‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 94 sur 612 · I.ait caillé 1 seau · texte numérisé non relu

I.ait caillé 1 seau

Most recommande l'emploi de ce bain lorsque la plus grande partie du corps est couverte de brûlures à divers degrés. 11 y fait rester le malade pendant deux heures.

On peut, suivant les cas, porter jusqu'au double la dose du sulfate d'alumine et dépotasse (Most).

Brûlure de la confonctivc et de la cornée. Lorsqu'une flamme ou des liquides brûlants, ou de la chaux ont agi sur la conjonctive, il existe toujours une rougeur vive ou une destruction partielle de la muqueuse. La cornée devra être examinée avecle plus grand soin, car s'il y a une brûlure de la cornée, c'est cette lésion qui doit être l'objet principal du traitement. V. Cornée.

11 est difficile, pour ne pas dire impossible, d'empêcher les adhérences de la conjonctive palpébrale à la conjonctive oculaire et à la cornée, dans le cas de brûlure par la chaux. Les adhérences des paupières avec le globe oculaire, l'entropion, sont un résultat ordinaire de ces brûlures.

Thérapeutique. — Immédiatement après l'accident, on lavera l'œil avec le plus grand soin, afin de ne rien laisser du corps qui a déterminé la brûlure, surtout si c'est de la chaux qui a été introduite sur le globe oculaire. Le lait sera employé pour faire ces lavages. Puis on tiendra l'œil fermé et on le recouvrira de compresses d'eau glacée. Des sangsues au nombre de quinze seront appliquées autour de l'œil à la première recrudescence de douleurs , et tà ce moment on changera les compresses d'eau froide pour des compresses d'eau chaude. V. Conjonctivite et Kératite.

Brûlure du larynx et de la bouelie. V. LARYNX, Bouche {Plaies par armes à feu).

BRl'OKE (Vigne blanche). Plante grimpante de la famille des cucurbitacées dont la racine énorme, charnue, renferme un suc qui purge très-violemment à la dose de

Fig. 72. — Brvono.

15 à 30 grammes □(fig. 60). Sa racine sert aussi tà pré parer une alcoolature qui est employée à la dose de 3 o" i\ grammes contre l'état fébrile des maladies aiguës [+] et contre la dysenterie □.

RUBO

BUBO

Matière amère solublo dans l'alcool ot l'eau qu'on extrait de la racine de bryone. Elle n'est pas aussi active que l'alcoolature de bryone.

BUROK OU ADÉl^JITE SlfFllILITIQUE . Le bubon est une phlegmasie des ganglions lymphatiques engendrée par une ulcération syphilitique voisine. 11 occupe ordinairement la région inguinale.

Quoique Hunter ait admis deux sortes de bubons : un bubon d'emblée, c'est-à-dire sans lésion de la verge et un bubon symptomatique d'une blennorrhagie ou d'un chancre, il n'y a qu'une espèce de bubon et il est symptomatique.

Les bubons se présentent à l'état aigu ou chronique ; les symptômes et la marche de la maladie ne varient que parce que la septicité du pus qui a déterminé la phlegmasie ganglionnaire est variable, et que les soins primitifs ont été inégalement bien observés au moment de lésion d'origine sur la verge ou la vulve.

\. Bubon syinptoiuati<|ue d'un cliuncrc iiitliiré. Bubon syphilitique. Lorsqu'un chancre infectant existe, ! du premier au deuxième septénaire de son évolution, soit I que les malades aient pris toutes les précautions désira- I bles, ce qui est rare, soit qu'ils continuent à vaquer à leurs affaires, en même temps qu'ils placent sur leurs chancres des médicaments irritants ou des caustiques, ils voient apparaître une tuméfaction indolente, des ganglions de l'aine, faisant des progrès lents. Les glandes se tumé- ' fient une à une, le tissu cellulaire finit même par s'enflammer et s'indurer : il y a adénite chronique. Une masse oblongue ou arrondie occupe l'aine en dedans s'il y a chancre sur la verge, et en dehors si le chancre est à l'anus; à la région sous-niaxillaire, dans le cas de chancre labial; dans l'aisselle enfin s'il y a syphihs vaccinale.

