‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 55 sur 612 · AREC · texte numérisé non relu

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caverne, vous pouvez être assuré que la phtliisie se produira.

Celui qui crache du sang eu abondance et qui offre dans un côté de la poitrine de la inatité du souffle, du râle muqneux et sous-crépitant, a une apoplexie pulmonaire de la périphérie du poumon, car dans les cas d'hémorrhagie centrale, l'auscultation n'annonce rien de semblable et ne révèle point le siège de la lésion.

Quand l'apoplexie pulmonaire est suivie de lièvre, de douleur de côté et d'expectoration'rougeàtre, visqueuse et purulente, on peut être certain qu'elle est compliquée de pneumonie.

L'apoplexie pulmonaire laisse souvent après elle de la pneumonie chronique dont les éléments entrent en régression, passent à l'état caséeux et forment une pneumonie ulcéreuse qui amène la phthisie pulmonaire.

Lespetites apoplexies pulmonaires par infiltration, produites dans les fièvres graves et dans la résorption purulente, ne donnent lieu à aucun phénomène significatif, et ne peuvent être reconnues pendant la vie, car leurs symptômes sont ceux de la bronchite ordinaire.

Une forte apoplexie pulmonaire, dont le foyer s'ouvre dans les bronches, produit ime asphyxie rapidement mortelle.

Quand une forte apoplexie pulmonaire s'ouvre dans la plèvre elle produit en quelques instants une hémorrhagie mortelle.

La fièvre et la suppuration consécutive à l'apoplexie pulmonaire entraînent ordinairement la consomption et la mort.

Thérapeutique. — La saignée du bras est le meilleur moyen de combattre l'apoplexie pulmonaire, mais il faut ouvrir largement et plusieurs fois la veine, de manière à détourner l'effort hémorrhagique qui tend à se manifester sur le poumon.

Des sangsues doivent être appliquées à l'anus, à moins que le malade ne soit trop affaibli parles premières déplétions sanguines.

Des ventouses sèches au nombre de hO ou 50 sur le tronc, la ventouse Junod sur les membres inférieurs, sont aussi très-utiles pour arrêter l'hémorrhagie.

Les malades doivent garder le repos dans la situation horizontale, ne pas parler haut, boire froid, et être placés dans un appartement fi-ais et aéré.

Comme boisson, il faut leur faire prendre de l'eau de groseilles et de la limonade, du jus de grenade ou de citron. Des juleps, avec vingt ou trente gouttes à'eau de Rabel \±\, avec de l'extrait de ratanhia, 30 centigrammes H, du tannin, 10 à 15 centigrammes [T], etc., doivent être également conseillés à ces malades.

Une fois les premiers accidents passés, quand il s'agit de hâter la résorption du sang infdtré ou épanché, le tartre stibié à 20 ou 25 centigrammes dans un julep peut être ordonné (Laennec). Ce médecin donnait aussi trèssouvent des purgatifs en cette circonstance et surtout des purgatifs drastiques, tels que l'aloès, la gomme-gutte ou la scammonée. Ainsi faisait Sydenham. On peut donner encore de la teinture de colchique à vingt ou trenlegouttes dans une potion.

D'autres moyens ont encore été préconisés, l'ergot de seigle, à 1 gramme par jour, et l'ipécacuanlia à dose nauséeuse, 5 centigrammes toutes les heures. Ce sont des moyens dont l'emploi ne me paraît pas suffisamment indiqué.

La diète est ici de rigueur, et il ne faut commencer à nourrir les malades que lorsque la fièvre consécutive aux premiers accidents commence à se calmer.

On peut donner encore Veau de Brocchieri, de Pagliari, de Tisserunt à la dose de six à dix cuillerées par jour, le perchlorure de fer, 10 à 20 et/iO gouttes, pour 150 grammes d'eau pure [+3- L'extrait de cachou et de monesiu, 2 à k grammes par jour. Le nitrate dépotasse, 3 à grammes par jour dans l'eau sucrée ou avec du sirop de groseilles et de framboises.

Les bains d'étuve humide et les bains d'air comprimé sont souvent très-utiles dans la convalescence de l'apoplexie pulmonaire. V. Vapoiurium.

