DES EXTRÉMITÉS
ARTHRITES. Les arthrites sont des maladies dues à la phlegmasie des articulations. Il y en a un grand nombre. Elles diffèrent par leur intensité autant que par leur origine. Ainsi il y a Vurthritc subaigué, Yarthrite traumatique, Varthrite aigué, l'arthrite chronique, Yarthrite blennorrluigiquc, Yarthrite rhumatismale, etc.
La douleur et le gonflement d'une articulation sont, en général, les symptômes de l'arthrite.
La rougeur de la synoviale, l'hydropisie, la sécheresse ou la suppuration de cette séreuse, l'usure des cartilages, l'altération des os, l'hypertrophie des ligaments et l'ankylose sont les lésions qu'on observe à différents degrés dans toutes les arthrites.
Ar<lirite sultaiguë. Une contusion articulaire, une entorse et une fracture voisine d'une articulation donnent souvent lieu à un épanchement de sang plus ou moins abondant dans les articulations, d'où résulte une sorte d'inflammation incomplète qui reste à l'état subaigu.
Dans les arthrites subaiguës la synoviale sécrète une quantité anormale de sérosité constituant la pseudo-hydarthrose, et ce peut être le point de départ d'une arthrite aiguë ou chronique franche.
Les articulations atteintes de phlegmasie subaiguë sont gonflées, douloureuses, les mouvements sont pénibles, la peau est quelquefois légèrement rouge, et les douleurs à la pression sont, dans certains cas, très-marquées.
Thérapeutique. — Contre cette arthrite ébauchée on emploiera les compresses résolutives d'eau blanche et
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d'eau-de-vie camphrée, parties égales. Si le mal résiste, on comprimera. Enfin, si l'épancliement reste statiônnaii'e, un vésicaloire d'abord, puis après une compression méthodique avec une bande roulée, seront employés.
Si les douleurs étaient très-vives et s'il y avait des symptômes plus accusés de l'arthrite aiguë, on appliquerait le traitement qui convient à celle-ci. V. Arthrite
AIGLTE.
On pourra, dès les premiers jours, ponctionner avec la lancette aux points les plus saillants de la tuméfaction articulaire, c'est-à-dire là où il y a le moins de parties molles à traverser. On évacuera le liquide et l'on fermera la plaie avec du taffetas d'Angleterre. On appliquera des compresses résolutives sur l'articulation et l'on comprimera : dans trois cas ovi l'inflammalion n'était pas trèsintense, ce traitement a réussi (Jarjavay). La disparition des douleurs et la rapidité de la guérison sont le fait capital de ce traitement. Ce traitement est convenable pour le genou ; dans les autres articulations il esl d'une application plus difficile et exige de grands ménagements.
Arthrite traumatique. Lorsqu'une plaie a intéressé une articulation, et que l'air a pu agir sur elle, si le traitement préventif, les applications froides, l'occlusion de la plaie, n'ont pas réussi, la synoviale perd son poli, se vascularise, sécrète une sérosité roussàtre, puis du pus; les cartilages se ramollissent, se nécrosent et tombent, les os aussi sont envahis par une ostéite, et les ligaments articulaires se détachent.
Si l'action de l'air sur la synoviale (David, Hévin) détermine l'inflammation de l'articulation, le croupissement du pus et réti'anglement des tissus fibreux (Brasdor, Bichat) l'entretiennent.
Après un ou plusieurs frissons, une douleur spontanée, violente, croissant incessamment, une douleur à la pression, l'œdème des bords de la plaie, l'issue de sérosité louche et de pus, la rougeur et la tuméfaction de l'articulation, la fièvre, le délire, caractérisent rarllirite traumatique.
Le tétanos, l'infection purulente, terminent ordinairement, l'arthrite traumatique. Les malades qui échappent sont exposés fatalement à des nécroses consécutives des extrémités articulaires au moins, et à une ankylose osseuse de l'articulation.
Thérapeutique. — Si l'on n'a pu prévenir l'arthrite, on appliquera, dès que les douleurs existeront, une ou plusieurs fois, vingt à trente sangsues autour de l'articulation, selon l'intensité de la douleur; des cataplasmes émollients arrosés de laudanum seront tenus en permanence, ou bien on se servira de l'appareil à irrigation continue. Le membre sera placé de telle sorte que le pus puisse sortir par son propre poids, et un coussin sera placé sous l'articulation à l'eflel de la maintenir dans une position deuii-iléchie.