Plus ou moins caché suivant l'embonpoint des sujets, le bubon symptomatique d'une ulcération persiste après la cicatrisation du chancre. Il suppure dans deux cas : ou bien parce que le sujet est scrofuleux et que la syphihs se double de ladiathèse scrofuleuse qu'elle réveille (Bazin), ou bien parce que les malades marchent et continuent à se livrer à leurs occupations, commettent des excès, ou parce qu'ils ont des rapports avec des femmes.

Le pus d'un bubon consécutif à un chancre infectant, lorsqu'il y a accidentellement suppuration, n'est pas ordi • nairement inoculable sur le malade lui-même et ne devient pas phagédénique.

Le bubon syphilitique ou consécutif au chancre induré est quelquefois double. Il est généralement suivi d'infection de l'économie. Quelquefois la roséole et des plaques muqueuses existe en même temps que lui.

Les lésions anatomiques l'évolution et la marche d'un bubon d'emblée sont les mêmes que celles du bubon consécutif à un chancre induré, mais il y a lieu d'admettre une écorchure antérieure méconnue (Ricord) et une absorption du virus sans accident local (A. Després), à moins que l'on n'admette l'absorption cutanée et muqueuse (Astruc, Swédiaur, etc.), ce qui n'est pas démontré.

Un antécédent syphiUtique, tel qu'un chancre, et la multiplicité des glandes enflammées feront diagnostiquer un bubon de l'aine d'avec une hernie irréductible, parce que les bubons sont toujours mobiles avec la peau, tandis que les hernies enflammées sont fixes. Ce caractère fera également reconnaître le bubon dit d'emblée, qui n'a pas été précédé d'antécédent syphilitique.

II. Bubon symptomatique d'un chanere mou, ou Bubon dit -vénérien. Peu de temps après l'apparition

BOl'CHUT ET DE9PRÉS. — 2* édit.

d'un chancre mou, si une adénite apparaît, elle dure de un à plusieurs mois. Il n'y a ordinairement qu'un seul ganglion de pris. Peu à peu ce ganglion se ramollit et suppure, la peau s'amincit et l'abcès s'ouvre ; il y a eu adénite aiguë.

On voit quelquefois un bubon se développer de chaque côté des parties génitales, c'est le bubon double.

Le bubon du chancre mou s'élant ouvert spontanément, il en sort du pus plus ou moins bien lié, la peau est décollée, circonstance qui entraîne une longue suppuration, et il n'est pas rare de voir les bords de l'ouverture cutanée s'ulcérer, devenir grisâtres et comme taillé* à pic; puis former une ulcération chancreuse qui reste pendant longtemps stationnaire.

L'ulcération d'un bubon ou d'un chancre mou laisse écouler un pus quelquefois inoculable reproduisant sur l'individu des chancres mous. L'extension de l'ulcération au voisinage, dans l'aine et sur la paroi abdominale, constitue un bubon phagédénique.

Les bubons suppurés dont on n'a pas pu préciser l'origine ne sont presque jamais suivis d'infection syphilitique.

Tous les bubons qui accompagnent les chancres mous ne suppurent pas; il y en a qui sont de simples adénites sympathiques ou qui, étant mieux soignés, n'arrivent pas à la suppuration, et guérissent seuls quelquefois dans un espace de huit jours.

Les malades atteints de bubon souffrent peu, ils éprouvent des douleurs pendant les mouvements du membre, et au moment où le pus s'amasse au centre des ganglions, quelques douleurs lancinantes sont ressenties, aussi bien dans le bubon consécutif à un chancre mou que dans le bubon consécutif au chancre infectant.

