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III. Vésicule de varicelle, même signification des lettres

Vingt-quatre ou quarante -huit heures après la sortie de l'éruption, la fièvre, qui avait cessé, se ranime sous l'influence de la suppuration de toutes les pustules varioliques qui se gonflent et se remplissent de pus crémeux, en occasionnant une tuméfaction notable du tissu cellulaire des mains, des pieds et du visage.

Fièvre primaire d'invasion durant jusqu'à l'éruption , apyrexie, et enfin, fièvre secondaire de suppuration, tels sont les symptômes fébriles qui distinguent la variole de toutes les autres fièvres éruptives analogues.

Le gonflement des pieds, des mains, la bouffissure du visage et des paupières sont d'un bon usage pour le pronostic dans la période de suppuration de la variole (Sydenham).

Le ptyalisme qui se montre au moment de la suppuration chez les varioleux est toujours un phénomène favorable.

Dans une variole régulière, la dessiccation des pustules commence le huitième jour au visage, mais elle ne se fait que plus tard sur les membres.

La dessiccation des pustules varioliques de la face est toujours accompagnée d'une telle démangeaison, que les malades arrachent leurs croûtes et provoquent des suppurations secondaires, sous l'influence desquelles il se produit des cicatrices difformes au milieu des autres dépressions occasionnées par chaque pustule.

La dessiccation des pustules de la variole donne lieu à une odeur de souris fort désagréable.

Une éruption de variole qui ne sort pas régulièrement, dont les pustules, grisâtres et plâtrées, n'ont qu'une faible auréole rouge inflammatoire, et ne provoquent ni ptyalisme, ni gonflement des mains, ni bouffissure du visage et des paupières, sera certainement suivie de mort.

Lorsque dès le début de la variole il s'établit un violent délire qui ne cesse pas avec l'éruption, cela indique une mort prochaine.

La variole est discrète ou confluente, bénigne ou maligne, mais la malignité dépend beaucoup plus de la nature du mal que du nombre des pustules, car il y a des varioles confluentes sans malignité, et il y a des varioles malignes qui tuent rapidement avec une éruption discrète qui sort mal.

Après la dessiccation et la chute des croûtes de la variole, il reste sur la peau, à la place de chaque pustule, une dépression d'un rouge vineux qui persiste pendant plusieurs mois.

L'aptitude à contracter la variole varie avec les âges ; assez grande chez le fœtus, renfermé dans le sein de sa mère, faible chez le nouveau-né, très-grande dans l'enfance et chez les adultes, elle s'afl'aiblit et disparaît entièrement chez le vieillard.

Dans son cours, ou pendant la dessiccation des pustules, la variole occasionne souvent des ophthalmies très-graves amenant la cécité, des orcnites et des ovarites, de la diarrhée, des otites et des abcès sous-cutanés en très-grand nombre, qui indiquent une remarquable tendance à la suppuration.

Il est très-rare d'avoir deux fois la variole.

Chez une femme enceinte, la variole confluente est presque toujours suivie d'avortement, et dans ce cas le fœtus présente quelquefois un plus ou moins grand nombre de pustules varioliques.

Un enfant peut naître avec des traces de variole, lors même que sa mère n'a pas été atteinte de la maladie.

Tous les âges sont exposés à la variole, mais la maladie est plus fréquente dans l'âge adulte qu'à tout autre époque de la vie.

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L'aptitude à contracter la variole est neutralisée par l'inoculation du vaccin, ou l'inoculation d'un autre virus neutralisant aussi Faction variolique.

La variole discrète guérit toujours rapidement, mais la variole confluente est souvent suivie de mort.

Dans la variole grave, il se produit assez souvent, tantôt une inflammation du cœur ou myocardite qui atteint les fibres de l'organe, engendre l'asystolie avec dilatation et occasionne des stases sanguines dans les viscères qui hâtent la mort, et tantôt une endocardite avec toutes ses conséquences (Desnos).

Chez les malades qui guérissent de la variole, le visage reste gravé ou couturé par les cicatrices de pustules varioliques,

ThévapeiUique. — 11 est si rare d'avoir deux fois une maladie virulente, et particulièrement la variole, que jadis on essayait de s'inoculer la maladie dans de bonnes conditions, d'après des principes protecteurs, pour se donner une variole bénigne et discrète, capable d'empêcher dans l'avenir l'invasion d'une variole maligne ou confluente.

L'inoculation de la variole est aujourd'hui abandonnée et remplacée par la vaccine (V. ce mot), qui est le meilleur moyen préservatif contre les ravages de celte fièvre éruptive.

Au début de la variole chez un sujet non vacciné, dans la fièvre d'invasion ou fièvre primaire, la vaccination par de nombreuses piqûres au bras ou sur le corps peut trèssouvent modifier d'une façon avantageuse l'évolution de la maladie.

On a proposé l'infusion de Sarracenia purpurea comme moyen abortif et curatif de la variole, mais ce traitement exotique, essayé ici par quelques médecins, n'a été suivi d'aucun avantage réel.

