V. HÉMATOCÈLE DU TESTICULE
Les plaies du testicule avec ouverture de la tunique albuginée, avec suppuration de la plaie, n'entraînent pas toujours la perte du testicule.
Thérapeutique. — Les cataplasmes, la suspension des bourses sur une plaque de gutta- percha (V. Orchite), le repos, sont le meilleur traitement des plaies du testicule.
Dix sangsues dans l'aine seront 'placées aux premiers signes d'inflammation.
Lorsque la substance testiculaire fait hernie à travers une plaie, on la fera rentrer et l'on comprimera autant que possible avec des bandelettes de diachylon.
L'orchite, l'hématocèle du testicule, la vaginalite chronique, le fongus bénin, qui se développeraient sur la plaie, seront traités par les moyens appropriés.
Testicule (SPERMATOCÈLE DU). Ces injections ont démontré que l'oblitération du canal épididymaire était un fait évident et entraînait la rétention du sperme (Gosselin). Curling a fait une autopsie dans laquelle il a constaté qu'un épididyme était le siège de dilatations remplies d'un liquide ayant un reflet perlé spermatique. Crompton a vu un malade affecté de douleurs vives au moment de l'érection, coïncidant avec l'apparition d'une tumeur à l'origine du canal déférent.
Ces faits et une blennorrhagie antérieure suivie d'orchite, constatée dans les antécédents, seront les meilleurs moyens de diagnostic.
Thérapeutique. — Celte maladie ne se prête à aucun autre traitement que celui des kystes de l'épididyme et du testicule, encore est-il nécessaire que les tumeurs soient durables et forment un véritable kyste.
Testicule (TuMEURS FIBREUSES Du). Certaines tumeurs fibreuses du testicule ne sont autre chose qu'une hypertrophie fibreuse, pérididymaire (V. Orchite chronique). Le testicule a été trouvé une fois rempli par une véritable tumeur fibreuse qui ressemblait à un corps fibreux (Cruveilhier) ; mais ce cas est unique dans la science.
Thérapeutique. — La castration est inutile dans les cas de tumeurs fibreuses, et il suffit de soutenir les bourses avec un bon suspensoir.
Testicules tuberculeux II y a deux espèces de tubercules dans le testicule : une qui représente exactement le tubercule jaune cru des organes parenchymaleux, qui coïncide avec des tubercules pulmonaires et qui est telle que l'ont décrite Bayle, Laennec, A. Cooper et Louis, l'autre qui paraît l'essembler à un produit inflammatoire (Velpeau), et il y en a une dernière qui a été considérée comme une variété d'abcès chronique (Malgaigne).
Les tubercules du testicule sont formés par un élément
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anatomique nouveau constitué par des granulations gri- ■^àtres déposées autour ou dans la paroi des canaux séniinifères (Robin et Verneuil), pouvant être disséminées à l'état d'infiltration ou réunies en masse sous forme de tubercule jaune cru.
Dans leur évolution, les tubercules du testicule se montrent sous deux formes : la forme lente et la forme aiQ;uë, comme les tubercules des autres parties du corps ; ils débutent toujours par une induration, à laquelle succède l'ulcération.
Dans les tubercules à marche lente on trouve les caractères suivants :
Siège primitif ordinaire d'une induration dans l'épididyme qui est très-dur et composé de petits lobules ; siège rare dans le testicule,^ qui devient alors plus consistant. Dans le cas oîi l'épididyme seul est pris, à la longue le testicule est comme enchâssé dans l'épididyme.
A la période d'ulcération un abcès petit se forme, puis survient une ulcération plus ou moins étendue. Il y a expulsion de tubercules et des fistules anfractueuses apparaissant au milieu d'indurations plus ou moins étendues. Les grumeaux mêlés au pus, examinés au microscope, contiennent des éléments tuberculeux décrits par Lebert, et le pus seul n'en contient pas. Les signes physiologiques des tubercules du testicule sont l'indolence remarquable de la tumeur, l'accroissement lent après un début obscur et la durée longue du mal.
La tuberculose testiculaire est de tous les âges et sa marche est rapide chez les jeunes sujets.
Les , tubercules du testicule sont d'abord indolents, s'accroissent lentement, puis à une seconde période il y a ramollissement, abcès et fistules.