III. Bubon inflammatoire et sympatliique. Chez les femmes, comme chez les hommes, au lieu que l'ulcère chancreux lui-même soit la cause de l'adénite, on voit des engorgements ganglionnaires consécutifs à un érythèmede voisinage, à une irritation locale. Le bubon, dans ce cas, est comme celui qui résulte d'une inflammation du conduit de la glande vulvo-vaginale, d'une vulvite simple ou d'une blennorrhagie, une inflammation simple des ganglions. Ces adénites peuvent être doubles, exister à l'état aigu ou chronique. V. Adénite.

Thérapeutique. — Les bubons se terminent par résolution, par suppuration ou par gangrène et par ulcération phagédénique.

Tant que l'on peut espérer que le bubon ne suppurera pas, il faut hâter la résolution ; mais il faut de même hâter la suppuration si le ganglion doit suppurer ; aussi lorsqu'il y a un chancre mou, il vaut mieux que l'adénite suppure vite.

1" Dès que les ganglions commencent à s'engorger et quand les accidents inflammatoires suivent une marche lente, les malades observeront le repos au lit, on appliquera des cataplasmes et l'on fera des lotions avec la teinture d'iode (Richond des Brus). Un purgatif et un vomitif (Hunter) administrés au début de la maladie sont quelquefois utiles (A. Guérin). Les sangsues appliquées sur le bubon, alors qu'une inflammation vive n'est pas évidente, sont dangereuses. Les frictions mercurielles (Hunter) ont plus d'efficacité, mais leur action n'est pas régulièrement efficace, et elles engendrent quelquefois une stomatite mercurielle grave. L'emplâtre de Vigo, l'eau mercurielle sur l'adénite virulente, sont encore d'assez bons moyens, mais on ne les emploiera que contre le bubon qui commence à suppurer.

Quand le bubon est dur, douloureux, une ponction

BUBO

BUBO

abortive peut être faite (Aubry, 1840); il faut alors aller chercher le pus pour ainsi dire au centre du ganglion. Cette ponction abortive n'est, à proprement parler, qu'une ouverture prématurée (Ricord) On peut aussi pratiquer plusieurs ponctions capillaires avec le bistouri (Vidal de Cassis, Broca), ou avec un trocart (Woillemier), si les malades sont capables de résister aux douleurs que ce traitement occasionne.

La compression (Ricord), soit avec une plaque de bois ou de gutta- percha maintenue par un spica, soit simplement avec un spica, estun traitement susceptible de favoriser la résolution de bubons assez avancés, mais on joue quitte ou double : on peut faire accroître l'inflammation.

Les applications de glace ne sont pas un moyen abortif sûr, elles exaspèrent peut-être la maladie.

2° Lorsque la tumeur monoganglionnaire on polyganglionnaire se présente sous forme d'une tumeur dure, légèrement rouge, plus ou moins indolente, lorsqu'il y a de l'empâtement avec ou sans fluctuation plus ou moins obscure, limitée ou non, on appliquera un vésicatoire; le lendemain, la plaie sera badigeonnée avec un pinceau trempé dans la teinture d'iode pure ou mêlée à parties égales d'eau; on renouvellera ce pansement les jours suivants; on enlèvera la croûte formée parla cautérisation produite par la teinture d'iode, et l'on badigeonnera de nouveau avec ce liquide (Pirondi, 1855). Ce moyen est une amélioration des méthodes de vésication préalable, et application consécutive de topiques mercuriels et caustiques; soit la vésication suivie d'un pansement de la plaie avec l'onguent mercuriel (Ricord); soit la vésication suivie de pansements avec une solution :

.'^ublimé 1 gramme.

Enu flistilli-e 30 irl.

et dont on renouvelle l'application à la chute de Feschare qui se forme (Malapert) . Ces méthodes, et en parlicuber la vésication et les pansements à la teinture d'iode, doivent être préférés aux autres moyens abortifs ; elles sont suffisantes pour arrêter la marche de l'adénite chronique, mais elles ne tarissent pas la suppuration. Si l'on ne peut appliquer le traitement de Pirondi, les vésicatoires successifs (Velpeau, A. Guérin) sont d'un emploi commode et presque aussi efficace que les badigeonnages à la teinture d'iode qui sont très-douloureux.

