‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 447 sur 612 · PLAC · texte numérisé non relu

PLAC

Pityriasis rubra et simplex.

Huile d'amandes douces ) «a

Glycérine pure } ^^vammes.

Oxyde do zinc 15

F. s. a. Pour frictions tous les jours. Onctions tous les jours avec Yhuile de sésame.

Lotions avec une solution de borax, dans l'eau de rose, 15 grammes sur 30 grammes (Hufeland).

Lotion contre le pityriasis, de Hardy.

Acide nitrique 1 gramme.

Eau dlstillc'C 100 id.

Mêlez.

Pour lotions sur le cuir chevelu affecté de pityriasis.

Au lieu de ces lotions, on peut faire des onctions avec la pommade nitrique, pourvu que cette préparation ne contienne que 1 gramme d'acide nitrique pour 30 grammes d'axonge.

PIVOIIV'E. Plante de la famille des renonculacées, dont la racine, surtout celle de la pivoine mâle, se donne

Fig. 552, — Pivoine.

en poudre, 1 à 5 grammes, contre l'hydropisie, □ contre les affections nerveuses et contre l'épilepsie I I.

PLACEi\TA (Maladies du).

Inflammation et altération du placenta. ■ — Si l'inflammation du placenta existe (Maltei), c'est moins un phlegmon qu'une conséquence d'épanchements sanguins entre les lobules du placenta^ ou que l'oblitération de^ vaisseaux d'un cotylédon.

Les adhérences presque fibreuses du placenta h. l'utérus ou à l'amnios, et les plaques lardacées sont des lésions que l'on peut mettre sur le compte d'une irritation placentaire autour d'un foyer hémorrhagique.

La mort du fœtus est la conséquence des lésions subinflammatoires étendues du placenta.

il n'y a aucun signe autre que quelques douleurs abdominales et ceux de l'avortement ou de la mort du fœlus qui peuvent faire soupçonner la lésion du placenta.

On observe de ces lésions chez les femmes atteintes de cachexie syphilitique ou autres.

Thérapeutique. — II n'y a rien à faire contre les allé-

PLAI

rations inflammatoires du placenta, elles moyens anliplilogistiques peuvent nuire au fœtus,

Placenta (INSERTION ANORMALE DU). Parmi les in-» sériions anormales du placenta qui se font en un autre point que le voisinage de l'orifice utérin de la trompe, l'insertion sur le col est celle qui nécessite seule l'intervention de l'art.

L'utérus se développant d'abord par son fond, on ne reconnaît par aucun signe l'insertion anormal du placenta sur le col, mais quand le col augmente de volume, vers le sixième et le septième mois, et que des vaisseaux se déchirent, il y a des hémorrhagies peu abondantes d'abord, puis progressivement plus fortes ; le col de l'utérus reste enlr'ouvert, puis des contractions utérines apparaissent et l'hémorrhagie augmente après chaque contraction. Au toucher on trouve la poche des eaux dissimulée en arrière d'une masse fongueuse.

Lorsqu'à une première grossesse une femme a présenté une insertion anormale du placenta, il est probable qu'à la seconde grossesse il y aura insertion sur le col. En l'absence des hémorrhagies, on soupçonne que le placenta est inséré sur le col, à la mollesse du segment, de l'utérus engagé dans l'excavation du petit bassin.

Thérapeutique. — Dans les insertions anormales du placenta sur le col, tamponner est un moyen palliatif. Avant le septième mois, c'est le moyen à employer, mais il peut causer l'avortement.

Déchirer le placenta et aller à la recherche du fœtus au travers est une pratique dangereuse.

Décoller le placenta sur un côté et pratiquer la version podalique (Louise Bourgeois) est bon, si l'on a décollé le placenta du côté où les insertions sont le moins étendues, mais il est difficile de s'assurer de cette disposition d'une manière précise avant d'opérer.

Favoriser l'accouchement par la ponction des membranes à travers le placenta (Gendrin) ou par des douches utérines, et, si l'enfant est mort, l'extraire rapidement, sont des moyens qui ont réussi.

Dès que le fœtus est sorti, s'il est encore vivant mais asphyxié, on aura recours au traitement approprié. V. Asphyxie des nouveau-nés.

Placenta (Oblitération du). — L'oblitération partielle du placenta est due à l'oblitération de villosités isolées. L'oblitération complète est due à l'obstruction du cordon par sa torsion sur lui-même.

.L'apoplexie placentaire et la mort du fœtus sont la conséquence de l'oblitération du placenta. V. Fœtus {Mort du).

Comme on ne peut saisir la cause de la mort du fœtus, ni les signes de l'oblitération du placenta, il n'y a aucun traitement connu contre cette lésion.

