‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 547 sur 612 · II. — 8P · texte numérisé non relu

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Syphilide maculée. — Taches syphilitiques. — Des taches brunes pigtnentaires de la peau, larges de 3 à^i centimètres, situées sur le sternum, à la partie antérieure du cou et sur les membres inférieurs, caractérisent les macuZes syphilitiques et existent d'habitude avec d'autres syphilides. C'est la syphilide pigmentaire de Hardy.

Il n'y a là qu'un moyen de reconnaître la syphilide maculeuse du pityriasis versicolor : par l'examen microscopique des écailles épidermiques enlevées sur la tache, si celles-ci contiennent le champignon Epidermophyton ou Mici'ospomi furfur, i\ s'agit de pityriasis. V. Vitiligo, Pityriasis.

Syphilide ulcéreuse. V. OnYXIS, UlCÈRES, SyphI- LIDES TUBERCULEUSES et BULLEUSES.

Thérapeutique. — Les syphilides n'étant que les manifestations cutanées secondaires de la syphilis, n'exigent pas d'autre traitement que celui des accidents secondaires de cette diathèse. V. Syphilis.

Cependant la forme anatomique des syphilides oblige à recourir selon les cas à une médication spéciale.

Dans les macules syphilitiques et dans les syphilides eczémateuses, pemphiyoidcs, impétigineuses , lichénoides et squameuses, il n'y a pas autre chose à faire que des bains gélatineux ou amylacés, des fumigations de cinnabre et des bains de sublimé réunis au traitement général du mercure ou de l'iodure de mercure. V. Syphilis.

Dans les syphilides tuberculeuses ulcérantes ou serpigineuses, il faut prescrire la tisane de quassia, de gentiane, de gaïac, de salsepareille, etc.

Des pilules de proto-iodure de mercure, deux à quatre par jour et des pilules d'iodure de fer comme adjuvant.

Si les accidents secondaires sont tardifs, on donnera le sirop suivant :

sirop de salsepareille 500 grammes.

Biiodure de mercure 1 .■

J aa Ib eentifframmes.

lodure de potassium f "

De une à trois cuillerées par jour dans une tasse de tisane. (Hôp. Saint-Louis.)

Lorsque les syphilides ont duré un certain temps, et que l'on n'obtient plus rien du traitement général, c'est souvent par une médication topique que l'on parvient à guérir la maladie de la peau.

Dans les syphilides tuberculeuses, les injections hypodermiques de sublimé (V. Syphilis) ont été employées avec avantage par Liégeois.

Comme moyens locaux on prescrira tous les jours des bains de subhmé à 10 grammes, ou des fumigations de cinnabre, et lorsqu'il y a ulcération, un pansement avec des bandelettes de sparadrap, d'emplâtre de Vigo cum mercurio (Ricord), ou avec de la charpie imbibée de la solution suivante :

Eau distillée 200 grammes.

Teinture d'iode 4 id.

lodure de potassium 1 id.

La dose de teinture d'iode doit être augmentée au bout de quelques jours, de façon que le malade subisse sous l'influence de la médication un sentiment de chaleur prononcé (Ricord, Calvo).

Quand les ulcérations ont poursiége le fond de la gorge, il faut prescrire des gargarismes émoUients ou opiacés, des cautérisations avec la teinture d'iode pure ou avec l'acide chlorhydrique . Dans ces cas on peut encore recourir au gargarisme suivant:

Eau distillée 200 grammes.

Teinture d'iode 6 id.

lodure de potassium 1 id.

Augmenter la dose de teinture d'iode selon l'effet produit (Ricord, Calvo). V. le Formulaire des dartres.

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SYPHILIS. Maladie contagieuse, virulente, diathésique, inoculable, se manifestant par des lésions primitives, secondaires et tertiaires (Ph. Ricord).

Importée, dit-on, d'Amérique en Europe au xv" siècle, la syphilis s'est rapidement étendue chez tous les peuples, mais par suite de ses transmissions successives son virus paraît avoir beaucoup perdu de son intensité.

Il y a une syphilis primitive acquise, virulente, inoculable, et une syphilis constitutionnelle, diathésique, héréditaire, rarement inoculable, dont les conditions de transmission ne sont pas encore bien déterminées. Mais, à côté de ces deux formes principales, il y a comme variétés indispensables à connaître, — une syphilis viscérale, une syphilis des femmes grosses, — une syphilis congénitale ou héréditaire, — une syphilis des nourrices transynise par le nouveau-né, — et une syphilis infantile.

