‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 545 sur 612 · SYMB · texte numérisé non relu

SYMB

de médication plus rapide ni plus sûre, dit-il. En peu de. jours, des cas sérieux, qui avaient résisté à d'autres traitements pendant des semaines, ont cédé à l'emploi de la solution saturée d'azotate de potasse avec laquelle on lotionnait largement les pustules trois ou quatre fois par jour. Lorsque cette solution causait une cuisson douloureuse, M. Stewart en faisait diminuer la concentration jusqu'à ce que le malade pût la tolérer.

M. Bessières (d'Egreville), qui sans doute ne connaissait pas cette médication expéditive, en a proposé une autre. Après avoir rappelé que le sycosis est dû, le plus souvent, à l'oubli des précautions hygiéniques, ce médecin formule ainsi le traitement qui lui semble réunir le plus de chances de succès :

1° Ne pas raser la moustache, mais couper les poils le plus près possible à l'aide de ciseaux ;

2° Chaque jour faire trois frictions énergiques, de deux ou trois minutes, à l'aide du doigt, avec la pommade suivante, après avoir fait tomber les croiites au moyen de cataplasmes :

Turliith nitreux soiis-prolonitrate de mer-

cure 2 grammes.

Laudanum de Rousseau 20 gouttes.

Beurre de cacao 12 grammes.

Onguent popnléum 12 id.

3° Toutes les nuits maintenir sur la lèvre supérieure des cataplasmes de fécule de pommes de terre, contenus dans une mousseline usée.

On obtient ainsi la guérison de la mentagre en trois ou quatre semaines, quand le mal n'a pas une origine trop ancienne.

Nous rappellerons, à ce propos, que parmi les substances parasiticides que M. Bazin prescrit contre le sycosis et la teigne, ce médecin fait souvent intervenir le lurbith minéral (sous-deulo-sulfate de mercure ou précipité jaune), dans la proportion de 1 gramme pour 50 grammes d'axonge. Il faut avoir soin, avant de s'en servir, de bien nettoyer les parties malades, de faire tomber les croûtes, puis d'épiler. Pour rendre cette épilation plus facile et moins douloureuse, M. Bazin fait enduire préalablement la peau d'une couche d'huile de cade. Quant au nombre d'onctions à faire avec la pommade, une seule chaque jour est suffisante. {Journ. de chimie méd.)

SYMDLÉPHAROX'. L'adhérence de la conjonctive oculaire avec la conjonctive palpébrale après une brûlure par la chaux ou un autre caustique, et après une conjonctivite, constitue le symblépharon.

Dans le symblépharon, un tissu cicatriciel, fongueux ou fibreux, compose une couche plus ou moins dure qui unit les deux parties bulbaires er palpôbrales de la muqueuse oculaire.

Le symblépharon complet est celui où il y a adhérence de toute la paupière au globe oculaire. Le symblépharon incomplet est celui où il y a une simple bride.

Thérapeutique. — Si l'œil est perdu et si l'on opère dans le but de placer un œil artificiel, tous les procédés sont bons excepté l'ablation de l'œil.

On pourra diviser les brides, puis traverser la paupière de dehors en dedans à l'aide d'un fil passant par le bord libre de la paupière, dont on aura coupé auparavant les cils, ensuite avec une aiguille enfilée de l'anse précédente on traverse la base de la paupière, et en tirant on fait renverser en dedans la paupière, de sorte que la conjonctive oculaire en contact avec la peau se cicatrise seule (Dieffenbach) ; on pourrait, au besoin, faire la sulure à points passés delà plaie de la conjonctive oculaire.

A. Dans les cas de symblépharon incomplet, si l'œil n'est pas perdu, la section simple de la bride suffit parfois. On favorisera la guérison en interposant entre la paupière et l'œil un mince œil de verre en anneau plat, pour qu'il ne porte pas sur la cornée. Dans le cas où l'adhé-

Fiii. 008. — Symblépharon de la paupière inférieure A, adhérence curucale. (Sœlherg Wells.)

rence est plus étendue, on opère en deux temps; on sectionne l'adhérence au niveau de l'œil. On fait une suture à points passés de la plaie de la conjonctive oculaire, et on enlève la partie saillante de la bri(Je .sur la conjonclive palpébrale, quand la plaie de la conjonctive oculaire est cicatrisée (Wecker).

