FORMULAIRE DE LA PHLEBITE
Émétique à haute dose (Laennec, Revue médicale, octobre, 1825)
Potion sudorifique.
Racine de bardane 30 centigrammes.
Ea.i 500 i(l.
Sirop sudorifique 1
Esprit de Mindererus j aa dO id.
A prendre par grands verres dans la journée [+].
(Valleix.)
Julep contro-stimulant.
Émétique 3 décigrammes.
lufiision de feuilles d'oranger 150 grammes.
Sirop de gomme 40 id.
Par cuillerée tous les quarts d'heure □. (Laennec) Potion stibiée.
Solution de gomme 125 grammes.
Tart'-e stibié -15 centigrammes.
Sirop diacode 16 grammes,
A prendre par cuillerée à bouche, à deux heures d'intervalle □. (Rayer.)
Looch contro-stimulant.
Looch blanc du codex 150 grammes.
Hermès minéral 1 id.
Mêlez. A prendre par cuillerée toutes les deux heures I I.
Phlébite dos siuus de la dure-mère (Tonnelé). Caractérisée par la rougeur et l'injection des parois veineuses, par quelques pseudo-membranes et même par du BoncHUT ET DEsrRÉs. — 2^ édit.
pus, la phlébilc des sinus de la dure-mère se complique souvent de thrombose et d'embolie.
Des lésions cérébrales suivent habituellement la phlébite des sinus de la dure-mère, ainsi on observe la congestion cérébrale, l'hydrocéphalie aiguë ventriculaire (Bouchut) et les hémorrhagies cérébrales (Tonnelé) , du délire, du coma, des convulsions et de la paralysie partielle ou générale.
La phlébite des sinus de la dere-mère se montre habituellement dans les cachexies et dans les maladies chroniques, telles que la phthisie, la pneumonie chronique, l'entérite tuberculeuse, les coqueluches anciennes, etc., et c'est dans les sinus un état analogue à celui de la phlegmatia alba dolens, des phthisiques ou des cancéreux.
La phlébite des sinus est presque toujours mortelle, qu'elle suive une fracture du crâne ou un phlegmon du cuir chevelu.
Dans la phlébite des sinus de la dure-mère, l'ophthalmoscope permet de voir au fond de l'œil la congestion papillaire, la dilatation, la flexuosilé des veines de la rétine, les varices et les ruptures de ces veines ou les hémorrhagies rétiniennes. V. Cérébroscopie et Ophthalmoscope.
Thérapeutique. — La phlébite des sinus est généralement au-dessus des ressources de l'art. Les sangsues derrière les oreilles, appliquées une à une, de façon à produire un écoulement continu ;• un vésicatoire placé sur la tète préalablement rasée, sont des ressources qu'il ne faut pas négliger.
PiilébUc utL^rine (Dance). (V. INFECTION PURULENTE). La phlébite utérine occupe les veines du col utérin (Béhier), que l'on trouve dur, ou bien elle se développe sur le point où était inséré le placenta (Dance, Tonnelé), et se reconnaît à une mollesse du corps de l'utérus non revenu sur lui-même.
Thérapeutique. •— Placer quinze à trente sangsues sur l'hypogastre, appliquer le traitement de la métrite et de l'infection purulente.
Phlébite des varices. V. Varices.
PiiLÉBOTomiE. V. Saignée.
PULEGMASiE. V. Inflammation.
PlILEeniATIA ALBA DOLENS». V. ŒDÈME DOU- LOUREUX.
PHLEGMON. L'inflammation dans les organes vasculaires a toujours pour siège le tissu cellulaire ou tissu conjonctif, ou la couche cellulaire des muqueuses et des séreuses; l'inflammation du tissu cellulaire sous-cutané et interstitiel porte le nom de phlegmon, comme l'inflammation du tissu cellulaire des glandes porte le nom d'adénite. V. Inflammations.
Le phlegmon envahit une portion limitée du tissu cellulaire ou une portion étendue. Le phlegmon est circonscrit dans le premier cas, il est diffus dans le second; mais ce qui le caractérise dans cette dernière condition, c'est l'extension progressive illimitée plus que l'étendue du mal dès le début.
Quelle que soit la marche d'un phlegmon, il ne domie pas lieu à des cicatrices difformes ; il entraîne souvent l'hypertrophie ou l'atrophie d'une région, il n'y a d'autres changements que ceux dus à la suppuration et à la gangrène du tissu cellulaire, à moins qu'il n'y ait eu un organe détruit pendant la suppuration du phlegmon.
PHLE
l'IlLE
Jamais un phlegmon n'atleint un liomme absolument sain. Il y a toujours un état sabuiral, suite d'écart de régime, un embarras gastrique ou une maladie inflammatoire aiguë ou chronique ailleurs, qui préside à la formation du mal. Même dans le cas où le phlegmon existe après une lésion trautnatique, on retrouve cet état génér^d, car les individus atteints de plaie qui ne se soignent pas éprouvent des douleurs qui réagissent sur les fonctions et constituent un état maladif.
Toutes les lésions traumaliques non soignées peuvent causer un phlegmon. Le refroidissement et la chaleur vive sont dans le même cas. Toutes les lésions inflammatoires du derme, des parties molles et des os d'une partie, quelle que soit l'origine première de l'inflammation, peuvent produire un phlegmon : c'est dire que le phlegmon naît d'emblée chez un blessé, ou consécutivement à une inflammation de voisinage. V. Adénite.
Le phlegmon se manifeste par de la congestion, de la suppuration et quelquefois de la gangrène de la partie enflammée, et par un état général fébrile, avec frissons et redoublement de la lièvre le soir. La rougeur, l'œdème des téguments, la fluctuation, les eschares de la peau et du tissu cellulaire, révèlent les différentes phases de la manifestation du phlegmon. V. Abcès, Gangrène.
On ne peut confondre le phlegmon qu'avec des tumeurs enflammées (V. Adénites, Anévrysmes), des érysipèles et des cutites. V. ces mots.
Le phlegmon peut se compliquer d'inflammation du tégument, d'érysipèle, d'angioleucite , de phlébite, d'inflammation des séreuses voisines ; il se complique assez souvent d'infection purulente , soit par l'intermédiaire d'une phlébite, soit par suite de l'état général défectueux qui a favorisé le développement du phlegmon.
Thérapeutique. — 11 n'y a aucun topique spécifique contre le phlegmon.
En dehors de toute complication, le traitement du phlegmon repose sur deux indications : traiter l'embarras gastrique qui précède ou accompagne le phlegmon (V. Embarras gastrique) ; traiter l'inflammation locale.
Les antiphlogistiques et les émollients, bains locaux, cataplasmes, sont indiqués pendant le premier jour, puis dès qu'il y a tendance à la formation du pus, on ouviira, soit pour prévenir les décollements de la peau, soit pour frayer une issue au pus.
Les purgatifs et l'incision sont les deux meilleurs moyens thérapeutiques employés contre le phlegmon.
Un chirurgien ne doit jamais donner un coup de bistouri sans songfu" à purger son malade le lendemain ou mieux le jour même. Le meilleur purgatif à employer est le sulfate de soude. L'émétique en lavage, 10 centigrammes dans un pot d'eau de veau, est peut-être trop énergique ; on ne le donnera que chez les individus robustes.
Tout à fait au début du phlegmon, la compression méthodique, renouvelée deux fois par jour, réussit quelquefois à arrêter un phlegmon.
Phlegmon circonscrit. Une tumeur limitée, douloureuse au toucher, recouverte par une peau rouge, tendue, chaude, halitueuse, de consistance dure, mobile, sur les parties sous-jacentcs, donnant lieu à des douleurs spontanées, vives, lancinantes, causant chez les malades la sensation d'élancements correspondants aux battements artériels, tumeur ayant débuté depuis un ou deux jours par une douleur subite autour d'un point atteint de traumatisme, ou autour d'un point primitivement enflammé, se
présentant chez un individu atteint de malaise ou de fièvre intense et ayant débuté par des frissons quelquefois peu marqués, est un phlegmon circonscrit superficiel.
Une tumeur profonde, douloureuse, dure, tendue, sans changement de coloration à la peau, causant des douleurs vives et conséquemment la perte des fonctions de la partie où siège l'inflammation, et accompagnée d'un état général semblable à celui des phlegmons en général, est un phlegmon circonscrit profond.
Tous les phlegmons entraînent un œdème de la région qui est dû à la compression des veines voisines.
L'inflammation phlegmoneuse des plaies, à raison de la plaie même qui permet l'évacuation des premiers exsudats inflammatoires, ne s'annonce que par la rougeur des bords de la plaie, de la douleur et une fièvre modérée.
Chez les individus débdités ou atteints d'infection purulente, le phlegmon marche pour ainsi dire sans se manifester par des symptômes graves.
La résolution est l'exception dans le phlegmon, l'induration est rare, la suppuration est la règle (V. Abcès). Cette terminaison est indiquée par des frissons erratiques, des douleurs lancinantes et de la fièvre le soir. Localement on reconnaît qu'il y a un abcès à un œdème de la peau, à un affaissement incomplet de la tumeur, enfin à de la fluctuation. S'il y a un phlegmon chronique, c'est le phlegmon terminé par induration. 11 reste stationnaire dans cet état plus ou moins longtemps et se termine d'ordinaire à la longue par un ou plusieurs abcès.