Première indication. — Favoriser la sortie de l'éruption générale et préserver le visage. Au début de la variole, les malades doivent rester au lit, peu couverts, à la diète et prenant comme tisane des boissons aromatiques et sudorifiques tièdes.

Deuxième indication. — Agir contre les complications de rcrap^tûJi. Au premier ou au second jour de l'éruption, il faut prései'ver la face des cicatrices que produit la variole, et pour cela, sans aucun danger, il convient d'appliquer sur le visage un masque d'emplâtre de Yigo cum rnei'curio, garni de trous pour la bouche, le nez et les yeux \+ +\ (Briquet) .

Pour faire avorter les pustules, les soustraire au contact de l'air par des applications fréquentes d'axongc fraîche et au contact de la lumière en mettant les malades dans l'obscurité. — Ce moyen empêche la fièvre secondaire (Black).

On peut aussi employer comme abortif de la variole l'onguent Bataille :

Onguent mereuriel 24 parties.

Cire jaune 10 id.

Poix noire 6 id.

A étendre sur le visage au début de l'éruption. Les applications de teinture d'iode sur chaque pustule naissante au moyen d'un pinceau.

Des applications fréquentes sur le visage d'onguent mereuriel épaissi avec de l'amidon |+ -n, des cautérisations sur chaque pustule avec le nitrate d'argent |3, sont quelquefois employés pour faire avorter les pustules, mais la meilleure méthode abortive, c'est l'emplâtre Vigo cum mercurio.

VÀRi '

Le goudron végétal peut également être employé comme moyen abortif des pustules de la variole □.

Sauf les cas assez rares de très-forte réaction inflammatoire et de congestion viscérale, la saignée est inutile au début de la variole, et ce qu'on a dit de ses effets aJ)orlifs n'est pas justifié par l'expérience.

Vagitation et Vinsomnic de la variole doivent être traitées par huit ou douze gouttes de laudanum ou 30 grammes de sirop diacodedaus une potion.

La diarrhée qui complique l'apparition ou l'évolution de la variole se guérit très-vile par ïopium et le sous-nitrate de bismuth à haute dose :

sirop de grande consonde .50 grammes.

Sirop diacode 30 iil.

Sous-nitrate de Ijismnth 5 id.

A prendre par cuillerées en vingt-six heures \+ +\.

Au momentde l'éruption, les pustules qui viennent sur le bord libre des paupières ou sur la conjonctive doivent être détruites avec le nitrate d'argent, pour éviter les ophthalmies secondaires si graves dans la variole \+ +\.

L'angine varioleuse due à la présence des pustules varioliqnes dans le pharynx et sur la voûte palatine est très-soulagée par les gargarismes astringents d'alun dans l'eau miellée, de chlorate de potasse, 10 grammes dans un litre d'eau d'orge, et par les gargarismes d'huile de goudron :

Huiles d'amandes douces > . . . 60 grammes.

Goudron végétai 40 id.

Troisième indication. — Traiter l'éruption en ellemême.

Quand Y éruption variolique se fait difficilement et sort mal, que les pustules n'ont pas d'auréole rouge et restent afl"aissées sur elles-mêmes, qu'elles ont l'aspect plâtré et ne provoquent aucun gonflement de la peau ou du tissu cellulaire sous-cutané, le cas est grave, probablement mortel, et il faut employer le thé chaud, l'infusion et Valcoolat de mélisse, l'acétate d'ammoniaque, 10 à 15 grammes; l'opium, 5 à 10 centigrammes, les bains d'air chaud sur le corps seulement, et les bains de vapeur d'eau.

Quand l'éruption s'est faite régulièrement et que les pustules sont remplies de pus, il faut les piquer avec une épingle et les laver avec de l'eau de goudron tiède ou avec de l'huile de goudron. V. Goudron.

Au moment de la dessiccation des croûtes, les malades ne doivent pas arracher celles qui couvrent le visage, afin d'éviter des cicatrices difformes, et l'on calme les démangeaisons qui résultent de leur présence, soit par de l'huile d'olives, soit par de l'huile de goudron au trentième.

Les abcès sous-cutanés qui se forment pendantladessiccalion de la variole doivent être ouverts le plus tôt possible, pour éviter la résorption du pus.

Un nouveau traitement de la variole a été récemment importé de Chine. Il consiste à frictionner, avant que l'éruption apparaisse, le devant de la poitrine avec un mélange d'huile de croton et de tartre stibié. L'irritation ainsi provoquée sur une partie du tégument sauve pour ainsi dire le reste à ses dépens. Elle a aussi pour résultat de produire une éruption complète, et par conséquent d'aftVanchir les organes internes de toute chance de fluxion ou de métastase dangereuse.

Ce mode de traitement est maintenant mis en usage par ordre officiel dans l'armée anglaise en Chine.

Cette méthode thérapeutique a été appliquée à Lyon par le docteur Ch. Perrin, et son emploi a eu entre les

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mains de ce confrère d'avantageux effets, notamment par rapport à l'atténuation de l'éruption à la face. [Gaz. méd. de Lyon.)