Comme complication de la tuberculose testiculaire, il y a souvent dans la prostate des tubercules ou des indurations que l'on peut reconnaître par le toucher rectal; de la tuberculisation pulmonaire et enfin un épanchement dans la tunique vaginale qui n'est pas constant et qui est toujours assez peu abondant.
Les tubercules à marche aiguë, qui surviennent après une épididymite, s'abcèdent presque toujours et sont susceptibles d'être éliminés en peu de temps. Les signes sont une épididymite ou orchite antérieure terminée par suppuration et suivie d'induration, des douleurs au début, puis l'indolence et l'absence de résolution du testicule induré.
Les vésicules séminales ne présentent généralement point d'indurations dans cette variété de tuberculose des testicules.
Dans les cas de ce genre, le diagnostic ne doit être porté qu'avec réserve. Une épididymite qui ne se résout point vite peut n'être pas l'occasion du développement du tubercule : on ne peut avoir de certitude que quand l'induration s'accroît presque sous les yeux et que le ramollissement d'un point induré s'effectue.
Les tubercules de la première variété ne peuvent être confondus avec aucune autre tumeur du testicule ; ceux de la seconde variété, au contraire, peuvent être confondus avec les orchites chroniques vénériennes ou autres (V. ce mot), et le diagnostic est quelquefois impossible.
Thérapeutique. — Les tubercules à marche lente seront traités par les moyens généraux de la diathèse tuberculeuse : huile de foie de morue, sirop d'iodure de fer, bains de mer, eaux minérales sulfureuses, etc. (V. Tu-
bercules, Scrofule et Phthisie), et par un traitement local, et badigeonnages du scrotum avec la teinture d'iode.
Les testicules tuberculeux, suite d'èpididymites et d'orchites seront traités comme les inflammations.
Lorsque les tubercules ont donné lieu à la formation d'abcès on les ouvrira ; on placera une mèche afin d'empêcher l'occlusion de l'ouverture de l'abcès et de permettre l'expulsion de la matière tuberculeuse, ou mieux un tube à drainage dans les sutures (Ghassaignac). Faute de prendre ce soin on s'exposerait à avoir d'autres abcès.
Les fistules qui résultent des ouvertures des abcès réclament les injections iodées et le pansement palliatif avec un linge enduit de pommade.
Asnnse 30 grammes,
loiliu-e fie ]'lomb 3 id.
Ou:
Axoiise 30 pramme'!.
Iijilnie de ]'Ot!issimii 2 id.
Lorsque pendant l'évolution des tubercules du testicule il y a une hydrocèle, on l'opérera. Une injection iodée peut agir localement sur le testicule et l'épididyme (Velpeau), en même temps qu'elle guérit l'hydrocèle.
Quel que soit le traitement local, on continuera l'usage du traitement général.
Dans aucun cas on ne fait plus aujourd'hui la castration pour un testicule tuberculeux.
TESTICULE (Ablation du). CASTRATIOi\'. Chez les vieillards, les ablations du testicule peuvent être faites pour des testicules tuberculeux et pour des fongus bénins, mais comme la castration n'est pas innocente, on ne doit véritablement la faire que quand il y a urgence, c'est-àdire une tumeur maligne comme le cancer. '
On enlève le testicule par une incision simple, s'étendant de l'anneau inguinal externe jusqu'à l'extrémité de la bourse. On incise couche par couche, et la laxité des tuniques des bourses est telle, que le testicule et la tunique vaginale sortent d'eux-mêmes du scrotum (Dupuytren). On dissèque en haut à travers les enveloppes du cordon, puis on incise le cordon en liant les artères à mesure qu'elles sont coupées. On retient le cordon avec un ténaculum avant de le sectionner tout à fait, mais on évite toutes les complications en liant en masse le cordon avant de le couper.
On peut tailler un lambeau (Aumont, Jobert), puis on termine l'opération comme précédemment.
Il y a un procédé expéditif qui consiste à faire saisir par un aide le testicule sain et le plus possible de la peau du scrotum ; un autre aide tenant le testicule malade. Le chirurgien alors traverse la peau entre les deux mains des aides, taille une espèce de lambeau postérieur externe, puis retourne son bistouri et coupe d'un seul coup le cordon et achève de disséquer le testicule en laissant un petit lambeau. Le cordon, peu rétracté, à cause de ses adhérences avec le tissu cellulaire qui n'ont pas été disséquées, est mis à découvert et on lie les artères (Riina).