Apoplexie si-i-eusc. L'apoplexie séreuse est trèsrare, mais elle s'observe particulièrement chez les goutteux et chez les rhumatisants dans la métastase de la goutte et du rhumatisme sur le cerveau. C'est la.suffusion séreuse des méninges et des ventricules de l'encéphale donnant lieu à du délire, du coma et une sorte de paralysie générale.

Thérapeutique. — Une saignée du bras, des sangsues ou des ventouses scarifiées derrière les oreilles, et mieux encore, une application de la ventouse .Junod , sur les deux membres inférieurs, peuvent guérir l'apoplexie séreuse.

APOZÈME. Décoction ou infusion de substances végétales dans laquelle on ajoute un médicament simple ou composé. Il y a Vapozéme blanc qui est la décoction blanche de Sydenham; Vapozéme vermifuge déracine de grenadier; les apozémes antiscorbutiques, purgatifs antiictériqties, etc. Ce sont des préparations très-employées.

A<iiL'il^llîVCTï]RE. Tel est le nom d'un nouveau moyen de révulsion. A une pompe foulante est adapté un tube de plomb, et, à l'extrémité de ce dernier, un ajutage filiforme qui est tenu éloigné de l'endroit à aquapuncturer, de 1 centimètre environ. Une pression, exercée sur le l(>vier de la pompe, suffit à faire pénétrer sous la peau, par une petite piqûre capillaire, quelques grammes d'eau par lesquels le tissu cellulaire sous-cutané est soulevé et forme une petite élevure blanchâtre qui laisse parfois écouler de son centre une gouttelette de sang (Mathieu).

La première douleur, causée par la pénétration de l'eau, est assez vive, mais elle cède vite, et, quinze ou vingt minutes après, l'eau épanchée disparaît pour ne laisser que la trace d'une simple piqûre et le soulagement de la douleur.

Ce moyen est excellent dans le rhumatisme musculaire et dans les névralgies.

On fait de 8 à 25 piqûres sur bipartie douloureuse,

AQUO-CAPSÏJI.ÏTE. V. IbitiS.

.ARAMAYOjMA (Province d'Alaya, Espagne). Eau sulfureuse, iW. En boisson contre les maladies de peau. Saison du l'^' juin au 30 septembre.

AffiSSOL'SIER. Arbre de la famille des éricacées dont les fruits ou arbouses, semblables à des fraises, sont remplis de tannin. On se sert de ses fruits comme rafraîchissants et l'on en fait de l'eau-de-vie et du vinaigre. En médecine, ils servent contre la diarrhée et la dysenterie.

ASïl'ACllO!^. Station de bains de mer près de Bordeaux. Elle est entourée de sapinières dont on conseille le séjour aux phthisiques à cause des vapeurs de térébenthine qu'on y respire.

ARC'HEKIA (Province de Murcie, Espagne). Eau sul-

ARSÉ

ARTÉ

foreuse, 48°. Sypliilis invétérée. Saison d'avril à juin et de septembre à octobre.

AREC. Arbre de la famille des palmiers, dont la semence, dite noix d'arec, renferme une huile essentielle et du tannin. Ces noix, associées à de la chaux vive et aux feuilles de piper, forment le bétel masticatoire destiné à raffermir les gencives.

ARECHEVALETA ( Province de Guipuscoa , Espagne). Eau sulfureuse, 20". Contre les maladies cutanées et la syphihs. En boisson et en bains. Saison de juin à septembre.

ARGENT. Métal qui sert à la fabrication des instruments de chirurgie, des fils à suture et des obturateurs.

Les sels d'argent, tels que V oxyde d' argent hb centigr. par jour; le nitrate d'argent, à 1 et 2 centigr., sont trèsemployés à l'intérieur contre l'épilepsie ou la paralysie générale \+ +\, et l'on n'emploie à l'extérieur comme caustique que le nitrate d'argent fondu ou pierre infernale FH.