Contre les complications cardiaques de myocardite ou d'endocardite qui peuvent se produire dans le cours des varioles graves, il faut appliquer au début des sangsues à la région précordiale, donner de la digitale, lOcentigr., de la vératrine,10 miiligr.,de la caséine, 20 à tiO centigr.,et soutenir les malades avec un peu de vin de quinquina.

VARIOLOIDE. La variole en se transmettant d'un individu à un autre perd de sa virulence, s'affaiblit, et produit des germes incomplets dont l'absorption détermine une maladie analogue et moins violente, dite varioloïde.

La varioloïde est une fièvre éruptive caractérisée par un exanthème de pustules ombiliquées plus ou moins nombreuses, occupant toute la surface du corps, et se terminant par une suppuration incomplète.

Il y a de véritables épidémies de varioloïde qui prouvent la réalité d'un virus affaibli de la variole reproduisant son espèce distincte.

Si quelqu'un pouvait douter de la contagion delà varioloïde et de son identité avec la variole, ces doutes devraient cesser en pensant : 1° que l'inoculation de la varioloïde reproduit la varioloïde ; et 2° que dans certains cas elle reproduit la variole.

L'inoculation de la varioloïde a reproduit la variole confluente, ce qui prouve qu'elle n'est qu'une variole modifiée.

La varioloïde offre ordinairement tous les symptômes de l'invasion et de l'éruption variolique : vomissement, fièvre,' douleurs lombaires vives, éruption de papules se transformant en vésicules, puis en pustules ombiliquées, mais à partir de ce moment les symptômes changent, car les pustules suppurent à peine, se dessèchent vite, et il n'y a pas de fièvre de suppuration.

Les pustules ombiliquées de la varioloïde sont absolument semblables à celles de la variole, mais leur évolution s'arrête en chemin et, à peine sont -elles formées, qu'elles se flétrissent sans suppurer et sans produire le ptyalisme, le gonflement des paupières, du visage et des mains qu'on observe dans la variole.

La fièvre primaire favorisant sur la peau l'éruption de pustules ombiliquées, suivies d'un moment d'apyrexie et d'une fièvre secondaire de suppuration, distingue la variole de la varioloïde, qui, elle, n'a pas de fièvre secondaire de suppuration.

On guérit presque toujours de la varioloïde ; mais, dans quelques cas, la mort peut être la conséquence des complications qui viennent à se produire.

Thérapeutique. — Les principes du traitement de la variole discrète sont également ceux qui doivent diriger le médecin dans le traitement de la varioloïde. V. Variole.

\'É«ÉTzîiTI01^'S ET VERRUES OU PAPILLOME^.

Les végétations sont des tumeurs de la peau qui représentent assez exactement les polypes des muqueuses ; ce sont des hypertrophies du derme, et en particulier des papilles.

Les papilles vasculaires sont celles qui sont le plus susceptibles d'hypertrophie et de former des végétations (Ulher, Robin) (fig. 73/i).

Les végétations se montrent indépendamment de toute irritation locale ; dans ces cas, la production se borne à

VEGE

une simple verrue. Le plus souvent les végétations'' apparaissent autour d'un point qui a été enflammé. Si la diathèse syphihtique est la cause de leur développement, c'est que, en même temps que l'économie tout entière est malade, il y a une cause d'irritation locale, le contact de pus virulent par exemple (Bazin).

Fig. l'ii. — Végétations. — /(. Cniijie d'une végétation. (Billrotli.)

11 y a des végétations sur la vulve, à l'anus et sur le prépuce, après des vaginites et des balanites, et quelquefois sur la cicatrice d'ulcérations chancreuses, ou de plaques muqueuses. Il y a des végétations sur le mamelon en dehors de toute syphilis.

Chez quelques femmes enceintes, il y a des végétations multipliées qui sont dues souvent à un écoulement vaginal (Thibierge, Ancelot).

I. Verrues. Les verrues ou poireaux sont ordinairement peu élevées, elles forment d'abord une petite tumeur arrondie, qui plus tard se fendille et prend l'aspect d'un faisceau de fibres perpendiculaire à la surface de la peau; lorsqu'on coupe ces verrues elles saignent assez abondamment.

Il y a une sorte de verrue qui est constituée par une tache jaunâtre un peu élevée au-dessus de la peau, et dans laquelle on ne retrouve pas la disposition végétante des verrues, mais qui sont néanmoins constituées par des hypertrophies des papilles.

Les verrues peuvent disparaître seules après avoir végété pendant longtemps, les papilles hypertrophiées, cessent de se nourrir, et la verrue disparaît peu à peu.

Thérapeutique. — On ne compte jdus toutes les méthodes qui ont été préconisées contre les verrues par Rousselot, Forest, Dudon, etc. Voici ce qu'il y a de mieux à faire : la cautérisation avec l'acide nitrique, lorsque la verrue siège au niveau d'un point où une cautérisation trop profonde serait dangereuse ; la cautérisation avec la potasse caustique laissée quatre minutes en place sur la verrue est bonne dans les régions où le derme est épais.

On peut également recourir à Vacide acétique mis tous les jours sur la verrue avec un pinceau et dont l'action est très-favorable (Bouchut).

