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CIEL

Lorsqu'on ouvre l'abdomen, c'est toujours une anse intestinale dilatée qui se présente, et elle appartient au bout supérieur dans la majorité des cas (Dupuytren, Nélaton). 11 y a deux exceptions (Fourier, Cazalis). Dans le dernier cas, il y avait péritonite depuis quelques jours quand on a opéré ; des adhérences consécutives avaient emprisonné des liquides et des gaz dans une portion du bout inférieur (A. Després).

Si l'on tombe sur un point voisin de l'obstacle au cours des matières, on peut agir sur lui, dilater par exemple un rétrécissement. L'anastomose intestinale a été proposée après section de la portion d'intestin qui était oblitérée (Maisonneuve). Ce moyen est d'une application difficile et dangereuse.

S'il y a une lésion susceptible de guérir, l'anus artificiel pourra être refermé ; mais si la lésion est incurable ou ne peut être atteinte, l'anus artificiel devra être maintenu indéfiniment. Si l'intestin grêle a été ouvert très-haut, il faudra, par le bout inférieur, nourrir les individus, faire des injections alimentaires de bouillon, bouillies, jus de viande, légumes en purées claires, etc., mêlés avec de la pepsine, afin de suppléer autant que possible à la digestion stomacale.

Occlusion artificielle des paiipi«<>res. L'occlusion des paupières est temporaire ou permanente. On fait l'occlusion temporaire pour les plaies de la cornée ou de la sclérotiqwe, les ulcérations de la cornée et les hernies de l'iris. On fait l'occlusion permanente pour les ectropions (V. ce mot), soit à titre d'opération définitive, soit à titre d'opération préliminaire ou complémentaire , pour les conjonctivites et les kératites rebelles même.

Pour faire l'occlusion temporaire, on place sur les paupières fermées des bandes de taffetas d'Angleterre au nombre de quatre à six ou bien de petites bandes de linge trempées dans du coUodion. On enlève tous les jours ou tous les deux jours les bandelettes agglutinatives, et on les renouvelle suivant les besoins de l'application des topiques et des collyres sur l'œil.

Pour faire l'occlusion permanente, on avive un peu en biseau, taillé aux dépens de la face cutanée, le bord libre de chaque paupière, dans une étendue de 3 millimètres. On avive autant de fois que l'on veut faire de points de suture. On réunit avec des fils de soie et mieux avec des fils d'argent, on place sur l'œil des compresses fraîches et l'on comprime légèrement. Les fils de soie seront enlevés vingt-quatre ou trente-six heures après l'opération. Les fils d'argent resteront plus longtemps. V. Plaie.

Il n'est pas nécessaire de placer plus de deux points de suture, à moins qu'il ne s'agisse d'un ectropion, et que l'on ne suppose que le lambeau appliqué .sur les paupières ait une grande tendance à se rétracter. V. Ectropion.

ODOKTALGIE. V. Dents {Eouleurs des).

ODOIMTOMES. Tumeurs formées par du tissu dentaire.

ODOKitT (Paralysie de l'). Quelques personnes perdent l'odorat à la suite d'une maladie aiguë ou d'un coryza.

C'est un état presque toujours incurable; mais il peut guérir par la poudre suivante :

Sout'i'C doré d'antimoine, ........ î

Pondre de semences de pliellandnum. . ] gramm'-s.

Mêlez et prisez plusieurs fois par jour. Guérison en treize jours (Hoppe). j

(EDÈ 9^(3

Il y a des odontomes qui stmt formés par l'ivoire, par la pulpe; l'hypertrophie simple de ces parties constitue l'odontome (Broca). Toutes ces tumeurs ont été étudiées jusqu'ici sous le titre de tumeurs fibreuses de la mâchoire et de kystes dentaires. V. ces mots.

«EI>ÈME. L'hydropisie partielle du tissu cellulaire sous-cutané, sous-muqueux et viscéral, constitue l'œdème ; mais quand elle est générale, on lui donne le nom d'a/cïsarque. V, Hydropisie.

Tous les œdèmes sous-cutanés se reconnaissent à l'empreinte plus ou moins profonde et persistante de la peau que produit la pression du doigt.

