ATRO
Cette opération est si difficile, que des chirurgiens ont dû la laisser inaciievée. Dans une oblitération acridentelie, il se peut que la nature achève la guérison après plusieurs tentatives d'opération ; mais il n'est pas prudent de compter sur l'heureuse terminaison d'une rupture extél'ieure.
Dans le cours de l'opération, deux ecueils doivent être évités, l'ouverture de la vessie et celle du rectum. Les précautions indiquées ci-dessus serviront à les prévenir. L'hémorrliagie est rare, dans l'opération en plusieurs temps, elle n'est pas redoutable, mais elle sert de guide pour s'arrêter.
A la suite de l'opération il peut survenir une infection putride, une péritonite ou une mélrite. Les lavages fréquents, la précautionde ne point vider complètement la tumeur du premier coup (Velpeau), les émollients et le repos permettent d'éviter ces redoutables complications. Lorsque les accidents tiennent à une rupture de la poche dans l'abdomen, on ne saurait accuser l'opération. Seulement, on peut s'en prendre à ce que l'opération a été trop retardée
Les complications peuvent occasionner une récidive.
Si la distension de l'utérus n'est pas extrême, on pourra faire l'opération en plusieurs temps (Âlp. Guérin). On pourra ainsi creuser dans les adhérences vaginales accidentelles ou dans le tissu cellulaire recto-vaginal, dans le cas d'absence do vagin : on opérera en plusieurs temps, et à des époques assez éloignées; on se met ainsi à l'abri d'hémorrîaagies qui gênent le chirurgien lorsqu'il fait l'opération en un seul temps.
En aucun cas ne pratiquez l'opération par la méthode dite indirecte : la ponction de l'utérus distendu par le rectum ou la vessie. Dans les cas d'absence de vagin, ou après les adhérences accidentelles, il est impossible de savoir jusqu'où descendent les culs-de-sac péritonéaux ; si une péritonite survenait après une semblable opération, c'est que le chirurgien aurait blessé le péritoine.
Pour les oblitérations vaginales accidentelles, les difficultés sont plus grandes que pour les absences congénitales du vagin, les lésions des parois de ce conduit rendent la dissection plus difficile.
La dilatation du vagin créé sera faite avec les sondes de gomme élastique ou de caoutchouc. La sonde en sablier de Wattmann, maintenue avec des bourdonnets de charpie et un bandage en T, des injections détersives, des cataplasmes sur le ventre et le repos absolu seraient prescrits. On pourra utiliser divers moyens dilatateurs, tels que les sondes entourées de bourdonnets de charpie, la baudruche emplie de charpie. Les injections seront faites chaque ibis' que l'on changera le corps dilatant. Il est préférable, en général, d'employer des instruments dilatateurs pourvus d'un canal qui permettent l'écoulement des liquides.
La récidive des oblitérations vaginales, l'insuccès des opérations, tiennent: 1" à ce que les incisions ont été trop petites ; 2" à ce que le chirurgien n'a pas maintenu la plaie dilatée pendant assez de temps.
Atrésie du col «le rutos-ii!» [Imper fofation et Ohlitératimdu col utérin), llabituellument acquise et due à des cautérisations répétées du col, elle coïncide quelquefois avec une absence congénitale du vagin. 11 n'e«t pas démontré que l'alrésie du col seule soit en relation avec un arrêtde développement, elle serait plutôt la conséquence de leucorrhées antérieuix's.
Elle ne se manifeste que; par l'absence des régies, au début ; plus tard, elle entraîne la foiination d'une collection sanguine dans l'uiérus ei les trompes. Le col peut
s'ouvrir spontanément, et le conduit utéro-vaginal peut devenir libre; mais ces faits sont rares.
Thérapeutique. — La facilité des explorations permet d'opérer à un moment convenable, alors que l'utérus n'a pas acquis un volume énorme. Mais on se gardera bien d'attaquer avec l'instrument tranchant un col imperforé, alors qu'il n'y a pas tumeur utérine. Cette opération est cependant acceptable pour les oblitérations accidentelles récentes.
Dans les cas où le vagin manque et où l'utérus est imperforé, il faut traiter l'atrésie vaginale comme il a été dit précédemment. U n'y a pas d'indications tirées de l'état du col dans les atrésies congénitales du vagin et du col de l'utérus. Dans les oblitérations accidentelles, au contraire, il reste des vestiges du col, et c'est à leur niveau qu'il faut ponctionner.
