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doute par une idée parliculière sur la nature de la maladie, ont conseillé l'emploi des émissions sanguines.

Dower pratiquait chaque jour, pendant quinze jours^ au début des accidents, une saignée de 150 à 200 grammes, puis, dans les jours suivants, encore une saignée tous les cinq ou six jours. — Morton, Stoll, Thomas, Stokes, Broussais, ont également employé les émissions sanguines, avec avantage, dit-on, mais aussi avec plus de modéra-' tion. — Saignées générales, saignées locales, ont été pratiquées successivement ; mais le plus grand nombre des médecins n'a point encore ratifié cette proposition en thérapeutique.

Comme le dit Lacnnec, la saignée ne prévient et n'arrête pas le développement des tubercules pulmonaires. Elle ne convient que dans les cas où une congestion inflammatoire ou un effort hémorrhagique se font autour des tubercules. Hors de là, elles ne peuvent qu'affaiblir inutilement les malades.

Il faut donc réfléchir avant de pratiquer la saignée au début de la phlhisie, mais il ne faut pas hésiter si, après l'examen le plus attentif, on trouve de l'engorgement pulmonaire, de la bronchite, im peu de pneumonie et de la tendance aux hémorrhagies.

Chez les femmes surtout qui, au début de cette maladie, ont une suppression menstruelle, compensée par un effort congestif vers les poumons, il est utile de mettre des sangsues aux cuisses et de s'efforcer de faire revenir l'écoulement menstruel. A une période avancée l'indication n'existe plus, et il est inutile de chercher à rappeler les règles qui ont disparu. Cette disparition n'est alors qu'un effet de la maladie et n'a plus d'influence sur la rapidité de son évolution.

Viande crue de bœuf ou de mouton hachée, pilée, tamisée — 100 à 200 grammes par jour sur du pain avec une potion alcoolisée ou au rhum, 60 grammes (Fuster).

On donne aussi la viande crue étalée sur du pain, avec du beurre et du sel ordinaire ou du chlorure de potassium (Bourhut).

A cette période, on a aussi conseillé l'usage de médicaments internes, dont les bons effets, quelquefois contestés, sont en effet souvent contestables. Je vais les passer en revue.

L'iode seul, en vapeurs, ou associé à d'autres substances, a joui d'une grande vogue.

Gola conseille Viodure d'amidon, à la dose de 5 centi' grammes par jour.

Dupasquier a conseillé le proto-iodiire de fw et dit s'en être bien trouvé.

Solution normale de proto-iodure de ter. . 4 grammes. Sirop de gomme iucolore très-consistaat. 200 id. Sirop de lleur d'oranger 50 id.

A prendre de quati'e à trente cuillerées par jour. Ou bien la solution normule d'iodure de fer ainsi composée :

Iode 8 grammes.

Limaille de IVr 16 id.

Eau distillée 25 id.

Chauffez à 60° pendant huit ou dix minutes et ajoutez :

Micd de Narbonue 30 grammes.

Evaporez jusqu'à consistance de sirop et ajoutez :

Gomme adragaiit 12 grammes.

On fuit alors deux cents pilules, dont on fait prendre quatre à trente par jour.

J'ai employé cette substance, et loin de m'en être bien trouvé, j'ai vu, au contraire, qu'elle activait la fièvre des malades, qu'elle troublait leur estomac et qu'elle précipitait la marche de leur maladie.

On a aussi be-àucou[^ vanlé T iodurc de potassium. Lugol, Piorry, l'ont donné à un grand nombre de phthisiques et croient avoir obtenu des résultats satisfaisants :

lodure de potassium.

Julep gommeiix. . .

50 centigr.

100 grammes

Par cuillerées à bouche.

L'arsenic sous forme d'acide arsénieux ou d'arséniatc de soude, ou de cigarettes arsenicales, peut être employé avec beaucoup d'avantages.

sirop simple. . . .

Arséniate de soude.

300 grammes.

