale chez les individus déjà prédisposés. V. Empoisonnement l'AR LE PHOSPHORE.
La nécrose par le phosphore est annoncée par une ou plusieurs douleurs de dents, bientôt suivies de fluxion et d'abcès qui s'ouvrent dans la bouche, ou bien par une gingivite et une périostite alvéolaire avec abcès dentaire ; les gencives suppurent, des séquestres sont à nu et se mobilisent, ou bien l'os gonflé reste longtemps dur avant que des abcès et des fistules cutanées se soient formés ; dans quelques cas les gencives deviennent fongueuses, saignent abondamment, et les hémorrhagies peuvent faire périr les malades.
La nécrose par le phosphore est toujours lente à se limiter, et tant que le séquestre n'est pas mobile il est certain que la nécrose fait encore des progrès (Trélat). La fièvre hectique entraîne parfois la mort avant que le séquestre ne puisse être enlevé. 11 arrive que les malades présentent une intoxication putride, due à ce qu'ils avalent involontairement le pus de leur bouche.
Les signes d'une nécrose centrale, le gonflement rapide et énorme de l'os, la suppuration des gencives, des abcès et des fistules autour des mâchoires chez un ouvrier travaillant aux allumettes chimiques, et surtout chez les Irempeurs ou metteurs en paquets, ne permettent aucune incertitude dans le diagnostic.
Thérapeutique. — Dans un but préventif, on a modifié le phosphore pour son emploi dans la fabrication des allumettes. L'usage du phosphore coloré n'a pas réussi ; les allumettes de Coignet au phosphore amorphe (de Schrœtter, de Vienne) sont plus capables de prévenir les accidents, le phosphore rouge se préparant à froid et dégageant moins de vapeurs que le phosphore blanc. Lorsque la science et l'industrie seront parvenues à perfectionner les allumettes au phosphore amorphe et à les rendre d'un usage réellement commode, les allumettes au phosphore blanc disparaîtront, les ouvriers en allumettes chimiques seront alors à l'abri des accidents tels que la nécrose par le phosphore.
Pour éviter la formation de la nécrosée, on n'admettra pas dans les ateliers les individus qui ont de mauvaises dents ou une gingivite (T. Roussel et Geist).
On fera changer de profession les malades ; on leur donnera un régime tonique, des viandes rôties et du vin ; ils boiront des tisanes de houblon, de gentiane, de douceamère ou de chicorée sauvage. C'est en vain que l'on administre les préparations iodées, comme dans les scrofulides et les syphilides osseuses.
11 est préférable d'employer les injections d'eau chlorurée, d'eau blanche dans les fistules, ou les injections avec ■
Eau 200 grammes.
Créosote 40 gouttes.
'^'cool 30 grammes.
(Hôpitaux allemands.)
BOUCHUT ET DESPRÉS. 2* édit.
Au début, lorsque l'os gonfle, lorsqu'il se forme des abcès, on prescrira dix sangsues sur les points enflammés, des cataplasmes recouvriront la ni:"ichoire, on fera des onctions avec la pommade :
A.tongo 30 grammes.
Laudanum 50 i.l.
Ou la pommade au chloroforme :
Axonge 30 grauiiiies.
Chloroforme 4 à 5 id.
On ouvrira de bonne heure les abcès.
On ne doit enlever les séquestres que quand ils sont mobiles (Lorinser et Trélat) ; une résection (0. Ileyfelder) n'arrête pas les progrès du mal et est presque toujours prématurée ; l'ablation des maxillaires est une opération qui ne doit être faite que quand il est évident que l'os en entier est mort.
Au total, on enlèvera les séquestres au fur et à mesure qu'ils se mobiliseront. Lorsqu'il y aura un séquestre volumineux ou une nécrose totale, on incisera au niveau d'une fistule, puis on sectionnera le séquestre ou l'os mort (Blandin), et l'on en enlèvera les portions en débridant s'il est nécessaire (Blandin). Cette manière d'agir vaut mieux que l'ablation du maxillaire dans les règles.