V. MÉNINGITE, CÉRÉBBOSCOPIE
SUSURRUS. Bruit particulier de bourdonnement qu'on entend dans les tumeurs anévrysmales, et qui les caractérise assez pour servir de signe diagnostique.
SUTURES. Les sutures sont des opérations au moyen desquelles on réunit par première intention ou par réunion immédiate secondaire les parties divisées.
Il y a deux espèces de sutures, la suture sèche qui se fait avec les serres-fines (V. Plaies), la suture proprement dite que l'on fait à l'aide d'épingles, de fils de lin, de fils de soie, de crins ou de fils métalliques, traversant les bords des plaies.
Les sutures faites à l'aide d'épingles sont les sutures entortillées, c'est à-dire des sutures faites avec des épingles traversant de part en part les deux lèvres de la plaie. Un fil passant de la tète vers la pointe de l'épingle est serré ; glissant sur l'épingle il rapproche et presse l'une contre l'autre les surfaces saignantes des deux lèvres de la plaie. V. Plaies.
Les accidents de cette suture sont rares ; il arrive quelquefois cependant que l'épingle coupe les tissus.
Les sutures faites avec des fils sont la suture empennée, la suture à points passés, la suture en surjet, la suture en faux fil (V. Plaies), la suture en bourse (V. Fistules uni - NAiREs), la suture en piqué. V. Plaies.
Le nombre des procédés de suture s'accroît de jour en jour, ils tombent dans l'oubli presque aussitôt qu'ils sont nés. — La suture entortillée et enchevillée, la suture à points passés avec des fils métalliques, sont les deux seules sutures réellement utiles pour les plaies cutanées et pour les plaies des muqueuses ; la première est bonne pour les plaies des téguments, là où il n'y a pas des tissus fins et peu résistants. — La suture métallique est ce qu'il y a de meilleur pour les fistules et les opérations autoplastiques. Pour ces dernières, cependant, les fils de soie ont des avantages, pour les paupières en particulier. La suture enchevillée est la meilleure suture pour les réunions des parties profondément coupées. La suture en faux fil, où les fils passent sur la peau plus qu'ils ne passent dessous, la suture en faux fil, à points séparés et unis sur deux chevilles liées ensemble, la suture à l'aide d'épingles passées parallèlement de chaque côté de la plaie et qu'on réunit par-dessus la plaie avec un fil comme pour la suture entortillée, sont des complications et ont moins d'avantage que la suture entortillée ; placer deux plaques de liège de chaque côté de la plaie, traverser les plaques de liège et les lèvres de la plaie à la fois, réunir les fils comme pour la suture entortillée, constitue une suture qui serait assez bonne, en principe, si elle ne renversait pas les bords de la plaie ; elle ne vaut pas mieux à cet égard que la suture enchevillée.
Il ne faut pas passer les points de sutures et les épingles là où l'on sait qu'il y a une veine, un nerf ou une artère.
Avant de serrer la suture il faut toujours éviter qu'il ne reste des caillots entre les lèvres de la plaie.
Toutes les sutures exigent un pansement humide, les sutures des conduits muqueux peuvent être abandonnées à |
elles-mêmes parce que les conduits muqueux sont humectés par du mucus. — V. Plaies et fistules pour les autres préceptes généraux et indications de l'application des sutures.
Sutures métalliques. On a fait des sutures métalliques avec le fil de plomb des anciens (Dieffenbach), avec le fil d'or, 1841 (Gouet), avec les fils d'argent (École anglaise, Ollier), et avec les fils de fer. Les sutures métalliques sont des sutures à points séparés, dans lesquels les fils de lin ou de soie sont remplacés par im fil d'argent.
Pour faire une suture avec des fils métalliques, on se sert de fils d'argent que l'on passe de la façon suivante :
Ou bien avec une aiguille à suture simple, enfilée d'un fil de soie double terminé par une anse; on engage le fil d'argent dans cette anse, on le plie, et l'on passe le fil d'argent à la suite du fil de soie. Ce procédé est le plus simple.
Ou bien on traverse les tissus avec une aiguille à manche creux de Martin, puis l'aiguille étant placée on fait passer le fil dans le canal de l'aiguille et l'on retire l'aiguille en retenant le fil qui est de l'autre côté de la plaie.
On serre les fils, soit en les tordant avec une pince à disséquer, à mors recourbés à angle droit, soit en engageant leurs deux chefs dans un anneau de plomb de Galh que l'on serre, ou dans une virole de bois (V. Plaies), audessus de laquelle on tord le fil.
On a fait la suture enchevillée avec les fils métalliques.
Les fils métalliques d'argent peuvent rester plusieurs jours en place ; ils ne s'oxydent pas et ne coupent pas les tissus. — Les règles générales des sutures sont applicables aux sutures métalliques. V. Fistules, Bec- de- lièvre et Plaies.
Sutures des os (Baudens, Malgaigne, Blandin, Flaubert, Bérenger Féraud). V. Fracture delà rotule, Résection, Cal difforme, Fr.acture de la mâchoire inférieure.
SYCOMORE. V. Érable.
SYCOSÈ ou STCOSIS. Dartre pustuleuse développée dans la barbe et compliquée de la présence du tricophylon qui pénètre dans les follicules pileux. V. Mentagre et Teigne.
Des pustules éparses de la lèvre supérieure et du menton, placées à la base des poils, constituent la mentagre.
Il n'y a pas de mentagre sans chaleur, prurit et tension de la peau. Au bout de quelque temps les pustules de la mentagre se réunissent en groupe et produisent une infiammation du tissu cellulaire sous-cutané, produisant des tubercules cono'ides, rougeàtres, ulcérés, et des végétations couvertes de croûtes qui se détachent avec la plus grande facilité.
Le sycosis est engendré par le développement d'un parasite, le tricophyton, dans les follicules pileux et à la base des poils de la barbe.
Thérapeutique. — L'épilation avec une pince sur les parties malades et des lotions avec une solution de sublimé au centième, sont les meilleurs moyens de guérir la mentagre (Bazin). 'V. Mentagre et Teigne.
On peut aussi essayer de couper ras les poils de la barbe, de faire tomber les croûtes et de toucher tous les jours avec le perchlorurc de fer. (Landrin.)
Nitrate de potasse-et h; turbith nitreux. — M. Stewart a réussi à guérir tous les cas de mentagre soumis par lui à l'action pure et simple du nitrate de potasse. Il n'est pas