Pour l'atrésie simple du col utérin, un grand nombre d'instruments ont été proposés pour ponctionner l'utérus distendu par les menstrues, ou pour rétablir la cavité du col oblitérée. Les trocarts spéciaux, le litholome du frère Come et le bistouri conviennent ; mais un simple ti'ocart et un bistouri boutonné suffisent.
Si vous avez à traiter une astrésie récente et qu'il reste des traces du col où pénètre la sonde utérine, bien qu'il n'y ait pas tumeur utérine, un débridement et la dilatation avec l'éponge préparée, ou les cônes d'ivoire flexible de Charrière constituent tout le traitement.
Si vous avez à traiter une atrésie avec disparition delà trace du col et compliquée de tumeur utérine, ponctionnez' avec le trocart ou le bistouri; placez une sonde, faites des injections détersives, et attendez quelques jours avant de procéder à la dilatation.
Pour procéder à ces opérations, on se servira du spéculum plein, qui embrassera et fixera le col de l'utérus (A. Puecb). .\près avoir piqué à l'endroit où l'on suppose que doit être la cavité du col, la sensation d'une résistance vaincue ludique que l'on est parvenu dans l'organe et que l'opération est terminée. Cela fait, si l'ouverture est trop étroite, on débridera avec un bistouri boutonné.
La dilatation sera faite, dans les premières heures, avec une sonde de gomme élastique qu'il est très-facile de maintenir en place. Il ne faut se servir des dilatateurs mécaniques, tels que celui de Jobert (de Lamballe), et de l'éponge préparée, que dans les rétrécissements consécutifs à l'opération. Les injections ne doivent pas être faillis régulièrement dans l'utérus môme, au contraire les injections vaginales, deux fois par jour, sont d'excellentsmoyeiis topiques. Les cataplasmes sur le ventre, les bains de siège, les demi-lavements, comme dans toutes les affections utérines inflammatoires, sont indiqués dans les atrésies des voies génitales en général.
Le praticien qui portera un pronostic sur les suites des opérations faites pour ces atrésies saura que la grossesse et l'accouchement sont possibles; l'avortemenl n'est pas fatal, et les accouchements ne sont pas forcément dangereux après les atrésies accidentelles. La grossesse est rare après les atrésies congénitales; excepté toutefois les atrésies vulvaires, ([ui n'ont aucune conséquence sur la gestation.] Les rétrécissements qui se produisent quelquefois après ces opérations peuvent être guéris avec du soin et de laj patience. i
ATKÉTOPSIE. Imperforation congénitale de la pupille. ' V. Iris. '
ATROPHIE. On voit souvent diminuer le volume d'im organe ou d'une partie du corps par suite de la résorption
ATliO
\Ti;()
d'iin cerlaiii nombre des éléments anatotniqiiesqi.i leeoniposent.
L'atrophie est un effet ordinaire de la vieillesse, mais elle peut être accidentelle, et alors elle résulte, soit d'un défaut d'innervation produit par la maladie du cerveau ou des nerfs, soit d'une phlegmasie chronique de l'organe amoindri, soit enfin d'une diminution de calibre des artères empêchant l'arrivée d'une suffisante quantité de sang dans les tissus.
Si l'inanition d'un tissu et l'inanition par défaut d'aliments sont les causes de l'atrophie partielle ou générale, parce que les sources de la vie se trouvent diminuées, il y a des cas où l'atrophie générale résulte d'une Irop grande activité du mouvement nutritif moléculaire, parce que la réparation n'a pas le temps de s'accomplir ; c'est ce qu'on observe dans la fièvre de consomption .
Toutes les paralysies }»ar compression ou destruclion des nerfs, ainsi que certaines névralgies, produisent l'atrophie.
Atrophie du eœur. La faiblesse des mouvements du cœur, la petitesse du pouls, la dyspnée et la tendance à la syncope avec matité précordiale peu étendue indiquent l'atrophie du cœur.
L'atrophie du cœur est incurable.