L'excision de la verrue avec un lambeau du derme est une opération radicale, mais elle ne saurait être préférée aux cautérisations.

II. Végéiations inflammatoires à'de» syphilitiques ; c'est surtout pendant la grossesse, et après l'inflammation des muqueuses des orifices des organes génito-urinaires, que

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l'on rencontre les végélalions ; celles-ci se développent quelquefois sur la cicatrice d'un chancre mou. Il est des cas pourtant où l'on >ie trouve point de traces d'inflammation avant la naissance des végétations.

Les végétations se présentent sous la forme d'élevures coniques, fdiformes ou sphériques, réunies en masses, et formant des tumeurs désignées sous le nom de condylomc , de crête de coq, de fies, de choux-fleurs.

Les végétations volumineuses s'excorient fréquemment, laissent quelquefois suinter un liquide qui a une odeur fade ; elles se couvrent aussi de petites croûtes, à moins qu'elles ne soient au voisinage d'un orifice muqueux sécrétant des liquides qui les tient sans cesse humides.

La plupart des végétations sont souvent caduques ; elles tombent et laissent à leur place des ulcérations qui se cicatrisent plus ou moins vite, ou bien elles se flétrissent et disparaissent ; d'autres végétations sont persistantes et ne disparaissent que par une opération chirurgicale. Les végétations qui récidivent peuvent encore tomber d'ellesmêmes après leur reproduction.

Les petites végétations ne peuvent être confondues qu'avec des tumeurs cutanées, tels que les marisques de la marge de l'anus et Mes tumeurs érectiles flétries ; mais ces tumeurs sont toujours très-molles et forment une seule masse, ce qui n'a pas lieu pour les végétations.

Les grosses végétations ne seront pas prises pour des cancers, parce que la santé générale n'est jamais altérée, et qu'elles ne produisent pas d'engorgements ganglionnaires.

Thérapeutique. — Il ne faut pas se presser d'opérer des végétations qui sont le résultat d'une ancienne inflammation, car il se peutqueles tumeurs disparaissent seules. Lorsqu'une végétation a disparu seule, il faut que les malades prennent de grands soins de propreté pour prévenir la récidive.

Les végétations du vayin chez les femmes enceintes disparaissent seules d'ordinaire après V accouchement. Il ne faut pas y toucher pendant la grossesse.

On peut cependant opérer ces végétations énormes sans danger en opérant en plusieurs fois, et en arrêtant le sang qui coule en assez grande abondance par la cautérisation et la compression. L'avortement n'est pas à craindre (A. Després).

Lorsque les végétations restent stationnaires, on peut employer d'abord les topiques :

Poudre.

Sabine \

Alan calciné > aa parties cigales.

Poudre d'oxytle de Ici'. )

I I (Swédiaur.)

Ou:

^aWne- ; • laa parties é£;ales.

Alun calcine J

(Vida).)

Ces topiques, connus depuis l'antiquité, servent au moins à faire patienter les malades dans les cas où les végétations tendraient à tomber d'elles-mêmes.

Si pendant le temps (quatre à cinq mois) où l'on a mis en usage les poudres résolutives, la tumeur augmente ou reste stationnaire, on opérera.

On cautérisera les végétations : 1° nvecVacide acétique cristallisaUe placé sur de la charpie ou avec l'acide acétique liquide employé tous les jours avec un pinceau ;

2'^ avec Vaeide nitrique déposé sur les végétations entourées de charpie pour protéger les parties saines ; 3° avec le nitrate acide de mercure, au moyen d'un pinceau imbibé ; mais lorsqu'on se sert de ce caustique, il ne faut pas cautériser toute la végétation d'un seul coup ; k" avec Vacide chromiqué (Marchai) ; on cautérisera seulement une partie des grosses végétations. Ces deux acides, à cause de leurs propriétés toxiques, doivent être appliqués avec précaution, leur application est extrêmement dou- IcTiireuse.

Les cautérisations faites à l'aide de ces agents seront renouvelées autant de fois qu'il sera nécessaire.

Le fer rouge, le galvano-cautère, sont des moyens qui efl'rayent les malades et ne valent pas les cautérisations avec les caustiques.

Les grosses végétations ouïes végétations bien pédiculées seront enlevées avec l'écraseur linéaire. Les grosses végétations non pédiculées seront plus avantageusement traitées par des cautérisations répétées avec les caustiques et même l'excision.

Les petites végétations se détruisent facilement par la cautérisation, ou mieux par l'excision avec des ciseaux courbes et la cautérisation de la plaie avec le nitrate d'argent. Si la végétation était dure, il vaudrait mieux recourir tout de suite à l'excision.

L'excision de végétations ne cause pas d'hémorrhagies graves.

La cautérisation avec le perchlorure de fer à 30 °, répétée tous les jours, peut faire tomber les petites végétations du vagin.

YEIMES (Oblitération deS). Les oblitérations des veines ont lieu :

Soit à la suite d'une phlébite adhésive ;

Soit après une embolie veineuse et une thrombose;

Soit après une compression exercée sur une veine par une tumeur voisine qui aplatit le vaisseau. V. ânévrysme, Cancer ;

Soit par une ligature d'une veine.