Quand l'union de la paupière avec le globe de l'œil est près du bord libre de la paupière, on taille sur la paupière un lambeau enV, comprenant l'adhérence de la paupière. On fait la suture de la plaie de la paupière et l'on enlève ensuite le lambeau en coupant son attache sur le globe oculaire (Ammou).

On peut encore sectionner la bride cicatricielle à son attache sur l'œil; on passe un fil dans la bride, au niveau de la section, puis on fait passer le fil à travers la paupière, de sorte que la bride est renversée et que la face muqueuse de la bride est en contact avec la plaie de l'œil (Laugier). Ce procédé est une imitation du procédé de Dieffenbach.

B. Le symblépharon complet, c'est- à dire l'adhérence du pli conjonctival dans toute son étendue, doit être ramené

Fig. 069. — Symblépharon précédent : ï"' temps de Tupération ; D, paujiiere ilécollée ; BG, lambeaux de conjonctive destinés àétre interposés dans la plaie D, procédé de Teale. (Sœlberg Wells.)

à un symblépharon incomplet (Fabrice de Hilden, Arll, Himiy).

L'adhérence est traversée le plus près possible du fond du cul-de-sac conjonctival par un fil de plomb qui creuse un canal. Ce fil de plomb est laissé en place pendant longtemjis, et lorsque le canal est formé, c'est-à-dire cicatrisé, et quand l'adhérence a été transformée en une bride, on opère par le procédé d'Ammon.

En cas de récidive du symblépharon prévenez l'étendue des adhérences par l'interposition de minces lames d'ivoire, et n'opérez que quand vous êtes sûr que la cicatrice est entièrement formée.

L'ankyloblépharon combiné avec le symblépharon contre iadiipie une opération, à moins que les adhérences des

1310 SYMP

paupières au globe oculaire soient manifestement incomplètes, l'opération dans ce cas devra être faite en deux ou trois fois.

Fig. 670. — Syinblé[jliaron de ïealo résultat de l'opération : les plaies conjouetivales laissées à la place des lambeaux déplacés sont réunies par suture. (Sœlberg Wells.)

SlMPA-TlilE. La propriété qu'ont les différentes parties d'un être vivant de réagir les unes sur les autres par sensibilité et par Yimpressibilité ou sensibilité inconsciente (V. ces mots), constitue la sympathie. C'est le œnsensus qui relie les organes entre eux.

Le nerf grand sympathique, la moelle épinière et le cerveau senties instruments par lesquels s'exerce la sympathie.

Tout phénomène sympathique résulte d'un action réflexe dans laquelle l'impression morbide éprouvée par une partie réagit à distance sur les fonctions d'un organe éloigné.

11 y a des sympathies physiologiques indispensables à l'entretien de la vie, des sympathies morbifiques susceptibles de produire des maladies très -graves, et des sympathies thérapeutiques que l'on utilise dans un but curatif, lorsqu'on pratique la révulsion.

Il y a sympathie entre deux organes lorsque l'affection de l'un occasionne sensiblement et fréquemment une affection correspondante de l'autre, sans que cette succession puisse être rapportée au hasard, au mécanisme des organes, ni à leur concours d'action, dans une forme générique de fonction ou d'affection du corps vivant (Barthez).

Les sympathies morbifiques et thérapeutiques ne sont pas constantes, et il faut une modification toute particulière des tissus primitivement affectés pour favoriser leur développement.

Très-nombreux et très-vifs chez les enfants^ les phénomènes sympathiques sont moins fréquents chez l'adulte et encore plus rares dans la vieillesse.

Les sympathies sont en rapport avec le tempérament, le sexe, la constitution et l'idiosyncrasie des individus.

La plus fréquente et la plus utile des sympathies est la fièvre qui révèle kVhomr^ê l'état de souffrance de ses organes et, par sa disparition, qui indique le moment de leur guérison.