10 centigrammes

F. s. a. Une ou deux cuillerées à bouche tous les malins.

Le fer a été donné dans le cours de la phthisie pulmonaire. On en a même fait abus. Au commencement, il est quelquefois utile ; mais à une période plus avancée, il esi rare qu'il ne soit pas nuisible et qu'il n'active pas la maladie en augmentant de beaucoup la violence de l'élai fébrile et en amenant des hémoptysies.

L'huile de foie de morue, conseillée par Pereyra, adoptée ici par un si grand nombre de médecins, est un très-bor médicament contrôle rachitisme; mais je ne crois pas qu'i ait autant d'importance dans le traitement de la phthisie. — J'ai cependant vu l'état de quelques phthisiques anii> lioré sous son influence. Elle doit être donnée pendant plu sieurs mois avant qu'on puisse vérifier sûrement ses effets On la donne à la dose de deux à quatre cuillerées par jour pure ou mêlée à du sirop de sucre.

Huile de foie de jiiorue 100 grammes.

sirop 60 id.

Mêlez. — Deux à huit cuillerées par jour.

On peut donner ce médicament dans des capsules géla^ tineuses ou lichénoïdes, ce qui est infiniment plus agréable pour les malades,

11 se donne encore solidifié avec de la chaux hydraté la façon suivante ;

Bols jécoro-calcaires (docteur van don Corput).

Iluilc de foie de jnorue pure 100 grammes.

Saponifiez selon l'art en consistance pilulaire par :

Cliau-x hydratée q s.

Aromatisez avec :

Iliiile essentielle d'amandes amères nu d'anis

Mêlez et divisez en bols de 20 à 25 centigrammes Involvez dans un mélange de sucre pulvérisé trois parties et poudre de racines d'iris une partie.

On peut encore enrober ces bols au moyen de la teinture éthérée de Tolu.

A prendre six à huit par jour, par deux à la fois, immé dialement après le repas.

Traitement de lu seconde période. Ici le ramollissement des tubercules, ou de la pneumonie latente devenue ca séeuse a produit des cavernules et des cavernes av amaigrissement, fièvre et consomption ou phthisie.

Dans ces cas il faut s'attaquer à la lésion pour cicatrise^ les ulcères du poumon , ce que l'on peut faire dans laP phthisie ulcéreuse lorsqu'il n'y a que pneumonie caséeusel ramollie, mais ce qui échoue lorsqu'il y a phthisie tuber-i culeuse. Ici Viodure depotassium etViode, — les préparationsi] arsenicales, — l'huile de foie de morue, 30 à 60 grammes, j — le phosphate de chaux, 5 grammes par jour, — le se^j marin, 10 grammes par jour, — l'acide phénique, 5 à 10 centigrammes, — l'hijpophosphite de soude et le régime de viande crue avec l'alcool, le beurre et le sel marin,' doivent être employés.

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C'est dans ce cas qu'on peut conseiller les fumvjation?' à'ean de goudron ; — remploi du vapovarium aux vapeurs balsamiques ; — les aspirations à'éther phr nique ; — d'acide acétique ; — A'éther iodhydrique (Huette) ; — de vapeurs d'iode (Berton, Piorry). L'usage des sels de chaux est ici très-importante en vue de la pétrification des tubercules.

Les inspirations de chlore^ un instant mises en honneur par MM. Cottereau, Richard, Gannal, n'ont pas longtemps joui de leur succès prématuré.

Voici comment on les pratique :

Etant donné un flacon à deux larges tubulures, garnies comme l'appareil de Wolf de deux tubes ayant 2 centimètres de diamètre, l'un droit, l'autre recourbé, pour mettre à la bouche du malade, on verse dans le vase un mélange d'eau distillée chaude, et de six gouttes de chlore liquide. Le malade respire celte vapeur, cinq fois de suite, de deux, à quatre, huit et douze fois par jour, et l'on a augmenté aussi la dose de chlore jusqu'à vingt -cinq et trente gouttes, en prenant toutes les précautions convenables pour les malades et suivant les effets de la médication.

Ces effets n'ont pas paru très-avantageux aux médecins qui ont cru devoir l'essayer. Souvent ces vapeurs de chlore ont occasionné de l'irritation, ont rendu la toux douloureuse et plus fréquente, ont causé des hémoptysies, activé la fièvre, etc. Il n'en fallait pas davantage pour faire rejeter leur emploi.

