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manière qu'Us indiquent à l'clectromètre le même degré. On les met en contact , et dès lors ils ne donnent plus aucun signe d'électricité.
Deux corps à l'état naturel ne peuvent avoir aucune action l'un sur l'autre : car les deux fluides de l'un de ces deiSx corps ne sont pas plus attirés par les deux fluides d'une nature opposée de l'autre corps , qu'ils ne sont repoussés par les deux fluides de même nature, d'où resuite zéro d'action : en effet, si le fluide vitré de l'une est attiré d'une certaine manière par le fluide résineux de l'autre , il sera repoussé avec la même force par le fluide vitré de ce dernier : et de même pour le fluide résineux, d'où équilibre.
Les corps isolans ne le sont pas tellement qu'ils ne finissent tôt ou tard par perdre leur électricité. L'air atmosphérique , quelque sec qu'il soit, en laisse échapper 7^ par minute. Haùy a divisé en trois classes les corps isolans, suivant leur force coërcitive ou conservatrice de l'électricité. Le spath d'Islande et la topaze incolore occupent le premier rang ; la i^ésine-laque et la cire d'Espagne le second ; enfin le troisième appartient au quartz et au verre.
Si l'on présente le doigt ou un corps conducteur arrondi à l'état naturel, à une certaine distance d'un conducteur chargé d'une machine électrique , on en fait jaillir une étincelle. On appelle dislance explosive le plus grand intervalle où ce phénomène puisse se produire. Elle varie suivant la tension électrique , suivant la forme et la conductibilité du corps , et suivant la résistance des milieux. Mais les corps peuvent perdre leur électricité , à la vérité , d'une manière insensible , à des distances plus considérables. On appelle sphère d'activité le dernier terme où s'arrête cette faculté. Le rayon en est plus ou moins grand, suivant des circonstances analogues aux précédentes. Un corps électrisé , présenté à un corps à l'état naturel, attire à lui le fluide opposé au sien , et refoule le fluide de même nature. Si le corps à l'état naturel est mobile , il se précipite sur le premier ; il y adhère si les corps ne sont pas conducteurs , ou seulement si l'un des deux n'est pas conducteur ; ce qui s'explique par la difficulté que les corps non conducteurs éprouvent à se débarrasser de leur électricité. Ils se repousseront , au bout d'un certain temps, par la raison contraire, s'ils sont tous les deux conducteurs.
IN^ons avons vu tout à l'heure qu'une pointe placée sur le conducteur d'une niacliine versait des aigrettes lumineuses : une pointe placée à une certaine distance de ce conducteur lui soutire son électricité. Le fluide naturel de la pointe est décompo^ par le fluide du conducteur. Le fluide de même nature est refoulé, tandis que celui d'espèce différente est fortement attiré, et surmonte la résistance de l'air. Ce phénomène peut se passer à une très-grande distance, à cinq ou six mètres.
Il serait trop long d'expliquer ici la manière dont agissent deux corps, suivant qu'ils sont électrisés de la même manière, suivant qu'ils sont électrisés différemment, suivant que l'un est électrisé et que l'autre est à l'état naturel, enfin suivant que tous ces corps sont ou ne sont pas conducteurs, etc. On devra pour ces détails consulter les livres de pliysique : les lois que nous avons énoncées doivent nous suffire.