Si le cordon est malade, s'il contient des noyaux cancéreux, le premier procédé est le meilleur, car on peut disséquer le cordon jusqu'où l'on veut. Ledran a disséqué une fois cet organe jusqu'au delà de l'anneau inguinal interne.
On lave la plaie avec l'eau froide. 11 est inutile de réu- I nir par première intention. Le pansement à l'eau froide et le pansement des plaies confuses est indiqué. On doit laisser une portion de la plaie ouverte pour permettre l'écoulement du pus. La peau du scrotum est trop mobile
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Pour se réunir par première intention, les pluies du scrotum suppurent toujours (V. Scrotum, Plaies), S'il y a une hémorrhagie on liera les vaisseaux qui auraient échappé, mais si le cordon est rétracté dans le canal inguinal, si l'on ne peut le trouver, on appliquera un bandage herniaire inguinal qui, en comprimant les vaisseaux contre le pubis, pourra arrêter l'iiémorrhagie (Nélaton, Malgaigne). On soutient le scrotum avec \a plaqiie-suspensoir (V. Orchite). Les complications inflammatoires seront traitées par les moyens appropriés.
TÉTANIE. V. Contracture.
TÉTAMIQUES. Les tétaniques sont des remèdes doués de la propriété d'agir sur la moelle épinière, de manière à provoquer des contractions musculaires dans le corps pouvant simuler le tétanos.
Les tétaniques sont les excitants du système musculaire, et à ce titre ils sont employés dans les paralysies essentielles et dans les anciennes paralysies organiques.
La famille des strychnées fournit les tétaniques employés en médecine. Ce sont : la 7ioix vomique, son alcaloïde, la strychnine et les sels dont elle fait la base ; — la fausse, imgusture et son alcaloïde, la brucine.
La strychnine s'emploie à l'intérieur à la dose de 1 à 2 centigrammes en pilules ou en sii-op, mais ce médicament est extrêmement dangereux et peut occasionner la mort au milieu des convulsions tétaniques. — On l'emploie aussi sous forme de pommade et de coUyrr.
Pilules .de strychnine.
Conserve de roses rouges 2 araumes.
Strychnine pure 4 (U'cigramme.
Faites vingt-quatre pilules.
Une à deux soir et matin, dans la paralysie.
On augmente progressivement la dose de la strychnine.
(Magendie.)
Collyre d'Henderson.
Stryclinine. 1 décigramme.
Acide acétique étendu 4 tyrammes.
Eau distillée 32 " id.
Contre l'amaurose torpide.
Pommade ophthalmique .
Pommade'ai'i 'gai'ot". '. '. '. '. ! '. '. 2 .lécigrammes.
Strychnine 1 centigramme.
Mêlez. Ce mélange sert à panser les vésicatoires que l'on a appliqués sur le front, dans le traitement de l'amaurose torpide.
La dose de la strychnine peut être portée progressivement jusqu'à 5 centigrammes par jour. (Sichel.)
La brucine s'emploie de même, mais à doses deux fois plus considérables.
La noix vomique est moins dangereuse à employer que la strychnine et s'administre :
En poudre, 1 à 2 décigrammes en pilules.
En extrait alcoolique, 5 centigrammes k 1 décigramme en pilules.
En teinture alcoolique, 5 décigrammes à 2 grammes, dans une potion.
Enpilules, d'après la formule suivante :
Extrait alcoolique de noix vomique. ... 5 grammes. ■ Poudre de guimauve q. s.
F. s. a. cent pilules , une à deux par jour. On élève
successivement la dose jusqu'à neuf par jour et plus. Dans la paralysie. (Fouquier.)
TÊTAniOS (Hippocrate, Celse, Arétée). Une contraclure généralisée commençant par les muscles des mâchoires, gagnant les muscles du tronc, de la tête ou des membres, puis enfin le diaphragme, constitue le tétanos
Le tétanos causé par une lésion du cerveau, de la moelle et des cordons nerveux que nos moyens d'investigation ne permettent pas encore de déterminer, ou par des hémorrhagies de la moelle, se montre quelquefois spontanément sous l'influence du froid (Bajon, Larrey) ; après des plaies compliquées ou non de corps étrangers (Dupuytren) et après des plaies des nerfs dans les plaies simples. On l'a vu naître à l'occasion de plaies en suppuration, à la suite de la dénudation des nerfs. On l'a vu après des plaies en suppuration, à la suite des couches (Pitre Aubinais), ce qui est une condition voisine de la précédente.