Les vapeurs de goudron et A'acide phénique, répandues dans la chambre des malades ou dans les salles spéciales d'un hôpital, ont été employées avec de légers avantages. Il en est de même de l'eau de goudron qu'on fait respirer, après l'avoir réduite en poussière, au moyen d'un appareil pulvérisateur, ou qu'on fait boire aux malades. Cette eau s'obtient en mettant 50 grammes de goudron dans une carafe d'eau. — On commence à boire au bout de quelques heures et l'on remplit la carafe à mesure qu'elle se vide.

La créosote a été aussi donnée, à deux gouttes, dans une ipotion, mais elle ne produit rien de mieux que l'eau de goudron.

iJhuile animale do Dippel a été employée sous forme de frictions parle docteur Palmedo, qui prétend avoir ainsi guéri quatre malades. C'est un moyen qui n'a pas été autrement expérimenté.

Les vomitifs ont servi de base à plus d'une préparation donnée comme spécifique de la phthisie pulmonaire. Morton a surtout vanté les bons effets du tartre stibié, et beaucoup de médecins en ont essayé sur cette invitation. Tous n'ont pas été aussi satisfaits. — Un d'eux, cependant, M. Giovanni de Vittis, dit avoir guéri un très-grand nombre de malades par cette médication. C'est beaucoup trop, n'en déplaise à ce médecin. Voici comment il traitait ses malades.

Tartre stibié 15 centigrammes.

Julep ^ommeux 150 id.

Une cuillerée à bouche tous les jours, puis une seconde au bout d'un quart d'heure si les malades ne vomissent pas. S'ils vomissent ou s'ils ont des évacuations alvines trop abondantes, on remplace la potion par les pilules suivantes :

Mêlez. Pour dix pilules, heures.

Poudre de digitale. .

Poudre d'ipécacuanha.

aa 50 centl:

A prendre une toijtes les

Les sels alcalins, le carbonate de potasse, l'hydrochlo- ■ate d'ammoniaque, de baryte, de chaux, le chlorure de 5odium, Vhypophosphite de soude à la dose de 5 grammes

par jour (Churchill), le phosphate de chaux, /i à 5 grammes par jour, l'ioduré de calcium, le lactate de chaux, ont été tour à tour employés et abandonnés.

On a aussi vanté les bons effets du nitrate d'argent, de la poudre de charbon, de la ciguë; mais tous ces moyens n'ont pu réussir qu'à faire un instant parler de leurs inventeurs.

Les balsamiques ont été conseillés par un grand noni- I)re de médecins, avec des succès très-divers; mais il n'y a guère à en attendre qu'un peu de soulagement pour les malades.

Les uns, et Frédéric Hoffmann, entre autres, donnaient le baume de copahu. Il faut le donner, uni au soufre et à la magnésie de la manière suivante :

Baume de ooimhu ) ,

Fleurs de soufre ] S'-^mmes.

Magnésie calcinée ij. s.

Pour quatre-vingts pilules. — A prendre de six à dix par jour. Cette dose est un peu faible, et l'on peut donner jusqu'à 10 et 15 grammes de copahu par jour.

Van Swieteh faisait faire des fumigations de styrax à ses malades. Ce moyen n'a pas été expérimenté de nouveau.

La myrrhe, qu'on peut donner à la dose de 10 à 15 grammes par jour, forme la base de la potion untihectique, jadis si renommée de Griffith.

Myrrlic 4 grammes.

Carbonate do potasse 2 id.

Triturez et ajoutez :

Eau de menthe poivrée. . 350 grammes.

Sulfate de fer 00 centigrammes.

Sirop de guimauve 30 grammes.

Mêlez. — A prendre une cuillerée à bouche quatre fois par jour.

Robert Thomas donnait la myrrhe en pilules.

Myrrhe pulvérisée i grammes.

Sulfate de fer 120 centigrammes.

Carbonate de potasse i grammes.

Extrait de gentiane 6 id.