La syphilis se propage surtout par le coït impur, mais elle se transmet souvent par d'autres voies que les organes sexuels, dans les pratiques secrètes de la débauche et parle contact accidentel de certaines parties du corps chez un sujet sain avec un objet, quel qu'il soit, sur lequel se trouve par hasard du pus syphilitique.

L'homme et la femme adultes sont les personnes le plus ordinairement atteintes de syphilis, mais cette maladie s'observe souvent chez le nouveau-né et chez les enfants à la mamelle, soit que la maladie ait été inoculée avec la vaccine (Procès de Hubner- Viennois, Académie de médecine), ce qui est rare (Rascoli, Ricord, etc.), soit qu'elle résulte du contact de personnes atteintes de syphilis, soit enfin qu'elle ait été transmise par hérédité.

La syphilis ne prend pas sur tous les individus exposés h des contacts virulents.

11 y a des syphilis fortes et des syphilis faibles (Diday).

Il y a des syphilis qui débutent par inoculation d'une écorchure avec ou sans inflammation locale ; chez les femmes, la syphilis débute parfois par une lymphangite volvaire autour d'une écorchure inoculée (A. Després).

La syphilis est une infection du sang, un empoisonnement. De même qu'il ne faut pas une dose égale de poison pour tuer tous les individus, de même une même quantité de virus syphilitique ne cause pas avec la même intensité tous les accidents syphilitiques (A. Després), la syphilis agit avec plus ou moins de force, mais elle est d'autant plus grave qu'elle atteint un sujet déjà diathésique, un scrofuleux, un phthisique ou un rhumatisant, et alors, outre les manifestations propres à la syphilis, celle-ci réveille chez eux les accidents de leur diathèse (Razin, A. Després).

Le chancre (V. ce mot) est généralement le point de départ de la syphilis acquise et accidentelle ; sauf les cas de syphilis héréditaire, c'est par lui que débute cette maladie diathésique.

Il ne faut pas confondre \e chancre mou (Rassereau, Ricord) ou chancrelle (Diday), ou chancroîde (Clerc), avec le véritable chancre ou chancre infectant, car le premier est une ulcération inflammatoire, ne produisant pas la syphilis, tandis que c'est le second qui introduit dans le sang le principe virulent syphilitique. V. Chancre mou.

Chancre mou non syphilitique ou chancrelle. — Le chancre simple, mou, non infectant, est une petite ulcération peu étendue des parties génitales qui a un aspect irrégulier vermoulu, un fond grisâtre mou, des bords rouges taillés à pic, qui s'accompagnent fréquemment d'une adénite monoganglionnaire aboutissant à une suppuration

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virulente et inoculable, tout en restant lui-même une alTection locale, enfiu ne donnant lieu à aucune lésion secondaire de syphilis. V. Bur.ON.

Le chancre simple mou, non infectant, est quelquefois suivi d'ulcération rongeante qui étend beaucoup Fulcéralion, lui donne un aspect grisâtre, diphlhéritique, ce qui constitue le pJiagédénisme. V. ce mol.

Le chancre mou infectant produit Vadénite mono-ynnilHonnaire sous forme de bubon virulent qui arrive trèsvite à suppuration; mais c'est surtout quand les malades ne soignent pas ou irritent leur chancre (A. Després). V. Bubon.

Thérapeutique, — Pour le traitement du chancre mou ou chancroïdo ou chancrelle et pour le phagédénisme. V. Chancre.

Chancre syphilitique. — Le chancre dur ou chancre induré, ou chancre infectant, annonce presque toujours l'existence d'une syphilis constitutionnelle, c'est-à-dire 4'une infection syphilitique. On l'observe sur la peau et sur les muqueuses. Au début, la surface de l'ulcération est plus lisse, moins vermoulue, moins déchiquetée que celle du chancre mou, et à la période de progrès elle est grise, lardacée, unie, brillante et irisée. Elle est cupuliforme et taillée à Vévidoire, tandis que dans le chancre mou elle est creusée à V emporte-pièce et a ses bords coupés à pic. Enfin à sa base existe une induration élastique spéciale.

Le chancre induré est peu enflammé, peu douloureux, suppure à peine et s'accompagne toujours d'un engonjement indolent le plus souvent multiple des ganglions voisins. C'est le bubon indolent ou l'adénite symptomatique du chancre infectant. V. Bubon.