Au quatrième jour la marche d'un phlegmon est jugée par un abcès, par l'induration ou la résolution.
On ne confondra pas le phlegmon circonscrit superficiel avec un érysipèle et une angioleucite de l'origine des vaisseaux lymphatiques parce qu'il y a dans cette lésion élevure de la peau, sans œdème des téguments, parce que les ganglions où se rendent les lymphatiques sont douloureux ; il n'y a pas d'erreur possible s'il existe une angioleucite franche avec cordons rouges sur le trajet des lymphatiques.
Un phlegmon diffus ne forme pas de tumeurs ; une cutite laisse la peau mobile sur les parties profondes, il y a des phlyctènes qui soulèvent l'épiderme, les douleurs sont moins vives ; à une époque plus avancée, au troisième jour, il y a des eschares.
On ne confondra pas un phlegmon circonscrit profond avec une phlébite, parce que dans la phlébite il y a un cordon induré sur le trajet d'une veine.
On ne saurait prendre un anévrysme enflammé pour un phlegmon, parce que l'on peut toujours apprendre qu'il existait une tumeur dans la région avant la production des phénomènes inflammatoires.
Un abcès hématique est plus difficile à reconnaître, il faut attendre ;— une périostite, une ostéite avec abcès sous-périostique, ne peuvent être distinguées au début d'un phlegmon profond. V. , pour le diagnostic, Inflammation des bourses séreuses, Arthrites, Adénites, Ostéomyélite.
Au voisinage d'une articulation, le phlegmon peut être pris pour une arthrite ; mais une arthrite occupe toute une articulation; un phlegmon circonscrit occupe toujours un point plus limité; puis l'articulation enflainmée est infiniment plus douloureuse qu'un phlegmon.
Le phlegmon autour d'une plaie, autour d'un organe enflammé, ne présente pas de difficulté. V. Adénite, Plaies.
PHLE
PHLE
Les coniplicalions du plilcgmon circonscrit sont celles du phlegmon en général.
Thérapeutique. — On prévient le phlegmon en pansant régulièrement les plaies avec de l'eau froide, des cataplasmes et des bandeletlcs aggUitinatives, suivant la nature de la plaie (V. Plaie). Les contusions seront traitées dans le même but par les liquides résolutifs, la compression et le repos absolu (V." Contusions). Les inflammalions du derme, acné, kystes sébacés enflammés, anthrax, eczéma, seront traités avec attention, et l'on éloignera toute sorte d'irritation des surfaces enflammées. On n'ouvrira pas trop tôt les anthrax.
Au début d'un phlegmon, dans les vingt-quatre premières heures, on appliquera vingt à trente sangsues. On appliquera des cataplasmes en permanence. On peut aussi appliquer des cataplasmes arrosés de dix à vingt gouttes de laudanum ou des cataplasmes de feuilles de morelle.
La partie atteinte d'inflammation sera placée de façon à faciliter le retour du sang veineux vers le centre de la circulation (Gerdy) . Les frictions mercurielles (Serres d'Uzès) peuvent être employées ; mais elles ont l'inconvénient de produire quelquefois de la salivation et de déterminer une éruption de vésicules sur le phlegmon. En même temps, on administre au malade un purgatif, l'eau de Sedlitz ou le sulfate de soude, ou 10 centigrammes d'émétique dans une bouteille d'eau de Sedlitz. V. Phlegmon.
On tient le malade à la diète, au bouillon, et on lui donne les tisanes délayantes en grande quantité; la limonade ou la gomme sont les meilleures tisanes. Si l'on ne purge pas les malades, la tisane de chicorée sauvage, de houblon ou de petite centaurée, sont très-bonnes à administrer.
Lorsqu'un phlegmon date de quarante-huit heures, les antipblogisliques ont peu de chance d'arrêter le mal. Des frictions mercurielles ne sont pas d'une efficacité plus certaine. L'incision dite préventive est un moyen qui permet quelquefois de faire avorter le phlegmon et de soulager les malades (Velpeau); mais, en même temps, on doit administrer les tisanes délayantes et purger les malades comme précédemment. Un vésicatoire est le meilleur moyen à employer en attendant la suppuration (Velpeau); l'incision dite préventive n'est pas sans danger, elle peut accroître l'inflammation.
Quand les malades se présentent au troisième et au quatrième jour après le début du phlegmon, ou lorsque, malgré les antiphlogistiques et les cataplasmes, la maladie a marché, un abcès se sera formé, on l'ouvrira. V. Abcès CHAUDS.
Quel que soit un phlegmon circonscrit, il y a un moment où l'on doit inciser; c'est le moment oii se forme un abcès au milieu de tissus indurés.
Si le phlegmon passe à l'état chronique, on appliquera des vésicatoires ou l'on fera des lotions avec la teinture
I d'iode sur les parties dures. On exercera avec avantage : une compression avec des compresses ou des rondelles
! d'amadou et un bandage roulé. S'il se forme des abcès, on les ouvrira comme des abcès chauds.
Le phlegmon autour d'une plaie non réunie par pre-
I mière intention ne réclame d'autre traitement que le ca-
]l taplasme. Les plaies réunies seront désunies et l'on nettoiera la plaie avec le plus grand soin, soit avec de l'eau tiède, soit avec de l'eau de guimauve ou l'eau et l'eaude-vie camphrée.
On traitera les complications du phlegmon. V. Phlébite, Ant.ioleucite, Érysipèle, Infection purulente.
a*lilegmon diffus (Duncan jeune, Déclard, Dupuytren). i>e phlegmon diff'us est une inflammation du tissu cellulaire,
qui s'étend sans cesse, ne donne lieu que tardivement à la formation d'abcès et entraîne la gangrène de tout le tissu cellulaire qui a été atteint d'inflammation.
La difl'usion du phlegmon est due à un état général infectieux ou à un état gastrique, et souvent au diabète.
Le défaut de plasticité du sang, l'impossibilité de la coagulation du sang dans les petites veines, ou de l'obstruction des capillaires par des globules sanguins, comme cela a lieu autour des points enflammés, est la cause principale de la diffusion de l'inflammation. Les nerfs vaso-moteurs sont- ils pour une grande part dans ce phénomène morbide (Cl. P>ernard, Marey), c'est ce qu'il est encore difficile de préciser. Mais cliniquement le phlegmon difl'us se présente très-souvent chez des individus déjà malades, ou débilités par des excès ou des fatigues, c'est-à-dire chez des individus épuisés atteints d'embarras gastrique. V. Infec-
Le phlegmon diffus est (juclquefois la manifestation d'un empoisonnement local après une plaie virulente. V. ce mot.
La cause occasionnelle du phlegmon difl'us est presque toujours un traumatisme, une inflammation de la peau; quelquefois l'incision prématurée d'un anthrax, la gangrène ou une brûlure non soignée, enfin l'infiltration d'urine.
Le phlegmon dilîus' débute avec le caractère d'un phlegmon circonscrit, ou bien il est précédé de symptômes généraux, tels que nausées, vomissements et fièvre, surtout lorsque les individus étaient déjà malades au moment où le phlegmon débute.
Lorsque le phlegmon dilîus existe depuis plus de douze heures, on trouve les parties imiformément rouges, un peu jaunâtres, pâteuses, tuméfiées, gardant plus ou moins l'impression du doigt (Dupuytren) ; à ce moment le phlegmon peut être compliqué de cutite, qu'on reconnaît à la formation de vésicules et d'eschares sur la peau, ou à un état granuleux du tégument et à une dureté particulière ne gardant plus l'impression du doigt ; il peut être compliqué d'érysipèlc, que l'on reconnaît à des traînées rouges, à des plaques élevées au-dessus de la peau et manifestes surtout à la limite de la rougeur; d'angioleucite, qui se révèle par des cordons indurés se rendant à des ganglions ; de phlébite qui est caractérisée par un œdème considérable du membre et par un cordon dur sur le trajet d'une veine.
Le phlegmon diffus gagne eu étendue du deuxième au quatrième jour et ainsi de suite.
Dans le phlegmon diff'us, l'état général des malades varie, ou bien il y a un état fébrile très-marqué, le pouls est plein, la soif est vive, la langue est sèche, les urines sont rouges et il y a de la constipation ; ou bien s'il y a une infection qui a précédé ou qui suit le développement de l'inflammation, il existe des frissons, des vomissements, quelquefois du délire ou des rêvasseries ; le pouls est petit, déprimé, les malades éprouvent un abattement et une ten^ dance à l'assoupissement indicibles.
Abandonné à lui-même, le phlegmon diff'us cause l'iilfeclion purulente et la mort {\ . Infection), ou bien il se termine par résolution, ou bien il produit une cutite et des gangrènes de la peau avec sécrétion de pus sanieux, mal lié, entraînant avec lui des lambeaux de tissu cellulaire mortifiés.
Si le phlegmon doit se terminer par résolution, on voit d'abord les parties devenir plus molles, puis elles devien-
PHLE
nent de nouveau œdémateuses (Vidal, de Cassis); il y a œdème de retour. Plus tard, on voit se développer quelquefois de petits abcès limités, contenant du pus crémeux.
Le phlegmon diffus n'est pas plus contagieux que l'érysipèle, quoi qu'en ait dit Duncan jeune et Maclaclilan.