L'estomac perd le goût des aliments dans la fièvre, il rejette ce qui s'y trouve dans les maladies du cerveau, dans les maladies du rein, dans la grossesse ou dans les maladies de matrice, et ces maladies sont quelquefois l'origine de la folie. V. ce mot.

La toux et les spasmes respiratoires sont quelquefois l'effet sympathique de la chlorose, de l'hystérie et des affections vermineuses. V. Entozoaires, Lombrics, T.enia.

Entre la parotide et le testicule, l'utérus et la mamelle, la muqueuse uréthrale et les surfaces articulaires, les vésicules séminales et le cerveau, il y a des sympathies si intimes que l'affection d'un de ces organes entraîne souvent le trouble fonctionnel de l'autre.

SYMP

Thérapeutique. — Au point de vue thérapeutique les sympathies ont une très-grande importance, car si le consensus des organes entre eux fait que l'activité des uns agit sur l'activité des autres, il arrive quelquefois qu'en irritant très-fortement la peau ou la muqueuse intestinale, on débarrasse les organes malades avec lesquels il y a sympathie.

La révulsion (V. ce mot), en vertu de laquelle on produit sur un point du corps une forte irritation capable de détourner l'irritation plus faible fixée sur un autre organe, est une action sympathique.

L'influence de Vair des campagnes et de l'hydrothérapie, dont l'action stimulante sur les fonctions est si nécessaire à la guérison de quelques maladies chroniques, n'est pas autre chose qu'un effet réflexe entre des organes languissants tout à coup plus actifs et un organe depuis longtemps malade.

Dans certains cas, l'action sympathique nuisible d'une partie sur une autre est telle que, ne pouvant mieux faire, on a songé à détruire l'organe qui portait le trouble dans l'économie. Sur ce principe repose la destruction d'un œil malade qui, par sympatliie, est en train de perdre l'œil voisin resté normal, ou bien l'amputation du testicule, d'un doigt ou d'une partie affectée à" aura produisant l'épilepsie.

Guérir la constipation qui trouble les fonctions cérébrales; — l'engorgement et l'ulcération utérine qui causent des nausées, des vomissements, la toux nerveuse ou l'aphonie ; — administrer un vermifuge pour faire disparaître une chorée, une amaurose et une paralysie vermineusc ; — dissoudre les calculs du rein ou des voies biliaires qui engendrent la colique néphrétique ou biliaire, sont encore des médications sympathiques.

SïMPHïSE (Uelachement des). V. Grossesse (Accjdents ile la).

SYSlPiîVSiîOT®.^!^ (Sigaull, 1773). La symphyséotoniie est une opéi'alion qui a pour but d'agrandir le détroit supérieur du bassin en ouvrant la symphyse du pubis. C'est pour les cas de rétrécissement du bassin et pour les cas de tumeur de leur excavation qu'elle a été appliquée.

Pour faire la symphyséotomie, la femme est placée sur le bord du lit, les cuisses dans la flexion forcée sur le bassin et dans l'adduction.

On vide la vessie et on laisse la sonde dans l'urèthre ; l'opérateur presse sur la peau pour reconnaître la symphyse.

Une incision est pratiquée sur le pubis, partant un peu au-dessus du niveau du bord supérieur du pubis et descend jusque sur le clitoris. L'incision faite ainsi sur la ligne médiane met à découvert l'articulation ; on incise les ligaments couche par couche et lentement et l'écartement du pubis se produit.

On abandonne ensuite l'accouchement à la nature, à moins qu'il n'y ait des présentations vicieuses et des accidents qui nécessitent le forceps ou la version.

Lorsque l'accouchement et la délivrance sont terminés on lie les vaisseaux, on rapproche le pubis avec une ceinture, après avoir réuni la plaie avec des bandelettes de diachylon. V. GROSSESSE, Relâchement des symphyses.

On a proposé d'ouvrir l'arliculation sans inciser la peau (Imbert, de Lyon). On peut faire une petite incision au niveau du bord supérieur du pubis, puis on passe en rasant l'os une aiguille courbe que l'on fait ressortir au-dessus du clitoris, un fil passé dans l'aiguille courbe permet d'engager la scie à chaîne et de scier le pubis sur le côté de la sym-

SYNO

SYl^H

physe. On relire l'instrument et Ton panse avec des cataplasmes après que l'on a laissé l'accouchement se faire. On a proposé la pubiolomie. V. Résections partielles (Pitois, Galbiali, Stoltz).