Un large vésicaloire entourant loule Tarticulatiou peut arrêter une arthrite menaçante (Fleury père).
S'il y a du pus formé, dès que la fluctuation sera évidente, on fera des contre-ouvertures aux points déclives, puis on fera des injections émoUienles (J. L. Petit), ou des injections avec un mélange d'eau et d'eau-de-vie camphrée (Gay, Bonnet) au quart, en même temps on pourra recourir de nouveau à l'emploi du vésicatoire.
(loiiire l'état général, les malades prendront un julep addiliormé de 1 grannne de sulfate de (juiiiiue, cl une tisane déhiynnte. Ils feront diète absolue.
On donnera, avec avantage, l'émé(i([ue à do>e ra>(i-
rienne (20 centigrammes dans une potion), et l'on aUg- ' mentera progressivement jusqu'à 1 gramme (Gimelle). :
Arthrite inflammatoire aiguë [arthrite rhumatismale). — Dans le cours d'un rhumatisme articulairii l'inflammation ordinairement fugace de la synoviale peul être le point de départ d'une inflammation franche l'articulation, et alors il se forme des fausses membraneii et du pus; les cartilages se ramollissent, les os exai mêmes sont atteints, c'est l'arthrite inflammatoire aiguë,;
Un gonflement douloureux autour d'une articulatioi; avec rougeur des téguments, une fluctuation obscure, des ! douleurs intolérables, incessantes, l'impossibilité de mou-' voir l'articulation prise, une fièvre modérée, une sorte dt résolution de l'état général en cas de rhumatisme arti culaire antérieur, sont les signes de l'arthrite rhumatismale ou du rhumatisme mono-articulaire, ou de l'arthritt inflammatoire chez un individu prédisposé par une afl'ection générale inflammatoire.
I/arthrite aiguë se termine par résolution; souvent pai suppuration, destruction des cartilages, nécrose des os, e finalement par ankylose. Des fistules persistantes après Ij disparition des accidents inflammatoires sont le résultaj d'abcès formés autour de l'articulation, et de la nécrosnj des os.
L'arthrite aiguë nonsuppurée conduit à l'ankylose fausse tandis que l'arthrite aiguë suppurée conduit à l'ankylose vraie .
Thérapeutique. — On traitera d'abord l'état généra; rhumatismal (V. Rhumatisme articulaire aigu). Si let*' signes d'un rhumatisme mono articulaire existent d'abord/ le membre sera placé dans ime gouttière et mainleniii immobile (Bonnet) ; des sangsues seront appliquées su l'articulation malade, et plus tard on emploiera les appiications de teinture d'iode, les vésicatoires, la pommadi d'Autenrieth en frictions, etc.
Lorsque les douleurs seront moins vives, et que Tinflammation sera moins intense, on se bornera à des cataplasmes laudanisés, on aura recours au cataplasme suivam de Bretonneau :
Mil* Jo paiu lie sciglo 1 kilo^ratnme.
Délayez à chaud dans : eau-de-vie camphrée q. s. Additionnez : j
Lnuilaimm Je Syilenliam. 32 grammes.
Extrait do datiira. stramonîiun 16 id.
Contre les douleurs intolérables, on placera un vésica^ toii'e qui sera pansé avec 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine.
Les frictions mercurielles sur la tumeur serontemployée: à dose de 8 à 10 grammes, jusqu'à ce qu'elles produisen la salivation (Bonnet, de Lyon).
Si lui abcès se forme, ftit-il au milieu de l'articula tion, qu'il soit enkysté ou non, on l'ouvrira par la ponction sous-cutanée (Dosault), comme pour les corps étrangers articulaires (méthode de Goyrand) (Bonnet), le; ponctions étroites successives (Boycr) sont moins avantageuses.
On extraira les séquestres mobilisés par les fistules cou sécutives, mais on attendra la résolution de l'inflammatioi avant de faire des déhridemenls pour (enter l'ablation de^ os nécrosés, la résection ou l'amputation.