Le pus du chancre infectant perd rapidement ses propriétés inoculables, au moins chez le sujet affecté qui devient promptement réfractaire h son propre virus (Ph. Bicord, Calvo).

Le chancre mixte (Bollet, Laroyenne) peut être le point de départ de la syphilis.

Thérapeutique. — Dans le chancre induré il faut prescrire des pansements trois fois par jour avec la pommade au précipité blanc, faire des lotions avec le vin aromatique ou des pansements opiacés s'il y a de la douleur (Bicord).

A l'intérieur on donnera la tisane de saponaire avec le sirop de salsepareille, — le mercure s'il est supporté (V. le Formulaire), et dans le cas contraire on l'introduira par la peau en frictions mercurielîes (Ricord).

11 est bon d'attendre, pour donner le mercure, que la roséole ait paru (Diday).

S'il survenait de la salivation mercurielle, on ferait prendre 5 à 6 grammes de chlorate dans une potion gomm.euse. V. Stomatite mercufuelle. Bubon et Chancre.

Syphilis coiistl«n<ïoiiiitcIle. La syphilis constitutionnelle succède toujours au chancre induré, à moins qu'elle ne soit héréditaire, et elle se révèle : 1" par des accidents secondaires de chlorose, d'alopécie, d'engorgement des ganglions cervicaux postérieurs, de sternalgie vague, d'arthralgie erratique, du rhumatisme articulaire même, chez les individus rhumatisants, principalement de céphalée, de névralgies intermittentes, des éruptions de la peau et des muqueuses connues sous le nom de syphilides (V. ce mot), et par des accidents tertiaires occupant les tissus cellulaire, glanduleux, fibreux, osseux et les organes intérieurs.

Accidents secondaires de la syphilis. — C'est au bout

de quatre à six mois que paraissent les accidents syphilitiques secondaires de roséole, d'éi^thème, de lichen, de psoriasis, de syphilide cornée, d'onyxis, d'iritis, d'eczéma, de pemphigus, d'acné, d'impétigo, d'ecthyma, de tubercules cutanés et d'ulcération de la peau ou de la gorge, observés chez les malades.

Accidents tertiaires de la syphilis. — Ici les lésions ne se montrent qu'à des époques indéterminées, et elles peuvent ne pas apparaître ou venir un an, deux ans, cinq ans ou vingt ans après le chancre induré (Ricord), soit qu'il y ait eu, soit qu'il n'y ait pas eu d'accidents secondaires. Ce sont les gommes sous-cutanées, certains abcès froids, les engorgements glandulaires ou viscéraux, les périostoses, les ostéites, les caries osseuses ou arthrites (Richet), et les exostoses constatées chez les malades.

La syphilis constitutionnelle, à la fin de la période secondaire et dans la période tertiaire, est accompagnée de douleurs nocturnes exagérées par la chaleur du lit et qui siègent dans les os superficiels, les tibias et l'os frontal. Ces douleurs, dites ostéocopes, existent dans toutes les affections des os, mais à un moins haut degré. 11 est probable que de telles douleurs sont en relation avec des périostites ou ostéites syphilitiques au début.

A la fin de la période secondaire et pendant la période des accidents tertiaires, les syphilitiques ont quelquefois des paralysies sensoriales ou motrices.

Les paralysies syphilitiques sont des paralysies musculaires et des paralysies nerveuses. Les premières sont liées aune altération du muscle, les secondes sont dues à des névrites, à des lésions de l'encéphale et de la moelle ; elles sont quelquefois le résultat de la compression d'un nerf par un exsudât syphilitique. V. Paralysie générale, Myosite, Paralysies diverses, Muscles {Maladies des).

La thérapeutique des paralysies syphilitiques est celle des pai'alysies musculaires et nerveuses. L'iodure de potassium à la dose de 1 à Zi grammes et les eaux minérales antisyphilitiques doivent être employés chez un individu syphilitique atteint de paralysie.

Thérapeutique. — Dans la syphilis secondaire, c'est-àdire dans les syphilides de la peau et des muqueuses, le traitement hygiénique et fortifiant, associé de préférence à la médication mercurielle, est ce qu'il y a de mieux à prescrire.

Le proto-iodure hydrargyrique à 5 ou 10 centigrammes par jour, le sublimé sous forme de liqueur van Swieten, ou des pilules de Dupuytren, ou des pilules de Sédillot, peuvent alors être employées.

