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POUMON

POURPIËR. Plante de la famille des portulacées, dont l'eau distillée sert de véhicule pour faire les potions [+1.

POURPRE HÉMORRHACaQUE. V. PuRPURA.

POURRITURE ©'HOPITAU. La pourriture d'hôpital est une altération des plaies en suppuration, se présentant sous la forme d'ulcères ou de dépôts plastiques fibrineux et d'ecchymoses des bourgeons charnus.

La pourriture d'hôpital n'est pas évidemment contagieuse. A coup sûr elle n'est pas inoculable (Richerand, Uupuytren, Percy, Marmy, Pitha). Deux seuls exeiîiples

d'inoculation existent, ceux de Pouteau et d'Ollivier (d'Angers); mais ils sont contestables. Enfin l'inoculation de la pourriture d'hôpital chez un individu à peu près sain, et les tentatives d'inoculation sur les cancers et les tumeurs érectiles (Dussaussoy, Rigal, Clerc de Strasbourg) ont été impuissantes et ont produit un résultat problématique.

La pourriture d'hôpital est si rare aujourd'hui dans nos hôpitaux qu'on pourrait dire qu'elle n'existe pas. Si l'on considère aussi que les plaies y sont pansées tous les jours, qu'on n'emploie plus de topiques irritants, on pourra admettre que la pourriture d'hôpital était une des conséquences du pansement rare.

Dans les hôpitaux d'enfants on observe quelquefois de la pourriture d'hôpital, mais à y bien regarder on voit qu'il s'agit souvent de dipllthérite, quelquefois d'exsudations fibrineuses, comme celles qui existent sur les vésicatoires d'individus atteints de pneumonie, quelquefois enfin d'ulcérations scrofuleuses et d'ulcération désignées autrefois sous le nom de scorbutiques.

Chez les vieillards, la pourriture d'hôpital offre presque toujours la forme plastique ou gangréneuse ; elle résulte d'écarts de régime, d'embarras gastrique; c'est une inflammation de la plaie ou de l'ulcère.

Ou a admis une pourriture d'hôpital à forme ulcéreuse, caractérisée par des ulcères des bourgeons charnus ayant débuté par une vésicule et un ulcère à bords déchiquetés, se multipliant, donnant issue à une sérosité fétide et fournissant des hémorrhagies; toute la plaie devient ensuite ulcéreuse et l'ulcère envahit la peau saine autour de la plaie. 11 y a des douleurs vives.

La pourriture d'hôpital, manifestée par des dépôts plastiques ou à forme pulpeuse (Dussaussoy, Delpech) est la diphthérite des plaies (Bretonneau) ; elle est constituée par des dépôts de couenne ou pseudo -membranes au-dessous desquels on trouve les bourgeons charnus ulcérés présentant des solutions de continuité à bords taillés à pic. Il y a souvent des ecchymoses et des hémorrhagies produites par les ulcérations.

La pourriture d'hôpital se complique de phlébite, d'anoioleucite, d'érysipèle et d'infection purulente, comme toutes les autres inflammations. Localement la pourriture d'hôpital se complique ordinairement du phlegmon de la partie où siège la plaie.

La mort dans la pourriture ' d'hôpital arrive après des symptômes généraux qui ne sont autres que ceux de la fièvre hectique ou de l'infection putride chronique. V. ce mot.

La pourriture d'hôpital ne peut être confondue qu'avec les dépôts plastiques qui recouvrent les plaies de certains blessés atteints d'embarras gastrique. Mais il n'y a pas de dommage, les lésions sont du même ordr£. Il en est de même du scorbut local (J. Cloquet), ainsi que des plaques couenneuses qui se développent sur les plaies de fistules vésico-vaginales et de plaies de taille. Enfin les ulcères scorbutiques observés dans les campagnes militaires sont encore des lésions qu'on peut et qu'on doit confondre avec la pourriture d'hôpital, car ces deux lésions sont une seule et même chose.

Tout le diagnostic de la pourriture d'hôpital se résume à préciser quelle est la nature de l'état général qm engendre une altération inflammatoire de la plaie.

On a vu la pourriture d'hôpital régner épidémiqueincal

POUR

et avec une gravité horrible ; mais Dupuylren Ta dit il y a bien longtemps, et cela ne s'est vu que fort loin des hôpitaux de l'aris.

Richerand et Boyer ont dit que la pourriture d'Iiùpilal se terminait d'une faf ou favorable en huit ou quinze jours. Celle marche de la maladie est, de toute évidence, celle d'une inflammation.

Thérapeutique. — .Améliorez la sanlé des individus alteiuts de scorbut, traitez la diphlhérite qui menace de s'établir, purgez les blessés qui ont de l'embarras gastrique, ne pansez pas les plaies contuses récentes avec des digestifs, tels que le styrax et l'onguent de la mère; pansez les plaies tons les jours, u'accunudez pas les blessés en si grande quantité que vous ne puissiez pas les panser tous les jours, et vous n'aurez point de pourriture d'hôpital. V. Scorbut, Diphtiiéuitl;.

Lorsqu'il y a ulcéialion d'une plaie ou diphthéi'ile, versez sur la jilaie du rinaUjn' (Delpecli), — le suc d'un citron (Larrey, Dupuylren), — saupoudrez la plaie de poudre de camp/ut' (Netter) 15 cas de succès; — iïaluii, ou mieux pansez avec de la charpie imbibée d\;au chlorurée et un cataplasme ; — avec la solution de coaltar saponiiié au cinquantième ; — avec la solution au centième iVacide phciiiquc ou d'acidr thi/mique, et renouvelez le {laiisement tous les jours deux ou trois fois.