Sirop simple ((.s.

Pour soixante-dix pilules.

Prendre trois ou quatre de ces pikdes, trois fois par jour.

Les sulfureux jomssent, dans la phthisie comme dans le catarrhe, d'une réputation exagérée. — Les fleurs de soufre, de 50 centigrammes à 1 gramme, les tablettes de soufre, peuvent être données aux malades ; mais ce qu'on prescrit le plus habituellement sont les eaux minérales sulfureuses, les eaux de Saint-Sauveur, les eaux de Cauterets, etc., les Eaux-Bonnes en boisson et en inhalation à prendre sur place. — Si l'on ne pouvait se rendre sur les lieux, il faut les faire prendre aux malades, chez eux, à la dose d'un quart de verre, puis d'un demi-verre dans du lait le matin à jeun.

En réalité, le soufre et les eaux minérales sulfureuses ne font presque rien contre la véritable phthisie, et l'on doit se méfier de leur usage, car il en résulte souvent des hémoptysies. Ces préparations excitantes ne sont bonnes que dans les engorgements pulmonaires, suite de bronchite ou de pneumonie qui simulent la phthisie par certains phénomènes d'auscultation.

Sulfure de chaux, 15 à 30 centigrammes, trois fois par jour (Busch, Bung). Se méfier des hémoptysies.

Les exutoires peuvent être employés avec quelque avantage, surtout à la première période de la phthisie, et, dans plus d'une circonstance, ils ont aidé, pour leur part, à établir un moment d'arrêt dans l'évolution des

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tubercules pulmonaires. — Des cautérisations poinlillées de l'cpiderme au fer rouge ou avec l'acide sulfurique, des applications quotidiennes de teinture d'iode sur la peau, faites jusqu'au fendillement de l'épiderme et reprises au bout de deux jours, des frictions d'huile de croton tiglium, des emplâtres de lhapsia, des cautères sur la poitrine, sous les clavicules, au niveau des points malades du poumon, des vésicatoires, des frictions avec la pommade stibiée sur le sternum, senties moyens généralement mis en usage. Il est bon aussi de placer à demeure au bras un vésicatoire ou un cautère qui établit sur ce point une dérivation éloignée.

Quelques observations de cavernes ouvertes au dehors, au niveau des clavicules, ont inspiré à plusieurs médecins le désir d'ouvrir artificiellement les excavations tuberculeuses du poumon, lorsqu'elles seraient assez superficielles pour être facilement abordées. Plusieurs opérations de ce genre ont été faites sans succès, il faut bien le dire, et je ne crois pas que ce soient là, quant à présent, des exemple à imiter ou à suivre.

Traitement local des ulcères du -poumon.

Ce moyen conseillé par Henri Freund, d'Oppeln, et employé par lui avec succès, consiste à faire respirer des vapeurs chargées de particules de nitrate d'argent en solution. On s'était assuré préalablement que ce sel dissous dans l'eau distillée n'éprouve aucune altération par la cuisson, et que les molécules de vapeurs en contiennent des parcelles entraînées mécaniquement par la vaporisalion. Il fait dissoudre 2 grammes et demi de nitrate d'argent dans 100 gr. d'eau distillée et soumet deux fois par jour à l'évaporation une cuillerée à thé de ce liquide dans un petit vase de porcelaine placé sur une lampe à alcool. Le malade tient la bouche ouverte au desus du vase à une distance convenable, et aspire les vapeurs qui se dégagent.

L'auteur se loue extrêmement de cette méthode, qui fait sentir ses bons effets ordinairement au bout de deux mois, quelquefois beaucoup plus tôt. 11 n'est pas question de guérison, mais les malades se rétablissent pour un temps assez long.

Cette méthode, comme on devait s'y attendre, a soulevé des objections. Le docteur Klein a publié un article dans lequel il s'attache à faire comprendre l'impossibilité du passage du nitrate d'argent dans la vapeur d'eau qu'on respire, et à montrer que, quand même il y aurait quelques particules du sel d'argent qui arriveraient dans les bronches, l'action de ce sel serait nulle sur des membranes couvertes d'une couche de pus.