L'œdème inflammatoire de l'érysipèle, du phlegmon et des inflammations locales, est chaud, peu étendu et fort douloureux.

L'œdème se produit mécaniquement dans les maladies organiques du cœur qui gênent la circulation veineuse, dans certains cas de grossesse, dans les parties où une veine est comprimée par un ganglion, un cancer, un anévrysme, enfin dans l'oblitération veineuse spontanée qui caractérise la phlegmatia alba dolens.

Un œdème qui débute par les membres inférieurs, gagne les cuisses, le ventre, les membres supérieurs et la face chez un sujet atteint de dyspnée, révèle une maladie organique du cœur.

L'œdème delà grossesse, borné auxmembres inférieurs, résulte de la compression de la veine cave inférieure par l'utérus que distend le produit de la conception.

Les œdèmes de cause mécanique sont froids et peu douloureux.

Un œdème qui débute subitement par une douleur sur le trajet des vaisseaux profonds d'un membre inférieur, dans la suite de couches ou d'une maladie chronique cachectique, annonce l'oblitération d'une veine par phlébite adhésive, et il est ordinairement très-douloureux. C'est la 2j}degmutia alba dolens. V. Œdème douloureux.

L'œdème qui se produit souvent après les grandes hémorrhagies, après la morsure des serpents venimeux, dans la néphrite albumineuse chronique et dans les cachexies, provient d'une alération du sang et résulte d'une hydrohémie avec hypoglobulie et diminution de l'albumine du sérum.

L'œdème des extrémités qui se produit dans les maladies chroniques annonce une mort prochaine.

Un œdème qui débute par les paupières et par des troubles de la vision, et de là s'étend à tout le reste du corps, résulte d'une néphrite albumineuse.

L'œdème des membres inférieurs, précédé d'ascite, dépend presque toujours d'une cirrhose du foie.

L'œdème général et subit de tout le corps, qui succède au refroidissement, est causé par un trouble de la perspiration cutanée.

L'œdème devenu général constitue l'anasàrque, et, s'il dure depuis longtemps, il occasionne dans les parties déclives une inflammation érysipélateuse et la gangrène.

Thérapeutique. — L'œdème doit être traité par les fumigations de benjoin, les bains de vapeur aromatique; la teinture de jalap, composée de 30 grammes par jour trois fois de suite, la teinture de scille, 2 grammes par jour, et comme nourriture le régime exclusivement au lait avec trois oignons blancs. Quand l'œdème est assez considérable pour produire la tension etl'inflammation de la peau,

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si aiiriin moyen pharmaceutique ne peut le faire disparaître, et qu'il y ail en même temps de l'ascite aver étouffement, il faut rcrourir aux moyens chirurgicaux. — Alors, il faut, comme je le fois, appliquer de la teinture d'iode sur les membres inférieurs pendant trois jours, jusqu'à fendillement de l'épiderme, ce qui permet à la sérosité de s'écouler. — On peut aussi faire des frictions avec l'huile de croton ou enfin il faut faire quelques mouchetures cutanées superficielles, cinq ou six, avec une lancette et mieux avec une aiguille. V. Hydropisies.

CEdémc douloureux tics membres, ou Plilegma- «îa alba dolens. Lorsqu'à la suite des couches, ou à la fin d'une maladie hectique prolongée, il se produit une douleur vive dans un des mollets et sur le trajet de la veine crurale avec œdème sans changement de couleur à la peau, on peut être assuré qu'il existe une phlegmatia alba dûleiis (V. ce mol), c'est-à-dire un œdème blanc douloureux dû à l'oblitération spontanée de la veine centrale du membre (Lee, Velpeau, Bouchut).

La phlegmatia alba dolens, ou «edème douloureux, est toujours le résultat d'une phlébite adhésive, et presque toujours aussi elle occupe les membres inférieurs.

Laphlébite adhésiveavecœdèmedes membres inférieurs, ordinairement double, peut aussi se montrer sur la veine porte, sur la veine cave inférieure et supérieure, enfin sur la veine jugulaire (Bouchut). V. Phlébite.

L'œdème douloureux des membres, suite de couches, guérit toujours par suite du rétablissement de la circulation veineuse collatérale superficielle, sans jamais donner lieu aux accidents de résorption purulente qu'on observe dans la phlébite ordinaire.