Le chlore ou mieux Teau chlorurée sont de bons lo[tiques pour les altérations des vieux ulcères ; — le chlorate c/r potasse (Milon,Duuiont) est bon ; — le coaltar (l)emeuux) est assez bon. Les caustiques, tels que l'acide cldorhydrique, la pierre vulnéraire Hesselbach (sulfate de fer. sulfate de cuivre, vert-de-gris, ammoniaque et aloès), sont abandonnés.

Le fer rouge (Pouteau, Dussaussoy, Delj)ecli, Bouisson) ne convient que pour les cas où il y a un ulcère rongeant qui a des caractères de l'ulcère phagédénique syphilitique, encore la solution saturée de chlorure de zinc vaiil mieux.

L'atmosphère humide de l'appareil à incubation. (A'. Plaies) est quelquefois utile.

Lorsque le mal est accompagné de phénomènes d'infection, les vomitifs (Pouteau, Briggs) peuvent être employés. Les traitements antiscorbutique, antisyphilitique, peuvent être quelquefois utiles.

Le régime tonique, une bonne nourriture, une cautél'isation et un pansement renouvelé tous les jours, font plus que tous les médicaments topiques locaux, lorsqu'il n'y a pas encore de phénomènes généraux. L'iodure de potassium à la dose de 0S'',50 par jour m'a été utile dans tous les cas que j'ai vus pendant la guerre.

FORMULAIKE.

Pansement au charbon de bois réduit en poudre sur de la charpie [3- •

Chlore liquide. Eau saturée de chlore à la température ordinaire. Elle en contient deux fois et demie son volume. 1 à 8 grammes dans un véhicule approprié.

Employé pur pour désinfecter.

Uypochlorite de chaux liquide.

(Chlorure de chaux liquide.)

Chloruie chaux sec 100 .^raiiiun.^.

Eau commune -iâOO iil.

Irilurez le chlorure de cliaiiN dans un mortier de [lor-

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celaine avec de l'eau, jusqLi'ii (;e que vous ayez parfaitement divisé le chlorure. Filtrez.

Le chlorure de chaux liquide doit contenir deux fois son volume de chlore. On dit alors qu'il a 200° chlorométriques.

Employé pur ou étendu d'eau pour désinfecter [+]• Poudre de charbon et de quinquina.

Quinquina gris ) .ni.

Cliarbou pulvérise )

Solution de nitrate d'urgent.

Nitrate d'argent cristallisé 25 centigrammes.

Eau distillée 30 grammes.

Employée dans le pansement des plaies et des ulcères indolents, qu'on touche avec la charpie imbibée de cette solution \±\. (Sanson.)

Toutes ces médications ne sont autres que des désinfectants,

PODZZOLES (près de Naples). Eaux chlorurées sodii(ues, de 30 à 35°, jadis renommées.

PKKCUAQUE (Landes). Eau chlorurée sodique fi oidc.

PRÉFAILLES (Loire-Inférieure). Eau ferrugineuse et gazeuse froide.

PREIGIVES (Aveyron). Eau ferrugineuse froide.

PREMIER (Maine-et-Loire). Eau ferrugineuse h'oide.

PRESRYTIE ou PRESBYOPIE. La presbytie est une paralysie du muscle ciliaire incomplète, causant un trouble de l'accommodation chez les individus qui ont travaillé pendant de longues années sur des objets placés à la distance de la vue moyenne. C'est une altération de la vision telle que l'œil ne distingue plus qu'à un point situé au delà de la distance visuelle normale, et qu'il est un peu lent à distinguer les objets. V. ACCOMMODATION et Réfraction (Troubles de la).

Thérapeutique. — En dehors de toute lésion appréciable, la presbytie sera traitée par l'usage des verres convexes et la cessation de tout travail assidu des yeux. \ . Lunettes {Application des).

PRÉiSEMTATIOI^S VICIEUlSES. V. DVSTOCIE.

PRESLE (la) (Pyrénées-Orientales). Eau sulfureuse modique à hh degrés, peu employée.

PRÉSURE. Lait caillé que l'on trouve dans la caillette, ou quatrième estomac des ruminants à la mamelle. La présure n'est autre chose que du lait caillé, acide par le suc gastrique qu'il renferme et rempli du ferment gastrique. D'abord en grumeaux blanchâtres, elle brunit quand elle est lavée, salée et séciiée à l'air. La présure, à la dose de 1 gramme, s'emploie pour faire coaguler un litre de lait.

C'est presque du caséum. — Durcie à la fumée dans la caillette même, Bourdette l'a donnée avant le repas à la dose de 60 centigranimes à 1 gr'amme dans la dyspepsie par défaut de suc gastrique. C'est de la pepsine.

PRIAPISME. L'érection douloureuse et continue de la verge constitue le priapisme. V. Satvriasis.

PRBMEVÈRE. Plante de la famille des lysimachiées, dont la racine, en décoction^ est employée comme astrin gente El-

PRODROMES. Phénomènes morbides qui précèdent l'invasion des maladies et ([ui sont encore insuffisants pour la caractériser. C'est un état intermédiaire à la sanlé el à la maladie qu'on peut considérer comme ravanl-coureur de l'état morbide.

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PROGlVOSiE. Art de prévoir la marche et la terminaison des maladies par les phénomènes critiques qu'elles présentent (V. Crise et Critique). En effet, d'après l'apparition de certains phénomènes morbides dans le cours d'une maladie aiguë, on peut annoncer d'une façon presque certaine la terminaison favorable ou malheureuse d'une maladie aiguë.

PROG^'OSTic. V. Pronostic.