.%<ropliie «lu ccrveaH. Un arrêt de nutrition chez l'enfant, l'oblitération des artères cérébrales chez le vieillard, produisent l'atrophie du cerveau avec de l'idiolisme chez le premier, tandis que chez l'autre c'est le défaut de mémoire et l'affaibUssement intellectuel poussé jusqu'à la démence. V. Cerveau.
Atrophie des ganglions I,ynipliati(|ues. Chez le vieillard tout le système lymphatique et particulièrement les ganglions sont le siège d'une atrophie considérable.
i%trophi« graisseuse de l'enfance. V. PahALYSIE K.SSE.NTIELLE DE L'ENFANCE.
Atrophie musculaire progressive. Les muscles sont quelquefois affectés d'une atrophie progressive qui fait disparaître la plupart de leurs fibres rouges et qui amène leur transformation cellulo-granuleuse et graisseuse.
Une atrophie des nerfs correspondant aux muscles malades ou des racines antérieures motrices de la moelle, coïncide presque toujours avec l'atrophie musculaire, mais il est difficile de savoir si la lésion du nerf a précédé celle du muscle, ou, au contraire, si c'est la maladie des muscles (jui, en amenant leur immobilité, a pu produire la lésion atrophique des nerfs.
I;e froid et le rhumatisme, la fatigue excessive de certains muscles qui épuise sans relâche leur contractilité, sont les causes ordinaires de l'atrophie progressive des muscles.
L'atrophie musculaire progressive n'occupe jamais tous les muscles du corps ; elle n'afl'ecte que certains nuiscles des membres de la face et du tronc. Elle débute à la main, dans l'éminence thénar et hypothénar, dans les interosseux, gagne les muscles de l'avant-bras, le deltoïde et les pectoraux, le grand dentelé et les intercostaux, les muscles du cou, ceux des membres inférieurs , le dia- ]thragme, etc.
La sympathie qui unit ensemble les parties symétri(pies du corps fait que l'atrophie d'un muscle est toujours siuvie de la même altération dans le muscle semblalde du côté opposé.
De l'engourdissement, des crampes, des soubresauts,
BOrCHUT ET DEgPRlîS. — S*" éd.
des coniraclions fibrillaii es suivies d'amaigrissemeni d'un ou de plusieurs muscles des membres et du tronc, annoncent ]'a(rophie musculaire progressive.
De l'atrophie musculaire progressive résulte la paralysie incomplète, et quand la lésion occupe les muscles intercostaux ou le diaphragme, il en résulte la difficulté d'excrétion des urines ou des exci'émenls, de la dyspnée et une gêne respiratoire qui peut amener l'asphyxie.
L'atrophie musculaire progressive se développe trèslenlemenl, peut rester stationnaire, mais ne guéi'it presque jamais.
Les organes des sens et rinlelligence ne sont jamais affectés par le développement, même Irès-considérable, de I atrophie musculaire progressive.
Théi'apcuHijiie. — Des vésicatoires volants rubanés sur 11' Irajet des nerfs ou de la moelle ; la cautérisation puncluée très-fréquente et des cautères le long du rachis, les douches de vapeur, doivent être employés pour combattre l'atrophie musculaire progressive.
L'électricité par des séances d'électrisation quotidiennes avec des courants constants plutôt qu'avec les courants d'induction sont très-utiles contre l'atrophie musculaire
Les frictions de teinture d'arnica, d'alcool camphré, d'alcool de mélisse, de térébenthine, de baume Fioravenli; les applications de teinture d'iode avec moitié d'eau iodurée; les linimenfs volatils; le massage, la palétalion, l'acupuncture fréquente avec de nombreuses aiguilles; les douches chaudes, salines et sulfureuses; les bains sulfureux et les eaux thermales sont quelquefois avantageux pour arrêter le développement de l'atrophie.
La strychnine, à 1 ou 5 milligr. se donne quelquefois dans l'atrophie nuisculaire progressive, mais c'est un moyen douteux.
Atrophie des reins. La néphrite simple guérie et la néphrite albumineuse à sa dernière période produisent l'atrophie des reins. L'atrophie du rein est un mode de guérison de calcul du rein avec occlusion du calice et de l'uretère (Chomel).
Atropfiie des os. Le rachitisme et l'ostéomalacio produisent toujours un certain degré d'atrophie des os.