Dans l'œdème douloureux des membres, la peau est blanche, luisante, tendue, chaude, garde l'empreinte du doigt et semble être principalement douloureuse sur le trajet des gros vaisseaux, là où l'on sent un cordon dur formé par l'oblitération de la veine centrale du membre.

L'œdème douloureux des membres, qui vient compléter une maladie hectique, annonce une mort prochaine.

La suCfusion séreuse du tissu cellulaire résulte de l'obstacle à la circulation veineuse, et l'on trouve le vaisseau veineux principal oblitéré dans presque toute son étendue, par un caillotrouge, friable, quelquefois décoloré au centre et adhérent aux parois veineuses épaissies.

Œdème algide des nouveau-nés OU Selérème des nouveau-nés. Sous l'influence de l'alimentation insuffisante, de l'inanition et du froid, il se produit chez les nouveau-nés un endurcissement considérable de la peau et du tissu cellulaire avec un sous-œdème (Billard).

L'alimentation insuffisante augmente beaucoup la tendance naturelle qu'ont les nouveau-nés pour se refroidir, et il en résulte un tel abaissement de la température périphérique que la peau et le tissu adipeux se condensent comme s'ily avait congélation.

Le refroidissement et la dureté de la peau, avec ou sans œdème, chez un nouveau-né qui crie sans interruption, caractérisent le sclérème.

L'iclère,la diarrhée et la pneumonie compliquent presque toujours le sclérème (Valleix).

Il y a un sclérème partiel qui guérit aisément, mais le sclérème généralisé est presque inévitablement suivi de mort.

Le sclérème s'observe quelquefois chez l'adulte; mais

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si la lésion est la même, la nature du mal est complètement différente, tant il est vrai de dire que des produits anatomiqucs semblables peuvent dépendre de maladies

opposées. V. SCLÉRODERMIE.

Il y a un sclérème sans œdème ; mais souvent par suite de l'obstacle à la circulation des capillaires de la peau devenus imperméables, il se fait une suffusion séreuse du tissu cellulaire sous-cutané, d'où le nom à'œdême algide, quelquefois employé comme synonyme de sclérème.

Dans le sclérème, les enfants nouveau-nés sont comme les animaux à sang froid en équilibre de température avec l'air extérieur, et tandis que la chaleur centrale tombe de 23° à 25° centigrades, celle des extrémités sur la peau représente la température de l'atmosphère.

Le sclérème est la conséquence d'un défaut de calorification intérieure.

Des cris aigus, faibles et fréquents, avec refroidissement et dureté générale delà peau chez un nouveau-né, annoncent un sclérème prochainement mortel.

^ La toux et la dyspnée qui se montrent dans le cours du sclérème indiquent la mort.

Thérapmtique. — Envelopper les nouveau-nés avec du sable chaud ; frictions sur le corps avec de la laine et de l'huile de camomille camphrée, avec de l'hude de lavande et de romarin ; — bains simples et aromatiques ; — bains de farine chaude ou de son grillé ; — bains de vapeur.

Potion cordiale avec de l'eau de menthe, 10 grammes, l'eau de mélisse et l'eau de cannelle.

Massage général de toutes les parties atteintes de sclérème, suivi d'un enveloppement de laine chaude (Legroux).

Faire boire du lait à la cuiller, si le nouveau-né ne peut teter, et, si l'on ne peut rien faire prendre par la bouche, injecter du lait tiède dans le pharynx au moyen d'une petite sonde de gomme introduite dans les narines.

Œdème albuminurique. — L'albuminurie s'accompagne souvent d'un œdème de la face et des paupières, qui s'étend à tout le reste du corps et forme de l'anarsarque. V. Albuminurie et Néphrite albumineuse.

L'Œ'dème albuminurique est apyrétique ou fébrile, selon que la dégénérescence des reins existe à l'état chronique ou aigu.

L'œdème albuminurique dépend d'une altération des tubes urinifères et des granules des reins produisant l'appauvrissement du sang, par suite de la sortie de l'albumine qui se mélange avec les urines.

On voit souvent l'œdème albuminurique débuter par une amaurose complète ou incomplète.

Chez l'homme comme chez la femme, l'œdème albuminurique détermine souvent l'éclampsie.