Quelques personnes pensent que pour ne pas fatiguer l'estomac on ferait bien de recourir aux injections hypodermiques des sels de mercwre(Scarenzio).Les«6/mé 0^%2() dans eau distillée, 30 grammes, pour une injection de 75 centigrammes contenant alors 0°'',05 de sublimé.

(G. Lewin.)

Ces injections se font sur le côté de la poitrine, dans le dos ou à la partie postérieure du bras, et il en faut une par jour. — Elles donnent quelquefois lieu à des abcès, 3 pour 100, à de la stomatite, 35 pour 100. Elles guérissent bien et n'ont produit que 23 récidives sur 100.

Ces injections, employées par Ambrosoli, Barclay Hill, Ricordi, Boese, Klemn, Merscheim, Grûnfeld, Liégeois, etc. , sont vantées comme étant très-utiles, mais le docteur Storh qui les a employées sur 90 malades, déclare cette médication « la plus surfaite et la moins praticable n . C'est donc à revoir.

/Vu contraire, dans la syphilis tertiaire, c'est à Yiodure

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de potassium surtout qu'il faut avoir recours, ot on remploie à la dose de 3 à 6 et 10 grammes par jour.

Syphilis viscérale. La syphilis viscérale s'observe surtout dans le thymus, le foie et les poumons, comme manifestation de la syphilis héréditaire et congénitale, mais elle se montre quelquefois chez l'adulte sous'forme d'entérite, d'engorgement chronique du foie, de pneumonie chronique et de phthisie, d'encéphalite chronique et d'engorgements glandulaires, et de perturbation des organes des sens (P. Dubois, Gubler, Virchow, Lancereaux).

La syphilis viscérale est un accident ordinairement tardif de la syphihs.

Le diagnostic de la syphilis viscérale est toujours environné des plus grandes difficultés, et c'est par une étude approfondie de la fdiation des phénomènes morbides antérieurs autant que par les symptômes du moment que l'on peut arriver à déterminer la nature du mal.

Thérapeutique. — Dans les cas de syphilis viscérale il faut essayer le traitement intérieur par Viodnre de potassium, 2 à 8 grammes par jour, en ayant soin de placer les malades dans des conditions d'atmosphère et d'alimentation favorables à la récorporation de l'individu.

Syphilis des femmes grosses. La syphilis antérieure a la grossesse, sous forme de maladie constitutionnelle, produit quelquefois l'avortement à partir du troisième mois' ou bien l'accouchement avant terme d'un enfant mort-né' qui est ou qui n'est pas atteint de lésions secondaires et tertiaires de syphilis.

Les femmes enceintes peuvent contracter la syphilis : soit au moment de la fécondation, soit dans le cours de la grossesse, mais la syphilis qui commence avec l'imprégnation a beaucoup de chances d'infecter l'enfant, tandis que celle qui apparaît au septième ou au huitième mois n'a en général aucun eifet fâcheux pour le fœtus.

Thérapeutique. — Si la syphilis est encore à la période primitive du chancre mou ou à celle du chancre induré, il faut traiter la malade comme si elle n'était pas enceinte. Quant aux accidents secondaires et tertiaires, ils doivent être combattus par les mêmes moyens qu'on emploie hors l'état de gestation.

La syphilis gagnée au moment de la conception est presque toujours cause d'avortement entre cinq et sept mois.

La syphilis gagnée pendant la grossesse à partir du cinquième mois ne cause pas l'avortement.

Syphilis des nourrices transmise par les nouveau-nés. Qu'un enfant ait reçu la syphilis de ses parents, ou que par vaccination, ce qui est rare, et par toute autre voie, il ait été infecté, lorsqu'il est malade il peut transmettre son mal à la nourrice par la succion de la mamelle.

La syphilis constitutionnelle des nouveau-nés engendre, dit-on, sur le sein des nourrices, une syphihs primitive (chancre) qui donne rapidement lieu à une syphilis constitutionnelle.

En tetant leur nourrice, les enfants atteints de syphilis constitutionnelle irritent le mamelon, y font venir des plaques muqueuses, que quelques personnes considèrent comme des chancres transformés, puis de là le mal passe dans les ganglions de l'aisselle, se manifeste dans la gorge par des syphilides tuberculeuses, k la peau par des éruptions diverses, et enfin envahit toute l'économie comme la syphilis acquise par un chancre infectant.