L'atrophie des os s'arrête au moyen du phosphate de chaux et de l'huile de foie de morue. (V. Hachitisme),
Atrophie du testicule. V. TESTICULE.
ATISOPI^'E. Alcaloïde soluble dans l'alcool liouillani, extrait do la belladone et du datnra, par Brandes. Il est peu employé. On se sert plutôt du sulfate d'atropine, dont on fait dans l'eau une dissolution neutre pour instiller dans les yeux. Cette solution s'emploie contre l'iritis pour maintenir la pupille dilatée i-h ■+-\, et c'est dans ce but qu'on l'emploie journellement pour faciliter l'usage de l'ophthalmoscope \+ +\. Seulement, lorsque la pupille reste dilalée pendant trois jours, ce qui gêne quelquefois les malades, on la fait resserrer au moyen d'une goutte de dissolution de fève du Calabar mise dans l'œil.
La solution de sulfate d'atropine s'emploie aussi localement contre les névralgies \±] et en injections hypodermiques avec la seringue de Pravaz □.
Injection, sous-cutanée de sulfate d'atropine (Béhier). — Sidfate d'atropine 30 cent., eau distillée 30gram.; faites dissoudre. Injecter, à l'aide de la seringue de Pravaz, 5 gouttes qui contiendront 1 milligr. de sulfate d'atropine.
Elle s'emploie contre les névralgies et surtout contre la sciatique. On combattra les accidents atropiques, s'il en survient, par l'opium à petites doses.
ATP.O
Gouttes ou teintui'e cVatroinne.
Atropine 1 i^raaime.
Alcool il SSdesi'és 200 " itl.
Faites dissoudre. Se prescrit en potions à la dose d'une à cinq gouttes.
Comme solution prophylactique de la scarlatine, la teinture d'atropine se prescrit à la dose d'une goutte par jour dans un demi-verre d'eau sucrée pour un enfant de cinq ans, deux gouttes pour un enfant de dix ans, trois gouttes à quinze ans, et cinq gouttes pour un adulte, mais c'est une médication dangereuse dont l'action préserva tive n'est pas démontrée.
Cette solution se donne aussi à une à deux gouttes dans la cavité de la dent dans l'odontalgie.
Siro'p d'atro'pine.
Alvnpiiie 5 ceutisiMCQUii:'»..
Faites dissoudre dans 10 grammes d'eau ; dissolvez à l'aide d'une gouttelette d'acide clilorhydrique ; mêlez avec sirop de sucre blanc 1000 grammes. 100 grammes de ce sirop en contiennent un demi-centigramme. On le prescrit à la dose de 10 à 30 grammes.
Frises d'atroime.
Ati opine 5 contigrannnos.
Snoi'e hlanc 10 grammes.
Mêlez pour une longue trituration : divisez en 200 paquets. Chacun d'eux contiendra un quai t de milligramme d'atropine.
On en prescrit d'un à deux paquets par jour aux enfants de huit ans, dans les cas de coqueluche, mais mieux vaut la belladone.
Pilules d'atropine.
Atropine 10 contigruuimos.
Miel et poiulro de gniniiiuve q. s.
Pour faire 200 pilules de 10 centigrammes. Chaque pilule contiendra un demi-milligramme d'atropine. On prescrira d'une à quatre pilules chaque jour ■progressivement, dans les cas d'épilepsie, chorée et autres fièvres.
Dragées d'atropine.
11 suffit d'enrober d'une couche légère de sucre les pilules précédentes. Elles s'administrent dans les mêmes cas, aux mêmes doses et de la même manière.
A l'extérieur, l'atropine est très-souvent employée sous forme de collyre et de i)ouuuade. Voici les foi'uudes principales de son administration.
Collyre pour dilater la pupille,
Atroj(inc 5 centigTammes.
Eau distillée 20 grammes.
Faites dissoudre à l'aide d'une gouttelette d'acide chlorhydrique. Quelques gouttes instillées dilatent la pupille au bout d'un quart d heure.
Collyre d'atropine.
Atropine 1 gramme.
Eau distillée 100 id.
F. s. a. ; entourez le flacon de glace.
Ce collyre s'emploie dans les hernies récentes de l'iris et les ulcérations de la cornée lorsque la perforation est imminente. On applique une compresse imbibée de liquide que l'on renouvelle souvent ; on instille toutes les dix minutes une goutte de cette solution dans l'œil (Desmarres). Collyre sulfuré d'(dropine (Ruyter).