On ne saurait confondre le phlegmon diffus qu'avec la cutite, et ce sont les erreurs de diaguostic entre ces deux maladies qui ont propagé la théorie du phlegmon gangréneux et du phlegmon érysipélaleux. Les deux maladies peuvent exister ensemble, se compliquer l'une l'autre, mais on se rappellera que dans la cutite vraie la peau n'est pas œdémateuse, qu'elle se meut sur les parties profondes, tandis que dans le phlegmon diffus il y a toujours plus ou moins d'œdème. L'éryslpèle, l'angioleucite et la phlébite ont des caractères tranchés, et il n'y a d'erreurs possibles qu'aux mains et aux pieds, mais on examinera le bras et la jambe ; alors en cas d'angioleucile ou d'érysipèle il y aura des traînées rouges sur le trajet des lymphatiques.
Le phlegmon diffus, après la chute des eschares, peut entraîner l'inflammation des parties profondes, l'ouverture d'une articulation voisine; après la cicatrisation, il entraîne des adhérences profondes, la perte des mouvements d'une couche de muscles, la rétraction des membres, s'il y a eu de grandes pertes de subsrtances des muscles' audessous des cicatrices.
^ Thérapeutique. — Le phlegmon diffus chez un individu d'une constitution assez robuste sera traité par la saif^née générale, ou mieux par une éméto-calliartique ;
Sulfate de soude.
Tartre stibié. . .
40 grammes.
10 centigrammes.
dans deux verres d'eau.
Au bout de vingt-quatre heures, on fera des incisions multiples intéressant la peau et le tissu cellulaire et dirigées aux membres dans le sens de leur axe. On placera le malade dans un bain entier, ou le membre dans un bain local, tiède, et on laissera les incisions saigner une heure ou deux, puis on appliquera de larges cataplasmes. Les incisions ainsi faites sont le meilleur antiphlosistique. Les sangsues et les mouchetures, avec le bistouri, sont utiles seulement au début du phlegmon diffus.
Lorsque l'inflammation est peu intense et lorsqu'il n'y a encore qu'une rougeur difl'use on emploiera la compression avec des bandes roulées (Velpeau) ; le phlegmo-i diffus des membres se prête bien à ce genre de traitement Les vésicaloires volants (Duncan) sur le point où a débuté l'inflammation ou sur la limite du mal, ont quelquefois réussi. Quel que soit le traitement employé, les parties doivent être tenues dans ime position qui favorise le cours du sang veineux. On traitera du reste l'état -Général comme dans le cas de phlegmon simple. °
Si le phlegmon est accompagné de phénomènes o-énéraux graves, s il y a une dépression générale, on appliquera le traitement de l'infection purulente. On donnera des boissons acidulés en grande abondance 2 liires de hmonade citrique par exemple. On incisera le phle^^mon mais pour prévenir une recrudescence de l'inflammation on pansera les plaies avec de la charpie trempée dans un neîlf. '.•""f' deau-de-vie camphrée, et l'on environsureau ' ^'-"'-^Pl^^n'es ou de compresses d'eau de
de lissuTellI,?-"^''''''''' l^-^'^eaux de tissu cellulaire gangrenés et du pus, on fera des lavaçes comme daps les abcès chauds. V. ce mot ^
PHLE
Pour éviter plus tard la stagnation du pus, on fera une compression méthodique. V. Compression.
Les cicatrices vicieuses consécutives à la gangrène du tissu cellulaire ne peuvent être prévenues : on les traitera plus tard par les moyens appropriés. V. Cicatrices vicieuses.
Lorsque le phlegmon diffus s'étend avec lenteur et quand il n'y a pas de signes d'infection, on peut se borner à appliquer des cataplasmes, à administrer à l'intérieur des boissons délayantes et le sulfate de quinine, à la dose de ^0 à 60 centigrammes. On surveillera chaque jour la partie malade, et l'on ouvrira les abcès à mesure qu'ils se formeront.
Phlegmon et alicès «le I:i fosse îliaciue (Delamotte, Ledran, Dupuytren, Ménière, Dance, Grisolle). Le phlegmon de la fosse iliaque est l'inflammation du tissu cellulaire de la fosse iliaque, situé entre le péritoine et l'aponévrose iliafjue ou l'inflammation dans la gaine des muscles psoas et iliaque. Dans le premier cas le phlegmon est sous-iKt'itonval ; dans le second cas il est sous-aponévrotique. Le phlegmon sous-péritonéal est le résultat de l'inflammation des ligaments larges chez les femmes en couches (Delamarre, Ledran, Levret, Puzos) ou de l'inflammation du (tissu cellulaire chez les individus habituellement constipés (Dupuytren). Les phlegmons de la fosse iliaque se montrent toujours à droite.
11 y a des abcès de la fosse iliaque qui surviennent après les infdtrations d'un phlegmon périnéphrétique urineux, après des plaies par armes à feu, ou après la perforation du cœcum et de l'appendice cœcal, suivie d'un abcès stercoral (Dupuytren), enfin après des hématocèles pèri-utérines. V. Hématocèle rétuo-itép.ine.
Les phlegmons sous-aponévrotiques résultent en général d'un psoïtis, d'une inflammation de la fosse iliaque et même d'une tumeur blanche sacro-iliaque, mais dans ces derniers cas les abcès ont une marche chronique.
Chez l'homme et chez les femmes, hors l'état puerpéral, une douleur dans la fosse iliaque, vive, lancinante, augmentant par la pression et la toux, s'irradiant en divers sens sur le siège etdu côté des organes génitaux externes, de l'engourdissement de la région, un empâtement de la fosse iliaque, douloureux au toucher, quelquefois une tumeur globuleuse, un peu mobile, des frissons, de la fièvre des envies de vomir, de la constipation ou de la diarrhée, puis de l'œdème du membre inférieur, caractérisent un phlegmon de la fosse iliaque. La flexion de la cuisse, l'impossibilité de l'étendre, une induration dans la fosse iliaque, ayant la direction du psoas, une tumeur dure et fixe dans < celte région, doivent faire soupçonner un phlegmon sousaponévrotique. V. PsoïTiS.
Des frissons, des douleurs abdominales, des redoublements de fièvre le soir qui apparaissent chez une nouvelle accouchée, cinq à six jours après l'accouchement, indiquent un phlegmon du ligament large, étendu à la fosse iliaque. V. Ligaments larces.
Los phlegmons de la fosse iliaque donnent lieu à des abcès qui viennent s'ouvrir au-dessus de l'arcade de Fallope, s'ils sont sous-péritonéaux ; à travers l'anneau crural ou la racine de la cuisse, près du grand trochanter même (Velpeau), s'ils sont sous-aponévrotiques: la peau de la région devient œdémateuse, rougit, et il y a de la fluctuation. Les abcès sous-péritonéaux s'ouvrent quelquefois dans le cœcum ou autre point de l'intestin, tel que le rectum (Ménière), l'S iliaque (Rigaud), le vagin, la vessie
PHLE
PHLE
(Dance, Ménière, J, Johnson), l'utérus (Dancp, Husson) ; ils perforent parfois la veine cave (Deineaux).
Les ouvertures des abcès par le vagin ot dans le gros intestin se reconnaissent à une amélioration de l'état du malade, et par la présence de pus dans le vagin et du mélange de pus avec les matières stercorales rejetées. L'ouverture des abcès dans tous les autres points, dans le rectum comme dans la vessie, mène souvent à une consomption rapide..
Six fois sur dix les malades atteints de phlegmon suppuré de la fosse iliaque meurent par péritonite. Ouelquefois l'infection purulente emporte les malades qui échappent aux péritonites. Souvent, lorsqu'il y a communication du foyer de l'abcès avec une cavité voisine, le foyer est sujet à des inflammations violentes qui causent des péritonites et l'infection purulente et putride.
Le phlegmon de la fosse iliaque qui débute ne peut être confondu qu'avec une péritonite ou une tumeur slercorale, un phlegmon des ligaments larges ou un rein déplacé et enflammé.
Une péritonite circonscrite ne donne pas lieu à la formation d'une tuméfaction : les douleurs sont plus vives que celles du phlegmon ; il ne peut y avoir d'erreurs que chez certaines femmes, lorsqu'il y a une tumeur de l'ovaire ou un corps fibreux, mais dans ce cas les tumeurs que l'on sent sont globuleuses, dures, tandis que dans le phlegmon de la fosse iliaque il n'y a le plus souvent que de l'empàtemenf. Le point douloureux est sonore dans la péritonite circonscrite, il est mat dans le phlegmon.
Le phlegmon des ligaments larges est souvent le point de départ d'un phlegmon de la fosse iliaque. Dans ce cas l'erreur n'aurait pas une grande importance, mais le toucher vaginal indiquant que l'utérus est fixe et douloureux, la fosse iliaque étant libre, on pourra juger qu'il y a phlegmon des ligaments larges.
Les tumeurs stercorales ont un cachet spécial : elles sont dures et mamelonnés, elles sont mobiles dans l'abdomen, donnent un son mat à la percussion, elles sont mollasses et se laissent déformer (Piorry) ; lorsque les tumeurs stercorales ont duré un certain temps, il y a des symptômes d'obstruction intestinale (V. ce mot) : le phlegmon n'a jamais ces caractères.