Une solution de continuité des tissus sous l'action, plus ou moins directe, d'un corps résistant appliqué avec force sur une portion du corps, est une plaie.

Dans toute plaie il y a des portions de tissus divisés et des vaisseaux ouverts.

Les plaies sont produites : l" de dehors en dedans par des instruments piquants, tranchants ou contondants ,• 2° de dedans en dehors par un corps étranger introduit dans l'économie et qui ressort, ou par des fragments d'os fracturé.

Les plaies sont compliquées d'accidents variables suivant le tissu atteint et l'organe blessé,

Les plaies sont tantôt régulières et tantôt irrégulières,

Les plaies régulières sont celles dans lesquelles la solution de continuité a porté sur des tissus qu'elle a intéressés tous au même degré et dans la même étendue ou à peu près ; ainsi une plaie faite par un couteau bien tranchant.

Les plaies irrégulières sont celles dans lesquelles les tissus sont, les uns coupés nettement, les autres déchirés et d'autres écrasés. Les plaies produites par les scies, par les corps coupant mal, sont des exemples de plaies irrégu- Hères. A cet ordre de plaies il faut rapporter les plaies produites de dedans en dehors par des fragments osseux. Les plaies irrégulières ont été encore bien désignées sous le nom de plaies contuses.

Les plaies régulières guérissent toujours bien, les plaies irrégulières sont au moins une fois sur cinq mortelles par suite d'accidents inflammatoires, et ce sont surtout les j plaies de parties dissemblables atteintes à la fois, telles que j les os, les muscles et la peau qui présentent des compljca- I lions.

Ce qui donne aux plaies irrégulières une gravité plus grande que celle des plaies régulières, c'est la longueur et l'inégalité de la réparation dans divers tissus, ce qui est dû toujours à l'élimination lente de portions de tissus mortifiés .

Toute plaie dont les liquides exsudés, la sanie et le pus ne peuvent sortir, est une plaie qui est sous l'imminence ' d'une inflammation. Les mouvements exercés par la partie atteinte de la plaie sont les causes qui favorisent le plus l'inflammation, parce qu'ils détruisent le travail de réparation déjà fait, et parce qu'il y a une contusion ajoutée à une plaie.

Les plaies guérissent par soudure des parties divisées, l après interposition de lymphe plastique ou de blastème de nutrition, de l'élément divisé, ou bien par interposition de tissu embryoplastique ou conjonctif, ou lamineux de nouvelle formation et où se reproduisent les éléments ou une partie des éléments de la région et du tissu fibreux. (V. Cicatrices.) Dans le premier cas, il y a réunion immé^ diate dàïis le second, il y a réunion par interposition de tissu cicatriciel.

Thérapeutique. — Favoriser les phénomènes physiolo' giques de la réunion des plaies, combattre les accidents, telles sont les indications générales du traitement des plaies.

Mais il est deux lois qu'il faut savoir toujours appliquer pour les plaies immédiatement réunies ou non réunies.

Favoriser l'écoulement des liquides des plaies, et tenir la blessure dans une immobilité absolue et cette loi plus générale : se placer dans les conditions les plus voisines de celles qui existent au moment du développement du tissu, c'est-à-dire appliquer un pansement humide.

Plaies par arrachennent. — Les plaies par arrachement sont des plaies voisines des plaies contuses ; elles sont peu douloureuses, saignent peu, les parties séparées sont arrachées à des hauteurs diff'érentes. Ces plaies sont accompagnées de phénomènes généraux, tels que la stupeur.

Un membre (Perracchi, Benoimont, Velpeau, A. Guérin), un testicule, les intestins, le cuir chevelu (Jacquet), la peau d'un membre (Nélaton), peuvent être arrachés.

Les parties restantes des organes arraché? tendent sou-

PLAl

vent à la gangrène, la peau décollée au delà des perlions arrachées se sphacèle.

Après des plaies par arrachement, il y a parfois de vastes décollements, des phlegmons et abcès consécutifs entraînant une infection purulente. V. Doigts {Arruclœment des).

Thérapeutique. — Les membres arrachés nécessitent l'amputation immédiate. L'ouverture d'une articulation, la destruction de l'artère principale d'un membre, sont les indications les plus pressantes pour opérer. Les doigts arrachés, la peau arrachée, seront traités comme les plaies irrégulières simples.

S'il reste des parties morlilîées presque entièrement détachées, des os mobiles, on les enlèvera et l'on pansera jiavec un linge troué enduit de cérat, ou la charpie imbibée d'eau et d'eau-de-vie camphrée, ou bien on établira l'irrigation continue. En principe les cataplasmes valent mieux [et sont d'une application plus commode.