Une solution de 0,20 de sulfate d'atropine dans 32° d'eau distillée s'emploie comme préparation aux opérations, ou lorsqu'il s'agit, soit de préveiiir une synéchie, un synchysis, i
ou un prolapsus de l'iris imminent, soit d'augmenter la capacité visuelle dans la cataracte centrale ou dans l'opacité centrale de la cornée. — Une partie de cette solution étendue de 13 parties d'eau suffit pour produire une dilatation complète, avec immobilité passagère de la pupille, lorsqu'on se propose seulement d'examiner les parties internes de l'œil avec l'oplithalmoscope. La dilatation survient après trente à quarante-oinq minutes, et ordinairement en vingt-quatre heures tout trouble a cessé dans la vision.
Pommade d'atropine.
Atropine 25 centigrammes.
Axonge 6 grammes.
Mêlez avec soin. Matin et soir, on introduit gros comme une tête d'épingle de celle pommade entre les paupières, pour combatlre les adhérences irido-cristalloïdiennes.
Linimmt d'atropine.
Atropine centigrammes.
Unile d'olive 12 grammes.
Faites dissoudre. En appliquant quelques gouttes de cette dissolution sur les paupières, l'auteur a obtemi une dilalalion très-persistante.
Valérianate d'atropine (îlichéa).
Sel employé à l'intérieur, dans les mêmes conditions que l'atropine, à la dose d'un demi à 2 milligrammes.
Valérianate d'atropine contre les affections convidsives (Michéa).
Employé dans le traitement des affections convulsives, et en particulier dans celui de l'épilepsie, de l'hystérie, de la chorée, de l'asthme et de la coqueluche. Les doses varient depuis un demi-milligramme jusqu'à 2 milligrammes dans les vingt-cjuatre heures, dernière dose qu'il est prudent de ne pas dépasser.
ATTELLES. Les attelles sont des plaques solides, étroites et longues, destinées à maintenir immobiles des parties anormalement mobiles comme les fragments des fractures, ou à maintenir une articulation, ou à fournir un point d'appui pour redresser un cal difforme.
On fabrique les attelles avec du bois ou du carton, avec des tiges métalliciues et des treillages métalliques. V. Arthrites CHRONIQUES, CAL DIFFORME, FRACTURE.
ALCTOVILLE (Calvados) . Eau minérale saline^ ferrugineuse, 22°.
AHWIXAC (Ariége.) Eau minérale saline, ferrugineuse, très-employée dans le midi de la France contre la chlorose [±].
AllLUS (Ariége). Possède trois sources salines et ferrugineuses, 20°, dont la nature est diurétique et tonique. Elle s'administre en boisson. En toute saison.
AUIHALE (Seine-Inférieure). Eau ferrugineuse froide employée contre la chlorose.
AU1\IE. Arbre de la famille des bétulacées, qui croît sur le bord des ruisseaux, et dont les feuilles, astringentes, s'emploient comme cataplasme sur les mamelles pour tarir le lait □.
.AliKÉE. Plante des synanthérées, semblable à un soleil et qu'on cultive dans nos jardins. Sa racine, amère et acre, contient un principe immédiat, appelé inuline par Thomson. — Elle est très-tonique, un peu excitante, enmiénagogue et diapliorélique.
! On emploie l'année dans le catarrhe pulmonaire [T],
AiiSf:
Alise
dans la congeslion clironiqiie des poumons [T], dans la chlorose et l'aménorrhée r+l. dans la scrofule I I. dans les maladies cutanées scrofuleuses \±\ et sous l'orme de lotions contre les démangeaisons dartreuses [+]• Elle s'administre : en poudre, 2 k k grammes; en infusion, 20 à 30 granmies par litre d'eau; en teinture, 2 à 10 grammes; m rin, 15 grammes.
ALRO]%IE. Plante de la famille des synanthérées et du genre des armoises, cultivée dans les jardins. Elle est amère, excitante, vermifuge, comme l'absinlhe, et s'emploie comme elle I I.
AUSCULTATION . L'auscultation , inventée par Laennec, est une méthode d'examen au moyen de laquelle, avec le sens de l'ouïe, on fait le diagnostic des maladies du poumon, du cœur et de quelques autres organes.