AUISTOLOCnEIS. Plantes de la famille des aristolochiées, ayant la propriété de favoriser l'écoulement des lochies et des règles □. Leurs racines se donnent en poudre à la dose de 1 à 2 grammes. On emploie l'aristoloche longue, Varistoloche ronde, l'aristoloche clématite, l'aristoloche crénelée, l'aristoloche serpentaire (V. ce mot), Varistoloche fétide, etc.

ARMES A FEU. V. PlAIES PAK ARMES A FEU.

ARMOISE. Plante de la famille des synanthérées, trèsaromatique et amère, dont on emploie les fleurs comme emménagogues et antiliystériques, et les racines contre la chorée ou l'épilepsie [+1.

Les fleurs se donnent en poudre, à la dose de 2 à k gram. ; en extrait, de 1 à 2 gram. ; en infusion, 10 gram. par litre d'eau bouillante ; en siroj), 20 à 60 gram. ; en vin, 30 à 60 gram.

On emploie l'armoise vulgaire, l'armoise absinthe, l'urmoise estragon, l'armoise contra, dont les capitules constituent le semen-contra employé comme vermifuge chez les enfants i-h -h.

ARWilCA. L'arnica est aussi appelé <a6«(; des montagnes, parce que son odeur provoque l'éternumenl.

C'est une plante indigène de la famille des synanlhél'ées. Elle est stimulante et fébrifuge, à ce point que Stoll l'appelait le quinquina des pauvres \±}. On l'emploie en infusion, Ix grammes par litre d'eau, contre les coups à la tête, contre la goutte, contre le rhumatisme et les paralysies essentielles.

Sa racine a été conseillée contre la résorption purulente Elle s'administre en poudre, 25 à 50 cent. ; en infusion, 5 grammes par litre; en teinture, 1 à 2 granunes.

ARROIV-KOOT. Fécule retirée du rhizome du maranta, appartenant à la famille desamomées.

On l'emploie comme aliment très-léger chez les enfairts à la mamelle qui commencent à nuuiger; elle est trèsutile chez les individus atteints d'entérite aiguë ou chronique. On en fait des potages à l'eau, au bouillon et au lait, une cuillerée à café par tasse de véhicule.

ARSÉî^lA'l i^S. Sels résultant de la combinaison de l'acide arsénique avec une base.

Ou emploie : Varséniute d'annnoniaque, 2 à 5 milligranunes en potion contre les dartres □; l'arséniate de fer insoluble, 2 à 10 milligr. contre le cancer et les dartres □; ïarséniate de potasse, 10 à 15 milligr. contre le>

dartres \±]; rarséniate de quinine contre les fièvres □ ; l'arséniate de soude en potion ou dans du sirop, à 10 et 20 milligr. par jour contre les fièvres rebelles contre le psoriasis, l'impétigo ot l'eczéma \+ +\, contre les flux chroniques, contre la chlorose et l'atonie générale [+], contre les scrofulides superficielles et les humeurs froides n- -n ; enfin dans la phthisie □, l'arséniate d'ammoniaque aux mêmes doses, de la même façon et dans les mêmes maladies.

ARSEKIC. Métal peu employé à l'état naturel. 11 ne sert que pour détruire les mouches ; lorsque, mis en poudre, il est dissous dans l'eau et placé sur des assiettes, c'est la poudre aux mouches (+]■ Son oxyde, l'acide arsénieux, est très-employé dans les fièvres rebelles à la dose de 1 à 3 centigr.

ARSÉl^ilTES. Sels résultant de la combinaison de l'acide arsénieux avec une base. L'arsénite de potasse est seul employé en médecine, et fait la base delà liqueur de Fou^lei' employée contre les fièvres rebelles, SàlOgouttes par jour dans un verre d'eau sucrée f+l.

ARTEIJO (Province de la Corogne, Espagne). Eau saline, 30". .Affections cutanées. Saison de juillet à septembi'e.

ARTÈRES (Dilatation des). V. Anévrysmes et Varices artérielles.

ARTÈRES (Incrustation calcaire des). Improprement appelées ossification), les incrustations calcaires des vaisseaux sont des lésions de nutrition, débutant par des taches sous l'épithélium ou dans l'épaisseur de l'épithélium ; elles sont constituées par des granulations graisseuses, au milieu desquelles on observe souvent des cristaux de cholestérine ou d'acide margarique, et, plus tard, il s'y dépose des sels de phosphate et de carbonate de chaux (Virchow et Robin).