La syniphyséotomit' expose aux accidents du relâchement des symphyses, il ne donne pas un grand écartement, mais il y a des cas de réussite (on n'a pas compté les cas de mort). Ce procédé peut donc être tenté, quoique à priori il soit mauvais; toutefois, iors(iue le rétrécissement du bassin est considérable, il est certainement inutile.

SYIKCIIOIVDROIUE^. Union des cartilages par soudure dans les ankyloses.

SYMCHÏSIS. Paillettes de cholestérine mobiles dans le COI ps vitré. V. Cokps vitré et Rétine [Maladies de lu).

Sl'MCOPAI.E (FiÈvnE). Forme de fièvre intermittente pernicieuse, caractérisée par une perte complète de connaissance régulièrement périodique, venant à, vingt-quatre ou quarante-huit heures de distance. C'est la Jiévrc ayiicu- [lali-, V. Fièvre intermittente.

STKCOPE. La syncope entraîne avec elle la perte complète ou incomplète delà connaissance, du sentiment et du mouvement.

La syncope complète est toujours accompagnée d'anestliésie.

La syncope dure de quelques minutes à quelques heures.

La syncope est si fréquente chez quelques personnes, qu'elle devient pour elle une sorte d'habitude morbide.

La syncope régulièrement intermittente à une courte période est ordinairement le signe d'une fièvre pernicieuse, dite syncopale.

La pâleur, la perte de connaissance, la cessation du pouls, la faiblesse et la rareté des bruits du cœur, sont les signes certains delà syncope. La syncope est celle névrose du cœur dans laquelle une diminution de force et de fréquence des battements du cœur produisent l'affaiblissement et la perte de connaissance.

C'est une erreur de dire que la syncope produit la suspension complète des mouvements du cœur, car cette suspension c'est la mort immédiate et irrévocable.

Les émotions morales, certaines odeurs, la perte rapide d'une certaine quantité de sang, l'appauvrissement de ce liquide, certains poisons animaux ou végétaux, produisent facilement la syncope.

Couchez horizontalement, la tête très-basse et portée en arriére dans un lieu frais et aéré, une personne en état de syncope et vous rappellerez les mouvements de la circulation des sens et de l'intelligence (Piorry).

SYIMËCIIIEIS. Les synéchies sont des adhérences de l'iris aux parties voisines, à la cornée ou à la capsule du cristallin. Lorsque l'iris adhère en avant, on dit qu'il y a synéchie antérieure ; lorsque l'iris adhère en arrière, on dit qu'il y a synéchie postérieure.

Les synéchies sont le résultat de hernies de l'iris ou d'inflammation de l'iris. V. Hernies de l'iris, Iritis.

Thérapeutique. — Le traitement des synéchies est constitué par l'usage des collyres mydriatiques, par le déplacement pupillaire, le décollement pupillaire et la pupille artificielle. V. Collyre et Iridectomie.

SYKOVITTE. Inflammation des synoviales. V. Artrhi-

RITES chroniques.

^YPlIlLlDEiS. Les accidents secondaires de la syphilis qui ont la peau pour siège sont des syphilides (.\libert). V. Syphilis.

Les syphilides ont des formes très-différentes représentant les espèces anatomiques connues des maladies de la peau {exanthèmes, vésicules, pustules, squames, bulles, tubercules, etc.). cl elles n'en diffèrent que par la nature virulente et par des nuances spéciales de la coloration.

Dans l'immense majorité des cas les premières syphilides sont superficielles [exanthèmes, papules ou squames), et ce n'est que plus tard qu'apparaissent les syphilides profondes , huileuses, pustuleuses, tuberculeuses, et ulcéreuses.

Les syphilides ne se montrent jamais avant le troisième mois du chancre infectant (Ricord), mais il arrive parfois qu'elles se manifestent beaucoup plus tard, à des époques qui varient entre dix et trente ans. — Il y a cependant des syphilides précoces qui peuvent apparaître au bout de six semaines (Dubuc).