Les nourrices qui ont reçu la syphilis de leur nourrisson la transmettent à leur propr e enfant, s'il lette encore

et quelquefois à leur mari, de sorte que toute la maison est infectée.

Thérapeutique. — Le traitement de la syphilis chez les nourrices est le même que celui de la syphilis en général.

Syphilis infantile. L'âge modifie d'une façon notable les formes de la syphilis, et, chez les enfants, cette maladie se présente avec des caractères différents, selon qu'elle a été contractée d'une façon accidentelle par l'enfant lui-même, ou selon qu'elle lui a été transmise par ses parents comme diathèse héréditaire.

1° Syphilis infantile acquise. — La syphilis acquise accidentellement par les enfants leur est communiquée par le contact des doigts ou des lèvres de personnes syphilitiques, par des verres ou des cuillers imprégnés de virus, enfin par la vaccination d'un virus-vaccin recueilli chez un enfant syphilitique, et alors la maladie suit la marche habituelle d'un chancre primitif suivi d'induration et d'accidents secondaires ou tertiaires.

On a dit que l'inoculation du vaccin recueilli chez un enfant syphilitique ne pouvait pas transmettre la syphilis, et que cet accident n'avait lieu que si l'on avait inoculé du sang, de sorte que ce serait l'inoculation du sang plutôt que d'un vaccin syphilitique qui serait la cause de l'infection, ce qui est à démontrer.

Thérapeutique. — La syphilis accidentellement acquise par les enfants doit être traitée de la môme façon que la j syphilis de l'adulte, et surtout par les bains de sublimé, comme il est dit plus loin dans le traitement de la syphilis héréditaire.

2° Syphilis infantile héréditaire. — La syphilis infan- ' tile héréditaire peut être congénitale ou ne se montrer que longtemps après la naissance et elle apparaît toujours sous \ forme d'accidents secondaires. !i

Les parents atteints de syphilis constitutionnelle, qu'ils j aientou qu'ils n'aient pas de lésions apparentes au moment J du coït fécondant, peuvent communiquer la syphilis à leur enfant, qui peut mourir à quelques mois dans le sein de la mère, qui peut naître prématurément, et enfin qui peut ■ apporter avec lui des lésions syphilitiques secondaires et à tertiaires. i

La syphilis héréditaire provient du père ou de la mère, et dans quelques circonstances des deux à la fois.

Si dans quelques circonstances les enfants atteints de syphilis héréditaire naissent avec des lésions syphilitiques de la peau, des os, du poumon, du foie et du thymus, ordinairement la maladie ne se déclare qu'au tout d'un temps qui varie de un à vingt mois, et qui, exceptionnelle- j ment peut aller jusqu'à la quatorzième année (Ricord).

Lorsque les parents sont atteints de syphilis constitutionnelle, même à l'état latent, il arrive souvent que l'enfant de leurs œuvres ne peut arriver à terme et meurt, dans le sein de la mère, en donnant lieu à un avortemcnt.

Les accidents syphilitiques nés d'un père ou d'une | mère en puissance de syphilis existent au moment de la naissance ou n'apparaissent qu'au bout d'un mois ou de six semaines après la naissance, et rarement au delà d'une ; ou de plusieurs années.

Lorsque la syphilis héréditaire existe au moment de la naissance, elle se révèle par des accidents secondaires et tertiaires variables. Ici des plaques muqueuses à l'anus, aux parties génitales et dans la gorge ; ailleurs du pemphigus ; chez d'autres de la roséole cuivrée, de l'eczéma,

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des lissui'es et des excoriations autour de la bouche ; du coryza obstruant les narines ; de l'iritis; des abcès du lliymus ; des infiltrations iibro-plastiques du poumon et du foie; des périostites, des onyxis,etc.

La syphilis héréditaire est caractérisée vers la peau par de l'eczéma, du lichen, du pemphigus et des plaques muqueuses, du coryza, par l'anémie autour des parties génitales ou de l'anus, sur les lèvres ou dans le gosier, et à l'intérieur par des noyaux purulents ou fibro-plastiques du thymus, des poumons et du foie. (Dubois, Gubler.)

La mort est toujours la conséquence de la syphilis héréditaire viscérale, mais lorsqu'il n'y a que de l'anémie, du coryza, de l'angine et des syphihdes cutanées, on peut guérir les malades.