Les oblitérations des veines causent la congestion et l'œdème de la partie située entre les capillaires et la veine oblitérée.

Lorsque l'oblitération veineuse dure depuis un certain temps ou lorsque la compression de la veine, lentement établie, a permis à la circulation collatérale de se rétablir, il y diphlegmatia alba dolens aux membres, et divers états, tels que des congestions viscérales et des ramollissements pour les viscères. Il n'est pas rare, dans ces cas, de voir les veines devenir variqueuses, soit celles qui se rendent à la veine oblitérée, soit celles qui servent à rétablir une circulation collatérale.

Lorsqu'une oblitération des veines s'est brusquement établie, la gangrène par arrêt de la circulation veineuse est imminente. V. Embolie, Cerveau {Ramollissement du), Gangrène.

Chez les sujets atteints de varices et d'anévrysmes variqueux, il se fait souvent une oblitération des veines. Dans le premier cas, l'oblitération survient aprr' une phlébife lente de varices; dans le second cas, elle i\A le fait de l:i compression de l' ânévrysme même sur les veines. V. Hé-

MORRHOÏDES, VARICES, ÀnÉVRYSMES.

Thérapeutique. — Le traitement des oblitérations veineuses est le traitement des maladies qui apportent un trouble mécanique à la circulation de la veine. V. Embolie, Gangrène, Varices, Hémorrhoïdes, Anévrysme.

Les obhtérations des grosses veines par une tumeur

VEIN

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telle qu'un cuucer des inédiastins échappent à tout traitement curatif.

Veiues (PLAIES DES.) Les plaies des veines sont des piqûres simples, des coupures longitudinales ou transversales. Toutes les plaies des veines ne s'écartent pas, comme les plaies des artères, et il est ordinaire que l'hémorrhagie qui est la conséquence d'une plaie des veines s'arrête d'elle-même. Cependant dans les très-grosses veines, lorsqu'une forte colonne sanguine vient presser latéralement au niveau d'une plaie longitudinale ou transversale du vaisseau, il y a une hémorrlingic qui ne s'arrête pas seule.

Les accidents immédiats des plaies des veines sont l'hémorrhagie veineuse et, pour les veines du cou, la pénétration de l'air dans les veines (Bauchène). [V. Am, Veines {Entrée de l'air dans les)] ; les accidents consécutifs sont la phlébite (V. Phlébite) et l'infection purulente. V. ce mot.

L'hémorrhagie veineuse est constituée par un écoulement régulier de sang noir, qui s'échappe de la plaie par jet ou en bavant, et qui cesse si l'on comprime la veine entre les capillaires et la plaie ; tout effort qui ralentit la circulation veineuse centrale augmente l'hémorrhagie. 11 arrive quelquefois que le sang sort par saccade et en jet : c'est lorsque la veine est soulevée par une grosse artère. Quand le sang est rutilant, cela lient à ce que le sang passe rapidement dans les veines, soit parce que les malades ont de la fièvre, soit parce que les canaux de déviation qui font anastomoser les veinules et les artérioles sont dilatés (Sucquet).

Lorsqu'une veine est blessée dans un point qui ne correspond plus à la plaie cutanée, au travers de laquelle la veine a été atteinte, le sang s'accumule dans le tissu cellulaire et produit ce que l'on appelle un thrombus. V. ce mot.

Les plaies des grosses veines par arrachement causent des hémorrhagies secondaires, parce que ces vaisseaux sont moins rétractiles que les artères.

Les plaies contuses des veines donnent des hémorrhagies consécutives lorsque l'eschare de la veine causée par la contusion vient à se détacher.

Les corps étrangers introduits dans les veines restent le plus souvent dans la veine, y causent une phlébite adhésivB et s'enkystent, mais il est rare qu'ils soient portés dans le torrent de la circulation.

Les piqûres des veines qui sont produites par des instruments piquants et tranchants se comportent comme les coupures ; les petites piqûres produisent peu d'accidents, il y a seulement un petit thrombus limité (V. Saignée). Si la plaie de la veine est un peu grande, et s'il n'y a pas de parallélisme entre la plaie cutanée et la plaie veineuse, il y a une ecchymose, un thrombus ou hémorrhagie souscutanée. V. Veines {Rupture sous-cutanée des).

Thérapeutique. — Tout le traitement des plaies des veines consiste à prévenir l'entrée de l'air dans les veines (V. ces mots), à arrêter l'hémorrhagie et à prévenir la phlébite.

Pour arrêter l'hémorrhagie, on tiendra fermée la plaie de la veine, par la position, en plaçant pour les membres par exemple l'avant-bras dans la flexion si les veines du pli du coude ont été blessées; en inclinant la tête du côté blessé, s'il y a une plaie des veines du cou. Les plaies des grosses veines même peuvent guérir par ce moyen. Pour toutes les plaies des veines superficielles, quelle que soit '

leur grosseur, la compression a toujours rendu de vér itables services. On se sert de rondelles d'amadou superposées et maintenues par une bande roulée.