Lorsqu'on trouve des ostéoplastes dans les plaques incrustées des artères, elles sont dans la membrane celluleuse.

Les petites artères résistent plus que les grosses à la transformation calcaire, car il n'y a dans les capillaires que. des infiltrations graisseuses.

Les artères incrustées s'ulcèrent aisément, perdent leur élasticité et entraînent un trouble de circulation caractérisé par des pidsations cardiaques plus énergiques, et consécutivement des ruptures suivies de la production d'hémorrhagies, d'apoplexie, d'embolies et d' anévrysmes.

Bien que les incrustations des artères se développenti ordinairement sous l'influence de la vieillesse, elles tiennent quelquefois chez les adultes auxdiathèses alcooliques goutteuses et liuunatismales , et peut-être à rinllammation.

Un cordon dur, battant faiblement ïi la place où l'on sait qu'est une artère, indique l'ossification du vaisseau (Danner).

Kig. 35. — Trai'é du (jouis il une «i tèio ossiliée.

Ouand on examine les pulsations de l'artère ossifiée avec le >|>liygmographe, nu voil ipie le tracé spliygmographiiiuc du pouls reproduit le tiacé de la conliaclion car-

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liaque ventriculaire , ce qui constitue une différence ibsoluc avec le tracé sphygmographique d'une artère saine. ]e cliangement montre que les artères ont perdu leur daslicilé.

Thérapeutique. — Aucun traitement n'agit contre l'in- ;rustation calcaire des vaisseaux; seulement, pour éviter es accidents qu'occasionne cette dégénérescence, il faut ;ombattre la diatlièsc qu'on peut soupçonner comme pou- 'ant en être la cause. Les vieillards devront se soumettre i la sobriété qui est la principale condition de leur santé.

Artères (PlAIES DES).

Philes non p<:-nétrantes. Une artère dénudée dans me plaie récente, ou à la suite d'un phlegmon, n'exige lucun traitement spécial, mais si l'artère est volumineuse, [ne ligature d'attente non serrée pourra être placée dans a prévision d'une hémorrhagie secondaire.

Les lésions de la tunique externe des ai'tères guérissent eules.

Les tuniques moyennes et externes divisées peuvent se icatriser sans qu'il y ait hémorrhagie consécutive ni anérysmes, mais il arrive aussi que la section du vaisseau se omplète, et l'on a dès lors à appliquer les modifications in traitement exigées par les plaies pénétrantes.

Plaies pénétrantes. 1° Par instrument piquant.

Une plaie produite par une piqiire n'occasionne souvent ucun accident, car un caillot sanguin et un épanchement le lymphe plastique bouchent l'ouverture du vaisseau, 'arfois une altération inflammatoire se développe autour le la piqûre et il y a hémorrhagie consécutive ou anérysme diffus. Le même traitement que pour les coupures levra être appliqué si l'on redoutait cette éventualité.

2° Par instrument coupant.

En raison de leur élasticité, les artères se rétractent iprès une section complète ou incomplète. Dans la section ncomplète, l'écartement transforme une plaie linéaire en ine ouverture ovale. Le sang s'épanche alors dans le tissu ellulaire, s'y amasse et s'y coagule jusqu'à ce que la iression des tissus et du caillot ou la compression chiruricale fassent équilibre à la tension du sang dans les rtères.

Lorsque la section est complète, il y a immédiatement n épanchement de sang abondant, un peu lent à se oaguler, puis les deux bouts du vaisseau se rétractent; orsque ce retrait a lieu, il apporte un obstacle à une héiiorrhagie nouvelle, un caillot conique se forme dans le lout supérieur de l'artère (J. L. Petit) ; au niveau de la liaie du vaisseau il est plus large. Un caillot semblable, leaucoup plus petit, existe dans le bout inférieur.

Un vaisseaTi ouvert ou divisé largement donne une ouble hémorrhagie primitive, une par le bout supérieur, me par le bout inférieur ; la première en forme de jet, la econde en nappe; celle-ci n'a lieu par jet que consécutiement, quand les collatérale sont rétabli la circulation ntre les deux portions du vaisseau.