On reconnaît un rein mobile enflammé à des douleurs, se transmettant aux organes génitaux urinaires, à la rareté ou à l'altération des urines qui contiennent de l'albumine. Si le phlegmon cause des dépôts rougeâtres dans l'urine et peut induire en erreur, on palpera la tumeur : si elle est très-mobile, il est probable qu'il s'agit de l'inflammation d'un rein déplacé et mobile.
Le phlegmon suppuré ou abcès de la fosse iliaque peut être pris pour une hématocèle rétro-utérine, pour une péritonite circonscrite locale, pour une tumeur de l'ovaire, pour un anévrysme, pour un abcès par congestion (A. Bérard) .
L'apparition d'une tumeur après une époque, la tumeur vaginale, l'immobilité de l'utérus, appartiennent à l'hématocèle et nullement au phkgmon, à moins que celui-ci ne résulte d'un phlegmon des ligaments larges. Le phlegmon a une marche inflammatoire; dans ce cas, c'est le début de la maladie seul qui éclaire le chirurgien et qui la distingue des autres lésions.
La péritonite chronique forme une tumeur qui est sonore et sur laquelle on sent les bosselures de l'intestin se
dessiner; une tumeur de l'ovaire s'accroît insensiblement et sans douleurs vives; enfin un abcès par congestion est réductible, il existe depuis longtemps et a été précédé de douleurs vives en un point éloigné.
Les abcès ouverts dans une cavité voisine, telle que les intestins où les conduits urinaires, se reconnaissent par les caractères d'un phlegmon de la fosse iliaque, et l'issue du pus par l'urèlhre ou le rectum, avec l'urine ou les matières fécales. L'inflammation du foyer après des communications accidentelles de l'abcès avec les viscères se révèle par une recrudescence de l'inflammation, des frissons, de la fièvre et des douleurs.
Le psoïtis est difficile à distinguer du phlegmon idiopathique de la fosse iliaque, l'engorgement sur le trajet du psoas, la flexion de la cuisse sur le bassin, sont les deux seuls signes un peu caractéristiques du psoïlis.
Les phlegmons de la fosse iliaque sont des inflammations puerpérales, des phlegmons idiopatbiques et des abcès slercoraux. La gravité est à peu près égale dans tous les cas, sauf les derniers qui sont les plus graves de tous, au point de vue des conséquences en cas de guérison. V. Infection puerpérale, Stercdr.^le (Tumeur).
Thérapeutique. — Les saignées qui ne peuvent pas être faites dès les premiers jours sont inutiles; elles sont contre-indiquées, du reste, chez les sujets affaiblis. — On appliquera de préférence quinze à trente sangsues dans la fosse iliaque, suivies de cataplasmes en permanence. On placera les malades dans un bain entier ou dans un bain de siège pendant une heure.
On administrera un léger purgatif, 20 grammes d'huile de ricin. Les malades observeront la diète, boiront de la tisane délayante en grande quantité, et seront tenus au repos absolu aussi immobiles que possible.
Lorsque le phlegmon a suppuré (et c'est entre le douzième et le cinquantième jour que la suppuration se montre), on cherchera sur la paroi abdominale, ou dans le vagin, chez la femme, quels sont les points ramollis.
S'il y a, dans la région inguinale, de la fluctuation évidente, sans rougeur du tégument, on fera une ponction exploratrice, après s'être assuré qu'il n'y a point de sonorité à la percussion et que le cœcum n'est pas au-devant du foyer (Uupuytren). S'il y a du pus évident, on appliquera un cautère avec la pâte de Vienne. Toutes les fois, au contraire, qu'il y a rougeur et œdème des téguments, il est certain qu'il y a des adhérences entre le péritoine et la paroi abdominale ; on peut alors attendre et inciser avec le bistouri.
L'abcès de la fosse iliaque sera ensuite traité comme les abcès chauds. V. ce mot.
Lorsque l'abcès fait saillie dans le vagin, on le ponctionnera et on laissera une sonde à demeure ou l'on fera une double ponction pour passer un tube perforé.
Si l'abcès est ouvert dans le cœcum, on maintiendra des cataplasmes en permanence sur la fosse iliaque, et s'il survenait de la douleur et des frissons qui indiquent l'inflammation du foyer, on appliquerait des sangsues sur la fosse iliaque et l'on placerait les malades dans un bain, puis on administrerait des lavements émollients. Si l'inflammation résiste, on appliquera des vésicatoires répétés et même des moxas.
Lorsque l'abcès est ouvert dans le rectum, la vessie et le vagin, on fera dans ces cavités des lavages et des injections répétées deux fois par jour.
Contre la péritonite consécutive aux phlegmons et aux abcès de la fosse iliaque, on donnera l'extrait d'opium aux
PHLE
PHLE
doses de 10 à 30 centigrammes (Graves, Slokos, Chômai).
Si les abcès restent fistuleux (Piizos), on y fera des injections iodées au dixième.
l*liIe$ïiiion fie la muin et «lu pied. Les phlegmons de la main et du pied se développent d'ordinaire après des plaies, après des panaris, après des fractures et des luxations ; on les voit naître aussi au-dessous d'une bourse .séreuse, placée sous un durillon. Ouelqueibis ils se montrent après des arthrites ; ils siègent alors sous la peau, dans les gaines tendineuses ou au-dessous.
Les phlegmons de la main et du pied suppurent vite ; ceux de la main décollent la peau, gagnent à la fois les faces dorsales et palmaires; ils ont de la tendance à devenir diffus, et à se propager à l'avant-bras ; le phlegmon du pied, au contraire, reste souvent limité.
Les caractères d'un phlegmon de la main et du pied, son origine, ne permettent pas de le confondre avec un érysipèle. La tuméfaction, uniforme, l'empâtement avec rougeur, sont les signes d'un érysipèle. Les phlegmons consécutifs à l'inflammation d'un durillon, et que pour cela on désigne sous le nom de durillon forcé, se reconnaissent par la douleur au toucher, limitée au durillon ou à la paume de la main et par une rougeur diffuse du dos de la main. Le phlegmon anthracoïde n'est autre chose qu'un anthrax ; il se reconnaît à une tumeur où la fluctuation est obscure. Le phlegmon consécutif à un panaris envahit les gaines tendineuses à l'éminence thénar et à l'éminence hypothénar. V. Panaris, Durillon forcé.
Tous les phlegmons de la main et du pied se terminent par la formation d'un abcès.
Les phlegmons des gaines tendineuses, les inflammations des gaines des tendons, n'existent pas d'emblée à la paume de la main ; l'existence antérieure d'un panaris fait aisément reconnaître la nature d'un phlegmon successif de la main.
Thérapeutique. — Comme les phlegmons de la main doivent suppurer, les antiphlogistiques sont inutiles. On apjiliquera des cataplasmes et l'on tiendra la main élevée. La compression, difficile à bien faii'e à la main et au pied, ne sera pas mise en usage. Les bains locaux, deux fois par jour, sont d'un excellent emploi.
Rien ne presse d'ouvrir un phlegmon de la main.
Pour être sûr de donner une issue convenable au pus, on attendra et l'on fera des incisions sur les points fluctuants. Si l'on avait incisé de bonne heure sur un point où l'inflammation n'a pas débuté, et si le pus sortait mal, il ne faudrait pas hésiter à faire des contre-ouvertures. Pour cela on laisse le foyer des abcès se remplir pendant vingtquatre heures, puis on incise sur les points fluctuants en bouchant l'orifice de l'abcès, ou bien on introduit une sonde cannelée courbée dans les décollements et l'on débride sur les points où l'on fait saillir, sous la peau, l'extrémité de la sonde. Les incisions sur la face palmaire, la main et la face plantaire du pied, seront petites lorsqu'elles seront faites dans le voisinage des artères. Lorsque le phlegmon est sous-cutané, il n'y a pas à se préoccuper de l'étendue de l'incision.
On pansera comme les àl)cès chauds.
Phlegmon périiit^iilirétiqiie. Le phlegmon périnéphrétique est l'inflammation et la suppuration du tissu cellulaire qui entoure le rein. Il est lié à une lésion traumatique (Bienfait, Piayer) ou à tout autre cause de phlegmon en général ; à une inflammation du rein, qui par voisinage
transmet ses propres inflammations au tissu cellulaire, enfin à une lésion du rein, telle que pyélonéphrite suppurée ou calculeuse, kystes hydatiques, strongle du rein (Chopart) et tubercules des reins.
Les symptômes généraux de l'inflammation (V. Phlegmon circonscrit) manquent quelquefois; au début, les malades éprouvent seulement des pesanteurs dans les reins, des douleurs sourdes, profondes, augmentant par les mouvements ; la douleur est quelquefois mobile (Ch. Halléj. Cette douleur est ensuite pongitive, lancinante, fixe, et ne s'accompagne pas de rétraction du testicule. La fièvre ofl're des recrudescences, ou apparaît au moment où un empâtement appréciable existe dans la région lombaire, audessous de la saillie des muscles sacro-lombaires. La peau offre d'abord une coloration normale, et ce n'est que quand la maladie dure depuis longtemps qu'elle présente les caractères qui indiquent un abcès sur le point de s'ouvrir. Le flanc, la fesse et l'hypochondre s'œdémalient ; les mouvements de la cuisse sont gênés et peu à peu le malade la place dans la flexion. Enfin un abcès devient évident : on le reconnaît à la fluctuation franche, puis à des douleurs lancinantes vives et à des frissons erratiques. 11 n'y a de trouble de la sécrétion urinaire que quand le rein est primitivement malade. Lorsque le pus tarde à se réunir en foyer, il y a des fiissons, de la fièvre, des nausées, des vomissements, des coliques, de la constipation, quelquefois de la diarrhée.