PRONOSTIC. Jugement porté par le médecin sur la marche et sur la terminaison des maladies d'après le nombre, la succession et la gravité des phénomènes qu'on y observe.

Signes pronostiques. Nom donné aux phénomènes qui se montrent dans le cours d'une maladie, et qui en annoncent l;i terminaison. V. Crise et Critique.

PROPRI.4C (Drôme). Eau calcique froide peu connue.

PROPY LilI!Ill\E. Alcalo'ide artificiel analogue à l'ammoniaque, ou ammoniaque composée, obtenu par Wertbeim. On l'extrait en distillant la narcotine avec la potasse.

11 y en a beaucoup dans la saumure du hareng combinée avec un acide et une petite quantité dans l'huile de foie de morue qui lui doit dit-on ses proprétés. Cela est faux, car le principe gras ou aliment respiratoire est pour beaucoup dans l'action de l'huile. Il y en a aussi beaucoup dans l'extrait de foie de morue, ce qui fait qu'on conseille cet extrait, en dragées, comme succédané de l'huile de morue (Kaleniczenko).

La propylamine est un liquide incolore, transparent, alcalin et doué d'une odeur ammoniacale. On l'emploie à la dose de 10 <à 30 gouttes dans les rhumatismes aigu et chronique I I.

PROST.^TE (Lésions de la). Les vices de conformation de la prostate ne peuvent être l'objet d'aucun traitement; les imperforations du col de la vessie seules doivent être combattues par le chirurgien. V. Atrésie de l'urètiire.

Calculs de la prostate. V. Calcul.

Cancer de la prostate. — Confondu avec l'hypertrophie de la prostate (Boyer), le cancer de cet organe est trèsrare (Cruveilhier, Rokitansky), surtout comme maladie primitive; au contraire, le cancer de la vessie et du rectum s'étend assez souvent à la prostate.

Les cancers de la prostate sont en général des cancers fibro -plastiques ou colloïdes (Forster).

Les cancers de la prostate consécutifs à des cancers du rectum et de la vessie s'annoncent par les symptômes ces maladies ; ils causent des cavernes de la prostate et communications entre la vessie et le rectum.

Thérapeutique. — Le cancer de la prostate ne doit occuper le chirurgien que pour la surveillance de l'excrétion urinaire. — Les malades seront sondés si cela est nécessité par la rétention d'urine. — Lorsqu'il y a des cavei'iies et des fistules, il faut prescrire les soins de propreli'', le traitement des cancers en général.

Cavernes et fistules de la prostate (Velpeau). — Un abcès aigu ou chronique de la prostate, un kyste conli'nant un calcul, ouvert, soit à l'extérieur, soit dans l'urèllii e ou la vessie et le rectum, peuvent se transformer en une caverne; leur ouverture peut rester fistuleuse, mais les cavernes de la prostate et les fistules prostatiques sont liées principalement aux tubercules de la prosîat". V. ce mot),

Thérapeutique. — Les cavernes et fistules de la prostate, qui ne sont pas liées à la diathèse tuberculeuse, guérissent seules. Les cavernes qui communiquent avec la vessie et avec l'extérieur sont incurables, à moins que le trajet ne soit droit et ne puisse être cautérisé. Les injections iodées dans les fistules cutanées sont indiquées. Les soins de propreté, les lavages du rectum et de la vessie, sont indiqués pour les fistules et cavernes en comnmnication avec le rectum et avec la vessie.

S'il y a une cavité qui soit accessible par le périnée ou par le rectum, et où l'on sente de la fluctuation et lont le contenu se vide par l'urèthre, on fera une contre-ouverture au périnée (Velpeau).

La sonde à demeure (.1. L. Petit) ne peut être bonne que quand il n'y a pas de communication de la caverne avec la vessie et quand la caverne est petite.

Les injections iodées ne seront faites que pour les cavernes ne communiquant pas avec la vessie.

Il n'y a rien à faire contre les cavernes tuberculeuses. Les fistules urinaires péri-prostatiques sont incurables.

Ibjpertrophies de la prostate. — Les hypertrophies de la prostate sont générales ou partielles; celles-ci sont appelées tumeurs de la prostate et ce sont : ou des hypertrophies du lobe moyen (Home) , ou le développement d un pli et d'une valvule épaisse (Mercier), ou enfin des hypertrophies du tissu fibreux ou des corps fibreux (Jarjavay, Velpeau).

Ml;. 5H(. — Uvperti-npliie ilii loLie inoveii dfi la prostate. — A. TMiiiPiir. (Phillips.)

L'hypertrophie de la prostate est exclusivement muscul.iire ou fibreuse ; les glandes ne sontahérées que consécutivement. Aussi trouve-t-on dans les parties hypertrophiées de petits kystes tout à fait analogues aux œufs de Nabolh dans le col utérin et qui sont dus à des oblitérations glandulaires.

Vlujpertrophie totale (J. L. Petit, Hunter, Desault) de la prostate est une maladie de la vieillesse (on ne connaît qu'une exception. Archives de médecine, I8kk) ; les inflammations de l'urèthre, les excès vénériens, la vie sédentaire assise, les calculs urinaires quelquefois, en sont les causes habituelles.

L'hypertrophie totale de la prostate se produit et s'accroît lentement sans causer de désordres, et tout à coup,

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après un excès ou une fatigue, il y a rétention d'ui ine. On sent alors par le rectum une tumeur : globuleuse, en général bien limitée, plus molle que l'hypertrophie partielle ; au delà de laquelle on ne peut sentir ni la vessie ni les vésicules séminales, comme à l'état normal. Dans l'hypertrophie totale de la prostate, cet organe remonte dans le petit bassin. Hors l'état de congestion prostatique, l'hypertrophie prostatique totale n'entraîne pas la rétention d'urine (Vidal, de Cassis).