S'il y a des gangrènes de la peau, les cicatrices vicieuses sont inévitables, et pour les faire disparaître on aura re- [Cûurs plus tard aux opérations appropriées,

'i Plaies par instruments piquants. — Les pla'es !par insti uments piquants ou piqûres sont caractérisées par lune solution de continuité capillaire, saignent peu, s'acicompagnent quelquefois d'ecchymose et ne sont pas généralement douloureuses , à moins qu'il n'y ait une blessure d'un organe important au-dessous de la peau..

Les piqûres se réunissent par première intention, elles ne suppurent presque jamais; elles causent quelquefois le phlegmon diffus.

On ne sondera une piqûre que quand on sera sûr qu'il n'y a pas de plaies pénétrantes d'une articulation de l'abdomen ou de la poitrine. V. ces mots.

Les piqûres peuvent être compliquées de piqûres de nerfs, de blessure d'artères, d'anévrysmes faux primitif et faux consécutif. V, Nerfs, Plaies, Artères, Ané-

VRYSMES.

Thérapeutique. — Les plaies par instruments piquants doivent être traitées par les cataplasmes arrosés d'eau Iblanche. S'il y a des douleurs vives, le débridement de la plaie est une bonne pratique. Si l'instrument qui a produit la blessure est sale, on débridera la plaie et l'on pansera avec de la charpie imbibée d'eau et d'eau-de-vie camphrée et un cataplasme.

Les complications des plaies par instruments piquants seront traitées par les moyens appropriés.

Plaies par instruments tranchants et par in-

jstruments tranchants et contondants. Ces plaies sont

ies solutions de continuité produites par un agent trauma-

«ique coupant, déchirant ou écrasant les tissus, soit que le

analade ait été frappé accidentellement, soit qu'il ait subi

les manœuvres chiruroicales. Les plaies varient suivant les

parties qui ont ete atteintes, suivant le corps qui a agi

Î'"iour diviser les tissus.

Au point de vue clinique il y a deux sortes de plaies : ° celles qui sont régulières et celles qui sont produites lar des instruments tranchants, tels que couteaux, morceaux de verre, de porcelaine, et où il y a division simple ; 2" celles où les bords de la plaie ont été contus et déchirés, et qui sont produites par des instruments durs, arrondis, anguleux ou dentelés.

Les plaies régulières sont caractérisées par une solution le continuité dont les bords s'écartent, laissent couler du sang et sont douloiu'eux; c'est dire que dans ces plaies les

PLAI 1087

vaisseaux divisés donnent du sang, que les nerfs coupés causent de la douleur. Les plaies des organes complexes donnent lieu à d'autres phénomènes, ainsi l'écoulement du liquide d'une glande ou des liquides qui circulent dans un conduit naturel, V. ABDOMEN, Gou, Poitrine, Urèthrej, Vessie, Artèkeb.

Quelquefois ces plaies se réunissent seules par pre-^ mière intention, elles se réunissent ordinairement par suppuration , c'est-à-dire la formation de bourgeons charnus ou granulations (Hunter).

Les plaies irrégulières sont caractérisées par des solutions de continuité, à bords irréguliers, d'épaisseur inégale, dont quelques-uns sont mortifiés; elles laissent écouler peu de sang, sont peu douloureuses immédiatement, con' trairement aux plaies par instruments tranchants.

Jamais les plaies irrégulières ou confuses ne se réunissent par première intention; il faut qu'elles suppurent.

Entre les plaies régulières et les plaies irrégulières il y a des plaies produites par des contusions, telles que les plaies au sourcil dans une chute ; les rebords osseux comprimant la peau entre eux et un corps mousse, il y a une plaie linéaire, ayant la régularité des plaies par instruments tranchants, et saignant peu, comme les plaies confuses (Velpeau); il en est de même de certaines plaies par arrachement, produites par pincement de la peau.

Certains blessés ne sont point affectés, d'autres, pusillanimes ou ayant été fortement émus par un coup ou une chute, présentent un état nerveux et de l'excitation que le chirurgien ne doit pas négliger, soit pour porter le pronostic, soit pour instituer le traitement.

Abandonnées à elles-mêmes et en dehors de toute complication, les plaies régulières non réunies immédiatement présentent les phénomènes suivants : le sang se coagule entre les lèvres de. la plaie ; si aucun pansement n'est appliqué, le sang se dessèche, une croûte se forme, les bords de la plaie sont rouges; au-dessous de la croûte il se produit, aux dépens de la lymphe plastique ou du blastème (Piobin) fourni par les capillaires, des capillaires nouveaux disposés en anse et autour desquels uae matière granuleuse, amorphe, constitue une granulation qui suinte un liquide tout à fait analogue à du pus. Les granulations ou bourgeons charnus qui sont voisins de la peau ne tardent pas à se condenser et à se recouvrir d'une lamelle épidermique ; peu à peu la cicatrisation a ainsi lieu de la circonférence au centre, la croûte tombe, une première lamelle épidermique caduque tombe, et vingt jours à un mois après la plaie est entièrement guérie.