Si une veine est ouverte dans une vaste plaie, on fera la compression dans la plaie même. Si après la réunion de la plaie on croit pouvoir appliquer une bande qui serre bien, on réunira par première intention. La suture est déjà un moyen de compression énergique.

Il ne faut jamais poser de ligature sur les veines, à moins qu'il ne s'agisse de très-grosses veines et que la compression soit impossible. Les veines viscérales, les veines porte et cave, les veines pulmonaires, les troncs veineux brachio-céphaliques, échappent à nos moyens d'action. Une hémorrhagie mortelle a lieu après une blessure un peu étendue de ces vaisseaux.

La ligature des veines a été faite avec succès par V. Moll, Stevens, Gibson, Morgan, Gély, Sédillot, A. Mott, pour les veines du cou; Larrey, pour la veine sous-clavière; Coste, de Marseille, pour la veine axillaire ; Larrey, Roux, A. Després, pour la veine crurale; mais pour cette dernière opération, trois fois sur quatre il y a eu mort par hémorrhagie à la suite de la ligature.

La ligature des veines doit porter entre la plaie de la veine et les capillaires, mais il est plus naturel de poser deux ligatures : une au dessus et une au-dessous de la plaie veineuse.

La ligature latérale (Travers, Guthrie), qui consiste à passer un ténaculum qui embrasse les deux lèvres de la plaie et à passer une ligature qui serre seulement une portion du vaisseau, est une opération qui a donné bien des mécomptes de nos jours. Pour quatre cas favorables à la méthode (Pjlandin, A. Bérard, Richet, Langenbeck), on ne compte plus les morts par hémorrhagie ou par phlébite suppurée qui ont suivi la ligature latérale des veines.

Règle générale : même dans les cas désespérés, la compression, le tamponnement de la plaie, la compression digitale dans la plaie, la compression mécanique à la fois sur la veine et l'artère valent mieux que les ligatures.

Si l'on avait fait une ligature sur la veine principale d'un membre, et si les hémorrhagies se répétaient et mettaient en danger la vie d'un malade, on serait autorisé à recourir comme dernière ressource à la ligature de l'artère principale du membre.

On préviendra la phlébite après les plaies des veines en pansant les plaies à l'eau froide, en les lavant tous les jours avec l'eau et l'eau-de-vie camphrée. La compression des membres est un excellent moyen pour favoriser le retour du sang par les collatérales et prévenir les phlébites, mais il faut pour cela que ce ne soit pas la veine principale du membre qui ait été blessée, car alors la circulation collatérale se fait par l'intermédiaire des veines sous-cutanées.

La cautérisation des plaies des petites veines est une bonne pratique.

Veines (RUPTURË SOUS-CUTANÉE DEs). Les ruptures sous-cutanées des veines ont lieu dans deux conditions, ou bien à la suite de contusions qui coupent des veines pressées entre le corps contondant et les os, . ou bien à la suite de ruptures spontanées des veines variqueuses.

Dans la rupture sous-cutanée des veines, un épanche ment de sang s'accumule sous la peail, s'étend à tout un membre quelquefois, et colore la peau en bleu violet dans une grande étendue.

Lorsqu'il y a eu contusion, les malades souffrent de leur contusion ; lorsqu'il y a rupture spontanée, les malades éprouvent une douleur brusque qui cesse peu à peu.

VEIN

VEIN

Les plaies sous-cutanées des veines ne sont pas graves; le seul accident est un Ihrombus (V. Thrombus de la vulve), et celui-ci n'est grave que lorsqu'il existe à la vulve, où lorsqu'il est le résultat d'une solution de continuité d'une très-grosse veine ; les ruptures sous-cutané(3s des veines variqueuses ne sont pas graves, elles guérissent promptement, et le sang se résorbe en peu de temps. V. pour le traitement Contusions.

"VEIN'T. V. Tympanite.

^'EIVTILATlOîV'. Le renouvellement de l'air dans les habitations à l'aide de cheminées ou d'appareils spéciaux constitue la ventilation. V. Miasmes,

La ventilation est la première chose à établir dans les endroits oîi l'on réunit un grand nombre d'individus sains ou malades dont la respiration et les émanations intestinales ou cutanées modifient profondément la composition de l'atmosphère.

Ventilation des hôpitaux. Le renouvellement de l'atmosphère confinée des salles d'un hôpital ne peut s'effectuer qu'en mettant l'air en mouvement ; quel que soit l'agent employé dans ce but.

La ventilation peut se faire de deux manières. Tantôt il y a aspiration de l'air vicié, aspiration qui tend à produire un vide que vient combler l'air extérieur ; c'est la ventilation par appel. Tantôt l'air pur est poussé dans le local à ventiler, d'où il chasse une plus ou moins grande quantité d'air vicié : on dit alors, que la ventilation se fait par /vfoulemént ou par injection.

\° Ventilât i07i par appel. — Les poêles à feu nu, dont on fait quelquefois usage, ventilisent par appel. Ils ventilisent très-peu, et le font en outre dans de mauvaises conditions, le renouvellement ne pouvant se faire que par les ouvertures accidentelles situées à la périphérie de l'appartement.