Le tétanos, type des convulsions toniques, esttraumatique ou spontané et s'observe chez les nouveau-nés (Bajon, Baumès, Dugès), dans l'enfance et chez l'adulte. Il est quelquefois épidémique chez les nouveau -nés (Cederschoeld), Larrey).
Le tétanos des nouveau-nés est une maladie des pays très-chauds ou très-froids, et dépend de la blessure des nerfs, de la chute du cordon ombilical, de l'indigestion ou des vers intestinaux.
Le tétanos traumatique arrive d'ordinaire peu de jours après la production de la plaie ; il est excessivement rare qu'il se produise après la cicatrisation, et l'on ne cite que deux cas de ce genre (A. Cooper et Nélaton). Passé les quinze premiers jours le blessé est hors de danger.
Le tétanos débute par une impossibilité d'écarter les màchoii'es qui, d'ordinaire, dure de un à deux jours, puis les muscles du cou se contractent, puis ceux du tronc ; la respiration est gênée, la peau prend une teinte asphyxique, il y a une élévation de la température, des sueurs froides, de la rétention d'urine, de la constipation et rarement des vomissements ; l'intelligence est nette, quelquefois il y a du subdélirium, les malades se plaignent toujours de souffrances vives et d'une oppression pénible, troublée de temps à autre par des secousses convulsives plus ou moins douloureuses.
Le tétanos mortel dure de quarante-huit heures à dix jours et la mort arrive par asphyxie.
Les tétaniques n'ont pas tous des crises douloureuses de contracture, mais il est ordinaire de les voir un peu plus contracturés dans certains moments.
Il sort souvent de la bouche des tétaniques une bave qui est de la salive accumulée dans la bouche, par suite de la contracture des muscles de la joue, impuissants à favoriser son expulsion ou sa déglutition, car le pharynx est contracturé comme les muscles du cou.
Il y a des cas de tétanos traumatiques qui ont une marche très-lente et qui peuvent être bornés à la contracture des muscles de la mâchoire ou trismus pendant plusieurs jours, puis des contractures surviennent ailleurs et la maladie peut durer ainsi deux semaines ou plus; ces cas sont les moins dangereux.
Beaucoup de tétanos sont mortels, parce que la plaie qui a causé le tétanos a en même temps causé l'infection purulente (A. Després).
A la fin du tétanos, les muscles qui étaient d'abord contracturés, épuisés par une contraction permanente.
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redeviennent mous, et le mouvement Je» mâchoires peut se rétablir.
On a confondu nombre de fois le tétanos traumatique avec les spasmes traumatiques (V. ce mot), mais le tétanos débutant toujours par le trismus, il n'y a pas à se tromper, car les spasmes traumatiques débutent au niveau de la partie blessée.
L'bydropbobie peut être un instant confondue avec le tétanos, parce que les tétaniques bavent et ne peuvent avaler, mais dans Thydrophobie^ la vue de l'eau, des corps brillants et l'agitation de l'air provoquent des accès séparés par des intervalles de rémission complète. Enfin les convulsions tétaniques ne sont pas de véritables contractures.
La méningite céréljro-spinale s'accompagne de contractures tétaniques, mais dans ce cas il y a de la fièvre et de la chaleur de la peau qui manquent dans le tétanos, puis les contractures sont intermittentes, tandis qu'elles soni permanentes avec exacerbations dans le tétanos. Mais, si en même temps que le tétanos il existe de l'infection purulente, le diagnostic ne peut être fait qu'en considérant la permanence ou la rémission des contractures et le début des contractures par le trismus. Au reste, la rareté de la méningite cérébro-spinale et la fréquence de l'infection purulente dans les plaies devraient à priori faire diagnostiquer le tétanos uni à l'infection purulente plutôt que la méningite cérébro-spinale.
La conservation de l'intégrité des facultés, intellectuelles est le meilleur moyen de distinguer les accès convulsifs ide l'épilepsie des convulsions du tétanos.
L'empoisonnement par la strychnine simule assez bien le tétanos, mais il produit tout de suite une contracture générale etla mort. S'il est absorbé à petite dose, il produit immédiatement son effet convulsif général, et le malade revient vite à la santé (Procès de Palmer).
Le tétanos traumatique est presque toujours mortel.