Un œdème qui débute par les paupières et s'étend au visage et an reste du coi-ps doit faire supposer une albuminurie, que révèle un précipite insoluble formé par l'ébullition des urines ou l'addition d'acide nitrique concentré .

€hez une femme enceinte, l'œdème albuminurique dispose à la mort du fœtus, à l'avortement et très-souvent à l'éclampsie.

L'œdème albuminurique des femmes enceintes, qui n'occasionne pas de complications, guérit presque toujours après l'accouchement, et il est très- rare de le voir persister à l'état chronique.

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ŒIL

Lorsque les femmes enceintes, ayant l'œdème albuminurique, sont prises d'amaurose et d'éclampsies, elles sont vouées à une mort presque certaine.

C'est par œdème et par suffusion séreuse du cerveau que l'œdème albuminurique produit l'éclampsie.

Dans l'œdème albuminurique, il y a toujours une altération rénale caractérisée d'abord par l'augmentation du volume des reins, dont la substance corticale est congestionnée, et successivement par la décoloration de cette substance, son infiltration par un dépôt de granulations miliaires jaunes, et enfin par l'atrophie de tout le rein.

Une amaurose complète ou incomplète, dans laquelle l'ophthalmoscope fait découvrir l'œdème de la papille optique, avec injection et décoloration partielle de la rétine dans le voisinage, avec des hémorrhagies miliaires et granulations graisseuses, indique une albuminurie dont l'œdème ne tardera pas à se manifester. V. Cérébroscopie.

Thérapeutique. — L'œdème albuminurique aigu avec fièvre doit être combattu parla saignée proportionnée aux forces du malade. V. Albuminurie.

Dans l'état chronique : tisane avec la décoction d'uva ursi, — de raifort sauvage, — de chiendent avec nitrate ou acétate de potasse, 3 grammes par litre ; infusion de fleurs de genêts, 15 à 30 grammes ; — purgatifs drastiques avec racine de jalap, — gomme-gutte, — eau-devie allemande 15 à 30 grammes.

Teinture de cantharides, quinze à vingt- cinq et quarante gouttes par jour dans un julep (Wells).

Acide nitrique, 4 à 15 grammes par jour, dans une potion de 200 grammes (Haussen) E], hains de vapeur.

Enveloppement de laine sur la peau. — Fumigations de benjoin et de baies de genièvre tous les jours [+1.

Régime lacté absolu ou lait à discrétion, et chaque jour un grain de santé, — une pilule purgative de Franck ou de Glérambourg.

Quinquina à prendre sous forme de vin, de sirop ou d^extrait.

'Préparations ferrugineuses à prendre sous toutes les formes.

Quand l'œdème albuminurique des femmes enceintes a produit la mort du fœtus et l'accouchement prématuré, il doit être traité par le repos au lit, une alimentation légèrement réparatrice, le vin de quinquina et des préparations ferrugineuses.

Dans l'œdème albuminurique des femmes enceintes qui détermine l'éclampsie, il faut faire plusieurs saignées, et, s'il n'y a pas d'apparence de parturition, provoquer le travail et le terminer le plus tôt qu'il sera possible. V.

Accouchement {Accidents de V).

L'œdème albuminurique ayant produit l'éclampsie doit être traité par de fréquentes saignées du bras.

Pilules d'acide gallique.

Acide gallique 5 grammes.

Mucilage -q. s.

Pour quarante pilules. — Une toutes les trois heures.

Tannin, à prendre 2 k k grammes par jour dans une potion.

Dans l'état aigu de l'œdème albuminurique, le repos et la diète sont nécessaires ; mais lorsqu' existe l'état chronique, il faut laisser faire un peu d'exercice et prescrire la diète lactée. V. Albuminurie.

BOUCHDT ET DESPRÉS. 2^ édlt.

Œdème delà glotte. V. GloTTE.

ŒIL (Ablation de l') [V. Cancers de l'œil, Atrophie DE l'œil, IkidûchoroïditeJ. Lorsque l'œil est seul malade, et lorsque ses lésions se sont étendues à l'orbite, quand on enlève l'organe de la vision, le manuel opératoire diffère.