Les petites mouchetures multiples avec la pâte de Vienne (Melchior Robert) sont bonnes parce qu'elles ouvrent l'abcès dès qu'il se forme; mais lorsque les eschares tombent, les ouvertures de la peau ne tendent pas à devenir chancreuses.

3" Lorsque le pus est formé et lorsqu'il y a de la fluctuation évidente, ouvrez, n'attendez pas, quoi qu'ait dit Hunter (Ricord).

Le bistouri sera préféré, on fera une ou plusieurs ponctions ("Vidal, de Cassis) ; ou une ponction sous-cutanée, si le bubon suppuré est consécutif à un chancre induré (J. (iuérin).

Lorsque l'on a affaire à un bubon vénérien, le bistouri peut être employé ; il n'est pas de règle que la plaie se transforme en un chancre mou. Du reste, on cautéi'isera immédiatement les bords de l'ouverture pratiquée avec le crayon de nilrate d'argent et l'on répétera ces cautérisations tous les jours, ou bien on cautérise avec la solution de chlorure de zinc (A. Després).

La ponction avec le trocart (J. Roux) ou les ponctions multiples avec le trocart explorateur (Voillemier), ne sont pas aussi avantageuses que les ponctions avec un cautère filiforme (Reynaud de Toulon), l'ouverture avec la potasse

caustique (Hunter) ou la pâte de Vienne. On fera dans ce dernier cas une incision cruciale sur l'eschare formée en laissant l'eschare adhérente à la peau (Melcb. Robert). Ces méthodes, et surtout la dernière, préviennent bien la contamination de la plaie par le pus du ganglion.

On peut laisser l'abcès s'ouvrir seul sous des vésicatoires successivement appliqués (A. Guérin) ; l'inflammation n'augmente pas, et la peau, peu à peu amincie, laisse sourdre le pus par des pertuis très-fins.

Quelle que soit l'origine d'un bubon, le traitement général antisyphilitique par le mercure ne sera pas employé, il n'est acceptable que quand il existe en même temps des sypbilides de transition ou même secondaires.

On pansera tous les jours avec soin la plaie faite à la tumeur ; des cataplasmes puis un pansement simple seront appliqués ; s'il reste une induration , on placera une petite plaque de pâte au chlorure de zinc dans la cavité de l'abcès, et on la laissera six heures ; ou bien on fera des injections avec un mélange à parties égales d'eau et de teinture d'iode.

Si l'ouverture devient chancreuse, on pansera avec le vin aromatique, la solution de tartre ferrico-potassique au dixième, la solution de coaltar au trentième, ou avec du perchlorure de fer à 30". V. Chancre.

Si un ulcère phagédénique se développe, on lotionnera une ou deux fois par jour la plaie avec la teinture d'iode pure, ou avec le liquide suivant :

Acide chlorliydrique i grammes.

Acide citrique 4 id.

Perclilorure de fer i id.

Eau distillée 32 iJ.

(Rodet.)

Ou la solution :

Eau 100 grammes,

Clilorure de zinc 100 ^ id.

(A. Després.)

Ou bien on appliquera des rondelles de pâte au chlorure de zinc, et même on cautérisera profondément avec le fer rouge (Rodet). On donnera à l'intérieur l'opium à haute dose, 60 à 80 centigrammes, et, si l'individu est débile, on prescrira un bon régime, du vin et des bains de Baréges. Si le phagédénisme est le résultat de l'inflammation, on donnera des boissons délayantes et des bains tièdes prolongés V. Chancres.

Si l'ouverture d'unbubonrestefistuleuse et si les injections iodées sont insuffisantes, l'excision des bords amincis de la plaie sera faite et l'on pansera simplement ; on cautérisera légèrement avec le nitrate d'urgent le fond de la plaie .

Les bains, des purgatifs salins, des boissons rafraîchissantes, seront prescrits; les individus scrofuleux seront soumis au traitement antiscrofuleux. V. Scrofule.

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