Chez ime femme grosse, quand une arthrite appaïaîl la marche du mal est lente, les douleurs sont générali?meiil p( u\ives, cl il est rare qu'il se forme du pus. On n( doit rien presser , parce (pie souvent, au inoinent tie Taccoucliemenl, rinllanimation guérit promptemenl. «Juandk
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me de la grossesse est éloigné, quelques sangsues, un ; deux vésicatoires appliqués au début de l'inflammalion
'êtent la marche de la maladie. On placera le menilire ;ns une gouttière, et l'on recouvrira l'articulation de calajismes laudanisés.
Arthrite Mennorrhagîque et ur^thrale. Dans cours d'une blennorrhagie virulente ou d'une urélhrite, . à la suite de manœuvres exercées sur l'urèthre avec flammation consécutive, il apparaît souvent une arthrite cupant le genou, le poignet, le coude ou l'épaule, mais est rare que deux articulations soient prises à la fois ; la inture gonfle, rougit, devient douloureuse, et les mouments sont pénibles.
Dans l'arthrite blennorrhagique, il est rare qu'il se TOB du pus ; l'arthrite consécutive a des manœuvres apiquées sur l'urèthre, et à l'uréthrotomie en particulier, i contraire, suppure assez ordinairement; cette arthrite
rapproche beaucoup de l'arthrite des infections puruntes.
Ce n'est point toujours en vertu d'une métastase que 3 articulations s'enflamment, la marche, les efforts, les froidissements et la constitution rhumatismale ont une rt d'action sur la maladie articulaire.
L'arthrite blennorrhagique est excessivement rare chez femme, excepté le cas où elle a eu autrefois des rhuma- ;mes.
Thérapeutique. — Comme l'arthrite blennorrhagique : termine presque toujours par résolution, si les douleurs 3 sont pas intolérables, il suffit, au début, de prescrire
repos et d'appliquer des cataplasmes laudanisés. On emploiera le vésicatoire que si l'inflammation tardait à
résoudre ; les vésications incomplètes, par les lotions pétées avec la teinture d'iode, sont d'un excellent 3age. .;
Dans l'arthrite qui menacerait de suppurer et dans irthrite uréthrale qui est, le plus souvent, une véritable •thrite suppurée, on agira plus énergiquemcnt ; des Lugsues d'abord, puis des vésicatoires répétés seront lacés jusqu'à ce qu'il soit évident qu'il y a du pus. Alors 1 aura recours à des ponctions multiples (Boyer) ou à la anction sous-cutanée, ou bien encore à une ponction mple sur les points où la peau est amincie ; seulement, ans ce cas, il faut avoir soin de ne pas faire sortir le pus, lais bien de le laisser sortir. C'est le lendemain qu'on idera complètement l'articulation.
Lorsqu'une arthrite se développe, on cessera l'usage du opahu qui exerce toujours une action plus ou moins icheuse sur les fonctions digestives ; les sudorifiques et !s tisanes délayantes devront lui être substituées.
Lorsque l'inflammation sera calmée, on placera un banage inamovible qui tiendra l'articulation immobile, mais ans une position favorable à un bon usage du membre 'il survenait une ankylose .
Arthrite de l'Infcctiots psurislentc , «le la ihlcbite utérine, de rînSectîoïs siriiBeuse et de ïa iiorve. Lorsque le sang est altéré après avoir été infecté |ar du pus ou des matières putrides, quelle que soit leur irigine on trouve une ou plusieurs articulations qui s'em- )lissent de pus ; après une douleur articulaire d'une inensité médiocre, l'article gonflé devient douloureux à la )ression et un peu rouge.
C'est ordinairement à la suite d'un frisson que les u'tlu-ites apparaissent dans les maladies infectieuses,,
Donc, lorsque dans le cours de l'infection pui ulenle, de
l'infection urineuse, de la morve et du fai'cin, et inème de la variole, on trouve chez un malade, à la suite d'un frisson, une articulation gonflée, douloureuse au toucher, avec des mouvements difficiles, on diagnostiquera un abcès dans l'articulation, ou une arthrite.
Thérapeutique. — Les arthrites dans les infections purulentes sont en général un phénomène ultime, un signe avant-coureur de la mort. Cependant, comme on a vu des malades guérir malgré ces redoutables complications, il faut donner issue au pus toutes les fois que la certitude de la mort n'est pas évidente, afin de prévenir, s'il est possible, les nécroses péri-articulaires elles aidiyloses consécutives.