Les hypertrophies partielles de la prostate sont aussi le privilège de la vieillesse ; elles sont constituées par une tumeur régulière, plus dure que l'hypertrophie totale de la prostate. Lorsque l'hypertrophie occupe un seul lobe, et lorsqu'il y a un corps fibreux de la prostate, la rétention d'urine est souvent habituelle.

L'hypertrophie du lobe moyen ou de la valvule prostatique n'est pas toujours accompagnée d'une grande tuméfaction de l'organe, et dans ces conditions le cathétérisme seul permet de préciser qu'il y a hypertrophie du lobe moyen.

riypertropliip du lobe moyen, fausse route fi travers ce lobe. (Phillips.)

Toutes les hypertrophies partielles de la prostate s'accompagnent de douleurs vagues et de rétentions plus ou moins permanentes d'urine avec de la difficulté à aller à la selle et tènesme ; le bol fécal peut présenter quelquefois un sillon (J. L. Petit) qui est assez souvent effacé pendant le passage de l'excrément à travers le sphincter anal (Bichat) .

Les hypertrophies partielles de la prostate causent la rétention d'urine, tandis qu'au contraire les hypertrophies générales causent quelquefois l'incontinence. Cette proposition est paradoxale et n'a rien d'absolu.

On reconnaît les hypertrophies pro'Statiques par les signes qui viennent d'être énumérés, mais le cathétérisme donne les meilleurs renseignements. Dans les hypertrophies totales on trouve, en introduisant un cathéter, un obstacle en arrière du pubis, le bec de la sonde arc-boute contre la prostate ; lorsqu'on fait pénétrer la sonde en abaissant fortement son pavillon, on est obligé d'introduire assez longtemps l'instrument avant de donner issue à l'urine. Avec une sonde graduée on peut calculer l'étendue de la prostate. Voici comment : le doigt introduit dans le rectum sent la sonde arrêtée par la prostate ; la, longueur

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de la portion de la sonde encore hors de l'urèthre, comparée à la longueur de la même portion de la sonde au moment où l'on est arrivé dans la vessie, et où il sort de l'urine, indique la longueur de la prostate (Vidal, de Cassis).

Toutes les fois que la prostate irrégulièrement tuméfiée n'est pas très-volumineuse, quand l'urine n'est point troublée, quand la sonde est déviée plusieurs instants avant que l'urine coule, il y a hypertrophie d'un lobe latéral probable, à l'exclusion de toute autre affection.

On reconnaît l'hypertrophie du lobe moyen et la valvule à la facilité de l'introduction de la sonde, comparée à la rétention absolue d'urine ou à une déviation de la sonde juste au moment où l'urine s'échappe, à la difficulté pour faire tourner la sonde sur son axe après son introduction dans la vessie.

Pour préciser le degré d'hypertrophie des lobes prostatiques, l'existence de la valvule, on se sert d'une sonde à petite courbure que l'on retourne dans la vessie, et à la courbure de laquelle on fait-décrire un mouvement de rotation complet; l'impossibilité do passer librement indi(|ue l'existence de la valvule.

Fig. 583. — Valvule prostatique. — B. Veramontanum. — A. Valvule, 'i, — ce. Hypertrophie latérale de la prostate. La prostate D, D' est augmentée de volume. (Phillips.)

Les sondes à empreintes sont complètement insuffisantes pour le diagnostic des hypertrophies de la prostate.

Si le cathétérisme est indispensable pour juger les hypertrophies partielles, il n'est pas nécessaire pour les hypertrophies totales ; celles-ci arrivant à un grand volume et se montrant très-saUlantes dans le rectum sont reconnues par le toucher rectal, même quelquefois par le toucher rectal uni au palper abdominal (Nélaton), lorsque l'hypertrophie prostatique est considérable.

Les hypertrophies de la prostate causent des cystites du col, le catarrhe vésical, les lésions consécutives des reins, des calculs vésicaux (E. Home), mais il est possible que l'hypertrophie prostatique soit aussi la suite de calculs vésicaux. V. ce mot.

Une hypertrophie totale de la prostate ne peut être confondue avec un cancer ou des tubercules, car sa dureté et son indolence s'y opposent. La situation de la tumeur ne permet pas de songer à une tumeur du petit bassin. Les calculs développés dans le centre de la prostate simulent l'hypertrophie totale, mais dans ce cas la luineur

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n'est pas toujours régulière : il y n, des points mous à côté d'un point très-dur. Si le calcul a envahi toute la prostate, celle-ci a une dureté pierreuse, et en même temps on sent avec la sonde, du côté de l'urètlire, le choc du calcul.

Les hypertrophies des lobes latéraux ne peuvent être confondues qu'avec des calculs de la prostate : mais dans ceux-ci il y a parfois des hémorrhagies par l'uréthre ; quelques calculs ont été rendus et des douleurs assez vives existent au périnée.

On ne confondra pas les hypertrophies du lobe moyen et la valvule avec un calcul enchatonné au niveau du col vésical, si l'on se sert de la sonde de Mercier. S'il s'agit d'un calcul, on ne déplacera pas la sonde aussi facilement que dans le cas de valvule ; on sentira un choc sourd, et le plus souvent le choc sec de la pierre sous la sonde. L'état des urines peu altérées, la rareté des hémorrhagies, l'absence de sels cristallisés et de petits graviers dans les urines, doivent faire penser qu'il y a une valvule prostatique ou une iiypertrophie du lobe moyen et non un calcul. V. Gravelle et Calculs vésicaux.