Ecouter avec l'oreille ou avec un stéthoscope sur les parois de la poitrine, de la tête et du ventre, les bruits de la respiration ou du cœur, et certains bruits anormaux pour les interpréter sagement, voilà le but de l'auscultation.
Auscultation de 1« respiratiou. Le murmure vésiculaire doux qu'on entend sur toute la poitrine, quand les poumons sont sains, s'affaiblit quand les organes sont malades, et cela au niveau de la partie affectée ; ainsi en est-il dans la congestion aiguë et chronique, dans la pneumonie chronique, dans la pleurésie, dans l'emphysème pulmonaire et dans la compression des bronches par une tumeur du voisinage ; — il disparaît dans les épnnchements considérables de la plaie aplatissant le poumon, dans la pneumonie, et il est alors souvent remplacé par du souflle, — enfin il est rude ou suivi d'un bruit d'expiration prolongée, dans l'induration pulmonaire et au commencement de la phthisie tuberculeuse.
Le riiurmure vésiculaire est souvent masqué par des bruits étrangers qui sont des râles secs, sonores, sibilants et ronflants, ou par des râles humides, à l'élat de craquement, de râle crépitant, de râle sous-crépitant et nuiqueux, de gargouillements et de râles caverneux.
Les)Vf/es secs, sonores, sibilants et soufflants se passent dans les bronches tapissées de mucosités en vibration par la colonne d'air, et ils s'observent dans la bronchite aigur ou chronique simple et compliquée d'emphysème, de tubercules, de congestion pulmonaire, etc.
Les râles humides « l'état de craquemmt, de râle crépitant, sous-crépitnnt etrnuqueux, de gargouillement et de ràk caverneux, annoncent des mucosités liquides dans les petites bronches, dans les vésicules pulmonaires ou dans des cavités accidentellement établies au milieu du poumon. — Les craquements peu nombreux ordinairement au sommet du poumon annoncent une congestion pulmonaire chronique ou le commencement de la phthisie, lorsque les tubercules commencent à se ramollir. — Le râle crépitant, formé de petites bulles très-fines et très-sèches annonce la première période de la pneumonie aiguë ou sa résolution. — Le réde sous-crépitant, formé de bulles fines, mais inégales et humides annonce la bronohile capillaire, le commencement de la phthisie et la congestion sanguine ou l'œdème des poumons. — Le râle muqueux, formé de plus ou moins grosses bulles, indique la bronchite aiguë ou chronique des bronches moyennes, avec emphysème, ou la phthisie au deuxième degré. — Le râle caverneux ou gargouillement est un glou-glou qui se passe dans une excavation tuberculeuse, dans un abcès, dans une
dilatation des bronches ou dans une poche de gangrène pulmonaire.
En outre des râles secs et humides, le bruit respiratoire est souvent accompagné de souffle, quand, sur un point, le tissu des poumons est enflammé, induré ou creusé d'une cavité accidentelle. — Ce souffle est le signe d'une pneumonie au deuxième degré; d'un épanchement de liquide comprimant les poumons ; d'une caverne tuber culeuse, gangreneuse ou autre, mais alors il a le caractère de souffle caverneux ou de souffle amphorique, c'est-àdire de bruit semblable à celui qu'on produit en soufilant dans une bouteille.
Le murmure vésiculaire est encore accompagné d'un autre bruit'anormal, particulier, très-rare et semblable au choc d'une tête d'épingle dans un verre, c'est le tintement métallique. Il indique presque toujours une perforation de la plèvre avec hydro-pneumothorax.
Auscultation de la voix. Lorsqu'au lieu d'écouter le bruit que l'air fait pour entrer et pour sortir des poumons, on écoute le retentissement de la voix, on entend sa résonnance normale ou modifiée par différentes circonstances physiques importantes, amenant la bronchophonie, Végophonie at hi pectoriloquie.
Toutes les fois que le tissu du poumon est induré, c'està-dire alleint de congestion pulmonaire chronique, de pneumonie; aiguë et de pneumonie chronique, de tuberculisation au premier degré ou d'infiltration sanguine apoplectiijue, il y a dans le point correspondant un retentissement exagéré de la voix qu'on appelle bronchophonie ou voix bronchique.