Un travail réparateur se forme au niveau des plaies rtérielles ; le caillot environné de la lymphe oblitère :i plaie et Huit par se l'ésorber; mais comme c'est la tulique cellulaire seule qui se répare et que la tunique laslique manque au niveau de la cicatrice, un anévrysme levient souvent inévitable.

Lorsque le vaisseau a été divisé en entier, c'est autour le l epanchement de sang que le travail plastique s'exécute, t alors c'est le foyer hémorrhagique qui devient l'anérysme.

Les plaies des artères donnent lieu à la formation d'épanchements sanguins désignés sous le nom d' anévrysme traumatique. V. ce mot.

L'écoulement de sang rouge, par saccades isochrones aux battements du cœur, la formation d'une tumeur présentant des pulsations isochrones au pouls artériel et une fausse fluctuation, ou même une fluctuation franche, indiquent une plaie d'artère.

On diagnostiquera une plaie artérielle sous-cutanée par l'anévrysme faux primitif . Dans une plaie, l'écoulement du sang, l'inspection de la plaie, font reconnaître la lésion artérielle.

Thérapeutique. — S'il n'y a pas de plaie extérieure largement ouverte qui permette de voir le vaisseau divisé, on aura recours à la compression, au niveau de l'artère malade ; des plaques d'amadou recouvertes d'une compresse de linge seront appliquées et maintenues par une bande serrée sur le membre, la bande enveloppera toute la partie depuis l'extrémité jusqu'à la racine. La compres sion peut être faite dans la plaie ou sur la plaie avec des bourdonnets de charpie ou avec les doigts, qu'on laissera en place plus ou moins longtemps, suivant le volume de l'artère blessée. La compression avec les bandes, la charpie et l'amadou, sera faite dès que l'écoulement du sang sera arrêté par la compression digitale. Pour les petites artères du cuir chevelu cette pratique est excellente.

La compression, sur un plan osseux, à l'aide des doigts, du vaisseau principal qui donne naissance à l'artère blessée, a pour résultat de faciliter la formation du caillot obturateur ; vingt-quatre heures de compression digitale suffisent pour permettre l'oblitération de l'artère.

Les compresseurs mécaniques, avec les compresseurs de J. L. Petit et autres, sont moins avantageux que la compression digitale, ils sont susceptibles de se déranger. Ils constituent néanmoins une très-grande ressource pour ceux qui n'ont pas un nombre suffisant d'aides pour faire exécuter la compression digitale. V. Anévrysmes.

Toutes les fois qu'une artère est ouverte ou divisée dans une plaie, il convient de fermer le vaisseau par une ligature, pour permettre l'oblitération par un caillot sanguin, et plus tard par une véritable cicatrice.

Les artères seront liées dans la plaie avec un fil de lin ou de soie rond, d'un volume variable suivant le vaisseau, mais ne dépassant pas 1 millimètre de diamètre.

Le chirurgien saisit le vaisseau avec une pince à artère, à pression, incline la pince de manière que celle-ci soit presque parallèle à la plaie, l'aide passe le fil au-dessous de la pince et lie avec facilité ; si cette manœuvre est impossible, le chirurgien saisira l'artère avec une pince à mors coniques, sur lesquels ce fil glissera et ira embrasser sîirement l'artère.

Le fil sera serré avec force sur l'artère sans aucun intermédiaire; les artères ossifiées seules pourraient réclamer l'interposition d'une plaque à ligature temporaire de bois ou d'acier.

S'il est nécessaire de débrider, il ne faut pas hésiter : d'une part, la ligature est singulièrement facilitée, de l'autre, la plaie régularisée retiendra moins aisément le pus.

Dans une plaie anfractueuse où l'on ne peut pas débrider largement, on liera l'artère avec un ténaculum ; cet instrument sera engagé sous l'artère, et un fil sera serré par un aide à mesure que l'on retirera le ténaculum.

