BEC
BÉBÉERlî. Arl)ro de la famille des laurlnées, originaire de la Guyane hollandaise, donlTécorce et l'amande renferment un alcaloïde nommé bébéirine par Rodiéi.
La bébéerine et son sulfate sont employés comme fébrifuges [+].
BE€-DE-LIÈVRE. La division congénitale des lèvres, ou des lèvres, de la voûte et du voile du palais, constitue le bec-de-lièvre (A. Paré).
La face qui se développe par trois bourgeons, un médian et deux latéraux, peut être arrêtée dans son développement (Gœlhe, Meckel, Blunienback, Béclard), et alors, ou bien la solution de continuité des parties est bornée aux lèvres, ou bien elle intéresse en même temps les os du palais, la base du crâne et même la colonne vertébrale. Dans le premier cas, le bec-de-lièvre est smple, et dans l'autre il est compliqué.
] Le fait de l'arrêt de développement est peut-être explicable par une lésion de l'encéphale (Tiedemann, Dugès, Dnbi-euil, Béclard) ; il n'est pas en relation avec un excès de développement de la langue (Bouisson) ; l'influence des adhérences du fœtus avec son enveloppe (Geoffroy Saint-Hilaire) pour produire le bec-de-lièvre n'est pas dé-
I montrée.
j Si l'hérédité est pour quelque chose dans la genèse du bec-de-lièvre, c'est à titre d'arrêt de développement, et l'on sait que l'hérédité de ces lésions est encore assez rare .
i Le bec-de -lièvre existe à la lèvre supérieure, extrême- I ment rarement sur la ligne médiane (trois observations, Nicali, Blandin, école de Strasbourg), il occupeundes côtés de la lèvre supérieure ; d'autres fois il est double et peut être compliqué dans tous les cas d'une division simple ou double delà voûte palatine.
La lèvre inférieure est aussi le siège d'une division congénitale (quatre observations, Nicati, M-eckel, Couronné, Bouisson).
La division congénitale de la lèvre supérieure peut exis- ( ter tout à fait en dehors au niveau de la commissure des 1 lèvres, et constituer une espèce de bec-de-lièvre latéral ; I ces faits sont des plus rares (Mémoires de l'ancienne Aca- ; demie des sciences et Debout).
f Thérapeutique. — Dans le bec-de-lièvre simple, lorsque la lèvre seule est divisée, une opération est indispensable. Elle doit être faite le plus tôt possible ; peu après la naissance (Heister, P. Dubois); à six mois (Velpeau) ; à trois ans (Dupuy(ren); de trois à cinq ans (Dionis, Boyer). L'expérience apprend que les enfants nouveau-nés supportent très-bien l'opération, néanmoins l'ùge de six mois est l'époque la plus favorable. Lorsqu'il y a double bec-delièvre, ou même un bec-de-lièvre simple avec division de la voûte palatine, il vaut mieux attendre.
Quel que soit l'état des parties profondes, on réparera d'abord la lèvre. Pour le bec-de-lièvre simple, on fera, à l'aide du bistouri, une incision sur les bords de la fissure,
i de haut en bas, sans détacher le lambeau, qu'on laissera
I pendre ; on rapprochera les surfaces avivées par quatre points de suture entortillée ou des sutures métalliques. Les deux lambeaux renversés se souderont et préviendront la formation d'une échanci-ure (Clémot, de Rochefort, Malgaigne). Si l'on peut tailler un lambeau suffisantd'un seul côté, on fera un avivement simple de l'autre côté (Mirault, d'Angers). En cas de bec-de-lièvre double, onréunirapar suture les lèvres, sans toucher au lobule médian qui devra plus tard former une sous-cloison (Dupuytren). Il ne fau-
drait réunir le lobule aux parties latérales (Franco, Lafaye) que si la sous-cloison était bien conformée. On brisera le tubercule osseux (Gensoul) ou l'on excisera une portion de lacloison (Dupuytren). Si le lobule médian, c'est-à-dire l'os intermaxillaire, est bien conformé, après avoir brisé la cloison on fait la suture osseuse entre le tubercule et les maxillaires (Broca), après avivement des parties, on fait ensuite la suture des lèvres.
Pour réunir les lèvres et les maintenir rapprochées, on
Fis:. 00. — Avivi'mout dos bonis futanés du Lcp-do-llévi'c (pivipodi:' de Clémot.) (Alph. Gui'riii.)
détachera, avec des ciseaux courbes, les lèvres des os jusqu'à la fosse canine ; une aiguille d'argent traversera le nez, et deux rondelles de liège ou de gutta-percha passées dans l'aiguille rapprocheront les narines (Philipps). Au lieu de l'aiguille de Philipps, ou peut se servir de la grosse serre-fine de Guersant. Deux rondelles de liège sont placées sur chaque narine, et les pointes de la serre-fine
Fig. 01. — A. Siitm'e du bec-de-liève. — B. Aiguille de Philipps eu place. (Alph, Giiéria.)
comprimées sur elles. On réunira par quatre épingles et une suture entortdlée serrée; les fils de la suture seront changés tous les jours (P. Dubois).
On maintiendra sur la plaie des compresses fraîches ; les enfants ne tetteront pas pendant les premiers jeurs ; on leur donnera du lait à la cuiller. Les épingles seront enlevées au bout de vingt quatre heures ; l'aiguille qui traverse le nez sera retirée après trente-six ou quarante heures ; les fils collés à la lèvre ne seront retirés que quand ils lomberont.