Arthrite ceff-wleale.
L ArtJirite cervicale aiguë. L'arthrite cervicale aiguë existe à la suite de fractures des vertèbres, de plaies par armes à feu, et elle peut se produire spontanément sous l'influence du froid.
Une douleur cervicale très-vive, les signes d'un rhumatisme musculaire d'un phlegmon du cou, la gêne de la respiration et de la déglutition consécutive au gonflement de la région pré vertébrale, un torticolis douloureux, caractérisent l'arthrite cervicale aiguë spontanée.
A une période avancée de l'arthrite cervicale, on peut croire à un phlegmon profond de la région postérieure du cou et à un abcès rétropharyngien, mais l'absence de fluctuation dans le pharynx empêche de commettre une erreur. V. Abcès hétro-pharyngiens et Cou.
Thérapeutique. — On appliquera, dès le début, vingt sangsues sur le cou, vingt-quatre heures après on renouvellera les applications, puis si la douleur, en général très-vive, ne cède pas, on placera un large vésicatoire sur la partie postérieure du cou. 11 sera utile en même temps de maintenir la tête immobile au moyen d'un collier spécial (V. Collier). Si un abcès se formait, soit du côté du cou, soit dans le pharynx, et s'il y avait menace d'asphyxie, on pratiquerait la trachéotomie.
II. Arthrites cervicales chroniques. V. Cou, Mal de PoTT, Tumeurs blanches.
Artiîs'Ites chroniques. Chez les individus dans les conditions de santé ordinaire, mais affaiblis, l'arthrite aiguë, en s'arrêtant, donne lieu quelquefois à. un épaississement de la synoviale et à une hydarthrose.
Chez les sujets scrofuleux ou à tempérament lympha*tic|ue , l'arthrite aiguë peut devenir une synovite fongueuse.
Chez les vieillards goutteux et arthritiques, l'arllirile aiguë se métamorphose assez souvent en une arthrite sèche.
Chacune des variétés d'arthrites chroniques consécutives à des états aigus peut exister d'emblée.
L Arthrite chronique simple. Hydarthrose. Une congestion de la synoviale, une sécrétion exagérée de synovie, d'une consistance variable entre celle de l'huile et celle de la sérosité ; parfois l'hypertrophie des franges synoviales et i'épaississement de la synoviale caractérisent anatomiquenient l'hydarthrose.
Une fois amassée dans l'articulation sous l'influence d'une contusion, d'un refroidissemeiil , et chez les individus généralement anénii()ues, la séi'osité ne se résorbe pas. Quelquefois la synoviale se rompt, et le liquide se répand
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dans le tissu cellulaire où il peut être résorbé (Parmentier, 1827), mais la synoviale se remplit de nouveau.
L'articulation atteinte d'hydarthrose est tuméfiée, peu douloureuse, et l'on y sent de la fluctuation, que l'on perçoit autour de l'articulation dans les culs-de-sac de la synoviale.
Au genou on sent aisément la fluctuation lorsqu'il y a peu de liquide ; on reconnaît sa présence en comprimant avec les deux mains au-dessus et au-dessous de la rotule et en appuyant avec les deux index sur la rotule, que l'on amène ainsi au contact des condyles du fémur, où elle détermine un choc, ce qui est caractéristique.
Lorsqu'une hydarthrose est ancienne et qu'il y a beaucoup de liquide amassé dans la jointure, les mouvements sont gênés et les arliculations prennent des positions vicieuses où elles demeurent immobiles ; ainsi les os se sont semi-luxés et les surfaces articulaires sont écartées de façon à permettre aux membres d'exécuter les mouvements même assez étendus dans un sens peu compatible avec la nature de l'articulation ; c'est ce qu'on voit dans les mouvements de latéralité de l'articulation du genou, et qui constituent la jambe dite de policbinelle.
L'hydarthrose peut passer à l'état d'arthrite aigué, et se changer en une synovite fongueuse.