2° Ventilation par injection. — Les calorifères, substitués d'abord aux poêles dans quelques hôpitaux, ventilent par injection de l'air affluant dans la salle par des bouches de chaleur. Ce système, efficace seulement l'hiver, comme le précédent, lui est cependant préférable en ce qu'il fournit au renouvellement un plus grand volume d'air, en ce qu'il ne favorise pas l'accès de l'air froid par les ouvertures accidentelles.

C'est à l'hôpital Lariboisière qu'on peut d'abord étudier le fonctionnement parallèle des deux systèmes sur des appareils très-perfectionnés et installés dans des conditions relativement excellentes. La ventilation par appel fut organisée par Duvoir-Leblanc, qui en fit disparaître l'inconvénient fondamental, en portant à la périphérie les orifices d'évacuation. La ventilation par injection fut installée par Thomas, Laurens et Grouvelle. Plus tard. Van Hecke devait, dans les hôpitaux Beaujon et Necker, perfectionner encore les moyens d'exécution du travail à effectuer, abaisser le prix de revient de celui-ci, et fournir des arguments de divers ordres à ceux qui étaient tentés d'élucider les questions qui se rattachent à la solution du problème.

Si l'on examine les principes généraux qui ressortent des discussions au;cquelles a donné lieu l'examen comparatif des solutions réalisées ou proposées, on voit que : le mouvement d'évacuation de l'air devant atteindre d'autant plus sûrement sonbuthygiéniquc qu'il opérera sur l'air le plus vicié, on peut affirmer que le travail utile sera une fraction d'autant plus grande du travail total, que les bouches de sortie seront plus voisines des points où s'opère la vicia-

tion de l'atmosphère, et que les bouches par où s'effectue le renouvellement seront plus éloignées de ces mêmes points.

Ces premières conditions posées, il reste à déterminer celles dans lesquelles doit s'accomplir le double mouvement de l'air qui a pour résultat le renouvellement de l'atmosphère de la salle.

On sait que les forces qui commandent l'évacuation opèrent indirectement le renouvellement, puisqu'elles tendent à produire un vide qui vient aussitôt combler l'air extérieur. De même, les forces employées à opérer le renouvellement déterminent un trop-plein dont une évacuation indirecte est la conséquence nécessaire.

Dans tous les systèmes de ventilation appliqués jusqu'ici, on a compté sur ces relations forcées entre le mouvement d'entrée et le mouvement de sortie, appliquant à la production de l'un seulement de ces mouvements les moteurs dont on disposait. On a ainsi perdu de vue que, s'il y avait parité entre l'entrée et la sortie envisagées en masse, il n'en serait plus de même lorsque de l'estimation du travail total on passerait à celle du travail efficace.

Le renouvellement commandé par l'évacuation se fait par les ouvertures ménagées à cet effet, et par les ouvertures accidentelles. Or, ces dernières, situées à la périphérie, dans le voisinage des points d'extraction, sont le mieux placées pour donner accès à de l'air pur, qui est évacué presque aussitôt qu'introduit. C'est ainsi que, dans la ventilation dite par appel, le rendement utile ne présente qu'une faible portion du travail dépensé.

Lorsque le moteur est employé à opérer directement le renouvellement, et àprovoquer indirectement l'évacuation, les conditions sont plus favorables en apparences : il y a moins de travail perdu. Partant de là, on est arrivé à donner généralement la préférence à la ventilation par i)ijection.

Mais en même temps qu'on se propose, en ventilant, de renouveler la masse de l'air, on doit chercher à individualiser autant que possible, le milieu respirable, à éviter que les courants inévitables deviennent les agents de dissémination des influences morbides dont l'air peut être le véhicule. Or, on n'y parvient qu'en assurant à l'évacuation une énergie suffisante pour décider la direction des courants, résultat que la ventilation par appel permet seule d'obtenir.

Se fondant sur les considérations qui précèdent, il faut conclure avec Tripier :

Que c'est à tort que l'on a considéré jusqu'ici comme contradictoires les indications qui résultent de l'étude expérimentale de la question, et qu'on a prétendu ventiler exclusivement par appel ou par injection, c'est-à-dire faire dépendre complètement le renouvellement de l'évacuation, ou réciproquement ;

Qu'on ne saurait renoncer à opérer directement l'évacuation ;

Que le renouvellement par les orifices accidentels occasionnant une perte de travail et des perturbations considérables, il faut placer l'air qui afflue par les bouches d'entrée dans des conditions plus favorables pour l'évacuation que l'air qui baigne les orifices accidentels ;

Qu'un seul moyen permet d'y arriver : la conservation d'une injection qu'il sera seulement possible de rendre moins énergique que les injections actuelles.

Il faut donc qu'on ventile à la fois par appel et par in-

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jection, partageant la force dont on dispose entre deux machines commandant, l'une l'entrée, l'autre la sortie. Sans cela il est impossible d'arriver à produire une somme suffisante de travail utile autrement qu'en conil)inant les deux procédés. Faisant ainsi on pourra impunément ouvrir les bouches de renouvellement aussi loin que possible des bouches d'évacuation.