Les tumeurs de la prostate chez les vieillards doivent toujours faire songer à une hypertrophie.

Tlu'fdpeutique. — La plupart du temps, les hypertrophies de la prostate ne sont accessibles qu'à un traitement chirurgical palliatif. Les hypertrophies totales sont toujours dans ce cas. L'hypertrophie du lobe moyen, au contraire, a été l'objet de beaucoup de tentatives qui, toutes, n'ont pas été heureuses. Le traitement médical et surtout hygiénique est une des ressources les plus précieuses.

Le; traitement médical des hypertrophies de la prostate consiste dans les préparations mercurielles à l'intérieur (J. L. Petit) — On donnera des pilules de protoiodure de 25 milligrammes; on emploiera les suppositoires d'emplàtre de Vigo (V. Adénite) (Vidal, de Cassis); on donnera 1 iodure de potassium, à la dose de 1 gramme par jour. — Les sangsues au périnée sont quelquefois utiles.

On donnera des purgatifs (E. Home); huile de ricin, 30 grammes; et de temps à autre des lavements de séné.

Les malades prendront deux bains par semaine, ne boiront que peu de vin, ne mangeront pas de substances épicées, éviteront les excitations près des femmes; ils ne laisseront pas l'urine s'accumuler dans la vessie; ils urineront souvent, toutes les quatre heures et debout.

On enverra les malades aux eaux minérales indiquées à l'article Cystite chronique.

Contre l'hypertrophie prostatique, on a conseillé les eaux minérales (H. Thompson) et les bains de mer.

li'électricité localisée sur le périnée (Tripier) a été antée contre les hypertrophies prostatiques.

Le traitement palliatif des hypertrophies de la prostate est le traitement des accidents : la rétention d'urine et la cystite.

Pour sonder un malade atteint d'hypertrophie prostatique générale, on le place dans la position de l'opération de la taille. Ou se sert d'une sonde métallique à petite courbure (Mercier) et à angle presque droit (Leroy, d'Etiolles), ou d'une sonde de gomme élastique avec un mandrin courbé comme la sonde métallique précédente. Lorsque la sonde est introduite jusque sous le pubis, le doigt de la main droite, introduit dans le rectum, repousse le bec de la sonde en haut, en même temps que la main gauche bascule en bas le pavillon de la sonde. On tâtonne ainsi sans mettre de force et l'on abaisse peu à peu la sonde jusqu'à ce qu'elle soit parallèle à l'axe des cuisses. Quand elle est arrivée en cette position, on pénètre facile-

ment dans la vessie. On laisse cette sonde à demeure pendant vingt-quaire ou quarante-huit heures, au plus, après quoi on passe une sonde de caoutchouc de Galante à demeure, et, plus tard, on sonde le malade quatre fois par jour, lorsqu'il commence à pouvoir uriner seul.

On donne de grands bains prolongés au malade, on lui fait suivre un régime. V. plus haut, le traitement médical.

Une sonde à bec court et très-recourbé (Sabatier) peut être utile pour franchir une prostate hypertrophiée, lorsque les sondes à petite courbure droite ont échoué.

Pour sonder un malade atteint d'hypertrophie d'un des lobes latéraux de la prostate, on opère de la même façon que pour l'hypertrophie totale; seulement, après que la sonde est entrée dans la région prostati(jue, on manœuvre avec lenteur. Les sondes à grande courbure sont quelquefois utiles là où la sonde à petite courbure a échoué.

On engagera les malades à faire des efforts pour uriner, et, dans ce moment, on passera quelquefois facilement, car, en voulant uriner, le malade relâche ses muscles ei fait cesser de lui-même l'élément spasmodique du col vésical qui surajoutait un obstacle au cathétérisme.

Pour sonder un malade atteint d'hypertrophie du lobe moyen de la prostate, si l'on ne réussit pas avec la sonde à petite courbure, on se servira de la sonde de gomme, armée d'un mandrin courbé, à peu près comme la sonde de trousse. On introduira la sonde jusqu'à l'obstacle, puis on retirera un peu la sonde, et alors on fera glisser la sonde sur le mandrin. Le bec de celle-ci se dirigera dans une direction suivant la prolongation imaginaire de la courlture de la sonde et s'engagara en se pliant à la forme de l'orifice vésical (procédé de Chopart, Hey, Pasquier et D. Després).

11 est toujours possible de pénétrer dans la vessie d'un malade atteint d'hypertrophie de la prostate, le tout est de s'y prendre avec précaution, patience, douceur et tâtonnements; même quand des fausses routes ont été déjà faites, la chose n'est pas impossible; cependant, si l'on ne pouvait parvenir à sonder un malade, on devrait évacuer l'urine.

Pour cela, on pourrait faire la ponction de la vessie par la prostate (Dessault), parle périnée (Ledran), par l'hypogastre (Riolan, Garengeot), par le rectum (Fleurant) (V. RÉTENTION d'urine). Mais un véritable chirurgien n'a jamais recours à cette extrémité.

On ne peut tenter ni la ponction périnéale, ni la ponction par le rectum. La ponction par l'uréthre, avec une sonde à dard, ou en forçant avec une sonde métallique, quand on est sûr d'être près du col de la vessie, a réussi entre les mains de Dessault, dans un cas où la sonde était engagée dans une fausse route. Robert a poussé avec force une sonde métallique et a' fait une sorte de ponction de la prostate par l'uréthre; mais ce procédé n'est pas toujours applicable, quoiqu'on l'ait souvent pratiqué involontairement.

La ponction bypogastrique sera préférée. V. Rétention d'urine.