La forme des culs-de-sac des synoviales conservées; l'absence de tout bruit de collision de petits corps durs ; l'absence de réductibilité de la tumeiu-, ou de la rubéfaction; la fluctuation franche, feront distinguer les hydarthroses, des bourses séreuses, des kystes séreux à grains hordéiformes, des œdèmes et des épanchements de sang articulaire. L'épaississement d'un cul-de-sac, de la séreuse, ne sera pas confondu avec un corps mobile articulaire (Mai'jolin), parce que l'épaississement de la synoviale sera toujours observé au même point et que l'on n'aura pas constaté la douleur subite, intermittente, qui caractérise les corps mobiles articulaires.
Plusieurs hydarthroses sur un individu indiquent un rhumatisme articulaire chronique.
Thérapeutique. — Sur une hydarthrose consécutive à une violence exercée sur l'articulation, on appliquera huit ou dix ventouses scarifiées, puis vingt-quatre heures après, un vésicatoire entourant toute l'articulation (Velpeau) : on pourra renouveler les vésicatoires.
Si, sous l'influence d'un refroidissement, ou à la suite d'un rhumatisme articulaire, il y a hydarthrose, on traitera les malades par les sudorifiques. Les individus qui ne seront pas anémiques, ou qu'un rhumatisme articulaire antérieur n'aura pas rendus anémiques, seront soumis au traitement par le tartre stibié a. dose rasorienne (Gimelle) , mais on ne dépassera pas 80 centigr., à 1 gram. dans les vingt-quatre heures ; on débutera par 20 centigr
Si l'épanchement articulaire persiste, on aura recours encore aux larges vésicatoires, aux frictions avec la pommade d'Autenrietb, aux vésicatoires et consécutivement à la compression avec les bandes élastiques. Les cautères et les moxas (Larrey),la cautérisalion transcurrente, conviennent seulement dans les cas où l'hydarthrose tend à se transformer en synovite fongueuse.
On peut pratiquer une ponction avec le trocart (Camper, Boyer, Larrcy); les ponctions avec le trocart et les injections (Gay) d'eau d'orge alcoolisée (.lobert), et mieux, iodées (Velpeau), sont un bon moyen.
lîim 2 grammes.
Ts'-Unip O'ic'li' id.
Velpeau.)
Ou :
Eau Ai) si'iiiiiiiic.-.
Iode 5 id.
Induré de potiissiuui 10 id.
Mêlez dans un mortier de verre l'iode et l'iodure. Ajoutez |i l'eau peu à peu (Bonnet, de Lyon). i
Il ne faut injecter que 10 à 15 grammes de liquide à la « fois. La sérosité peut se produire dans l'article après cette il opération, mais elle se résorbe ensuite. 11 n'y a pas à i craindre d'ankylose consécutive après la ponction et les i injections iodées dans les articulations.
La ponction capillaire avec le bistouri après déplacement de la peau (Desault), la ponction sous-cutanée, et à I l'aide d'un ténotome (Goyrand, d'Aix), ou simplement les | ponctions multiples, avec la lancette, sont des moyens j auxquels on peut avoir recours, mais, pour les employer f sans danger, on ne doit point chercher à vider d'un seul ' coup l'articulation.
Quel que soit le traitement employé contre une hydarthrose, il faut tenir le membre immobile et comprimer Far- j ticle. Une bande dextrinée ; un appareil plâtré ; des bande- j lettes de diachylum ou d'emplâtre de Vigo, pourront être appliqués à volonté; on choisira le bandage le plus solide et le plus durable pour les malades qui ne prennent pas '<i grand soin d'eux.
II. Arthrite chronique ou synovite fongueuse. L'inflammation aiguë d'une articulation arrivée au soixantième jour est caractérisée par le développement de bourgeons mollasses envahissant toute la surface interne de la synoviale (Richet) et recouvrant les cartilages sur lesquels ils empiètent sans détruire leur substance (Velpeau). Cet état peut exister d'emblée, et constitue l'arthrite chronique ou synovite fongueuse.
La synovite fongueuse termine quelquefois une arthrite aiguë, et plus rarement une hydarthrose, mais elle complique presque toujours l'ostéite péri-articulaire chronique chez les scrofuleux et les tuberculeux.
L'ostéite péri-articulaire et la nécrose compliquent presque toujours la synovite fongueuse. La destruction des cartilages dans la synovite simple est excessivement rare, e( efle est partielle lorsqu'elle existe.