Expérience de la bouteille de Leyde. — Lorsque , par un moyen quelconque , on parvient à accumuler l'électricité dans un réceptacle, et qu'on établit ensuite la communication entre ce réservoir et un corps électrisé d'une manière opposée, il on résulte des effets bien plus énergiques que tous ceux que nous avons indiqués ; effets qui varient suivant la quantité de fhjide accumulée. Au moment oîi , par leur affinité , les deux électricités se précipitent l'une sur l'autre , il s'opère des commotions , des détoimations, des combustions, etc. Le plus ancien et l'un des plus remarquables moyens qu'on ait employés à cet usage, c'est la bouteille de Leyde, que nous avons décrite. On charge celte bouteille en présentant la boule qui termine la tige métallique qui pénètre dans son intérieur au conducteur d'une machine en action, tandis qu'on tient la bouteille par sa garniture extérieure. Si, après celte opération , on touche avec le doigt la boule de la bouteille, on éprouve une commotion plus ou moins forte, sensible principalement dans les articulations, dans le thorax , etc. Sans entrer dans de longs détails sur ce phénomène, nous nous bornerons à dire que , lorqu'on présente au conducteur d'une machine un corps conducteur à l'état naturel non isolé, le iluidc de celui-ci est décomposé, le fluide vitré est refoulé, et le fluide résineux attiré, jusqu'au moment où la distance n'étant plus suffisante ])our empêcher la communication, les deux fluides se précipitent l'un sur l'autre et se neutralisent. Maintenant si l'on
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interpose un corps qui empêche cette combinaison , les deux fluides s'accumuleront de part et d'autre : c'est précisément ce qui arrive dans l'expérience dont nous parlons; le verre de la bouteille doit être considéré comme le corps qui empêche la réunion des deux fluides accunmlés , l'un ( le vitré) dans l'intérieur de la bouteille , l'autre ( le résineux ) à sa surface extérieure , où il est appelé par la décomposition du fluide naturel. Si l'on touche ensuite en même temps la boule et la garniture extérieure, on établira une communication entre les deux fluides qui se précipiteront l'un sur l'autre avec d'autant plus de violence que leur tension sera plus forte. On peut électriser l'intérieur delà bouteille résineuseraent , en présentant la garniture extérieure au conducteur de la machine : l'explication est la même, et les résultats semblables. D'après le principe que les effets électriques sont relatifs aux surfaces, c'esi-à-dire qu'on augmente ceux-là en augmentant celles-ci, il s'ensuit qu'en multipliant les bouteilles , on obtiendra dos effets bien plus énergiques ; c'est ce que nous avons nommé batteries électriques. Les résultats que l'on obtient sont si puissans, qu'ils donnent une idée de la foudre. Les animaux sont frappés de mort , les métaux sont brûlés ou réduits en poudre.
Nous passerons sous silence d'autres appareils propres u condenser l'électricité.
C'est cependant ici le lieu de faire coiinaitre encore quelques instruraens relatifs à la matière que nous traitons. On appelle «?7ec<70/;^o/ï? un instrument propre à retenir un certain temps le fluide électrique. L'électrophore est composé d'un gâteau résineux , destiné à recevoir un disque de métal , au milieu duquel est un cylindre de verre. On électrise la résine avec une peau de; lièvre, on place sur elle le disque de métal, en y appliquant un instant le doigt; puis on retire le doigt, ensuite le disque par son manche de verre. Si l'on touche le disque avec le doigt ou un excitateur, on en fera jaillir une étincelle. On peut répéter plusieurs fois cette expérience, en replaçant le métal sur la résine , sans électriser de nouveau celle-ci. L'électricitc; vitrée du métal est attirée par le fluide résineux, mais ne peut passer dans la résine, parce qu'elle est isolante ; elle reste don'à la surface inférieure du disque, tandis que son fluide résineux est repoussé vers son plan supérieur. Le condensateur de Voila
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est le même instruraenî , sauf qu'un plalcau de marbre remplace la résine.
\J électromètre de Cavallo consiste en deux balles de moelle de sureau suspendues par deux cheveux à une boule de cuivre qui repose sur l'orifice d'un flacon de verre : en électrisant cet appareil d'une certaine manière , les balles se repoussent. \Jélectromètrc condensateur tl es\. autre chose que cet électromètre , auquel est adapté un condensateur.
§ VI. Du galranisme , ou de V électricité par contact. —
Lorsqu'on met en contact deux corps de nature différente , ils se constituent à l'état électrique ; l'un prend l'électricité positive , et l'autre l'électricité négative , ce dont on s'assure par l'électroscope. La quantité d'électricité développée est alors à peine sensible. Deux plaques métalliques , par exemple de zinc et de cuivre, mises en contact immédiat, revêtent ces deux électricités. C'est ce phénomène auquel on a donné le nom de galvanisme ; et ce principe a été une source féconde en grandes conséquences. Ces phénomènes ne se produisent qu'au contact immédiat, en sorte que si on interpose entre les corps un vernis ou un corps humide, ces effets cessent. Si l'on prend par le côté cuivre une lame composée de cuivre et de zinc soudés bout à bout, et qu'on place sur un plateau collecteur le côté zinc, ce plateau ne sera pas électrisé, parce c|ue ce plateau étant de cuivre développe une électricité contraire qui neutralise celle du zinc ; mais si on le recouvre d'un papier humide , il s'électrisera positivement au même degré que le zinc, parce que celui-ci, à mesure qu'il cède son électricité au plateau, en retire autant du cuivre auquel il est uni. Si on fait l'expérience avec l'autre côté, le plateau sera électrisé négativement.