Si dans quelques cas les syphilides ont une coloration dejambon fumé, un siège spécial au cuir chevelu et sur le front, si elles donnent à la peau du corps un aspect maladif el peuvent être reconnues d'emblée chez quelques malades, elles n'ont rien de pathognomonique et ne peuvent être reconnues que par l'étude attentive de la filiation des accidents (Ricord).

Les syphilides sont des maladies essentiellement chroniques, sans douleur, sans chaleur de la peau, sans tendance à la suppuration, el elles durent de quelques mois à plusieurs années.

Le traitement des accidents syphilitiques primitifs par le mercure favorise beaucoup l'apparition prématurée des accidents secondaires, d'où la nécessité de n'employer qu'un traitement émollienl et antiphlogistique contre les chancres infectants. (École du Midi.)

S^'|>Iiili(lc cxantliéinatîqiic. — 1° Roséole. — Un peu de malaise et de courbatures préalables, suivis d'une éruption à la base de la poitrine de taches rosées, brunâtres ou cuivrées, qui s'étendent sur l'abdomen, les cuisses et tout le corps, y compris le visage, caractérisent la roséole syphililique ; mais dans beaucoup de cas celte roséole peut se montrer sans aucun symptôme général.

La roséole syphilitique dure de trois à quatre septénaires et disparaît par résolution.

On ne confondra pas la roséole avec l'éruption due à l'élimination du copahu, parce que l'éruption copahique apparaît d'abord par de larges plaques au poignet' et aux malléoles. — L'urticaire démange el par cela même ne peut être confondu avec la roséole, — Les fièvres éruptives sont précédées de phénomènes prodromiques et accompagnées de fièvre ; il n'y aurail d'erreur possible à ce sujet que si les malades atteints de roséole avaient en même temps de l'embarras gastrique ; mais dans les cas où il y a d'ordinaire des accidents primitifs, chancres ou plaques muqueuses, et s'il y avait des maux de gorge, des croirtes dans les cheveux, tout indiquerait qu'il s'agit d'une roséole.

Certains individus atteints autrefois de chancres et guéris par le mercure peuvent encore être atteints de roséole.

2" Ênjthéme pupideux. — Sans aucun phénomène précurseur, l'érythème papuleux syphilitique se montre surtout sur les membres sous forme de plaques larges de 2 à 3 centimètres, d'un rose vif, devenant brunâtre et dis-

SYPH

SYPH

paraissant par résolution et desquamation légère au bout de quelques jours et parfois sans desquamation.

Syphilîde -véslculeiise. — 1" Eczéma syphilitique. — L'eczéma syphilitique est rare et se présente sous forme de petites vésicules isolées, ou rassemblées par groupes, et entourées d'un cercle rougeâtre cuivrique.

2° Herpès syphilitique. — L'herpès syphilitique a les apparences de l'herpès circiné s'inple, sauf la teinte brunâtre et grisâtre qui entoure chaque anneau de vésicules.

3° Varicelle syphilitique. — Quelques malaises précurseurs avec un peu d'angine, suivis d'une éruption de taches rougeâtres, au sommet desquelles il se forme lentement une vésicule transparente, entourée d'une zone brune et se desséchant avec la même lenteur, caractérisent la varicelle syphilitique.

Syphilide bullcuse. — 1° Pemphigus. — Chez les nouveau-nés atteints de syphilis héréditaire, et chez quelques malades atteints de syphilis constitutionnelle, il se fait souvent à la paume des mains, sur les pieds et à la surface du corps, une éruption de bulles transparentes, entourées d'une zone brunâtre, qui se dessèchent, laissent après elles une coloration brune de la peau. C'est le pemphigus. V. ce mot.

2° Rtipia syphilitique. — De larges bulles arrondies, remplies d'un liquide noirâtre, qui se dessèchent en formant une croûte brune, rugueuse, plus épaisses au centre qu'à la circonférence, entourées d'un cercle violacé et reposant sur un ulcère qui s'élargit en dépassant l'étendue delà bulle primitive, caractérisent le rupia.