La syphilis héréditaire congénitale, bien qu'elle n'existe que sous forme d'accidents secondaires, se transmet souvent des nouveau-nés à des nourrices saines, d'abord sur le mamelon sous forme de plaques muqueuses, d'ulcération indurée et d'adénites axillaires, puis au bout de quelques mois sur la peau, à l'état de roséole, dans la gorge sous forme de plaques muqueuses, et enfin, par tout le corps avec les caractères ordinaires de la syphilis.

Chez les enfants atteints de syphilis héréditaire congénitale, les accidents secondaires sont doués de propriétés inoculables et sont transmissibles aux nourrices de façon à reproduire tous les accidents de la diathèsc syphilitique.

La syphilis viscérale héréditaire des nouveau-nés est toujours mortelle.

La plus grave des formes de la syphilis congénitale est le coryza qui, par son intensité, empêche l'allaitement et peut occasionner la mort.

Quand la syphilis héréditaire des enfants ne se manifeste que par des syphilides cutanées, il est facile de la guérir par des moyens appropriés.

Thérapeutique. — Contre la syphilis héréditaire du nouveau-né, qu'elle soit congénitale ou développée peu après la naissance, il faut donner aux enfants du proto-iodure de mercure, 1 centigramme par jour, du sublimé corrosif à l'intérieur et des bains de sublimé.

Potion avec la liqueur de van Siuieten.

Potion gomuieuse. . . .

Liqueur de van Swietcii.

20 id.

A prendre tous les jours, pendant un mois, par cuillerée à café dans les vingt-quatre heures m.

Sublimé.

Alcool. .

Bains de sublimé.

2 grammes.

30 iil.

Mêlez. Pour l'eau du bainl

|. Un bain tous les jours.

On peut aussi donner aux enfants la liqueur de van Sioieten, une demi-cuillerée à café deux fois par jour.

Si la mère nourrit son enfant elle devra prendre des inhiles de SédiUot, une par jour, sans aller jamais jusqu'à salivation. Si l'enfant n'est pas allaité par sa mère il faut l'élever au biberon ou au petit pot, à lacampagne, avecdu bon lait de vache, mais il ne faut pas le confier à une nourrice mercenaire sans lui dire qu'en prenant le nourrisson elle peut contracter la syphilis.

Dans les cas de syphilis héréditaire congénitale avec accidents tertiaires, il faut donner l'iodure de potassium.

Potion iodurée.

Julep gommeiix. . .

lodure de potassium.

20 a 50 centigr.

Quand c'est la mère qui nourrit son enfant atteint de syphilis congénitale, il faut traiter la mère et lui donner du proto-iodure de mercure et du sirop de salsepareille dans une infusion de fumeterre.

Protoiodure de mercure.

Poudre de réglisse. . .

Sirop de gomme

Par cuillerées à café dans les vingt-quatre heures [+}.

Pour trente pilules, à prendre deux ou trois par jour.

Doit-on confier un enfant syphilitique à une nourrice mercenaire? Une faut jamais donner d'enfant syphilitique à une nourrice mercenaire dans la crainte de lui transmettre la syphilis ; mais si l'enfant, d'abord confié en bonne santé, tombe malade au bout de six semaines, il faut le retirer et le nourrir au petit pot sans prétendre traiter la nourrice pour guérir l'enfant.

Si l'on devait confier un enfant syphilitique à une nourrice mercenaire, ilfaudraitl'avertir de la santé de l'enfant, du danger qu'il y a de le nourrir au sein, et s'entendre avec elle pour qu'çlle consente à prendre les remèdes destinés à rendre son lait médicamenteux.

Dans les cas où un enfant syphilitique ne serait pas nourri par sa mère et ne pourrait être donné à une nourrice mercenaire, on a pensé à lui faire prendre du lait médicamenteux obtenu en nourrissant des vaches ou des ànesses avec des sels de mercure ou de l'iodure de potassium (Labourdette, Bounyer) ; mais il est préférable de donner directement les remèdes à l'enfant, parce qu'on sait exactement la dose de médicament que l'on fait prendre.

Traitement physiologique de la syphilis par les tonit|ues et les moyens locaux. (A. Després.)