Un presse-artère (petite pince à pression continue), une aiguille engagée dans le vaisseau, et autour de laquelle

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un fil est passé (ligature temporaire de Velpeau, acupressure de Simpson), fermeront le vaisseau, et seront retirés au bout d'un jour ou deux. Ces moyens ne sont pas plus avantageux que la compression de l'artère dans la plaie. Voici les procédés : on engage une aiguille enfilée d'un fil assez long dans le vaisseau, une anse de fil est passée ensuite autour de l'aiguille comme dans la suture entortillée, On fait un ou plusieurs huit de chiffre, et on laisse pendre au dehors de la plaie le fil de l'aiguille engagée sous l'artère. Ce dernier sert à retirer l'aiguille au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, après que l'on suppose le caillot formé (Simpson).

Lorsque les vaisseaux blessés ne seront pas d'un trèsgros calibre, on tordra les bouts divisés, ou l'artère entière, au point où siégera la solution de continuité.

S'il s'agit d'une artère un peu grosse, et qui est facilement accessible, on la saisit avec une pince à pression continue à coidisse, puis elle est un peu attirée de façon à pouvoir la saisir plus haut avec une autre pince. Cela fait, la première pince est tournée, sur son axe, de huit à dix fois, puis le vaisseau est abandonné à lui-même. La tunique celluleuse restée intacte est enroulée en spirale ; les tuniques interne et moyenne rompues se sont rétractées et ont resserré l'orifice de section, et le vaisseau est définitivement bouché.

Lorsque les artères sont très-petites, trois ou quatre tours suffisent à produire l'oblitération ; mais ce n'est pas l'enroulement seul qui est le moyen préservatif de I hémorrhagie, le broiement des parois du vaisseau, et une sorte d'arrachement en rendant la plaie du vaisseau complète, favorisent le retrait des tuniques élastiques, leur rapprochement, et enfin, l'oblitération de l'artère.

Pour arrêter une hémorrhagie suite d'une plaie d'artère d'un petit volume dans le périoste, et dans la substance osseuse, on emploiera la cautérisation avec un fer rougi à blanc; on appliquera aussi, avec avantage, une petite plaque de pâte au chlorure de zinc, qui sera laissée une heure en place, ou bien encore un tampon de charpie humecté de perchlorure de fer au 30" ; lorsque l'on use de cet hémostatique, il faut avoir soin d'exprimer le liquide du tampon afin de ne point intéresser les parties voisines du vaisseau par la cautérisation qui résulte de l'action du perchlorure de fer (Nélaton). Enfin, on pourra appliquer simplement des bourdonnets de charpie enduits de colophane, ou même des bourdonnets de charpie pressés les uns contre les autres, par-dessus lesquels un bandage compressif sera placé.

La glace et le fer rouge pourront être employés dans les régions comme la bouche, où l'action chirurgicale est difficile et où les caustiques ne sauraient être sans danger.

Les styptiques qui sont peut-être utiles dans les liémorrhagies capillaires ne sont pas sérieusement utiles dans les plaies des artères.

Dans le cours de la cicatrisation d'une plaie artérielle pour laquelle la ligature des bouts divisés, ou la compression ou la cautérisation ou les caustiques ont été tentés, s'il survient une hémorrhagie en nappe, on aura recours à la compression sur la plaie ou dans le voisinage. La ligature du vaisseau dans la plaie après débridement ou non, suivant que l'artère sera plus ou moins cachée au chirurgien, convient très-bien, que le sang sorte par jet, qu'il y ait épanchement sanguin, ou anévrysme traumatique faux consécutif. Même dans une plaie en suppuration, ce moyen hémostatique réussit très-bien (Courtin et Nélaton).

I>a ligature du vaisseau générateur de l'artère ouverte ne doit pas être faite, à moins qu'il soit impossible d'arrê-

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ter autrement l'hémorrhagie ; le rétablissement d'une circulation collatérale reproduit souvent l'hémorrhagie.

La compression digitale, sur l'artère principale des membres, n'offre pas un avantage évident contre les hémorrhagies secondaires des plaies artérielles.

En règle générale, toutes les fois qu'une hémorrhagie consécutive a lieu après une plaie artérielle, il faut d'abord comprimer. Si ce moyen échoue, n'hésitez pas à désunir les plaies et à débrider même, pour aller lier l'artère.

