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gonfle sans se dissoudre dans l'eau froide. Il en est à peu près de même de la gomme de Bassora ; mais, dans ces deux substances, cette différence tient à la présence d'un principe différent de la gomme , qui , dans la première , porte le nom à' adro cantine, et celui àebassorine dans la seconde. La gomme ne se dissout ni dans l'alcoliol, ni dans l'éther, ni dans les huiles fixes ou Yolatiles. L'acide nitrique la décompose facilement, et I4 transforme en partie en acide mucique. Suivant M. Braconnotj l'acide sulfurique concenti'é , à la température ordinaire, colore à peine la gomme; mais il la transfoime en une autre matière gommeuse semblable à celle que Ton obtient par l'action de cet acide sur le ligneux. Les acides végétaux ne la décomposent pas , et facilitent sa dissolution. Les alcalis faibles, avant de la dissoudre, la changent en une matière floconneuse, analogue au lait caillé. Lorsqu'on traite de la gomme à feu nu dans une cornue, elle se ramollit, se boursouffle , se charbonne, et donne tous les produits des autres substances végétales, et un peu d'ammoniaque, due probablement, selon la remarque de M. Thénard, à une substance étrangère qu'il €st difficile d'en isoler. M. Vauquelin a observé que, si l'on grille légèrement la gomme, on la rend plus soluble dans l'eau. L'alcohol précipite la gomme de toutes ses dissolutions sous la foi'rae de flocons blanchâtres.
Les diverses espèces de gomme qui nous sont apportées par la voie du commerce pour l'usage des arts et de la thérapeutique découlent spontanément de végétaux qui appartiennent en grande partie aux familles des Légumineuses et des Rosacées. Les principales sont la gomme adragant , la gomme arabique , la gomme de Bassora , la gomme du pays , et la gomme du Sénégal.
l''. GOMME ADRAGANT. FojeZ ADRAGANT.
a**. GOMME ARABIQUE, avahicum gummi. Elle est fournie par Vacacia vera de Willdenow, ou mimosa nilotica de Linné, arbrisseau épineux de la famille des Légumineuses, qui croît: en Egypte et en Arabie. C'est au même végétal que l'on doit le suc astringent connu sous le nom à'ncacia. La gomme arabique nous arrive d'Egypte par la voie de Marseille. Elle est en morceaux irrégulièrement globuleux, de la grosseur d'une noisette ou d'une noix , à surface rugueuse et fendillée. Quelquefois CCS morceavx sont concaves d'un côté; c'est celui par lequel ils
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adhéraient au tronc ou aux brandies de l'acacia sur lequel ils ont été récoltés. Ils sont translucides, d'une teinte légèrement jaunâtre ou roussâtre, à cassure nette et vitreuse, inodore, d'une saveur fade, mais assez agréable. Dans le commerce on en distingue deux sortes : la gomme arabique blanche , qui est en petits morceaux parfaitement incolores , et la gomme arabique rousse, qui est en morceaux plus gros d'une teinte jaune roussâtre. La première est généralement appelée à Paris gomme turique, et la seconde ^omxae gedda , noms tirés de ceux de Tor et de Geddah , ports d'Arabie sur la mer Rouge , d'où l'on suppose que ces deux sortes de gomme sont principalement tirées.
La gomme arabique est entièrement soluble dans l'eau froide et dans l'eau chaude; elle y forme un mucilage moins épais que la gomme adragant : en effet , il faut presque un quart de gomme ai'abique en poids pour donner à l'eau la consistance de sirop, tandis qu'il faut trente-deux fois moins de gomme adragant pour obtenir le même résultat. La gomme arabique, comme toutes les autres substances gommeuses, est très-nutritive. On sait, en effet, que les habitans de l'intérieur de l'Afrique, particulièrement les peuplades errantes qui habitent le grand désert de Sahara , ou les caravanes qui sont obligées de le traverser pour communiquer avec l'intérieur de ce vaste continent, se nourrissent presque exclusivement de gomme pendant une grande partie de leur route. Cependant, d'après quelques essais tentés par M. Magendie , il semblerait que cette substance , donnée pour tout aliment à des chiens pendant un certain laps de temps , est peu nourrissante. En effet, ceux de ces animaux que cet habile physiologiste avait soumis à ces expériences maigrirent considérablement dès la seconde semaine, et bientôt tombèrent dans un marasme affreux, et ne tardèrent point à périr. De ces faits opposés à tous ceux qui constatent d'une manière irréfragable la vertu alibiie de la gomme , ne pourrait-on pas tirer cette conséquence qui nous paraît toute naturelle, c'est que la gomme n'est pas également nourrissante pour l'homme et pour les animaux , et que les substances qui suffisent à l'alimentation de l'un sont insuffisantes pour les autres.
La gomme arabique est un médicament éminemment adoucissant, et l'un des remèdes les plus efficaces à opposer à l'inflnmmation. La solution d'une demi-once de gomme arabique
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dans une livre d'eau forme une boisson propre à combattre l'irritation des voies digestives et des organes génito-urinaires. Mais c'est surtout dans les affections inflammatoires des organes de la respiration que la gomme arabique est employée fréquemment, et considérée, en quelque sorte , comme un remède spécifique. Les looclis , les juleps , les potions gommcuses, les pâtes de jujube, de guimauve , de réglisse , et une foule d'autres préparations usitées en pareil cas, ont pour base la gomme arabique, et lui doivent leurs propriétés adoucissantes. On peut employer aussi cette substance dans la dysenterie. Les auteurs anciens attribuaient les bons effets de la gomme pour arrêter les flux dysentériques à une prétendue propriété astringente, qui n'y existe pas. Mais on n'a plus besoin d'une pareille supposition pour se rendre parfaitement raison de l'action de la gomme arabique dans la dysenterie, aujourd'iiui que la nature de cette maladie est parfaitement connue.
Outre les différens usages de la gomme, que nous venons d'énumérer, on se sert encore de cette substance pour donner de la consistance et du lien aux masses pilulaires; cependant on lui préfère généralement la gomme adragant. La gomme arabique n'est pas soluble dans l'iiuile ; mais sa poudre , triturée pendant quelque temps avec cette dernière, la rend miscible à l'eau. Il est donc important d'employer une certaine quantité de gomme arabique réduite en poudre, toutes les fois qu'on veut faire entrer l'huile dans une potion ou toute autre boisson aqueuse.
3° Gou-M-E DE BAssoKA, ffurnmi Joredonense. On ignore quel est le végétal qui fournit cette substance gommeuse , dont l'introduction en Europe ne remonte pas au delà d'une trentaine d'années. M. Virey pense qu'elle pourrait bien être produite par une plante grasse du genre Mesembrjanthemiun. Mais cette conjecture est loin d'être prouvée. Telle qu'elle nous vient d'Arabie, où on la récolte, la gomme de Bassora est en morceaux peu volumineux , irréguliers , d'un blanc jaunâtre , un peu opaque, et se rapprochant par ce caractère de la gomme adragant. Elle est insipide et crie sous la dent. Elle se gonfle dans l'eau, et y forme des vésicules globuleuses, qui restent isolées. Aussi en a- 1- on formé un principe immédiat, distinct des véritables gommes, et auquel on a donné le nom de Bassorine. ( Voyez ce mot. ) La gomme de Bassora n'étant pas usi