Traitement ciiratif des accidents. — Dans le cas d'hypertrophie totale de la prostate, pour rétablir le cours de l'urine, on laisse des sondes à demeure, et il n'est pas besoin même de mettre des sondes d'un volume progressif. Si l'on a eu de la peine à introduire une sonde métallique, on la laissera en place; mais les sondes élastiques doivent être préférées. Weiss, coutelier à Londres, a fait une sonde élastique de métal qu'Everhard Home a pu laisser quinze jours dans la vessie. Les sondes de gomme.

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introduites avec un mandrin que l'on retire ensuite, s'encroûtent facilement et doivent être changées au moins tous les deux jours. Les sondes à anneaux articulés de Charrière sont assez bonnes. Le dilatateur à boule de plomb (Miquel d'Amboise), les dilatateurs articulés de Meyrieux et Tancliou sont compliqués. En général, la sonde à demeure est le seul moyen un peu efficace contre l'hypertrophie totale de la prostate, pour rétablir le cours de l'urine, mais on ne peut faire diminuer sûrement la prostate.

La compression, par un tampon placé dans le rectum (Leroy, d'Etiolles), est inefficace. La pince à trois branches (V. Calculs vésicaox), introduite dans ce col et attirée au dehors, dilate bien le col, mais elle comprime la muqueuse vésicale et détermine des accidents inflammatoires. Le dépresseur à coulisse, de Mercier, constitué par une sonde à deux courbures et une tige conductrice droite, est passible du même reproche.

Les hypertrophies des lobes latéraux de la prostate ne peuvent être traitées avec avantage que par les sondes à demeure.

Les hypertrophies du lobe moyen et la valvule prostatique et les valvules vésicales ont été traitées par l'incision (Mercier). C'est là une opération exposée à de nombreuses critiques. Par exemple, l'impossibilité de préciser qu'il y a seulement une valvule prostatique, et surtoull'insuffisance d'une incision.

L'incision de la valvule prostatique se fait avec l'inciseur fixe ou l'inciseur mobile, comme pour les valvules du col de la vessie. V. Vessie.

L'inciseur simple est une sonde à petite courbure, fendue ; dans la convexité de sa courbure, il y a une lame que l'on fait sailHr au moyen d'une tige mobile.

Pour inciser la valvule prostatique, on introduit la sonde par le procédé ordinaire du cathétérisme, on tourne le bec en arrière et l'on tire la tige, la lame sort; on répète la manœuvre à plusieurs reprises ; on repousse la tige^ l'instrument est retourné et on le retire. Des injections d'eau tiède sont faites dans l'urèthre. On place le malade dans un grand bain et on lui applique des cataplasmes sur le ventre.

Les instruments pour couper d'arrière en avant (Civiale) ne sont pas bons.

On excise la valvule avec l'emporte-pièce de Mercier.

Fig. 584. — Emporte-pièce de Mercier, pour section fie Ifi valvule prostatique.

On introduit l'instrument fermé. Arrivé au col de la vessie, on ouvre l'instrument, on lui fait faire un quart de rotation sur son axe ; on s'assure que la valvule est entre les mors de l'instrument par tâtonnements. Lorsque la valvule est sentie, on fait saillir le dard au moyen d'une tige à coulisse ; la valvule ainsi embrochée est coupée par les bords tranchants des mors A et C (fig. 58i).

L'incision a plus d'une fois causé de très-graves accidents. Jusqu'ici rien ne doit donc être préféré à la dilatation.

La résection de la valvule prostatique expose à des hémorrhagies abondantes que l'on arrête par des injections froides et des compresses glacées sur le ventre.

La cautérisation de la prostate a été tentée ; on la pratique avec le porte-caustique de Lallemand ou de Mercier.

La cautérisation du col de la vessie cause des inflammations violentes.

Plaies de la prostate. — Les plaies de la prostate peuvent être produites par des instruments de toutes sortes ; elles guérissent facilement, et si la plaie n'a pas détruit une partie de l'organe, tout se borne à une hémorrhagie légère, quelquefois à l'écoulement d'un liquide filant qui est le liquide prostatique.

Dans les plaies de la prostate, l'urine coule au moment où la miction s'effectue si le col de la vessie est respecté ; elle coule incessament si la vessie a été ouverte.

Les fausses routes faites dans la prostate se révèlent par les symptômes des autres fausses roules, et la profondeur à laquelle est engagé l'instrument indique le mal (V- Cathétérisme [Accidents du). En effet, si l'on sonde avec une sonde métallique et si l'on introduit la sonde sans encombre jusqu'au moment où l'on bascule, il est probable qu'il s'agit d'une fausse route de la prostate qui arrête l'instrument V. Hypertrophie de la prostate.

La prostatite, la phlébite, la rétention d'urine, compliquent assez rarement les plaies de prostate.

Thérapeutique. — Contre les plaies de la prostate, avec plaie extérieure, on emploiera le traitement des plaies simples. On laissera une sonde à demeure dans la vessie ou l'on fera le cathétérisme répété à chaque besoin (Yelpeau) ; mais la sonde à demeure est ce qu'il y a de meilleur s'il y a une fausse roule.

On appliquera dix à quinze sangsues au périnée à la première marque d'inflammation.

Tubercules de la prostate. — Les tubercules se développent d'emblée (Verdier, E. Godard) dans la prostate, ou après la tuberculisation du testicule. V. Testicule.

La tuberculisation des organes génito-urinaires n'est pas toujours accompagnée de tubercules pulmonaires (Velpeau).