Freund maintient ses premières assertions, et cite une de ses malades qui eut, après une inhalation, des taches noires au menton et au pourtour des lèvres, taches qu'on fit disparaître avec une solution d'iodure de potassium. 11 est hors de doute, dit-il, que le nitrate d'argent s'élève en très-petite quantité, sans doute, avec la vapeur d'eau; tout ce qu'on pourrait contester, c'est son arrivée jusque dans les bronches.

Nous avons cru devoir relater cette nouvelle manière de traiter les ulcérations des bronches, quoique nous doutions de la réalité des explications données par l'auteur allemand. Les succès réels qu'il affirme avoir obtenus sont de nature à engager les praticiens à tenter du moins cette méthode, car rien n'est à négliger dans une maladie qui résiste à tous nos moyens de traitement.

A côté de ce traitement par les fumigations, il y a quelque chose de plus fort, ce sont les injections de nitrate d'argent dans les bronches et le poumon. Ce moyen a été

imaginé par H. Grcen de New- York, mais n'est pas souvent employé chez nous.

Dm traitement des maladies des voies respiratoires, par le procédé du docteur Horace Green, de New-York. — Ce médecin cite 106 cas de maladies des poumons traitées avantageusement par une injection d'une solution de nitrate d'argent dans les bronches.

Voici comment il expose le mode d'opérer :

Un cathéter de gomme élastique et une petite seringue de verre ou d'argent sont les seuls instruments nécessaires. Le cathéter doit avoir une longueur de 12 pouces anglais. La distance des dents incisives à la bifurcation de la trachée étant ordinairement de 8 pouces, on sera convaincu que l'extrémité de l'instrument aura pénétré dans : l'une ou l'autre des bronches, quand il sera introduit assez, profondément pour que deux pouces de sa longueur sortent seulement de la bouche. On prépare le patient à l'opération en appliijuanl d'abord pendant quelques jours la sonde munie d'une éponge sur l'ouverture de la glotte et du larynx jusqu'à ce que la sensibilité de ces parties soit notablement diminuée; puis, après avoir courbé légèrement le tube de gomme élastique, on le plonge dans l'eau froide pour lui donner une certaine résistance et pouvoir éviter l'emploi d'un fil métallique.

La tête du patient étant renversée et la langue fortement déprimée, on place l'extrémité courbée de l'instrument sur la face laryngée de l'épiglotte et on la ghsse rapidement à travers l'ouverture glotlique, puis on la pousse en bas jusqu'à labifurcation de la trachée et même dans l'une ou l'autre bronche, selon les indications du cas. Les inspirations du malade faciliteront l'introduction de l'instrument. Le tube étant introduit, on injecte la solution par son extrémité. Il est indispensable de faire pénétrer le tube dans les voies aériennes avec toute la rapidité possible pour éviter le spasme de la glotte qui se déclare ordinairement. En effet, si la sensibilité de l'ouverture de la glotte n'est pas suffisamment diminuée par des applications préalables de solutions de nitrate d'argent j faites à l'aide d'une éponge, ou si le tube touche un peu ij rudement les cordes vocales, il se déclarera inévitable- | ment un spasme de la glotte qui empêchera de continuer | l'opération. L'épiglotte est presque insensible; il est facile de s'en assurer en portant deux doigts au-dessus de la base de la langue et en touchant, ou mieux en grattant [ ce cartilage avec les ongles. La solution dont on se sert peut contenir depuis 10 jusqu'à 25 grains de nitrate d'ar- : gent pour une once d'eau, en ayant soin d'augmenter gra- ; ( duellement les doses. '

Dans les cas de bronchite, d'asthme et de phtliisie, l'em- j ploi du tube, une ou deux fois par semaine, diminue \ infailliblement la toux et l'expectoration, surtout dans les deux premières affections, et, grâce à ce traitement, le docteur Horace Green assure avoir guéri des cas qui avaient résisté pendant longtemps à tous les moyens employés.

Les applications du tube muni d'une éponge imbibée d'une solution de nitrate d'argent doivent être continuées pendant les intervalles des injections.