Les phlegmons périnéphrétiques se compliquent, soit de péritonite générale ou de péritonite circonscrite à la région du foie, ce qui donne lieu parfois à un ictère et trompe sur la nature des phlegmons, soit de pleurésie, ce qui est rare, et plus exceptionnellement encore de gangrène du rein (T. Turner, Blaud).
Lorsqu'un phlegmon périnéphrétique s'est abcédé, il s'ouvre en général par la région lombaire où il se manifeste avec les caractères d'un abcès chaud (V, Abcès) ou avec les caractères d'un abcès chaud avec fistule rénale et calcul du rein (V. Calcul du rein). Il est rare que l'abcès s'ouvre en avant.
Les abcès périnéphrétiques ouverts dans la fosse iliaque (de Haen, ïrabuc) se comportent comme les abcès de cette région (V. Phlegmons de la fosse iliaque). Enfin les abcès ouverts dans le côlon (Rayer) à travers le diajihragnie, dans le poumon (Dugasse, Rayer, A. Guérin), dans la vessie et l'urèthre (Demarquay et Vigla), dans le vagin (Feron), ne diffèrent pas des abcès de la fosse iliaque avec vastes décollements et fusées purulentes au loin.
Dans le diagnostic des phlegmons périnéphrétiques, il faut établir d'abord si le phlegmon est primitif ou s'il est consécutif à une lésion du rein. Les antécédents de néphrite, de pyélitC; de calculs ou de tumeur du rein, l'altération de l'urine avant tous les symptômes inflammatoires, ne laissent pas de doute sur l'origine d'un phlegmon périnéphrétique.
Dans la néphrite aiguë, les urines sont sanguinolentes, la fièvre existe toujours au début, la néphrite chronique est sans fièvre et il y a du pus mélangé à l'urine; le phlegmon n'est accompagné d'altération de l'urine que quand il a déjà duré longtemps et quand le pus a trouvé une issue dans l'uretère. La pyélite calculeuse a été précédée de symptômes de calculs du rein (y . ce mot). Le diagnostic n'est donc pas impossible dans ce cas.
L'hydronéphrose est une maladie essentiellement chronique, qui se montre sans provoquer ni douleur, ni fièvre.
l'HOS
Les kystes du rein sont dans le même cas, le phlegmon, au contraire, est une inflammation aiguë, avec son cortège de douleurs et de fièvre.
L'hépatite provoque des douleurs qui s'irradient dans l'épaule, de l'ictère, une lièvre continue; le phlegmon se distingue par l'irradiation des douleurs vers les organes génitaux. Au reste on doit se souvenir que l'hépatite est rare dans nos contrées.
Les abcès chroniques du foie, le cancer du foie, qui a d'ordinaire une marche rapide, simulent, comme accidents locaux au moins, im phlegmon périnéphrètique, mais dans les deux premiers cas il y a eu d'une part l'amaigrissement qui caractérise l'hépatite chronique, et de l'autre la cachexie cancéreuse ; l'état fébrile et les douleurs sont moins marqués dans les deux premières maladies que dans le phlegmon périnéphrètique.
A gauciie, les hypertrophies de la rate et les douleurs spléniques peuvent en imposer, mais la percussion de la rate, les lièvres intermittentes observées chez les malades antérieurement au début des douleurs, étabhront le diagnostic.
Les abcè* par congestion simulent les phlegmons périnéphrétiques et le diagnostic est difficile ; mais en attendant quelques jours les accidents du phlegmon s'aggravent, la région rénale devient œdémateuse, et il n'y a plus d'erreurs possibles.
Les abcès sterccraux formés dans le tissu cellulaire périnéal ne peuvent être distingués du phlegmon périnéphrètique parce que la maladie est la même.
Le psoïtis (V. ce mol) est une inflammation qui tend à gagner la fosse iliaque ; on le reconnaît à la rétraction de la cuisse, à un cordon dur sur les côtés de la colonne vertébrale : il n'y a rien de semblable dans le phlegmon périnéphrètique.
Le lumbago rhumatismal ne saurait être confondu avec le phlegmon périnéphrètique qu'au début : quelques ventouses scarifiées atténuent le lumbago, elles ne font rien à l'abcès périnéphrètique.
Thérapeutique. — Une saignée, vingt sangsues sur la région rénale, peuvent arrêter une périnéphrite primitive ou phlegmon périnéphrètique spontané. Les antiphlogistiques ne peuvent rien dans la périnéphrite consécutive" à une pyélonéphrite calculeuse. — Ouvrir une voie au pus avec le bistouri (Hippocrate) à la région rénale seulenient, avec le caustique (Rufus, d'Éphèse), faire la ponction simple, sont des opérations indiquées, mais l'incision est généralement préférée. Si l'on a affaire à un phlegmon suppuré simple, on traitera comme un abcès chaud. S'il y a pyélonéphrite et un calcul on se comportera suivant les indications tirées de la mobilité et de la situation du calcul. V. Abcès chauds, Calcul du rein.
PnLOORRIIlZIKE. Principe amer, cristallisable, extrait des racines du pommier, du prunier et du cerisier, — Employé comme fébrifuge I I.
PHLYCTËNE. V. AMPOULE.
PIIOCOMÉLIE. Les arrêts de développement des membres ou phocomélie, quelle que soit leur complexité, ne peuvent être l'objet d'aucun traitement chirurgical, mais les membres rudimentaires peuvent être rendus singulièrement utiles par l'application méthodique de la prothèse (Debout). V. Prothèse.
PHOSPHATKïi. Sels résultant des combinaisons de
l'acide pliosphorique avec les bases. Parmi eux on emploie :
1° Le phosphate cV uinmmiaque soluble, à la dose de 10 à 20 grammes, comme anligoutteux, et contre la gravelle oïl la pierre \±\.
2" Le phosphate de chaux ou corm- di> eevf calcinée, insoluble dans l'eau, qui sert à préparer la décoction blanche de Sijdenhum, contre la diarrhée. — On le donne en poudre, 5 à 15 grammes par jour, dans du sirop ou du chocolat, contre le rachitisme [T], 1 ostéomalacie, la carie verlébralde et les autres caries [T], la phlhisie [+], etc.
Le plujsphate de chaux, réduit par M. Possoz à un état de division considérable, sert à faire un sirop gélatineux d'un emploi assez commode. — Voici son mode de préparation. — Dans 20 litres d'eau distillée on verse /iOO grammes d'ammoniaque liquide à 21 degrés Baumé. Dans cette eau alcalisée on fait couler lentement une solution de 200 grammes d'os calcinés dissous dans ^lOO grammes d'acide chlorhydrique à 25 degrés Baumé étendus de 20 litres d'eau en ayant soin d'agiter continuellement ce mélange qui est très-alcalin.
Après 2^1 heures de repos on siphonne, et chaque jour on renouvelle les lavages à l'eau distillée jusqu'à ce que le précipité cesse de se déposer dans le même laps de temps, ce qui est l'indice d'un lavage complet. Alors on laisse en repos dix jours, puis on siphonne l'eau surnageant le dépôt nuageux que l'on mêle avec du sirop de sucre pour former un sirop de phosphate de chaux gélatineux.
3" Le phosphate de fer, peu employé, et le pyrophos-phate de fer et de soude, qu'on donne en pastilles ou en sirop contre la chlorose, l'anémie et les névroses {±}.
U° Le phosphate de soude soluble, employé à la dose de 30 à 50 grammes dans l'eau, comme purgatif, et à 2 ou l\ grammes, contre le rachitisme. A côté de ces phosphates il faut placer les hypophosphites de potasse et de soude, employés contre la phthisie, par Churchill, h la dose de 1 à 3 grammes par jour [T].
PIIOSPSIATE DE BLÉ OU $i ( lltROLÉ ALI- MENTAIRE. On donne ce nom, en Angleterre, à une préparation très-simple et très en vogue, qui sert à nourrir les jeunes enfants délicats, malades, etc. Voici en quoi elle consiste :
Faites une décoction de son ; passez ; ajoutez du sucre ; évaporez à siccité et pulvérisez. Dose de trois à quatre cuillerées à café par jour.
Ce saccliarolé est employé avec beaucoup de succès dans toutes les maladies de l'enfance.
Il n'est pas étonnant que cette préparation soit plus efficace que celles qui contiennent des phosphates artificiels. Le milieu du grain est constitué par l'amidon presque pur, c'est près de l'enveloppe corticale que se trouvent la majorité des sels, et en particulier les phosphates engagés dans des combinaisons naturelles qui doivent se trouver réellement alimentaires.
PHOSPIIÈl\ES. V. OpHTHALMOSCOPIE.
PnOSPHITES ET niPOPHOSPHlTTES. V. PHOS- PHATES.
PHOSPHORE. Corps simple, non métallique, inflammable, brillant dans l'obscurité, retiré de l'urine et des os.
On l'emploie en thérapeutique comme stimulant et comme aphrodisiaque. Il est très-dangereux, et il s'administre sous forme dliuile phosphorée, à la dose de une à
PHTH
trois gouttes dans les paralysies anciennes [+] et clans l'impuissance \±].