C'est d'après ces expériences qu'est construit l'appareil voltaïque que nous avons décrit précédemment. Pour en concevoir l'effet , pi'enons d'abord un couple zinc et cuivre ; mettons la face cuivre en communication avec le sol ; cette face sera alors à l'état naturel ; mais la face zinc sera chargée d'un excès d'électricité vitré + i, dont la valeur sera d'ailleurs proportionnelle aux surfaces. Dans cet état, si l'on pose sur le zinc un conducteur humide, un morceau de drap ou de carton imbibé d'eau ou d'une solution acidulé , l'électricité vitrée se partagera dans ce conducteur; mais le zinc reprendra au cuivre et celui-ci au sol la quantité d'électricité vitrée dont il se sera dépouillé. Si
l'on place sur ce svstt'mc un second couple , i! sera d'abord corame le premier , et la face zinc aura + i ; mais venant à partager l'électricité de tout le système par le moyen du conducteur, celui-ci reprendra l'électricité du premier zinc, celuici du premier cuivre , et celui-ci du sol. On aura z' -f- 2 ; c^ -f- I , z' -f- I , c' communiquant au sol, o. Enfin , si l'on superpose un troisième couple , on aura z^-f-S, c^-j-2, etc. En continuant toujours la superposition, on aura de bas en haut une quantité d'électricité croissant suivant une progression arithmétique.
Si l'on construit la pile dans le sens inverse, au lieu d'électricité vitrée libre, on obtiendra de l'électricité résineuse. Dans cet état, si par un moyen quelconque, avec les mains par exemple, on fait communiquer les deux pôles, tous les excès d'électricité se déchargeront, à travers le corps, dans le réservoir commun.
Si la pile est isolée , alors elle ne prend d'électricité que trelle-même, elle ne se répare plus aux dépens du sol. Le pôle zinc possède alors un excès d'électricité vitrée, compensée par une égale quantité de fluide résineux au pôle cuivre , et, à partir de là , les quantités iront en décroissant jusqu'au milieu de la pile, qui sera dans l'état neutre. Plus de détails appartiennent aux ouvrages ex professa sur la physique.
Pour se servir de la pile vol laïque il suffit d'établir, au moyen de fil de laiton terminé par une plaque à l'extrémité qui doit être mise en contact avec les pôles de la pile, une communication avec le sujet de l'expérience et les deux extrémités de l'ap- ])areil. Au moment du contact s'opèrent les phénomènes physiques et chimiques les plus surprenans. On observe alors , selon la disposition plus ou moins favorable des appareils, des combustions , des commotions , et la décomposition de substances très-réfraclaires, des contractions musculaires , etc., etc.
Tous les phénomènes de la pile sont semblables à ceux que manifeste l'électricité ordinaire; deux fds placés à la même extrémité de la pile se repoussent comme ceux qu'on fixe à l'extrémité d'un conducteur; ils s'attirent quand ils sont fixés aux deux pôles opposés; on charge une bouteille de Leyde , lorsqu'on la fait communiquer avec une extrémité de la pile, l'autre communiquant .avec le sol; en touchant à la fois les deux armatures, on reçoit une commotion. Si l'on électriseun électromètre au moyen
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de la pile, et qu'on présente ensuite un bâton de cire d'Espagne frotté à cet électroniètre, la boule de celui-ci sera attirée ou repoussée suivant la nature de son électricité, c'est-à-dire suivant qu'il aura été électrisé par un pôle ou par un autre.
MM. Thénard et Gay-Lussac ont trouvé que les effets d'une pile voltaïque étaient proportionnels à la surface des plaques et à la racine cubique de leur nombre, d'où ils ont conclu qu'il valait mieux employer des appareils séparés que réunis bout à bout.
DEDxiÈME DIVISION. Dc V électricité considérée chimiquement. — L'électricité est un des agens les plus puissans qu'on ait introduits dans la chimie moderne. Le voltaïsme a produit les résultats les plus surprenans et les plus inattendus.