Le tétanos spontané se révèle par les mêmes symptômes que le tétanos traumatique, il marche plus lentement et n'est pas aussi souvent morlel que le tétanos traumatique. V. Contractures.
Thérapeutique. Extraire les corps étrangers des plaies, panser cà l'eau froide ou avec les cataplasmes, purger les malades, donner l'opium à haute dose, 15 à 20 centigrammes, chez les malades agités ; sectionner régulièrement les nerfs déchirés, régulariser les plaies par armes à feu où les nerfs et les tendons sont mâchés, amputer les membres emportés par un boulet, tels sont les moyens chirurgicaux propres à prévenir le tétanos. — Éviter que les blessés ne soient secoués pendant le transport dans un hôpital ou une ambulance ; éviter les refroidissements, donner aux malades une potion cordiale contenant 60 grammes de vin et d'alcool, relever le courage des blessés, tels sont les moyens prophylactiques accessoires qu'il ne faut pas négliger.
Lorsque le tétanos traumatique est développé, on s'apprêtera à favoriser l'alimentation en arrachant une ou plusieurs dents ; on donnera des lavements émoUients contre la constipation; — on sondera s'il y a rétention d'urine. On disposera les malades dans leur lit de façon qu'ils ne soient pas inclinés dans un sens ou dans un autre, et, pour cela, on placera une planche sous le premier matelas.
Il n'y a pas de médication ni de topique spécitique contre le tétanos.
La choroformisation des malades (Petit, 18^8) a donné trois guérisons sur cinq cas de tétanos (Prévost). On donne le chloroforme à plusieurs reprises et l'on endort complètement les malades. L'ivresse, qui a été proposée comme traitement analogue, est un moyen moins efficace ;Au chlotroforme il faut ajouter le Moral (0. Liebreich) qui a été donné à dose progressive jusqu'à 10 et 15 grammes dans une potion de 150 grammes.
Les recherches de Roussin tendent à prouver que le chloral agit comme le chloroforme parce dans l'estomac le chloral revient à l'état de chloroforme (Âcad. de méd., 1870).
Le séjour daus une chambre remplie de vapeurs de chloroforme, 400 à IZiOO grammes par jour et en même temps on donne de l'opium, 5 centigrammes par jour et une fois 3 grammes de chloral El- (Simonin.)
C'est dans la même intention que le chloral a été administré d'une façon exclusive, et il a réussi plusieurs fois.
L'opium, à haute dose, jusqu'à 7 grammes en doses séparées et progressives (Monro), a aussi donné des succès. On donnera des pilules de 5 centigrammes ou de la teinture thébaïque (Chalmers), 30 gr., dans un potion prise par cuillerée à café toutes les heures. On ne doit pas dépasser cependant 6 grammes d'opium. — Un vésicatoire établi avec le marteau de Mayor et le pansement du vésicatoire avec 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine n'est pas plus avantageux que les lavements avec vingt ou trente gouttes de laudanum. Lorsque les malades suent abondamment et dorment, on doit cesser le traitement par l'opium, mais il faut recommencer au réveil si les malades n'accusent pas un bien-être marqué, ce qui est l'indice de la gucrison.
On donne la belladone à dose progressive par jour, à l'intérieur, depuis 5 centigrammes jusqu'à 50 centigrammes en même temps que l'on administre des bains de vapeurs (Lenoir). Ce traitement est plus rationnel que le traitement par les frictions avec à 50 grammes de teinture de belladone.
Le sulfate de quinine est bon à employer, surtout quand le tétanos existe en même temps que l'infection purulente. On administre h grammes de sulfate de quinine dès le premier jour, et l'on augmente la dose; dans ces cas, lorsque l'ivresse, due au sulfate de quinine, a été produite, la guérison a eu lieu.
Le hachisch {Cannabis indica) a été employé à la dose de 90 centigrammes d'extrait en un seul jour (Skues), dans une potion. Cocket Wilksont donnéàleur malade jusqu'à 380 grammes de teinture de hachisch {Grœrel Notizen, 1854).
Les alcalins, le carbonate de potasse et d'ammoniaque ont été vantés au siècle dernier ; on leur a attrilnié trois guérisons (Bî<?L de thérapeutique, 1866).
On a employé en Amérique Yacupuncture des muscles contracturés, et, dit-on, avec succès.