Pour enlever un œil qui est seul malade, après avoir fait écarter les paupières avec deux élévateurs, on incisera la conjonctive circulairement à 5 millimètres au delà de la circonférence de la cornée ; puis, les muscles droits et les obliques à leur insertion antérieure sur la sclérotique seront coupés avec un crochet et des ciseaux courbes. Passant alors les ciseaux courbes en arrière et en rasant l'œil, -on coupera le nerf optique, on tirera l'œil avec une pince à griffe, en détachant ses dernières adhérences (Bonnet, de Lyon) ; — on panse avec de l'eau froide et l'on pose un œil artificiel de bonne heure, même pendant qu'il y a encore de la suppuration, afin d'empêcher le retrait des paupières qui s'opposerait plus tard à la pose d'un œil. V. Prothèse.

Pour enlever un œil atteint de cancer avec déformation de l'œ'il et extension du mal aux parties voisines, on incise la commissure (Desault) pour mieux disséquer, puis un aide abaisse la paupière inférieure ; l'œil est saisi avec un ténaculum ou un fil est passé dans son intérieur, on coupe avec les ciseaux courbes les muscles et le nerf optique, en tenant les ciseaux de façon que leur convexité repose sur le bord supérieur de l'orbite, pendant qu'un second aide relève la paupière supérieure (Louis). On doit commencer par disséquer ou plutôt énucléer l'œil par des coups de ciseaux à la partie supérieure. Après avoir coupé le nerf optique, on renverse l'œil sur la joue et l'on achève de disséquer l'œil amené ainsi à l'extérieur (Dupuytren).

On réunit la plaie de la commissure avec les serres-fines. Si une hémorrhagie apparaît, on comprime le fond de l'orbite avec des boulettes de charpie, ou l'on applique, soit le fer rouge, soit la pâte au chlorure de zinc qu'on laisse une heure en place.

L'encéphalite, les phlébites, les phlegmons qui compliqueraient l'opération seront traités par les moyens convenables. V. Encéphalite, Orbite {Cancer de V).

Œil (Apoplexie de l') [Desmarres]. Certains malades atteints de choroïdites chroniques et rétinite sont sujets à avoir des hémorrhagies intra-oculaires. Lorsque ces hémorrhagies ont lieu il y a quelquefois un hypohéma et souvent le corps vitré est rempli de sang, de telle sorte qu'à l'ophthalmoscope on ne peut rien voir du fond de l'œil.

L'apoplexie oculaire se termine : par résolution, rarement ; par suppuration, quelquefois ; et souvent par atrophie de l'œil.

L'apoplexie sous-rétinienne cause un décollement de la rétine. V. Rétine {Décollement de la).

Thérapeutique. — Quelques sangsues aux tempes, des purgatifs, une bouteille d'eau de Sedlitz ou le calomel, 60 centigrammes, les bains de pieds sinapisés, sont tout le traitement à employer. V. Choroïdite, Rétinite.

S'il y a excès de pression intra-oculaire et des douleurs vives, on est autorisé à faire l'iridectomie.

Œil (Atrophie de l'). L'atrophie de l'œil est la conséquence immédiate du ramollissement 'du corps vitré, et celui-ci est dû à une iridochoroïdite spontanée on consécutive à la présence d'un corps étranger dans l'œil, à une piqûre de la cornée ou de la sclérotique, avec com-

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plication de blossiirn du crislallin et de l'iris, enfin ii une contusion de l'œil.

l'endanl que l'œil s'atropliie, il se forme ordinairement des ossifications de la choroïde ou de la couche eelluleuse sous-choroïdienne et le cristallin passe à l'étal crétacé.

Dans l'atrophie de l'œil, la papille du nerf optique du côté sain s'excave quelquefois comme dans le glaucome ; c'est là une forme d'ophthalmie sympathique.

On reconnaît anatomiquemeniralrophie de l'œil, d'abord aux signes d'une cataracte, à la mollesse du bulbe oculaire au toucher; puis la pupille se rétrécit, la cornée devient ovale transversalement; l'œil se cache derrière les paupières et linit par être réduit à un moignon.

Les fonctions de l'œil sont altérées par l'atrophie de cet organe, la vision diminue et ne tarde pas à se perdre.