Cependant il est quelques opérations dans lesrpielles on emploie l'étincelle électrique. Cette étincelle a la faculté de décomposer quelques corps et d'en reconstituer d'autres. Un courant d'étincelles dirigé sur le gaz ammoniac , le gaz acide hydrosulfurique, les gaz hydrogène, carboné et phosphore, les réduit à leurs élémens : il en est de même de l'eau. Lavoisier décomposa l'eau avec l'étincelle ordinaire. Van-Marurn et Wollaslon ont fait les mêmes expériences; mais ce dernier s'est servi d'un fil métallique non oxydable, ce qui donne plus de précision à l'expérience. Ce fil d'or était engagé dans un tube capillaire de verre, et son extrémité était à peine visible et se trouvait au niveau de la surface du tube ; il décomposa l'eau par une série de petites étincelles tirées d'un conducteur ordinaire. Il voulut dégager les deux gaz constituans de l'eau , en employant deux fils plongés dans ce liquide, à distance: mais l'hydrogène et l'oxygène se sont toujours dégagés ensemble, ce qui différencie singulièrement l'effet de l'élincelle et celui de la pile.
L'étincelle, conduite dans un vase contenant une partie d'oxygène et deux d'hydrogène , donne naissance à de l'eau. Si l'on en dirige un certain nombre à tr.avers un mélange de loo parties de gaz azole, de aSo d'oxygène et d'une certaine quantité de chaux ou de potasse, on obtient de l'acide nitrique, et conséquemment un nitrale. Le chlore et l'hydrogène à volumes égaux , soumis à l'action de l'étincelle, forment de l'acide liydrochloriquc. On produit de l'acide carbonique par lé même moyen en combinant deux volumes d'oxyde de carbone et wn. volume d'oxygène.
On se sert de préférence de la pile dans quelques circonstances. Carlisle et Nicbolson l'ont employée aussi à la décomposition de l'eau. Si l'on adapte aux pôles de l'électromoteur des fils de platine qui se rendent dans un même vase de verre en partie rempli d'eau, on voit un courant de gaz oxygène se dégager du côté du fil qui communique avec le pôle vitré, tandis que le gaz hydrogène se dégage du côté qui est en rapport avec le pôle résineux. Le pôle vitré a la faculté d'attirer l'oxygène, le chlore, l'iode, les acides et les corps qui ont de l'analogie avec eux; tandis que le pôle résineux attire l'hydrogène, les alcalis et les corps analogues, d'où l'on peut inférer que ces derniers sont dénature vitreuse, tandis que les premiers sont de nature résineuse. L'appareil le plus propre à recueillir et à mesurer les gaz qulsedégagent estle suivant : on prend un entonnoir de verre dont le bec est fermé par un bouchon qui livre passage à deux tubes de verre dans lesquels sont scellés, par delà cire à cacheter, deux fils de platine. Cet entonnoir renversé est en partie rempli d'eau, chaque fil est recouvert par une petite cloche aussi remplie d'eau, destinée à recevoir les gaz qui se dégagent. On met ensuite cet appareil en communication avec les deux pôles de la pile , au moyen des extrémités extérieures des deux fils de platine , et par l'intermède d'un petit vase de verre contenant du mercure. On voit bientôt qu'il se dégage un volume de gaz oxygène et deux volumes d'hydrogène; ce sont en effet les proportions qui constituent l'eau.
Dans cette opération l'affinité qui existe entre l'oxygène et l'hydrogène est rompue, i** par la force avec laquelle l'oxygène est attiré par le pôle vitré et repoussé par le résineux ; 2'^ par l'énergie avec laquelle l'hydrogène est attiré par le pôle résineux et repoussé par le pôle vitré. Lorsqu'on agit sur une série de particules , il n'y a que l'oxygène de la première et l'hydrogène de la dernière qui se dégagent; les autres s'unissent pour former de l'eau.
Par la même force de départ, c'est-à-dire l'attraction et la répulsion , les acides composés d'oxygène et d'une base subissent la même décomposition. L'oxygène se porte sur le pôle vitré et la base vers le pôle résineux. Les acides hydrochlorique hydriodique et hydrophtorique sont soumis à la même loi.