Cette huile peut être titrée et renfermée dans des capsules gélatineuses ayant chacune 1 milligramme de phosphore, et l'on donne 1 à 3 capsules par jour.
Avec le phosphore, on fait aussi des pilules en le faisant fondre dans l'huile et le beurre de cacao qu'on solidifie ensuite avec de la poudre de guimauve. — En mettant 1 milligramme de phosphore par pilule on peut donner 1 et/i pilules par jour. — Associé au zinc, il forme un phosphure de zinc qui se met en pilules de 8 milligrammes dont chacune contient un milligramme de phosphore effectif.
Pliosphore.
Huile, . . .
10 centigrammes.
8 sramnies.
Faire dissoudre au bain-marie.
Beurre de cacao 8 grammes.
Faites fondre et ajoutez
Poudre guimauve q. s.
Pour 100 pilules vernissées ; chaque pilule renferme 1 milligramme de phosphore.
On en fait une pâte pour empoisonner les animaux nuisibles, tels que les rats, les mulots et les souris.
Axonge fondue 200 grammes.
Farine de seigle 100 id.
Phosphate divisé S id.
Sucre 600 id.
Autre.
Huile phosphorée.
Farine
Sucre en pondre.
50 grammes.
400 id.
200 id.
PHOSPHURE DE ZIXC. V. ZlNC.
PHOTOPHOBIE. Sensibilité de l'œil à la lumière, soit sous rinfluence d'une méningo-encéphalile, soit par suite d'une inflammation aiguë ou chronique des membranes de l'œil, la cornée principalement. V. Conjonctivite, Kératite.
La photophobie persiste quelquefois après la gnérison du mal qui la causait, et c'est contre cet état que sont employées les formules suivantes.
Thérapeutique. — Contre la photophobie, il faut prescrire le bromure de potassium à l'intérieur, 2 à /i grammes par jour ; ou bien comme collyre Vhuile de morue dans l'œil.
Solution saturée d'atropine neutre, une goutte trois fois par jour dans l'œil.
Colhjre.
Bromure de potassium.
Eau distillée
2 grammes.
GO id.
Pour un collyre.
Six cas de succès en quatre jours. (Rossignol.)
Des inhalations de chloroforme non poussées à l'insensibilité, six fois par jour pendant quelque temps, ont guéri cet état compliqué de blépharospasme durant depuis seize mois. (Mackenzie.)
Badigeonnage des paupières avec la teinture d'iode.
(Henry van Hoisbeck.)
PHRÉNÉSIE. V. MÉNINGITE.
PHRÉI\0-GLOTTISillE. V. SpASME DE LA GLOTTE.
PHTHIRIASE. Maladie parasitaire causée parle développement des poux.
Le développement rapide, presque instantané, d'une si grande quantité de poux sur le corps et sur la tête, qu'on
PHTH
peut les recueillir à la pelle, constitue la phthiriase ou maladie pédiculaire. V. ce mot.
On ignore entièrement les conditions favorables au développement de la phthiriase.
La phthiriase est rapidement mortelle si l'on ne débarrasse pas les malades des parasites qui les couvrent.
Thérapeutique. — Les bains de sublimé, — les fumigations sulfureuses, — les frictions de pommade à l'acide phénique au. centième, — de goudron (10 grammes sur 30 gram. d' axonge), — de coaltar (5 gram. sur SOgram. d'axonge) et les applications d'huile de pétrole , — de poudre de pyrèthre — l'eau antipédiculaire, — la pommade de Cévadille, — la pommade d'onguent mercuriel, doivent être employés contre la phthiriase.
PHTHISIE OU TL'BERC ULOSE PULMOl^AIRE, OL SCROFULE DES POUMORiS. La scrofule qui se porte sur
Fig. 537. — Section d'un poumon dans la première période de la phthisie pulmonaire ; les tubercules miliaires sont encore clair-semés, mais ils sont nombreux au sommet où «n ramollissement ulcéreux commence à se manifester. (Hughes Bennet.)
les poumons se manifeste par des bronchites aiguës ou chroniques, et par de la. pneumonie chronique, qui entraînent : soit des granulations fdjro-plastiques et tuberculeuses, ou tubercules, qui deviennent cause à leur tour d'ulcérations pulmonaires profondes, et qui engendrent la phthisie pulmonaire. V. Tubercules, Scrofule.
Il y a deux espèces anatomiques de phthisie pulmonaire : 1 ° phthisie tuberculeuse due au développement des granulations grises passant à l'état de crudité et ensuite de ramollissement formant des cavernes ; 2° la phthisie inflammatoire idcéreuse de Broussais, ou infiltration tuberculeuse de Laennec et pneumonie caséeuse de Virchow, due à une pneumonie latente dont les éléments ramollis amènent l'ulcération caverneuse des poumons.
La phthisie tuberculeuse pulmonaire se développe chez
PHTH
PHTH
l'eïifant comme chez l' adulte et parfois chez le vieillard :
— chez la femme plus que chez l'homme, — dans les pays froids plutôt que dans les contrées chaudes, — dans les grandes villes plus que dans les campagnes, — chez les sujets dartreux, lymphatiques et scrofuleux, — chez ceux dont les parents ont été atteints de scrofule ou de phthisic,
— quelquefois chez des sujets syphilitiques, — à la suite d'une bronchite mal soignée, d'une congestion pulmonaire persistante ou d'une pneumonie chronique, — à la suite de la rougeole ou d'une suppression des règles, enfin chez les personnes qui respirent beaucoup de poussière.
La phthisie inflammatoire se produit chez les sujets qui contractent accidentellement une congestion pulmonaire chronique dont les éléments se ramollissent, se transforment en matière grasse caséeuse, et s'élimine par les bronches en formant des cavernes.
Fi^'. 538. — Section d'un poumon dnns la seconde période de la phtliisie pulmonaire ; les tubercules niiliaires sont semés partout, tandis que les tubercules infdtrés occupent tout le sommet où un ramollissement ulcéreux a produit une cavité considérable de forme irrégulière, ainsi que plusieurs autres plus petites. (Ilugbes Bennet.)
L'hérédité est une des causes qui favorisent le plus l'apparition de la phthisie pulmonaire.
Si la phthisie est plus fréquente dans les grandes villes que dans les campagnes, c'est que dans les villes il y a, en outre des habitudes énervantes, une atmosphère constamment chargée de poussière, dont l'introduction dans les bronches est le point de départ d'une irritation vésiculo-pulmonaire, qui se termine pt^r la formation des tubercules.
Toutes les poussières minérales, végétales ou animales, qui pénètrent dans les bronches produisent de petites pneumonies vésiculaires et facilitent le développement de la phthisie pulmonaire acquise.
Si la rougeole est si fréquemment suivie de phthisie
pulmonaire, c'est que la bronchite morbilleuse entraîne une desquamation de l'épithélium bronchique , dont le dépôt dans les vésicules du poumon fait office de poussière animale et occasionne une phlegmasie vésico-pulmonaire latente, suivie de pneumonie caséeuse ou de production des tubercules.
On croyait jadis à la contagion de la phthisie pulmonaire entre époux, par suite de la cohabitation, et le fait, que je crois vrai, vient d'acquérir une sorte de certitude par les expériences de M. Villemin, qui croit avoir réussi à inoculer la tuberculose : car, ayant déposé de la matière tuberculeuse sous la peau de plusieurs lapins d'une même portée, il les a vus devenir tuberculeux, tandis que ceux qu'on n'avait pas inoculés restèrent sains.
Il ne faut pas accepter sans réserve les expériences de M. Villemin sur l'inoculation des tubercules, car en ino-
Fiiî. b30. — Tiranulation tuberculeuse, d'après Virchow.
culant de la graisse ou du charbon dans le tissu cellulaire du lapin, on détermine une petite phlegmasie locale comme celle qui se produit après l'inoculation du tubercule, et les animaux deviennent tuberculeux (Lebert, Béhier).
Quand la phthisie pulmonaire se développe, les lésions du poumon se présentent : 1° à l'état de granulations niiliaires grises, demi-transparentes, se métamorphosant en tubercules jaunes crus ; ou 2° à l'état d'infiltration jaune purulente concrète à l'état de crudité, formant la pneumonie caséeuse, et lorsque ces produits se ramollisent, ulcèrent les bronches dans lesquelles ils se vident ; ils forment des cavernes suppurantes qui épuisent les malades ou qui guérissent par cicatrisation ou par une transformation crétacée.
Les granulations pulmonaires grises, demi-transparentes, sont souvent le point de départ de la phthisie pulmonaire, et lorsque par leur multiplication elles entraînent la mort, il y a phthisie granuleuse (fig. 539).
La granulation grise, demi-transparente, est le premier degré de la granulation jaune, et ce sont deux produits de
PHTH
l'HTH
même naluro à des époques différentes de leur développement.
A un faible grossissement, la granulation tuberculeuse se présente sous l'apparence d'un amas opaque de cellules embryonnaires de tissu conjonctif autour desquelles se trouvent d'autres cellules de même nature plus largement espacées (fig. 539).
Des cellules de tissu conjonctif entremêlées d'épithéliuni avec un grand nombre de noyaux fd)ro-plastiques, quelques fibres fusiformes et des granulations moléculaires, constituent la granulation grise demi-transparente des poumons.