Les ankyloses qui succèdent à la synovite fongueuse sont des ankyloses formées par cicatrisation des fongosités devenues fibreuses et unissant les surfaces articulaires.
L'articulation atteinte de synovite sécrète un pus séreux rarement bien lié. Autour de la synoviale des inflanuniitions phlegmoneuses se succèdent, des abcès se forment, soit par suite d'une rupture et d'une ulcération de ht synoviale (Brodie), soit à cause des phlegmons de voisinage.
Une arthrite chronique ne retentit pas sur des ganglions lymphatiques, à moins d'ulcération de la peau.
Au début, la déformation de l'articulation, une luniéfaclionmal limitée, pâteuse, sans fluctuation, des douleurs spontanées, vagues, de la difficulté dans les mouvements, une gêne de la circulation profonde, des circulations veineuses collatérales sur une peau qui n'est point ou est à peine rouge et œdémateuse, révèlent une synovite fongueuse.
Plus tard, lorsque l'inflammation chronique a donné lieu à des abcès, on sent de la fluctuation vraie, difliciloà distinguer cependant de la fluctuation obscure des fongosités mollasses; des abcès s'ouvrent seuls, il y a des listules qui donnent une sérosité roussàtre et saignant faci-
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ment ; l'articulation, lorsqu'elle n'est pas entourée de uscles épais, est œdématiée.
Lorsque les os et les cartilages sont malades, en un ot, lorsqu'il y a ce que l'on appelle tumeur blanche, il y gonflement des extrémités articulaires; les douleurs sont us vives, et l'on sent à travers les fistules les os à nu, a des séquestres : ceux-ci sortent quelquefois par les stules.
Les ostéites péri-articulaires avec altération lente des ptilages se développent surtout chez des scrofuleux, ou liez des tuberculeux, et s'annoncent par des douleurs plus Ives que la synovite fongueuse. Les extrémités articulires gonflées formant des tumeurs dures ; des abcès de pisinage ossifluents, devenus fistuleux et laissant échapper n pus contenant plus de 1/150" de substance terreuse, idiquent une altération de l'os, et ne permettent pas de pnfondre la synovite chronique avec l'ostéite péril'ticulaire.
Au point de vue de la thérapeutique, il est extrêmement pportant d'établir ce diagnostic dans les premiers temps 3 la maladie. Grâce à la connaissance des antécédents, il ira toujours aisé de savoir comment la maladie a débuté, ependant, à priori, on peut dire que les synovites fonieuses arrivent plus lentement à s'ulcérer que les ostéites ?ri-articulaires. Lorsque, dans une arthrite ulcérée, il 'y a pas de frottement sec entre les surfaces articulaires, 1 a affaire à une synovite fongueuse simple.
Dans les affections inflammatoires chroniques des artiulations , les malades souffrent de l'articulation située auessous de celle qui est malade. On a dit que les nerfs omprimés transmettaient la douleur au-dessous du point amprimé; mais cela n'est pas démontré ; on a dit aussi ue la moelle des os était enflammée, que la douleur se ropageait par les os (Rust, Richet), mais cela ne peut tre admis que pour les ostéites péri-articulaires. La douiur est due à ce que les malades souff'rant dans une artiulation tiennent le membre dans un état de tension connuelle. La douleur dans l'articulation inférieure est de i fatigue. Cette douleur existe au début des coxalgies, Liand les malades marchent encore ; elle disparaît par immobilité.
Les individus atteints d'arthrite chronique fongueuse, vec altération confirmée des os, sont souvent atteints 'une congestion pulmonaire, caractérisée par une toux îche et de la rudesse de la respiration, qu'il ne faut pas rendre pour des signes de tubercules (Velpeau) . Cet état isparaît après l'amputation, la résection ou la guérison e la tumeur blanche.
Thérapeutique. — Un traitement général sera prescrit, es toniques sont indiqués, le sirop d'iodure de fer, 30 rammes par jour; les bains sulfureux tous les huit jours n été, les bains de mer tous les jours; l'habitation dans n lieu aéré, un régime fortifiant, des tisanes amères, eront l'hygiène prescrite aux malades. On les laissera le loins possible au lit.