Les signes de la tuberculisation primitive de la prostate sont ceux d'une prostatite chronique, qu'on peut appeler prostatite tuberculeuse ; souvent cependant tous ces signes font défaut et il n'y a qu'une induration de la prostate révélée par le toucher rectal ; on constate rarement un écoulement (blennorrhagie (Hunter) tuberculeuse, Ricord) ; les hématuries sont rares; à moins de développement énorme de la prostate, il n'y a pas de rétention d'urine.

Les signes de la tuberculisation consécutive de la prostate senties signes précédents, plus des tubercules du testicule (V. Testicule), avec des indurations du canal déférent et des indurations prostatiques.

Les tubercules de la prostate ramollis donnent lieu à des abcès chroniques, suivis de fistules et de cavernes, qui ont les caractères des abcès de la prostatite aiguë ou chroni(iue compliquée de perte de substance de la prostate. Quelquefois les tubercules passent à l'état crétacé. Quelquefois aussi les tubercules restent longtemps stationnaires comme cela arrive dans les cas de tuberculisations prostatiques consécutives aux tubercules du testicule.

La suppuration des tubercules de la prostate s'annonce par une tuméfaction subite de l'organe, par la rétention d'urine complète ou incomplète, et quelquefois par des orchites à répétition.

Thérapeutique. — On traitera les tubercules du testicule et les tubercules pulmonaires par les moyens géné~

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raux (V. Phthisie) ; les vésicatoires volants au périnée sont parfois utiles. On ouvrira les abcès lorsqu'il s'agit de la prostatite aiguë. On fera des injections détersives dans les cavernes ouvertes à rextérieur, et l'on fera des contreouvertures s'il est nécessaire pour favoriser l'écoulement du pus.

Voyez, pour le traitement général, Phthisie, Tubek-

CL'LES PULMONAIRES et FISTULES URINAIRES.

UlcératioiiH de la prostate (Morgagni). — Les ulcérations de la prostate sont dues à des fausses routes, à des ouvertures d'abcès de la prostate dans l'urèthre ; elles sont dues encore au passage des calculs sortis de la prostate par l'urèthre. Elles résultent quelquefois d'anciennes blennorrhagies. V, Prostatite aiguë et chronique, Uré-

THRITE.

On reconnaît les ulcérations de la prostate aux antécédents inflammatoires ou calculeux, à la présence de sang formant dans l'urine des pelils caillots, à une douleur Irès-vive pendant l'introduction d'une sonde, mais on ne peut rien affirmer. La spermatorrhée et la prostalorrhée accompagnent quelquefois les idcéralions de la pi'ostate.

Thérapeutique. — On traitera la prostatite chronique et les calculs de la prostate par les moyens appropriés ; — ■ les injections d'eau tiède avec quelques gouttes de laudanum d'abord, puis, si elles ne sont pas suffisantes, les injections à l'alun, au sulfate de zinc, au tannin, au nitrate d'argent (V. Uréthrite blen'norrhagique chronique), seront mises en usage.

Il est bon de porter avec une sonde sur la partie malade les pommades avec 30 grammes d'axonge et 1 gramme d'alun ou de calomel.

Lorsque les ulcérations persistent, on cautérisera avec le porte-caustique de Lallemand. Ce traitement (Velpeau) doit être complété par les grands bains, le régime et les eaux minérales, recommandés pour la cystite chronique. V. Uréthrite.

Varices de la prostate. (Chopart, Laugier). — Les varices de la prostate sont difficiles à reconnaître sur le vivant; s'il y avait des hémorrhagies uréthrales, sans symptômes autres de lésions des voies urinaires (.1. L. Petit), des tumeurs molles, lobulées, senties par le loucher rectal, on pourrait peut-être soupçonner des varices du col de la vessie ulcérées et des varices périprostatiques.

Peut-être faut-il attribuer à des varices prostatiques la constipation, les pesanteurs au périnée et un état hypocliondriaque chez les individus ne présentant aucun signe de lésions de la prostate, et qui ont en même temps des varices des membres, ou des hémorrhoïdes.

Thérapeutique. ■ — Si les varices de la prostale sont reconnues, tout le traitement consistera en bains de siège frais et en demi-lavements froids fréquents. — Les malades éviteront les fatigues et les excès, et feront leur possible pour ne pas rester longtemps assis.

PROSTATITE AIGUË. La prostatite aiguë est l'inflammation de la prostate. Une plaie, une blennorrhagie, la cystite du col, un calcul, une cystite chronique, en sont les causes.

Dans la prostatite aiguë, l'inflammation siège sur la muqueuse, et c'est une uréthrite limitée ou une cystite du col; ou bien elle siège dans la prostate même, c'est la prostatite vraie, prostatite glandulaire (Lallemand) ; ou

bien enfin elle occupe la loge prostatique, c'est le phlegmon périprostatique ou la pèriprostatile.

Sauf la prostatite de la muqueuse qui a les caractères d'une cystite du col, la prostatite glandulaire et la périprostatite se révèlent par les mêmes symptômes : une douleur gravative au périnée, avec sensation de chaleur, excrétion de l'urine goutte a goutte, ténesme vésical et anal (Boyer). La flexion du tronc (Vidal, de Cassis) est un signe de peu de valeur. La sonde introiiuite dans l'urèlhre est arrêtée au niveau de la prostate, où il y a une douler.r vive. Le toucher rectal apprend que la prostate est dure, douloureuse et augmentée de volume.

Les prostatites aiguës causent l'hypertropliie de la prostate et la prostatite chronique, lorsqu'elles ne se terminent pas par une péritonite du petit bassin, et par un abcès chaud de la prostate et du tissu cellulaire périprostatique.