Les plaies irrégulières passent aussi par une période d'exsudation, de production de bourgeons charnus, formés aux dépens de l'exsudat, et de cicatrisation ou organisation des bourgeons charnus, comme les plaies régulières.

Les plaies avec perte de substance, les plaies à lambeau, se cicatrisent de la même façon.

Dans les plaies confuses ou irrégulières toutes les parties contuses et dans lesquelles la circulation est arrêtée se durcissent et se momifient, à moins qu'un pansement humide ne soit fait, et dans ce cas les parties momifiées se ramollissent; cet état est une gangrène limitée (V. Gangrène PAR contusion). Pendant neuf à douze jours, les parties mortifiées tombent et toute la plaie à ce moment est recouverte de bourgeons charnus. La cicatrisation marche ensuite comme dans les plaies régulières, mais la cicatrisation n'a lieu que quand toutes les parties mortifiées ont été éliminées,

PLAI

PL AI

Los plaies chirurgicales faites pour donner issue au pus d'un abcès, ou les plaies d'amputation, guérissent : les premières par réunion secondaire, par suppuration ; les secondes par première intention ou par seconde intention, suivant les cas.

Thérapeutique. — Indications générales. Une plaie régulière doit être réunie, quelles que soient son étendue et sa direction. On rapproche les lèvres des plaies et on les maintien en contact par les agglutinatifs et par les sutures de façon que les parties similaires soient en contact; c'est ce qu'on appelle la réunion par première intention.

Plus le moment de la réunion par première intention est rapproché du moment où la plaie a été produite, plus la réussite est assurée.

Sur une plaie réunie par première intention on applique des compresses mouillées ou un cataplasme, ou un pansement simple ; ce dernier est le moins bon de tous les pansements.

Lorsqu'on se sert de bandelettes de diachylon, on n'a pas besoin d'autre pansement.

Une pluie irréguliére ou confuse ne doit jamais être réunie par première intention. 11 n'y a d'exception que quand les plaies, même contuses, ont ouvert une cavité séreuse ou quand les plaies siègent sur des régions vasculaires. Dans ces cas, on fait un pansement par occlusion avec les bandelettes de diachylon (V. Pansement), ou bien on régularise la plaie en enlevant toutes les parties hachées ou contuses, et l'on réunit ensuite à l'aide de la suture entortillée ou de bandelettes de diachylon.

On laissera suppurer sous un cataplasme ou sous des compresses froides, ou sous l'irrigation continue, les plaies irrégulières et contuses des parties molles avec ou sans fracture. La réunion par première intention doit être proscrite dans ce cas.

Règle générale, toutes les fois qu'une plaie a intéressé des tissus semblables qui mettent un temps à peu près égal à se réparer, on peut et l'on doit tenter la réunion par première intention, à moins que les tissus n'aient été fortement hachés ou contus. Quand une plaie, même régulière, a intéressé des parties inégalement promptes à se réparer, on ne réunira jamais complètement, afin que la suppuration ou l'exsudation des parties lentes à se réparer puissent s'écouler au dehors. Et même, il serait mieux de ne point réunir.

Le siège des plaies, à l'œil, au cerveau, au cœur, au foie, etc., exige des modifications dans le traitement (V. Œil, Cerveau, Foie). Les complications des plaies réclament des modifications variables dans les pansements ; mais, en général, les principes thérapeutiques qui régissent les soins à donner aux plaies régulières et irrégulières doivent être observés.

Réunion par première intention ou immédiate. — La réunion par première intention (Tagliacozzi, John Bell) est un rapprochement des parties divisées, tel qu'il y a anastomose immédiate des capillaires, avec ou sans interposition de lymphe coagulable (Hunter, Paget, Malgaigne, Robin), à travers laquelle les globules sanguins cheminent et rétablissent la communication entre les parties du réseau capillaire divisé.

En vingt-quatre heures, la réunion par première intention a lieu, les bords de la plaie rougissent un peu, il y a une sorte d'inflammation avortée : c'est l'inflammation adhésive de Hunter; en huit jours les parties sont revenues à leur état naturel.

a. On obtient la réunion par première intention par la position. Ainsi la réunion des plaies de la région inguinale

par flexion de la cuisse ; celle des plaies du pli du coude par flexion de l'avant-bras sur le bras, etc.