Le ruipadui-e très-longtemps, mais quand il doit guérir, les croûtes se sèchent, l'auréole pâlit et une exfoliation lamelleuse termine le mal.

On distingue le rupia syphilitique durupia simple à l'auréole cuivrée qui entoure les croûtes et l'ulcère, et surtout à ce que le malade présente d'autres lésions syphihtiques, car le rupia syphilitique est un accident tardif de la syphilis.

Le rupia existe sur les muqueuses et dans la gorge seulement, il s'y montre sous la forme d'ulcères à bords durs. V. Langue, Tumeurs syphilitiques.

Syphilide pustuleuse. La syphilide pustuleuse est polymorphe. Il y a une syphilide pustuleuse acnéiforme (V. Acné syphilitique), et une syphilide pustuleuse miliaire (Bazin) qui est de l'impétigo. V. ce mot.

1" Acné. — Des pustules petites, saillantes, d'un rouge jambon fumé, à base dure, purulentes au sommet, se desséchant assez rapidement, et laissant après elles un petit grain d'induration caractérisent l'acné syphilitique.

L'acné syphilitique occupe tout le corps, mais de préférence le cuir chevelu, le visage et les membres inférieurs.

L'iritis existe souvent en même temps que l'acné syphilitique (Legendre).

2" Impétigo syphilitique. — Des pustules assez volumineuses, discrètes, isolées, sans induration à la base, donnant lieu à une croûte brunâtre, molle, sur une ulcération superficielle, constituent l'impétigo syphilique isolé. Quand les pustules se rassemblent et se réunissent en croûtes larges, molles, brunâtres, sous lesquelles se fait un suintement plus ou moins considérable, il en résulte de Yimpétigo confluent appelé quelquefois syphilide pustulo-crustacée.

'6" Ecthyma syphilitique. — Des pustules isolées ou réunies, plus larges que celles de l'impétigo, atteignant un centimètre et demi de diamètre, renfermant un liquide louche, et donnant lieu aune croûte molle brunâtre, inégale, recouvrant une ulcération superficielle, constituent l 'ecthyma syphilitique.

Il est des sujets chez qui l'ecthyma prend le caractère d'un chancre mou.

V ecthyma superficiel constitué par des taches d'un rouge sombre, sur lesquelles se développent des pustules enflammées, quelquefois ombiliquées au sommet et auxquelles succèdent des croûtes et une cicatrice violacée, longue à disparaître, forme la syphilide pustuleuse phlyzaciée (Bazin).

Vecthyma profond, ou syphilide pustule-crustacée, constitue la syphilide pustuleuse tardive; des vésicules isolées ou une grosse vésicule se foi'ment, se crèvent et fournissent une sérosité qui forme des croûtes imbriquées ou granuleuses, puis un ulcère existe au-dessous de la croûte formée. Beaucoup d'ulcères des jambes naissent de cet ecthyma.

On se rappellera- que la syphilide pustuleuse ne cause point d'inflammation locale et que les cuissons et démangeaisons manquent. Voyez, pour le diagnostic des maladies qu'on peut confondre avec la syphilis pustuleuse. Acné, Impétigo, Ecthyma, Gale, Mentagre.

L'ecthyma syphilitique est long à guérir et il donne quelquefois lieu à une ulcération qui ne guérit qu'en laissant une tache cuivrée indélébile et caractéristique sur la peau.

C'est sur les membres et de préférence sur les jambes que s'observe l'ecthyma syphilitique.

Syphilide tuberculeuse. — 1° Syphilides tuberculeuses en groupe. — Des tubercules aplatis de la peau, larges comme un pois, recouverts d'une squame sèche et grisâtre, disposés en cercles les mis à côté des autres, offrant une teinte violacée, brunâtre et ne suintant pas, caractérisent les syphilides tuberculeuses.

Les syphilides tuberculeuses en groupe disparaissent par résolution lente ou après être restées longtemps stalionnaires, il arrive quelquefois qu'elles s'enflamment et deviennent graduellement le siège d'une ulcération profonde.

2° Syphilides tuberculeuses disséminées. — Des tubercules plus ou moins saillants de la peau, à base large et dure, offrant une couleur cuivrique, non recouverts de squames et disséminés sur les membres ou sur le visage, constituent les syphilides tuberculeuses disséminées.