Artères (PLAIES PAR ARRACHEMENT). Dans l'arrachement complet d'un membre avec plaie, ou dans les efforts exagérés pour réduire les luxations où il y a déchirure sans plaie extérieure, les artères sont extrêmement tiraillées, les tuniques moyenne et interne se rompent irrégulièrement, puis la cicatrisation se fait aux dépens de la tunique celluleuse conservée, qui sert de point d'appui solide pour le caillot obturateur.

Thérapeutique. — Ces plaies ne sont pas graves, et n'exigent même pas une ligature. Cependant, s'il se manifestait une hémorrhagie consécutive ou un anévrysme trau- < matique consécutif, il faudrait lier l'artère dans la plaie ■ ou lier par la méthode dite ancienne, c'est-à-dire l'ouver-r ture du sac et la hgature des deux bouts de l'artère f divisée.

Artères (CONTUSION DEs). La Confusion des artères diminue la force d'impulsion du sang en produisant la paralysie de ces vaisseaux.

Les artères qui sont réellement susceptibles d'être contusionnées sont celles qui reposent sur un plan solide.' Un corps contondant qui agit sur elles coupe les tuniques moyenne et interne, sans produire d'hémorrhagie ; quani la force a été plus puissante, le vaisseau peut être divisé entièrement, et s'il s'agit d'un gros vaisseau, une hémorrhagie mortelle en est la conséquence.

Après une contusion d'un vaisseau par une balle, une hémorrhagie consécutive est la règle, et elle se produit au moment où tombe l'eschare formée au point de l'artère contusionnée par la balle.

La contusion d'une artère entraîne un épanchement dans ses parois, quelquefois l'oblitération (Erischen). Il en peut résulter des embolies artérielles.

Théra'pexitique. — Quand une région est le siège d'une plaie d'arme à feu, si les artères sont à découvert, une ligature d'attente sera placée, le membre sera tenu au repos, des cataplasmes recouvriront la plaie.

Lorsqu'une hémorrhagie consécutive a lieu, il faut avoir recours à la compression, puis à la ligature de l'artère après débridement de la plaie s'il est nécessaire. Les hémostatiques ont moins d'avantages que ces manœuvres chirurgicales.

Artères (CONTUSION SOUS-CUTANÉE DES) (Dupuytren, Erischen), Axphijxie des memhreR.

Les artères contusionnées peuvent s'oblitérer par un caillot, sans artérite ; elles peuvent être atteintes d'artérites , devenir le siège d'un rétrécissement artériel, d'une dilatation ou d'un anévrysme.

Ou reconnaît la contusion des artères et la coagulation du sang qui en résulte, à la disparition des battements artériels et à un refroidissement des parties ; la sensibilité est plus ou moins obluse, il n'y a pas de fièvre, pas di douleui's comme dans l'artérite; il reste queli[uefois aprè.' ces lésions des engourdissements et de la faiblesse nuisculaire.

(Juandune très-grosse arlère d'un membre est sectionné!

ARTÉ

ARTH

ms ou moins complètement sous la peau par un corps contjidant, le membre se refroidit et la gangrène survient.

iThérapeutique. — On appliquera sur les points contut nnés un pansement à l'eau froide ; l'irrigation continue t[ d'un bon usage. Cependant, si les malades ne la supjirtaient pas, on appliquerait des cataplasmes ; les meni- Jes seront tenus dans l'élévation ; si les mouvements istaient lents, on pourrait plus tard électriser les muscles ; ec un courant d'induction faible.

En cas d'oblitération complète d'une artère et de

ction d'une artère, l'amputation du membre est la seule

ssource.

Artères (RÉTRÉCISSEMENT DES). Après une inflamma- )n, après l'arrêt d'une embolie dans un vaisseau, ou )rès la guérison d'un anévrysme, un rétrécissement artéel peut se produire, soit par suite d'adhérences à l'aide de usses membranes organisées, soit par suite de la foralion d'un caillot. On ne peut diagnostiquer le rétrécis- ;ment artériel que par la diminution des battements de artère au-dessous du rétrécissement ; mais bientôt le re- )ur de la circulation collatérale les y fait reparaître avec ur intensité normale. V. Gangrène.