Le docteur Huhgues Bennet, professeur de pathologie à Edimbourg et médecin à l'hôpital de celte ville, a publié une série d'observations qui, dit-on, confirment les résultats proclamés par le médecin américain. Quoi qu'il en soit, je voulais exposer succinctement les procédés du docteur-Horace Green, en attendant que l'expérience ait permis d'apprécier cette méthode thérapeutique qui, dans certains cas, revêt un caractère incontestable de témérité. C'est un traitement qui jouit depuis quelque temps d'une

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grande vogiif en Amérique et en Angleterre, et qui, dégagé de ses exagérations, peut rendre des services incontestables dans la thérapeutique des maladies des voies l'espiratoires.

Le traitement palliatif de la phthisie pulmonaire ne réclame pas moins d'attention que le traitement prophylactique ou curatif. Tâchons de soulager au moins les souffrances de ceux que nous ne pouvons guérir ; c'est encore une consolation pour nous dans notre impuissance.

La toux qui faligue tant les plithisiques peut être modérée ou calmée même par l'usage des narcotiques, — le sirop de parots blancs, 30 à 60 grammes dans un julep, — Vopium en pilules, 2 à 5 et 10 centigrammes, — la thridace en pilules, — la cynoglossc également de 5 à 10 centigrammes ; — les potions gommevses, \esjuleps, les îooclis, les pâtes pectorales et narcotiques, variées à l'infini, concourent efficacement à ce résultat. On donne dans le même but Vuil pilé à 6 gousses par jour et pardessus des pastilles odorantes au cachou pour enlever l'odeur. (Auzias- Turenne.)

Les douleurs de poitrine doivent être combattues par des cataplasmes arrosés de laudaum ou par de petits vésicatoir es volants, qu'on saupoudre chaque jour avec un paquet de 3 centigrammes de sulfate de morphine, par des applications quotidiennes de teinture d'iode simple ou morphinée, et par des injections hypodermiques de morphine.

Les sueurs et la diarrhée sont avantageusement modifiées et même arrêtées par des pilules d'agaric blanc, à 20, 30 et 50 centigrammes par jour, et par des pilules d'acétate de plomb, de 2 à 5 centigrammes par jour, avec une égale quantité d'opium par pilule avec le sulfure d'allyle, 2 à 6 gouttes par jour (Bouchut). V. Ail.

La manière de vivre et le régime doivent être l'objet d'une grande sollicitude de la part du médecin.

Tant que les malades ne sont pas assez faibles pour rester au lit, il faut les faire marcher au dehors et leur faire prendre le plus d'exercice qu'il sera possible. Si ces malades ont des affaires à accomplir, qu'ils les fassent; plus tôt ils prendront le lit et plus leur maladie fera de rapides progrès. Les effets de l'énergie sur la marche de la phthisie sont immenses. Les sujets qui savent résister prolongent leur existence de quelques années ; ceux qui s'écoutent trop meurent vite. En conséquence, il faut tâcher de soutenir le moral des malades ; il faut les tromper sur leur état et les laisser autant qu'il sera possible dans le courant de la vie active.

Les malades devront faire usage de flanelle, éviter d'être mouillés ou de rester les pieds humides ; quelques-uns se trouvent bien du laitage, il faut approuver ce régime. Le lait chaud de vache, le lait d'ànesse, tous les matins de bonne heure, améliorent très-souvent et pour longtemps l'état de la poitrine.

La consomption mérite enfin d'être traitée à part, et c'est ici que la nourriture doit être bien choisie, assez forte, assez substantielle pour être tonique , des viandes rôties, du poisson, de bons légumes, de la graisse de porc ou de volaille, du cognac et du vin de Bordeaux forment l'alimentation de ces malades, qui ne peuvent être mis impunément à une diète trop prolongée. La purée de viande crue, 250 à 300 grammes par jour (Fuster), le pain avec du beurre et du sel, enfin l'eau sucrée avec l'alcoolat do mélisse, 60 ou 80 grammes, sont ce qu'il y a de mieux à employer.

BOUCHUT ET DESPRÉS, — 2^ édit.

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