Mais l'une des plus merveilleuses applications de la force dont nous parlons, est celle qui a conduit à la décomposition de cer-
taines bases salifiables, telles que la potasse, la somîe, la baryte , etc. L'oxygène est attiré par le pôle vitré , et le métal par le pôle résineux. L'eau de ces alcalis est égalen^ent décomposée; l'ammoniaque est analysée de la même manière : c'est au célèbre Davy que^ette belle application est due. Voici comment le doct eur Seebeck a perfectionné l'expérience. L'extrême combustibilité de ces nouveaux métaux à l'air, et même dans l'eau, était cause qu'on ne pouvait les conserver. Le docteur Seebeck imagina de faire un amalgame avec le mercure : il creusa dans un petit fragment de soude ou de potasse une cavité qu'il remplit de mercure; il posa ce fragment sur une plaque métallique, et plongea dans le mercure le fil résineux d'un appareil voltaïijue composé de deux cents couples de plaques. Il fit communiquer l'auti'e fil avec le support du métal : alors la soude ou la potasse fut décomposée, ainsi que l'eau qu'elle contenait. Dans cette opération l'oxygène de l'un ou de l'autre se rend au pôle vitré; l'hydrogène , le sodium ou le potassium qu'il abandonne se rendent, au contraire, au pôle résineux. Là l'hydrogène se dégage sous forme de gaz, et le potassium ou le sodium se combine avec le mercure, par lequel ils sont préservés de l'iction de l'air. De temps en temps on verse l'amalgame dans l'huile de naphle, et on renouvelle le mercure. On distille ensuite l'amalgame dans une cornue, avec le moins d'air possible : l'huile se vaporise d'abord , ensuite le mercure ; le potassium ou le sodium reste libre.
La pile galvanique décompose aussi les sels; elle opère aussi quelques combinaisons, telles que l'oxydation de l'argent et la formation de l'hydrure de tellure. Voyez, pour plus de détails, l'excellent Traité de Chimie de M. le professeur Orfila, et l'ouvrage du savant Berzélius, sur la Théorie des attractions chimiques, et de l'influence de l'électricité , etc.
TROISIÈME DIVISION. De l'électricité naturelle. — La foudre, ou pour mieux dire, la matière qui occasione les effets que nous désignons sous ce nom, est l'électricité. Puisque de petits appareils construits par nos mains opèrent des combustions , des détonnations , la décomposition des corps , la mort de cer- . tains animaux, s'étonnera -t- on que les appareils imposans sortis des mains de la nature , produisent des effets extraordinaires dont l'homme est si souvent le témoin ou la victime. Franklin, ayant reconnu le pouvoir des pointes, soupçonna
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qu'une verge de fer, placée sur un bâtiment , pourrait soutirer le fluide électrique. On chargea, par ce moyen, des bouteilles de Leyde qui produisirent tous les effets connus. Romas envoya dans les nuages un cerf- volant armé d'une pointe à laquelle était attaché un fil de métal qui s'entrelaçait avec la corde et se prolongeait à une certaine distance. Le reste était un cordon de soie isolant : cet appareil prodtiisit des jets instantanés de lumière et des détonnations très-fortes. Bientôt l'immortel Franklin inventa le paratonnerre, au moyen duquel il préserva l'espèce humaine des funestes effets de la foudre. Son procédé a subi quelque perfectionnement, il consiste aujourd'hui en une verge de fer terminée par une pointe de platine non oxydable; les conducteurs sont des tiges de fer qui vont se terminer dans un puits, ou des cordons de fer tressés, enduits d'un vernis gras, fixés au paratonnerre d'un côté, et de l'autre à une tige de fer qui plonge dans l'eau. Il faut que les paratonnerres ne soient pas dans la sphère d'activité les uns des autres, car ils se nuiraient; leur distance doit être de vingt mètres environ.
QUATRIÈME DIVISION. Effets de V électricité et du galvanisme siules corps organisés en général j effets hygiéniques et physiologiques de cet agent. — Malgré les progrès immenses faits dans ces derniers temps par les sciences physiques et naturelles ; malgré les probabilités où l'on est parvenu sur le rôle majeur que l'électricité doit jouer dans l'organisation non- seulement des animaux , mais de l'univers , on ne sait encore rien de bien précis sur ce sujet. Toutes nos connaissances se bornent , en dernière analyse , à savoir que le fluide électrique excite les mouvemens organiques; qu'il accélère souvent la circulation , la respiration, les sécrétions, les excrétions, etc.; qu'il favorise l'accroissement des végétaux , et hâte l'incubation, etc.
Dans l'état naturel , le corps humain étant un excellent conducteur du fluide électrique, et n'étant point isolé, ce fluide ne doit avoir que peu d'influence sur lui. Le corps doit alors avoir la quantité naturelle de fluide nécessaire à son existence ; la quantité qui pourrait lui être communiquée par le mouvement, le frottement, une certaine température, ne ferait, poTir ainsi dire, que glisser sur lui pour se rendre promptement d;ins le réservoir commun. Dans l'état de santé, l'homme est en effet très-peu sensible aux changemens électriques qui siirviennent
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dans ralmosplicre ; mais dans l'état de maladie, lorsque le système nerveux est parvenu à un degré de prééminence trèsconsidérable au détriment des autres systèmes , les changemens électriques sont ressentis par les malades. Ils s'aperçoivent du passage d'une ïiue fortement élcctrisée. Lorsque l'air est sec et mauvais conducteur de l'électricité, ils sont excités ou abattus et comme courbaturés.