La situation des orifices d'évacuation étant déterminée par la nécessité d'opérer l'appel dans le voisinage immédiat des points où l'air est vicié, il reste, pour déterminer celle des orifices de renouvellement, à tenir compte de ce fait que les courants descendants et antéro- postérieurs sont infiniment moins incommodes que les courants ascendants et postéro-antérieurs ou latéraux. Le courant d'entrée devra donc déboucher ou s'épanouir à une certaine hauteur.

Voici maintenant le dispositif proposé par Tripier pour réaliser ces conditions :

Renouvellement. — Une cheminée cylindrique, dont le diamètre est en rapport avec la capacité du local et le volume d'air à fournir, occupe, sur toute la hauteur du bâtiment, le centre des salles. La paroi de cette cheminée est à jour, formée par des barreaux de fer ou par un treillage. C'est par les jours de cette paroi qu'arrive l'air neuf, frais l'été, chaud l'hiver.

L'air chaud tendant à monter et l'air frais à descendre, les courants d'injection seront, quoi qu'on fasse, ascendants l'hiver et descendants l'été, du moins au sortir de la cheminée. On fera donc déboucher l'air frais par en haut l'été; tandis qu'il est avantageux, pour chauffer en même temps que ventiler, de faire, l'hiver, arriver l'air chaud par en bas. Pour cela, un cylindre de tôle, ayant une hauteur moindre que celle de la salle, formera, extérieurement au treillage cylindrique de la cheminée, une seconde paroi laissant à découvert une partie de celui-ci. Un système de contre-poids permettant de faire adhérer au plafond le bord supérieur de la paroi pleine, ou son bord inférieur au plancher, la partie par où l'air de la cheminée conservera un libre accès dans la salle pourra se trouver en haut l'été, en bas l'hiver.

Le haut de la cheminée reste ouvert l'été pour laisser tomber l'air du dehors. 11 est fermé par un plancher durant l'hiver, alors que le renouvellement se fait aux dépens d'une masse d'air chauffée dans la partie inférieure.

Quant aux moyens de chauffage, ils peuvent rester ceux qu'on voudra : circulation de vapeur, circulation d'eau, ou calorification à air sec.

Évacuation. — Conservation de l'appel, en contre-bas, par des bouches placées à la lête des lits, tel qu'il fonctionne actuellement dans plusieurs hôpitaux.

Tripier a insisté enfin sur la destination à donner à l'air évacué qu'il voudrait voir aspirer inférieurement et lancer dans des foyers de combustion ou dans des égouts. Ce complément de la ventilation en contre-bas deviendra obligatoire le jour où les hôpitaux seront considérés officiellement comme des locaux insalubres. On n'a pas attendu qu'il existât de bons appareils fumivores pour exiger des industriels qu'ils brûlassent leur fumée ; il est plus important de contraindre les hôpitaux à brûler leurs miasmes, qui peuvent répandre au dehors les épidémies les plus graves.

YEMTOlJiSE. Instrument qu'on applique sur la peau et dans lequel on fait le vide pour attirer le sang dans la peau et pour opérer une révulsion cutanée. V. Révulsion.

Il y a deux espèces de ventouses, la ventouse sèche et la ventouse scarifiée.

Vcnioiises sèclies. Les venlouscs sèches sont de petites cloches de verres dont on raréfie l'air intérieur avec une lampe ou avec un morceau de papier allumé avant de les appliquer sur la peau, et l'air échauffé ou chassé par la chaleur fait le vide, flu.xionne la peau et l'attire dans la ventouse. — Ailleurs, ce sont des cloches garnies d'un robinet où s'ajuste une petite pompe foulante et aspirante qui fait le vide jusqu'au degré convenable {ventouse à pompe), et l'on ferme le robinet. — On a modifié aujourd'hui la ventouse (V. fig. 736). Dans d'autres cas enfin, ce sont des tuyaux ou boîtes de métal assez larges pour recevoir un membre (ventouses Junod), et dans lesquels un mécanisme convenable permet de faire le vide et d'attirer le sang loin d'une partie malade (fig. 735).

Kig. 735. — Ventouse Junod.

Quand les ventouses sont petites, on en met dix à douze, et l'on réitère tous les jours, souvent même deux fois par jours ; mais s'il s'agit d'une ventouse monstre, on n'en met qu'une, et pour recommencer on attend que la peau ne soit pas trop douloureuse.

Les ventouses sèches sont très-utiles dans les maladies chroniques, et pour en tirer tout le parti convenable, il faut en mettre beaucoup, pendant très-longtemps, et les appliquer d'une façon convenable, allant même jusqu'à la vésication. — Dans les maladies aiguës, elles ne conviennent que dans les hypérémies cérébrales, spinales et pulmonaires, mais là elles sont extrêmement utiles.

Ventouses scarifiées. — Au lieu de ventouses sèches, on applique des ventouses scarifiées destinées h faire une émission sanguine locale; mais alors on veut joindre les résultats d'une déperdition du sang à l'effet révulsif.

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