Pour réunir les plaies par la simple position, on se sert de bandages qui maintiennent les parties mises dans uiio position favorable. Les plaies transversales du cou son! celles où ce mode de réunion est le mieux applicable. V. Cou (Plaies du).

b. On obtient la réunion immédiate par les agglutinatifs, l'emplâtre de diachylon, taillé en bandelettes, ou le tafi'etas d'Angleterre, ou les bandes de toile enduites de collodion élastique. On se sert de bandes étroites qui rapprochent les bords de la plaie ; pour que les bandelettes rapprochent suffisamment les parties, on les collera sur la peau aussi loin que possible de façon à disséminer au loin la compression et à éviter la tendance à l'écartement. La réunion par première intention avec des bandelettes doit être secondée par la compression avec un bandage roulé approprié à la région.

On réunit quelquefois les plaies étendues à la fois par suture et par les bandelettes de diachylon. On place une bandelette de diachylon entre les points de suture plus écartés que dans les cas où l'on réunit entièrement par une suture (Manec).

On doit, en général, recouvrir les plaies réunies avec un linge troué, enduit de cérat, et des compresses froides rt même un cataplasme.

c. On réunit par première intention à l'aide de suture? (V. ce mot). Pour toutes les plaies du tégument, la meilleure suture est la suture entortillée (fig. 553).

Fig. 553. — Sulure entortillée.

A l'aide d'une pince à pansement et à arrêt, dont le mors sont creusés d'une gouttière, des épingles sont pas sées à une distance variable, entre 1 centimètre et 1 cen timètre et demi, suivant les régions. Un fil embrassai; tête et la pointe de l'épingle, on fait des huit de chilfn doubles autour de l'épingle avec les deux chefs du fil, puis)] on passe plusieurs fois les deux chefs du fil, après le; avoir croisés sur la plaie, d'une épingle sur l'épingle sui vante, où l'on fait des huit de chiffre, comme sur la pre mière épingle, et ainsi de suite. Les pointes des épingle

PLAI

PLAI

sont coupées, on passe une bande de diachylon en double sous les têtes et les pointes des épingles.

On's'est servi de fils élastiques de caoutchouc pour remplacer les fils de lin ; mais les fils élastiques ont le désavantage de couper les tissus.

Au lieu de réunir les lèvres de la plaie avec des fds, on a essayé de serrer les épingles passées dans les tissus avec de petites plaques de diachylon, percées d'une fente. On passe la fente du diachylon dans la pointe de l'épingle et l'on enfonce l'épingle jusqu'à ce que la tête soit au ras de la peau; on engage celle-ci dans la fente et l'on retire un peu l'épingle, de façon que la plaque emplastique se trouve placée à cheval sur la plaie et que la tête et la pointe de l'épingle soient séparées de la peau par le diachylon.

On emploie quelquefois la suture à points passés.

Fig. 554. — Suture à points passés.

Cette suture est bonne pour réunir des lambeaux dont les divers points ne sont pas sur un même plan, comme les lambeaux des plaies de l'oreille et les lambeaux d'une opération autoplastique (fig. 554).

On a aussi mis en usage la suture à anse de Ledran. Cette suture diffère de la suture à points passés en ce que les anses, au lieu d'être nouées d'un côté de la plaie, sont réunies en faisceau et tordues ensemble.

La suture en surjet ou du Pelletier est peu usitée et ne

Fij^. 555. — Suture en surjet.

vaut ni la suture à anse, ni la suture entortillée (fig 555).

La suture en bourse (V. Fistule urinaire), la suture en faux fil (fig. 556), sont peu employées. La suture en faux

Fig. 556. — Suture en ffiux fil.

fil est faite comme la suture en surjet, avec cette différence que le fil passe dans les lèvres de la plaie un nombre de fois double de celui de la suture en surjet pour un même nombre de points de suture.

BOUCHUT ET DESPRÉS. — 2* édit.

La suture de Gely [V. Intestins {Pluies des)] est une suture spéciale qui se rapproche de la suture en surjet.

On a quelquefois fait une suture en passant dans la peau des épingles parallèlement aux lèvres des plaies et en réunissant les épingles par des anses de fil ; de cette sorte, les fils ne passent pas dans la plaie (Legros d'Aubusson).

Fig. 557. — Suture enchevillée ou empennée.

Pour les plaies profondes, on se sert de la suture enchevillée ou empennée (fig. 557).

Des anses de fil passent dans la plaie et sont attachées de chaque côté sur des bouts de sonde ou des chevilles de bois. Cette suture peut être laissée longtemps en place.

Depuis l'antiquité, on se sert de fil de plomb pour certaines sutures. On a employé des fils d'or en Amérique et en Italie. En Italie, des fils d'argent ont été mis en usage et leur emploi a été généralisé depuis plusieurs années (BackerBrown, Marion Sims, Letenneur, Ollier, Giraldès).