L'atrophie de l'œil, d'autant plus rapide que la cause est une blessure de l'œil, peut rester stationnaire, mais elle ne guérit point.

Thérapeutique. — On ne distingue l'atrophie oculaire qu'après la cessation des phénomènes inflammatoires aigus, — Souvent on constate encore, pendant que l'œil commence à s'atrophier, les signes d'une iridochoroïdite chronique. Dans ce dernier cas, le traitement aura pour but de combattre cette iridochoroïdite chronique (V. ce mol). — Contre les névralgies rebelles qui accompagnent l'atrophie de l'œil, on appliquera sur la tempe de petits vésicatoires volants, qu'on pansera avec le chlorhydrate de morphine, 3 centigrammes. — Si l'œil sain s'affaiblit, s'il présente une diminution du champ visuel, on enlèvera l'œil atrophié pour éviter une ophllialmie sympathique de l'œil sain. V. Œil [Ablation de f).

Œil (Cancer de l') [V. Choroïde, Conjonctive, Iris et Cornée]. Le plus souvent les cancers de l'œil, encéphaloïde, fibro-plastique ou mélanique, débutent, dans les couches celluleuses intermédiaires entre la rétine et la choroïde, et entre cette dei'nière membrane et la sclérotique.

Le cancer de l'œil suit deux périodes : l'une où le mal est latent et est révélé seulement par une dilatation de la pupille, un affaiblissement de la vision, et par la présence d'une saillie blanchâtre ou rougeàtre dans le champ ophthalmoscopique.

Plus tard la maladie s'annonce par une diminution du champ visuel, par l'existence d'une tumeur constatée à l'aide de l'ophthalmoscope qui fait croire à un décollement delà rétine, par des bosselures de la cornée et de la sclérotique, puis par la perle de la vision. V. Choroïde {Cancer de la), Rétine {Cancer de la).

Le larmoiement, la pholophobie, une iritis séreuse, caractérisent en général le cancer de l'œil arrivé à la seconde période ; des douleurs continues, violentes, un développement rapide de l'œil, qui se bossèle, font reconnaître le cancer de l'œil en dehors de tout examen ophlhalmoscopique.

Lorsque l'œil a été entièrement envahi par le cancer et que le produit cancéreux a acquis un grand développement, l'œil sort de l'orbite et un champignon cancéreux écarte les paupières.

Thérapeutique. — L'ablation de l'œil est le seul traitement possible du cancer de cet organe.

«Eîl (ContusiqèImPE L'). L'œil peut être contus par un choc direct ou par une cause indirecte, comme à la suite

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d'un coup sur la lète. La contusion de l'œil produit une lésion de la cornée ou une déchirure de l'iris et de la choroïde. V. Iris, Cornée, Choroïde.

On trouve quelquefois après une contusion un épanchement de sang intra- oculaire, et l'on donne le nom d'hypohéma à l'épanchemcnt de sang qui siège dans la chambre antérieure de ïœi\. V. Hypohéma.

L'hypohéma suite d'opérations de pupille artificielle ou d'évacuation subite de l'humeur aqueuse par une ponction de la cornée est le résultat d'une hémoplithalmie due à la rupture des vaisseaux de l'iris.

On reconnaît l'hypohéma récent à un disque rouge brun ou rosé, occupant la partie inférieure de la chambre antérieure, et se déplaçant parfois selon les mouvements d'inclinaison prolongée de la tôle.

On ne confondra pas l'hypohéma avec la déchirure de l'iris (V. Iris), parce que, dans le cas de déchirure de l'iris, les parties noires ne se déplacent pas, quelle que soit la position de la tête des malades.

Thérapeutique. — Ponction de la cornée pour faire l'évacuation du sang épanché avec l'humeur aqueuse. Il sort peu de sang d'abord, mais, après les ponctions successives, le sang est peu à peu entraîné avec l'humeur aqueuse.

S'il y a un caillot qui reste, on fera une incision de la cornée avec un couteau lancéolaire, et l'on ira le chercher avec une pince à griffes (Desmarres).

S'il y a peu de sang épanché, on peut en attendre la résorption pendant quelques jours. Si la résorption s'effectue, il n'y a rien à tenter.