Avec les granulations tuberculeuses du poumon existent toujours de la broncbite, souvent des laryngites ulcéreuses, des fistules à l'anus, des pleurésies et des tubercules sur différents points de l'organisme.
Fig. 540. — Section d'iin poiimun ù la troisième péi iode de la jilitliisie pulmonaire. L'ulcération y n produit une cavilé qui occupe la moitié supérieure du poumon et une autre plus petite s'est formée dans le lohe inférieur. Des tubercules miliaires et infiltiés couvrent toute la surface du tissu pulmonaire. (Hughes Bennet.)
Dans les poumons, les granulations tuberculeuses se déposent presque toujours à leur sommet avant d'envahir le reste de l'organe, et c'est sous la clavicule et dans la fosse sus-épineuse qu'on trouve ordinairement les signes de leur présence (Laennec, Louis).
Les tubercules des poumons étant le résultat de la métamorphose des éléments conjonclifs et libro-plastiques, qui succèdent à la congestion et à la phlegniasie des vésicules pidmonaires, ils peuvent être considérés comme un produit de l'inflammation (Broussais).
La pneumonie caséeuse constitue ce que Laennec appelait l'infiltration tuberculeuse grise, jaune, suivie de ramol-
lissement caverneux, et c'est en effet une pneumonie latente dont les éléments entrent en régression graisseuse et prennent l'apparence caséeuse avant de se vider dans les bronches en formant des cavernes pulmonaires (fig. 540).
La présence des tubercules dans le poumon a pour premier effet de diminuer le volume d'air expiré, fait démontré parla spiromcti'ic (Hutchinson).
11 y a une phthisie pulmonaire constitutionnelle, et une phlhisie pulmonaire acquise par les excès, l'épuisement, la syphilis, l'absorption des poussières végétales, minérales ou animales, et peut-être par la cohabitation avec un phthisique.
Dans son développement, la phlhisie pulmonaire tuberculeuse et la phthisie qui succède à la pneumomie caséeuse passent par trois périodes : la première de crudité, la seconde de ramollissement, et la troisième
Fiï. 541. — Section du sommet du poumon droit montrant des masses ! ci élacées plus ou moins chargées ou environnées de matières carhonatées. Beaucoup rie vésicules sont élargies et constituent un commencement d'emphysème, ce dessin est un spécimen caractéristique curieux de la manière dont la formation tuberculaire peut se trouver arrêtée par une dégénérescence calcaire, (Hughes Bennet.)
iV ulcération pulmonaire qui est accompagnée de consomption. V. Pneumonie caséeuse.
11 y a une phthisie aiguë qui tue les malades en quel- j ques semaines avec les symptômes d'une fièvre typhoïde, et une phthisie chronique qui est la phthisie ordinaire et ï dans laquelle on observe les trois périodes de crudité, de | ramollissement et d'ulcération du tubercule ou de la 'jj pneumonie caséeuse. j
Quand les tubercules ne sont pas nombreux ou sont ag- >p glomérés sur un seul point, il arrive souvent qu'ils deviennent le point de départ d'une pétrification ou calcification qui les transforme en pierre formant corps étranger [tubercules crétacés) au sein du poumon, et les malades peuvent guérir (fig. 541).
Au début, c'est-à-dire dans l'invasion de la pneumonie caséeuse et dans la période de crudité des tubercules pulmonaires , lorsque ces produits sont encore durs, les malades toussent sans cracher, ont un peu de fièvre erratique, sont faibles, et il y a dans la poitrine de la matité plus ou moins complète, de la faiblesse dans l'inspiration (Laennec), de l'expiration prolongée (Fournet)
PHTH
PHTH
et quelquefois une respiration bronchique plus ou moins caractérisée avec bronchophonie (Laennec). V. Pneumonie CASÉEUSE.
Quand la pneumonie caséeiise et les tubercules pulmonaires commencent à se ramollir , outre la matilé tlioracique, la faiblesse du bruit respiratoire, l'exitiralion prolongée^ la respiration bronchique et la bronchophonie qui existent dans le point correspondant, on entend, à la fin de chaque effort d'inspiration , un petit craquement humide, semblable à une bulle de râle sous-crépitant (Louis). Les malades toussent, crachent épais, ont de la fièvre et des sueurs nocturnes, maigrissent, expectorent quelquefois du sang, perdent l'appétit et ont de temps à autre un peu de diarrhée.
Les tubercules pulmonaires ramollis et les noyaux de pneumonie caséeuse en destruction s'éliminent par les
Fig. 542. — Coupe externe du siimmet du |iOiimrm gaiiclio nioiitrant une eavité en voie de guérison, ainsi cin un repli radié au-dessous. Ce dessin montre la période intermédiaire de la eioatrisation des cavernes tnlierculenses, après que tout le tulierculo a été absorbé ou expectoré, la paroi seule subsistant. (Ilugbos Benuet.)
ironches qu'un travail d'ulcération a perforées, et il en ésulte des cavités plus ou moins grandes, cavornules ou mêmes, dans lesquelles le muco-pus. agité par l'air fait ntendre du ràle caverneux, gros ou fin , suivant le dia-
Eètre des cavités creusées dans l'épaisseur du poumon ,aennec).
Quand la pneumonie caséeuse et les tubercules pulmonaires ramollis ont vidé le contenu de leurs foyers dans es bronches et creusé de larges cavernes dans le tissu lu poumon , on le reconnaît par la constatation du rnJe merneux et de la pedoriloquie , retentissement spécial le la voix qui semble arriver dans l'oreille en sortant de H poitrine du malade (Laennec).
Si les cavernes pulmonaires sont vides et superficiellenent placées , la respiration devient soufflante , amphori- 'iie, la pectoriloquie est très -marquée et la percussion lonne heu à un bruit dépôt felé caractéristique (Laennec).
Certaines cavernes vides peuvent se sécher et donner leu à des cicatrices du poumon, dans la pneumonie
chronique ulcéreuse et en dehors de la diathèse scrofuleuse et tuberculeuse (fig. 541 et 5k2.)
En même temps que se produisent les signes physiques révélateurs de la crudité, du ramollissement des tubercules pulmonaires et des cavernes du poumon, signes constants, toujours en rapport avec l'état local, il se produit des symptômes très-variables en rapport avec l'état dynamique des sujets, car l'altération du visage, la dyspnée, les douleurs thoraciques , les hémoptysies, la fièvre, les sueurs nocturnes, la diarrhée, l'amaigrissement, la faiblesse, l'état général en un mot, très-grave et entraùianl une mort rapide chez les uns, est au contraire satisfaisant chez les autres qui résistent fort longtemps aux progrès du mal.
On voit de temps à autre des individus chez lesquels des tubercules crétacés sont formés autour de cavernes tuberculeuses, et qui rejettent im plus ou moins grand
Fig. 543. Vue d'un poumon (grandeur naturelle) qui a été coupé par
moitié et qui se trouve au musée de l'Université d'Edimbourg. La partie gauebe qui est exactement représentée montre des cavités recouverles d'une membrane molle et séparées par un tissu épais. La partie droite est simplement esquissée. (Hughes Hennet.)
nombre de petites pierres avec l'expectoralion. C'est la phthisie calculeuse [Ba-yle). (Fig. 541.)
Une hémoptysie assez abondante, de un demi-verre à un verre environ chez un jeune sujet, doit faire redouter que l'infiltration sanguine du poumon ne produise une pneumonie chronique suivie de pneumonie caséeuse et de phthisie pulmonaire.
Toute personne qui a eu des hémoptysies (V. ce mot), qui tousse et crache des matières verdàlres, épaisses, qui a des douleurs thoraciques et dorsales, qui a de la fièvre avec redoublements et sueurs nocturnes, qui maigrit beaucoup, qui perd ses forces et a de la diarrhée, est atteinte
PHTH
PHTH
de plilhisie pulmonaire , ce que démonlrent la m;ililé d'un point du thorax, l'affaiblissement du murmure vésiculaire, l'expiration prolongée, le souffle bronchique ou caverneux, le gargouillement et la bronchophonie.
Si l'aménorrhée est souvent la cause de la phlhisie pulmonaire, elle en est beaucoup plus souvent la conséquence, car chez la femme, au bout de quelques mois de phthisie pulmonaire, les règles se suppriment à peu près complètement.
La rupture d'une caverne tuberculeuse, ou autre, dans la plèvre, donne lieu à une douleur de côté, due à une pleurésie compliquée d'épanchement d'air dans la poitrine, ce qui constitue Y hydro-pneumothorax. V. ce mot.
La congestion pulmonaire chronique (V. ce mot) débutant d'emblée ou succédant à une bronchite, donne lieu à une toux sèche ou grasse, accompagnée de matité thora-
Fig. 544. — Vue supérieure du sommet du poumon droit représentant une cicatrice du tissu pulmonaire. (Hnglies Bennet.)
cique, d'affaiblissement, de murmure vésiculaire, de craquements humides et de retentissement de la voix qui simulent le premier degré de la phthisie pulmonaire.
Chez les femmes phthisiques une grossesse arrête souvent les symptômes de consomption, de fièvre, d'amaigrissement, la toux et l'expectoration diminuent, l'embonpoint revient, mais après l'accouchement le mal reprend une nouvelle activité et l'on observe quelquefois une vériiab\e phthisie galopante (Hippocrate).