La suture avec des fils d'or ou d'argent, et ceux-ci sont surtout employés, est dite suture métallique.

La suture métallique n'est autre chose qu'une suture à points passés.

On passe les fils métalliques, soit avec une aiguille creuse ou tubulaire, à travers laquelle on fait passer le fil ; quand l'aiguille a traversé les deux lèvres de la plaie qu'on veut réunir, on saisit le fil qui a passé parlapointe de l'aiguille, on retire l'aiguille, et une anse de fil est alors passée; on passe les autres anses de fil de la même façon.

A défaut d'une aiguille tubulaire, on passe les fils de la manière suivante :

Une aiguille est enfilée d'un fil de soie double formant une anse : on engage le fil métallique dans cette anse où le fil métallique est plié en deux, formant avec l'anse de fil comme la jonction de deux anneaux d'une chaîne ; on passe l'aiguille : le fil de soie puis le fil métallique suivent.

Pour les sutures où le chirurgien est à son aise, on peut simplement enfiler dans l'aiguille à suture le fil métallique et le passer comme un fil ordinaire.

Pour arrêter les fils métalliques, on en rapproche les chefs avec une petite fourche, puis on tord les deux chefs réunis avec une pince à mors recourbés.

Lorsqu'il est difficile de tordre les fils, on les arrête en les pressant dans un anneau de plomb (Galli de Lucques) engagé dans les deux chefs du fil métallique réunis, l'anneau de plomb est serré à l'aide d'une forte pince à mors plats ; ou bien on passe les deux chefs du fil dans des boutons ou des petits cônes de buis arrondis, sur lesquels on tord les fils métalliques (Duboué).

Stitures animales. — On a fait des sutures avec des substances animales susceptibles d'être absorbées, dit-on.

Ainsi on a fait des sutures avec des cordes à boyau (chirurgiens du moyen âge).

On a remplacé les sutures métalliques par les sutures avec les crins de cheval, comme le faisaient les chirurgiens de l'antiquité (Paget, Simon de Berlin, Th. Smith).

PLAl

PLAI

Cette suture a été recommandée pour les plaies des paupières.

Suture séclie. — On donne le nom de suture sèche aux moyens de réunion des plaies avec les agglutinatifs, parce que dans ce système de réunion on ne fait pas de plaie nouvelle ; mais il convient de réserver le nom de suture «èche k la réunion à l'aide de serres-fines.

Fisc, 558. — SoiTe-tine de Vidal (de Cassis) ; c'est niie pinne à pression eontimie spéciale,

La réunion immédiate par suture sèche est obtenue par les serres-fines simples (fig. 558) de Vidal (de Cassis). On les emploie pour toutes les plaies où la peau est fine et mobile : les paupières, le prépuce.

Fia;. 559. — Cotte figure est empruntée ou catalogue de Charrière. Elle représente une proposition faite par un chirurgien américain dont nous n'avons pas le nom.

Les serres-fines peuvent être employées avee les épingles placées comme pour la suture entortillée, et munies de plaques de liège sur lesquelles pressent les serres-fines. Ces deux sutures constituent le procédé de suture sèche.

Lorsqu'on traite une plaie par la réunion par première intention, avec une suture entortillée ou autre, on recouvre la plaie réunie de compresses froides. On tient la partie dans une inmiobilité absolue.

Vingt-quatre heures après une suture entortillée, on enlève les épingles : les fils collés à la plaie sont un moyen d'union suffisant; on les enlève lorsqu'ils tombent. Le pansement à l'eau fraîche est continué pendant six jours. Dans le cas où la peau seule se serait réunie et où il y aurait des points de la plaie qui suppureraient, on pressera sur ces points pour faciliter l'écoulement du pus, et l'on maintiendrait les lambeaux réunis par des bandelettes de diachylon. Si les lambeaux menacent de se désunir, on peut laisser les épingles en place de deux à trois jours; mais il faut alors changer les fils tous les jours (P. Dubois.)

Les sutures métalliques à anses seront laissées en place de trois à dix jours, plus s'il est nécessaire; elles ne coupent pas les tissus autant que les fils de lin. Les sutures à anses faites avec des fils de lin seront enlevées du deuxième au quatrième jour. On pansera du reste comme après la suture avec les épingles. V. Bec-de-lièvre, Autoplastie.

Les sutures empennées on enchevillées, employées pour la réunion de plaies profondes [V. Abdo.-vien {Plaies de V)], peuvent être laissées longtemps en place.

Les serres-fines, appliquées sur une plaie avec ou sans l'intermédiaire de plaques de diachylon ou de rondelles de liège, traversées par des épingles qui sont placées dans la

plaie comme pour la suture entortillée, seront enlevées au bout de vingt-quatre heures. V. Phimosis.