Oiuuid le poumon est refoulé contre la colonne vertébrale, par un épanchement pleural de liquide, la voix dont le relentissenient arrive à l'oreille de l'observateur tremble et chevrote conmie la voix de polichinelle, c'est l'égophonie.
Chaque fois qu'il existe une cavité tuberculeuse ou autre dans le tissu du poumon, la voix du malade retentit dans l'oreille de l'observateur comme si elle sortait de la poilrine. et c'est ce qui caractérise la. pectoriloquie.
Auscultation du cœur. Le tic-tac du cœur qu'on entend sous l'oreille placée vers la région précordiale dépend du choc du sang qui redresse les valvules cardiaques mitrales pour le premier bruil, el sigmo'ides pour le second .
Quand le tic-tac du cieur est sourd, c'est que cet organe est aifecté A' hypertrophie avec rétrécissement des cavités, ou qu'un épanchement de sérosité dans le péricarde se trouve interposé entre l'organe et l'oreille de l'observateur. Une lame épaisse de poumon emphysémateux et une mamelle très-forte produisent le même résultat.
Le tic-tac du cœur déplacé à droite annonce toujours un épanchement très-considérable dans la plèvre gauche.
Des bruits de souffle secs ou râpeux accompagnent souvent le tic -tac du cœur au premier on au second de ces chocs, à la base ou à la pointe de l'organe, et alors leur signification est très-différente.
Un souffle râpeux du premier temps, à la base et en dedans du mamelon, indique im rétrécissement de l'orifice aortique.
Un souffle du premier temps, à la base et se prolongeant vers la pointe du cœur, en dehors du mamelon, aunonce une insuffisance de l'orifice mitral.
Un souffle du second temps à la base, en dedans du
AUSC
Aim)
in.imelon, avec ou sans récuiTence du bruit, caractérise les insuffisances des valvules de l'aorte.
Un souffle du second temps à la base et en dehors du nïanielon se rapporte au rétrécissement de l'orifice mitral.
Les souffles sont ordinairement doux dans les insuftisances et sont plus rudes, quelquefois râpeux ou piaulants dans les cas de rétrécissement.
Dans le cas de maladie des orifices du cœur, les bruits de souffle s'entendent non-seulement à la région précordiale, mais à presque tous les points de la poitrine et particulièrement dans le dos.
Dans certains cas, sans qu'il y ait de lésion valvulaire aux orifices du cœur, il existe à la base de l'organe, en dedans du mamelon, un soiiffle doux, se prolongeant dans l'aorte ou dans les vaisseaux du cou et qui dépend de l'état clilorotique ou chloro -anémique (V. (Îiilorose). La propagation de ce bruit dans les vaisseaux du cou en indique la nature clilorotique et permet de le distinguer du souffle déterminé i>ar une lésion cardiaque.
Auscultation du péricarde. Dans l'état normal, le tic-tac du cœur s'entend bien sur le péricarde, mais il fi affaiblit et s'éloigne de l'oreille au point d'être à peine perceptible dans la péricardite avec épanchement considérable ; au début de la maladie, s'il y a peu de liquide, le tic-tac s'accompagne d'un bi-uit de frottement, souvent comparable à un bniit de cuir neuf, et ce phénomène est la conséquence des fausses membranes qui recouvrent le cœur et qui frottent contre celles de la paroi interne du thorax.
Auscultation des tumeurs. Certaines tumeurs laissent entendre un bruit : 1° de souffle simple : 2° un bruit de souffle continu, ou 3" un frémissement lorsqu'on les percute, ce sont les anévrysmes artériels, les anévrysmes artérioso-veineux et les tumeurs remplies d'Iiydatides.
.%uscultation des vaisseau.'^. Outre le tic-tac des artères, on entend souvent dans l'aorte et dans les artères du cou des bruits de souffle simple ou à double courant, musicaux ou à bourdonnement, qui dépendent de la diminution de la densité du sang, mais quelques personnes pensent que ces bruits se passent dans les veines accolées aux artères et sont la conséquence d'une veine fluide, c'est-à-dire du passage du sang d'un endroit rétréci dans un endroit plus large.
Les bruits de souffle ne peuvent être bien étudiés qu'au moyen du stéthoscope placé sur les vaisseaux du cou, la tête inclinée sur le côté opposé, mais le médecin prendra garde d'appuyer trop fortement, pour ne pas écraser l'artère.