L'état nerveux chronique avec toux sèche, fréquente, sans expectoration et accompagné d'amaigrissement, simule très-souvent le premier degré de la phthisie pulmonaire, mais l'absence de toute modification des bruits res-
piratoires permettra toujours de l'en distinguer, et il guérit très-rapidement sous l'influence de la médication tonique et ferrugineuse.
Dans la tuberculisalion pulmonaire aiguë, lorsque l'affection, à ses débuts, est accompagnée de fièvre, de prostration, de stupeur et de délire, elle peut être prise pour une fièvre typhoïde, et ce n'est qu'au bout de dix et quinze jours que le diagnostic peut être établi par les signes du ramollissement des tubercules au sommet des poumons, et par l'absenee de taches lenticulaires rosées sur le ventre.
On guérit de la phlhisie pulmonaire par la pneumonie caséeuse et par la tuberculose, lorsque la dialbèse n'es( pas Irès-forte , lorsque ses produits , c'est-à-dire les tubercules , n'occupent pas tout le poumon , et que s'opère la pétrification des tubercules ou la cicatrisation
Fig. 545. — Coupe de la même partie du poumon : le sommet est laissé intact pour montrer les plis profonds qui en couvrent la surface. Lû trace de la cavité cicatrisée est chargée d'un dépôt épais de matières-, carbonatées, où l'on voit cinq dépôts crétacés dont trois enkystés. Ce dessin montre un exemple bien net de guérison par cicatrisation d'une énorme caverne tuberculeuse du poumon. [(Hughes Bennet.)
des petites cavernes qu'ils ont produites (fig. e' 5Zi5). 1
Thérapeutique. — C'est la disposition générale, ou : l'on veut, l'aptitude au développement de la phthisie pul monaire qu'il faut d'abord combattre par des remèdes ap propriés, et l'usage de ces moyens constitue la prophyi laxie. '!
Le croisement des races étant le meilleur moyen qu'il î ait pour modifier et pour épurer le tempérament des indi| vidus, c'est donc par dos mariages convenablement prépa!| rés qu'en peut arrêter le développement de la phthisi*| pulmonaire dans un pays, |
PHTH
l'HTH
Tout sujet qui a tlaiis sa famille des phlhisiques, et qui, bien portant d'ailleurs, peut se croire disposé aie devenir, doit rechercher en mariage un sujet plus vigoureux que lui, s'il ne veut avoir un jour des enfants destinés à mourir de la phthisie.
Tout sujet phlhisique ou réputé tel doit rester célibataire pour ne pas engendrer de famille dépourvue de chances de vie, et doit être écarté des familles lorsqu'il s'y présente pour le mariage.
Heureux sont les parents qui comprennent l'importance de leur mission envers les enfants à l'époque du mariage, et qui, résistant aux entraînements du luxe et de la passion, préfèrent réunir dans le mariage les forces et les richesses physiques et morales qui seules constituent la beauté d'une race et l'honneur d'un pays.
Ceux qui sont nés de parents tuberculeux et qui, étant lymphatiques, ont en eux l'aptitude à devenir phthisiques ou qui déjà même renferment le germe de la maladie, doivent être soignés en conséquence.
Si l'aptitude vient du côté de la mère, il faut donner l'enfant à une autre nourrice, et dans tous les cas faire élever l'enfant à la campagne. Il faut l'exposer à l'air aussi souvent que le permettra la température extérieure, et dès que l'enfant pourra manger, à un an, lui donner des aliments gras en parties égales, avec le laitage.
Plus tard, il faut soumettre les enfants à un régime de plus en plus tonique et fortiliant, les faire marcher beaucoup, les rompre à la fatigue dans la campagne, de manière à activer Jes fonctions respiratoires, et à suppléer à leur faiblesse native parles résultats d'une bonne hématose.
11 ne faut pas faire travailler ces enfants de trop bonne heure; l'étude ne doit commencer pour eux que trèstard; il faut les habituer à tous les exercices du corps, à la course, à la nage, à la gymnastic[ue faite tous les jours, et en même temps faire prendre des bains fièdes ou des alîusions tous les matins. Rien de mieux que d'habituer les enfants à une aspersion générale d'eau presque froide à 20° centigrades tous les matins sur le corps. Il en résulte des efforts respiratoires salutaires à l'hématose et une réaction cutanée avantageuse pour l'état général.
Comme médicaments prophylactiques, il faut aussi employer les amers et les dépuratifs, surtout au renouvellement de chaque saison, à l'approche du printemps, le houblon, la gentiane, la petite centaurée, les jus d'herbes, le sirop antiscorbutique, l'huile de foie de morue, doivent être prescrits deux ou trois mois de suite à quelques mois d'intervalle.
Le traitement curatif doit être différent à la première et à la deuxième période de la maladie, c'est-à-dire dans la période de crudité des tubercules ou lorsqu'il y a pneumonie latente caséeuse, lorsque la consomption n'est pas commencée, et dans la période de ramollissement, lorsque la fièvre hectique paraît voidoir s'établir et que la phthisie marche rapidement à son terme. V. Pneumonie CASÉEUSE.
A la première période on guérit encore les malades, lorsqu'ils ont assez de fortune pour suivre aveuglément et sans raisonner tous les conseils de leur médecin. A cette époque tous les tubercules sont à l'état decrudité, ordinairement peu nombreux et n'ayant encore donné lieu qu'à des phénomènes morbides graves sans doute, matilé, expiration prolongée, hémoptysie, mais n'ayant pas encore complètement détérioré la santé.
Alors quelques remèdes peuvent être utiles, le vin de qumquina, — l'extrait de quinquina, — le vin et le sirop antiscorbutiques, les ferrugineux à petite dose, — l'iodure de potassium à 10 ou 15 centigrammes par jour, —
l'huile de foie de morue à 30 ou 60 grammes par jour, etc.
Mais le moyen curatif le plus utile, c'est le changement de séjour, V habitation dans un imysplus chaud que celui 0 il la maladie s'est dévelop-pée, le séjour à Nice, à Cannes, à Hyères, à Pau, en Italie, à Menton, à Florence, à Naples, à Palerme, etc., en Afrique, au Caire ou à l'île Madère, durant la saison froide, quitte à revenir en France dans l'été, lorsque les changements de température ne sont plus aussi considérables et aussi pernicieux (V. St.\tions hibernales). Quoi qu'en aient dit certains médecins, les malades qui sont à la première période et qui sont dans une position de fortune à se permettre ce genre de voyage, n'ont qu'à s'en applaudir. Au contraire, s'ils sont à la troisième période, on comprend que ces voyages soient inutiles. J'ai connu plusieurs personnes qui en ont éprouvé le plus grand bien, et je vois encore aujourd'hui une dame, âgée de soixante-huit ans, qui, depuis l'époque de sa première hémoptysie, à trente-deux ans, va tous les hivers en Italie, et qui a réussi de cette manière à prolonger ses jours assez longtemps pour nous permettre de voir que ceux qui lui ont donné le conseil ne s'étaient pas trompés, car elle a encore aujourd'hui toutes les lésions de la plithisie pulmonaire. Cette dame est tuberculeuse, mais elle a su éviter les accidents de phthisie qui devaient la faire périr.
L'hedjitation sur les bords de la mer, très-vantée par Laennec, n'a pas eu beaucoup de succès près des autres médecins, qui regardent au contraire ce moyen comme dangereux. Je suis de l'avis de Laennec et je crois que le séjour sur les bords de la mer est avantageux aux phthisiques à la première période, surtout s'ils ont le courage de s'embarquer tous les jours en canot ou dans une barque de pèche pour gagner le large et naviguer à quelques distances des côtes.
La navigation au long cours est une ressource des plus précieuses dans le traitement de la phthisie au premier degré. En effet, il y a des marins qui, avec le germe des tubercules, ne se portent bien qu'en pleine mer, qui crachent le sang dès qu'ils sont à terre et qui ne vivent bien qu'au large. Des jeunes gens riches, ayant déjà tous les signes physiques de tuberculisation pulmonaire, et, de plus des hémoptysies et un commencement de fièvre hectique, partis au Brésil, à la Guadeloupe, à Taïti, sont revenus avec un temps d'arrêt dans l'évolution de la maladie, et, après plusieurs années de voyage, on constatait chaque fois une amélioration de l'état général, annonçant que l'organisme avait triomphé de la lésion locale.
Les bains d'air comprimé à une ou deux atmosphères sont alors chose très-utile, en augmentant la capacité thoraciquc, en favorisant l'hématose par l'absorption d'une plus grande quantité d'oxygène et par le rejet de plus d'acide carbonique, en ralentissant le pouls, etc.
^ Ces moyens ne guérissent la phthisie qu'en arrêtant son développement, et en laissant à Vétat latent une lésion qui devait rapidement faire périr les sujets.
Comment s'opère ce phénomène ? Comment l'air si froid de la mer, Thumidité qui la couvre, agissent-elles. On n'en sait rien. Il semblerait que ces moyens antihygiénique* dussent causer plus de mal que de bien ; il n'en est cependant pas ainsi. Cette ventilation qui fait respirer profondément, cette humidité qui stimule la peau cette absorption des matièi'es salines par les bronches, aiiomentcntl'appétit, donnent des forces, et l'individu s'en trouve à merveille.
A la première période, quelques médecins, guidés sans
PHTH