Toutes les fois qu'on fait une suture, on doit observer les règles suivantes :

Laver avec soin la plaie à l'eau avant de réunir; enlever tous les caillots.

Affronter les bords de la solution de continuité exactement.

Lorsque la plaie est au voisinage d'une commmissure que la plaie a intéressée, les points de suture serontplacés d'abord à la commissure.

Favoriser la réunion de la plaie par la position des parties.

Lorsque la suture est tiraillée par les téguments, comme cela existe dans les sutures autoplastiques, on est autorisé à faire des incisions dites libératrices, qui relâchent la peau au voisinage du point réuni.

Lorsqu'une réunion par première intention a manqué et lorsque les bords de laplaie bourgeonnent, on estautorisé, s'il n'y a aucun accident inflammatoire qui menace, à appliquer un point de suture enchevillée ou de suture entortillée, ou de suture métallique qu'on laisse plusieurs jours en place ; mais, pour que cette suture soit suivie de réunion, il faut que la suture embrasse une grande épaisseur de tissus. Lorsque la division consécutive de la plaie est petite, une bandelette de diachylon suffit pour la réunion.

Réunir par une suture des surfaces bourgeonnantes, après qu'une suture a manqué on après le traitement de plaies contuses par des émoUients, constitue la réunion immédiate secondaire.

L'érysipèle et le phlegmon font manquer la réunion par première intention. Quand ces accidents se présentent, il faut enlever les sutures, laver les plaies et les panser avec un cataplasme ou des compresses d'eau de sureau.

Pansement des plaies irrégulières. — Les plaies irrégulières à bords contus seront lavées, puis pansées avec un linge troué, enduit de cérat et recouvertes de compresse d'eau froide ou de charpie, ou de tint anglais imbibé d'eau froide; ou mieux avec de la charpie imbibée d'eau et d'eau-de-vie camphrée (Dionis) à parties égales, et recouvertes d'un cataplasme de farine de graine de lin qui sera renouvelée deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures.

Quoique le pansement par les alcooliques ait été donné comme nouveau, on ne doit pas oublier qu'au temps de Celse on employait des médicaments trempés dans du vin (Hippocrate) pour empêcher la pourriture.

Dans le même but, avant de réunir, on fait un lavage avec une solution de chlorure de zinc, 20 grammes à ZiO grammes pour un litre d'eau. Ce pansement prévient les érysipèlcs et la pyohémie (Morgna) {Bull, thérap., 1866, p. 380 d'après l'école de Lyon).

Si une articulation est ouverte, s'il y a une fracture comminutive, on fera l'irrigation continue. Pour cela, un seau sera suspendu au-dessus du lit du malade, un siphon à robinet plongera dans le seau, une bande sera attachée au siphon et descendra sur la partie blessée, on fera couler l'eau goutte à goutte ou à petit jet; l'eau suivra la bande et viendra mouiller la charpie ou les compresses qui seront placées sur la plaie. Des compresses d'eau froide ou tiède renouvelées toutes les demi-heures sont moins efficaces que l'irrigation continue.

Les plaies qui n'intéressent que les extrémités des membres, les orteils, les doigts et la main seront pansées avec un linge troué, enduit de cérat, de la charpie imbibée d'eau et d'eau-de-vie camphrée, et le doigt ainsi pansé sera recouvert avec un cataplasme.

PLAJ

Les plaies peu contuses et avec perte de substance qui siègent sur le tronc seront pansées simplement. La plaie sera bourrée de cliarpie sèche ; un cataplasme recouvrira la charpie. La charpie sera laissée les jours suivants ; le pansement avec le cataplasme sera renouvelé tous les jours deux fois.

Pour les plaies contuses des doigts sans grands délabrements, on fera un pansement avec des bandes de diachylon imbriquées, qui recouvriront entièrement le doigt ; une couche de cérat, un linge troué enduit de cérat, seront placés par dessus la cuirasse de diachylon (Ghassaignac). Le pansement ne sera enlevé que lorsqu'il tombera. Les plaies contuses de la face, de la main, de la jambe, n'intéressant que la peau, les plaies qui accompagnent les fractures, même lorsqu'elles communiquent avec leur foyer, peuvent être ainsi traitées ; on emploie seulement une simple couche de bandelettes de diachylon que l'on renouvelle lorsquelle est décollée.

Toutes les plaies contuses et les plaies avec perte de substance guérissent bien sous les cataplasmes. Les plaies sales qu'on ne peut laver réclament surtout ce traitement.

On emploie le cataplasme de farine de graine de lin simple ou le

Cataplasme émollient.