Le curare, proposé -par Morgan etHobart, appliqué pour la première fois en 1859 (Vella), a donné trois guérisons qui ne se sont pas renouvelées depuis (iManec, FoUin, Gintrac (de Bordeaux), Chassaignac). On l'administre par la méthode endermique, soit en faisant une plaie à la peau et en introduisant 5 centigrammes de curare en résine dans la plaie, soit en appliquant un vésicatoire et en le pansant avec une poudre composée :
Pjij.jij.g 5 eentigrainmce.
Siicre.". • 10 'J-
Quel que soit le moyen qu'on emploie, il ne faut pas négliger en même temps l'usage des bains de vapeur. 11 faut alimenter les malades avec la sonde œsophagienne au
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besoin, passée à travers l'espace laissé par une deni enlevée. On donnera aussi des lavements émollients et l'on placera des sinapismes aux extrémités.
On administre le traitement :
Bicarboniite de potasse 10 à 15 grammes.
Kai. ■ . . 200 id.
yir"i. de siiere 30 id.
En six doses toutes les deux heures. En même temps on donne 50 centigrammes à 2 grammes d'extrait d'opium en pilules de 5 centigrammes toutes les heures. On donne plusieurs lavements de son dans la journée (traitement de Stutz).
La décoction de tabac, 30 grammes par litre d'eau, ayant été employée pour guérir un empoisonnement par la strychnine, on l'a employée contre le tétanos traumatique (0. Beirne).
On a donné la nicotine, la teinture de yoiivt, à la dose de une à quatre gouttes dans une potion de 100 grammes d'eau distillée et 30 grammes de sirop d'orgeat ou de gomme ou une goutte de la teinture toutes les heures.
La fève de Cahibar , antagoniste de la strychnine et antidote de cette substance a été conseillée par Eben Watson, qui a ainsi guéri deux cas de tétanos, à la dose de teinture toutes les 40 minutes. {Gazette liebdoin., 1867.)
Vémétique a été employé à haute dose, mais ses effets sont très-incertains. V. Chorée.
Les bains de vapeur sont recommandés depuis que A. Paré a vu guérir un malade laissé dans un fumier. On donne deux à quatre bains de vapeur par jour.
Les bains tièdes prolomjés (Bajon)ne valent pas les bains de vapeur □.
La glace dans des vessies sur la colonne vertébrale (Carpenter), les affusions froides (Barrère), sont d'un effet douteux. L'hydrothérapie (Wright) et l'usage de l'opium à haute dose constituent le traitement employé dans l'Inde.
L' él'ectncitc ,\oca\isée sur les muscles contracturés, surle cou et la poitrine, l'électrisation avec un courant passant d'une main à l'autre, ont produit quelques guérisons □.
Les saignées coup sur coup et les sangsues ont donné deux guérisons (Lisfranc, Lepelletier, de la Sarthe) RI.
L'amputation du metnbre a réussi une fois dans la pratique de Larrey; elle a échoué depuis (Valentin, .1. Boux, Hobart) H-
La section d'un nerf dont la blessure est soupçonnée devoir être la cause du tétanos a été suivie de guérison (Larrey, Murray, Wood) □.
Faire \a. trachéotomie pour prévenir l'aspiiyxie (Physick, Marshall Hall) est une illusion dans la majeure partie des cas, car l'asphyxie tient à la convulsion des muscles du thorax plus qu'au spasme de l'orifice laryngien.
La variété des médications qui ont réussi contre le tétanos prouvent, ou qu'il y avait des erreiu's de diagnostic, et qu'on a pris des contractures spasmodiques pour des tétanos vrais, ou que le tétanos peut guérir seul quand les malades peuvent être endormis artificiellement après une sédation énergique. — En résumé, le meilleur traitement du tétanos est le traitement par les soporifiques, qui atténuent l'action du système nerveux sur le système musculaire; l'opium, la belladone, le hachisch, le sulfate de quinine l'hydrate de chloral et le clilorofoi-me seront employés suivant les circonstances, et si les malades ne supportent pas l'un ou l'autre de ces agents, on leur
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associera avec avantage les bains de vapeur. — Le massage et les frictions sèches n'ont pas été jugés utiles comme moyens adjuvants, cependant ils peuvent être utiles. — L'électricité n'est pas jugée définitivement dans le traitement du tétanos. — Le curare est encore en expérience, mais l'idéal du traitement du tétanos serait d'épuiser d'un seul coup la contractilité musculaire et d'entretenir la vie par la respiration artificielle en attendant la guérison du mal du système nerveux