On appliquera quelques sangsues aux tempes, on prescrira des pédiluves sinapisés et un purgatif au calomel, 50 centigrammes.

flEil (Corps étrangers de l'). Après une plaie de la cornée ou de la sclérotique par un instrument piquant, tranchant ou contondant, il peut rester dans l'œil un fragment de corps étranger, du verre, des parcelles de fei", des pointes d'instruments, des éclats de capsules et des balles ou du petit plomb qui se logent dans l'iris, le cristallin et le corps vitré.

On reconnaît les corps étrangers de l'iris par simple inspection ou par l'éclairage latéral. Les corps étrangers du cristallin et du corps vitré se reconnaissent à l'aide de l'ophlhalmoscope. Dans cette dernière situation, le corps étranger est appréciable au début, à cause de sa mobilité dans le corps vitré ; plus tard il se recouvre d'exsudats et est plus difficile à reconnaître.

Les inflammations de la membrane sur laquelle s'est arrêté le corps étranger , le phlegmon et l'atrophie de l'œil sont la conséquence de la présence d'un corps étr£mger en arrière du cristallin.

L'iritis est la suite de la pénétration d'un corps étranger dans la chambre antérieure et dans le tissu propre de l'iris,

La cataracte traumalique est inévitable en cas de corps étranger du cristallin.

Thérapeutique. — On peut tenter d'extraire les corps étrangers du cristallin avec le cristallin lui-même. On a même tenté d'extraire les corps étrangers mobiles dans le corps vitré (Desmarres).

Quoique cette opération ait été suivie de phlegmon de l'œil, elle est néanmoins autorisée parce que les corps étrangers de l'œil amènent le phlegmon et l'atrophie de cet organe en même temps que des douleurs intolérables.

ŒIL

ŒSO

Quand l'opéralion ne ferait que prévenir ces douleurs, ce serait déjà quelque chose.

Pour enlever les corps étrangers situés profondément, on se servira de roplillialmoscope afin de diriger ropération, et l'on ponctionnera à travers la sclérotique; on extraira le corps avec une pince à griffes, comraé celle que l'on emploie pour la pupille artificielle.

Les corps étrangers de l'iris et de la chambre antérieure doivent toujours être extraits.

Pour extraire un corps étranger de la chambre antérieure de l'œil :

On fait une ponction comme pour la cataracte, soit avec le couteau à cataracte ordinaire, soit avec le couteau laneéolaire.

On introduit une pince à griffes, une curette ou un crochet, ou encore une serretelle avec laquelle on saisit le corps étranger.

On panse comme après l'opération de la cataracte.

Œil (Phlegmon de l') ou Ophtua.lmite (V. ces mots). Le phlegmon de l'œil est un épiphénomène de lésions in-

Fig. 484. — Plilegmnn supjmiv lii- l'iyil, avec rpilème de la paupière. (Desmnrros. )

flammatoires diverses du globe oculaire, soit de l'iris, soit de la choroïde ; on le rencontre aussi quelquefois à la suite d'une plaie de l'œil, compliquée d'un corps étranger. [V. Cornée {Plaies delà), Iridochoroïdite et Sclérotique {Plaies de la)].

Lorsque, dans le cours d'une inflammation de l'œil, ou après une opération pratiquée sur l'œil, ou après une plaie, la vue s'éteint, la lumière cause des douleurs atroces et qu'il existe des douleurs très-vives, il y a phlegmon de l'œil- au début ; — lorsqu'il y a de la fièvre, du délire, des battements dans l'œil, et plus tard un chémosis inflammatoire autour de la cornée, avec gonflement de la paupière supérieure, il y a du pus dans l'œil. La pupille est alors dilatée et occupée par un liquide purulent. L'œil devient dur, puis la cornée perd sa transparence et se perfore, en procurant un soulagement au malade.

Le phlegmon de l'œil se termine très-rarement par résolution, et, dans ce cas encore, la vue est perdue ou au moins notablement affaiblie, car Patrophie de l'œil est presque inévitable. V. Iridochoro'idite.

Thérapeutique, — Les corps étrangers qui seraient dans l'œil et causeraient l'inflammation seront extraits s'ils sont aperçus. Les signes rationnels des corps étrangers ne sont pas suffisants pour autoriser une opération. V. Corps

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