3° Syphilides tuberculeuses perforantes. — Des tubercules arrondis de la peau, peu nombreux, pénétrant profondément dans le derme, oflVant une couleur jaunâtre, suivis d'une ulcération qui détruit profondément les tissus, constituent les syphilides tuberculeuses perforantes.

Ces syphilides se montrent sur toutes les parties du corps, mais de préférence sur le visage, sur le nez, sur les lèvres et sur le pavillon de l'oreille qu'elles détruisent en partie ou en totalité. V. Lupus.

k° Syphilide tuberculeuse serpigineuse. — Des tubercules rouges, durs, arrondis, indolents, du volume d'un pois ou d'une noisette, sans squames, et devenant au bout de quelque temps le siège d'une ulcération, recouverte d'une épaisse couche noire, et qui s'étend surtout en largeur, caractérisent la syphilide serpigineuse.

Autour de l'ulcération de la syphilide serpigineuse se

SYPH

sypH

forment de nouveaux tubercules qui suivent la même marche que les premiers, de sorte que Tulcéralion se guérissant d'un côté s'étend plus ou moins de l'autre.

La syphilide serpigineuse peut occuper successivement tous les points de la peau, à l'exception de la paume des mains, et recouvrir ainsi une surface considérable.

Quand la syphilide serpigineuse occupe le visage, elle le détruit en totalité, et on la désigne sous les noms de hqms syphilitique, de dartre rongeante syphilitique de la face, à' esthioméne syphilitique, etc.

La syphilide serpigineuse est la plus grave des syphilides par sa ténacité, par les ravages qu'elle fait à la peau et par les cicatrices ou les difformités qu'elle entraîne.

La syphilide rongeante affecte la marche des cancroïdes; elle récidive sur place, elle constitue un accident tardif de la vérole et est un accident de transition entre les accidents secondaires et les accidents tertiaires. (Ricord.)

On ne confondra pas les syphilides tuberculeuses avec les scrofulides de la peau. Le lupus est une maladie de l'enfance et de la jeunesse, tandis que les syphilides supposent déjà l'adolescence passée. Lorsqu'une scrofulide existe chez un adulte, on retrouve presque toujours dans ses antécédents des accidents scrofuleux, tels que des maux d'yeux, des gourmes ou de l'impétigo.

La lèpre exotique est presque toujours caractérisée par une extension assez rapide, des ulcérations, des tubercules et des vésicules. Les syphilides tuberculeuses sont plus généralement limitées. V. Lèpre.

Les- cancers ne seront pas confondus avec les tubercules syphilitiques ulcérés, car ils s'accompagnent d'engorgements ganglionnaires ; les liquides qu'ils versent ont une odeur fétide, puis à mesure que les cancers se développent les croûtes disparaissent et la cachexie cancéreuse se montre.

Les tubercules et les ulcères du farcin chronique seront reconnus en ayant égard aux habitudes des malades, à leurs rapports avec les chevaux, puis à l'insuffisance du traitement anlisyphilitique. V. Farcin.

Le chancre phagédénique n'ayant été précédé d'aucune manifestation syphilitique ne peut être pris pour une syphilide tuberculeuse ulcérée, car il ne se recouvre pas de croûte. Voyez encore pour le diagnostic Esthioméne, Lupus, Cancroïde, Chancre.

Les syphilides rongeantes et les syphilides tuberculeuses laissent après elles des cicatrices indélébiles, qui ont un caractère spécial d'être adhérentes aux parties sous-jacentes. Les cicatrices des syphilides tuberculeuses rongeantes en particulier sont dans ce cas.

I<!>ypbilidç tuberculeuse plate, OU Plaques muqueuses, ou Pustules plates, ou Syphilide papuleuse. — Des élevures du derme, arrondies, plus ou moins saillantes, l'ecouvertes d'une pellicule d'apparence muqueuse, quelquefois ulcérées, se développant surtout au niveau des ouvertures naturelles, constituent les syphilides tuberculeuses plates ou syphilides muqueuses. V. Plaques

Page 1