Mais si l'électricité extérieure est ■" peu près sans influence sur l'homme dans l'état naturel, il e ,ilis que vraisemblable qu'il se forme dans notre économie ui ■=; électricité nécessaire à l'exercice de nos fonctions. L'exemple des animaux électrlr ;;c3 ne permet pas de douter qu'il ne se fasse chez eux une véritable sécrétion de ce fluide, et l'expérience par laquelle A-ldlnl a fait contracter des muscles en ne composant la chaîne qu'avec des nerfs et des muscles, est encore très-propre à confirmer cette présomption. Ainsi, disait M. Halle, l'économie animale a ses moyens propres de faire naître au dedans d'elle-même une électricité efficace et puissante. Les Intermèdes connus de cette électricité , ceux dont l'action frappe aisément les yeux , sont les nerfs et les muscles. N'est-U .pas naturel de penser que les actions profondément cachées dans le centre des viscères , et dont l'Intégrité est également intéressée à la perfection de l'Influence nerveuse , sont dans des rapports semblables avec les plexus dont les ramifications pénètrent ces organes? Cette association générale des organes nerveux et des organes actifs et contractiles , nécessaires partout pour l'accomplissement des fonctions animales, ne confirme- 1- elle pas encore Ici l'Idée d'une double électricité , toujours présente quand II v a quelque effet Important à produire. On conçoit dès lors à quel point l'étude des phénomènes électriques a droit d'intéresser la physiologie et la médecine. Un jour peut-être sera-t-on conduit par cette vole à la révélation complète des mystères les plus admirables de la vie animale. Les expériences récentes et les observations microscopiques de MM. Prévost et Dumas semblent promettre que ces propositions seront un jour entièrement confirmées. Ces observateurs attentifs ont exposé beaucoup plus clairement qu'on ne l'avait fait encore la manière dont un courant galvanique excite les contractions musculaires; Us ont remarqué comme contre - preuves des phémcnes électriques dans les contractions produites parles excitan?
liallériens ; ils finissent par demander si la contraction produite sous l'influence de la volonté est aussi le résultat d'un semblable courant galvanique. Ces auteurs s'arrêtent ici dans nu doute philosophique d'autant plus louable que , par les expériences qu'ils ont tentées dans les circonstances qui leur ont paru le plus favorables, ils n'ont encore obtenu aucun résultat positif.
Mais l'électricité qui se développe dans les animaux et les phénomènes appelés galvaniques ne sont pas dus , ainsi que le voulait le professeur de Bologne, à un fluide d'une nature parliculièi'e , qu'il nommait électricilc animale, mais bien au même fluide qui produit les phénomènes généraux d'électricité.
Les premiers effets du galvanisme furent observés sur l'économie animale. On savait depuis long - temps qu'en mettant deux pièces métalliques de nature différente, l'une sur la langue et l'autre au-dessous, et qu'en faisant toucher ces deux plaques par les bords qui dépassent la langue, on éprouvait une saveur particulière. Telle est aussi la lueur que produit quelquefois dans l'œil la même opération ou l'action de la pile galvanique. Telles sont les contractions observées dans les grenouilles et dans beaucoup d'autres animaux. Quelques physiciens ont remarqué de plus que le fluide galvanique exhalait une odeur ammoniacale ; d'autres fois qu'il produisait des bourdonnemens d'oreilles; enfin cette espèce d'électricité détermine des contractions musculaires et tous les phénomènes de la commotion électrique. On pense aussi que le courant galvanique, que nous avons vu décomposer avec tant d'énergie les corps les plus réfractaires à l'analyse chimique, décompose par départ les humeurs qui entrent dans notre organisation, M. Humboldt, en mettant la plaie d'un vésicatoire qu'il s'était fait appliquer entre les épaules dans ce dessein , dans le cercle galvanique, en fit couler une sérosité acre et corrosive qui rubéfiait tous les points sur lesquels elle passait; mais c'est principalement sur les effets présentés par la contractilité musculaire que se sont exercés les médecins et les physiciens. Ils ont eu pour but de déterminer quelles étaient les parties qui conservaient le plus long- temps leur faculté contractile. Nysten a fait des expériences suivies sur les quatre grandes classes d'animaux à sang rouge, et sur l'Iiomniw en particulier; il