Furiue d'or^'e 1

Farine de lin "'"^ parties égales.

Eau comiiuiue 'l-

Délayez les farines dans l'eau, de manière à les réduire en une pâte très-claire ; faites cuire en remuant avec une spatule de bois, jusqu'cà consistance convenable.

Si la peau s'excorie, s'il y a des érosions et des démangeaisons, on appliquera le

Cataplasme de fécule.

Fécule de pommes de terre 60 grammes.

Eau commune 500 ' jj

Mettez l'eau sur le feu, et quand elle entrera enébullition, versez-y brusquement la fécule que vous aurez délayée dans 60 à 100 grammes d'eau froide. Faites jeter un ou deux bouillons et retirez du feu.

Cataplasme suppuraHf.

Oseille cuite %

^^""S"'- •,: aa .W grammes,

harme de Im , |

F. s. a. un cataplasme.

N'est plus employé.

Plombage des plaies.

Burggrave (de Gand) a imaginé d'appliquer une lame malléable de plomb sur les plaies et de la maintenir par un bandage approprié à la région. Ce traitement, que l'auteur appelle le plombage des plaies, est bon en ce qu'il est un moyen de maintenir et d'immobiliser les parties blessées dans certaines régions comme les membres.

Tous les pansements divers des plaies contuses et irrégulières doivent être appliqués aussitôt que la plaie a été produite. On renouvellera le pansement tous les jours, excepté si l'on a placé le pansement pav occlusion et le pansement aux bandelettes. Toutes les pièces du pansement seront changées, excepté s'il s'agit du pansement avec la cliarpie sèche, et c'est le linge troué et les pièces qui recouvrent le pansement qui doivent être changées. Dans ce dernier cas, il est bon au moins d'arroser la charpie avec un mélange à parties égales d'eau et de liqueur de Labarraque ou d'eau-de-vie camphrée.

PLAI 1091

Hypochloritfi de soude liquide.

(Liqueur de Labarraque).

Chlorure de chaux sec IQQ grammes.

Carbonate de soude cristallisé 200 id.

Kau commune 4500 id.

Délayez le chlorure de chaux dans les deux tiers de la quantité d'eau. D'autre part, faites dissoudre le carbonate de soude dans le tiers d'eau restant ; mélangez les deux dissolutions et filtrez. Le chlorure de soude liquide doit, comme le chlorure de chaux, contenir deux fois son volume de chlore.

Eau-de-vie camphrée.

flamphre 32 grammes.

Alcool à 50° 1250 id.

Faites dissoudre et filtrez.

Les plaies dont les bords contus ne se gangrènent point sont traitées pendant six jours seulement avec les compresses d'eau-froide, l'eau additionnée d'alcool camphré et les cataplasmes. S'il y a des portions de tégument qui se mortifient, le pansement émollient sera continué jusqu'à chute complète des eschares. — Lorsque la surface d'une plaie est recouverte de bourgeons charnus , on cesse ce traitement et l'on fait le pansement simple. V. Cicatrisation.

C'est pour les plaies avec large perte de substance qu'on peut mettre à profit la greffe ou autoplastie épidermique de Reverdin. On enlève avec un scalpel bien tranchant une mince lame d'épiderme de la peau du malade et on la place sur la plaie bourgeonnante où elle est maintenue par une bande de diachylum. La cicatrisation se fait autour de ce point: mais, pour que l'opération réussisse, il faut que les bourgeons charnus soient bien formés. En réalité, cette greffe est une autoplastie du corps muqueux du derme.

Le pansement simple est fait avec un linge troué, enduit de

Cérat de Galien.

Huile d'amandes douces 500 grammes.

Cire blanche 125 id.

Eau de roses 375 id.

Faites fondre la cire et l'huile, versez dans un mortier échauffé, agitez constamment jusqu'à complet mélange.

On recouvre le linge avec de la charpie sèche, que l'on recouvre de compresses. Ce pansement simple doit être renouvelé tous les jours.

Ou bien on étend sur la plaie un linge de la largeur de la plaie et enduit d'

Emplâtre brun.

(Onguent de la mère.)

Huile d'olive lOGO grammes.

Graisse de porc N

Beurre I

Suif de mouton > aa 500 id.

Cire jaune \

Litbarge en poudre fine ]

Poix noire purifiée 425 id,

F. s. a. (Hôp. de Paris.)

Avec ce topique il n'est pas besoin de cautériser les bourgeons charnus, la plaie se guérit avec rapidité.

Si la plaie a un mauvais aspect et une odeur un peu forte, on enduit le linge troué avec les cérats :

Cérat de Galien ■ 32 grammes.

Sous-acétate de plomb 4 id.

(Goulard.)

Page 1