Les ahcès chauds de la prostate se forment dans la prostate (J. L. Petit, Velpeau), dans le tissu cellulaire périprostatique (Velpeau) ; les premiers tendent à se faire jour dans l'urèthre et la vessie (,J. L. Petit, E. Home, Eéclard), les autres proéminent vers le rectum et vers h^ périnée, où ils se montrent avec les caractères d'un abcès chaud du périnée. Le redoublement des épreintes, la difficulté d'aller à la selle, la chaleur, les battements et les élancements au périnée indiquent qu'il s'est formé un abcès de la prostate.

Les abcès prostatiques ne sont fluctuants que très-tard ; les abcès périprostatiques ofl"rent de la fluctuation par le toucher rectal. Les abcès qui font saillie dans l'urèthre sont reconnus à la difficulté croissante du calhétérisme.

Les complications propres aux abcès de la prostate sont la destruction de la prostate (Pigeaux), les fusées purulentes dans le petit bassin, si l'abcès est périprostatique, et l'infection purulente.

Des symptômes adynamiques, observés chez les vieillards atteints de prostatite co'incidant avec une lésion de la vessie et des reins doivent être en rapport avec une urémie consécutive.

Il arrive quelquefois que dans la cavité de l'abcès ouvert du côté de la vessie il se forme un abcès urineux.

La prostatite aiguë ne sera pas confondue avec une cystite du col; car dans cette dernière maladie l'urine est trouble, contient quelquefois du sang, et au début des accidents les malades souffrent en urinant. Les calculs vé^icaux causent des douleurs qui ne sont pas persistantes, puis en faisant placer le malade à genou, on le soulage (Dagas), parce que le calcul se déplace. Dans la prostatite, la prostate est douloureuse dans toutes les positions et sensible au toucher rectal.

Les abcès chauds de la prostate ne peuvent être confondus qu'avec les abcès latents ou dus à une inflammation chronique autour d'un calcul.

Les lésions inflammatoires aiguës et chroniques retentissent sur les vésicules séminales qui peuvent s'enflammei', s'oblitérer, et sur les canaux éjaculateurs qui peuvent être oblitérés ; enfin le retentissement peut aller plus loin et causer des orchites.

Thérapeutique. — On placera quinze à vingt sangsues au périnée ou sur la face du rectum correspondant à la prostate (Bégin). Pour cela, on se servira d'un spéculum conique fermé avec ouverture latérale. On applique des

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cataplasmes sur la région périnéale, préalablement graissée avec l'onguent.

Onguent raercnriel 30 grammes.

Extrait de belladone , , , . 4 id.

(Velpeaii.)

Ou :

Onguent raereuriel 30 grammes.

Cérat opiacé 24 id.

Laudanum de .Sydenliam 4 id.

(llôp. de Paris.)

On donnera des quarts de lavements opiacés, avec huit gouttes de laudanum, des bains de siège de deux heures.

Le malade boira des tisanes de graine de lin ou de gomme; il suivra un régime aux bouillons et au lait.

Une incision prématurée au périnée, faite comme pour l'opération de la taille (Lallemand), n'est indiquée que s'il y a rougeur et œdème des téguments.

Les abcès qui tendent à s'ouvrir, dans la vessie et l'urèthre, peuvent être abandonnés aux efforts de la nature ; on les ouvre quelquefois involontairement en sondant les malades (J. L. Petit, E. Home, liéclard ISonnafond, P)erllierand).

Lorsqu'il y a de l'œdème et de la rougeur au périnée, l'abcès tend à sortir par le périnée : on doit alors faire une incision comme pour la taille, en incisant le périnée couche par couche (Lallemand, Civiale).

On incisera les abcès proéminents du côté du rectum et qui sont fluctuants avec le bistouri (Velpeau). Il ne reste pas habituellement une fistide après cette incision (Hicord et Gazil). On peut ouvrir l'abcès à l'aide de l'ongle taillé en pointe (D. Després).

Les abcès bien reconnus, qui font saillie du côté de l'urèilire et de la vessie, seront ouverts à l'aide d'une sonde métallique, tournée et retournée dans le col et la portion prostatique de l'urèthi'e.

On fera des injections d'eau tiède dans la vessie, on donnera des lavements fréquents, suivant que l'abcès aura été ouvert dans la vessie ou dans le rectum.

On traitera les com[)lications par les traitements appropriés. V, lNI'"ECTiON l'UnULENTE, PÉRlTOmTE, AnCÈS,

Urémie.

PltOSTATITE CIIR01\IQUE:. La prostatite chronique est la suite de la prostatite aiguë ; elle existe autour des cellnles prostatiques, autour des tubercules prostatiques, et dans ce cas elle est constituée par des ulcérations de la prostate.

Une induration de la prostate, l'ulcération des conduits prostatiques, dont la muqueuse est rouge violacé ; enfin des abcès à marche lente, véritables abcès chroniques {abcès latents, Civiale), appartiennent à un état inflammatoire chronique de la prostate.

On reconnaît une prostatite chronique à une douleur sourde, accompagnée de pesanteurs au périnée, à des douleurs en allant à la selle et en urinant, à des écoulements ou prostatorrhées, constitués par un liquide séro-purulent et sanguin quelquefois, s'il y a des ulcérations, et même à des écoulements d'une matière opaline, gluante (qui est du suc prostatique, car il ne renferme pas de spermatozoïdes), il est rare que la prostate soit très-douloureuse; elle est plutôt sensible à la pression et il y a quelquefois des douleurs en urinant. Des symptômes particuliers indiquent si la prostatite est liée à des calculs ou à des tubercules. V. Calculs de la prostate, Tubercules de la

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