Les bruits de souffle dans les vaisseaux du cou sont généralement considérés comme pathognomoniques de la chlorose, mais c'est une erreur, car on les observe souvent à l'état normal.
Un bruit de souffle avec frémissement vibratoire au niveau de la crosse de l'aorte indique l'anévrysme de celte artère.
.Auscultation du ventre. L'ausculation du ventre ne se fait que dans les cas de grossesse, à partir du cinquième mois, pour entendre le bruit de souffle placentaire et constater le tic-tac du cœur chez le fœtus.
Lorsque après l'accouchement l'utérus resie volumineux, et que l'auscuhation permet d'y entendre encore le
tic-tac du cœur, on peut être sûr qu'il y a un second enfant.
AUTEUIL (Seine). Eau minérale ferrugineuse froide, employée en boisson contre la chlorose, la dyspepsie et l'aménorrhée [+]•
AUTOCIKÈSIE (Mouvement par soi-même). L'autocinésie est un attribut de la vie et de la matière vivante, distinct de toute propriété de structure, et par lequel les atomes se meuvent dans les corps vivants pour prendre la place qu'ils doivent occuper, selon l'espèce des êtres et les fonctions à réaliser par les organes. — C'est le mouvement sans organisation, observé jusque dans la matière amorphe qui compose certains êtres inférieurs microscopiques, et ce sont les perversions de cet attribut qui engendrent les monstruosités, les difformités congénitales et les dégénéi'escences organiques.
AUTOPLISTIE. L'autoplastie est une opération que l'on pratique pour combler une perte de substance de la peau, ou pour remédier à une déviation ou à une perforation de la peau et des muqueuses. Une plaie, avec perte de substance de la peau, une ulcération qui a détruit la peau, et qui ne peut être réparée par une suture, ou dont la cicatrice peut occasionner une déformation et mi trouble fonctionnel, exigent une opération autoplastique. L'autoplastie a pour effet de réparer des téguments détruits aux dépens de parties de peau qui peuvent être déplacées sans dommage pour la régularité et la fonction des parties voisines de la perte de substance.
L'oblitération des fistules, les réunions de la peau aux muqueuses par une suture, sont aux pertes de substance des muqueuses ce que l'autoplastie est aux téguments.
Thérapeutique. — Pour pratiquer l'autoplastie, après avoir avivé les bords de la plaie qui doit être comblée, on procède à la formation et à l'application d'un lambeau.
1° On répare les pertes de substance aux dépens de un ou de deux lambeaux à larges bases disséqués par leur face profonde et rapprochés par des points de suture avec ou sans incision libératrice. (Méthode de Celse ; Dieffenbach ; méthode française ; méthode par glissement.)
2° On dissèque un lambeau pédiculé sur la partie voisine de la perte de substance à réparer, de façon que le pédicule du lambeau soit près de la plaie ; on renverse le lambeau et on lui fait subir une torsion variable dont le maximum ne doit pas dépasser 180" (méthode des' Komas ; méthode indienne ; méthode par torsion du pédicule). On doit éviter autant que possible d'être obligé de tordre le pédicule. On doit prendre les lambeaux de préférence à droite ou à gauche de la perte de substance, la torsion du pédicule, dans ce cas, n'étant que ZiO ou 50°, cela est plus avantageux. (Denonvilliers et Nélalon.)
3° On emprunte un lambeau à une partie du tégument éloigné. On taille, sur le bras ou sur une partie qui peut être amenée au contact de la perte de substance, un lambeau plus grand que les dimensions de celle-ci; on lui laisse un large pédicule, et l'on fait une suture. La partie où le lambeau est emprunté reste en contact avec la plaie pendant le temps nécessaire à la réunion. On sectionne h' pédicule lorsque le lambeau a repris sur le point où il a été amené. (Méthode italienne, Tagliacozzi.) V. CANCtuVi- DES, LÈVRES, Fistules uuétiirales.
Quelle que soit la méthode que l'on emploie, il vaut mieux aviver les bords de la plaie à réparer avec le bistouri qu'au moyen des caustiques et des vésicatoires.
Les lambeaux doivent êire pris sur une partie du.tégu-