La syphilis est d'après Armand Després une infection purulente chronique, spéciale, qui peut guérir sans le secours d'aucun spécifique, comme les infections morveuse et varioleuse, seulement par l'élimination du poison introduit dans l'économie et des parties de l'économie contaminées par le poison. Chaque accident de la syphilis étant une poussée éUminatrice superficielle ou profonde, il n'y a qu'à en surveiller l'évolution. Or, de ce que nous savons que l'éruption variolique ne doit pas être contrariée par une médication perturbatrice, il en ressort qu'il ne faut point administrer de remèdes altérants contre les éruptions de la syphilis.

Un traitement général doit être administré dans la syphilis. C'est le traitement tonique : il faut soutenir les forces de l'individu pendant qu'il élimine les parties de son sang contaminé par le virus syphilitique, et entretenir la régularité de ses fonctions. Pour cela on administrera les préparations suivantes :

Fer rédiiit par l'hydrogène.

Quinquina en poudre. . . .

Cannelle

50 centigrammes, 50 id.

50 id.

en un paquet qui sera pris tous les jours entre deux soupes. (Hôp. de Lourcine.)

Ou à 8 pillules de Vallet.

Ou une cuillerée à bouche de sirop d'iodure de fer. Vins et tisanes amères.

Un bain salé ou un bain sulfureux toutes les semaines ou deux fois par semaine lorsqu'il y a des éruptions généralisées.

Viandes rôties, repos, tranquillité, exercice modéré et prendre du sommed prolongé, éviter le froid. Abstinence de rapports sexuels.

Le traitement général doit durer de trois à six mois ; si l'on est obligé de le prolonger davantage, cesser pendant

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un mois la préparation ferrugineuse et la reprendre ensuite.

Envoyer les malades dans le midi, aux bains de mer ou aux eaux sulfureuses de Loeche et de Baréges. Les eaux d'Aix-la-Chapelle, de Challes et de Helbrunn sont bonnes.

La mesure de l'efficacité du traitement général est l'embonpoint et l'appétit gagné par les malades. J'estime qu'il faut trois ans au plus pour guérir la syphilis, traitée simplement par les toniques.

Lorsque dans le cours du traitement vous verrez les malades avoir de la fièvre le soir, des doulem's erratiques dans les membres, traitez par la diète aux bouillons et viandes blanches et par les tisanes délayantes et attendez. Une éruption apparaîtra et l'on verra les malades reprendre après l'éruption. Ces malades maigrissent quelquefois pendant cette poussée syphilitique, mais ils reprennent ensuite. Plus cette éruption apparaît à une époque rapprochée de la syphihs, plus vite le m;il guérit, ce n'est que quand les malades prennent du mercure que l'on voit le mal s'éterniser. Ne vous effrayez donc pas si au début du traitement par les toniques vous voyez une éruption apparaître et croître, patience, elle guérira en trois mois au moins, ou six mois au plus.

Traitement des chancres et érosions (A. Després). — Cautérisation avec la solution saturée de chlorure de zinc (V. Caustiques) et ensuite avec une solution légèrement caustique. Administrer d'emblée le traitement général.

Traitement des plaques muqueuses (A. Després). — Les plaques muqueuses étant des voies d'élimination du virus syphilitique, il faut les cautériser. On hâte ainsi l'élimination des tissus que la plaque muqueuse tend à éliminer par un suintement continu. Traitement général. Les plaques muqueuses de la face, de la gorge, seront aussi cautérisées avec le caustique au chlorure de zinc. Les plaques muqueuses disséminées de la peau seront traitées par les grands bains salés et sulfureux, deux par semaine, on touchera avec la teinture d'iode les plaques muqueuses qui résistent.

A chaque récidive des plaques muqueuses on aura recours au même traitement.

Traitement des syphilides papuleuses ^ miliaires et tuberculeuses précoces {k. Després). — Traitement général pendant six mois jusqu'à cessation de la desquamation.

Pour les syphilides isolées, syphilides tuberculeuses, serpigineuses ou crustacées. Faites des badigeonnages répétés avec la teinture d'iode ou appliquez un vésicatoire volant sur le mal, il disparaîtra dans l'espace de six mois dans les cas les plus rebelles.

Traitement des syphilides ulcéreuses (A. Després). — Traitement général. Cautériser les ulcérations et panser avec un linge troué enduit de la pommade.

Axonge 00 grammes.

Onguent delà mère 15 id.

Glycérine 10 id.

Si un ulcère devient phagédénique, cautérisez énergiquement avec la solution saturée de chlorure de zinc jusqu'à ce que l'ulcération s'arrête.