Thérapeutique. — Il n'y a rien à tenter contre le ré- •écissement d'une artère, des membres ou de l'aorte. Il a des exemples d'oblitération de ce vaisseau où la lésion e s'est révélée par aucun trouble autre que des palpitaons et des douleurs dans les extrémités supérieures.

ARTÉRIOTOMIE. Dans certains cas d'hémorrliagie érébrale, pour obtenir une émission sanguine alors qu'on le peut plus compter sur la force de la circulation veileuse, l'artériotomie peut être faite avec avantage (les nciens et Antyllus, en particulier, y avaient recours), ^'artère temporale superficielle est dans de bonnes condi- [ions pour la pratique de cette saignée, car elle donne du !-ang en assez grande abondance, et la plaie artérielle est acile à guérir.

Pour faire l'artériotomie de la temporale, on sectionlera complètement le vaisseau d'un coup de lancette, et orsqu'on voudra arrêter le sang, une petite compresse Iriangulaire sera appliquée sur chaque bout de l'artère A l'aide d'un bandage en fronde on exercera une forte compression qui sera rigoureusement surveillée pendant trois jours.

j S'il survenait un petit anévrysme faux consécutif, le traitement des anévrysmes des petites artères serait appliqué ; la compression, l'acupuncture, et mieux, les injections de perchlorure de fer (Pravaz), suffiraient à la guérison.

ARTÉRITE. Les artères contenant des vaisseaux dans leurs parois peuvent être le siège d'inflammation aiguë ou chronique, caractérisée par le ramollissement de la tunique moyenne, l'injection de la tunique externe et à l'intérieur par l'altération de l'épithélium avec coagulation du sang au niveau de la partie enflammée.

L'inflammation des artères on artérite donne rarement lieu à la formation de pus dans la tunique moyenne, plus souvent elle engendre des produits pseudo -membraneux ou l'épaississement des parois de l'artère.

L' artérite amène souvent la gangrène des parties auxquelles l'artère malade et obstruée se distribue.

Que l'inflammation siège dans la tunique celluleuse et la tunique moyenne, ou qu'il y ait une coagulation dans le vaisseau, les mouvements de la région sont pénibles ; on sent au niveau de l'artère malade un cordon dur, doulou-

reux, battant avec violence, et il y a de la fièvre plus ou moins vive.

Dans l'artérile, une inflammation .survient quelquefois autour de l'artère et il s'y foimc des abcès.

Lorsqu'un gros vaisseau artériel est oblitéré par un caillot, la température des parties où se rendent les branches de l'artère s'abaisse, et la gangrène est imminente.

L'infection purulente se montre quelquefois dans le cours de l'artérite.

L'embolie d'une artère ne sera pas confondue avec une artérite, parce que dans les embolies il y a auparavant une affection du cœur, et que la douleur et la tuméfaction du vaisseau viennent subitement. V. Aortite.

Thérapeutique. — Si, à la suite d'une amputation, de la ligature d'un vaisseau, d'une contusion, ou de l'existence d'un caillot migrateur amené par le sang dans une artère, il y a une artérite, on aura recours à un traitement antiphlogistique ; une ou plusieurs saignées de /|00 grammes seront faites jusqu'à ce que les battements aient perdu de leur force ; quinze sangsues seront appliquées sur le trajet de l'artère ; des cataplasmes de farine de lin arrosés de laudanum recouvriront les parties malades. Le malade sera tenu à la diète et boira de la tisane de limonade ou toute autre tisane délayante.

S'il se forme un abcès, on l'ouvrira de bonne heure ; si les accidents inflammatoires s'amendent, et s'il y a du refroidissement, le memlire sera tenu chaudement. Pour les artérites des petites artères, le bain d'oxygène (M. Raynaud et Laugier) sera appliqué.

Un flacon producteur d'oxygène (matras chauffé contenant du chlorate de potasse et du peroxyde de manganèse) versera le gaz dans une ampoule de caoutchouc, dans laquelle le membre est enfermé pendant deux heures. Ce traitement sera fait chaque jour. \. Gangrené spontanée

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