Mais le traitement local surtout devra être attentivelent dirigé et modifié suivant les périodes de la maladie t son origine.
Si l'arthrite succède à un état aigu, on pourra recourir une nouvelle application de sangsues pour faire dispaaître les douleurs. Ensuite une série de vésicatoires olanis seront successivement placés tout autour de l'ariculation. On comprimera avec des bandelettes de diahylum ou un bandage dextriné. La tuméfaction de l'artiulalion ne diminuant pas, ou aura recours aux cautères;
(Celse, Percy, Larrey), aux moxas; on en placera plusieurs à la fois et successivement ; on aura recours à la cautérisation transcurrente (Bonnet) ou à la cautérisation ponctuée.
Si l'arthrite chronique apparaît d'emblée, les antiphlogisliques sont inutiles (Brodie). On emploiera tout de suite les vésicatoires, les frictions avec la ponunade d'Autenrieth, la pommade à l'huile de croton, i à 8 gi'ammes pour 30 grammes d'axonge (Jobert), la cautérisation, les cautères, et surtout la compression avec les bandes de diachylum (Baynton, Velpeau). Quelle que soit l'origine du mal, l'articulation sera tenue dans l'immobilité absolue.
On placera un appareil inamovible sur le membre dans une position favorable en prévision d'une ankylose; ainsi, s'il s'agit d'une arthrite du coude, l'avant-bras sera tenu fléchi à angle droit avec le bras. S'il s'agit du genou le membre inférieur sera tenu dans l'extension.
Lorsque l'arthrite cesse d'être douloureuse et que la résolution s'annonce par une diminution de l'engorgement, on aura recours aux frictions sèches, au massage, aux douches de vapeur et aux douches sulfureuses, à des frictions avec la pommade à l'iodure de plomb (3 grammes pour 30 grammes d'axonge); on prescrira les bains iodés (IjUgol), les badigeonnages avec la teinture d'iode, les frictions avec 1 gramme de la pommade suivante :
Axoage 30 grammes.
jNitrate d'argent 4 id.
Lorsque la synovite continue sa marche et qu'il se forme des abcès, on les ouvrira, et l'on fera des injections iodées, même dans l'articulation ; on pansera les fistules avec la pommade à l'iodure de plomb ou le cérat. Un bandage inamovible avec une fenêtre rendra les membres immobiles.
Quand les os seront devenus malades, et quand les cartilages seront tombés, si les os ne sont pas tuméfiés néanmoins, et si le malade ne s'épuise pas par une suppuration abondante, on aura encore recours au bandage inamovible ; on peut encore obtenir une ankylose, sinon il faudra agir comme dans l'ostéite péri-articulaire (V. ce mot) ; la dénudation des os reconnue par le craquement sec de l'articulation, ou le choc perçu par le stylet introduit dans les fistules indiquera le rôle que doit prendre le chirurgien.
Jamais il ne faut réséquer et amputer pour une synovite fongeuse sans altération des os, dût-on faire pendant une année des injections iodées dans les trajets fistuleux, et maintenir en permanence un appareil inamovible.
liï. Arthrite chronique des vieillards, des rhumatisants et des goutteux. Arthrite sèche (Deville, Broca).
Les vieillards, les individus débiles, ou rhumatisants et goutteux, à la période moyenne de la vie, à la suite d'une inflammation d'une articulation, ou d'une fracture ou d'une luxation, ou même spontanément, sont souvent atteints d'une variété d'arthrite chronique, dans laquelle les cartilages s'usent, et prennent une disposition fibrillaire (état veMtique, Redfern). Les extrémités articulaires s'éburnent et une sécrétion plastique donne naissance à des productions cartilagineuses dans les franges de la synoviale et dans la synoviale, dans les ligaments et même dans les tendons. L'articulation se déforme; ce n'est que par exception qu'il y a de la sérosité dans l'articulation.
La coxalgie chez les vieillards [morhus coxœ senilis) est une arthrite sèche (W. Smith, Adams, Nélaton). Les rhumatismes goutteux, l'arthrite déformante (Niemeyer) sont des arthrites sèches, développées chez un goutteux ou un rhumatisant (Plaisance, Charcot, Barth).
Il n'y a pas de fièvre dans l'arthrite sèche, et celle-ci
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