Pour les syphilides ulcéreuses du voile du palais. Cautérisation, injections nasales quotidiennes avec l'eau et l'alun. Traitement général et iodure de fer, huile de foie de morue et iodure de potassium à la dose de 50 centigr., car ces lésions existent presque toujours chez les scrofuleUx avérés ou les individus épuisés ou scorbutiques et à tempérament lymphatique.

Traitement des gommes '(A. Després). — Lorsqu'une gomme est dure, cataplasmes, lotions avec la teinture d'iode, vésicaloii'cs volants. Si la gomme est ramollie, incision, cautérisation du foyer de la gomme avec un pinceau imbibé de la solution de chlorure de zinc. Iodure de potassium à la dose de 1 gram. au plus par jour. Traitement général. Si la gomme est ulcérée, cautérisation et pansement avec les cataplasmes et la pommade à l'onguent de la mère .

Traitement des syphilides viscérales (A. Després). — Traiter l'iritis syphilitique comme les iritis simples (vésicatoires aux tempes, purgatifs, pédiluves sinapisés.

Ponction de la cornée si l'iritis menace de suppurer.

Traitez la pneumonie, l'hépatite, par les moyens employés pour ces maladies chez les individus qui ne sont pas syphilitiques. Traitement général.

11 y a des syphilitiques qui, avant d'être atteints de syphilis, avaient la diathèse rhumatismale tuberculeuse, scrofuleuse, arthritique ou dartreuse ; il faut ajouter chez ces malades les traitements généraux particuliers pour ces diathèses au traitement général de la syphilis. Les alcalins pour les rhumatisants ; l'huile de morue et le séjour exclusif dans le midi pour les tuberculeux ; l'iodure de fer et la bonne nourriture pour les scrofuleux ; les bains et le régime végétal associé au régime de la viande, une seule fois par jour, pour les dartreux.

Quant aux accidents de syphilis, ils présenteront un mélange des attributs de la syphilis et des attributs de la diathèse qui préexiste. Il n'y a pas en effet de rhumatisme syphilitique ni de dartre syphilitique. Il y a des rhumatismes et des dartres chez les syphilitiques; seulement, les lésions sont plus graves, plus durables relativement, parce que le malade est dans un état doublement défectueux, cependant grâce au traitement général la syphilis s'éteint, et ce qui persiste c'est la diathèse antérieure.

Traitement de la syphilis des femmesgrosses (A. Després) .

— Les femmes grosses attteintes de syphilis peuvent accoucher d'enfants vivants, mais ils deviennent syphilitiques, soit parce qu'ils ont gagné le mal dans le sein de lanière, soit parce que la mère donne le mal à son nourrisson. Mais beaucoup de malades qui ont gagné la syphilis en même temps qu'elles sont devenues enceintes, ou qui ont gagné une syphilis grave pendant les trois premiers mois de leur grossesse, avortent en accouchant d'enfants morts, à moins qu'elles ne se tiennent au repos et dans de très-bonnes conditions hygiéniques tout le temps de la grossesse. Mes statistiques prouvent ce fait jusqu'à l'évidence la plus complète. Les femmes qui ont la syphilis depuis dix-huit mois ou deux ans au moment où elles deviennent enceintes accouchent d'enfants vivants. La bonne constitution de la mère favorise les bonnes grossesses malgré l'influence de la syphilis.

Traitement de la syphilis des enfants (A. Després).

— Les enfants nés syphilitiques qui ne sont point chétifs, vivraient tous s'ils avaient une bonne nourrice, ou s'ils n'infectaient pas les bonnes nourrices qu'on leur donne. L'allaitement artificiel est souvent la seule ressource que l'on possède. En même temps on doit donner à l'enfant des bains salés et sulfureux, et lui faire prendre de temps en temps une petite cuillerée d'huile de foie de morue ou d'eau de chaux et de la bouillie.

Pour la syphilis des femmes enceintes, le repos, les précautions, la bonne nourriture, des bains sulfureux dans les derniers mois de la grossesse tel est le traitement qui m'u réussi. Pour les enfants, des soins de propreté excessifs, un allaitement artificiel avec le lait de la mère

SYPH

SYPH

si elle n'a pas d'accidents de syphilis et si elle a du lait,

des bains salés réussiront à élever un certain nombre

d'enfants. On traitera localement d'ailleurs les plaques muqueuses et les autres accidents.

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